Des trois familles invitées à voir la vidéo, la première délégation à accepter mon offre fut composée d’un père et de son fils de huit ou neuf ans. Ce dernier était un des plus jeunes du groupe et n’avait été que complice du vol.
Aux tempes grisonnantes, au visage allongé et aux traits nobles, le père refusa dès le départ de voir la vidéo, présumant que je lui disais la vérité.
— Mets-toi à genoux !
— Non, répondit net le fils.
— J’ai dit mets-toi à genoux, répéta le père entre les dents tout en pressant fermement avec les ongles de son pouce et de son index le lobe de l’oreille de son fils, qu’il tira vers le bas.
La vue de cet enfant qui s’agenouillait en suppliant me mit dans un profond inconfort.
Fut-il obligé de demander pardon, de s’excuser ou de promettre de ne plus recommencer, je n’ai pas porté attention.
À voir sa tête inclinée de côté, le visage grimaçant de douleur, ma seule pensée était de faire cesser son supplice et, dans une moindre mesure, le mien.
— OK OK ça va, dis-je, sans savoir exactement ce à quoi j’acquiesçais.
Puis le père offrit de payer la boite de condoms, ce que je refusai en raison du fait que son fils avait joué un rôle mineur dans cette histoire.
Le cas de cette famille s’est terminé par deux poignées de mains, échangées d’abord avec père puis, après une légère hésitation, avec le fils essuyant une larme.
La deuxième famille à prendre rendez-vous était représentée par la mère, la sœur ainée, le voleur, et son frère cadet qui agissait ici comme témoin.
Comme un professeur de chimie, je m’étais soigneusement préparé. J’avais regardé la vidéo à plusieurs reprises, notant précisément sur un bout de papier le début et la fin de l’incident, de même que l’instant précis du vol.
Mais tous les professeurs de chimie savent que les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu. Dès le début du visionnement de la vidéo, je fus demandé au comptoir et je dus laisser la famille la regarder seule dans l’entrepôt.
Et pendant que je servais le client qui avait perturbé mes plans, j’entendais le vacarme des cris indignés de la mère et de la sœur, de même que le claquement des gifles infligées au voleur.
Avant même que j’aie eu le temps de terminer avec ce client, la famille sortit de l’entrepôt.
Malgré les demandes insistantes de la mère et de la sœur, et en dépit des taloches infligées à la vue de tous derrière la tête du voleur, celui-ci refusa fièrement de se dire désolé sans doute pour de ne pas perdre la face devant son frère cadet qui lui tournait autour en se moquant de lui.
La mère demanda à payer la somme due, ce que j’acceptai.
Au moment de franchir la porte de l’établissement, le voleur se retourna vers moi et m’adressa un sourire insolent. Dès cet instant, je sus que tout cela n’avait rien donné pour lui.
Dans le troisième cas, il s’agissait d’une famille monoparentale dirigée par la mère.
Par téléphone, celle-ci m’avait demandé de choisir comme punition, une corvée à effectuer dans le commerce sous ma responsabilité.
Embêté, j’avais choisi de lui faire laver le plancher. Il s’agissait d’une tâche inutile puisqu’un service d’entretien accomplissait déjà cela deux fois par semaine.
À la fermeture de l’établissement à 20h30, la mère était arrivée en sueurs de son travail, accompagnée son fils, un grand garçon à l’air doux et sympathique.
Après l’accomplissement de sa punition et au moment de nous quitter, je lui ai dit que j’aimerais lui raconter une petite histoire :
« Lorsque j’avais à peu près ton âge, j’ai commis un vol insignifiant dans un magasin du centre-ville. Mais torturé par ma conscience, j’ai fini par retourner au magasin le lendemain afin de payer l’objet volé. »
J’ajoutai que pendant toutes ces années, ce petit objet — je l’avais apporté de chez moi ce soir-là pour lui montrer — me rappelait, chaque fois que je le regardais, l’importance d’être honnête.
« Aujourd’hui, je suis un adulte respectable et admiré qui jouit tellement de la confiance de ses patrons, qu’ils confient à moi seul, les clefs de leur établissement. Ce qui me permet d’en prolonger l’ouverture ce soir, sans même avoir à demander leur permission. Or ils n’auraient pas cette confiance envers moi s’ils nourrissaient le moindre doute quant à mon honnêteté. »
« Et cet objet, qui m’ai aidé pendant des années à demeurer honnête, j’aimerais te le donner, dans l’espoir qu’il te porte bonheur à toi aussi. »
Très lentement, comme dans un film au ralenti, je lui ai tendu cet objet qu’il a accepté silencieusement, les yeux rivés sur lui.
Quelques mois plus tard, j’ai accepté une offre de travailler ailleurs. Je n’ai donc jamais su ce que ces trois jeunes étaient devenus. Si je ne fais pas d’illusion quant au second, je me plais à penser — peut-être naïvement — qu’ils sont fondamentalement bons et que cette bonté innée a probablement prévalu sur les tendances au mal qu’ils ont en eux comme c’est le cas pour chacun d’entre nous.
Écrit par Jean-Pierre Martel


















Élections fédérales 2015 : comment voter dès maintenant
Publié le 21 août 2015 | Temps de lecture : 4 minutesLe 19 octobre, les Canadiens éliront les dirigeants du pays.
Ceux qui le souhaitent pourront voter par anticipation une semaine plus tôt, soit du 9 au 12 octobre.
Les électeurs qui ne seront pas disponibles ni le jour du scrutin ni durant la période du vote par anticipation peuvent voter dès maintenant.
Aller au bureau local du Directeur du scrutin
Pour ce faire, vous devez connaitre le nom de la circonscription fédérale où vous habitez et vous rendre au bureau local du Directeur du scrutin.
Si vous savez le nom de votre circonscription, adressez-vous à votre député sortant — son nom se trouve facilement par une recherche sur l’internet — pour qu’il vous précise l’adresse de ce bureau. C’est ce que j’ai fait.
Si vous ignorez le nom de votre circonscription, attendez de recevoir un dépliant publicitaire d’un des candidats en lice. Ce dépliant devrait préciser son adresse électronique. Demandez-lui de vous indiquer l’adresse civique du bureau local du Directeur du scrutin.
Si vous ne désirez pas attendre de recevoir un tel dépliant, le gouvernement du Québec possède un outil en ligne qui vous permet de trouver le nom de votre circonscription provinciale à partir de votre code postal ou du nom de votre municipalité (voir dernière référence).
Une fois que vous connaissez ce nom, utilisez un moteur de recherche comme Google pour trouver les coordonnées de votre député provincial. Il devrait avoir la courtoisie de vous indiquer celles de son collègue au niveau fédéral.
Preuves d’identité
Pour voter, vous aurez besoin de deux preuves d’identité (dont une portant votre photo) et une preuve de résidence (par exemple, une facture d’électricité ou de téléphone).
Connaitre le nom exact du candidat
La date limite pour le dépôt des candidatures est le 28 septembre. Les noms de tous les candidats en lice ne seront connus qu’après cette date. De plus, pour des raisons de sécurité, les bulletins de vote ne seront dévoilés qu’au moment du vote par anticipation.
Donc, si vous votez dès maintenant, le bulletin de vote indiquera le nom de personne. Sur une simple ligne pointillée, vous devrez écrire le nom du candidat pour lequel vous désirez voter. Vous ne pourrez pas simplement écrire le nom d’un parti politique. Il est donc recommandé d’écrire à l’avance le nom du candidat sur un bout de papier que vous recopierez dans l’isoloir.
Au moment où j’ai voté, une seule personne avait présenté sa candidature, les autres partis n’ayant pas encore choisi leur représentant.
Vous pouvez voter pour n’importe qui. Mais si cette personne n’obtient pas l’investiture de son parti ou se désiste entretemps, votre bulletin de vote sera annulé au moment du dépouillement du scrutin.
Le dépouillement
Avant d’aller dans l’isoloir, on vous remettra le bulletin de vote et deux enveloppes. Dans l’isoloir, vous écrirez le nom du candidat de votre choix, insérer ensuite ce bulletin dans une première enveloppe numérotée, et insérer celle-ci dans une deuxième enveloppe anonyme.
Au sortir de l’isoloir, l’électeur dépose le tout dans la boite de scrutin.
Au matin du scrutin, le 19 octobre prochain, les préposés à l’élection ouvriront la deuxième enveloppe. Ils vérifieront le numéro que porte l’enveloppe intérieure et rayeront ce numéro du registre des votes par anticipation. Ils déposeront cette enveloppe numérotée (sans l’ouvrir) dans l’urne.
Le soir même, au moment du dépouillement du vote, les enveloppes numérotées seront décachetées et le bulletin sera lu comme tous les bulletins de vote pliés dans l’urne.
Référence : Élection fédérale canadienne de 2015
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