La principale menace contre l’Occident : la Russie ou l’État islamique ?

Publié le 18 juillet 2015 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Selon le nouveau chef d’état-major de la Défense canadienne, M. Jonathan Vance, l’État islamique (ÉI) constitue la principale menace contre l’Occident.

De son côté, le prochain chef des forces armées américaines, le général Joseph Dunford, estime que la Russie, suivie de la Chine et de la Corée du Nord constituent plutôt les trois menaces principales à la paix dans le monde. L’ÉI n’est qu’en quatrième position.

La Russie

Depuis qu’il est au pouvoir en Russie, Vladimir Poutine a transformé son pays en un État mafieux dont la montée en puissance est une menace contre ses voisins européens (pays baltes, Géorgie, et Ukraine, entre autres).

Le contentieux entre la Russie et l’Occident tire son origine de l’extension de l’OTAN en Europe de l’Est. Depuis l’effondrement du rideau de fer, la grande majorité des anciennes républiques soviétiques ont été admises en tant que membres de l’OTAN; ce sont les pays baltes (Estonie, Lettonie, et Lituanie), la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Hongrie, la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie, et l’Albanie.

Les autorités russes prétendent que le président russe Mikhaïl Gorbatchev n’avait consenti à la réunification de l’Allemagne qu’après avoir obtenu l’assurance que l’OTAN ne chercherait pas à s’étendre vers l’Est.

Du côté occidental, cette prétention est démentie catégoriquement; jamais une telle garantie n’a été donnée à la Russie.

La question de savoir qui dit vrai est purement académique. Il est clair que la Russie ne peut pas accepter d’être encerclée de pays voisins qui pointent leurs canons contre elle.

De manière analogue, le président américain John-F. Kennedy ne pouvait pas accepter que l’Union soviétique déploie ses missiles à Cuba. Le blocus militaire américain lors de la crise des missiles était donc légitime.

Mais les anciennes républiques soviétiques ne sont pas des îles. Et en profitant de la faiblesse de la Russie après l’effondrement du bloc soviétique pour militariser contre elle ses anciennes républiques satellites, l’OTAN est aujourd’hui en position de force, au prix d’un accroissement de la tension diplomatique entre la Russie et l’Occident.

La Russie n’a pas de moyens d’empêcher un pays voisin de rejoindre l’OTAN autrement qu’en cherchant à déstabiliser son économie et en cherchant à faire en sorte qu’il soit dirigé par un gouvernement qui lui soit soumis.

En déployant ses missiles jusqu’aux frontières russes, l’OTAN a préparé la guerre. Mais elle n’a pas préparé la paix (ce qui n’était pas son rôle).

Conséquemment, grâce à nous, la Russie est redevenue une menace pour la paix.

Or cette menace ne peut être sous-estimée. De tous les pays hostiles à l’Occident, la Russie est de loin celui qui dispose du plus grand arsenal militaire. Dans ce sens, c’est notre principal danger.

L’État islamique

Comparé à la Russie, l’ÉI est un moustique. Cette organisation n’a réussi à conquérir de vastes territoires en Syrie, en Irak et en Libye que grâce à la stupidité de la politique étrangère américaine. En renversant les régimes autoritaires qui assuraient stabilité de la région, les États-Unis et le Royaume-Uni ont créé les conditions propices à l’émergence de l’ÉI.

Contrairement à Al-Qaida — qui entraine une partie de ses combattants à commettre des attentats terroristes en Occident — l’ÉI ne constitue une menace que pour les États voisins, au premier chef desquels se trouve l’Iran.

Tout au plus adresse-t-il des menacettes aux pays qui le bombardent en appelant ses sympathisants demeurés dans ces pays — des amateurs — à commettre des attentats terroristes.

En fait, depuis des mois, l’ÉI fait du surplace. Après avoir conquis de vastes régions désertiques et quelques villes importantes, il se bute au territoire kurde situé sur son chemin vers l’Iran.

Mais pourquoi les pays occidentaux n’arrivent-ils pas à éradiquer l’ÉI ? Tout simplement parce que cela n’est pas leur objectif.

Les principaux pays qui ont accepté de bombarder l’ÉI sont des producteurs d’armement. Ces pays n’ont pas intérêt à ce que leur territoire devienne le théâtre de la guerre. Toutefois, une belle guerre lointaine est excellente pour leur économie.

Créer de l’insécurité afin d’inciter des pays à s’armer auprès d’eux, déstabiliser des gouvernements au nom de beaux grands principes, souffler sur les tisons des rivalités interconfessionnelles, tout cela est excellent pour leur secteur militaro-industriel. Et cela permet de tester concrètement l’efficacité de leurs armes.

La meilleure manière d’éradiquer l’ÉI est de tarir son financement. Or comment l’ÉI se finance-t-il ? De loin, par la vente de pétrole extrait du territoire qu’il contrôle. Et où est écoulé ce pétrole ? Par voie terrestre, par des centaines de camions-citernes qui font la navette entre l’ÉI et la Turquie.

La Turquie, n’est-elle pas membre de la coalition contre l’ÉI ? Oui. Mais comme de nombreux pays, elle tient un double discours. Officiellement, elle combat l’ÉI. Mais officieusement, elle ferme les yeux sur la contrebande de pétrole brut provenant de l’ÉI. Elle obtient du pétrole à bon marché qui permet à son économie d’être plus concurrentielle.

Mais un camion-citerne ne peut voyager sur du sable. Il lui faut circuler sur un sol ferme et conséquemment, emprunter des routes. Or il n’y a pas une infinité de routes qui mènent à la Turquie.

Depuis des mois, je cherche à savoir précisément quelles sont les cibles des bombardements du Canada. Or je n’ai pas réussi à trouver un seul texte qui le précise. Évidemment, on attaque l’ÉI mais cela est vague. Que bombarde-t-on au juste sur le territoire du califat ?

Ce qui est certain, c’est que si on avait cherché à détruire les routes qui mènent à la Turquie et les sites d’extraction du pétrole du territoire du califat, les caisses de l’ÉI seraient vides depuis longtemps.

Le Canada à lui seul a procédé à plus de deux mille bombardements, au coût d’un demi-milliard de dollars. Ce zèle sert à détourner l’opinion publique canadienne de la faillite des politiques économiques du gouvernement Harper.

Si par miracle le Canada réussissait à détruire l’ÉI — ce qui est impossible selon l’avis de tous les experts — est-il prêt à voir rentrer au pays des centaines de guerriers défaits qui n’auront qu’un seul but : se venger de leur défaite en commettant des attentats ici même au pays…

Conclusion

Le nouveau chef d’état-major de la Défense canadienne a raison; l’ÉI — surtout s’il est défait — représente une menace plus immédiate à la sécurité de chacun d’entre nous que la Russie.

Mais d’autre part, le chef militaire américain a lui aussi raison. Des attentats terroristes peuvent tuer des milliers de personnes : une guerre avec la Russie en tuerait des millions.

S’il est vrai que nos pays doivent envisager la possibilité éloignée d’une guerre mondiale, ce qu’il faut craindre dans l’immédiat, ce sont les attentats commis en réaction à la mort et à la désolation que nos gouvernements répandent un peu trop facilement à l’Étranger.

Références :
Bombarder l’État islamique, ça fait tellement du bien…
Le groupe EI est la principale menace de l’Occident, selon le nouveau chef d’état-major
L’État islamique : un trou noir
Plus de 10 000 djihadistes de l’EI tués
Vladimir Poutine

Parus depuis :
Is ISIL running out of oil? (2015-07-19)
L’Arabie saoudite, un Daesh qui a réussi (2015-11-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mystère des vitraux de la cathédrale du Christ de Montréal

Publié le 17 juillet 2015 | Temps de lecture : 6 minutes
Façade de la cathédrale du Christ
Cathédrale du Christ, vue de côté

Située au centre-ville actuel de Montréal — entre les magasins Eaton et La Baie — la cathédrale anglicane du Christ fut construite de 1857 à 1859 selon les plans de l’architecte Frank Wills, né en Angleterre en 1822 et décédé aux États-Unis en 1856, soit avant le début de la construction de l’église. Au décès du concepteur, la réalisation de ses plans fut assurée par son collègue Thomas Scott (1826 – 1895).

À l’époque, la grande rue commerciale de Montréal était la rue Saint-Jacques. C’est beaucoup plus tard que la rue Sainte-Catherine lui a ravi ce titre.

Au milieu du XIXe siècle, la rue Sainte-Catherine traversait les nouvelles banlieues huppées de la ville en pleine expansion.

Et pour desservir les fidèles anglicans du quartier — peuplé principalement de riches marchands écossais — on construisit un temple sur le modèle des églises gothiques de la campagne anglaise du XIVe siècle.

Architecturalement, il s’agit d’un édifice cruciforme d’une grande élégance et d’une parfaite cohérence stylistique.

Toutefois, il est orné d’un ensemble hétéroclite de vitraux. Sans ordre apparent, on trouve des représentations de scènes de la Vie du Christ (Nativité, Baptême, Dernière Cène, Résurrection), des personnages du Nouveau Testament représentés individuellement, des anges, des saints qui ont vécu bien après Jésus de Nazareth, et des allégories.

Sur l’internet, on trouve très peu d’information à leur sujet si ce n’est que certains seraient l’œuvre de l’écrivain et décorateur britannique William Morris, chef du mouvement Arts & Crafts (précurseur de l’Art Nouveau).

Toutefois, la très grande majorité des vitraux de la cathédrale du Christ honorent la mémoire de paroissiens décédés entre 1871 et 1927, soit après la fin de la construction de l’église et même après le décès de William Morris, survenu en 1896.

Pour expliquer tout cela, mon hypothèse est la suivante.

Au Moyen-Âge, les plans des grandes cathédrales gothiques prévoyaient un certain nombre de chapelles latérales qui restèrent longtemps vides. Mais peu à peu, au fil des siècles, des nobles firent élever dans les espaces prévus à cet effet, des chapelles ou plus rarement des monuments destinés à rappeler la mémoire d’un proche décédé.

Puisque cela se fit sur plusieurs siècles, ces chapelles latérales ont des styles divers (gothiques, renaissance, néo-classiques) qui reflètent l’époque où elles furent construites.

Revenons à la cathédrale du Christ. On peut donc penser qu’originellement, ses fenêtres étaient en verre transparent. La fenestration de ce temple étant parcimonieuse, l’absence de coloration du verre ne devait pas produire un éblouissement tel qu’il aurait pu nuire au recueillement des fidèles.

Mais au fil des années, on permit à de riches paroissiens d’honorer la mémoire d’un être disparu en commanditant un vitrail à son nom. C’est ainsi que la décoration de ce temple fut complétée de la même manière que les grandes cathédrales gothiques, c’est-à-dire par des ajouts de styles divers.

Si on suppose que les vitraux ont été commandés peu de temps après le décès du paroissien disparu, on devrait s’attendre à ce que les vitraux datant d’une même décennie aient une similitude stylistique qu’on ne retrouverait pas entre des vitraux commandés à des époques très différentes. C’est effectivement le cas.

Classés en ordre chronologique du décès du paroissien, voici quelques vitraux provenant de cette cathédrale. Lorsqu’on rend hommage à plusieurs personnes, le vitrail est classé selon l’année du dernier disparu.

Scènes de l’enfance du Christ (à la mémoire de William Walker Howard, décédé en 1871)
Détail d’une allégorie de la Charité (à la mémoire de Sophia MacRae, décédée en 1872)
Scènes du Nouveau Testament (à la mémoire de William Sutherland Jr, décédé en janvier 1873)
Détail du vitrail précédent
Scènes de la Bible créées par les verriers londonniens Ward and Hughes (à la mémoire de Mary Fulford-Drummond, décédée en octobre 1873)
Détail d’un vitrail à la mémoire de Jane Dardson, décédée en 1876
Saint George et Saint Alban (à la mémoire de Laura Gilson Parmenter et John Kerry, décédés respectivement en 1893 et en 1896)
Vitrail à la mémoire de Ferdinand MacCulloch et Maria-Louisa Robertson, décédés respectivement en 1888 et en 1901
Saint Joseph et Saint Jean (à la mémoire de Frederick-Julius Steen, décédé 1903)
Détail de Saint Joseph
Zaccharie et Élizabeth (à la mémoire de Samuel Elsdale Molson et Agnes Molson, décédés respectivement en 1893 et en 1904)
Allégories de la Justice et de la Miséricorde (à la mémoire de James Duncan Adams et Jessie Watson, décédés respectivement en 1890 et en 1906)
Détail d’un vitrail à la mémoire d’Angus-William Hooper, Georges Robertson-Hooper et Maud Gillman, décédés respectivement en 1909, en 1926 et en 1927

Références :
Arts & Crafts
Des vitraux d’importation anglaise…
William Morris

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les 1re, 2e, 8e et 9e photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
  3e  photo : 1/250 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  4e  photo : 1/400 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  5e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  6e  photo : 1/400 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  7e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  8e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 28 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 32 mm
10e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 75 mm
11e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
12e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
13e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
14e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 75 mm
15e  photo : 1/250 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La liberté d’expression des imams radicaux

Publié le 15 juillet 2015 | Temps de lecture : 3 minutes

Le 31 janvier dernier, le maire de Montréal avait déclaré que l’imam montréalais Hamza Chaoui était un « agent de radicalisation » et « un fomenteur de tension sociale ».

Ce qui a valu à l’imam Chaoui d’être qualifié ainsi, ce sont ses prêches qui font la promotion de la subordination des femmes à leurs époux et qui déclarent la démocratie contraire aux prescriptions du Coran (en d’autres mots, contraire à l’Islam).

Lésé par les propos du maire, l’imam Chaoui a répliqué en intentant une poursuite de 500 000$ pour libelle diffamatoire contre la ville.

Depuis la création en mai dernier de sa page Facebook, des milliers de visiteurs ont cliqué le bouton « J’aime » en signe d’appui.

On apprend aujourd’hui que M.Chaoui a également créé un site web permettant à ses partisans de financer son combat juridique grâce à un lien vers PayPal.

Cette cause s’annonce très intéressante. Sa portée dépasse très largement les frontières du pays. En effet, elle pose la question suivante : la liberté d’expression et la liberté de culte permettent-elles la promotion d’idées subversives ?

L’Islam promu par les imams radicaux n’est pas l’Islam pratiqué par l’immense majorité des Musulmans qui vivent dans nos pays.

Prétendre que la Volonté de Dieu est contraire à la Démocratie, cela est contraire aux fondements mêmes d’une société démocratique comme la nôtre.

Très précisément, l’Islam dont ces imams souhaitent la venue est un Islam qui transformerait radicalement notre société, présentement fondée par des valeurs d’égalité entre les Citoyens et sur la primauté du droit. Dans ce sens, il s’agit d’un discours subversif caché sous le couvert de la religion.

En raison de cette primauté du droit, un prédicateur ne peut inciter ses fidèles à assassiner un citoyen coupable d’apostasie ou d’insulte à l’Islam.

Mais si la Volonté de Dieu — du moins telle qu’eux la perçoivent  — a préséance sur la volonté des hommes, tout cela devient acceptable. C’est d’ailleurs le cas partout où la Charia a force de loi.

Ce que prêchent les imams qualifiés de radicaux au Québec — Chaoui et Charkaoui, entre autres — c’est très précisément le renversement de la Démocratie parlementaire et l’instauration de l’Islam politique.

Inspirées par l’idéologie de l’État islamique et le wahhabisme de l’Arabie saoudite — qui sont fondamentalement la même chose — leurs prédications font la promotion d’une dictature politique et religieuse exercée par eux et leurs semblables.

Les tribunaux seront donc invités à déterminer si la Constitution canadienne-anglaise — garantissant la liberté d’expression et la liberté de culte — va jusqu’à légaliser la promotion du renversement d’un ordre social qui asservit le discours religieux au respect des lois du pays.

Références :

L’imam Chaoui poursuit Denis Coderre et la Ville de Montréal
Une collecte pour la bataille juridique de l’imam Chaoui

Parus depuis :
Oui, l’islamisme radical existe ici (2015-09-14)
Marcel Gauchet : « Le fondamentalisme islamique est le signe paradoxal de la sortie du religieux » (2015-11-21)
Où sévit le terrorisme islamiste dans le monde? La réponse en carte (2016-03-24)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’hypergone M.Zuiko 8mm F/1,8

Publié le 13 juillet 2015 | Temps de lecture : 5 minutes
Taille comparative de l’hypergone M.Zuiko 8mm F/1,8 et de l’objectif M.Zuiko 75 mm F/1,8

Introduction

Un hypergone — ou fisheye en anglais — est un objectif qui se caractérise par sa courte distance focale (ici de 8mm) et surtout, son angle de vision voisin de 180°.

Ils sont habituellement dotés d’un pare-soleil fixe dont le but est moins d’éviter de capter les rayons obliques du soleil que de protéger des chocs légers, l’objectif bombé à l’avant.

Les images qu’ils produisent sont réformées; toutes les droites qui passent ailleurs que par le centre de l’image deviennent des courbes.

On peut redresser cette image en la projetant sur un écran sphérique ou en utilisant des logiciels appropriés. Ces derniers ne corrigent que partiellement la déformation induite par un hypergone.

Avantages

Les utilisateurs d’appareils micro-quatre-tiers ont à leur disposition un hypergone 7,5 mm F/3,5 à mise au point manuelle — vendu sous diverses marques dont Samyang — et, depuis 2010, l’hypergone automatique Lumix 8mm F/3,5.

Celui de Samyang est d’une netteté remarquable. Au moment d’écrire ces lignes, il n’existe pas d’étude qui le compare avec celui d’Olympus. Mais le Samyang est tellement près de la perfection qu’il est douteux que celui d’Olympus lui soit nettement supérieur.

En comparaison avec ses rivaux, celui d’Olympus est tropicalisé — c’est-à-dire qu’il est à l’épreuve de la pluie — et il est près de quatre fois plus lumineux (F/1,8 vs F/3,5).

Cette luminosité est sans grande importance en photographie de paysage par temps ensoleillé. Mais elle est fort utile pour la photographie d’intérieur lorsqu’il s’agit, par exemple, de photographier les plafonds peints de musées ou de palais nobiliaires. En effet, ces plafonds sont habituellement moins bien éclairés que les autres surfaces de la pièce.

De plus, il peut arriver que les dimensions de ce plafond soient telles que même un zoom grand-angulaire ne parvient pas à tout le capter.

Même si 8mm est une distance focale couverte par les zooms grand-angulaires variant de 7 à 14 mm, dans les faits ces zooms ont un angle de vision maximal de 114°. On est loin du 180° des hypergones.

L’hypergone de Samyang et celui de Panasonic pèsent respectivement 197g et 165g : celui d’Olympus, 315g, soit à-peu-près le poids (et le gabarit) du M.Zuiko 75 mm F/1,8 (voir la photo au début de ce texte).

Inconvénient

Afin d’éviter le vignettage et une réduction substantielle de leur angle de vision, on ne peut pas visser de filtre à l’avant des hypergones.

À ouverture maximale, la luminosité de l’hypergone d’Olympus est telle que la vitesse d’obturation par temps ensoleillé pourrait dépasser la vitesse maximale de certains appareils micro-quatre-tiers.

En photographie rapprochée, il peut être utile de profiter de la faible profondeur de champ de cette ouverture maximale. On peut donc espérer qu’éventuellement un fabricant chinois crée un capuchon métallique sur lequel on puisse visser un filtre à densité neutre.

Conclusion

Pour certains photographes, un hypergone est un outil spécialisé. Parmi ceux déjà disponibles, on trouve d’autres hypergones moins dispendieux et d’une qualité équivalente.

Là où le M.Zuiko 8mm F/1,8 est unique, c’est qu’il s’agit de l’hypergone le plus lumineux de l’histoire de la photographie.

Pour photographier à l’intérieur d’édifices, particulièrement dans des conditions de luminosité médiocre, l’hypergone d’Olympus est celui qui permet de prendre des images de qualité optimale.

Concrètement, que donne cet objectif en photographie architecturale, en photographie de rue, en photographie rapprochée et en photographie de paysage ?

Les photos ci-dessous en donnent un aperçu. Elles sont publiées en format 4:3, de manière à montrer l’image complète créée par l’hypergone sur un capteur µ4/3.

Photographie rapprochée et, conséquemment, flou d’arrière-plan
Photographie de rue
Cours Mont-Royal
Au parc Dorchester
Cuisine de rue au parc Dorchester
Intérieur de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde
Cliché d’hypergone
Édifice Jacques-Parizeau
Palais des congrès
Centre du commerce international
Place d’Armes
Choeur de la basilique Notre-Dame
Orgue de la basilique Notre-Dame
Vieux-Montréal
Rue Saint-Paul
Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours
Restaurant Les Filles du Roy
Aux portes du Château Ramezay
Jardin botanique de Montréal
Jardin botanique de Montréal

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re photo) et hypergone M.Zuiko 8mm F/1,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 40 mm
  2e  photo : 1/2500 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
  3e  photo : 1/1250 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
  4e  photo : 1/500 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
  5e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 160 — 8 mm
  6e  photo : 1/3200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
  7e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm
  8e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 100 — 8 mm
  9e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
10e  photo : 1/2500 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
11e  photo : 1/1000 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
12e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 125 — 8 mm
13e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 2000 — 8 mm
14e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 3200 — 8 mm
15e  photo : 1/2000 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
16e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
17e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 640 — 8 mm
18e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm
18e  photo : 1/3200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
20e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 125 — 8 mm
21e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 160 — 8 mm

Autres textes relatifs à des objectifs photographiques :
La photo 3D avec l’Olympus OM-D e-m5
L’objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 : premières impressions
L’association du M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 et du multiplicateur de focale MC-14 en proxiphotographie
L’objectif M.Zuiko 60 mm Macro
Le Daguerreotype Achromat 64 mm F/2,9 Art Lens
L’objectif Helios 40-2 85 mm F/1,5 sur appareil m4/3

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les vitraux de la salle du Conseil municipal

Publié le 11 juillet 2015 | Temps de lecture : 2 minutes

Parce que filmées à hauteur d’homme, les entrevues réalisées dans la salle du Conseil municipal de Montréal ne montrent jamais les vitraux qui la décorent.

On peut donc suivre les actualités pendant des décennies tout en ignorant l’existence de ces vitraux.

Mercredi dernier, en passant devant l’hôtel de ville, j’y suis entré pour la première fois. La porte de la salle du conseil était ouverte.

Façade de l’hôtel de ville

Conçu par les architectes Henri-Maurice Perrault et Alexander Cowper-Hutchison, l’hôtel de ville de Montréal fut construit de 1872 à 1878.

Ravagé par un incendie en 1922, on n’en conserva que les murs extérieurs; tout l’intérieur fut refait.

Salle du Conseil municipal de Montréal

En 1926, aux fenêtres de la salle du conseil, on ajouta cinq verrières — créées par le Montréalais John-Patrick O’Shea (1868 – 1935) — qui rappellent cinq facettes de la vie dans la métropole canadienne au début du XXe siècle, soit (de gauche à droite)  la religion, l’agriculture, les activités portuaires, l’industrie, et la finance.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8mm F/1,8
1re photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 100 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La cuisine de rue à Montréal

Publié le 9 juillet 2015 | Temps de lecture : 3 minutes

Longtemps bannie en raison de la réputation de salubrité douteuse qui pesait contre elle, la cuisine de rue est permise par la ville depuis 2013. Cette année, 35 permis ont été délivrés.

Pour éviter que les cantines mobiles s’agglutinent aux endroits les plus achalandés — et donc les plus payants — les places limitées sont attribuées alternativement aux divers entrepreneurs. Cela évite également les accusations de favoritisme qui auraient pu, autrement, être adressées à la ville.

Puisque la clientèle des cantines mobiles est principalement constituée des personnes qui travaillent à proximité, cette rotation évite également la monotonie puisque le menu de chaque cantine varie peu (ou pas du tout) au cours d’une saison.

Pour les entrepreneurs, l’exploitation d’une cantine mobile signifie l’achat d’un camion, le percement d’un guichet, l’aménagement d’une cuisine répondant aux critères exigeants de la ville, et l’utilisation de cette cantine seulement quelques mois par année. C’est donc un investissement risqué.

Cantine mobile Ô soeurs volantes

Ma première expérience fut à l’occasion d’un concert gratuit donné à la Place Phillips dans le cadre du Festival Montréal baroque.

Autour de la cantine des Soeurs volantes se pressaient ouvriers, secrétaires et hommes d’affaires.

Boulettes de porc et salade

J’ai donc essayé ces boulettes de porc (12$, soit environ 8,75 euros). C’était plutôt bien (quoiqu’une partie des frites étaient calcinées).

Cantine mobile Le Super truck

Hier, au menu du Super Truck stationné au parc Dorchester, bâtonnet (sic) de macaroni frits (sic), flanc de porc croustillant, super sandwich (au poulet de grain), et cornet de salade.

Cantine mobile Cuisine polonaise authentique

Pendant ce temps, à la Place d’Armes, Les aliments Pyza opéraient la cantine Cuisine polonaise authentique.

Assiette polonaise

J’ai donc essayé l’assiette polonaise à $12 (soit environ 8,75 euros). Les pierogis — c’est-à-dire les raviolis polonais — étaient bons et la saucisse, délicieuse.

Paru depuis : Bonne note pour la cuisine de rue à Montréal (2015-09-27)

Sur le même sujet : Paris roule désormais pour les “food trucks”

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les deux premières photos) et hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
3e  photo : 1/3200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
4e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 100 — 8 mm
5e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Prière

Publié le 8 juillet 2015 | Temps de lecture : 1 minute
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Achevée en 1517 à Paris, la chapelle de la Vierge est la seule partie de l’église St-Gervais-St-Protais où il est interdit de photographier.

Hier, en travaillant sur les photos prises dans cette église l’automne dernier, j’ai trouvé celle-ci.

A-t-elle été prise avant qu’on m’ait prévenu de l’interdiction de photographier ? Avais-je remarqué au premier plan cette priante suppliant la Vierge ? Je ne me rappelle plus.

J’aime les photos qui racontent une histoire, qui disent quelque chose. Celle-ci montre que parfois, la photographie documentaire peut être aussi expressive qu’une mise en scène. À la différence que dans ce cas-ci, tout est sincère et vrai.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/6,3 — ISO 5000 — 18 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 5 juillet 2015

Publié le 7 juillet 2015 | Temps de lecture : 2 minutes

Ce dimanche soir est le dernier jour de la 36e édition du Festival de jazz de Montréal.

Tribu Baharù

À mon arrivée sur le site vers 20h40, les Colombiens de Tribu Baharù présentent leur musique sur des rythmes afro-caribéens sur la scène Bell.

Comme toujours, à 21h, les festivaliers sont sollicités par trois concerts concurrents…

Southern Hospitality

…le trio américain Southern Hospitality est en vedette sur la scène Radio-Canada Sony, tandis que…

The SoulJazz Orchestra

…The SoulJazz Orchestra, tout comme samedi soir, occupe la scène du Club jazz du Casino de Montréal.

Quant au spectacle en hommage à B.B. King (décédé le 14 mai dernier), je décide d’en voir la reprise à 23h.

Pacific Shore

Sur la scène Bell à 22h, c’est au tour de Pacific Shore de présenter un concert qui m’a laissé complètement indifférent…

Ginkgoa

…alors que la formation électro-swing Ginkgoa était de retour sur la scène Rio Tinto Alcan.

Fondé à partir du couple formé d’Antoine Chatenet (à la guitare) et de Nicolle Rochelle (voix), le groupe doit beaucoup à l’apport de son excellent clarinettiste, Corentin Giniaux.

Jimmy James
Mathieu Holubowski
Guy Bélanger et Angel Forrest
Bryan Tyler
Paul Deslauriers et Guy Bélanger

À 23h, c’est la reprise présumée du concert en hommage à B.B. King. Je découvrirai le lendemain que les deux concerts (celui de 21h et de 23h) sont différents. Ci-dessus, on peut voir les artistes en vedette au concert de 23h (il ne manque que James Conor-Gains).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
  1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 40 mm
  2e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 48 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
  4e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 62 mm
  5e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 48 mm
  6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm
  7e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 150 mm
  8e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm
  9e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 150 mm
10e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm


Cliquez sur 2016, 2015, ou 2012 pour consulter les reportages photographiques de l’édition du Festival de jazz de cette année-là.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 4 juillet 2015

Publié le 6 juillet 2015 | Temps de lecture : 2 minutes
Jungle by Night

À mon arrivée sur le site à 20h52, je vois brièvement le groupe de neuf musiciens Jungle by Night, d’Amsterdam. Je les reverrai deux heures plus tard à la reprise de leur spectacle.

Ils ont près de vingt ans, en moyenne. Ils débordent d’énergie et leurs cuivres donnent de l’impact à l’afrorythme qui constitue de fond de leur répertoire.

The Reverend Peytons’s Big Damn Band

À 21h, le trio The Reverend Peytons’s Big Damn Band présente son Country-blues qui puise ses racines dans le hillbilly.

Reverend Peytons est à la guitare en acier, sa femme à la planche à laver et son cousin, à la batterie (dont une partie est en plastique).

The SoulJazz Orchestra

La Place des festivals étant pleine de gens venus entendre Adam Cohen, je décide que j’irai voir la reprise à 23h et entretemps, d’entendre plutôt The SoulJazz Orchestra au Club jazz du Casino de Montréal.

La formation polyvalente d’Ottawa joue du jazz, de funk, de l’afrorythme, du latin et du soul. Bref, de tout.

Ginkgoa

À 22h, je vois la première moitié du spectacle electro-swing du groupe parisien Ginkgoa sur la scène Rio Tinto Alcan, de même qu’une partie du concert de Jungle by Night sur le scène Bell (vu en premier).

L’autoportrait d’Adam Cohen, dos à la foule
Adam Cohen

Tel que je l’espérais, en me présentant une quinzaine de minutes avant le début de la reprise du concert d’Adam Cohen, je suis en mesure de me faufiler jusqu’aux premiers rangs.

J’assiste donc à la totalité du spectacle du sympathique auteur-compositeur montréalais.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 95 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 95 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 120 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 64 mm
5e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 142 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 120 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 3 juillet 2015

Publié le 4 juillet 2015 | Temps de lecture : 3 minutes

Ce soir, il y a encore plus de monde sur le site du festival qu’hier; des enfants accompagnés de leurs parents, des amoureux qui s’embrassent, des amis occupés à se pendre en photos à l’aide de leurs téléphones multi-fonctionels, des dizaines de milliers de festivaliers qui se déplacent d’une scène à l’autre l’air détendu, en discutant le sourire aux lèvres ou d’autres qui attendent leur tour pour acheter quelque chose à manger sur le pouce.

Elizabeth Shepherd

À mon arrivée sur le site, un peu après 20h, l’Ontarienne Elizabeth Shepherd est vedette sur la scène Rio Tinto Alcan…

Heavy Soundz

…tandis que sur la scène Bell, le groupe Heavy Soundz présente des extraits de leur prochain album (qui sortira cet automne). Celui-ci marie avec bonheur le hip-hop et la musique d’Amérique Latine.

Une heure plus tard, les festivaliers sont sollicités par trois concerts simultanés.

Le Club jazz du Casino de Montréal présente Melanie Durrant (que j’ai entendue la veille)…

Florence K

…alors que la Place des festivals accueille l’excellente pianiste et chanteuse Florence K, de même que ses invités…

Dawn Tyler Watson & Ben Racine Band

…et que le Dawn Tyler Watson & Ben Racine Band présente son répertoire sur la scène Radio-Canada Sony.

À 22h, au lieu de mon habitude de papillonner d’une scène à l’autre, je décide d’écouter en entier le spectacle d’Emmanuel Jal (dont j’ai eu un aperçu la veille).

Emmanuel Jal

Rappelons que celui-ci était enfant-soldat dans la Seconde guerre civile soudanaise. À l’âge de onze ans, il réussit à se libérer de cet enfer alors qu’il est pris en charge par la travailleuse humanitaire britannique Emma McCune.

Ce répit sera de courte durée puisque cette dernière décèdera d’un accident de voiture quelques mois plus tard.

Abandonné dans les basfonds des villes du Kenya, Emmanuel Jal découvre le hip-hop et décide d’utiliser ce médium où la parole est souveraine pour exprimer tout ce qu’il a à raconter.

Emmanuel Jal

Aujourd’hui âgé de 35 ans, il est devenu un activiste pour la paix et le contrôle des armes, de même que contre l’utilisation des enfants-soldats.

Ses reproches à l’égard de ceux parmi les praticiens du hip-hop qui prêchent la culture de gang, la violence et la drogue lui valent en retour des accusations d’être devenu un chanteur conformiste.

Le climat du concert que présente Emmanuel Jal varie de la tragédie (liée au récit de sa propre histoire) à la plus totale joie de vivre.

En raison de son exubérance sur scène — il n’arrête de danser qu’au moment de présenter ses chansons — c’est un artiste particulièrement difficile à photographier.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 46 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 62 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm
4e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 85 mm
5e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 90 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 150 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel