Lumière bleue et dégénérescence maculaire

Publié le 5 février 2018 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Dans les pays développés, la dégénérescence maculaire est la première cause de cécité chez les personnes âgées.

Plus de huit-millions d’Américains en sont affectés à des degrés divers. La maladie se manifeste chez 30% des personnes de plus de 75 ans et atteint des stades sévères chez 7,1% d’entre eux.

Chez les personnes dont la vue n’est que partiellement affectée, la qualité de la vie est amoindrie. Ce qui les rend sujets à la dépression.

Différents facteurs de risque sont associés à cette maladie :
• l’âge
• des facteurs génétiques (dont la race caucasienne)
• le tabagisme
• l’obésité
• la consommation élevée d’huiles végétales
• un faible apport alimentaire d’antioxydants et de zinc.

On retarde le développement de la maladie par des suppléments vitaminiques spécifiques, l’abandon du tabagisme et des modifications du régime alimentaire; davantage de légumes, de céréales de grains entiers, de poissons et de noix.

Nocivité de la lumière

Chez le rat, l’exposition à la lumière ambiante pendant cinq à sept jours cause de la dégénérescence maculaire.

Après dilatation pharmacologique de la pupille de l’œil, l’exposition à la lumière de 3 000 lux les rend aveugles après seulement un ou deux jours.

Précisons que le rat est un animal nocturne; il vit dans les greniers, les entresols, l’épaisseur des murs de nos maisons et dans les égouts. Pour cet animal, 3 000 lux est trois-mille fois plus intense que la lumière de la pleine lune. Pour nous, 3 000 lux n’est que le 1/40e d’une journée ensoleillée d’été.

Chez l’humain, il n’existe que des preuves épidémiologiques faibles selon lesquelles l’exposition à la lumière bleue causerait de la dégénérescence maculaire associée à l’âge.

Par contre, il est établi que la lumière — et particulièrement la lumière bleue — nuit à la sécrétion de la mélatonine et conséquemment, nuit à l’endormissement chez l’humain.

Exemple de ce qu’il faut éviter

Moyens de diminuer l’exposition à la lumière bleue

La quantité de lumière bleue émise par les écrans des appareils électroniques est considérablement plus élevée que celle émise par l’éclairage urbain et celle de nos écrans de télévision.

La raison est simple; il est rare que l’image projetée par une télévision soit blanche. Par contre, le texte que nous lisons à l’ordinateur est presque toujours sur fond blanc calibré à 6500°K.

Quant à l’éclairage urbain, ce sujet a déjà été discuté sur ce blogue.

Depuis le 1er mars 2017, la maquette de ce blogue a été modifiée de manière à ce que, de chaque côté de la page, l’arrière-fond soit gris foncé plutôt que gris pâle (comme ce fut le cas pendant des années), afin de réduire l’exposition des lecteurs à la lumière bleue.

Les lunettes filtrantes

Diverses compagnies offrent des lunettes qui filtrent la lumière bleue. Celles qui sont jaunes sont beaucoup moins efficaces que celles qui sont orange.

Parmi ces dernières, les lunettes Uvex Skyper™ S1933X d’Honeywell offrent un excellent rapport prix/qualité. Elles bloquent 98% de la lumière bleue.

Télescopiques, les jambes de leur monture permettent l’ajustement à la tête de l’utilisateur. Toutefois, même à leur longueur maximale, ces jambes sont parfois un peu trop courtes lorsque les lunettes filtrantes sont portées par-dessus des lunettes de lecture.

La version de Firefox pour ardoise électronique

Parmi les logiciels qui permettent de naviguer sur l’Internet, Firefox est le seul, pour l’instant, qui offre un mode de navigation nocturne.

Ce mode n’est pas disponible dans la version pour ordinateur, mais l’est dans la version pour iOS (en somme, pour iPad™ et iPhone™).

On y accède dans le coin supérieur droit de l’interface (les trois traits horizontaux).

Le texte s’affiche en négatif (blanc sur fond noir) et les photos sont légèrement assombries.

Le navigateur Chrome pour ordinateur

Parmi les extensions de Chrome, Mata transforme le texte noir sur fond blanc en texte gris pâle sur fond noir. Il n’affecte pas l’aspect des photos.

Une fois l’extension installée, il suffit de cliquer l’outil de Mata (le symbole d’un œil, situé près du coin supérieur droit de l’interface) pour passer en mode nocturne ou en sortir.

Le Night Shift de l’iOS

Sur les ardoises d’Apple et ses téléphones multifonctionnels, il est possible d’établir un mode nocturne ‘léger’ qui entrera automatiquement en vigueur au cours de la période déterminée par l’usager (par défaut, de 22h à 7h).

On y accède dans les Réglages, à l’item Affichage et luminosité.

Ce mode diminue la température de la lumière émise par l’écran, ce qui teinte en jaune autant le texte que les photos affichées.

Par le biais du système d’exploitation

Sur un ordinateur Macintosh doté de la version 10.12.4 (ou plus récente) du système d’exploitation Sierra, on planifie le mode nocturne à Préférences système… > Moniteurs > Night Shift.

En plus de ce qu’offre le Night Shift de l’iOS, on peut décider de l’importance de réduction de lumière bleue émise par l’écran.

Sous la version 10 de Windows™, la même chose existe.

On planifie le mode nocturne par le bouton Démarrer > Paramètres > Système > Affichage > Éclairage nocturne > Paramètres d’éclairage nocturne.

Conclusion

Il n’existe pas de preuve formelle que la lumière bleue provoque la dégénérescence maculaire chez l’humain.

Toutefois le consensus médical est qu’il est plus prudent de réduire l’exposition intense à la lumière bleue, notamment celle émise par les écrans d’appareils électroniques.

D’autant plus que la consultation nocturne de ces écrans se fait souvent lorsque la lumière ambiante est basse et conséquemment, que la pupille dilatée. Ce qui laisse entrer une quantité plus élevée de lumière vers la rétine de l’œil.

Déjà, depuis des années, les lentilles utilisées pour remplacer le cristallin des personnes atteintes de cataractes filtrent les rayons ultraviolets et la lumière bleue.

De plus, aussi souhaitable que soit la diminution de l’exposition à la lumière bleue avant la mise au lit, on doit savoir qu’une hygiène du sommeil ne dépend pas que de cela.

La personne stressée qui s’empresse de terminer un travail immédiatement avant la mise au lit aura des problèmes d’endormissement malgré l’activation du mode nocturne sur son ordinateur ou son ardoise électronique.

Donc rien ne remplace de bonnes habitudes de vie.

Références :
L’éclairage urbain à DEL
Les ampoules DEL dangereuses pour les yeux?
The potential of outdoor lighting for stimulating the human circadian system

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm R — 1/30 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 36

Publié le 1 février 2018 | Temps de lecture : 3 minutes

Avec ses trois millions d’habitants répartis sur un territoire de 1,5 million de km² (soit en moyenne 2 habitants/km²), la Mongolie est le pays le moins densément peuplé.

Référence : Mataillet D. Le monde d’aujourd’hui. La Revue 2017; no 69: 160.


 
En 2010, la plateforme pétrolière Deepwater Horizon forait le puits le plus profond jamais creusé en mer. Son explosion entraina la mort de onze personnes et la plus importante marée noire de l’histoire américaine.

780 millions de litres de pétrole ont été répandus, soit cent fois plus qu’à Lac-Mégantic.

Au quatrième trimestre de 2017, la British Petrolium a réglé les derniers milliers de demandes de compensation parmi les 390 000 qui lui ont été présentées.

Au total, les personnes et entreprises lésées auront reçu 65 milliards$ de la pétrolière.

Références :
BP’s Deepwater Horizon bill tops $65bn
Deepwater Horizon


 
En raison d’un taux de natalité très faible et d’une politique migratoire restrictive, le quart des Japonais sont retraités. 10,5 millions d’entre eux ont plus de 80 ans et 65 000 sont centenaires.

Référence : Mataillet D. Le monde d’aujourd’hui. La Revue 2017; no 69: 160.


 
Donald Trump a dernièrement accordé à l’avionneur Boeing un contrat de vingt-quatre-millions $US en vue de remplacer les réfrigérateurs à bord des deux avions présidentiels.

Le président américain étant doté d’un assez bon appétit, ces réfrigérateurs doivent être capables d’offrir trois-mille repas en vol aux 80 passagers.

Références :
Donald Trump’s refrigerator upgrade for Air Force One set to cost $24m
Air Force One


 
Selon une étude de l’OCDE réalisée en Europe, il faut en moyenne vingt ans aux réfugiés pour atteindre le même niveau d’emploi que les personnes nées dans leur pays d’accueil.

Référence : Cambou P. Le cas suédois. La Revue 2017; no 69: 116.


 
Quacquarelli Symonds est une entreprise britannique qui publie un classement annuel des 800 meilleures universités à travers le monde.

Depuis 2014, elle publie également un palmarès des meilleures villes étudiantes. Au cours de trois premières années, Montréal gravit les échelons, passant de la 9e à la 7e place.

Mais en 2017, Montréal délogea Paris à la première position, une place que la Ville lumière occupait jusque là.

De nos jours, Montréal attire environ trente-mille étudiants universitaires étrangers.

Références :
Classement mondial des universités QS
Quacquarelli Symonds


 
Après l’anglais, le français est la deuxième langue la plus populaire en Europe. 17 millions de jeunes Européens apprennent l’anglais, cinq-millions le français, trois-millions l’allemand et deux-millions l’espagnol.

Référence : Mataillet D. Le monde d’aujourd’hui. La Revue 2017; no 69: 160.


 
Selon le recensement de 2016, le Québec a franchi le cap de huit-millions de citoyens, soit 8 164 361 personnes, dont la moitié — 4 053 360 — dans la région métropolitaine.

Référence : Québec


 
Avec plus d’un million de chambres sous différentes bannières, le groupe hôtelier Marriott est le plus important au monde.

Référence : Mataillet D. Le monde d’aujourd’hui. La Revue 2017; no 69: 160.


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois orchidées récentes

Publié le 31 janvier 2018 | Temps de lecture : 1 minute
Cyrtochilum macranthum
Prosthechea fragrans
x Brassanthe Maikai ‘Mayumi’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/640 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La disparition de l’Empire aztèque

Publié le 28 janvier 2018 | Temps de lecture : 2 minutes


 
En 1519, lorsque l’Espagne entame la conquête de l’Empire aztèque, celui-ci est peuplé de vingt-deux millions d’habitants.

Huit décennies plus tard, il n’en compte que deux, soit une chute démographique de 90 %.

La première cause était connue. Quelques années après le début de la conquête, une épidémie de varicelle tua cinq à huit millions de personnes.

De 1545 à 1560, une deuxième épidémie, différente de la première, décima quinze millions d’Aztèques. Le décès survenait trois ou quatre jours après le début des symptômes.

Celle-ci fut l’une des trois épidémies les plus meurtrières qui décimèrent ce peuple après l’arrivée des Européens.

Or, justement, entre 1545 et 1576, le climat anormalement pluvieux favorisa l’explosion des populations de rats, vecteurs probables de la deuxième épidémie.

La troisième fut une réapparition de la deuxième, de 1576 à 1578. Elle tua la moitié des survivants.

Pendant longtemps, la nature exacte des deux dernières grandes épidémies demeura incertaine.

Effectuée à partir de l’ADN prélevé de la pulpe dentaire de 29 squelettes exhumés d’un cimetière aztèque, une étude publiée le 15 janvier 2018 a en finalement révélé la responsable; la Salmonella enterica du sérotype Parathyphi C, une bactérie apparentée à celles qui causent le choléra et la fièvre thyphoïde.

Références :
500 years later, scientists discover what probably killed the Aztecs
La fièvre typhoïde, fléau des Amériques ?
Mexique

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois orchidées blanches

Publié le 26 janvier 2018 | Temps de lecture : 1 minute
Paphiopedilum F.C.Puddle FCC/RHS
Rhyncholaelia glauca
Amesiella philippinensis

Sur les 30 000 espèces d’orchidées connues dans le monde réparties en 750 genres, le Jardin botanique en possède 4 000 espèces issues de 276 genres.

Cette collection comprend des espèces indigènes qui poussent dans le Jardin du sous-bois et d’autres, importées, que le Jardin botanique présente en rotation dans une de ses serres, conçue à cette fin.

En voici trois, à peu près blanches, de trois genres différents, photographiées plus tôt cette semaine.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Syrie : Le baiser de Judas

Publié le 25 janvier 2018 | Temps de lecture : 5 minutes

Un Kurdistan improbable

Démographiquement, les Kurdes constituent le peuple le plus important au monde qui n’ait pas son propre pays. Ce peuple parle le kurde et non l’arabe. Ils sont plus de quarante-millions de personnes dispersées sur un vaste territoire qui chevauche quatre pays.

Mais comme les Catalans en font l’expérience, il ne suffit pas d’avoir droit à un pays pour pouvoir le créer officiellement.

Kurdistan
 
Malheureusement pour les Kurdes, aucun pays ne veut d’un Kurdistan indépendant. Pour ce faire, l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Turquie devraient être démantelés. Or quel allié de l’un d’eux peut se permettre le luxe d’en faire un ennemi ?

La guerre en Syrie s’est accompagnée d’une épuration ethnique. Les combattants kurdes, alliés des États-Unis, ont concentré la population kurde de Syrie dans une bande presque continue au sud de la Turquie (ce que ne reflète pas la carte ci-dessus).

Mais ces combattants, appelés Peshmergas, ont également conquis dans ce pays de vastes territoires occupés par des Arabes. Ces derniers les perçoivent de plus en plus comme des envahisseurs.

Une Turquie belliqueuse

Depuis des décennies, la Turquie opère un lent génocide contre ses ressortissants kurdes.

Les Pechmergas syriens et irakiens, sympathiques à la cause des leurs persécutés en Turquie, sont une menace aux yeux de la Turquie.

Le 14 janvier dernier, en annonçant la création d’une armée de trente-mille hommes dans le Kurdistan syrien, les États-Unis provoquaient la colère de la Turquie et lui fournissaient le prétexte pour déclencher une opération de nettoyage au sud de sa frontière.

Cette opération vise à dégager une zone tampon au sud de la frontière turque. Une zone tampon qu’Erdoğan souhaite créer depuis des années.

En affaiblissant les Peshmergas par ses bombardements, la Turquie veut également permettre aux milices islamistes qu’elle supporte de reconquérir les territoires sunnites actuellement aux mains des milices kurdes.

Les États-Unis insouciants

Quant à la réaction américaine, elle a consisté à demander à la Turquie de faire preuve de retenue. En langage diplomatique, cela signifie : « Allez-y. Tuez des Peshmergas tant que vous voulez. On n’a plus besoin d’eux; l’État islamique est vaincu.»

Malheureusement, les États-Unis n’ont pas compris que le terrorisme est un bizness. Tant que l’argent coule, la plus minuscule milice islamiste en Syrie peut devenir un autre Al-Qaida ou un autre Daech et créer un nouveau califat sur les ruines fumantes de celui de Daech.

La Tony Blair Faith Foundation n’a-t-elle pas démontré qu’entre le tiers et la moitié des rebelles en Syrie souhaitent commettre des attentats en Occident ?

En ce début de reconquête, les supplétifs à qui la Turquie fait parvenir des armes et des munitions en Syrie sont essentiellement des milices d’Al-Qaida. C’est donc cette organisation terroriste qui devrait reprendre de la vigueur pour l’instant dans ce pays.

Poutine, maitre du jeu en Syrie

La Russie est le seul pays qui entretient des relations avec tous les belligérants et qui a quelque chose à donner si on est gentil avec elle.

La Russie contrôle l’espace aérien syrien. En laissant le champ libre à la Turquie, la Russie veut prouver que les États-Unis abandonnent toujours leurs alliés (sauf Israël et l’Arabie saoudite).

Les Américains ont abandonné le chah d’Iran, les Chiites qui se sont soulevés contre Saddam Hussein à l’appel des États-Unis, Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Égypte, le Qatar boycotté par ses voisins, et maintenant les Kurdes (qui n’en sont pas vraiment surpris).

Le message de Moscou est le suivant : nous, Russes, sommes fidèles à nos amis. Voyez Bachar el-Assad en Syrie. Voyez la minorité russe d’Ukraine.

En réalité, la Russie a laissé tomber Saddam Hussein en Irak et Kadhafi en Libye. Mais elle a pris de bonnes résolutions depuis.

Et voilà Erdoğan, aveuglé par son animosité envers les Kurdes, qui contribue involontairement à un exercice de propagande russe. Tout le Kremlin doit se tordre de rire.

Conclusion

L’annonce de la création d’une force militaire au sud de la Turquie, c’est le baiser de Judas de l’administration Trump aux Kurdes. C’est une preuve supplémentaire de son inaptitude à comprendre la complexité des grands enjeux internationaux.

C’est également la relance d’un conflit que les États-Unis ont fait trainer en longueur pendant des années afin de vendre des armes aux pays voisins inquiets.

Références :
Ankara accuse Washington de vouloir créer une armée de « terroristes » kurdes en Syrie
Le radicalisme des rebelles syriens
Syrie: discorde américano-turque après un entretien Trump-Erdogan
Turkey to extend Syria campaign to Kurdish-controlled Manbij
Turquie vs Kurdes vs État islamique

Parus depuis :
Syrie : les motifs et les enjeux de la bataille d’Afrin (2018-02-21)
Le Moyen-Orient, point fort de la stratégie diplomatique de Vladimir Poutine (2018-03-17)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La huitième édition de Luminothérapie

Publié le 24 janvier 2018 | Temps de lecture : 1 minute
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Il ne reste plus que quelques jours pour profiter de l’édition 2017-2018 de Luminothérapie.

Sous le nom d’Impulsion, l’évènement prend cette année la forme de trente bascules musicales et lumineuses disposées parallèlement à la Place des Festivals.

Conçues par Lateral Office de Toronto et CS Design de Montréal, les bascules ont été fabriquées par la firme montréalaise Generique Design, bien familière avec l’évènement annuel.

Les bascules émettent aléatoirement quatre ou cinq timbres sonores. Les balançoires longues jouent les sons les plus graves tandis que les balançoires plus courtes jouent les plus aigus.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Lac-Mégantic : dans l’attente de la sanction des vrais responsables

Publié le 23 janvier 2018 | Temps de lecture : 5 minutes


 
À l’issue de leur procès, trois employés de MMA ont été reconnus non coupables des accusations qui pesaient contre eux. Rappelons que la MMA est cette compagnie ferroviaire responsable de la catastrophe de Lac-Mégantic qui a couté la vie à 47 personnes.

On se demande pourquoi un tel procès a eu lieu.

Il portait sur des accusations de négligence criminelle. Or pour prouver cela, il faut que les gestes des accusés démontrent une insouciante déréglée ou téméraire (en d’autres mots, excessive ou dangereuse) face à la vie ou la sécurité d’autres personnes. En somme, il faut prouver qu’ils l’ont fait exprès.

Dans le cas du conducteur du train, l’enquête a prouvé qu’il n’avait appliqué que sept freins au lieu de neuf stipulés par les procédures de la MMA pour un convoi de 70 à 79 wagons-citernes et locomotive.

Toutefois, même si le conducteur avait respecté scrupuleusement les directives de la compagnie, les tests réalisés par le Bureau de la sécurité des transports ont révélé qu’il aurait fallu en serrer plus d’une vingtaine pour retenir le train en place.

En effet, afin de minimiser ses frais d’exploitation, la MMA négligeait de remplacer les freins atteints de corrosion (ce qui était le cas de la majorité d’entre eux).

Parce que la compagnie économisait même sur le lubrifiant, la minorité de freins manuels qui fonctionnent correctement n’étaient pas suffisamment lubrifiés. Conséquemment, il était extrêmement difficile de les appliquer.

Les autorités américaines ont imposé 146 950$ d’amendes à la MMA depuis sa création en 2002. Jugée non fiable en raison de ses nombreux manquements à la sécurité, la MMA n’a jamais été autorisée aux États-Unis à faire circuler ses trains avec un seul employé à bord.

Au Canada, aucune amende n’a été payée par la MMA puisque la politique de dérèglementation du transport ferroviaire du gouvernement fédéral reposait (aveuglément) sur l’autodiscipline des transporteurs. Les trains de la MMA pouvaient donc circuler avec un seul employé à bord.

Après une journée d’enfer à rouler sur un réseau ferroviaire en ruine, le conducteur s’est arrêté finalement vers 23h à Nantes où il a dû appeler les pompiers parce que sa locomotive avait pris en feu. Cet incendie spontané résultait d’un défaut d’alimentation en carburant, défaut rafistolé maladroitement par la compagnie.

Laissé seul cette nuit-là comme le prévoyaient les procédures de la compagnie, le train s’est mis en marche et a ensuite dévalé à toute vitesse la pente jusqu’à Lac-Mégantic où il a déraillé dans une courbe au centre-ville.

La question fondamentale à laquelle le jury devait répondre est la suivante : le conducteur n’a appliqué que sept freins, mais le savait-il vraiment ? Épuisé, avec personne pour l’aider, a-t-il réalisé qu’il appliquait un nombre insuffisant de freins ?

Après neuf jours de délibération, le jury en est arrivé à la conclusion que les trois employés de la MMA ne pouvaient pas être tenus criminellement responsables de la catastrophe. Ni le conducteur et encore moins les autres.

En réalité, appliquer sept ou neuf freins, cela n’aurait rien changé à l’issue dramatique. D’où la futilité de ce procès. Espérons que ce jugement ne sera pas porté en appel.

Puisque qu’aucune poursuite criminelle n’est intentée contre le ministère fédéral des Transports — secondairement responsable de cette catastrophe en raison son laxisme — il ne reste plus qu’à attendre les poursuites contre les dirigeants de la MMA pour que justice soit faite.

Références :
Lac-Mégantic : camouflage de la vérité derrière l’échec de la réglementation
Lac-Mégantic: le jury blanchit les trois accusés
Procès Lac-Mégantic : les trois accusés blanchis par le jury
Tragédie de Lac-Mégantic: les mauvais coupables
Tragédie à Lac-Mégantic – Quand cesseront-ils de se renvoyer la balle ?

Sur le même sujet, sur ce blogue :
La sécurité du transport ferroviaire (2013-07-09)
La responsabilité du gouvernement Harper dans la cinquantaine de décès au Lac-Mégantic (2013-07-11)
Lac-Mégantic : les calculs du gouvernement Harper (2013-07-24)
Pour une réforme complète des chemins de fer canadiens (2013-07-26)
La lourde responsabilité du gouvernement Harper dans la catastrophe de Lac-Mégantic (2013-07-30)
Plaidoyer pour la saisie des actifs de la MMA (2013-07-31)
Lac-Mégantic : le silence étrange du sénateur Boisvenu (2013-08-03)
Les déraillements ferroviaires et la roulette russe du gouvernement Harper (2014-01-20)
La faillite de la dérèglementation ferroviaire du gouvernement fédéral (2014-08-20)
Conduire un train de la MMA : bienvenue en enfer (2014-08-29)
Le mépris du Canadien Pacifique (2014-10-04)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les mille pannes annuelles du métro de Montréal

Publié le 21 janvier 2018 | Temps de lecture : 5 minutes
Exemple de panne dans le métro de Montréal

Se basant sur une étude londonienne, la Société des transports de Montréal (STM) estime qu’elle fait mieux que la moyenne au chapitre des interruptions de service. Conséquemment, elle n’a aucun plan de réduction des pannes. Aucun objectif. Aucune cible.

Ainsi, Montréal se compare avantageusement au métro de Londres, inauguré en 1863, au vieux métro sale de New York, inauguré en 1904, et à différents métros dont les dates d’inauguration ne sont pas précisées.

J’ai eu l’occasion de prendre des vacances de trois semaines dans chacune des villes suivantes sans être affecté par une seule panne : Barcelone, Berlin, Lisbonne, Paris, Porto, Prague, Shanghai et Vienne.

Si la seule ambition des dirigeants de la STM est de faire mieux que différents métros vétustes à travers le mode, permettez-moi de dire qu’elle manque d’ambition.

Depuis des années, il y a environ mille pannes dans le métro de Montréal, soit une moyenne de trois par jour. Les interruptions de plus d’une heure ont augmenté de 52% en 2016. Les pannes de plus de cinq minutes ont augmenté de 31% en 2017.

La STM est toujours empressée de fournir des statistiques pour se justifier. Par exemple, on nous dira que 86% des usagers sont satisfaits du service.

À ce sujet, allez dans n’importe quel restaurant insalubre et vous verrez que plus de 86% des clients en sont satisfaits; ceux qui ne le sont pas mangent ailleurs.

La STM n’a jamais estimé le cout économique des pannes pour les usagers. Combien de millions d’heures-personnes perdues ? Combien de frais de taxi ? Bref, combien de millions$ de pertes économiques ? On ne sait pas.

Puisque tout se mesure, pourquoi n’est-elle pas capable de le dire ? Parce qu’il serait compromettant pour elle de le savoir. Alors elle s’abstient de le déterminer.

C’est plus simple de blâmer les usagers qui se suicident ou qui descendent imprudemment pour récupérer des objets échappés sur la voie. Ce sont eux les responsables, selon la STM.

Métro de Shanghai

À Paris et à Shanghai, on a choisi de dresser une paroi transparente entre les utilisateurs et les voies. Des portes ne s’ouvrent qu’au moment où un train est en gare. Pas de suicide. Pas de téléphone échappé sur la voie.

Avec de telles cloisons, on éliminerait les plus longues pannes montréalaises.

Plutôt que de dresser de telles cloisons — trop dispendieuses selon la STM — celle-ci se propose de climatiser tous les wagons du métro, ce qui coutera des millions de dollars.

La Havane n’a pas de métro. Mais elle a des autobus. Et pour lutter contre la chaleur tropicale, on utilise un moyen qui ne détruit pas la couche d’ozone, qui ne crée pas de gaz à effet de serre, qui est parfaitement écologique et qui ne coute presque rien : ce sont des éventails de papier. Ceux qui ont chaud s’en servent, mais pas les autres.

À défaut de données à ce sujet, je présume que les arrêts de service à Montréal causés par des tentatives de suicide doivent être plus nombreux que ceux causés par des coups de chaleur puisque nous habitons un pays où on gèle onze mois par année.

J’invite donc la STM à se demander si des cloisons qui sauvent des vies devraient avoir préséance sur des climatiseurs.

Une fois que les ambulanciers ont déplacé une personne vers les quais — elle est rarement traitée sur les voies — je ne vois pas ce qui empêcherait la ligne de métro de fonctionner; il suffit de ne pas faire d’arrêt à la station durant l’intervention.

Finalement, pour ce qui est de ceux qui tombent malades dans les wagons, combien y en a-t-il par année ?

Bref, si on veut que les Montréalais abandonnent l’auto pour le transport en commun, il faudra augmenter sa fiabilité.

Pour ce faire, il serait temps que les nouveaux dirigeants de la ville obligent la STM à se doter d’une politique de réduction des pannes plutôt que de se satisfaire de la médiocrité du service qu’elle donne présentement.

Références :
La navette du 747 : un service pourri
Métro de Montréal : les statistiques de la désinformation
Refonte majeure du réseau d’autobus de la STM

Parus depuis :
La STM alertée 25 fois par jour pour des escaliers roulants bloqués (2018-06-01)
Interruptions de service dans le métro : Retour aux niveaux prépandémiques (2024-06-29)
102 interruptions d’au moins une demi-heure: l’année 2024 fut pénible pour les usagers du métro (2025-01-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La crise du Beaufort

Publié le 18 janvier 2018 | Temps de lecture : 4 minutes
Tranche de Beaufort

L’hebdomadaire anglophone The Local se décline en différentes éditions nationales. Le rédacteur en chef de l’édition parisienne est le Britannique Ben McParland.

Cinq jours avant Noël, ce dernier se rend dans une fromagerie. Son fromager attitré étant absent cette semaine-là, le Britannique va dans un commerce parisien qu’il ne connait pas.

Au propriétaire qui le sert, le journaliste déclare qu’il vient acheter du fromage pour se faire une fondue. Mais il a sa propre recette, faite à partir de trois fromages.

Intrigué, le patron écoute.

Le premier est le Comté, un fromage au lait cru de vache, à pâte pressée cuite. On le qualifie ainsi parce que son caillé est pressé au moment du moulage et qu’il est chauffé au moment du tranchage.

Le second ingrédient de la recette de M. McParland est l’Appenzel, un fromage suisse au gout prononcé, également à pâte pressée cuite.

Alors que le fromager s’apprête à lui trancher son troisième fromage, il apprend que c’est du Beaufort. Affiné pendant quelques mois, le Beaufort est couramment utilisé pour faire de la fondue savoyarde.

Malheureusement, le seul Beaufort du fromager est millésimé de l’été 2015.

C’est trop bon pour de la fondue, lui dit-il.

Qu’à cela ne tienne, ce fromage vieilli n’en sera que plus gouteux pense le rédacteur en chef.

Donnez-m’en 200 grammes, s’il vous plait.

Le fromager insiste :
Ça me ferait mal au cœur de savoir qu’un tel fromage finisse ses jours en fondue.

Faisant fi des réticences du fromager, le journaliste hausse sa commande à 400 grammes, un changement perçu comme un affront par le commerçant.

Conservant son calme, il essaie de dissuader son client en lui précisant qu’à 39 euros (60$) du kilo, c’est très cher pour de la fondue.

Mais le rédacteur (qui avait déjà vu le prix, bien en évidence) lui dit qu’il en a les moyens.

Ce fromage savoyard, le fromager l’a fait vieillir dans ses caves pendant deux ans et il est inconcevable qu’il finisse ses jours fondu sur des croutons comme du vulgaire emmental.

Vous avez vraiment l’intention de mettre ça dans votre fondue ? lui demande le commerçant qui commence à sentir la moutarde lui monter au nez.
Euh… oui.
C’est hors de question !
Comment ça, hors de question ?

Après quinze minutes de palabres, le journaliste pourra acheter ce Beaufort 2015 s’il promet de ne pas s’en servir dans sa fondue.

Comme troisième fromage, le journaliste choisira plutôt l’Abondance, un fromage au lait cru de vache, à pâte ferme pressée cuite.

Mais à bien y penser, il va quand même pendre un petit 200 grammes de Beaufort, à part.

Par-dessus ses lunettes, le fromager lui jette un regard suspicieux; si le journaliste pense qu’il peut se moquer de lui, il se trompe.

Lui tendant un morceau de papier et un stylo, il accepte de lui en vendre à la condition que le journaliste s’engage par écrit à ne pas le gratiner ni le faire fondre.

Quelques jours plus tard, le journaliste publie dans The Local le récit de sa mésaventure et proteste sur son compte Twitter qu’en France, le client n’ait pas toujours raison.

Mais voilà qu’une bonne partie de ses lecteurs prennent le parti de son fromager. L’affaire prend des proportions internationales quand l’ambassadeur de France en Suède écrit à ce sujet (sans vraiment prendre position, évidemment).

Depuis, la nouvelle a été reprise par différents quotidiens, dont Le Monde et The Telegraph.

En signe d’apaisement, le journaliste a finalement publié sur son compte Twitter un message remerciant ce fromager et reconnaissant que le Beaufort 2015 était vachement bon (‘bloody good’).

Le message est accompagné d’une photo du Beaufort servi sur des craquelins de blé entier, accompagné d’une bière — non pas anglaise (c’eut été de la provocation) — mais portugaise.

Tout est donc bien qui finit bien…

Références :
Abondance (fromage)
Appenzeller
Beaufort (fromage)
Comté (fromage)
Du refus de se faire servir un bout de Beaufort par un fromager au « fonduegate »
Fonduegate and why the customer is not always right in France
« Fonduegate » sparks row of international proportions
Fondue savoyarde

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel