La victoire de Trump ou ‘Le monde est tanné des experts’

Publié le 12 novembre 2016 | Temps de lecture : 5 minutes

À l’occasion de la Grande récession de 2007, les pouvoirs publics ont investi des sommes colossales afin de sauver le système bancaire et éviter une répétition des faillites en série de la Grande dépression de 1929.

À la suite de cet endettement, le milieu des affaires a réclamé une diminution des dettes étatiques, obligeant nos gouvernements à couper dans les services à la population.

Au Québec, l’austérité a semblé d’autant plus impopulaire qu’elle a été décrétée par un parti qui, il y a peu, invitait les entrepreneurs à piller le Trésor public en échange d’une modeste contribution à sa caisse électorale.

Depuis, les médias traditionnels annoncent un retour de la prospérité économique à partir d’indices douteux.

On doit savoir que la spéculation boursière et la majoration de la valeur du parc immobilier déjà existant contribuent à la croissance du PIB.

En d’autres mots, un pays ne pourrait créer aucun emploi, ne produire pas un seul clou de plus et pourtant, voir son PIB augmenter substantiellement si la valeur capitalisée (la valeur des actions déjà émises) de ses entreprises doublait en raison d’une bulle spéculative.

Or justement, en raison de l’actuelle bulle spéculative boursière, nous sommes submergés de fausses bonnes nouvelles économiques.

Ces fausses bonnes nouvelles sont publiées parce que nos quotidiens sont aux prises avec une diminution de leurs revenus publicitaires. Ils coupent donc dans leur personnel. Et pour compenser, on publie intégralement des dépêches reçues d’agences de presse.

Or ces agences sont des organismes opaques qui émettent des dépêches anonymes ou des textes signés par des journalistes ou des reporters que personne ne connait.

La plupart du temps, ces agences reproduisent elles aussi les communiqués émis par des entreprises ou des gouvernements.

C’est ainsi que nos journaux nous parlent du ‘miracle’ économique de certains pays. En réalité, toujours aussi endettés, ces pays connaissent une croissance économique monopolisée par des succursales d’entreprises internationales qui s’empressent de redistribuer leurs profits à leurs actionnaires étrangers, ne laissant que des miettes aux citoyens de ces pays.

Par contre, on ne parlera presque jamais de l’Islande, rebelle du Néolibéralisme et modèle de Démocratie, dont la croissance économique est une des plus élevées d’Europe.

Le résultat de cette désinformation, c’est que les citoyens de Grande-Bretagne et des États-Unis constatent un effritement de leur pouvoir d’achat en dépit de toutes ces bonnes nouvelles.

Par ailleurs, ce pouvoir d’achat est handicapé par l’acquisition de nouveaux gadgets électroniques couteux nécessaires à la scolarisation de leurs enfants ou à leur développement.

Lors de la campagne du Brexit, une des vedettes du clan favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne était confrontée à un journaliste. Ce dernier lui signalait le témoignage d’experts prédisant les effets néfastes du Brexit.

Agacé, ce politicien lui a alors répliqué : « Le monde est tanné des experts

Peu de choses résument mieux le ressentiment de nombreux citoyens à l’égard du jugement d’une certaine élite (politique, économique et journalistique) sur les questions qui les touchent de près.

Les citoyens occidentaux sont aux prises avec une stagnation économique dont ils n’arrivent pas à se sortir. Cela est dû à la cupidité des milieux financiers qui accaparent la grande majorité de la richesse créée depuis quelques années.

Au XXe siècle, le grand capital consentait à la redistribution de la richesse en raison la menace de la montée du Communisme.

Avec l’effondrement du Rideau de fer, cette menace n’existe plus. Si bien que nous sommes revenus à la loi du « Au plus fort la poche ».

Nos dirigeants politiques ferment les yeux sur les paradis fiscaux (dont ils profitent personnellement) et autorisent l’évitement fiscal (qui n’est rien d’autre que de la fraude fiscale légalisée).

Conséquemment, c’est la classe moyenne qui paie une part croissante des dépenses de l’État alors que les possédants évitent de payer leur juste part.

L’élection de Trump et le Brexit sont l’expression de la révolte des peuples anglo-américains. Un discours populiste a cristallisé cette révolte contre les milieux financiers et l’Union européenne dans le cas du Brexit, et contre les immigrants, la mondialisation et les Musulmans dans le cas de la victoire électorale du Trump.

Au Moyen-Âge, on imputait la faute de la peste aux sorcières et aux Juifs (que la foule s’empressait de lyncher).

De nos jours, les Latinos et les Musulmans les ont remplacés dans la vindicte populaire américaine. Mais c’est la même manipulation de l’opinion publique qui est en jeu. Comme au Moyen-Âge.

Ceux qui en bénéficient aujourd’hui auraient intérêt à ne pas se réjouir trop vite tant leurs solutions simplistes sont vouées à l’échec.

Et ceux qui s’en attristent peuvent se consoler en réalisant qu’il s’agit ici d’une révolte protéiforme dictée par un ressentiment aussi vague que spontané. Une révolte qui peut changer de cible aussi rapidement que le vent peut changer de direction.

Dans l’opéra rock Notre-Dame de Paris, Luc Plamondon écrivait : « Il est venu, le temps des cathédrales.» Aujourd’hui on pourrait paraphraser cela en disant : « Il est venu, le temps des révoltes

L’Histoire retiendra les noms des dirigeants politiques qui auront le mieux réussi à canaliser positivement cette indignation vers l’avancement de nos peuples…

Laissez un commentaire »

| Politique internationale | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mensonge des statistiques

Publié le 10 novembre 2016 | Temps de lecture : 3 minutes

Ceux qui ont cru les statistiques qui prédisaient la victoire de Mme Clinton à l’issue du scrutin américain ne sont pas au bout de leurs peines.

Ce que je lis à pleines pages des grands quotidiens ce matin, c’est le mépris généralisé de gens qui espéraient la victoire de Mme Clinton et qui imputent sa défaite-surprise au vote d’imbéciles, sans toutefois le dire de cette manière.

Le plus sérieusement du monde, ces éditorialistes écrivent que l’élection de Trump est le résultat du ressac des électeurs blancs qui sentent leur suprématie menacée par la croissance démographique des autres groupes ethniques du pays. Ce qu’on appelle le Whitelash.

C’est l’équivalent de la déclaration malheureuse d’un ex-premier ministre québécois un soir de défaite référendaire. Remplacez ‘vote ethnique’ par ‘vote raciste’ et c’est pareil.

Trump a été élu par 47,5% des électeurs. Peut-on croire un seul instant que les suprémacistes blancs forment près de la moitié de la population américaine ? C’est pourtant ce que suggèrent ces journalistes.

De leur côté, les éditorialistes féministes accuseront les mâles blancs — encore eux — d’avoir voté contre Mme Clinton en raison de leur misogynie plus ou moins consciente. Pourtant, les femmes blanches ont voté majoritairement (à 53%) pour Trump. Doit-on en déduire que même les femmes blanches sont misogynes ?

À l’opposé, les femmes noires ont voté majoritairement contre Trump à cause de ses propos racistes plutôt qu’en raison de sa misogynie. Les femmes noires en ont vu d’autres; les propos dégradants de Trump à l’égard des femmes ne se distinguent pas vraiment de ceux qu’on entend de rappeurs noirs très populaires.

La vérité est que l’Amérique profonde a voté pour Trump et les régions côtières, ouvertes à l’immigration, ont voté majoritairement pour Clinton.

Le résultat, c’est que Mme Clinton a obtenu 47,7% des votes et M. Trump, 47,5% (moins qu’elle).

La majorité de Mme Clinton aurait été plus grande si les jeunes aptes à voter s’étaient acquittés de leurs devoirs civiques. Mais ils sont trop paresseux pour faire la file pour aller voter.

Si Mme Clinton, majoritaire, n’est pas présidente des États-Unis, c’est à cause du Collège électoral. Celui-ci est le verrou mis en place au XVIIIe siècle par les élites révolutionnaires pour se protéger, en cas de besoin, de l’immaturité politique du peuple américain (dans lequel ils n’avaient pas confiance).

Paru depuis :
Élection de Trump: la colère d’un grand électeur (2016-11-14)

Un commentaire

| Politique internationale | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le choix de l’Amérique profonde

Publié le 9 novembre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes

C’est fait : Donald Trump a été élu 45e président des États-Unis.

Il ne s’agit pas d’un météorite soudainement apparu dans le ciel politique américain. Pendant des décennies, Donald Trump a joué le rôle de la mouche dans la fable Le coche et la mouche de Lafontaine, se payant au besoin des pages réservées à la publicité pour promouvoir ses idées politiques.

Il a frayé avec toutes les personnalités publiques. Il connait bien le milieu politique et lui voue un mépris qui n’a d’égal que celui que lui vouent la plupart des Américains.

Parce que Donald Trump s’est fait l’écho de cette Amérique profonde, avec ses contradictions, ses préjugés, sa xénophobie, son racisme et sa misogynie.

Il a dit tout haut ce que des millions de personnes pensent tout bas et n’osaient pas avouer parce que depuis toujours, on leur a dit que cela était laid, que cela ne se disait pas.

Trump a donné une légitimité aux opinions dites honteuses de ceux qui, jusqu’ici, n’avaient que les médias sociaux pour se défouler sous un pseudonyme.

Sa victoire électorale, c’est celle des dépossédés du centre des États-Unis et des États riverains des Grands Lacs, des travailleurs de l’industrie lourde, mis au chômage et à qui il a promis le retour du bon vieux temps.

Et aux yeux de cet électorat, tous les défauts de Trump — ses contradictions, ses déclarations intempestives, son manque de rectitude politique et ses sauts d’humeur — font vrai.

Au cours de cette campagne, il a dit tout et parfois son contraire, éclaboussant d’insultes tous ceux qui tentaient de s’opposer à ses ambitions.

Le domaine où un président américain a un pouvoir presque absolu, c’est en matière de politique extérieure. Pour les pays étrangers, Donald Trump n’est pas une boite à surprises comme on aime à le représenter; il est parfaitement prévisible.

C’est un président qui s’entendra avec n’importe quel pays qui sera favorable au développement de ses intérêts financiers personnels.

Le seul problème, c’est qu’à part ses biens immobiliers, on ne connait pas grand-chose de ses intérêts financiers puisqu’il a toujours refusé de dévoiler ses déclarations de revenus, contrairement à la coutume au cours des campagnes présidentielles américaines.

On compte donc sur une fuite de son dossier fiscal pour nous en informer.

En raison de son égocentrisme et de sa vanité, il sera le président plus manipulable de l’histoire américaine, tant par des puissances étrangères que par le complexe militaro-industriel de son pays.

Mais il n’est pas fou. Seule, la flatterie ne sera pas convaincante; elle le deviendra si elle est associée à une faveur, à un privilège accordé à son empire financier.

Quant aux conflits d’intérêts, les États-Unis en ont vu d’autres puisque le financement politique dans ce pays n’est que de la corruption légalisée.

Et s’il se dit maintenant contre la guerre en Irak, c’était pour incriminer sa rivale Mme Clinton qui, elle, avait voté pour.

Ce sera sans gêne qu’il adoptera des politiques semblables à celles qu’il condamnait en campagne électorale, justifiant des conflits militaires par leur nécessité à rendre glorieuse la nation américaine.

On peut donc s’attendre à une croissance des dépenses militaires. Et pourquoi pas, une belle guerre qui recueillera l’appui de ces blancs trop vieux pour être enrôlés et qui fauchera au front ces jeunes noirs si prompts à se révolter lorsqu’on tue sans raison l’un d’entre eux.

Est-ce que ce sera une catastrophe ? Je ne le pense pas. Dans le fond, n’est-ce pas ce qui se fait déjà depuis des décennies ?

Laissez un commentaire »

| Politique internationale | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’enseignement de l’histoire du Québec

Publié le 5 novembre 2016 | Temps de lecture : 8 minutes

De 1982 à 2006

Pendant un quart de siècle, l’enseignement de l’histoire au Québec ne s’est étalé que sur une seule année du secondaire.

En 1996, le rapport Lacoursière suggérait une augmentation du nombre d’heures d’enseignement de l’histoire du Québec.

À la suite de ce rapport, la gestation du cours Histoire et éducation à la citoyenneté prit une décennie. Ce fut long parce que cette gestation s’est faite parallèlement à la mise au point du Renouveau pédagogique.

Celui-ci est une vase réforme destinée à axer l’éducation sur le développement de l’aptitude à apprendre plus que sur l’apprentissage lui-même; les élèves sont évalués selon leurs compétences transversales (une notion subjective, difficile à évaluer) plutôt que sur leur acquisition de la connaissance (c’est-à-dire la mémorisation des faits, facilement vérifiable).

De plus, l’accession au pouvoir du gouvernement Charest a été une occasion de purger l’enseignement de l’histoire des évènements susceptibles de favoriser le nationalisme québécois.

Histoire et éducation à la citoyenneté (2006)

Le cours Histoire et éducation à la citoyenneté fut adopté en 2006 et mis en vigueur de 2006 à 2009. Il est enseigné en troisième et quatrième années du secondaire.

En troisième année, on survole l’histoire de la société québécoise de ses origines à nos jours. Puis, l’année suivante, les élèves revoient la même histoire sous quatre grands thèmes :
• population et peuplement,
• économie et développement,
• culture et mouvement de pensée, et
• pouvoir et pouvoirs.

Ce cours postnationaliste passe sous silence le rapport Durham et évite toute référence à René Lévesque ou à l’affirmation nationale. Qualifié d’enseignement ‘amnésique’ de l’histoire, il n’a cessé d’être critiqué depuis son entrée en vigueur.

Les professeurs avaient l’impression d’être redondants, racontant l’histoire plusieurs fois selon différentes perspectives.

Commandé par le gouvernement péquiste de Mme Marois en 2013, le cours Histoire du Québec et du Canada a été adopté l’année suivante par le gouvernement libéral de M. Couillard.

Histoire du Québec et du Canada (2016)

En dépit de son titre, ce cours n’aborde l’histoire canadienne que dans la mesure où celle-ci a influencé le développement du Québec. Essentiellement, l’accent est donc mis sur l’histoire du Québec dont la trame chronologique est étalée sur deux ans.

C’est l’année 1840 (qui a vu la naissance de l’Acte d’Union) qui sera la charnière qui séparera ce qui sera enseigné à l’une ou l’autre de ces deux années.

On y a ajouté des notions qu’on n’enseignait pas avant comme l’esclavagisme en Nouvelle-France, de même que les conflits avec les Amérindiens et avec les Anglais, en dépit de la nature délicate de ces sujets.

Le nouveau cours sera obligatoire en 2017 mais les professeurs qui sont déjà prêts peuvent l’enseigner dès maintenant.

C’est le cas de la majorité des professeurs d’histoire de troisième année du secondaire. Les professeurs de quatrième ne peuvent le donner dès maintenant puisqu’il doivent attendre la première cohorte d’étudiants ayant reçu le nouveau cours en troisième année.

Des projets pilotes concernant ce qui doit être enseigné en quatrième du secondaire ont révélé que les professeurs trouvent qu’il y a trop d’évènements de grande importance à couvrir et qu’il leur est difficile d’y aller en profondeur.

Le nouveau cours a la faveur de la majorité des enseignants et historiens du Québec, qui le trouvent mieux construit et plus simple à assimiler pour les élèves

La principale critique vient de certains organismes anglophones.

Pour sa part, sans donner d’exemples précis, la Quebec Community Groups Network aurait aimé que l’histoire soit racontée de façon plus ‘neutre’ et ‘inclusive’, notamment à l’égard des autochtones, des anglophones et des immigrants.

Dans l’édition d’aujourd’hui du Devoir, Mme Nicole Ste-Marie signale à nos amis anglophones que leur souhait, aussi bon chic bon genre qu’il soit à première vue, signifie qu’on devrait enseigner l’histoire :
• des Chinois qu’on a fait venir pour construire le chemin de fer transcanadien sous des conditions proches de l’esclavage (plusieurs y ont trouvé la mort),
• de la dépossession des Métis de leurs terres dans le centre du pays pour les donner à des colons anglais,
• de la pendaison de Louis Riel, chef des Métis,
• du génocide des Béothuks à Terre-Neuve par les troupes anglaises,
• des Innus déportés dans l’Arctique tout en leur interdisant de chasser à leur arrivée, les condamnant à mourir de faim,
• des réserves amérindiennes, créées par le régime anglais, et qui ont servi de modèle à l’établissement de l’Apartheid en Afrique du Sud,
• de l’internement des Canadiens d’origine japonaise et leur dépossession pendant la 2e guerre mondiale,
• du kidnappage (encouragé par le Département des Affaires indiennes du Canada) des jeunes autochtones dans des pensionnats où ils étaient battus et abusés sexuellement.

Anecdote personnelle et conclusion

Il y a quelques années, dans un commerce où je travaillais, je me suis retrouvé seul à seul à parler d’histoire avec une vieille dame assez distinguée, unilingue anglaise.

Alors que je mentionnais être descendant d’une fille du Roy, cette dame m’a demandée — un peu gênée de poser la question — s’il n’était pas exact que les colons français étaient des repris de justice et que les filles du Roy étaient des prostituées.

Un peu surpris par sa question, je lui ai répondu que l’Angleterre déportait en Australie une partie de ses condamnés aux galères mais que ce n’était pas le cas de la France en Nouvelle France.

Mon ancêtre masculin (Honoré Martel) était le fils d’un vendeur de chevaux à Paris et la fille du Roy de laquelle je descends (Marguerite Lamirault) était la fille du cocher de la reine de France.

Après le départ de cette dame, j’ai réalisé qu’une partie des Anglophones québécois ont appris de telles conneries à notre sujet. Si ce n’est pas à l’école, leurs professeurs n’ont rien fait pour corriger ces préjugés.

D’où l’importance, essentielle à mes yeux, que tous les Québécois reçoivent à l’école le même enseignement de base en histoire, quitte à ce que les professeurs soient libres de compléter cela en enseignant des particularités propres aux différents groupes ethniques qui composent leurs classes.

Mais il doit y avoir un tronc commun auquel tous les Québécois doivent s’identifier.

À titre d’exemple, s’il est concevable que Pierre Le Moyne d’Iberville soit présenté comme un vilain pirate (ce qui est faux) par l’histoire du Royaume-Uni, nous ne sommes pas au Royaume-Uni. Conséquemment, il ne peut être présenté par l’histoire d’ici que comme le plus grand héros québécois (ce qu’il est), que cette histoire soit enseignée à un Québécois francophone ou à un Québécois anglophone.

En somme, l’Anglophone d’ici doit voir l’histoire du Québec en tant que Québécois et non en tant que descendant de Britannique (ce qu’il n’est pas nécessairement).

Tout comme Leonard Cohen doit être vu comme un grand poète et auteur-compositeur, peu importe notre langue maternelle.

Il faut donc cesser de considérer les personnages historiques d’ici différemment selon le groupe ethnique auquel on appartient.

Cela signifie, par exemple, qu’on doit enseigner que nous sommes tous redevables (Anglophones comme Francophones) à Jacques Parizeau, en dépit des paroles regrettables qu’il a tenues un soir de défaite référendaire.

Références :
Apprendre de nos particularités
Cours d’histoire: la ministre Courchesne réfute les critiques
Le nouveau cours d’histoire du Québec
Le nouveau cours d’histoire déplaît aux écoles anglophones
Nouveau cours d’histoire: «réparer l’erreur» de 2006
Nouveau programme d’histoire du Québec et du Canada : moins redondant et plus complet
Un nouveau cours d’histoire qui divise

Laissez un commentaire »

| Histoire | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Une corrida portugaise

Publié le 3 novembre 2016 | Temps de lecture : 6 minutes
Cliquez sur l’image pour démarrer

Préambule : Ce diaporama s’adresse aux adultes. Il comporte des scènes de violence et de cruauté qui pourraient ne pas convenir aux personnes sensibles.

Depuis des siècles, la corrida fait partie des coutumes des peuples de la péninsule ibérique (Espagne et Portugal).

Cette coutume est aujourd’hui contestée par les groupes de défense des droits des animaux.

À Barcelone, l’esprit indépendantiste des Catalans les a amenés à bannir cette pratique sous le prétexte qu’il s’agissait-là d’une tradition barbare et ‘étrangère’ (lisez : ‘castillane’).

À sa manière, le Portugal a également tenté de répondre aux critiques adressées à la corrida traditionnelle.

À l’issue de cette remise en question, la pratique de la corrida au Portugal s’est sensiblement renouvelée. Mais soyons clairs : cela demeure un spectacle brutal (comme l’est la boxe) et un spectacle cruel (comme l’est le combat de coqs).

La corrida portugaise se distingue de trois manières importantes.

Premièrement, elle ne se termine plus par la mise à mort du taureau.

À l’issue de la corrida traditionnelle, les toréadors tuaient le taureau en lui plantant une épée au cœur.

En réalité, la plupart du temps, ils lui perçaient un poumon. L’animal perdait connaissance et il était achevé en coulisse.

Deuxièmement, aux toréadors et aux picadors, s’ajoute un nouveau type d’artisans : les matamores.

Les toréadors se mesurent toujours seul à seul au taureau, mais armés seulement de leur muléta, ce carré de tissu avec lequel ils provoquent la charge de l’animal. Ils n’infligent plus de blessures à celui-ci.

Le picador chevauche toujours sa monture. Mais les flancs de sa jument ne sont plus recouverts d’une longue couverture protectrice.

Ce cavalier est maintenant le seul à blesser le taureau. À l’issue des affrontements, l’animal est soigné et remis en forme puisqu’un animal fougueux est plus précieux que sa viande.

Quant aux matamores, ils forment une équipe dont le but est de maitriser le taureau à mains nues.

La troisièmement et dernière distinction de la corrida portugaise est que la hiérarchie de ces artisans est complètement bouleversée.

Autrefois auréolés de gloire, les toréadors sont déchus de leur statut de vedette. Ce sont maintenant des tâcherons dont le modeste rôle consiste à essouffler le taureau pour diminuer sa dangerosité quand ce n’est pas simplement de faire diversion lorsque celui-ci devient incontrôlable.

Dans la corrida traditionnelle, les picadors et leurs montures jouaient le rôle de ‘palissades mobiles’ destinées à contenir le taureau. Ce sont maintenant de véritables vedettes.

Leurs juments sont des bêtes exceptionnelles capables d’exécuter des pirouettes et des pas savants.

Ces bêtes agiles exécutent des feintes et des parades de manière spectaculaire. Leur vue n’est pas bloquée par des ornières : elles sont donc parfaitement conscientes du danger et y réagissent d’instinct.

De plus, les cavaliers doivent commander leur monture par le biais de l’inconfort du mors et non par le biais de la souffrance infligée par des piqures d’éperons (puisqu’il ne semble pas que leurs bottes en soient équipées).

Le statut de vedette du picador est confirmé par le fait qu’il est toujours le seul cavalier en scène, assisté de plusieurs subalternes que sont les toréadors.

Après voir planté avec succès un nombre déterminé de piques, le picador cède la place aux matamores.

Ces derniers forment un groupe de huit hommes à pied. Leur but est de maitriser l’animal à mains nues selon un protocole scrupuleusement respecté.

Le chef des matamores s’approche de l’animal. Il s’avance pas à pas, les mains sur les hanches. Il s’arrête. Il frappe le sol du pied pour provoquer l’animal. Si ce dernier ne réagit pas, le matamore fait quelques pas de plus. Et ainsi de suite jusqu’à ce que l’animal décide de foncer sur lui, à toute vitesse, la tête baissée.

À l’impact, le matamore saisit le cou de l’animal afin de ne pas être propulsé dans les airs.

Aveuglé par cet obstacle, l’animal poursuit généralement sa course jusqu’à l’endroit où sont les autres matamores. Ceux-ci l’agrippent par la tête tandis que l’un d’entre eux le saisit par la queue.

Pendant que les autres matamores quittent la piste, celui qui tire le taureau par la queue oblige l’animal à tourner sur lui-même jusqu’à l’étourdissement, puis quitte à son tour.

Ceci est le scénario idéal. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Si le taureau réussit à se dégager de lui-même (en d’autres mots, sans avoir été dompté), les matamores doivent recommencer.

Il est fréquent qu’une équipe soit obligée de s’y prendre deux ou trois fois avant de réussir.

À moins, évidemment, d’avoir subi de très graves blessures lors de leur essai. De petites blessures ne suffisent pas à leur exempter cette épreuve.

On admire donc le courage du chef d’équipe. Après avoir été piétiné par l’animal en furie, l’uniforme sale et déchiré, le visage lacéré de coupures, il se doit donc d’affronter de nouveau le même animal en combat singulier.

Lorsque l’équipe réussit finalement à s’acquitter de son mandat et à quitter la piste dignement, on doit faire sortir le taureau.

À cette fin, on fait appel à un groupe de génisses. Elles portent au cou des cloches, de manière à attirer l’attention du taureau.

Obsédé par les génisses, le taureau ne voit pas les vachers. Ceux-ci font sortir les génisses suivies du taureau, et quittent en dernier la piste.

Voilà les caractéristiques de la corrida portugaise. Celle-ci est essentiellement une mise en scène du courage humain au cours de laquelle le bœuf sert de faire-valoir.

Dans le cas particulier du spectacle en vedette dans la vidéo, il s’agissait d’une corrida ‘antique’ au cours de laquelle ses artisans étaient costumés à la manière du XVIIIe siècle.

Laissez un commentaire »

| Photos de Lisbonne, Photos de voyage, Photos du Portugal, Vidéos | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Pratiques religieuses et choix de société

Publié le 2 novembre 2016 | Temps de lecture : 5 minutes

En juin 2015, le gouvernement Couillard présentait le projet de loi 62. Celui-ci défend le principe de la neutralité religieuse de l’État.

La neutralité, c’est vivre et laisser vivre. C’est permettre à n’importe qui d’être différent tant qu’il n’essaie pas d’obliger les autres à devenir comme lui.

Le projet de loi libéral va même jusqu’à laisser les représentants de l’État (policiers, juges, et gardiens de prison, entre autres) libres de porter des signes d’appartenance religieuse. Une de ses rares contraintes est l’obligation de donner ou de recevoir des services de l’État à visage découvert.

Farouchement opposé à la défunte Charte de la laïcité du gouvernement Marois, j’appuie le projet de loi libéral.

Alors que la plupart des opposants à ce projet de loi lui reprochent de ne pas aller assez loin, les organismes de défense des droits de l’Homme se sont opposés à ce projet de loi pour des raisons opposées.

Voile_islamique
 
Hier en commission parlementaire, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a accusé le gouvernement libéral de brimer les droits constitutionnels des femmes niqabées et de celles qui portent la burka.

De son côté, la Ligue des droits et libertés a accusé le gouvernement libéral de permettre le profilage religieux à l’encontre d’une partie des Musulmanes.

Personne ne peut reprocher aux organismes de défense des droits de la personne de défendre les droits individuels; c’est leur rôle.

On doit toutefois réaliser que dans ce bas monde, rien n’est sacré. Toutes les lois et tous les règlements restreignent d’une manière ou d’une autre notre droit de faire ce qu’on veut.

La question est de savoir si ces contraintes sont justifiées. Et dans le cas précis des lois qui vont à l’encontre de dispositions constitutionnelles, on doit se demander si le but recherché est important au point de justifier l’invocation de la clause dérogatoire de la Canadian Constitution.

Le reproche que j’adresserais aux organismes de défense des droits de l’Homme serait de sous-estimer profondément les conséquences de leur prise de position dogmatique.

Les imams qui prêchent l’obligation du port du niqab interdisent également la mixité.

Selon eux, non seulement la femme portant le niqab doit-elle éviter tout contact physique avec des étrangers (donc pas de poignée de main), mais elle doit vivre dans un environnement de travail où hommes et femmes ne se rencontrent pas.

Concrètement, si le gouvernement québécois veut embaucher une femme niqabée, il devra se préparer à aménager des bureaux, des couloirs, des ascenseurs et des aires de repos au sein desquels jamais hommes et femmes ne se côtoient. Sinon l’État obligera cette employée à aller à l’encontre de ses convictions religieuses.

En plaidant le respect absolu des convictions religieuses, la Commission des droits de la personne ne sait pas dans quoi elle s’embarque.

Le Wahhabisme — la religion d’État de l’Arabie saoudite — n’interdit pas seulement la mixité; ses exigences tatillonnes vont aussi loin que d’interdire d’uriner dans la direction de la Mecque. J’espère qu’on n’en viendra pas à modifier l’orientation des toilettes dans tous les édifices publics pour satisfaire les principes naïfs des défenseurs des droits de l’Homme.

Autoriser le port du niqab ou de la burka par les représentants de l’État sur la seule base des droits constitutionnels, cela n’est que le début d’une longue suite d’exigences religieuses qui, en fin de compte, obligeraient le Québec à adopter l’Arabie saoudite comme modèle de société.

Alors où donc tracer la ligne ?

Ma réponse est simple : la ligne est celle déjà tracée par le projet de loi 62.

En somme, la décision d’obliger la prestation de service à visage découvert est un choix de société. Et ce choix, nous le faisons nôtre.

Et si le Canada anglais pense le contraire, c’est son droit. Nous le respectons. Mais il est hors de question que le reste du pays nous dicte comment sera façonnée la société québécoise.

Conséquemment, le gouvernement Couillard devra se résoudre à invoquer la clause dérogatoire de la Canadian Constitution.

C’est la seule solution. Cela est d’autant plus facile que ce n’est pas notre constitution, c’est leur constitution.

Références :
La Charte de la laïcité : un mauvais départ
La Commission des droits de la personne juge le projet de loi 62 discriminatoire
Le projet de loi libéral au sujet de la neutralité de l’État (2e partie : laïcité vs neutralité religieuse)
Port du voile en hausse parmi les musulmanes au Canada

Parus depuis
Le Maroc interdit la fabrication et la vente de la burqa (2017-01-10)
L’Allemagne interdit le voile intégral dans la fonction publique (2017-04-28)
La CEDH juge «nécessaire» l’interdiction du voile intégral dans l’espace public (2017-07-12)
Le Danemark veut interdire le voile intégral dans les lieux publics (2018-01-06)
Denmark passes law banning burqa and niqab (2018-05-31)
L’Algérie interdit le port du niqab sur le lieu de travail (2018-10-19)
Switzerland to ban wearing of burqa and niqab in public places (2021-03-07)
Burqa ban bill approved by Portugal’s parliament seen as targeting Muslim women (2025-03-17)

Un commentaire

| Religion | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La guerre au Moyen-Orient : écrans de fumée et propagande au 31 octobre 2016

Publié le 31 octobre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes

Des puits de pétrole encore opérationnels

J’écoutais hier soir un reportage de la journaliste Marie-Ève Bédard de Radio-Canada au sujet de la politique de terre brulée pratiquée par l’État islamique.

Essentiellement, on y montrait la vie difficile des habitants de Kayara, en Irak, obligés de vivre dans la fumée toxique dégagée par les puits de pétrole auxquels l’État islamique a mis le feu avant de prendre la fuite.

Mais pour moi, ce reportage est un écran de fumée (si j’ose dire) puisqu’il évite de répondre à la question fondamentale : après plus de dix-mille frappes aériennes américaines, comment se fait-il que l’État islamique dispose toujours de sites pétroliers opérationnels qu’il peut, à sa guise, incendier s’il le juge opportun ?

L’incendie des puits de Kayara est une preuve supplémentaire qu’avant l’automne 2015, les États-Unis ne souhaitaient pas véritablement anéantir l’ÉI.

Leur stratégie était de faire perdurer l’insécurité régionale qui amenait les pays voisins à multiplier les contrats militaires auprès d’eux afin de se protéger.

Car la guerre est une bizness. Ruineuse pour ceux qui la font mais payante pour leurs fournisseurs.

La surenchère

L’intervention éclair de la Russie dans le conflit syrien à l’automne 2015 a marqué un tournant dans cette guerre.

En y consacrant seulement 2% du budget militaire russe, l’aviation de ce pays a effectué 9 000 sorties, détruit 209 sites d’extraction pétrolière ou de points de transit d’hydrocarbures, et libéré 400 agglomérations (sur les 25 000 que compte le pays).

Au cours de l’avancée des forces gouvernementales sous le couvert des bombardements russes, des négociateurs russes et syriens ont conclu des centaines de serments d’allégeance au régime de la part des chefs de villages et seigneurs de la guerre. Par le biais de ces ententes, des milliers de combattants ont fait défection des milices islamistes rebelles.

En quelques semaines, la proportion du territoire syrien contrôlé par le régime de Bachar el-Assad est passée de 16 à 20%, soit un gain de 10 000 km².

Indirectement, ce succès était une gifle aux Américains puisque la stratégie marchande de ces derniers, inavouable publiquement, donne une impression d’impuissance puisque son but est précisément de faire durer la guerre.

D’où la nécessité d’une grande victoire qui redonnerait confiance dans la suprématie militaire américaine. Cette grande victoire sera Mossoul, la deuxième ville d’Irak.

Les boucliers humains de l’ÉI

Afin de ternir les succès qu’obtient la Russie en Syrie, les Occidentaux accusent depuis des mois les Russes ne ne pas faire attention aux pertes civiles lors de leurs bombardements, voire de le faire exprès.

Maintenant que les forces occidentales se préparent elles aussi à reconquérir du territoire aux mains de l’ÉI, elles savent que cela occasionnera des ‘dommages collatéraux’. Car toute guerre cause des pertes civiles.

Pour s’en excuser d’avance, la propagande occidentale accuse maintenant l’ÉI d’amener de force des milliers de personnes à Mossoul afin qu’ils servent de boucliers humains. Comme si l’ÉI ne pouvait pas faire pareil quand il s’agissait des Russes.

En réalité, la ville de Mossoul comptait environ 1,5 million de personnes avant sa capture aux mains de l’ÉI. Elle en compte encore des centaines de milliers. Conséquemment, l’ÉI trouve déjà sur place tous les ‘boucliers humains’ dont il pourrait avoir besoin.

Références :
Bataille pour Mossoul : deux semaines de combats cartographiés jour par jour
Des milliers de civils enlevés par l’EI pour servir de boucliers humains à Mossoul
En difficulté en Irak, l’EI perd ses revenus pétroliers
L’Apocalypse selon l’ÉI en Irak

Dans le même ordre d’idée :
Iraqi invasion of Kuwait in 1990 used by UK to boost weapon sales

Laissez un commentaire »

| Géopolitique | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 23 (fin)

Publié le 28 octobre 2016 | Temps de lecture : 7 minutes

Aujourd’hui, dernière journée de mes vacances à Lisbonne. Parmi les quelques sites qu’il me reste à voir, il y en a deux que je m’en voudrais de ne pas avoir vus; le Museu Nacional do Azulejo et le Museu da Marinha.

En premier lieu, rappelons ce que sont les azuléjos. Ce sont carreaux de faïence ornés de motifs ou de de représentations figuratives.

Ceux qui ornent l’intérieur des édifices décorent la partie inférieure des murs et sont habituellement monochromes, plus précisément bleus.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le mot azuléjo ne vient pas d’azul (bleu en portugais) mais de l’arabe al zulaydj, ce qui signifie ‘petite pierre polie’, désignant chaque pièce d’une mosaïque.

Connu dans de nombreux pays depuis des siècles, cet art a atteint son apogée au Portugal au XVIIIe siècle.

À Lisbonne, en 1755, les édifices qui avaient résisté au séisme étaient souvent endommagés. Afin de cacher les fissures, la solution la plus simple était de calfeutrer les murs et les façades.

Mais le recouvrement de plaques de faïence est soudainement devenu une mode. Une mode qui a persisté depuis et qui donne aujourd’hui un cachet particulier à la capitale portugaise.

Revenons au musée national de l’Azuléjo. Celui-ci a été aménagé dans l’ancien Couvent de la Mère de Dieu, construit en 1509.

De tous les azuléjos du musée, celui qui retient le plus l’attention des visiteurs est le très grand panneau (composé de 576 tuiles faisant 23 mètres de large) représentant Lisbonne telle qu’elle était avant le séisme de 1755.

Azuléjos de la Sala de D. Manuel
Faïence contemporaine

On y présente également les œuvres de créateurs contemporains qui ont choisi de s’exprimer par le biais de la faïence.

Une salle présente les matériaux utilisés pour la fabrication de la céramique, les pigments destinés à la coloration du vernis et des exemples de moules utilisés pour créer des azuléjos dont la surface est en relief.

L’Igreja Madre de Deus est l’église du couvent. À elle seule, elle justifie la visite au musée.

Chœur supérieur

Les religieuses assistaient aux offices dans le chœur supérieur (ou Coro Alto), situé au premier étage. Les parties hautes de cette pièce sont décorées de toiles. Entre ces toiles et les stalles sur lesquelles les religieuses prenaient place, des niches fermées contiennent de saintes reliques.

Vestibule de l’église
Nef de l’église

La nef de l’église est décorée d’azuléjos hollandais, de toiles en attente de restauration et d’une débauche de bois doré rococo qui contribuent au faste de l’ensemble.

Bref, c’est un site touristique chaudement recommandée.

Je prends ensuite le taxi pour aller à mon studio prendre un repas du midi ultrarapide (deux sandwichs à la sardine).

Puis je prends le métro jusqu’à la station Cais do Sodre et mon troisième taxi de la journée, cette fois pour le Museu da Marinha, installé principalement dans la partie la plus à l’Ouest du Mosteiro dos Jerónimos.

intérieur du Museu da Marinha

L’histoire du Portugal étant intimement liée à la mer, il était à prévoir qu’un musée de Marine dans ce pays serait un lieu de vénération.

C’est effectivement un musée attrayant dont on a soigné tous les aspects.

N’y cherchez pas des navires richement décorés équivalents maritimes des carrosses extravagants du Museu Nacional dos Coches; on y présente plutôt de belles maquettes (de différentes tailles) de tous les bateaux dont se sont servis les navigateurs portugais, leurs instruments de navigation, les uniformes des marins et de leurs officiers.

Bref, c’est un autre site touristique de qualité, à caractère encyclopédique, dont je recommande la visite.

Maintenant, j’ai complété mon programme de la journée. Il est 15h15. J’ai donc le temps de retourner au musée de la Pharmacie puisque je ne suis pas satisfait des photos que j’y ai prises hier.

Je prends mon quatrième taxi de la journée, cette fois en direction de ce musée. Incidemment, un trajet typique en taxi dans Lisbonne coute environ 5 euros.

Mais en passant devant l’Igreja da Santa Catarina, je me rends compte qu’elle est ouverte. Les deux autres fois où j’ai passé devant celle-ci, elle était fermée.

Je demande au chauffeur de me débarquer ici. Et je me dirige promptement vers ce lieu de culte.

Nef de l’église Sainte-Catherine

C’est une très belle église en forme de croix latine. La voute en berceau de sa nef est magnifiquement décorée de stucs blancs, roses et bleu poudre de style rococo.

Orgue de l’église Sainte-Catherine

Au moment de ma visite, l’église est l’objet d’un ambitieux programme de restauration. Les peintures sont encore assombries par la pollution mais le riche décor en bois doré est en train d’être redoré.

Même si ce travail est inachevé, c’est une église qui mérite déjà d’être visitée.

Puis je me rends à pied au musée de la Pharmacie, situé à quelques rues.

Un fois ma nouvelle séance de photos terminée, je prends le métro en direction du studio. Je veux y être tôt pour faire mes valises en vue de mon départ.

À la station Santa Apolónia, j’achète de la soupe et une dorade de 0,46kg pour 3 euros.

Il fait 22 degrés. J’ouvre les grandes fenêtres du studio. Et pendant qu’assis devant ma fenêtre, je termine ce repas en mangeant un Jésuite — j’espère que vous aurez deviné qu’il s’agit là d’une pâtisserie — j’entends pour la première fois le carillon de l’Igreja de Santo Estevão à l’heure du repas du soir.

J’entends ce carillon tous les dimanches matin mais c’est la première fois que je l’entends un jour de semaine, probablement parce que jusqu’ici, j’étais toujours à l’extérieur à cette heure-ci.

Ce carillon annonce la fin de la récréation.
Allez les enfants, il faut rentrer.
Alors que le vent s’élève et que tombent les feuilles en tourbillonnant,
l’air triste et lent du carillon résonne comme un adieu.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (2e photo) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 9 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 12 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 11 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 14 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Lisbonne, veuillez cliquer sur ceci.

4 commentaires

| Récit du voyage à Lisbonne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jours 21 et 22

Publié le 25 octobre 2016 | Temps de lecture : 7 minutes

Au 21e jour de ce voyage, c’est mon troisième dimanche à Lisbonne.

Mais plutôt que d’effectuer mon troisième sprint religieux (à visiter des églises), je mets la priorité sur les musées puisque mes vacances tirent à leur fin.

En raison d’une mauvaise planification de ma part, tous les sites touristiques où je vais (sauf un) seront fermés ce 21e jour. C’est donc le lendemain que j’y mettrai les pieds.

J’ai donc choisi de combiner la description de ce que j’ai vu ces deux jours parce que le premier n’a été qu’une récapitulation générale du deuxième.

Le seul musée que j’ai visité le 21e jour est le Museu Nacional de História Natural e da Ciência, situé dans l’Ouest du quartier d’Avenida.

Un des laboratoires du musée des Sciences

Avez-vous déjà eu le sentiment, en mettant les pieds quelque part, que vous auriez le gout d’être ailleurs ? C’est exactement l’impression que j’ai ressentie en entrant dans le musée des Sciences de Lisbonne.

En quelques mots, c’est un institut scientifique (et un jardin botanique adjacent) en ruine.

On y voit principalement des laboratoires et des instruments scientifiques qui ont déjà été à la fine pointe du progrès et qui sont devenus depuis des pièces de musée.

Mais on y illustre des principes de physiques. On y fait l’histoire de grandes découvertes scientifiques. On y expose l’histoire des dinosaures, etc. C’est ainsi que le professeur de Lisbonne qui veut parler de la pendule de Foucault à ses élèves trouvera les outils didactiques pour rendre son cours plus intéressant.

Mais ce lieu vieillot et décrépi ne peut être considéré comme un site touristique digne de ce nom.

Beaucoup plus fructueux fut le 22e jour.

Précédemment au cours de ce voyage, j’avais entrevu le Jardim da Estrela, situé devant la basilique du même nom, et je m’étais dit que j’aimerais bien y revenir pour faire de l’infrarouge.

Dans les Jardins de l’Étoile

En décidant ce lundi de retourner photographier la crèche de la Basilique de l’Étoile, j’en profite pour visiter ce parc.

Et puisqu’on annonce de la pluie alors qu’il fait encore un beau soleil en ce début de matinée, je saute dans un taxi afin de profiter de cette luminosité pour photographier ce charmant parc à l’anglaise.

Une fois cela fait, je retourne à la basilique. J’en profite pour monter sur son toit (cout : 4 euros) : le point de vue sur le quartier y est bien sans être extraordinaire.

Je prends un deuxième taxi, cette fois en direction du Museu Geológico. Situé dans les locaux de l’Academia das Ciências de Lisboa, il n’est ouvert que les lundis et les mercredis.

Aperçu du musée de Géologie

Ne vous laissez pas distraire par l’apparence vieillotte de ce musée; il s’agit d’un endroit très intéressant.

Essentiellement, il comprend quatre salles. Dans des présentoirs anciens, le musée montre des fossiles, des minéraux, des outils préhistoriques et des répliques de crânes des ancêtres évolutifs de l’homme.

Pour illustrer la provenance d’un artéfact (un minerai ou une mâchoire fossilisée d’un dinosaure, par exemple), on reliera, à l’aide d’une corde colorée, cet artéfact à une aiguille plantée dans une carte du Portugal. C’est simple, mais c’est efficace.

Salle rénovée du musée

Au fond, la quatrième salle, rénovée récemment grâce à une subvention de neuf minières portugaises, permet de voir tout le potentiel de ce musée.

Bref, il intéressera tous les amateurs de géologie.

Mais mon coup de cœur de la journée, c’est le musée de la pharmacie. J’en ai déjà vu plusieurs et celui-ci est, de loin, le plus beau. Il est d’ailleurs récipiendaire du prix du meilleur musée portugais, décerné par l’Association portugaise de muséologie.

Aperçu du musée de la Pharmacie

Sur deux étages, le musée présente les reconstitutions d’un laboratoire de fabrication médicinale et de quatre officines de pharmaciens de différents pays.

Instruments de pharmacie en Grèce antique

Affiches publicitaires de médicaments, enseignes d’apothicaires, instruments anciens de pharmacie, tout y est.

Le Livre de la Loi concernant la médecine, d’Ibn Sīnā (vers 1020)

On y trouve des objets d’une importance considérable, comme cette transcription manuscrite du XIIe siècle de l’ouvrage encyclopédique de médecine écrit par le médecin persan Ibn Sīnā (980-1037), surnommé Avicenne en Occident. La traduction latine de ce livre servira de base à l’enseignement de la médecine en Europe jusqu’au XVIIe siècle.

Mais ce musée intéressera bien plus que les amateurs de pharmacie puisque les objets anciens qui y sont présentés sont exceptionnellement beaux alors que d’autres susciteront la curiosité (comme cette ceinture de chasteté masculine).

Exemples de pièces de la série Paço Real

Et puisque je suis à quelques rues du quartier de Chiado, je me rends à la boutique Via Alegre compléter l’achat d’une assiette plate et d’une assiette à soupe de la série Paço Real, copiée sur un service de table en porcelaine créé en 1824 pour la famille royale portugaise.

Vendeur de marrons

En sortant de cette boutique, je rencontre ce vendeur de marrons (puisque c’est la saison). À Lisbonne, ils sont cuits sur des fours à charbon très polluants. De plus, ils sont vendus couverts de suie blanche cancérigène.

Sur le chemin du studio, je passe à l’épicerie. J’achète un format de 900ml de Sopa Camponesa (ce qui signifie Soupe campagnarde) pour 1,95 euro et deux poissons appelés Cachucho pesant au total 0,44kg pour 3,1 euros.

Pour ce qui est de la soupe, quel amateur de pittoresque peut résister à la curiosité de gouter à l’étranger une soupe dite campagnarde ? Effectivement, elle est plutôt bonne. Mais elle contient des fèves rouges, ce qui me fait hésiter en raison de leur potentiel gazogène.

Je prends l’avion dans la nuit de mardi à mercredi (nous sommes un lundi soir), et je sais à quel point les compagnies aériennes sont malcommodes, refusant qu’on ouvre les hublots pour faire aérer. Donc je vais en manger une petite portion.

Quant aux poissons, même si leurs branchies sont bien rouges, celles-ci sentent le vinaigre. Je décide donc de les jeter et de me faire du gruau.

Puis je vais au lit vers 19h30.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3e, 4e et 5e photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (6e et 7e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 12 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 34 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 14 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 14 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 9 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 640 — 25 mm
8e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
9e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Lisbonne, veuillez cliquer sur ceci.

7 commentaires

| Récit du voyage à Lisbonne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Lisbonne : jour 20

Publié le 23 octobre 2016 | Temps de lecture : 6 minutes

Ce matin, je me suis levé en méforme. De plus, on annonce de la pluie. Bref, je me suis dit : « Pourquoi ne pas flâner, me dorloter un peu ? Après tout, je suis en vacances. Laisse donc faire le blogue. Deviens pas esclave de ce maudit blogue. Repose-toi. Tu le mérites bien, non ?»

Et puis j’ai réalisé qu’après ma mort, j’aurai toute l’éternité pour me reposer. Donc j’ai finalement décidé de me botter le derrière et de considérer les jours qui viennent comme mes dernières chances de découvrir la ville.

Je mets le cap sur le Museu do Oriente. Pour l’atteindre, il faut prendre le métro jusqu’à la station Cais do Sodre, puis un autobus en direction de Belém.

On débarque à l’arrêt Alcantara Mar. On va à la première rue à l’Ouest, on tourne à gauche et on prend un passage souterrain tapissé de graffitis qui permet d’atteindre l’autre côté de la voie ferrée. Puis on revient vers l’Est jusqu’au musée.

Au moment de ma visite, il préparait une exposition temporaire consacrée à l’opéra chinois qui sera inaugurée le mois prochain.

Murs et plafonds du musée sont noirs, de manière à minimiser les reflets dans les vitres derrière lesquels les milliers d’artéfacts sont présentés.

Avant d’y mettre les pieds, je présumais que ce musée serait centré sur des objets rapportés de Macao, comme c’est le cas du Museu de Macau, vu au 12e jour de ce voyage. Ce n’est pas le cas.

Objets du Timor Oriental
Exemple de présentation
Détail de Wensu (bois polychrome chinois, XIIIe siècle)
Bouteille de tabac à priser, peinte de l’intérieur

Au contraire, il s’agit d’un panorama complet de l’Art asiatique.

C’est un musée remarquable dont je recommande chaleureusement la visite. À lui seul, ce musée justifiait que je sorte du studio. Mais il y a plus.

Je prends le taxi et je me rends à l’Igreja Nossa Senhora da Ajuda. Également connue sous le nom d’Igreja da Boa-Hora (église du Bon-Temps), ce lieu de culte fut construit dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

Extérieurement, c’est une église moche et sale.

Nef de l’église

Mais quelle surprise en y pénétrant. Les murs — et pas seulement le bas des murs, comme c’est habituellement le cas — sont couverts de magnifiques azuléjos.

C’est mon deuxième coup de cœur de la journée. Mais ce n’est pas fini.

J’avais demandé au taxi de m’attendre à l’extérieur. Nous filons vers le dernière étape de sa course : le Palais royal d’Ajuda.

Ajuda est une ancienne banlieue de Lisbonne, annexée depuis à la capitale, et reléguée depuis au titre de paroisse.

On m’avait dit beaucoup de bien du palais d’Ajuda. Mais j’étais loin de me douter à quel point il est beau.

La construction du palais royal d’Ajuda débuta en 1795. Elle fut interrompue en 1807 par l’invasion française et l’exil de la monarchie portugaise au Brésil. Sans être jamais achevée, la construction reprit avec la restauration de 1821. Le palais fut la résidence officielle du roi du Portugal jusqu’à son abdication en 1910.

C’est une bâtisse de trois étages dont deux sont accessibles au public. Au rez-de-chaussée et au premier, les appartements sont disposés en enfilade.

Les visiteurs empruntent donc un couloir et assistent à une succession de pièces toutes plus ravissantes les unes que les autres.

Conciergerie
Salle d’audience

Les appartements personnels de la famille royale sont au rez-de-chaussée, de même que les salles d’audience privée.

Les salles d’apparat (salle de réception diplomatique, salle de bal, salle des banquets) sont au premier. Après avoir été ébloui par ceux du rez-de-chaussée, on est presque déçu en voyant, par exemple la salle du trône à l’étage noble, pourtant plutôt bien.

Les pièces sont meublées. La majorité d’entre elles ont leur plafond décoré de peintures allégoriques tandis que leurs murs sont recouverts de tapisseries.

Le tout confère une impression de faste et de grandeur. Bref, c’est un endroit qu’il faut absolument visiter à Lisbonne.

Mais comment trouver un taxi dans un endroit aussi éloigné ? Eh bien, une des deux lignes d’autobus qui desservent le palais vous amènera à la station Cais do Sodre.

Malheureusement, au lieu de prendre la 760, j’ai pris l’autre. Celle-ci m’a fait un long détour vers le nord. Mais elle m’a permis de voir, assis confortablement et en toute sécurité, une des parties de la ville qu’on me déconseillait de visiter le soir en raison de sa dangerosité.

Je débarquerai à la station São Sebastião.

En route vers le studio, j’arrête à la station Baixa/Chiado afin d’aller à un magasin d’instruments de musique (Salão Musical de Lisboa, sur la Rua da Oliviera ao Carmo).

Il y a quelques jours, ce magasin possédait deux coffrets d’une anthologie extraordinaire, aujourd’hui discontinuée, de cent chansons de fado accompagnées d’une brochure bilingue (portugais-anglais) de 140 pages sur l’histoire du fado. Prix : 25 euros.

J’arrive moins d’une minute avant la fermeture à 19h.

Puis je me dirige à pied vers le quartier de Barrio Alto afin de photographier les salles légendaires de fado.

Je passe à l’épicerie m’acheter un lapin évidé de 1,45kg pour 5,7 euros. J’en mange environ le tiers, précédé du même potage qu’hier soir, et accompagné de vin blanc. Ce sera mon premier repas de viande depuis que je suis à Lisbonne.

Et dire que je ne voulais pas sortir de chez moi aujourd’hui. Pfff!

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone 8 mm F/1,8 (6e photo) et objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re, 2e et 7e photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (3e et 4e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (5e photo)
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 14 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 14 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 500 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 500 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 10 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Lisbonne, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| Récit du voyage à Lisbonne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel