L’arrondissement d’Alcântara, à Lisbonne

Publié le 14 mars 2019 | Temps de lecture : 6 minutes
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Sur la carte ci-contre, un anneau bleu se trouve discrètement près du coin supérieur droit de l’image.

Il marque l’endroit où les Romains avaient construit un pont de pierre (aujourd’hui disparu) qui, pendant des siècles, enjambait un ruisseau.

À la conquête arabe, cet ouvrage jouissait d’une telle notoriété qu’il suffisait de l’appeler ‘le pont’ (al Qantara en arabe) pour le désigner.

À la reconquête catholique, on se servit du mot ‘Alcântara’ pour nommer le ruisseau enjambé par ce point. Depuis la Révolution portugaise, il désigne une paroisse civique devenue arrondissement en 2012.

Cet arrondissement occupe une bande de terrain d’un kilomètre de large le long du Tage sur 2,7 kilomètres de profondeur, recouverte d’un boisé au nord.

Cette partie boisée est une section l’immense parc Forestier Monsanto — le poumon vert de la capitale — dont les 10 km² chevauchent sept des 24 arrondissements de la ville.

La carte ci-dessus ne montre que la partie la plus au sud de l’arrondissement, là où se concentrent ses quatorze-mille citoyens.

Nous y visiterons quatre lieux :
• le Museu de Macao,
• le Museu Carris,
• la Capela de Santo Amaro,
• la Capela do Palácio Vale Flor.

Le Museu de Macao

Ce petit musée sur deux étages fut créé à l’initiative du dernier gouverneur portugais de Macao.

Il présente quelques centaines d’objets de Chine, dont une collection de pièces de monnaie remontant au deuxième siècle avant notre ère.

À l’exclusion de quelques facsimilés, tous les objets sont de qualité.

On trouvera à la fin du texte, une description de quelques objets en vedette dans le diaporama.

Le Museu Carris

Ce musée d’importance secondaire présente les modèles de bus et de tramways utilisés par la compagnie de transport Carris depuis la mise en place du réseau en 1901.

On y voit également l’atelier d’impression des tickets.

On doit distinguer le Museu Carris de l’extraordinaire musée des Carrosses (en réalité, Museu nacional dos Coches), que nous verrons ultérieurement.

La Capela de Santo Amaro

Attribuée à l’architecte Diogo de Torralva, cette chapelle circulaire fut construite en 1549. L’intérieur de la chapelle est dépouillé; on y trouve un maitre-autel et deux autels secondaires. Seulement une cinquantaine de fidèles peuvent y prendre place.

Ses portes en fer forgé datent du XVIe siècle.

Partout, le leitmotiv d’un bras et d’une jambe rappelle que saint Amaro est le patron des handicapés et des personnes atteintes de maladies des os (arthrite et rhumatisme).

Son attrait vient entre autres de ses extraordinaires azuléjos (créés au premier tiers du XVIIe siècle) qui décorent son portique semi-circulaire.

Sa sacristie (à 2:13) est normalement fermée au public.

De nos jours, l’esplanade de la chapelle est décorée de calades en forme d’étoiles (voir page titre du diaporama).

La Capela do Palácio Vale Flor

À cinq minutes de marche de la chapelle, on trouve l’hôtel Palace Lisboa, de la chaine hôtelière Pestana.

L’hôtel surplombe la colline de Santo-Amaro. C’est un des plus beaux palais de Lisbonne.

À l’origine, il s’agissait d’un édifice construit pour José-Luís-Constantino Dias, un propriétaire terrien qui a fait fortune dans la colonie portugaise de São Tomé-et-Principe.

Ayant obtenu du roi Don Carlos le titre de marquis de Vale Flor, il appela sa demeure Palácio Vale Flor.

La construction débuta en 1904 sous les plans de l’architecte Nicola Bigalia. Le palais fut terminé vers 1915.

On y trouve une charmante chapelle palatiale, ouverte aux clients de l’hôtel et aux visiteurs.


Détails des œuvres présentées dans ce diaporama :

• à 0:09 : ‘Vue de la grande plage de Macau’ (Anonyme, Chine, XIXe siècle),
• à 0:13 : Miroir de bronze (Chine, Dynastie Tang, entre 618 et 906),
• à 0:15 : Autel portable (Portugal, XVIIe ou XVIIIe siècle, en bois et cuir recouverts de damas rouge ou crème),
• de 0:21 à 0:24 : Globe terrestre (réplique en fibre de verre d’un globe de Manuel Dias Júnior, vers 1623),
• à 0:29 : Appui-tête (Chine, Dynastie Song, entre 960 et 1279, en grès glacé),
• à 0:33 : Boite de céramique pour cosmétiques (Chine, Dynastie Song, entre 960 et 1279, en grès glacé),
• à 0:33 : Boite de céramique pour cosmétiques (Chine, Dynastie Song, entre 960 et 1279, en grès glacé),
• à 0:37 : Assiette de porcelaine (Chine, Dynastie Qing, Époque Kangxi, entre 1662 et 1722),
• à 0:41 : Pot de chambre en porcelaine (Chine, Dynastie Qing, fin du XIXe siècle),
• à 0:43 : Assiette de porcelaine (Chine, Dynastie Qing, Époque Yongzeng, entre 1723 et 1735),
• à 0:43 : Écuelle de porcelaine (Chine, Dynastie Qing, Époque Xianfeng, entre 1851 et 1861),
• de 0:47 à 0:50 : Tasse et soucoupe en porcelaine (Chine, Dynastie Qing, Époque Tongzhi, entre 1862 et 1874),
• à 0:51 : Plateau laqué, incrusté de nacre et d’or (Chine, Dynastie Qing, Époque Kangxi, entre 1662 et 1722),
• à 0:53 : Soucoupe de porcelaine laquée, incrustée de nacre et d’or (Chine, Dynastie Qing, Époque Qianlong, entre 1736 et 1795),
• à 0:55 : Fiole de tabac à priser en porcelaine émaillée (Chine, Dynastie Qing, Époque Qianlong, fin du XIXe siècle),
• à 0:57 : Nécessaire de fumeur d’opium (Chine, Dynastie Qing, fin du XIXe siècle),
• de 0:59 à 1:02 : Pipes d’opium (Chine, Dynastie Qing, fin du XIXe siècle),
• à 1:03 : Lampes à pipe d’opium (Chine, Dynastie Qing, fin du XIXe siècle),
• à 1:05 : Récipients à opium (Chine, Dynastie Qing, fin du XIXe siècle),
• à 1:07 : Coffret de thé (Chine, Dynastie Qing, fin du XIXe siècle),
• à 1:09 : Plateau de rasage en cuir de porc laqué (Chine, Dynastie Qing, Époque Qianlong, entre 1736 et 1795),
• à 1:13 : Éventail en bois laqué et en papier peint (Chine, Dynastie Qing, fin du XIXe siècle),
• à 1:15 : Éventail en ivoire et soie peinte (Chine, Dynastie Qing, XVIIIe siècle),
• à 1:17 : Détail d’un éventail en ivoire et soie (Chine, Dynastie Qing, vers 1790),
• à 1:19 : Éventail en nacre, papier et soie peints (Chine, Dynastie Qing, vers 1840),
• à 1:21 : Éventail en soie et papier peints (Macao, le 25 juin 1920),
• à 1:23 : Plat ajouré ou passoire en écaille de tortue et nacre (Chine, Dynastie Qing, milieu du XIXe siècle).


Détails techniques : Le diaporama présente 67 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le PanLeica 25 mm F/1,4 (32 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (17 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (15 photos), et l’hypergone 8 mm F/1,8 (3 photos).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Immigration : l’illusion des prophéties

Publié le 13 mars 2019 | Temps de lecture : 5 minutes

L’approche néolibérale

Pierre Fortin est un des plus brillants économistes du Québec. J’écoutais dernièrement un extrait de son témoignage en commission parlementaire.

Celui-ci faisait valoir l’importance de l’adéquation entre les besoins du marché et les qualifications des candidats à l’immigration.

Pour maximiser la contribution des néoQuébécois au développement du Québec, il faut choisir les candidats qui ont les meilleures chances de refaire leur vie ici.

Et pour en juger, on établirait une grille d’évaluation basée sur les besoins en main-d’œuvre de l’économie québécoise. Plus le candidat est apte à combler ces besoins, plus il serait accueilli à bras ouverts.

Cette approche est exactement celle du système Arrima, élaboré par l’ex-gouvernement libéral et que veut mettre en place le nouveau gouvernement caquiste.

Il s’agit d’une approche néolibérale dans la mesure où elle consiste à transformer les candidats à l’immigration en marchandise. En d’autres mots, elle consiste à dresser la liste du capital humain dont nous avons besoin comme on dresse sa liste d’épicerie.

Le mirage

Le problème fondamental de cette approche, c’est qu’elle se bute à l’imprévisibilité du futur dans un monde évoluant de plus en plus rapidement.

Les délais à l’immigration, qui se calculent en années au fédéral, font en sorte que les compétences utiles que possède le requérant pourraient ne plus être celles recherchées lorsqu’il est finalement accepté au pays.

À titre d’exemple, si Arrima avait été en vigueur il y a vingt ans, nous aurions accordé la citoyenneté canadienne à de nombreuses personnes capables de pourvoir les postes offerts dans le domaine des télécommunications, alors en plein essor.

Mais de 2007 à 2009, le secteur des télécommunications canadiennes s’est effondré. Au point que Nortel, un fleuron de l’économie canadienne, a fait faillite. Aurions-nous retiré la citoyenneté à tous ces gens qui auraient soudainement cessé de correspondre aux besoins du marché ?

D’où l’intérêt de dresser une grille qui tient compte des tendances du marché, de manière à anticiper les besoins du Québec dans un avenir prévisible.

Alors là, c’est pire.

Toujours dans les années 2000, la stratégie industrielle du gouvernement Charest, c’était le Plan Nord. Celui-ci consistait en un vaste projet de soixante-milliards de dollars visant à provoquer artificiellement un boum minier au Québec.

Si nous avions anticipé les besoins en main-d’œuvre du Plan Nord et ‘importé’ des mineurs à l’avance — de manière à ce qu’ils aient eu le temps de s’adapter au Québec et d’être parfaitement opérationnels lorsque les minières auraient eu besoin d’eux — on serait pris à essayer de recycler dans d’autres domaines ces mineurs étrangers devenus chômeurs chez nous en raison du fiasco total du Plan Nord.

Il est utopique de vouloir arrimer une politique migratoire sur une cible aussi fuyante que sont les besoins du marché.

Alors que faire ?

Une alternative humaniste

Depuis 2001, la réforme éducative québécoise repose à la fois sur l’apprentissage des connaissances et sur l’acquisition de compétences jugées importantes au XXIe siècle : la pensée critique, la communication, la collaboration, la créativité, l’innovation, la facilité numérique et technologique, l’apprentissage continu, la flexibilité et l’adaptabilité, la citoyenneté, et l’esprit d’initiative.

On qualifie de transversales les compétences qui, une fois acquises, pourraient être appliquées dans n’importe quel autre domaine.

Depuis près de deux décennies, tous les professeurs du Québec évaluent l’acquisition de compétences transversales chez leurs élèves. Or évaluer cela chez un candidat à l’immigration ou chez un écolier, c’est pareil.

Le système Arrima consacre la suprématie des marchés. Il repose malheureusement sur une illusion; l’aptitude à prévoir rigoureusement les besoins futurs d’une économique dont le rythme de transformation s’accélère.

Plus pertinente, une politique migratoire humaniste consacre la suprématie de l’être humain.

En effet, ce dont le Québec a besoin, ce sont des citoyens capables d’affronter l’avenir, de s’y adapter et de réussir leur vie dans un monde en évolution. Or ce monde sera de plus en plus imprévisible.

Les compétences valorisées par notre politique migratoire devraient être les mêmes que celles inculquées par notre système éducatif à nos propres enfants.

De manière à ce que rien ne distingue l’aptitude à réussir du citoyen né au Québec de celui qui est venu s’y installer plus tard dans son existence.

Références :
Immigration: la CAQ accusée d’agir dans la précipitation
Les compétences du XXIe siècle

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| 2018-202X (années Legault), Immigration, Politique québécoise, Sociologie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Neomarica northiana

Publié le 10 mars 2019 | Temps de lecture : 1 minute
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Proches de l’iris, les Neomaricas sont des plantes rhizomateuses originaires d’Amérique latine et d’Afrique occidentale.

Le Neomarica northiana est originaire du Brésil.

Ses fleurs se fanent rapidement; deux jours après avoir pris la première photo, la fleur était morte.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 102 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 800 — 210 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 210 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’hébergement privé des données névralgiques de l’État

Publié le 7 mars 2019 | Temps de lecture : 10 minutes

Les extras

Les technologies de l’information sont l’équivalent moderne du Far West américain. Puisqu’il met en présence des fournisseurs ultraspécialisés à des clients incompétents, ces derniers sont sujets à des abus.

Après avoir reçu un logiciel de gestion de bases de données, vous vous rendez compte que le champ ‘Prénom’ n’accepte pas les traits d’union (comme dans Jean-Pierre).

Le devis du fournisseur disait pourtant que seuls des caractères alphanumériques y seraient acceptés. Mais vous ignoriez que le trait d’union n’est pas l’un d’eux.

Alors il vous faut payer un extra pour que le programme les accepte.

Et vous aimeriez que le champ ‘Nom de famille’ accepte les apostrophes (comme dans O’Brien) ? Désolé, il faut payer un extra.

Et vous pensiez que la mise en majuscule automatique de la première lettre du nom de famille évitait les erreurs de saisie des données. Mais vous réalisez que cela empêche que les noms comme ‘de Gaulle’ soient inscrits correctement. Encore un extra.

Pour trouver un dossier à partir du numéro de téléphone du bénéficiaire ou du client, vous avez besoin d’un index sur le champ ‘No de téléphone’. Pourquoi ne l’avez-vous pas dit plus tôt ? Ça vient de vous couter un extra.

Après avoir accepté un devis d’hébergement de vos données pour trois ans, vous apprenez à l’issue du contrat que le forfait dont vous avez bénéficié n’est offert qu’aux nouveaux clients.

Parmi les forfaits disponibles au renouvèlement, le moins cher coute trois fois le prix du forfait originel.

C’est moins cher ailleurs, dites-vous ? Eh bien allez-y. Qu’attendez-vous ?

Au cours du transfert d’un hébergeur à l’autre, si vos données sont inaccessibles pendant des heures — ce qui vous occasionne des frais importants — n’essayez pas de savoir à qui la faute : vous ne le saurez jamais.

Faut-il blâmer l’entreprise qui sécurise votre site (de http: à https:), celle qui héberge vos données, ou le registraire qui dirige vos visiteurs vers l’adresse IP (ex.: 126.220.3.127) lorsqu’ils cliquent sur un hyperlien suggéré par un moteur de recherche ?

Totalement indépendants les uns des autres, ces fournisseurs doivent pourtant travailler de concert pour que votre site fonctionne correctement.

Il suffit d’une cache secrète destinée à accélérer la rapidité d’un serveur pour que celui-ci s’obstine à servir des données périmées et nuire à la fiabilité du site web au cours du transfert d’un hébergeur à un autre.

Ceci est un inconvénient dans le cas d’une entreprise. Mais cela devient une catastrophe quand la machine de l’État s’enraie.

Prévoir de faramineux dépassements de couts

Le 4 février dernier, on apprenait l’intention du gouvernement caquiste de réduire le nombre de sites d’entreposage des données gouvernementales.

Présentement, ces données sont dispersées dans 457 sites (ou centres de traitement informatique) dispersés sur le territoire québécois. On veut réduire leur nombre à deux.

Le premier site entreposerait les documents internes de la machine de l’État québécois (courriels, mémos, procès-verbaux, rapports internes, etc.).

Les fonctionnaires accèderaient aux données par l’intermédiaire d’un intranet (ou internet interne) du gouvernement.

À quelle genre de surprise peut-on s’attendre ? Imaginez que le système actuel de paie de l’État québécois fonctionne sous Unix™ alors que le futur intranet fonctionne sous Windows™…

L’autre site entreposerait les données confidentielles des citoyens du Québec détenues notamment par les ministères de la Santé, de l’Éducation, et du Revenu. Ce qui représente 80 % des données que possède le gouvernement.

Ce site appartiendrait à l’une des grandes firmes américaines spécialisées dans l’informatique dématérialisée (ou ‘Cloud Computing’).

Selon les promoteurs de cette réforme, celle-ci permettrait d’économiser une centaine de millions de dollars… si cette réforme n’occasionne pas d’importants dépassements de couts.

Le registre canadien des armes à feu est un contrat accordé à IBM qui a fini par couter 500 fois plus que l’estimé de départ.

Ce qui n’a pas empêché les fonctionnaires fédéraux, toujours conseillés par IBM, de récidiver avec le système de paie Phœnix. Ce contrat, accordé à IBM, est un puits sans fond… et peut-être un jour sans fonds.

En Grande-Bretagne, le ministère de la Santé a dû abandonner un système d’informatisation des dossiers des patients après des dépassements évalués à 3,6 milliards de livres (soit 6,3 milliards de dollars canadiens). Ici le fournisseur était Fujitsu.

On souhaite donc bonne chance au ministre de la Transformation informatique dans ses projets de partenariat avec les requins de l’informatique dématérialisée.

Le choix opposé — l’établissement de la souveraineté technologique de l’État québécois — comporte son propre risque de dépassement des couts.

Mais cette solution possède l’immense avantage de donner à l’État la possibilité d’imposer les profits des fournisseurs québécois qui s’enrichiraient un peu trop sur le dos des contribuables.

Ce qui n’arrivera pas en faisant affaire avec des compagnies comme Amazon, Google, Microsoft ou IBM, qui se hâteront à délocaliser leurs profits à l’Étranger pour échapper au fisc québécois.

Les risques sécuritaires

Parmi les critères de sécurité retenus par le gouvernement caquiste, on compte exiger que les données gouvernementales soient cryptées et entreposées au Québec.

Les géants de l’informatique dématérialisée estiment que les métadonnées extraites de bases de données ne constituent pas des données personnelles dans la mesure où elles sont anonymes.

Bien plus, l’empreinte digitale du fonctionnaire lui permettant d’accéder à son ordinateur ou la reconnaissance faciale destinée à permettre l’accès à un lieu sécurisé ne sont pas considérées comme des données personnelles, mais plutôt des données ‘paramétriques’.

Décrypter les données gouvernementales pour en extraire les métadonnées leur sera d’autant plus facile qu’il s’agira probablement d’un contrat ‘clé en main’.

Ce qui veut dire que l’entreprise qui entreposera des données sera celle qui aura créé le code de cryptage. Pour elle, décrypter sera un jeu d’enfant.

Or ces métadonnées valent une fortune.

Si un jour le gouvernement québécois apprend que ces métadonnées sont vendues aux plus offrants, il lui faudra vaincre le secret corporatif pour faire la preuve que l’hébergeur est responsable de la fuite. Aussi bien dire qu’il ne le saura jamais.

De plus, il y a toujours le risque que le gouvernement américain invoque l’extraterritorialité d’une de ses lois — le Patriot Act, le Cloud Act ou le Foreign Corrupt Practices Act — pour mettre la main sur nos données personnelles.

Si le président américain peut taxer l’aluminium ou l’acier canadien sous le prétexte qu’ils représentent un danger pour la sécurité nationale américaine, on peut présumer qu’il ne manquera pas de prétextes pour compléter l’espionnage américain de nos courriels et de nos conversations téléphoniques par l’ajout de nos données les plus confidentielles.

Ou il pourrait vouloir une copie des déclarations de revenus de nos plus grandes entreprises afin de leur trouver des puces qui justifieraient l’imposition de mesures protectionnistes.

Non seulement les succursales canadiennes de compagnies américaines devront obéir, mais selon la loi invoquée, il se pourrait qu’il leur soit interdit d’en aviser le gouvernement québécois.

Même si le code nécessaire au cryptage des données serait créé par une firme d’informatique du Québec, si les Américains veulent la clé de cryptage, ils n’ont qu’à acheter cette entreprise.

Le Québec n’aurait aucun pouvoir d’empêcher cette vente. Seul le fédéral possède les pouvoirs de le faire.

Peut-on sérieusement compter sur le gouvernement colonial canadian pour protéger le Québec, et ce au risque d’indisposer notre puissant voisin du Sud ?

Conclusion

En annexe au texte ‘L’espionnage de l’État canadien n’a pas de limite’ se trouve une longue liste d’entreprises dont les données ont été piratées.

Toutes ces entreprises avaient mis en place les mesures sécuritaires suggérées par les experts auxquels ils se sont adressés.

La réduction du nombre de centres de traitement informatique devrait à elle seule générer des économies appréciables.

Mais l’hébergement des données de l’État sur des serveurs privés pose un risque sérieux de fuite de nos données personnelles en contrepartie d’une économie ‘virtuelle’ d’une centaine de millions$ sur un budget annuel de 4,5 millards$ consacré aux technologies de l’information.

Est-ce que tout cela en vaut vraiment la peine ?

Références :
Abandoned NHS IT system has cost £10bn so far
À la merci des Américains?
Contrats informatiques: bras de fer derrière les portes closes
Le Québec entend confier au privé les données personnelles qu’il détient sur ses citoyens
Les données personnelles des Québécois livrées au renseignement américain?
L’informatique dématérialisée et l’espionnage industriel
Registre canadien des armes à feu
Stockage de données: les colporteurs se frottent les mains
Système de paye Phénix : un puits sans fond !

Parus depuis :
Contrer les brèches infonuagiques (2019-08-03)
Amazon fait la pluie et le beau temps dans l’infonuagique (2019-08-23)
Apple aurait renoncé au chiffrement des sauvegardes iCloud après des pressions du FBI (2020-01-22)
États-Unis et Danemark sommés de s’expliquer sur l’espionnage d’alliés européens (2021-06-01)
Amazon given contract to store data for MI5, MI6 and GCHQ (2021-10-26)
China’s top spy agency warns officials to avoid storing classified data in the cloud (2024-06-05)
Il est temps que le gouvernement Legault réduise sa dépendance aux technologies informatiques des géants américains, plaide une entreprise québécoise (2025-01-24)

Complément de lecture : Projet informatique suspendu en santé : une série d’erreurs et d’irrégularités (2025-11-12)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’arrondissement d’Estrela, à Lisbonne

Publié le 5 mars 2019 | Temps de lecture : 7 minutes
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Estrela est le nom d’un des 24 arrondissements de Lisbonne. Sur ses 2,71 km², vivent environ vingt-mille personnes.

Cette partie de la ville est essentiellement résidentielle, traversée de rues le long desquels s’alignent des commerces de proximité.

L’arrondissement est né en 2012 de la fusion de trois ‘paroisses civiques’ (ou freguesias) : celle de Lapa, de Prazeres et de Santos-o-Veljo.

Puisque la visite du Museu Nacional de Arte Antiga a fait l’objet d’un diaporama distinct, ce diaporama-ci présente les lieux suivants :
• le Museu do Oriente,
• l’Igreja de São Francisco de Paula,
• la Casa Fernando Pessoa (située en réalité dans l’arrondissement de Campo de Ourique),
• la Basílica da Estrela,
• le Jardim da Estrela,
• la Assembleia da República.

Le Museu do Oriente (de 0:06 à 1:36)

Détail de Wensu (bois polychrome chinois, XIIIe siècle)

Pour l’atteindre, il faut prendre le métro jusqu’à la station Cais do Sodre, puis un autobus en direction de Belém.

On débarque à l’arrêt Alcantara Mar. On va à la première rue à l’Ouest, on tourne à gauche et on prend un passage souterrain (de 1:38 à 1:41) tapissé de graffitis qui permet d’atteindre l’autre côté de la voie ferrée. Puis on revient vers l’Est jusqu’au musée.

Murs et plafonds du musée sont noirs de manière à minimiser les reflets dans les vitres derrière lesquels les milliers d’artéfacts sont présentés.

Contrairement au Museu de Macau, centré sur des trésors rapportés de Macao (une ancienne colonie portugaise en Chine), le Museu do Oriente présente un panorama complet de l’Art asiatique.

C’est un musée remarquable dont je recommande chaleureusement la visite.

Les lecteurs intéressés trouveront à la fin du texte les détails au sujet des œuvres présentées dans ce diaporama.

L’Igreja de São Francisco de Paula (de 1:48 à 2:05)

À environ 300 mètres à l’ouest du Museu Nacional de Arte Antiga, se trouve l’église Saint-François-de-Paule (à ne pas confondre avec saint Vincent-de-Paul).

Construite de 1743 à 1765, l’église accueillit en 1778 la dépouille de Dona Mariana Vitoria de Bourbon (épouse du roi José I et bienfaitrice de l’église) avant son transfert au Panthéon royal de la dynastie des ducs de Bragance (à l’église São Vincente de Fora).

C’est une église typiquement portugaise composé d’une nef rectangulaire sur les côtés desquels sont encastrés quatre autels latéraux et, près du chœur, deux chapelles latérales plus profondes. Comme si extérieurement, l’église adoptait, grâce à ces chapelles, la forme d’une croix latine (ce qui n’est pas le cas).

La Casa Fernando Pessoa (de 2:25 à 2:48)

Casa Fernando Pessoa

C’est la dernière résidence du plus grand poète portugais du XXe siècle. Celui-ci y a vécu de 1888 à 1935.

Quelques-uns de ses vers sont écrits sur la façade de l’immeuble et sur les murs à l’intérieur (dont ceux de l’ascenseur).

Graphiquement, l’étage le plus réussi est le rez-de-chaussée où les éléments didactiques sont présentés dans le style des années 1910.

Effectivement, c’est à cette époque que ce poète publiera la revue Orpheu dans laquelle tout, y compris la typographie, est une création d’Avant-garde.

Essentiellement, ce musée intéressera le visiteur lusophone (c’est-àidire celui qui parle portugais) ou tout admirateur du poète.

La Basílica da Estrela (de 2:50 à 4:07)

Clochers et dôme de la Basilique de l’Estrela

La basilique d’Estrela (c’est-à-dire basilique de l’Étoile) fut érigée de 1779 à 1790 sous les ordres de la reine Maria Ire du Portugal. Celle-ci réalisait ainsi une promesse faite à la naissance de son premier fils.

C’est une église à dôme en forme de croix latine. Sa façade élégante est décorée de statues. Ses deux clochers sont de style rococo.

À l’intérieur, l’ampleur de la nef, la qualité des matériaux, la beauté du maitre-autel et des autels de chacun des bras du transept contribuent à la majesté de l’ensemble.

Seules les œuvres d’art des autels latéraux ne sont pas au même niveau d’excellence.

Dans le bras droit du transept se trouve le tombeau de la reine Maria Ire (la commanditaire de la basilique). Cette dernière régna sur le Portugal de 1777 à 1816.

Un passage discret, de chaque côté de ce monument (à 3:26), permet d’accéder à une petite salle où se trouve une crèche exposée dans une vitrine.

Cette crèche baroque, commandée par la reine en 1781, est le chef-d’œuvre de Joaquim Machado de Castro. Aidé de ses artisans, celui-ci mit cinq ans à réaliser ses 480 figurines.

Pour un euro, on peut accéder au toit de la basilique d’où on peut admirer le quartier (de 3:57 à 4:12)

Le Jardim da Estrela (de 4:12 à 4:33)

Dans les Jardins de l’Étoile

En face de la basilique, on trouve un charmant parc à l’anglaise. Il contient une grande variété d’arbres (dont des bananiers, des jacarandas et des platanes) et des animaux : cygnes, paons, perroquets, tortues, etc.

En descendant la Calçada da Estrela (à partir de 4:35)

Assemblée de la République

Le diaporama se termine par une promenade sur la Calçada da Estrela. Celle-ci est en pente du Jardim da Estrela à l’édifice de l’Assemblée nationale portugaise (à 4:45). De son vrai nom, l’Assembleia da República ne se visite que sur rendez-vous.

Le diaporama se termine par la statue de José Estêvão de Magalhães (1809-1862), président du Parlement portugais.


Détails des œuvres présentées dans ce diaporama :

• à 0:13 : Paravent (Dynastie Qing, époque Kandxi, milieu du XVIIe siècle),
• à 0:17 : Costume féminin en soie (Chine, XIXe siècle ?),
• à 0:19 : Palanquin (Chine, XIXe siècle ?),
• à 0:23 : Assiette (Dynastie Qing, époque Daoguang, 1840),
• à 0:25 : Assiette (Dynastie Qing, époque Qiantong, 1736-1795),
• à 0:25 : Assiette (Dynastie Qing, époque Qiantong, 1736-1795),
• à 0:37 : Vase provenant du palais impérial (Japon, époque Meiji, 1868-1912),
• à 0:39 : Vase en bronze (Japon, époque Meiji, 1868-1912),
• de 0:41 à 0:44 : Kimono féminin (Japon, années 1950 ou 1960),
• à 0:45 : Autel à Shibayama avec Boudha assis (Japon, époque Meiji, 1868-1912, en bois et en ivoire),
• à 0:51 : Bodhisattva Manjushri ou Wensu (Chine, dynastie Jin ou Yuan , XIIIe siècle, en bois polychrome),
• de 0:53 à 1:00 : Tunique marine pour femme (Chine, dynastie Qing, XIXe siècle, en soie) et jaquette aux trois dragons pour homme (Chine, dynastie Qing, XVIIIe siècle, en soie),
• de 1:16 à 1:23 : Peintures sur soie de Chen Zhenji (Chine, dynastie Qing, époque Daoguang, entre 1821 et 1850),
• à 1:24 : Carnet d’aquarelles de Ma Yuan Yu (Chine, dynastie Qing, XVIIe ou XVIIIe siècle),
• à 1:26 : Carnet d’aquarelles de Gai Qi (Chine, dynastie Qing, XIXe siècle),
• à 1:28 : Détail d’une aquarelle sur rouleau de Gai Qi (Chine, dynastie Qing, époque Daoguang, entre 1821 et 1850),
• à 1:32 : Paravent ‘Ville de Canton vue de la rivière aux Perles’ (Chine, seconde moitié du XVIIIe siècle),
• à 1:34 : Paravent ‘Ville de Macao’ (Chine, seconde moitié du XVIIIe siècle).


Détails techniques : Le diaporama présente 137 photos et un clip vidéo réalisés à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 et 3 photos prises avec un appareil Lumix GH1 transformé pour prendre des photos infrarouges.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le PanLeica 25 mm F/1,4 (50 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (45 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (37 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (3 photos), le Lumix 12-42 mm II (3 photos) et l’hypergone 8 mm F/1,8 (2 photos).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Photo-reportage de ‘Cosí fan tutte’ à l’UdeM

Publié le 4 mars 2019 | Temps de lecture : 2 minutes

Du 28 février au 3 mars dernier, l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal présentait Cosí fan tutti de Mozart.

En alternance, deux distributions assuraient les représentations.

J’aime beaucoup entendre les élèves et les finissants les plus prometteurs de nos facultés de musique. C’est comme avoir un avant-gout de ceux parmi les nôtres qui pourraient un jour faire rayonner le Québec à l’extérieur de ses frontières.

Puisqu’on m’a permis de prendre des photos au cours de la représentation, voici celles que j’ai rapportées du premier des deux actes.

L’Orchestre de l’Université de Montréal
Martin Davout, Jean-Philippe Mc Clish et Pierre-Étienne Bergeron
Agnès Ménard et Amelia Keenan
Jean-Philippe Mc Clish, Agnès Ménard et Amelia Keenan
Pierre-Étienne Bergeron et Agnès Ménard
Les solistes
La distribution
Ayako Horihata, Agnès Ménard et Amelia Keenan
Ayako Horihata
Les solistes
Jean-Philippe Mc Clish, Martin Davout et Pierre-Étienne Bergeron
Amelia Keenan, Pierre-Étienne Bergeron, Ayako Horihata, Martin Davout et Agnès Ménard

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
 1re photo : 1/25 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 40 mm
 2e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 150 mm
 3e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 100 mm
 4e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 95 mm
 5e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
 6e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 48 mm
 7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 43 mm
 8e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 90 mm
 9e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 150 mm
10e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 50 mm
11e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 82 mm
12e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 90 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quatre orchidées en fleur durant la semaine de relâche

Publié le 3 mars 2019 | Temps de lecture : 1 minute
Paphiopedilum Snowsprite
Phragmipedium Elizebeth March
X Phaiocalanthe Kryptonite ‘Red Streak’
Paphiopedilum Bel Royal

La semaine de relâche scolaire représente un défi pour les parents : comment occuper le temps de ses enfants de manière intéressante.

Ceux qui iront voir Papillons en liberté ne manqueront pas de visiter également les trésors que renferment les collections permanentes du Jardin botanique de Montréal

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/1000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 80 mm
2e photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 250 — 100 mm
3e photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 102 mm
4e photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 130 mm

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| Botanique, Fleurs, Nature | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


SNC-Lavalin et la démocratie canadienne

Publié le 2 mars 2019 | Temps de lecture : 3 minutes
Siège social canadien de SNC-Lavalin

En septembre dernier, Mme Kathleen Roussel, directrice des poursuites pénales, a tranché : au nom de l’État canadien, le ministère de la Justice refuse de permettre à SNC-Lavalin de bénéficier d’une procédure d’accord de poursuite suspendue (APS).

Cette décision a déclenché une lutte de pouvoir au sein de l’État canadien entre la machine de l’État et son interface ministérielle.

Le gouvernement canadien s’est doté d’une procédure d’APS. Et il y a tout lieu de croire qu’on a adopté la législation à ce sujet précisément pour régler le cas de SNC-Lavalin.

En dépit de la volonté politique exprimée par le parlement, le cabinet de Me Roussel a décidé que SNC-Lavalin ne profiterait pas d’une telle procédure.

De manière générale, le refus systématique du gouvernement canadien d’accorder au Québec sa juste part des contrats fédéraux ne peut s’expliquer que par un biais d’une fonction publique à 92% unilingue anglaise qui partage avec l’ethnie dominante du pays les mêmes préjugés et la même hostilité à l’égard du Québec.

Conférer un pouvoir absolu à cette machine étatique hostile, c’est permettre au colonialisme canadien d’opérer secrètement sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit, même en changeant de gouvernement.

Devant le comité parlementaire qui enquête à ce sujet, il est essentiel d’entendre la directrice canadienne des poursuites pénales afin de comprendre pourquoi une procédure d’APS est refusée à un fleuron de l’économie québécoise alors qu’on l’accorderait sans hésitation à n’importe quelle minière ontarienne.

Seul son témoignage peut donner un aperçu de la mentalité qui prévaut derrière l’interface ministérielle du gouvernement fédéral.

Dans tout procès important, le tribunal justifie ses motifs en rendant une décision écrite. Car l’indépendance des tribunaux s’accompagne d’une obligation à la transparence. Sans cela, il n’y a pas de démocratie.

Seuls les tribunaux militaires, reconnus pour leur justice expéditive frôlant l’arbitraire, agissent en catimini.

Ici l’affaire est simple; un comité de grands mandarins — le cabinet opaque de Me Kathleen Roussel — tente de faire échec à la volonté politique exprimée par le législateur, celle de régler les cas de corruption — à commencer par celui de SNC-Lavalin — par le biais d’une procédure d’APS.

Sans avoir à justifier ses décisions, ce simili-tribunal secret veut décider seul de la vie ou de la mort des grandes entreprises coupables de corruption et du sort de leurs milliers d’employés.

Nous ne devons pas être dupes. Ce qui est en cause, ce n’est pas l’indépendance de la Justice, mais le pouvoir absolu qu’entend exercer dans l’ombre la machine coloniale de l’État canadien.

Parus depuis :
Ruling of the Fededral Court: SNC-Lavalin vs The Director of Public Prosecutions (2019-03-08)
Décision de la Cour fédérale : SNC-Lavalin vs la Direction des poursuites pénales (2019-03-11)
Les ententes de réparation sont populaires… et payantes (2019-03-22)

Paru depuis : La GRC se défend de se traîner les pieds dans la lutte contre la corruption internationale (2022-11-07)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

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| Politique canadienne | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Papillons en liberté 2019

Publié le 1 mars 2019 | Temps de lecture : 1 minute

Deux mois : du 28 février au 28 avril. C’est le temps que durera cette année la 22e édition de Papillons en liberté.

Exceptionnellement, le 4 mars prochain, le Jardin botanique sera ouvert un lundi.

Pour une idée de ce qui vous y attend, voici ce que j’en ai rapporté cet après-midi.

Porte-queue lowi femelle
Le Porte-queue geai mâle
Le Cethosia biblis
Le Leuconoé
L’Eumaeus minyas

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 110 mm
2e   photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 210 mm
3e   photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 210 mm
4e   photo : 1/250 sec. — F/6,3 — ISO 250 — 200 mm
5e   photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 1600 — 210 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Syrie : Terroristes à donner

Publié le 28 février 2019 | Temps de lecture : 9 minutes

Introduction

À l’appel, entre autres, de l’État islamique, des milliers de mercenaires étrangers sont venus combattre en Syrie.

Maintenant que la guerre y tire à sa fin se pose la délicate question de savoir quel sort doit être réservé aux mercenaires (et leurs familles) qui ont survécu au conflit.

Rappel afghan

À la fin officielle de la guerre en Afghanistan, l’armée du Nord — victorieuse, grâce à l’appui des Américains — avait désarmé et renvoyé dans leurs villages respectifs les Talibans afghans capturés.

Pour les vainqueurs, leurs concitoyens étaient essentiellement de pauvres jeunes paysans enrôlés par des fanatiques financés de l’Étranger.

Quant aux autres Talibans prisonniers, reconnaissables à leur langue ou leur accent, la très grande majorité d’entre eux furent massacrés.

Ce massacre se déroula en deux étapes :
• à l’occasion d’une mutinerie à la prison de Qalat-e-Janhi, où environ 470 Talibans trouvèrent la mort, et
• le transport à la forteresse de Kalai Zeini de cinq-mille Talibans étrangers sous le soleil de plomb de l’Afghanistan.

Ceux-ci étaient entassés dans des conteneurs à l’intérieur desquels la presque totalité d’entre eux sont morts d’hyperthermie et de déshydratation. Les rares survivants ont succombé aux mauvais traitements infligés une fois rendus à destination.

À l’heure actuelle, le sort qui attend les prisonniers en Syrie est incertain.

La politique américaine à ce sujet

Le 16 février dernier, Donald Trump a été clair : les pays européens doivent rapatrier et juger 800 de leurs ressortissants capturés en Syrie.

Mais cinq jours plus tard, le président américain s’opposait au retour aux États-Unis d’une Américaine ayant rejoint l’État islamique en 2014.

Comme souvent, le message américain est : faites ce que je dis et non ce que je fais.

La politique française

Lors de la reconquête de Mossoul (la deuxième ville d’Irak), 1 200 membres des forces spéciales françaises ont rémunéré des soldats irakiens afin qu’ils traquent et exécutent les mercenaires français dotés de pouvoirs de commandement au sein de l’État islamique.

À cette fin, les militaires français leur ont fourni les noms (et noms de guerre) d’une trentaine de Français recherchés, de même que les photos de quelques-uns d’entre eux.

Ceci est en Irak. Mais qu’en est-il en Syrie, où se trouve la grande majorité des djihadistes français toujours en vie ?

En octobre dernier, les forces kurdes de Syrie ont fait savoir aux pays occidentaux que l’emprisonnement des mercenaires étrangers représentait un fardeau financier et qu’à défaut d’être pris en charge par leurs gouvernements respectifs, ces centaines de terroristes seraient remis en liberté.

Cela deviendrait inévitable si la Turquie devait profiter du retrait américain pour lancer une vaste offensive contre les forces kurdes de Syrie. La défense de leurs installations carcérales deviendrait alors le moindre de leurs soucis.

Les prisons kurdes comptent 800 hommes étrangers, 700 femmes et 1 500 enfants.

Légalement, le seul pays qui a autorité pour juger ces mercenaires, c’est celui où leurs crimes ont été commis, soit la Syrie.

Au cours de cette guerre, la France a violé à de multiples reprises l’espace aérien syrien, a bombardé ce pays et y a soutenu les forces rebelles. Bref, la France est ennemie du gouvernement syrien actuel.

On voit mal ce qui motiverait le régime de Bachar el-Assad à rendre service à la France en acceptant de juger ses ressortissants

Voilà pourquoi la France procède à des négociations avec l’Irak pour que ce pays accepte de les prendre en charge et de les juger.

Aux défenseurs des droits de la personne qui s’inquiètent d’une possible condamnation à la peine de mort en Irak, Paris affirme que la France interviendra alors auprès des autorités pour demander — du bout des lèvres, évidemment — que cette peine ne soit pas exécutée.

Tout cela est un peu académique puisqu’il est douteux que les tribunaux irakiens aient autorité pour sanctionner des crimes commis hors des frontières du pays.

La politique britannique

On compte au moins 700 citoyens britanniques partis vers la Syrie ou l’Irak, dont environ 300 en sont revenus.

Dans 90 % des cas, les tribunaux britanniques innocentent les djihadistes pour insuffisance de preuve.

Conséquemment, Londres estime que ses ressortissants doivent être jugés dans la région où leurs crimes ont été commis.

Et tout comme la France, la Grande-Bretagne s’est préparée à la fin de la guerre.

Plutôt que des assassinats ciblés, Londres a choisi la déchéance de citoyenneté comme moyen d’empêcher les djihadistes anglais de revenir chez eux.

Le droit international interdit la déchéance de citoyenneté lorsqu’elle crée des êtres apatrides. Seules les personnes qui ont plusieurs nationalités peuvent être déchues de l’une d’entre elles.

D’où l’intérêt de se hâter à déchoir. Depuis 2016, la Grande-Bretagne a déchu de leur citoyenneté environ 120 de ses ressortissants. C’est ça de moins au pays.

En comparaison, l’Italie a retiré la citoyenneté italienne à environ deux-cents personnes.

La politique canadienne

Pour revenir au pays, les djihadistes canadiens ont besoin d’un nouveau passeport puisque celui qu’ils avaient à leur arrivée en Syrie a été confisqué par Daech (afin d’empêcher les désertions).

Pour rentrer au pays, le djihadiste doit non seulement s’enfuir du califat, mais contacter une ambassade ou un consulat canadien afin d’obtenir un nouveau passeport qui lui permettra d’acheter un billet d’avion pour le Canada.

Le pays est tenu d’honorer toute demande de ses ressortissants en vertu de ses obligations internationales.

La soixantaine de djihadistes canadiens qui l’ont fait ne sont que la pointe de l’iceberg. Leur nombre n’a pas augmenté en 2017, ce qui témoigne en réalité des difficultés à s’échapper du califat encerclé.

Une bonne partie de ceux qui y sont encore mourront probablement les armes à la main.

Le nombre de djihadistes à rapatrier devait augmenter substantiellement après la chute d’Idlib.

Devenue une prison à ciel ouvert, cette province syrienne accueille depuis des années des milliers de djihadistes encerclés qui ont accepté de quitter les lieux pour Idlib à chaque fois que l’ONU négociait une trêve.

Après avoir laissé ces milices s’entretuer entre elles, l’Occident a eu la surprise de voir Al Qaïda prendre le contrôle d’Idlib le mois dernier.

Le jour où l’assaut sera donné par les forces gouvernementales et leurs alliés, un nombre inconnu de djihadistes canadiens seront capturés et s’ajouteront à ceux qui devront être jugés quelque part.

Un seul djihadiste canadien qui rentre au pays pour y commettre un attentat terroriste est un djihadiste de trop.

Le mirage d’un procès juste au pays

Au Québec, la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’a pas réussi à réunir suffisamment de preuves pour obtenir la condamnation d’un seul des dirigeants d’une compagnie ferroviaire qui a tué 47 personnes à Lac-Mégantic.

On peut donc douter que la DPCP soit capable de réunir suffisamment de preuves pour faire condamner n’importe quel djihadiste qui a commis ses méfaits à des milliers de kilomètres d’ici.

Il s’agit ici de preuves qu’il faudrait obtenir de témoins qui parlent kurde ou arable. Et auprès de gens qui pourraient être réticents à venir témoigner au Québec, le premier endroit en Occident où des Musulmans en prière se font tirer dans le dos.

Seul un procès dans le pays où les crimes ont été commis peut se dérouler normalement.

Un citoyen canadien qui commet un homicide aux États-Unis est passible de la peine de mort. S’il commet le même crime en Irak, c’est pareil. Où est le problème ?

L’idée de rapatrier les djihadistes pour les juger ici est d’autant plus difficile à justifier lorsqu’on tient compte de l’engorgement des tribunaux canadiens.

En prison, les accusés auront tout le temps de faire des convertis à leur cause.

Pour chaque procès finalement avorté contre un djihadiste au Canada, on retarde l’ensemble des causes en attente. Et certains malfaiteurs profiteront de l’arrêt Jordan pour obtenir l’abandon de toutes les procédures contre eux.

Bref, rapatrier les djihadistes canadiens est une très mauvaise idée.

Références :
Donald Trump demande aux Européens de rapatrier leurs jihadistes prisonniers en Syrie
En Irak, le sort des djihadistes français « est plus diplomatique que juridique »
France’s Special Forces Hunt French Militants Fighting for Islamic State
La Belgique pourra expulser vers le Maroc Malika El-Aroud, « la veuve noire du djihad »
La voie à suivre
Le Canada sommé de rapatrier ses djihadistes
Le sort des djihadistes français en Irak
L’Europe divisée sur le sort de ses ressortissants partis rejoindre l’Etat islamique en Syrie
Massacre de Dasht-i Leili
Ottawa n’appréhende pas de retour massif de djihadistes
Sidération à Idlib après la conquête éclair des djihadistes
Trump demande aux alliés européens de rapatrier leurs ressortissants retenus en Syrie
Trump s’oppose au retour au pays d’une femme ayant rejoint l’EI
Who has been stripped of UK citizenship before Shamima Begum?

Parus depuis :
Les pays nordiques opposés au retour des djihadistes (2019-03-05)
Comment gérer le retour des combattants partis en Syrie? (2019-03-16)
Le Danemark aurait préféré voir ses djihadistes mourir en Syrie (2019-03-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel