La naissance des italiques

Publié le 7 mars 2012 | Temps de lecture : 6 minutes
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À l’époque de l’Empire romain, tout était écrit ou gravé à l’aide de majuscules. C’est durant le règne de Charlemagne, vers l’an 780, qu’ont été inventées les minuscules. Mais il faudra attendre la Renaissance pour que naissent en Italie les italiques (d’où leur nom).

En 1501, le graveur et orfèvre Francesco Raibolini (connu sous le nom de Francesco Griffo) crée les premières italiques pour le compte de l’imprimeur vénitien Aldo Manuce (ou Aldus Manutius, en latin).

Ces caractères étaient non seulement très légèrement inclinées vers la droite mais étaient surtout plus étroits que les minuscules ordinaires (appelés caractères romains). Grâce à ces caractères plus compacts, l’imprimeur eut l’idée de créer des livres aux pages moins larges qui, malgré leurs dimensions réduites, pouvaient contenir tout l’œuvre sur moins de pages. Il inventa donc le livre de poche, moins cher et plus maniable, ce qui fit sa renommée et sa fortune.

Aujourd’hui, il nous apparait normal de choisir à l’ordinateur une police de caractères qui se décline en lettres ordinaires, en italiques et en caractères gras. Au début de la Renaissance, personne n’aurait eu l’idée de les mélanger dans une même phrase : les livres étaient imprimés soit en caractères romains ou soit en italiques. Tout au plus, pouvait-on choisir des caractères différents pour imprimer la préface, le résumé au début d’un chapitre, ou les remarques placées dans les marges du texte.

La photo ci-dessus est la première page (mesurant 11 x 17,2 cm) de l’avant-propos d’un livre imprimé à Paris en 1538 par l’imprimeur le plus influent de la Renaissance française, Simon de Colines. Les quatre pages de cet avant-propos sont en italiques alors que les pages qui suivent sont en caractères romains. Cet imprimeur avait imprimé du texte en italiques pour la première fois dix ans plus tôt, soit plus d’un quart de siècle après Aldo Manuce.

On remarquera que le bloc de texte n’est pas placé au milieu de la page : sa disposition suit une ligne imaginaire en diagonale qui part du coin supérieur gauche et le coin inférieur droit de la page. La première lettre du texte (un « N ») est une lettrine à fond criblé (sous-entendu : …de points blancs) et décorée d’arabesques végétales. Aucune majuscule n’est inclinée : il faudra attendre Claude Garamont pour que les majuscules italiques soient inclinées comme les minuscules qui les accompagnent. Pour terminer, notons les esperluettes (« & ») qui sont formées de la fusion d’un « E » majuscule et d’un « t » minuscule.

Chez Simon de Colines, la partie ascendante des « b », « d », « h », et « l » se termine par une courbe vers la droite. Cela contribue à créer l’illusion que l’ensemble des caractères sont plus inclinés qu’ils ne le sont en réalité.

La partie la plus ancienne de cette époque s’appelle la Haute Renaissance : les italiques n’y étaient inclinées que de 2 à 10 degrés. Au cours de la Renaissance tardive (ou Maniérisme) qui suivit, les italiques deviennent plus penchées, ce qui rend plus évidente la nécessité de leur attribuer des majuscules obliques (ce que le fondeur de caractères Claude Garamont fut le premier à faire).

Il est à noter que Simon de Colines fait partie d’un petit groupe d’imprimeurs huguenots installés à Paris, liés par des liens de parenté (voir Post-scriptum), et qui domineront l’édition au cours de la Renaissance française par la qualité de leur production.

Même dans les musées, il est rare que des livres de la Renaissance soient exposés. La raison est simple : les pages de ces livres s’oxydent et brunissent à la lumière.

Les Montréalais qui seraient intéressés à voir de tels documents sont chanceux; au premier étage de la Grande Bibliothèque se tient une exposition où sont présentés plus de 80 livres de cette époque, dont LE chef-d’œuvre de la Renaissance, Hypnerotomachia Poliphili, imprimé par Aldo Manuce en 1499.

On peut y voir des écrits de l’humaniste Henri Estienne Jr (fils de Robert Estienne), un livre d’heures de 1516 dont il n’existe plus que trois exemplaires à travers le Monde, et des livres des plus célèbres imprimeurs de l’époque dont un de Robert Estienne (dans lequel on peut voir les « Caractères grecs du Roy » qui ont rendu célèbre Claude Garamont).

L’exposition est gratuite. Elle se tient depuis le 14 février dernier jusqu’au 27 janvier de l’an prochain.

Références :
Bringhurst R. Holding ideas in the hand — The Physics & Metaphysics of Renaissance Letterforms. Serif, 1995, 2: 15-24.
Italique (typographie)


Post-scriptum :

La dynastie parisienne des Estienne commence par l’imprimeur Henri Estienne (1470-1520), dont la veuve épouse son associé, Simon de Colines (1480-1546). Celui-ci utilise des caractères qu’il a gravés ou qui l’ont été par son graveur Antoine Augereau. Ce dernier aura lui-même une brève carrière d’imprimeur.

Robert Estienne (1503-1559) est le second fils d’Henri Estienne et conséquemment, le beau-fils de Simon de Colines. Imprimeur du roi de France, il commande des caractères grecs puis romains à Claude Garamont, un typographe qui a fait son apprentissage auprès d’Antoine Augereau.

Les caractères Garamond (avec un « d ») ont été ainsi nommés en l’honneur de Claude Garamont (avec un « t »), fondeur de caractères pour Robert Estienne.

Ce dernier épouse Perrette Bade, fille de l’imprimeur bourguignon Josse Bade (1462-1535). Celui-ci est le géniteur de trois filles qui épouseront des imprimeurs parisiens : en plus de Robert Estienne, Michel de Vascosan (1500-1576) et Frédéric Morel (1523-1583).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Le Nord-Ouest de la Vieille ville

Publié le 5 mars 2012 | Temps de lecture : 7 minutes

 
À la suite de l’incendie qui a endommagé la cathédrale Saint-Étienne à la fin de la 2e Guerre mondiale, on a restauré l’église. Mais les édifices qui lui faisaient face, totalement détruits par cet incendie, ont été remplacés par des édifices modernes. Ce sont eux qu’on voit au début de la vidéo.

L’un d’eux est le centre commercial Haas Haus (de 0:12 à 0:29). Créé par l’architecte autrichien Hans Hollein en 1990, il abrite des boutiques au rez-de-chaussée et des bureaux aux étages supérieurs. Le restaurant Do & Co, qui occupe partiellement les derniers étages de l’édifice, offre une vue exceptionnelle sur la cathédrale.

Au retour de la Troisième croisade, Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, est fait prisonnier en 1192 au sud-est de Vienne. Sa rançon énorme (deux années de recettes pour le royaume anglais) servira, entre autres, à combler le fossé (« graben » en allemand) qui entourait la ville. Un segment rectiligne de cet ancien fossé porte aujourd’hui le nom de Graben : c’est une des rues les plus prestigieuses de Vienne (de 0:31 à 1:32).

En 1679, la dernière grande peste ravagea Vienne. L’empereur Léopold 1er promis alors d’ériger un monument de grâce à la fin de l’épidémie. Pour cette raison, ce monument, situé au milieu du Graben, est appelé « Colonne de la peste » (de 1:17 à 1:19).

Il existe tellement d’églises baroques extraordinaires à Vienne que ce qualificatif perd son sens dans cette ville. Une d’entre elles est l’église Saint-Pierre (de 1:58 à 3:05), construite de 1703 à 1753 par Johan-Lukas von Hildebrandt. En voici quelques attraits :

   • à 2:33, la chaire dorée est due au sculpteur Matthias Steinl.
   • œuvre du peintre Johann-Michael Rottmayr, très actif à Vienne, la fresque qui décore l’intérieur de la coupole représente l’Assomption de Marie (de 2:16 à 2:19).
   • du côté droit de la nef, faisant le pendant à la chaire, un relief plaqué or et argent (à 2:48), dû au sculpteur Lorenzo Mattielli, est dédié à Saint Jean Népomucène. Ce dernier était le confesseur de la reine de Bohème : il fut torturé et précipité du pont Charles, à Prague, pour avoir refusé de révéler au roi le secret de la confession.
   • en plus de la fresque de la coupole, Johann-Michael Rottmayr a peint également le retable qui orne la chapelle au centre de la photo à 2:51, dédié à Saint François de Sales.

S’il existe en Europe de nombreux bars à vin, Vienne est la seule ville que je connaisse à posséder un bar où on ne sert que du champagne (à 3:16).

La plus grande place publique de la Vieille ville doit son nom (« Am Hof », ce qui signifie « À la cour ») au fait qu’elle donnait accès au palais (aujourd’hui disparu) du premier duc d’Autriche. De nos jours, la Colonne de la Vierge (à 3:21) est au centre de cette place. Ce monument commémore la fin de la Guerre de Trente Ans, qui a dévasté l’Europe centrale de 1618 à 1648.

Sur cette place, on trouve également la Kirche Am Hof (à 3:22), dont la façade baroque — créée par Carlo-Antonio Carlone en 1662 — est ornée d’un grand balcon à balustrade. Sobre, l’intérieur est un mélange harmonieux d’éléments baroques et surtout néo-classiques.

À cinq minutes de marche vers l’ouest, on tombe sur la Place Freyung où des artisans offrent leur marchandise (de 4:00 à 4:17). Cette place borde l’église des Écossais (de 4:20 à 4:29). Cette dernière a été fondée par des moines bénédictins irlandais à une époque les Autrichiens appelaient l’Irlande « Nouvelle-Écosse ». Après plusieurs destructions, les architectes italiens Silvesto Carlone et Andrea-Felice d’Allo lui donnèrent, de 1643 à 1648, son aspect baroque actuel.

De 4:43 à 5:07, nous sommes sur la Place des Juifs, au cœur de l’ancien ghetto. Le Monument aux victimes juives du Nazisme (de 4:43 à 4:54) est l’œuvre de l’artiste britannique Rachel Whiteread. Celle-ci a choisi de symboliser — par les parois de sa sculpture, en forme de tranches de livres — le devoir de mémoire à l’égard des 65,000 Juifs autrichiens victimes de l’holocauste.

La statue d’Ephraim Lessing (4:59), réalisée par Siegfried Charoux, orne également cette place. Lessing est un critique littéraire et un auteur de théâtre dont l’œuvre littéraire prône la tolérance religieuse envers les Juifs. À 5:01, on voit la plaque « Le batême du Christ » qui surmonte un message médiéval antisémite.

La Fontaine d’Andromède (à 5:12) se trouve dans la cour extérieure de l’Ancien hôtel de ville. Créée par le sculpteur Raphael Donner en 1741, elle illustre le mythe d’Andromède, délivrée par Persée du monstre marin qui allait la dévorer. C’est du balcon en fer forgé qu’étaient lues les ordonnances du Conseil municipal.

À 5:14, on voit la façade de l’Ancien hôtel de ville puis celle de la Chancellerie de Bohème (de 5:17 à 5:20). Cette dernière a été édifiée de 1709 à 1714 par le meilleur architecte autrichien de l’époque, Johann-Bernhard Fischer von Erlach. Les sculptures qui ornent cette façade sont de l’italien Lorenzo Mattielli.

L’étroite église Notre-Dame-du-rivage (de 5:22 à 5:42) tire son nom d’un bras du Danube qui, autrefois, coulait à proximité. À l’origine, l’église était située contre le mur de la ville, près d’une de ses portes. Son clocher heptagonal — c’est-à-dire à sept côtés — fait allusion aux sept douleurs de la Vierge : il est surmonté d’une flèche de pierre ajourée, achevée en 1417. Son portail, surmonté d’un baldaquin sculpté, est décoré de sculptures et de mosaïques dorées.

Tout comme la Sainte Chapelle à Paris, l’autel et les viraux de l’abside sont de style gothique rayonnant. Cette partie de l’église actuelle a été achevée en 1367 sur le site d’une ancienne chapelle, et était probablement destinée à servir de caveau familial pour son propriétaire de l’époque. En 1391, l’édifice est vendu au baron Hans von Liechtenstein-Nikolsburg, qui décide alors d’en faire un lieu de culte public en ajoutant la nef actuelle, construite de 1394 à 1414. L’une et l’autre de ces deux parties, presque de tailles égales, ne sont pas tout-à-fait dans le même axe.

De chaque côté du maitre-autel néo-gothique, on trouve deux panneaux peints, œuvres anonymes de 1460, représentant le Couronnement de Marie (à droite) et l’Annonciation (à gauche). Le buffet d’orgue (à 5:42) date de 1515.

C’est dans cette église que sont conservés les restes de Saint Clément-Marie Hofbauer, le patron de la ville de Vienne. Tous les dimanches depuis 1995, on y célèbre une messe en français, pour le bénéfice de la communauté francophone de Vienne.

L’église Saint-Rupert (de 5:44 à 5:52) est le plus vieil édifice religieux de Vienne, bâti au XIIe siècle sur le site d’une chapelle fondée en 740.

De 6:06 à 6:12, nous passons en revue trois attraits touristiques du Hoher Markt (ce qui signifie Marché Haut) : la Fontaine de Joseph (reconstruite en 1732 par Joseph-Emmanuel Fischer von Erlach), le minuscule Musée Romain, et l’extraordinaire horloge Ankeruhr.

Chef-d’œuvre Art nouveau, l’horloge a été fabriquée d’après les plans du peintre Franz Matsch entre 1911 et 1917. Elle fait le pont entre deux édifices. À chaque heure, un personnage différent traverse ce pont : entre autres, l’empereur romain Marc Aurèle (décédé à Vienne), Charlemagne, le poète allemand Walther von der Vogelweide, le prince Eugène de Savoie-Carignan (héro national), l’impératrice Marie-Thérèse et son époux François 1er, le compositeur Joseph Haydn. C’est sur la musique de ce dernier (un extrait de la Création) que défilent, à midi, les douze personnages de l’horloge.

Réalisé en 1530, le portail de la chapelle Saint-Sauveur (à 6:15) est un des rares exemples de style Renaissance à Vienne. À 6:27, c’est le portail baroque d’un palais anonyme construit de 1720 à 1720.

Voilà.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


M. Harper défend mollement la Démocratie canadienne

Publié le 2 mars 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

La controverse des appels frauduleux survenus au cours de la dernière campagne électorale ne remet pas en question les résultats du scrutin; le gouvernement conservateur est majoritaire et il le demeurera peu importe l’issue de cette controverse.

Ce qui est en cause, c’est la Démocratie.

Tenter de décourager des électeurs d’aller voter en rendant cette tâche plus compliquée, c’est torpiller la Démocratie. Harceler des électeurs en leur faisant croire qu’un autre parti politique est responsable de cet harcèlement, c’est tenter de fausser leur choix.

La Démocratie est le pouvoir du peuple de choisir ses dirigeants. Idéalement, les gens devraient choisir leurs dirigeants d’après ce que les candidats se proposent de faire s’ils sont élus (ou réélus) et d’après leur compétence à gouverner. Dans l’exercice de ce choix, l’électeur doit tenir compte des antécédents des candidats, c’est-à-dire ce qu’ils ont accompli jusqu’ici.

Déjà, les stratèges politiques tentent d’orienter le vote d’après la personnalité des candidats, d’après l’image rassurante qu’ils projettent, d’après des slogans accrocheurs et d’après des campagnes de dénigrement ou des demi-vérités. Tout cela est regrettable, mais c’est parfaitement légal.

La ligne à ne pas dépasser est la légalité. Or cette ligne a été franchie.

Appeler, en se faisant passer pour Élections Canada, afin d’aviser des centaines électeurs qu’en raison d’un engorgement, ils devaient plutôt voter à un bureau de vote éloigné (et où ils n’étaient pas inscrits), c’est de la fausse représentation : or, qu’elle soit verbale ou écrite, la fausse représentation est illégale.

À l’heure actuelle, tous les indices portent à croire que certains stratèges du Parti conservateur ont été trop loin. Mais il n’est pas impossible que des zélés d’autres partis soient aussi fautifs. Aussi condamnables que soient leurs initiatives, on peut se rassurer à l’idée que nous vivons dans une société de droit et que les coupables devraient être démasqués et punis.

Par contre, ce qui est très inquiétant, c’est la stratégie utilisée jusqu’ici par le Premier ministre canadien pour se défendre. Ce que nous voyons, c’est son aveuglement politique et une agressivité — habituelle chez beaucoup de politiciens — qui consiste à accuser les autres des torts qu’on lui reproche.

Aujourd’hui, Radio-Canada nous apprend que le Premier ministre accuse l’opposition d’avoir aussi utilisé du télémarketing au cours de la campagne électorale. Ceci est une tactique de diversion : ce dont il est question, ce n’est pas le télémarketing politique — qui est légal et qui se fait depuis que le téléphone existe — mais d’un acte criminel, soit la fausse représentation.

Alors qu’il est trop tôt pour connaître l’ampleur de ce scandale, cette mauvaise foi évidente augure mal. En raison de la gravité des faits, on est en droit d’exiger du chef du gouvernement canadien qu’il se comporte en chef d’État et non en politicailleur.

De la même manière qu’on suspend un policier soupçonné d’agissements illégaux jusqu’à ce qu’il soit innocenté, M. Harper doit suspendre immédiatement les liens commerciaux qui unissent son parti à toute entreprise de télémarketing dont des employés ont déclaré avoir procédé à des appels illégaux.

De plus, au lieu de chercher des puces à ses adversaires, M. Harper doit se montrer intraitable dans sa détermination à restaurer la confiance de la population dans le processus électoral. En particulier, en défenseur auto-proclamé de la loi et de l’ordre, il a une occasion unique d’être cohérent et de faire adopter par le Parlement une loi prévoyant des peines minimales très sévères pour toute personne qui entreprendrait de nous priver du droit de choisir nos dirigeants.

Référence :
Appels frauduleux : Harper accuse les libéraux, l’opposition contre-attaque

Sur le même sujet :
Le despotisme de Stiveniev Harperoff
Torpiller la démocratie canadienne

Parus depuis :
Appels trompeurs: «scandaleux», dit le DGE (2012-03-30)
Appels frauduleux – Les conservateurs balaient les critiques du jugement (2013-05-15)
Point Chaud – Élections Canada en a assez des «tricheurs» (2013-10-15)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Torpiller la démocratie canadienne

Publié le 1 mars 2012 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Depuis quelques temps, sur la colline parlementaire fédérale, on aime beaucoup la Monarchie britannique, mais aime-t-on toujours la Démocratie canadienne ?

La Chambre des Communes a été muselée à de nombreuses reprises depuis que les Conservateurs forment un gouvernement majoritaire (c’est-à-dire depuis qu’ils sont capables d’imposer le bâillon). À l’époque où ils étaient minoritaires au Parlement, les Conservateurs ont décrété quelques abrogations-surprise au Parlement dans le seul but de le mater.

Voilà qu’on apprend qu’un ou plusieurs petits futés, travaillant pour des intérêts obscurs, ont tenté de faire obstacle à l’expression démocratique des citoyens dans quelques circonscriptions canadiennes lors des dernières élections fédérales.

Des appels frauduleusement effectués au nom d’Élections Canada, avisaient les électeurs de ne pas se rendre au bureau de vote prévu, mais d’aller plutôt voter à un bureau de vote situé à quelques dizaines de km plus loin et où ils n’étaient pas inscrits.

Un individu appelé Pierre Poutine, domicilié à une adresse fictive de Joliette (sur la rue des Patriotes, qui n’existe pas) aurait réservé les services de RackNine Inc. Cette entreprise de télémarketing, associée au Parti conservateur, est installée à Edmonton. Le téléphone portable de l’individu a été activé deux jours avant les élections auprès de Virgin Mobile et n’a servi que pour placer deux appels, tous deux destinés à RackNine.

Il semble que RackNine a relayé le message frauduleux envoyé par « Poutine » auprès de centaines d’électeurs ontariens.

La réalisation de cette fraude a nécessité la complicité de très nombreuses personnes. Or les complices dans cette affaire ont joui d’une étonnante impunité, ce qui laisse croire à une fraude cautionnée par les plus hautes instances de l’État.

Jugez-en par vous mêmes :
• Depuis quand Virgin Mobile ouvre-t-il un compte sans effectuer d’enquête de crédit (ce qui nécessite qu’on lui fournisse son identité véritable) ?
• Comment RackNine a-t-il accepté le mandat de « Poutine » sans lui ouvrir un compte et, conséquemment, demander une enquête de crédit ?
• Par quels moyens « Poutine » a-t-il rémunéré RackNine pour ses services ? Par carte de crédit ? Si oui, à quel nom ? Par chèque ? Si oui, de quelle compte bancaire ?
• Si « Poutine » s’est servi du compte d’un client existant de RackNine, de quel compte s’agit-il et comment en a-t-il pu en connaître l’existence ?
• Comment RackNine a-t-il pu demander à ses employés de lire le message de « Poutine » sans en prendre connaissance et, conséquemment, sans réaliser qu’il s’apprêtait à être complice d’un acte criminel ?
• De la même manière, comment « Poutine » a-t-il pu transmettre à RackNine la liste des numéros de téléphone à appeler ? S’il a utilisé la liste du Parti conservateur, comment a-t-il pu obtenir la permission de s’en servir ?
• Le Parti conservateur a-t-il interrompu ses relations avec RackNine ou a-t-il continué de faire affaire avec cette entreprise comme si de rien n’était ?
• Pourquoi le Premier ministre se contente-t-il d’accuser l’opposition de se livrer à une campagne dénigrement contre son parti plutôt que d’envoyer le message clair à des partisans zélés que si ceux-ci ont porté atteinte à la Démocratie canadienne, ils seront exclus de son parti ?

Références :
Marketing strategist Stewart Braddick plays role in Conservative party’s electoral success
Documents show ‘Pierre Poutine’ owned disposable cellphone in robocall scandal
Robo-call furor focuses attention on massive Tory database
Robo-calls: ‘Pierre Poutine’ fingered in Elections Canada robo-call probe
Un autre «in and out» au Québec?
Faux appels électoraux – Un employé conservateur aurait quitté son emploi
Voter was told take 90-minute journey to cast ballot during federal election

Parus depuis :
Appels frauduleux – Élections Canada a été contactée 31 000 fois (2012-03-03)
La chasse au bureau de vote (2012-03-03)
Appels trompeurs: «scandaleux», dit le DGE (2012-03-30)
Appels robotisés illégaux : Michael Sona trouvé coupable (2014-08-14)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La présence sournoise de l’amiante

Publié le 29 février 2012 | Temps de lecture : 4 minutes
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En Ontario, tous les propriétaires d’immeubles publics ou privés doivent faire l’inventaire des matériaux contenant de l’amiante et en faire part aux occupants. Ce n’est pas le cas au Québec; les précautions et les avis sont prévus seulement s’il y a des travaux susceptibles de libérer l’amiante dans l’air, ce qui, théoriquement, devrait être suffisant.

Dans les faits, les acheteurs d’immeubles sont rarement informés de la présence d’amiante parce que l’information à ce sujet s’est perdue le long de la chaine des propriétaires successifs.

L’Université de Montréal a établi un registre des immeubles publics qui contiennent de l’amiante. Les chercheurs ont répertorié 1500 bâtiments. Toutefois, cette liste est maintenue secrète.

Entretemps, l’amiante continue de faire des morts au Québec. Officiellement, de 2005 à 2010, l’amiante a causé 559 morts, soit d’avantage que tous les accidents de travail réunis (548 morts), selon la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

Officieusement, le nombre de ces décès est sans aucun doute plus élevé. En effet, la CSST estime que seulement 21% des cas de mésothéliome — le cancer du poumon causé exclusivement par l’amiante — lui sont déclarés.

Ces morts surviennent en industrie — principalement chez les ex-travailleurs de l’amiante — et de façon croissante dans le secteur de la construction.

Selon le Dr Yves Bonnier-Viger, de la direction de santé publique de Chaudière-Appalaches, le nombre de cas de mésothéliome est en progression constante au Québec, ce qui indique que l’exposition de la population à l’amiante continue d’augmenter.

« Il y a beaucoup de bâtiments qui arrivent à une étape où ils commencent à s’user et on commence à faire beaucoup de travaux de rénovation. Alors on remet beaucoup d’amiante en circulation. C’est ça, le problème.»

Un cas patent est celui de Diane Turcotte. Atteinte de mésothéliome, celle-ci subit l’ablation du poumon droit et du diaphragme, le 24 janvier 2008. Après 144 jours passés aux soins intensifs, elle meurt le 13 juin suivant.

Elle ne travaillait pas dans une mine, ni dans l’industrie de la construction. Elle servait les repas dans la cafétéria d’une polyvalente en Outaouais dont les plafonds contenaient de l’amiante.

« Les gens pensent que ça arrive juste aux travailleurs de la construction, mais on est tous à risque, juste à travailler dans un bâtiment », a déclaré à La Presse Nadia Tassé, fille de Mme Turcotte.

Il y a deux semaines, plus précisément le 13 février dernier, dans le cadre d’un procès à Turin contre le fabricant d’amiante-ciment Eternit, deux ex-propriétaires de l’entreprise ont été condamnés chacun à seize ans de prison. En effet, le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny et le baron belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne ont été jugés responsables de la mort de près de 3,000 ouvriers ou habitants des villes où Eternit-Italie avait des usines.

Il y a un an, le 3 avril 2011, le ministre du Développement économique du Québec annonçait que le gouvernement Charest acceptait le projet de relance de la mine Jeffrey d’Asbestos et qu’il accordait une garantie de prêt de 58 millions de dollars nécessaire à la relance de ses activités.

Post scriptum : Puisqu’aucune banque ne s’est montrée intéressée à financer ce projet — même avec la garantie de l’État québécois — le gouvernement Charest s’est résolu, en juin 2012, à prêter lui-même l’argent nécessaire à la réouverture de la mine Jeffrey.

Références :
Amiante: On est tous à risque
Amiante : 16 ans de prison pour deux ex-responsables d’Eternit
Le Québec doit faire son deuil de l’amiante
Québec d’accord pour relancer la mine d’amiante Jeffrey

Paru depuis la publication de ce billet :
Québec prête 58 millions pour relancer la mine Jeffrey

Détails techniques de la photo : Panasonic GH1 + tube d’espacement de 16 mm + objectif Voigtländer 50mm f/1,1 — 1/13 sec. — F/16,0 — ISO 800 — 50 mm.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Me Sylvain Lussier, procureur-chef à la Commission Charbonneau : un choix judicieux ?

Publié le 27 février 2012 | Temps de lecture : 3 minutes

Le 18 novembre dernier, la juge France Charbonneau annonçait la nomination de quatre juristes qui l’assisteront dans le cadre de la commission d’enquête qu’elle préside sur la corruption dans l’industrie de la construction. L’un d’eux, Me Sylvain Lussier, était alors nommé procureur-chef de cette commission.

Me Lussier n’en est pas à sa première participation à une commission d’enquête. En effet, il fut l’avocat du gouvernement fédéral canadien lors du scandale des commandites. Rappelons que le programme des commandites avait été institué par le gouvernement libéral de Jean Chrétien dans le but de faire la promotion du fédéralisme canadien auprès des Québécois et ce, au coût de 332 millions$. Dans les faits, il s’agissait d’une immense magouille destinée à alimenter un système complexe de pots-de-vin profitant au Parti libéral du Canada. En d’autres mots, à la Commission Gomery, Me Lussier était du mauvais bord.

En plus d’être procureur en chef de la Commission Charbonneau, Me Lussier continuera d’agir comme avocat-conseil pour la Ville de Montréal. À ce titre, il est appelé à représenter l’administration Tremblay (qui dirige la métropole canadienne) dans l’épineux dossier de l’espionnage du vérificateur général de la ville.

Rappelons que l’administration Tremblay avait décidé d’épier ses fonctionnaires afin de surveiller l’attribution des contrats juteux qui permettent à des entrepreneurs véreux de se graisser la patte. Dans les faits, on en avait profité pour surveiller le vérificateur général, qui dispose d’un budget insignifiant (l’achat de papeterie pour son personnel et d’autres dépenses minimes).

En cautionnant l’espionnage du vérificateur général de la ville, le maire Tremblay faisait la démonstration que ce qui l’intéressait, ce n’était pas de s’attaquer à la corruption mais plutôt aux accusations de corruption. L’important pour son administration, ce n’était pas d’être honnête mais simplement de sembler l’être. Or c’est cette façon d’agir que Me Lussier pourrait être appelé à défendre à titre d’avocat de la ville de Montréal.

Le 18 novembre dernier, ce conflit d’intérêt avait été soulevé une première fois sur le site de Droit-Inc par un auteur anonyme dont les propos avaient passé inaperçus. Cette accusation prenait samedi dernier un relief plus percutant avec la publication dans Le Devoir d’une lettre signée par Me Paul Bégin, ex-ministre de la Justice du Québec, sommant publiquement Me Lussier de choisir entre les mandats de la Ville de Montréal ou celui de la commission Charbonneau.

Références :
Commission Gomery
Le Lys et le fumier
L’éthique en arrache ces jours-ci…
Commission Charbonneau : Lussier procureur en chef!
Sylvain Lussier

Complément de lecture : Intervention surprise de Me Lussier contre Jacques Duchesneau

Paru depuis : Commission Charbonneau : démission surprise du procureur en chef


Post-Scriptum : Me Sylvain Lussier a remis sa démission à titre de Procureur en chef de la Commission Charbonneau le 16 octobre 2012, soit huit mois après la publication du texte ci-dessus.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes

Publié le 25 février 2012 | Temps de lecture : 2 minutes
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Sur la rue Sainte-Catherine, un peu à l’ouest de la rue Berri, se trouve une charmante petite église qui m’a toujours fascinée.

Conçue par l’architecte québécois Napoléon Bourassa (père du fondateur du quotidien Le Devoir), cette église a été construite entre 1873 et 1882. Depuis 1904, une statue en bronze doré, œuvre du sculpteur français Joseph Lefèvre, complète la façade.

Nef
Intérieur de la chapelle
Chœur, de près
Plafonds peints
Ciels du transept de gauche et du chœur
Intérieur de la coupole

Les peintres Toussaint-Xénophon Renaud et François-Édouard Meloche ont participé à la décoration intéreure de l’édifice.

En béton peint, bien en évidence au-dessus du maitre-autel, le sculpteur Louis-Philippe Hébert a représenté une scène où la Vierge apparait à Bernadette Soubirous agenouillée, à Lourdes.

De part et d’autre du maitre-autel, on trouve les toiles Le Couronnement de Marie au ciel (à gauche) et L’Assomption de la Vierge Immaculée (à droite).

C’est dans cette chapelle que fut installé en 1880-1881 le premier orgue de la maison Casavant. Il s’agit d’un instrument à deux claviers et à quinze jeux. Le buffet de l’orgue est de Napoléon Bourassa.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (la 2e photo) et objectifs M.Zuiko 12 mm (1re, 5e et 6e photos) et Pan-Leica 25 mm F/1,4 (les trois autres photos)
1re photo : 1/800 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 400 — 25 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,0 — ISO 800 — 12 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/2,0 — ISO 1000 — 12 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 250 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une projection d’hologrammes à Berlin

Publié le 23 février 2012 | Temps de lecture : 2 minutes

 
Le 3 septembre 2010, pour le lancement d’Optimus One — alors nouveau téléphone multifonctionnel de LG — la compagnie a décidé de faire les choses en grand par la projection d’hologrammes (c’est-à-dire des images tridimensionnelles) sur la façade d’un bâtiment typique de l’architecture industrielle berlinoise de la fin du 19e siècle, située au Schönhauser Allee 39 (Note : les numéros civiques sont toujours à la fin de l’adresse à Berlin).

En 1842, le pharmacien August Heinrich Prell fonde une brasserie qui, en raison de son succès, doit déménager quelques années plus tard sur la Schönhauser Allee. En 1853, l’entreprise est vendue à Jobst Schultheiss. Le nouveau patron décide alors de donner son nom de famille à la Pilsner blonde qu’il fabrique. La Schultheiss est encore aujourd’hui une des bières les plus populaires d’Allemagne.

De nos jours, cet immeuble est un centre de congrès appelé Kulturbrauerei (ce qui signifie Brasserie culturelle), doté de salles de cinéma, discothèques, salles de spectacle, restaurants et salles d’exposition.

Pour terminer, signalons que le téléphone Optimus One fonctionne sous le système d’exploitation Android de Google, symbolisé par un robot trapu (d’où celui en vedette dans la vidéo).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le danger du lait cru

Publié le 22 février 2012 | Temps de lecture : 3 minutes

Aux États-Unis, trente États permettent la vente de lait cru sur leur territoire : la loi fédérale américaine en interdit toutefois le transport entre les états et la vente d’un état à l’autre.

Selon une étude du Centers for Disease Control and Prevention (CDCP), l’incidence d’intoxications alimentaires causées par le lait cru est 150 fois plus élevée que celles causées par le lait pasteurisé. De même, l’incidence d’hospitalisation est treize fois plus élevée.

Entre 1993 et 2006, le CDCP a dénombré 121 épisodes d’intoxication alimentaire dans lesquels des produits laitiers — pasteurisés ou non — étaient impliqués aux États-Unis, affectant 4 400 personnes et provoquant 240 hospitalisations (dont trois morts) : 35,7% des personnes atteintes, 84% des hospitalisations et deux des trois morts, l’ont été par du lait non-pasteurisé ou des fromages au lait cru.

Des fromages ont été impliqués dans 54% des épisodes : la lait dans le reste. Des 65 épisodes reliés à la consommation de fromages, 41,5% ont été causés par des fromages au lait cru alors que 82% des 56 épisodes reliés au lait, l’ont été par du lait cru.

Or probablement moins de 1% des produits laitiers consommés aux États-Unis ne sont pas pasteurisés.

Rappelons que la pasteurisation consiste à chauffer le lait à 72 degrés Celsius pendant 15 secondes. Cela détruit les bactéries pathogènes en affectant minimalement la qualité nutritive du lait.

Alors comment se fait-il que le lait pasteurisé ait quand même causé une partie appréciable des cas observés ? C’est que dans cette étude, lorsque le lait destiné à être pasteurisé ne l’a pas été conformément aux normes, les conséquences ont quand même été imputées à du lait pasteurisé. Dans tous les cas où la pasteurisation s’est faite correctement, les causes sont la contamination après la pasteurisation, de même que le non respect des chaines de froid.

Références :
Majority of dairy-related disease outbreaks linked to raw milk
Nonpasteurized Dairy Products, Disease Outbreaks, and State Laws—United States, 1993–2006 (PDF)
Ontario court rules against raw milk farmer
Raw milk more likely to cause illness: study
35 cases of illness tied to Pa. farm’s raw milk

Parus depuis :
Fromage contaminé à l’E. coli : 7 nouveaux cas d’infection (2013-09-24)
Bactérie « E. Coli » : le ministère recommande de ne pas donner de lait cru aux enfants de moins de cinq ans (2019-04-30)
Grippe aviaire dans le lait américain Le Canada doit-il s’alarmer ? (2024-04-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le popotillo ou la mosaïque de paille

Publié le 21 février 2012 | Temps de lecture : 2 minutes
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Le popotillo est une technique pratiquée au Mexique qui consiste à utiliser des segments de tiges de graminées (principalement du millet) pour créer des œuvres d’Art.

Les tiges sont d’abord teintes. De nos jours, les artisans disposent d’un grand nombre de colorants synthétiques. Mais ceux qui perpétuent les techniques traditionnelles n’utilisent que des colorants naturels (extraits de plantes ou d’insectes) : parce que biologiques, ceux-ci sont sujets à la décoloration avec le temps.

Puis le support de l’œuvre est enduit de cire d’abeille. Les tiges sont taillées selon le besoin à l’aide d’une lame pointue (au bistouri ou à l’Exacto), puis appliquées sur ce support. Le tout est recouvert d’une laque qui sert de fixatif.

Un âge d’or du popotillo se situe dans la première moitié du XXe siècle. C’est à cette époque que la famille Olay a tenu boutique dans la capitale mexicaine, proposant des œuvres figuratives remarquables tant par la composition de l’image et l’originalité des sujets, que par leur perfection technique.

On peut voir ci-dessus une œuvre de Feo Ariza (dont un détail ci-dessous). Cet artisan s’est illustré à l’époque où il a travaillé pour la famille Olay, entre 1946 et 1950.

Détail de l’œuvre

Référence : Straw painting

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Écrit par Jean-Pierre Martel