Voyage à Porto : jour 1

Publié le 28 septembre 2017 | Temps de lecture : 3 minutes
Intérieur de l’aéroport

La première chose qui frappe en arrivant à Porto, la deuxième ville en importance du Portugal, c’est le modernisme de son aéroport.

Celui-ci s’est mérité cette année le titre du meilleur aéroport d’Europe.

On y marche beaucoup moins qu’à Montréal ou à Paris. Entre l’atterrissage de notre avion et la fin des formalités douanières — ce qui inclut la prise de possession de mes bagages — il s’est écoulé quarante minutes.

Quai du métro

L’aéroport est relié à une des six lignes du métro (également très moderne). Le temps d’acheter des titres de transport et on est déjà à la station principale du réseau trente minutes plus tard.

C’est plus long qu’à Zurich, mais c’est mieux que la moyenne des villes que j’ai visitées jusqu’ici.

Puisque cette ligne de métro n’est pas souterraine et s’apparente à un train de banlieue, on est à même de voir la campagne fertile qui entoure la ville, les maisons proprettes de la banlieue qu’on traverse et l’aspect convivial de la ville, mélange architectural d’ancien et de nouveau.

Mon studio

Le studio que j’ai loué est situé en haut d’une côte à 40 degrés, à dix minutes de la station principale, soit Trindade. Incluant les frais de ménage et les honoraires d’Airbnb, la location me revient à 41,15$ la nuit.

Ce studio est au cinquième d’une tour résidentielle de dix-sept étages d’aspect banal.

À la décoration minimaliste, ce studio comprend une pièce unique qui sert de chambre à coucher, de bureau de travail et de cuisine. Il fait face, de l’autre côté d’un couloir, à ma chambre de bain privée.

Après avoir suspendu mes vêtements dans la penderie, je vais à l’épicerie Pingo Doce près du studio, m’acheter des denrées.

Mon repas du soir comprendra : 250 ml de soupe aux épinards, la moitié d’un lapin accompagné d’une demi-bouteille de vin rouge et 500 g de fraises.

Puis, je fais la sieste, prends une douche et vais définitivement au lit pour la nuit.

Pour donner une idée du cout de la vie au Portugal, voici les provisions que j’ai achetées :
• 3,95 € (5,80$) pour 2 kg de gruau
• 1,49 € (2,19$) pour 1 pain tranché (sans croute)
• 2,95 € (4,33$) pour 900 ml de soupe aux épinards
• 5,08 € (7,46$) pour un lapin de 1,3 kg
• 2,49 € (3,65$) pour un panier de 500 g de fraises
• 1,59 € (2,33$) pour 1 litre de gaspacho
• 3,29 € (4,83$) pour 0,75 cl de Porca de Murça (vin blanc du Douro)
• 2,99 € (4,38$) pour 0,75 cl de Ciconia (vin rouge d’Alentejano)
• 0,95 € (1,39$) pour 20 sacs à poubelle de 30 l
• 0,10 € (0,15$) pour un sac d’épicerie renforcé

Pour un total de 24,88 €, soit 36,52$Can.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re et 2e photos) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3e photo)
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 7 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une Révolution pour passer le temps

Publié le 26 septembre 2017 | Temps de lecture : 2 minutes

Dans quelques instants, je prendrai l’avion pour Porto (au Portugal).

Après avoir fait mes valises ce matin, j’ai profité de quelques heures de libre en après-midi pour aller voir l’exposition ‘Révolution’ qui se termine dans quelques jours au Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Il s’agit d’un hommage à cette folie créative qui s’est emparée des pays occidentaux dans la deuxième moitié des années 1960.

Et puisque je me retrouve donc à l’aéroport, les bagages consignés, la sécurité passée — bref, à ne rien faire — j’en profite pour transférer les photos demeurées dans mon appareil et pour vous donner un aperçu de cette exposition.

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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 24 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 12 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 12 mm
5e  photo : 1/25 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
6e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 m

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Écrit par Jean-Pierre Martel


ALÉNA vs Accord de libre-échange canado-américain

Publié le 25 septembre 2017 | Temps de lecture : 1 minute
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Paru depuis :
La fin de l’ALENA ne serait pas catastrophique, dit une étude (2017-11-25)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La leçon d’Expo67

Publié le 22 septembre 2017 | Temps de lecture : 9 minutes

Une fois par semaine, j’avais pris l’habitude de passer la journée à l’Expo67.

Pour ce faire, je prenais l’autobus tôt le matin et je revenais le soir à Joliette par le dernier autobus. Quelques fois, l’ayant raté, je faisais de l’autostop et rentrais à la maison un peu avant minuit.

À part ce souvenir pris dans la cabine photographique Expo Service E, je n’ai conservé aucune photo de mes visites à l’expo.

Si la photographie argentique (c’est-à-dire sur film) n’avait pas été si dispendieuse, j’aurais probablement tout photographié tant mon émerveillement était grand.

Aux pavillons de la Russie et de la Tchécoslovaquie, la file d’attente était tellement longue qu’à chaque tentative, je remettais la visite à la prochaine fois dans l’espoir que l’achalandage y diminuerait avec le temps. En vain. Si bien que ce furent les deux seuls pavillons que je n’ai pas vus.

Dans tous les autres, j’ai vu tous les films (parfois à plus d’une reprise) et entendu tous les enregistrements. Il n’y a pas une seule ligne de texte en français que je n’ai pas lue.

Au papillon de la France, à toutes les dix minutes, on faisait jouer une œuvre de Xenakis, un compositeur de musique atonale qui me tombait sur les nerfs. J’en sortais exaspéré. C’était comme si on voulait éviter que les gens s’éternisent à visiter les lieux.

Aller à l’expo, c’était comme visiter le monde sans décalage horaire, sans transporter de lourds bagages, sans attente dans des aéroports et sans se fatiguer.

Au Québec, l’Expo67 changea radicalement les mentalités. Lointains et étranges, les autres pays devenaient soudainement familiers, beaux et amicaux.

Ce fut la plus grande exposition universelle tenue jusqu’à ce moment-là.

Elle fut l’œuvre de quelques Canadiens anglophones et d’une majorité de Francophones. C’était à l’époque où les femmes n’avaient pas encore pris la place qui est la leur aujourd’hui dans la sphère publique. C’était donc tous des hommes.

Quelques-uns d’entre eux étaient de grande expérience.

Il y a d’abord Pierre Dupuy, commissaire général. En d’autres mots, c’était le patron. Théoriquement.

Dans les faits, son rôle a été d’ordre diplomatique. Profitant de la bonne réputation internationale du Canada, ce diplomate de carrière recueillit l’adhésion d’un nombre record de pays participants, soit une soixantaine.

Il y a surtout le colonel Edward Churchill, directeur de l’aménagement, sans qui Expo67 n’aurait jamais été prêt à temps. En seulement trois ans — plus précisément du 20 juin 1964 au 28 avril 1967 — voici ce qu’il fallait faire :
• l’érection de 847 édifices,
• 82 km de routes ou de chemins piétonniers,
• 27 passerelles et ponts,
• 162 km de canalisations pour l’eau, le gaz, l’électricité et l’éclairage,
• 37 km d’égouts et de tuyaux d’écoulement,
• 84,5 km de conduits de communication,
• 88 500 km de fils et câbles de communication,
• des espaces de stationnement pour près de 25 000 véhicules,
• 14 950 arbres et 89 000 arbustes, plantes et bulbes,
• 0,8 km² de gazon,
• 256 piscines, fontaines et sculptures,
• des bancs pouvant assoir 6 200 personnes,
• 4 330 bacs à déchets et
• 6 150 lampadaires extérieurs.

À pester contre les entrepreneurs qui tentaient d’avoir plus de temps, à botter le derrière des employés qui se trainaient la patte, le colonel finit par faire un infarctus.

Le téléphone à la main, les yeux rivés sur le schéma du cheminement critique des travaux collé aux murs de sa chambre d’hôpital, le colonel a continué de diriger le chantier. Au grand désespoir de ses médecins qui lui recommandaient le repos.

Parmi les hommes d’expérience, il faut ajouter Édouard Fiset, architecte en chef, responsable de concevoir tous les pavillons thématiques.

À l’opposé, on trouvait Pierre Bourque. À 23 ans, celui-ci commandait une troupe de 700 personnes œuvrant à l’aménagement paysager.

Entre ces deux extrêmes, on trouvait une majorité d’hommes dans la vingtaine, la trentaine ou la quarantaine.

Voici leur âge en 1964, lors de leur entrée en fonction :
• Philippe de Gaspé Beaubien, directeur de l’exploitation (36 ans)
• Pierre de Bellefeuille, directeur des exposants (41 ans)
• Dale Rediker, directeur des finances (âge inconnu)
• Edward Churchill, directeur de l’aménagement (âge inconnu)
• Édouard Fiset, architecte en chef (54 ans)
• Moshe Safdie, étudiant à McGill dessine Habitat 67 (24 ans)
• Yves Jasmin, directeur de l’information (42 ans)
• Julien Hébert, designer du symbole graphique (47 ans)
• Georges Huelm, graphiste en chef (34 ans)
• Paul Arthur, responsable de la signalétique (40 ans)
• Michel Robichaud, styliste, responsable des uniformes (27 ans)
• Pierre Bourque, responsable de l’aménagement paysager (23 ans)
• Stéphane Venne, compositeur de la chanson-thème (23 ans)

De nos jours, il est rare qu’un projet d’une telle envergure soit confié à autant de jeunes dirigeants.

Pourquoi fut-ce le cas à l’Expo67 ?

Le 8 mars 1960, le Bureau international des Expositions accorde à la Russie la permission d’organiser une grande exposition universelle de catégorie A à Moscou.

La Russie voulait ainsi célébrer de manière éclatante le cinquantième anniversaire de la Révolution de 1917.

Mais bientôt on déchanta. Des critiques s’élevèrent contre le danger représenté par ces étrangers qui traverseraient le Rideau de fer, parmi eux de nombreux espions occidentaux, mêlés à des millions de visiteurs occidentaux qui — par leur tenue proprette et leurs accessoires dernier-cri — risqueraient d’exercer une mauvaise influence et corrompre l’esprit du prolétariat soviétique.

En 1962, coup de théâtre; Moscou se désiste.

Mais il est trop tard pour recommencer un nouveau concours. On se tourne aussitôt vers le Canada, qui avait perdu contre la Russie deux ans plus tôt.

Le Canada accepte.

Le premier ministre canadien, John Diefenbaker, offre d’abord au maire de Toronto la possibilité d’organiser l’exposition.

Celui-ci refuse puisque son administration est occupée à réaliser un vaste projet d’amélioration des infrastructures municipales. « Donnez-ça à Drapeau (le maire de Montréal) pour qu’il s’y casse la gueule » dit le maire de Toronto en plaisantant (à moitié).

Mais Drapeau accepte.

Une première administration est nommée. Des conflits avec la ville surgissent au sujet du choix du site.

Malgré son opposition, les contrats sont accordés en vue de la création de l’ile Notre-Dame et la fusion de l’ile Sainte-Hélène et l’ile Ronde (sur laquelle se trouve aujourd’hui le parc d’attractions La Ronde).

Ridiculisée, cette première administration démissionne au début de 1964. Il ne reste plus que trois ans.

Aux yeux de tous, l’exposition universelle de Montréal est en très sérieuse difficulté. Qui voudra prendre la relève ?

Lorsqu’on sollicite des personnalités connues pour prendre en charge l’évènement, ceux-ci hésitent. Leur carrière, jusque-là brillante, pourrait être entachée d’un échec cuisant dont tout le monde se rappellera pendant des années.

Alors les portes se ferment. Poliment.

En désespoir de cause, on se tourne vers des jeunes talentueux qui, moins par ambition que par insouciance, se lancent à l’aventure, totalement inconscients du piège qu’on leur tend.

Et ces jeunes décident de n’écouter personne et de faire les choses à leur manière.

Au lieu d’un long titre (ex.: Exposition universelle de Montréal de 1967), tel qu’attendu, ce sera Expo67.

Au lieu d’un symbole graphique qui rappelle les raisons pour lesquelles le Canada a obtenu cette exposition (le Centenaire du Dominion du Canada), ce sera un cercle formé d’êtres humains stylisés, deux par deux, sans aucune référence au Canada. Des couples d’êtres humains dont on ignore le sexe.

Pour éviter les pressions des pays en faveur d’une signalétique dans leur langue nationale, on crée des symboles graphiques dépourvus de texte descriptif, même pas dans les langues nationales du Canada.

Par leur audace et leurs provocations répétées, ces jeunes suscitent les critiques de toutes parts, particulièrement au Canada anglais. Si bien que leurs adversaires se réjouissent d’avance de leur échec anticipé.

Lorsque s’ouvrent les portes d’Expo67, la foule se presse aux guichets et se rue sur les pavillons. Au cours des six mois que durera l’exposition, quinze-millions de visiteurs et cinquante-millions d’entrées seront enregistrées. Le plus grand succès jusque là et probablement l’évènement le plus important de l’année… après la parution de l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles, évidemment.

Mais pourquoi n’a-t-on pas appris la leçon d’Expo67 ? Cette leçon est simple : faites confiance aux jeunes. La prudence étouffe. C’est l’audace qui délivre.

De nos jours, qui oserait confier un projet de 432 millions$ — ce qui vaut 3,1 milliards$ en dollars d’aujourd’hui — à des gens talentueux, mais qui ont si peu d’expérience ?

C’est à croire que la génération des Babyboumeurs — à qui les générations qui ont souffert de la guerre ont tellement fait confiance — a oublié de rendre la pareille à ceux qui l’ont suivie…

Références :
Exposition universelle de 1967
La construction d’Expo 67
La magie d’expo et son magicien en chef

Parus depuis :
Habitat 67, modèle d’une nouvelle génération d’appartements en Asie (2019-09-04)
Le déploiement d’Expo 67 au milieu du fleuve (2025-11-21)

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| Fait divers, Histoire | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Autodétermination et balkanisation du territoire

Publié le 21 septembre 2017 | Temps de lecture : 4 minutes

Cet après-midi à l’Assemblée nationale, Philippe Couillard a déclaré que le droit des peuples à l’autodétermination avait comme conséquence que si le Québec pouvait faire sécession du Canada, les peuples autochtones du Québec pouvaient également faire sécession d’un Québec indépendant, amputant le territoire québécois d’une superficie de 650 000 km².

S’il suffit d’être un peuple pour avoir droit à l’indépendance, on se demande bien pourquoi les peuples autochtones ne font pas sécession du Canada dès maintenant plutôt que de continuer à subir ses politiques génocidaires.

De plus, en suivant la logique de Philippe Couillard, le peuple francoQuébécois a-t-il le droit de tenir un référendum auquel ne participeraient que ceux qui appartiennent à ce peuple, à l’exclusion donc du peuple angloQuébécois et des peuples autochtones puisque l’indépendance du Québec ne les concerne pas ?

Dans sa rubrique consacrée au droit à l’autodétermination des peuples, Wikipédia écrit :

« D’un point de vue juridique, plusieurs principes encadrent la mise en œuvre du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le premier est l’Uti possidetis (principe de l’intégrité territoriale et de l’intangibilité des frontières), depuis longtemps consacré par le droit international.

…le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne peut être interprété comme autorisant ou encourageant une action, quelle qu’elle soit, qui démembrerait ou menacerait, totalement ou partiellement l’intégrité territoriale ou l’unité politique de tout État (qui deviendrait) souverain et indépendant.»

En somme, l’exercice du droit à l’autodétermination du Québec n’est pas une occasion de remettre en question l’intangibilité de ses frontières.

Les frontières du Québec ont été établies par une décision du Conseil privée de Londres en 1927.

Même si certains Québécois regrettent encore que le Labrador ait été attribué à la colonie de Terre-Neuve (devenue province canadienne en 1949), l’avantage de cette décision, c’est qu’elle fixe une fois pour toutes, et ce de manière précise, les frontières du territoire québécois.

Or aucun document juridique ne fixe les frontières de chacun des peuples autochtones du Québec ni le territoire du peuple angloQuébécois.

Au colloque organisé le 26 aout dernier par Option nationale, le constitutionnaliste André Binette confirmait que l’accession du Québec à l’indépendance ne serait pas le prétexte à un redécoupage de ses frontières, les angloQuébécois quittant le navire à l’ouest tandis que les Acadiens le rejoignant, s’ils le désirent, à l’est.

En dépit du principe non équivoque de l’autodétermination des peuples, ce qui fera l’indépendance, c’est la nation québécoise toute entière et rien d’autre.

Techniquement, la seule modification aux frontières du Québec, c’est l’ajout d’une zone maritime dans la baie d’Hudson.

Actuellement, la frontière du Québec est limitée à la rive (qui change selon les marées). Indépendant, le Québec gagnerait une zone maritime, conformément au droit international.

De plus, le Québec obtiendrait tous ses ports. Juridiquement, ceux-ci sont présentenent des territoires fédéraux, ce qui empêche le Québec de se doter d’une véritable stratégie maritime.

Il y a un prix à payer pour appartenir au Canada. Et dans le cas du Québec, le cout territorial, c’est l’amputation partielle de son territoire.

Donc, contrairement à ce que dit Philippe Couillard, le territoire québécois s’agrandira s’il accède à l’indépendance.

Références :
Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
Frontières du Québec
Référendum catalan: Couillard appelle les partis indépendantistes québécois à la prudence


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés au prix à payer pour l’appartenance au Canada, veuillez cliquer sur ceci

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| 2014-2018 (années Couillard), le prix du fédéralisme, Politique québécoise | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église Saint-Léon de Westmount

Publié le 20 septembre 2017 | Temps de lecture : 8 minutes
Vue extérieure

Historique

Construite originellement de 1901 à 1903 d’après les plans de l’architecte Georges-Alphonse Monette, l’église Saint-Léon-de-Westmount fut la première église destinée aux Catholiques domiciliés à l’ouest de l’agglomération montréalaise.

À l’origine, l’église servait de lieu de culte à la fois aux Francophones et aux Anglophones catholiques de la paroisse. Ces derniers se doteront de leur propre église, non loin, en 1926.

Pour l’archevêché de Montréal, placer cette nouvelle église sous le patronage de Léon Ier (dit le Grand), pape de 440 à 461, était une manière de défier publiquement le culte protestant, déjà très présent dans cette partie de l’ile, qui remet en cause l’autorité papale.

En forme de croix grecque, l’église originelle s’avéra rapidement trop petite. En triplant la longueur de sa nef, l’église adopta en 1920 sa forme définitive d’une croix latine.

Les travaux d’agrandissement furent confiés au même architecte.

Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

Extérieur

Façade de l’église

Alors que l’ancienne façade triangulaire était surmontée d’un clocheton, la nouvelle donne accès à un vestibule en saillie surmonté d’une balustrade (ce que n’avait pas l’église originelle).

À droite de ce vestibule (ou narthex), se dresse un campanile (il s’agit d’un clocher indépendant ou annexé au bâtiment principal d’une l’église).

Un motif en damier décore l’extérieur du narthex et du campanile. Ce motif est obtenu par l’alternance de pierres lisses et de pierres martelées.

Au toit du campanile, les quatre coins se prolongent de gargouilles (à peine visibles sur la première photo) qui servent, comme toute gargouille, à évacuer l’eau de pluie.

Les maitres-artisans

La décoration intérieure fut confiée en 1928 au peintre et verrier montréalais Guido Nincheri. Celui-ci était d’origine florentine. Pendant plus de trente ans, celui-ci s’affaira à cette église qui constitue son chef-d’œuvre.

Tout fut conçu par Nincheri. En plus de la conception, il peignit lui-même les fresques et son atelier montréalais réalisa les vitraux.

Le travail du bois — les stalles du chœur, la balustrade du jubé, les portes du narthex — fut confié au Montréalais d’origine florentine Alviero Marchi.

Le bronze — les portes des confessionnaux, celles de la balustrade du chœur, le chemin de croix — fut coulé à Florence à partir des moules exécutées à Montréal par Federico Sciortino.

Tout le marbre sculpté fut importé de Florence.

Le mobilier liturgique en marbre — les autels, la chaire, la balustrade du chœur et les confessionnaux — furent exécutés par L’Arte del Marmo (ou Atelier de marbre) de Florence.

Les statues en marbre furent sculptées par Pasquale Sgandurra, un confrère de Nincheri à l’Académie des Beaux-Arts de Florence.

La décoration intérieure

Intérieur de l’église

L’église est dite de style néoroman en raison de ses arches semi-circulaires et de son campanile, typique de certaines églises italiennes du VIe siècle. Elle a toutefois un ampleur que n’aurait pas une église du haut Moyen Âge.

À gauche du chœur, une porte étroite donne accès à la sacristie. Celle à droite donne accès à la chapelle des Mariages et au baptistère.

Le vaisseau central est surmonté d’une voute en berceau reposant sur les piliers qui délimitent des bas-cotés servant d’allées latérales.

Les murs sont nus alors que toute la voute est décorée de fresques peintes par Nincheri de 1933 à 1937.

Très rarement utilisé en Amérique du Nord, l’art de la fresque consiste à peindre directement sur le plâtre frais, plutôt que sur une toile qui est ensuite collée sur les parois.

Tout comme les stalles du chœur, les bancs sont en noyer du Honduras, une espèce végétale aujourd’hui disparue.

Les allées sont revêtues de marbre polychrome. Sous les bancs, le sol est en terrazzo.

Nef près de la rencontre avec le transept

Commandés en 1925, l’autel et la chaire furent les premiers éléments du nouveau décor. Ils furent installés en 1927.

L’autel est entouré de stalles que le Florentin Alviero Marchi, immigré à Montréal en 1935, s’affaira à sculpter pendant une décennie.

Située à gauche, dans le chœur, la chaire est le seul élément important qui brise la rigoureuse symétrie intérieure de l’église.

Installée en 1939, la balustrade du chœur (ou table de communion) est également en marbre. Elle est fermée par des portes en bronze.

Bras gauche du transept
Chapelle dans le bras gauche du transept

Les bras du transept sont peu profonds. Cela donne une idée de la faible capacité de l’église avant son agrandissement.

Au fond des bras du transept, au-dessus des vitraux, sont représentés des groupes d’anges. Juste en dessous des vitraux s’alignent les plaques en bronze du chemin de croix.

Le bas des murs est décoré depuis 1933 de lambris en mosaïque de Florence.

Dans les coins du transept, on trouve deux chapelles (du côté du chœur) et deux confessionnaux (du côté de l’entrée) en marbre blanc. Tous ces éléments sont surmontés de statues.

Les sculptures des chapelles représentent la Vierge (bras gauche du transept) et saint Joseph portant l’Enfant Jésus endormi (bras droit du transept).

Les sculptures au-dessus des confessionnaux représentent sainte Anne et saint Jean Baptiste. Chacune des portes en bronze qui clôt l’endroit où prend place le confesseur pèse 136 kg.

Voute de la croisée du transept

La fresque qui orne la croisée du transept représente Dieu, entouré des symboles des quatre évangélistes, de personnages religieux et d’anges.

De chaque côté, au centre du bandeau jaunâtre qui décore le début de chaque bras du transept, on remarquera les quatre chevaliers de l’Apocalypse, représentés deux par deux, et caractérisés par la couleur de leur monture.

Arrière de l’église

Quatre orgues se sont succédé à cette église. D’abord celui dont l’église s’était doté dès l’ouverture. Puis un Casavant de 16 jeux (de 1909 à 1942). Puis un autre, d’une quarantaine de jeux, de la maison Odilon Jacques, rapidement jugé insatisfaisant mais conservé quand même de 1942 à 1995. Finalement, un orgue de 32 jeux du facteur Guilbault-Thérien, de Mascouche.

En peuplier peint, le buffet de l’orgue a été dessiné par Alain Fournier.

Sorties

La balustrade du jubé est ornée de musiciens et de choristes.

Bénitiers

Arrivées en 1958, les bénitiers furent les derniers de la décoration de l’église.


Portes du narthex

Le narthex est séparé de la nef par des portes de bois.

Les portes latérales représentent les vices et les vertus (1re photo ci-dessus). Les portes centrales représentent saint Georges et trois archanges (Gabriel, Michel et Raphaël). La deuxième photo ci-dessus montre les archanges Gabriel et Michel.

Vitraux du côté gauche du narthex (Les archanges Michel et Gabriel)
Vitraux du bras droit du transept (Le péché originel)
Détail des vitraux du bras droit du transept
La Nativité
La Présentation de Jésus au temple
L’Enfance du Christ
Le Dimanche des Rameaux
Vitraux du bras gauche du transept (La Passion et la Résurrection)

Guido Nincheri créera les vitraux de l’église de 1930 jusqu’au milieu des années 1950. Ils sont parmi les plus remarquables vitraux au monde.

Conclusion

Véritable œuvre d’Art, l’église Saint-Léon-de-Westmount est une des plus belles églises de Montréal.

Ouverte à longueur d’année, cette église est située quelques rues à l’ouest de la station de métro Atwater.

Réputée pour son acoustique, cette église mérite le déplacement.

Références :
Église Saint-Léon de Westmount
Genèse de l’église Saint-Léon de Westmount

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 (3e, 4e et 7e photos), objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5e photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re et 8e photos), M.Zuiko 12 mm F/2,0 (2e, 12e et 13e photos), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (6e, 9e, 10e et 11e et 20e photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (15e, 16e, 17e, 18e et 19e photos)
  1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  2e  photo : 1/400 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 12 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 7 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
  7e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25
10e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
11e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
12e  photo : 1/80 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 12 mm
13e  photo : 1/125 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 12 mm
14e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
15e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
16e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
17e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
18e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 75 mm
19e  photo : 1/640 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
20e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Culture : la parade du ministre Fortin

Publié le 19 septembre 2017 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Lorsque vous achetez un bien sur l’internet, peu importe le pays où se trouve le vendeur, c’est au moment où vous acceptez son offre — en cliquant sur un bouton à l’écran de votre ordinateur — que la transaction s’effectue. En d’autres mots, cette vente est conclue au Canada.

Depuis des années, les entreprises qui vendent des produits culturels sur des supports physiques (CD, DVD) se plaignent qu’ils subissent la concurrence déloyale de ceux qui vendent les mêmes produits dans leur version dématérialisée (iTunes, Netflix, etc.)

Plus criante encore est l’injustice à l’égard des vendeurs canadiens (comme Club Illico et Tou.tv) qui offrent eux aussi la version dématérialisée et doivent facturer la taxe de vente, contrairement à leurs concurrents internationaux.

Depuis juillet dernier, l’Australie taxe les services en ligne.

La lettre du ministre Fortin

Samedi dernier, dans une lettre publiée dans Le Devoir, le ministre québécois de la Culture et des Communications pressait le gouvernement fédéral d’imposer une telle taxe.

Le Québec a le droit constitutionnel de taxer à sa guise les biens et services vendus à ses citoyens même lorsque le Fédéral ne le fait pas.

De plus, selon la Canadian Constitution, la culture est un domaine de compétence constitutionnelle exclusif des gouvernements provinciaux. Voilà pourquoi le gouvernement fédéral n’a pas, officiellement, de ministère de la Culture.

Toutefois, par son pouvoir de dépenser, le gouvernement fédéral fait indirectement ce qu’il ne peut pas faire directement.

La ministre du Patrimoine canadien, Mme Mélanie Joly

Par le biais d’organismes fédéraux comme Radio-Canada, l’Office national du film, Téléfilm Canada et le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement canadien exerce une influence considérable sur la création culturelle au pays. Ces organismes relèvent du ministère du ‘Patrimoine’ canadien (sic).

Moins le fédéral taxe la culture, moins il a les moyens d’envahir ce domaine de compétence provinciale.

Il est donc étonnant de voir le ministre québécois de la Culture supplier le fédéral de taxer ces produits culturels alors que la décision fédérale ne le regarde pas et ne l’empêche pas d’agir.

Ce que le ministre feint d’ignorer, c’est qu’il s’agit pour lui d’une occasion extraordinaire puisque si le fédéral refuse de taxer la vente de certains biens ou services, Québec peut taxer le double de sa propre taxe et empocher légalement la part fédérale et la sienne (c’est-à-dire la TPS + la TVQ).

Détourner l’attention

Étranger au milieu culturel, le ministre Fortin est néanmoins un des plus brillants ministres du gouvernement Couillard (ou un des ‘moins pires’, selon le point de vue).

Avocat et détenteur d’une maitrise en science politique, le ministre Fortin sait parfaitement que son gouvernement a les pleins pouvoirs pour agir seul.

S’il fait siennes les préoccupations du milieu culturel et vient pleurnicher publiquement contre le fédéral, c’est pour masquer le fait qu’il a les pieds et les mains liés par un Conseil des ministres pleutre, tétanisé face à la moindre difficulté, et incapable de s’imposer pour défendre ses droits et ses prérogatives.

Seulement auprès des abonnés québécois de Netflix, la taxe de vente québécoise rapporterait douze-millions$ annuellement, selon une étude de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques.

En la doublant afin de combler le vide fédéral, c’est une vingtaine de million$ que Québec pourrait empocher annuellement tout en corrigeant l’injustice faite à ces propres entreprises. Et ce, seulement pour Netflix.

Voilà des sommes qui pourraient aider à stimuler la création artistique québécoise.

Mais il ne le peut pas. Ses collègues réclament sans doute plus d’études, plus de comités, plus de consultations, etc.

Inconfortable au milieu de cette bande d’abrutis, le ministre essaie de détourner l’attention du public en laissant croire que le gouvernement fédéral est responsable de son impuissance alors que le véritable problème est la médiocrité de son gouvernement.

Ce qu’on doit réaliser, c’est que ce type de service en ligne, c’est l’avenir.

Si l’ALÉNA est modifié de manière à couvrir les produits culturels, il sera trop tard pour imposer une nouvelle taxe qui portera atteinte à la profitabilité des entreprises internationales visées par une ‘taxe Netflix’.

Le gouvernement Couillard ne soupçonne pas qu’un des enjeux secrets de la renégociation de l’ALÉNA, c’est de verrouiller l’avantage économique des distributeurs américains de contenu culturel afin d’assurer l’hégémonie de la culture américaine.

L’intérêt de la nation, c’est qu’il se grouille le derrière pendant qu’il en est encore temps.

Mais ce médiocre petit gouvernement provincial, est-il capable de voir plus loin que le bout de son nez ?

Références :
Le commerce électronique : l’Australie s’adapte à la nouvelle réalité
Les défis d’une «taxe Netflix»

Paru depuis :
Québec envisage de taxer Netflix seul (2017-09-22)
Lexique fiscal de la culture numérique (2017-09-23)
Politique culturelle canadienne: abdication ou équité? (2017-09-23)
Publicités sur Facebook et Google: le Canada privé de plus de 700 millions (2018-01-16)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8 — 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 75 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les boules multicolores du Village gai

Publié le 18 septembre 2017 | Temps de lecture : 1 minute
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Dimanche matin, en terminant la rédaction du texte au sujet de la rue Amherst, il m’est venu à l’idée de l’accompagner d’une photo d’une plaque au nom de cette rue.

En revenant vers le métro, j’ai emprunté la partie de la rue Sainte-Catherine qui traverse le quartier gai de Montréal.

Durant l’été depuis 2011, des boules roses y sont suspendues au-dessus de la chaussée.

Mais cette année, on a plutôt décidé d’utiliser les dix-huit nuances de l’arc-en-ciel du drapeau LGBT.

Grâce à une passerelle aérienne aménagée près de la rue Papineau, il est possible d’avoir cette vue à vol d’oiseau d’une partie du spectre de ces boules que montre la deuxième photo. La première a été prise du pont Jacques-Cartier.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 35 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La rue Amherst ou l’art masochiste d’honorer nos conquérants

Publié le 17 septembre 2017 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Introduction

Depuis 1817, une des rues nord-sud les plus importantes de Montréal porte le nom d’Amherst.

Cette semaine, le maire de Montréal a fait connaitre son intention de faire en sorte que cette rue soit renommée.

Rappel historique

Jeffery Amherst était l’ultime responsable des opérations militaires lors de la conquête anglaise de la Nouvelle-France.

En remontant le Saint-Laurent vers Québec, le général Wolfe fit détruire, en aout et septembre 1759, la moitié des villes et incendier la plupart des exploitations agricoles (plus de 4 000). Son supérieur, Amherst, était parfaitement au courant de ce qui se passait.

Amherst ne lui en avait pas spécifiquement donné l’ordre. Parce que tout cela était de la routine; c’était comme ça qu’opéraient les armées anglaises en temps de guerre.

Le révérend James Gibson, aumônier naval des forces britanniques, écrivait : « Je crains que la campagne militaire ne se solde par la ruine totale de ce pays. Nous avons brulé tous les champs de blé sur pied et toutes les maisons sur trente milles de chaque côté du fleuve, ce qui veut dire toutes les terres habitées jusqu’à Québec.»

Avant de prendre la ville d’assaut, Wolfe fit bombarder Québec durant deux mois et demi; les bombes incendiaires anglaises étaient dirigées spécifiquement contre la population civile de la Haute-Ville, plutôt que contre les batteries françaises de la Basse-Ville.

Après la chute de Québec et la reddition sans affrontement de Montréal, Amherst dut faire face à la révolte indienne du chef Pontiac.

Amherst donne alors l’ordre suivant : « Vous feriez bien d’infecter les Indiens au moyen de couvertures ayant servi à des vérolés ou de vous servir de tout autre moyen qui pourrait contribuer à exterminer cette race maudite.»

Même s’il est généralement admis que les armées britanniques ont utilisé l’arme bactériologique pour décimer les Autochtones, on ne possède pas de preuve que l’ordre d’Amherst, lui, a été exécuté. Ni de preuve à l’effet contraire.

Pourquoi nomme-t-on les rues ?

Certains opposants au changement du nom de la rue Amherst font valoir qu’assumer les épisodes douloureux de notre Histoire au lieu de les nier est un signe de maturité.

D’autres soulignent que si Amherst est un criminel de guerre selon nos critères d’aujourd’hui, on a tort d’appliquer rétroactivement nos valeurs morales pour juger les personnages du passé.

Ce qui nous amène à nous demander pourquoi on donne le nom de personnes célèbres à des rues, à des immeubles ou à des places publiques.

On n’honore jamais l’être humain. Que d’Iberville ait refusé de respecter les obligations de sa paternité, que Claude Jutras ait été pédophile, que Jean Talon ronflait au lit ou que Champlain ne se brossait pas les dents, tout cela n’a aucune importance.

En les nommant ainsi, on honore plutôt l’œuvre du personnage. Nous exprimons notre reconnaissance pour ce qu’ils ont fait de bien pour nous.

Voilà pourquoi il n’existe pas de rue Jeanne-d’Arc ni de rue Bonaparte à Londres. Mais il en existe à Paris. Et inversement, il y a une gare Waterloo à Londres, mais pas à Paris.

Cette commémoration sert également à affirmer fièrement : « Voilà comment des gens issus de cette nation peuvent être grands.» C’est implicitement un appel au dépassement pour chacun d’entre nous.

Par contre, qu’on oblitère les noms de nos conquérants (Amherst, Wolfe, etc.), cela est la moindre des choses pour tout peuple qui se respecte. Leur place est exclusivement dans nos manuels d’histoire, où leurs actions seront mises en perspective.

Références :
Jeffery Amherst
Bonne conscience à peu de frais
Jeffrey Amherst, 1st Baron Amherst
L’époque troublée du premier Irlandais au Canada
Le Régime britannique
Montréal veut reléguer Amherst aux oubliettes
Siège de Québec (1759)


Post-Scriptum : En juin 2019, la ville de Montréal a décidé de renommer la rue Amherst ‘rue Atataken’. Ce qui signifie Fraternité en mohawk.

Référence : La rue Amherst devient la rue Atateken (2019-06-21)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La sainte citation

Publié le 16 septembre 2017 | Temps de lecture : 3 minutes

Dans son éditorial intitulé La sainte prédominance, Michel David termine en déclarant qu’un délégué au récent congrès du Parti québécois se serait opposé à ce qu’un gouvernement péquiste soit trop bon puisque cela rendrait confortable notre soumission à l’ordre canadien et conséquemment, enlèverait des raisons de faire l’indépendance.

Il m’arrive d’être un peu nono, mais pas à ce point-là…

Dans le contexte de la discussion au sujet du premier paragraphe de la résolution 412 (au sujet d’Énergie Est), j’ai effectivement déclaré : « Je suis contre le fait que le PQ fasse croire qu’on peut avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.»

Que dit cette résolution ?

Utiliser tous les leviers légaux, règlementaires, judiciaires et politiques pour freiner le projet Énergie Est et tout autre projet de transport de pétrole produit ou raffiné hors Québec à des fins exclusives d’exportation par oléoduc, par navire ou par rail.

Tel qu’il a été adopté, ce paragraphe est un bluff qui laisse croire que le Québec aurait le moyen d’empêcher ou de nuire à la construction de ce pipeline.

Actuellement, le transport de pétrole au Québec — que ce soit par train, par pipeline ou par pétrolier — est un domaine de compétence constitutionnelle exclusif du gouvernement fédéral.

Si Trans-Canada décide d’aller de l’avant avec son projet, seule l’indépendance pourrait empêcher la construction d’Énergie Est.

À preuve : si le Québec était déjà indépendant, Trans-Canada exporterait son pétrole par la Baie d’Hudson.

Énergie Est constitue donc un argument en or pour convaincre ses opposants à devenir indépendantistes s’ils ne le sont pas déjà.

À mon avis, le PQ se tire dans le pied en faisant croire que nous pouvons avoir, dans ce cas, tous les avantages de l’indépendance sans avoir à la faire.

Voilà très précisément le sens de mon intervention au congrès.

Ceci étant dit, l’article 6.4.1 du programme du PQ avoue, à juste titre, que « c’est Ottawa qui décide et le Québec n’a essentiellement rien à dire». À l’opposé, la résolution 412 à laquelle je me suis opposé — et l’article 6.4 du programme qu’elle remplace — constituent un bluff au sujet de pouvoirs que le Québec n’a pas.

J’inviterais donc le Conseil exécutif national du PQ à corriger la contradiction entre le bluff de l’article 6.4 et l’aveu d’impuissance de l’article 6.4.1 du programme.

De plus, à défaut de pouvoir empêcher la construction d’Énergie Est, le PQ peut au moins s’engager à éviter de favoriser la construction de ce pipeline.

Or pour éviter de favoriser sa construction, il suffit d’abroger l’infâme loi 106 du gouvernement Couillard qui accorde le droit d’expropriation aux pétrolières. Un engagement qui n’apparait nulle part dans le programme du parti.

Le Conseil exécutif pourrait en profiter pour corriger cette lacune.

Références :
Le gouvernement Couillard accorde le droit d’expropriation aux pétrolières
Projet de loi 106 : le ministre Arcand doit démissionner

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Écrit par Jean-Pierre Martel