Homicides et armes à feu

Publié le 9 juin 2013 | Temps de lecture : 1 minute

MeurtresEn 2011, quatre-vingt-huit Américains étaient tués par des armes à feu et 202 autres étaient sérieusement blessés, en moyenne, quotidiennement. Pour la première fois en 2012, le nombre de décès par des armes à feu — homicides et suicides — a dépassé le nombre de décès survenus lors d’accidents de la route.

Représentant moins de 5% de la population mondiale, les Américains possèdent 40% de toutes les armes à feu détenus par les civils à travers le monde, soit 250 à 300 millions d’armes (dont 600 000 achetés en 2011).

À la suite d’une tuerie survenue en Australie en 1996, ce pays a considérablement resserré les critères justifiant l’acquisition d’armes à feu et a procédé au rachat du cinquième des armes déjà en circulation. Ces mesures en diminué de moitié le taux d’homicides reliés aux armes à feu.

Références :
Tragedy’s Legacy
Tragedy’s Legacy

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les trois catégories de pivoines

Publié le 8 juin 2013 | Temps de lecture : 3 minutes
Pivoine herbacée hybride ‘Quad x Archangel’
Pivoine herbacée ‘Illini Warrior’
Pivoine de Chine ‘Silvia Saunders’
Pivoine de Chine ‘Abalone Pearl’
Pivoine arbustive ‘Spring Carnival’
Pivoine arbustive ‘Yae Zakura’
Pivoine itoh ‘Full Viking Moon’
Pivoine itoh ‘Watermelon Wine’

Les pivoines sont des plantes résistantes au gel qui peuvent vivre jusqu’à cinquante ans. Le diamètre de leurs fleurs varie de 10 à 30 cm. On en compte plus de 5 000 variétés, qu’on divise en trois catégories.

Les pivoines herbacées poussent comme de l’herbe, c’est à dire que chaque fleur se dresse au bout d’une tige qui origine du sol. Ces tiges meurent tous les ans tandis que d’autres naissent à partir des mêmes racines tubéreuses. C’est à la fin mai, début juin, que fleurissent les toutes premières pivoines simples. Les grosses fleurs semi-double et doubles mettent plus de temps à se former; elles fleurissent de la mi-juin à la mi-juillet. L’espèce la plus courante de pivoines herbacées est appelée pivoine de Chine : on en compte un grand nombre de variétés, toutes remarquables.

Les pivoines arbustives forment de petits arbustes (d’où leur nom). Leur hauteur ne dépassant pas 3,5 m. Contrairement aux pivoines herbacées qui ont tendance à plier sous le poids de leurs fleurs au point que celles-ci touchent le sol, les branches des pivoines arbustives sont plus solides et plient beaucoup moins. Leurs feuilles tombent à l’automne mais les branches ne meurent pas : elles grandissent ainsi lentement d’année en année.

Les pivoines itoh tirent leur nom de l’horticulteur japonais Toichi Itoh qui fut le premier à réussir un croisement entre une pivoine herbacée et une pivoine arbustive. Ce sont des pivoines herbacées aux tiges très rigides et qui ne nécessitent aucun support. Elles ont une période de floraison généralement plus longue que les autres pivoines.

Le nectar sucré des pivoines attire les fourmis qui, en raison de leur caractère batailleur, aident à protéger ces fleurs d’autres insectes qui leur seraient réellement néfastes. Leur présence devient toutefois un inconvénient lorsqu’on désire décorer et parfumer l’intérieur de nos maisons avec un bouquet de pivoines. Pour s’en débarrasser, il suffit de tremper la fleur dans de l’eau savonneuse et de la secouer à l’extérieur.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs Lumix 20mm F/1,7 (1re, 4e et 5e photos), M.Zuiko 40-150mm F/2,8 (6e, 7e et 8e photos) + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 (2e et 3e photos)
1re photo : 1/640 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 20 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 80 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 110 mm
4e  photo : 1/500 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 20 mm
5e  photo : 1/640 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 20 mm
6e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
7e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
8e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le temps des pivoines

Publié le 7 juin 2013 | Temps de lecture : 2 minutes
Pivoine herbacée hybride ‘Cardinal’s Robe’
Pivoine herbacée hybride ‘Showgirl’
Pivoine arbustive ‘Gessekai’
Pivoine herbacée hybride ‘Coral Sunset’
Pivoine itoh ‘Garden Treasure’
Pivoine itoh ‘Magical Mystery Tour’

Pendant des années, je croyais que le Jardin botanique de Montréal se limitait au contenu de ses serres, complété du Jardin de Chine, du Jardin japonais et de l’Insectarium.

Mais cette année, je découvre ses vastes jardins extérieurs. Après les magnolias, vus le mois dernier, j’apprécie maintenant sa magnifique collection de pivoines, réunies le long d’un ruisseau charmant.

Je savais que les fleurs de pivoine pouvaient être blanches ou roses. Mais voilà qu’elles peuvent être comme des gros coquelicots rouges, qu’elles peuvent ressembler à d’immenses fleurs jaunes, corail, saumon ou vieux rose.

Au sujet des dernières pivoines illustrées ci-dessus, précisons que Magical Mystery Tour est le nom d’un disque des Beatles.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 20mm F/1,7
1re photo : 1/640 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 20 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 20 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 20 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 20 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 20 mm
6e  photo : 1/1250 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Infestation d’anémones en Méditerranée

Publié le 6 juin 2013 | Temps de lecture : 2 minutes

Capo_Gallo_Pelagia_noctilucaCertains poissons et crustacés sont des prédateurs pour les anémones. Mais la surpêche en Méditerranée et le réchauffement climatique ont provoqué une explosion du nombre d’anémones qui s’y reproduisent.

Le professeur Stefano Piraino, de l’université italienne de Salento, dirige un projet de recherche qui vise à documenter l’ampleur de ce phénomène.

« Le 21 avril dernier, j’ai survolé 300 km de rivage près d’ici et j’en ai vu des millions. Sur l’île sicilienne de Lampidusa, on reçoit annuellement 300 000 touristes : toutefois, la baignade n’y est plus autorisée qu’une seule semaine par année. »

Ce printemps-ci, sur les côtes de Catalogne et de Valence, l’Institut des sciences maritimes de Barcelone a détecté une recrudescence de Pelagia noctiluca (photo ci-dessus), un anémone particulièrement venimeuse.

Leurs chercheurs ont observé des bancs d’anémones, longs de plusieurs kilomètres, et qui contiennent trente à quarante anémones par mètre cube.

En Méditerranée, plus de 150 000 baigneurs sont soignés chaque été à la suite de morsures d’anémones.

Précisons que le meilleur remède pour inactiver sur le champ le venin d’anémone est le vinaigre blanc (à 3 ou 5%). Je l’ai expérimenté il y a plusieurs années en Floride sur un surfeur qui venait de se faire piquer.

Il suffit de verser du vinaigre sur la peau pour que les tentacules d’anémone blanchissent instantanément. Comme du blanc d’œuf qui cuit. On enlève ensuite les tentacules avec un essuie-tout ou un linge sec et on réapplique du vinaigre directement sur la peau. Plus le traitement est débuté tôt, plus il est efficace.

Référence : Jellyfish surge in Mediterranean threatens environment – and tourists

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pérou : Les royaumes du soleil et de la lune

Publié le 4 juin 2013 | Temps de lecture : 4 minutes
Banderole de l’exposition
Ornement frontal en forme de tête de félin et tentacules de pieuvre se terminant en têtes de poisson-chat (100-800 après J.C.)

Depuis quelques années, le Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBA) fait preuve d’audace. À son initiative, des expositions majeures sont mises sur pied et essaiment ensuite à travers le monde.

On se rappellera de l’immense succès populaire, critique et international de l’exposition au sujet du couturier Jean-Paul Gauthier.

L’an dernier, l’exposition ahurissante consacrée à Tom Wesselman nous révélait un grand artiste du Pop art américain.

Jusqu’au 12 juin prochain, le MBA présente l’exposition « Pérou : Les royaumes du soleil et de la lune ». Tout simplement, c’est la plus grande exposition jamais présentée sur la Civilisation andine. En effet, le Pérou est aujourd’hui considéré comme l’un des six berceaux de civilisation, avec la Mésopotamie, l’Égypte, l’Inde, la Chine et le Mexique.

Officiellement, on y présente 370 œuvres d’art collectionnées à partir de 40 collections publiques ou privées. En réalité, ce n’est pas tout à fait vrai; incrédule, je suis retourné compter les objets présentés et il y a en a environ une centaine de plus.

Beaucoup d’objets en terre cuite parfaitement conservés (ou restaurés), des sculptures en bois, des toiles, des objets en plumes, en or — dont cette poulpe mochita emblématique de l’exposition, volée au Pérou en 1988 et rapatriée en 2006 — ou de spectaculaires objets en argent massif, font de cette exposition un événement d’importance majeure.

Et le plus merveilleux : il est permis de prendre des photos — sans lampe-éclair, évidemment — ce qui est extrêmement rare pour une exposition temporaire.

Il ne vous reste plus que quelques jours pour la visiter. À moins d’aller au Pérou, jamais de toute votre vie vous ne verrez autant d’œuvres d’Art péruviennes réunies au même endroit. En voici quelques unes : n’hésitez pas à cliquer sur ces photos afin de les agrandir.

À gauche, vase céphalomorphe — À droite, vase à double goulot représentant l’Être anthropomorphique mythique (entre 1 et 700 après J.C.)
Bouteille à anse en étrier en forme de guerrier agenouillé (100-800 après J.C.)
Bouteille à anse en étrier représentant un aigle marin attrapant un poisson (100-800 après J.C.)
Amoureux devant un ornement d’oreille en or et en turquoises
Fragment de cape d’envelissement décorée de figures anthropomorphiques (750-1375 après J.C.)
Bouteille à double corps représentant un personnage porté sur une litière (750-1375 après J.C.)
Poncho décoré de plumes représentant des félins stylisés (900-1476 après J.C.)
Coffre illustrant des scènes de la Nativité (période coloniale)
Urne eucharistique en forme de pélican (vers 1750-1760)
Détail de l’urne
« Habitant des cordillères du Pérou » (de Francisco Laso, 1855)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 20mm F/1,7
  1re photo : 1/640 sec. — F5,0 — ISO 200 — 20 mm
  2e photo  : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 20 mm
  3e photo  : 1/100 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 20 mm
  4e photo  : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 500 — 20 mm
  5e photo  : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 800 — 20 mm
  6e photo  : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 2000 — 20 mm
  7e photo  : 1/60 sec. — F/1,6 — ISO 1600 — 20 mm
  8e photo  : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 200 — 20 mm
  9e photo  : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 800 — 20 mm
10e photo  : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 640 — 20 mm
11e photo  : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 250 — 20 mm
12e photo  : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 250 — 20 mm
13e photo  : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 800 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le déclin de l’économie québécoise

Publié le 3 juin 2013 | Temps de lecture : 8 minutes

L’enrichissement des peuples

Pour un pays, il y a deux manières de s’enrichir rapidement : en vendant ou en pillant.

On trouve dans l’Antiquité de nombreux exemples de guerres dont le but était de faire main basse sur les richesses accumulées d’une Cité-État.

Mais la plupart des peuples s’enrichissent en temps de paix. Ils peuvent s’enrichir lentement en produisant des biens destinés à satisfaire leurs propres besoins. Ou ils peuvent s’enrichir plus rapidement en vendant, en plus, à leurs voisins des produits précieux que ces derniers ont un grand besoin et, dans le meilleur des cas, qu’ils sont prêts à acquérir à n’importe quel prix.

L’économie du Québec est née du commerce de la fourrure, destinée à satisfaire la demande européenne. Mais notre économie a véritablement pris son envol grâce à Napoléon Bonaparte.

Au début du XIXe siècle, l’empereur français impose un blocus continental à la Grande-Bretagne; il interdit à tous les pays d’Europe de faire commerce avec l’Angleterre. Or celle-ci est essentiellement une puissance maritime. Pour sa construction navale, elle dépend du bois importé des riches forêts des pays scandinaves.

Puisque cette source d’approvisionnement lui est interdite, elle se tourne vers ses colonies d’Amérique. Or justement, le Québec est un immense réservoir forestier. On met donc en chantier les forêts d’ici. On y coupe des millions d’arbres dont on extrait le tronc. Au péril de leur vie, nos draveurs assurent le transport des billots — emportés par le torrent de nos rivières — vers les scieries du Sud.

Au fil des siècles, le Québec a diversifié son économie, de l’extraction de matières premières à la transformation de produits finis, puis de services. L’industrie aéronautique, les composantes électroniques et les produits pharmaceutiques se classent maintenant parmi les dix principales exportations du Québec.

L’importance de la balance commerciale

La balance commerciale d’un pays est la différence entre ce qu’il vend à d’autres pays et ce qu’il achète de l’étranger

Quand un pays vend à d’autres peuples, ces derniers déboursent de l’argent qui sert à faire travailler les gens dans le pays producteur. À l’inverse, quand ces travailleurs dépensent leurs salaires à acheter des biens importés (téléviseurs, téléphones multifonctionnels, etc.), l’argent retraverse la frontière dans le sens inverse pour créer des emplois ailleurs.

Et dans ce va-et-vient incessant, les pays qui progressent le plus rapidement sont ceux dont la balance commerciale est positive, c’est-à-dire qui vendent plus qu’ils n’achètent. Des pays comme la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil et l’Indonésie sont à la fois les pays dont la croissance économique est supérieure à la moyenne, et des pays qui ont une balance commerciale positive.

Le déclin de la balance commerciale du Québec


Déficit commercial du Québec, de 1981 à 2012, en milliards de dollars
Balance_commerciale_30_ans

 
Sous la gouverne des Premiers ministres péquistes Parizeau, Bouchard et Landry, la croissance économique du Québec fut supérieure à la moyenne canadienne. Si bien qu’en 2003 le Québec était devenu la quatrième province la plus riche du pays quant au revenu par personne.

Cette bonne performance économique a été facilitée par l’amélioration remarquable de la balance commerciale du Québec, passant d’un déficit de 6 milliards$ en 1993 à un surplus, huit ans plus tard, de 7 milliards$.

Depuis, la situation s’est inversée de manière inquiétante. Jamais l’économie du Québec n’a été saignée à ce point par un déficit commercial; de nos jours, l’hémorragie atteint annuellement un niveau record de près de 30 milliards$, en bonne partie pour l’achat d’hydrocarbures.

Les déficits commerciaux des États-Unis et de la France, pourtant jugés importants, sont en réalité trois fois moindres que le déficit actuel du Québec lorsqu’on tient compte de la taille de nos produits intérieurs bruts respectifs.

Parallèlement, de 2003 à aujourd’hui, le revenu disponible par personne au Québec chutait du quatrième rang canadien à l’avant-dernier rang (devant l’Île-du-Prince-Édouard).

Quels sont les raisons qui expliquent ce déclin ?

Depuis 2002, les importations chinoises au Québec ont triplé, passant de plus de trois milliards$ à un peu moins de neuf milliards$. En contrepartie, le Québec a accru ses exportations vers la Chine d’un peu moins d’un milliard$ en 2002 à près de trois milliards$ en 2012. Le résultat est que notre déficit commercial avec la Chine est passé de 2 à 6 milliards$ au cours de cette période, pour atteindre à lui seul, le cinquième de la totalité du déficit de notre balance commerciale (estimé à 30 milliards$).

De manière générale, le déficit commercial du Québec avec l’Europe, l’Asie et l’Afrique s’est creusé depuis dix ans alors que celui avec l’Amérique du Sud est demeuré pratiquement stable. Par contre, notre commerce avec les autres provinces canadiennes, déficitaire de près de cinq milliards$ en 2002, était excédentaire de deux milliards$ en 2012.


Balance commerciale québécoise selon les régions du monde, en milliards de dollars
Partenaires

 
Parallèlement à la croissance de nos déficits commerciaux avec les pays d’autres continents, notre surplus commercial avec les États-Unis a considérablement diminué.

À la fin des années 1990, le Québec exportait pour 12 milliards$ de matériel de télécommunication à l’étranger, principalement aux États-Unis. Il s’agissait de notre principal produit d’exportation.

L’effondrement de cette industrie (en particulier la faillite de Nortel), l’appréciation (de plus 30 cents) du dollar canadien par comparaison avec la monnaie américaine depuis 2002, la guerre commerciale du bois d’œuvre, la chute de nos exportations de meubles à la suite de l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, et la récession de 2007-2008 sont autant de facteurs qui expliquent la diminution de nos exportations vers nos voisins du Sud et le déclin relatif de l’économie québécoise.

Pistes de solutions

Le Québec importe annuellement plus de dix milliards$ d’hydrocarbures. Si on exclut les produits manufacturiers asiatiques, notre dépendance au pétrole est la principale cause “corrigeable” de notre déficit commercial.

À l’avenir, il faudra investir massivement dans le transport en commun. En particulier, il faudra remplacer le matériel vétuste du métro de Montréal (et faire cesser ses nombreuses pannes quotidiennes).

Que cela nous plaise ou non, le Québec ne peut pas se permettre le luxe de tourner le dos à l’exploitation pétrolière obtenue autrement que par fracturation hydraulique. Donc on devra faciliter la mise en exploitation du gisement Old Harry (à la frontière entre le Québec et Terre-Neuve).

L’immatriculation des véhicules qui carburent à l’essence devra devenir onéreuse. À l’exemple de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, la circulation automobile dans les rues secondaires de Montréal doit être découragée en la limitant aux résidents du quartier et à la livraison de marchandise.

De plus, le Québec devra trouver de nouveaux créneaux industriels.

Le réchauffement climatique et la croissance de la population mondiale contribueront à la rareté croissante de l’eau potable. Le Québec pourrait songer à nationaliser l’industrie de l’eau embouteillée afin que ses profits croissants profitent au Québec.

Le déclin des économies occidentales et la montée de pays émergeants provoquera un réalignement de l’ordre mondial et, conséquemment, une multiplication des guerres de type insurrectionnel. Or dans de tels conflits, les drones — malgré tout le mal qu’on en dit — représentent l’avenir. Notre expertise en aéronautique, de même qu’en informatique, pourrait faciliter notre implication dans ce créneau très précis de l’industrie militaire.

Dans tous les cas, le Québec n’a pas le choix. Après le bilan économique désastreux de l’ère Charest, il est urgent de nous ressaisir.

Référence : Déficit commercial record au Québec

Parus depuis :
Comprendre le déficit commercial en trois graphiques (2014-01-09)
Les drones armés vont-ils remplacer le Casque bleu canadien? (2017-12-07)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Éloge du flou

Publié le 2 juin 2013 | Temps de lecture : 3 minutes

À la suggestion d’un photographe canadien dont le pseudonyme est FrankS009, je me suis procuré le livre « Within the Frame » de David duChemin.

En feuilletant ce livre, j’ai été surpris de voir que plusieurs des photos qui l’illustrent sont floues. Non pas quelles soient des exemples de photos ratées mais, au contraire, des clichés réussis en dépit d’un bougé au moment de la prise.

L’effet d’une sonnette

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Ce qui m’a rappelé le cas de la photo ci-dessus, que j’ai renoncé à inclure dans un de mes diaporamas après une très longue hésitation. On y voit un vélo-taxi qui, en klaxonnant, non seulement attire l’attention d’un groupe de jeunes Cubains au retour de l’école, mais surprend également votre humble serviteur en train de les photographier.

En dépit de son bougé (plus évident lorsque la photo est agrandie), il s’agit d’une photo qui parle, qui raconte une histoire. La composition asymétrique mais parfaitement équilibrée de l’image, le jeu des mains, le naturel des attitudes croquées sur le vif, tout contribue à me faire aimer cette image.

Mais, persuadé qu’elle susciterait une controverse, et compte tenu que le diaporama contenait déjà près de 300 photos nettes, celle-ci a été disqualifiée, à mon grand regret.

Les amoureux de Shanghai

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Lors d’une chaude soirée de septembre 2010, j’ai surpris un couple d’amants en train de s’embrasser sur la voie publique à Shanghai. Mais avec un temps d’exposition d’une demi-seconde, pour une photo prise tout en marchant, c’était inévitable; la photo était floue.

Mais quel éclat dans les couleurs. Et ce tourbillon de lumières qui exprime si bien l’ivresse d’un baiser. Quant au flou, il voile de poésie une démarche essentiellement voyeuriste.

Objectivement, il s’agit d’une photo ratée. Parce que le flou est à la photographie ce que l’apostasie est à la religion.

Mais en regardant ces deux photos, je ne peux m’empêcher de me rappeler ces mots d’Henri Cartier-Bresson : « La netteté est une préoccupation bourgeoise », si loin de nos obsessions modernes…

Détails techniques :
1re photo : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35 mm F/2,8 — 1/200 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 16 mm
2e  photo : Panasonic GH1, objectif Lumix 20 mm F/1,7 — 1/2 sec. — F/1,7 — ISO 800 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


De la commission Bastarache à la prière au Conseil municipal de Saguenay

Publié le 31 mai 2013 | Temps de lecture : 4 minutes

Avec l’armée et les corps policiers, les tribunaux font partie des moyens répressifs de l’État. Toutefois, au lieu d’en faire de serviles valets d’un pouvoir totalitaire, il est coutumier dans nos démocraties de laisser une indépendance relative au pouvoir judiciaire.

Aux tribunaux de compétence provinciale, les avocats accèdent à la magistrature par décision du Conseil des ministres sur recommandation du ministre de la Justice. En général, les recommandations du ministre sont acceptées sans discussion.

Et les recommandations du ministre sont elles-mêmes faites à la suite d’un long processus qui vise à évaluer le dossier des avocats candidats selon leur expérience, les causes qu’ils ont plaidées et le respect acquis au sein de leur profession. La rigueur et le sérieux de ce processus garantissent l’excellence des candidats retenus et contribuent au prestige du pouvoir judiciaire.

Mais ce processus fut mis en veilleuse sous le gouvernement Charest.

La Commission Bastarache nous a appris qu’à cette époque, seuls les avocats dont le dossier transmis au Conseil des ministres portait un auto-collant jaune (en fait, un Post-it note) pouvaient espérer être nommés juges.

Or seuls les candidats qui avaient fait du bénévolat pour le Parti libéral, qui avaient contribué à la caisse électorale de ce parti ou qui étaient des parents de collecteurs de fonds du parti, bénéficiaient du précieux collant jaune apposé par Mme Chantal Landry (la Directrice-adjointe du cabinet de l’ex-Premier ministre Charest).

En somme, tous les candidats plus compétents étaient exclus — y compris ceux recommandés par le ministre de la Justice — s’ils ne faisaient pas partie de la bande libérale.

Dernièrement, la Cour d’appel du Québec a rendu jugement dans la célèbre cause relative à la prière récitée au début des réunions du Conseil de ville de la municipalité de Saguenay.

Cette décision a été rendue par les juges suivants :
•  Me Guy Gagnon, un avocat nommé juge à la Cour d’appel en 2009 par le gouvernement Charest
•  Me Allan R. Hilton, un avocat nommé lui aussi à la Cour d’appel en 2003 par le gouvernement Charest, et
•  Me Benoit Morin, un avocat qui, en dépit de ses allégeances politiques — il a été chef de cabinet du Premier ministre libéral Robert Bourassa — a été nommé à la Cour d’appel par le gouvernement péquiste de Bernard Landry en 2001, à une époque où l’allégeance politique n’était pas un critère absolu d’embauche ou d’exclusion.

Écoutons le juge Gagnon dans son jugement :

« la Croix et la statue du Sacré-Cœur sont, pour une partie importante de la population, dépouillés de leur connotation religieuse et (…) leur présence relève essentiellement d’un patrimoine culturel historique n’interférant nullement avec la neutralité de la Ville.» (paragraphe 125).

« la prière récitée par M. le maire et les deux signes religieux en cause, lorsque replacés dans leur contexte, ne démontrent pas que le conseil municipal (…) est sous l’influence d’une religion ou qu’il tente d’en imposer une. » (paragraphe 128).

« M. le maire (…) a réitéré devant le Tribunal (…) : Ce combat (juridique) là, je le fais parce que j’adore le Christ. (…) Quand je vais arriver de l’autre bord, je vais pouvoir être un peu orgueilleux. Je vais pouvoir lui dire : « Je me suis battu pour vous ».» (paragraphe 151).

En somme, les trois juges estiment que les représentants de l’État peuvent, dans l’exercice de leurs fonctions, s’adonner à une foi, sinon militante, du moins très démonstrative, sans compromettre le principe de la laïcité de l’État.

Je serais très surpris que la Cour suprême du Canada en vienne à la même conclusion.

Il est donc regrettable qu’on en soit rendu à compter sur des tribunaux fédéraux pour compenser pour la médiocrité d’une partie de la magistrature québécoise, souillée par presque dix ans de nominations où l’excellence était un critère secondaire d’embauche. On en voit aujourd’hui le résultat.

Références :
Jugement de la Cour d’appel du Québec
Le parti de l’exclusion


Post-Scriptum du 2015-04-15 : Tel qu’anticipé, dans une décision unanime, la Cour suprême du Canada a ordonné aujourd’hui que cesse la récitation de la prière avant les réunions du Conseil municipal de Saguenay. De plus, la ville est condamnée à payer 30 000$ en dommages aux plaignants.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le temps passe vite

Publié le 29 mai 2013 | Temps de lecture : 1 minute
Érable de Norvège ‘Drummondii’
Pommetier ‘Brandywine’
Ail ornemental ‘Purple Sensation’
Trolle d’Europe
Fraisier sauvage

Après les magnolias et les arbres fruitiers, au début du mois, voici que le temps des tulipes, des lilas, du muguet et d’autres plantes fleuries est déjà arrivé ou s’achève déjà.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8
1re photo : 1/400 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 19 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 35 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 26 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 35 mm
5e  photo : 1/320 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 35 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une vraie moto électrique

Publié le 28 mai 2013 | Temps de lecture : 2 minutes


 
C’est les années 1930, que l’inventeur Joseph-Armand Bombardier créa la motoneige, ce véhicule tout-terrain si populaire en hiver.

Huit décennies plus tard, c’est un autre Québécois, Jean-Pierre Legris, qui a mis au point la plus performante des motocyclettes électriques, appelée « Sora » (ce qui signifie ciel en japonais). Sa moto a récemment été homologuée par Transport Canada, c’est-à-dire reconnue comme répondant aux normes canadiennes en matière de transport.

À des années-lumière des vélos et scooters électriques, la Sora est un bolide de gars, capable de rouler à des vitesses analogues à celles des Harley-Davidson.

D’une autonomie de 100 km, cette moto peut atteindre une vitesse maximale de 200 km à l’heure. Elle accélère de 0 à 100 km/h en 4,5 secondes. On la recharge complètement en neuf heures sur une prise de 110 volts ordinaire. Son prix ? 34 500 euros ($46 000).

Pour mettre au point un tel bolide, son fabricant a obtenu la collaboration de chercheurs de l’Institut du Transport avancé du Québec, du Centre d’innovation en microélectronique du Québec, d’Alcoa Innovation et de l’École polytechnique de Montréal.

Il s’agit d’un véhicule haut-de-gamme qui tire profit des dernières technologues : châssis en fibre de carbone et en aluminium, accumulateur (ou pile) en lithium-polymère à haute densité, moteur électrique, transmission à couple dynamique (ou Continuously Variable Transmission), freinage par récupération, siège ajustable, GPS, etc.

Voilà comment il est encore possible, même de nos jours, pour une seule personne — dans ce cas-ci un entrepreneur à la fois un inventeur et aventurier — de contribuer à améliorer le monde dans lequel nous vivons.

Références :
Joseph-Armand Bombardier (1907-1964)
La Tesla des motos, made in Québec
Lito Green Motion: une moto électrique 100% québécoise

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Écrit par Jean-Pierre Martel