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À toutes les mères
Publié le 12 mai 2019 | Temps de lecture : 1 minute
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Corruption fédérale : les voyages forment la vieillesse
Publié le 11 mai 2019 | Temps de lecture : 7 minutesIntroduction
Un des grands tabous de la politique canadienne est la corruption au sein du gouvernement fédéral.
Il faut remonter aussi loin qu’en 2004, au scandale des commandites, pour rencontrer une affaire au cours de laquelle l’argent du gouvernement canadien a été partiellement détourné de ses fins pour aboutir dans la caisse d’un parti politique.
Les tribunaux ont sanctionné les agences de publicité qui ont versé illégalement des sommes à la caisse du Parti libéral du Canada. Mais aucun fonctionnaire ni aucun politicien libéral n’a été condamné pour avoir accepté cet argent.
Ce ne sont pas les tribunaux, mais l’électorat qui a puni le parti politique impliqué en le reléguant dans l’opposition pendant près d’une décennie.
Les fonctionnaires
L’ex-président de la Société des ponts fédéraux est actuellement accusé d’avoir accepté pour 1,5 million$ de pots-de-vin de la part de SNC-Lavalin.
Il est rare que des cas de corruption fédérale se retrouvent sur la place publique, peu importe les sommes impliquées.
Dans ce cas-ci, la Direction des poursuites pénales en a saisi les tribunaux afin de justifier subtilement son refus d’ouvrir une procédure de poursuite suspendue pour SNC-Lavalin. L’important ici est moins de punir le fonctionnaire corrompu que de souligner publiquement que la main corruptrice est celle de SNC-Lavalin.
D’habitude, les cas sont réglés derrière des portes closes. Si bien qu’on n’en entend jamais parler.
Il n’existe aucune donnée quant au nombre de fonctionnaires fédéraux impliqués et quant au sort qui leur est réservé.
La magistrature
La Commission Bastarache a révélé que le critère premier pour accéder à la magistrature québécoise fut, pendant des années, non pas la compétence, mais l’allégeance politique.
Concrètement, au bureau du premier ministre, une fonctionnaire avait pour tâche d’apposer un collant jaune Post-It™ sur le dossier des ‘bons’ candidats parmi ceux que le ministre de la Justice se proposait de soumettre au Conseil des ministres.
Un bon candidat était celui qui avait contribué à la caisse électorale du Parti libéral du Québec, sollicité des fonds ou effectué du bénévolat lors des campagnes électorales. Selon l’ex-ministre de la Justice du Québec, pas de Post-It™ sur un dossier, pas de nomination à la magistrature.
Cette pratique, instituée par Jean Charest en 2003, aurait cessé lorsque ce dernier a été chassé du pouvoir en 2012.
Qu’en est-il au niveau fédéral ?
Un éditorial récent du Devoir nous révélait que la nomination à la magistrature fédérale se fait après consultation d’une liste d’avocats partisans du Parti libéral du Canada.
Selon le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, cette consultation n’affecte aucunement l’issue du choix effectué par le Conseil des ministres.
On se demande pourquoi on se donne la peine de consulter la liste des avocats ‘amis’ avant de procéder à une nomination si cela est inutile…
Dans un État de droit, la séparation des pouvoirs exige que l’État s’abstienne de mettre son nez dans le processus judiciaire. Une fois nommé juge, ce dernier n’est soumis qu’à l’autodiscipline que lui impose sa profession.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’autodiscipline des juges n’a jamais fait mourir personne.
L’émission The Fifth Estate révélait en 2017 que le juge Randall Bocock et son épouse, de même que le juge Denis Pelletier, avaient participé à un cocktail financé par un cabinet d’avocats spécialisé dans la fraude fiscale destinée à tromper le fisc canadien.
À la suite de ces révélations, le juge Bocock s’est récusé dans une cause qu’il avait pourtant accepté d’entendre et dans laquelle l’accusé était justement défendu par ce cabinet d’avocats.
Les politiciens
Copiée sur le modèle québécois, la loi fédérale au sujet du financement politique limite sévèrement l’importance des sommes d’argent qu’on peut offrir aux politiciens fédéraux. Pour Ottawa, le politicien nait le jour de son élection à titre de candidat à une élection fédérale.
Avant d’être choisi représentant d’une formation politique, le candidat à l’investiture de son parti peut accepter toutes les contributions qu’on peut lui faire. C’est la faille ‘Vaillancourt’, dénoncée sur ce blogue en 2010, mais qui n’a toujours pas été colmatée.
Sénatrice depuis moins d’un an, Julie Miville-Dechêne est une nouvelle venue en politique. À son arrivée en fonction, elle a été surprise de constater qu’accepter des voyages payés par des gouvernements étrangers était parfaitement ‘normal’.
C’est ainsi que le député conservateur Pierre Poiliève et son épouse ont profité de 11 705 $ de voyages payés par le gouvernement de Taïwan. Quant à la députée NPD Ruth-Ellen Brosseau, elle a fait un voyage de 11 705 $ en Israël, gracieuseté d’intérêts israéliens.
Au total, seulement pour 2017, c’est plus de 600 000 $ en voyages gratuits qui ont été payés par des gouvernements étrangers à des parlementaires fédéraux. Le tout de manière parfaitement légale parce que rien ne s’y oppose.
Le gouvernement fédéral n’y voit pas d’objection puisque ces voyages aident les parlementaires à mieux connaitre les dossiers qu’ils auront à traiter.
À l’époque où il était député et ministre fédéral, John McCallum a effectué pour 73 000 $ de voyages en Chine pour le compte de ce pays. Et ce, sans savoir qu’il serait nommé un jour ambassadeur du Canada en Chine.
Est-ce que cela a influencé son jugement ou sa loyauté envers le Canada ? Pas du tout, selon le gouvernement canadien.
Pourtant, l’ambassadeur McCallum a été destitué de ses fonctions deux ans après sa nomination en raison de propos qu’il a tenus au sujet de l’affaire Huawei (propos où il se désolidarisait avec la position canadienne à ce sujet).
Conclusion
Un demi-million$ en voyages payés par des gouvernements étrangers, c’est de la corruption légalisée.
Tant au niveau de la magistrature que des parlementaires, l’extrême laxisme qui règne au niveau fédéral au sujet des conflits d’intérêts doit changer.
En particulier, il est totalement inacceptable que des décideurs publics soient captifs de pays étrangers — et donc soumis à leur propagande — pendant toute la durée des voyages qu’on leur offre.
La prochaine fois que vous n’arriverez pas à comprendre pourquoi le gouvernement fédéral refuse obstinément de satisfaire une volonté populaire qui coïncide avec l’intérêt national, c’est que quelqu’un, quelque part, est complice d’intérêts particuliers.
Références :
Affaire KPMG : un juge se récuse
Canadian MPs and their extravagant gifts. Is this bribery?
Corruption : la faille « Vaillancourt » doit être colmatée
Juges et cocktails commandités : le Conseil de la magistrature n’y voit pas de problème
L’ex-président de la Société des ponts fédéraux accusé d’avoir été corrompu par SNC-Lavalin
L’utilité de la Commission Bastarache
Nomination des juges: les limites de la Libéraliste
Scandale des commandites
Sénat: Julie Miville-Dechêne dénonce les voyages payés par des pays tiers
Parus depuis :
Le ministre LeBlanc a pris un avion d’Irving, avec la caution du commissaire à l’éthique (2019-07-18)
L’homme de confiance de Trudeau dans l’embarras (2024-12-29)
Allegations of Indian interference rock Canada election campaign (2025-03-26)
Nomination des juges : La doctrine Jolin-Barrette (2025-04-08)
Les sénateurs s’envolent au soleil aux frais des contribuables (2025-10-21)
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Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au prix que nous payons pour appartenir au Canada, veuillez cliquer sur ceci.
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Écrit par Jean-Pierre Martel
La téléphonie 5G : l’Asie contre les États-Unis
Publié le 9 mai 2019 | Temps de lecture : 5 minutes
Les communications, une priorité chinoise
Pour la première fois en 2011, la Chine s’est classée au premier rang mondial quant au nombre de demandes de brevets.
Selon le World Intellectual Property Indicators 2012, sur les 2 140 000 millions d’inventions dans le monde en 2011, 526 412 venaient de Chine, soit 24,6 % (en comparaison avec 23,5 % de provenance américaine).
Cette première place, la Chine l’a perdue puis regagnée depuis.
En 2015, le nombre de brevets chinois était supérieur au total des brevets américains, japonais, coréens et européens.
En Chine, le Treizième plan quinquennal de développement s’étend de 2016 à 2020. Il place le secteur des communications au niveau des grandes priorités nationales.
Il est donc normal qu’un jour, la technologie chinoise dépasse la technologie américaine dans certains domaines. C’est le cas aujourd’hui de la téléphonie mobile.
Après des investissements de l’ordre de 17,5 milliards$US depuis 2015, le réseau téléphonique chinois possède déjà la densité nécessaire à l’acheminement de quantités massives de données, comme c’est le cas en 5G.
Par kilomètre carré, il y a 1,37 tour Wifi (de relai ou de diffusion) en territoire chinois et 0,10 tour (treize fois moins) en territoire américain.
Bref, au niveau de l’acheminement des données sur son territoire, la Chine est plusieurs années en avance sur les États-Unis.
Les générations de la téléphonie mobile
La première génération de la téléphonie mobile (nommée 1G à postériori), débute avec la naissance du téléphone portable.
Les autres générations sont les suivantes :
• la 2G ajoutait le pouvoir d’échanger des textos,
• la 3G donnait accès à l’internet,
• la 4G augmentait la bande passante de manière à permettre la diffusion de vidéos en continu,
• la 5G devrait être environ cent fois plus rapide que la 4G.
Cette augmentation de la vitesse de transmission est liée à la rapidité des puces électroniques qui équipent le matériel téléphonique.
Ce matériel, c’est à la fois celui des réseaux téléphoniques (qui doivent avoir la puissance nécessaire) et les téléphones portables (qui doivent être capables de recevoir brutalement toutes ces données).
Les problèmes d’Apple
Jusqu’ici, Intel fabriquait les puces à modem des iPhone. Mais le 16 avril dernier, Intel abandonnait la course et renonçait à fabriquer des puces 5G.
Ce qui rend impossible le développement d’un iPhone 5G sans qu’Apple se trouve un nouveau fournisseur.
Or ils sont rares : ce sont l’américaine Qualcommm (chef mondial du 5G), la coréenne Samsung, et la chinoise Huawei.
Les deux derniers, Samsung et Huawei, sont aussi des fabricants de téléphones portables et donc, des compétiteurs directs d’Apple.
Quant à Qualcomm, un différend l’opposait à Apple jusqu’ici; Qualcomm poursuivait Apple, accusant celui-ci d’avoir violé ses brevets sur tous les modèles actuels d’iPhone.
Le 16 avril dernier, Apple et Qualcomm enterraient la hache de guerre. Coïncidence; c’était le jour où Intel décidait de jeter la serviette au sujet du 5G.
Mais Qualcomm vend ses puces chères. Plus chères que les autres. Et Apple, à genoux devant Qualcomm, n’est pas en position de forcer Qualcomm à baisser ses prix.
Le résultat final de tout cela, c’est qu’Apple traine la patte dans le développement des téléphones portables 5G.
Partie nulle, pour l’instant
Dans la course technologique qui les oppose, les États-Unis sont encore les chefs mondiaux dans la fabrication des puces 5G.
Pour ce qui est de l’équipement des réseaux téléphoniques, Huawei devrait continuer de dominer le marché en dépit des nuisances de Donald Trump.
Quant aux téléphones portables, les États-Unis doivent accuser leur retard; Apple sortira ses iPhones 5G des mois après ses concurrents asiatiques.
C’était à prévoir…
Références :
A deeper tech concern is at the core of the U.S.-Huawei spat
Apple had four terrible options to get the iPhone to 5G, so it went with the least of all evils
5G
Intel se retire du marché des puces 5G pour téléphones intelligents
La Chine, dragon de l’innovation
La Chine championne du monde des dépôts de brevet
La 5G, ou la promesse de la communication entre machines
Rettino-Parazelli K. Le protectionnisme numérique. Forces 2018; no 194: 24-7.
Les priorités de la Chine dans le cadre d’un accord de libre-échange avec le Canada
World Intellectual Property Indicators 2012
Parus depuis :
5G: Samsung fait son entrée au Canada grâce à Vidéotron (2019-12-13)
Géopolitique de la science : la Chine accélère (2022-06-29)
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Économie, Géopolitique | Mots-clés : Huawei, Qualcomm |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
D’autres magnolias blancs
Publié le 8 mai 2019 | Temps de lecture : 1 minute
Magnolia de Loebner ‘Donna’
Magnolia ‘Two Stones’
Magnolia à feuilles de saules ‘Else Frye’
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/640 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 140 mm
2e photo : 1/800 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
3e photo : 1/1000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
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Botanique, Fleurs, Nature | Mots-clés : Magnolia ‘Two Stones’, Magnolia à feuilles de saules ‘Else Frye’, Magnolia de Loebner ‘Donna’ |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Faire la grève
Publié le 8 mai 2019 | Temps de lecture : 3 minutesDu latin ‘grava’ (qui signifie gravier), le mot grève est apparu en français au XIIe siècle. Il signifiait alors un terrain plat, couvert de gravier, situé au bord de la mer ou d’un cours d’eau.
L’Hôtel de Ville et la place de Grève (de Nicolas Raguenet, 1753)
Autrefois, devant l’Hôtel de Ville de Paris, était située la Place de Grève. On l’appelait ainsi parce qu’elle était reliée à la Seine toute proche par une grève à qui on donnait le nom de port de Grève.
Ce port était le plus animé de Paris. C’est là qu’on déchargeait le bois, le blé, le vin et le foin.
La perception des taxes était d’autant plus facile que l’Hôtel de Ville se trouvait à deux pas.
Dès qu’un bateau y accostait, son capitaine embauchait les hommes qui s’étaient justement rendus à la grève dans le but d’être utiles au déchargement des marchandises.
Dire de quelqu’un qu’il ‘était en grève’, cela signifiait qu’il était parti à la grève trouver du travail.
Et on disait de celui qui en revenait bredouille qu’il avait ‘fait la grève’. On faisait donc la grève comme d’autres faisaient le trottoir; dans l’espoir de gagner sa vie.
Ce sens a glissé au milieu du XIXe siècle vers ‘cesser collectivement de travailler pour faire valoir ses revendications’.
En 1830, la place de Grève fut renommée place de l’Hôtel de Ville.
Quant au port de Grève, il disparut quand on rehaussa, de 1836 à 1839, le bord de la Seine et qu’un mur fut dressé pour lutter contre les débordements du fleuve.
En 2013, la place fut rebaptisée ‘esplanade de la Libération’ afin de rendre hommage aux résistants, aux Français libres, aux alliés et à tous les insurgés qui ont libéré Paris dans la nuit du 24 au 25 aout 1944.
Place de l’Hôtel-de-Ville – Esplanade de la Libération
De nos jours, lorsqu’on voit les gens qui s’y prélassent au soleil, on a peine à croire que l’endroit fut, de 1310 à 1822, un lieu d’exécutions publiques : pendaisons et buchers y étaient régulièrement donnés en spectacle. Exceptionnellement, pouvait-on y voir un écartèlement.
La première utilisation publique de la guillotine eut lieu à cet endroit en 1792, à la grande déception des amateurs. Ceux-ci trouvèrent le procédé beaucoup trop expéditif…
Références :
Place de l’Hôtel de Ville
Place de l’Hôtel-de-Ville – Esplanade de la Libération
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (1re photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e photo)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
2e photo : 1/400 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 20 mm
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Des magnolias blancs par temps gris
Publié le 7 mai 2019 | Temps de lecture : 1 minute
Magnolia de Kobé ‘Esveld Select’
Magnolia de Loebner ‘White Rose’
Magnolia étoilé ‘Royal Star’
Magnolia étoilé ‘Kikuzaki’
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 56 mm
2e photo : 1/2000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
3e photo : 1/1000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 175 mm
4e photo : 1/800 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 105 mm
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Ordinateur, informatique et digital
Publié le 6 mai 2019 | Temps de lecture : 3 minutes
De ces trois mots, il en existe un qui n’a pas de rapport aux deux autres. Pouvez-vous deviner lequel ?
Ordinateur
Au début de l’histoire de l’informatique, les ordinateurs n’étaient que de puissantes machines à calcul. On les appelait justement computer en anglais et calculateur en français.
Dans la mentalité légèrement machiste de l’époque, les comptables des petites entreprises effectuaient leurs calculs sur les calculatrices de bureau. Mais lorsqu’on voulait effectuer des calculs complexes sur des machines puissantes, il fallait évidemment quelque chose de plus masculin, d’où le mot calculateur…
En 1955, François Girard n’est pas satisfait. Responsable de la publicité chez IBM France, il anticipe le potentiel des machines IBM au-delà de leur utilité mathématique.
Afin de trouver un nom plus approprié, il s’adresse à son ancien professeur de lettres à la Sorbonne, Jacques Perret. Ce dernier est également philosophe et spécialiste du latin.
Il prendra un vieux mot, ordinateur, et proposera de lui donner un sens nouveau.
Du latin ordinator (celui qui commande, qui donne des ordres), ordinateur apparait en français à la fin du XVe siècle dans le sens de celui qui organise, qui met en ordre.
Le mot sera si peu utilisé qu’on ne se donnera même pas la peine d’en parler dans le dictionnaire de l’Académie française de 1935.
La suggestion du professeur Perret sera adoptée d’autant plus facilement que le directeur d’IBM France est également un de ses anciens élèves.
La compagnie tentera de faire breveter le nom afin de distinguer ses produits de ceux de ses concurrents. Sans succès puisqu’on démontra que le mot existait déjà en français depuis longtemps.
Le géant informatique se résolut à le promouvoir en tant que nom commun.
Informatique
Créé par la fusion d’information et d’automatique, le mot informatique est né en France sept ans après ordinateur. L’Académie française l’adoptera dès 1967.
On doit ce mot à la compagnie BULL qui, à l’époque, était le grand concurrent d’IBM.
Si ordinateur (et ses déclinaisons) n’a pas été tellement plus loin que la France et l’Espagne, le succès d’informatique a été mondial.
Digital
En français, l’adjectif digital qualifie ce qui est relatif aux doigts. Exemple : nos empreintes digitales.
En anglais, ‘digital’ se rapporte aux chiffres, appelés ‘digits’. En réalité, il y a deux mots en anglais pour parler d’un chiffre : ‘digit’ et ‘numeral’.
C’est ainsi que le nombre 127 est un ‘numeral’ composé des ‘digits’ 1, 2 et 7. Alors que 2 est un ‘numeral’ composé d’un ‘digit’, ‘two’ (écrit au long) est un ‘numeral’ composé des lettres ‘t’, ‘w’ et ‘o’, mais d’aucun ‘digit’.
Conclusion
Des trois mots du titre, ‘digital’ est le seul qui n’ait pas de rapport aux deux autres. En informatique et en électronique, l’adjectif ‘digital’ est un anglicisme qui doit être remplacé par numérique.
Références :
Jacques Perret (philologue)
Numbers, Numeral and Digits
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Écrit par Jean-Pierre Martel
L’épreuve de philo en France
Publié le 4 mai 2019 | Temps de lecture : 3 minutesDans presque tous les pays du monde, seuls les étudiants en philosophie passent un examen à ce sujet.
Mais en France, chaque année, plus d’un demi-million de jeunes Français passent un examen écrit et oral communément appelé épreuve de philo dont la réussite est nécessaire à l’obtention de leur baccalauréat.
Cette épreuve a été instaurée par Napoléon Bonaparte.
Parmi l’ensemble des examens à passer, celui de philo est celui qui ouvre le bal depuis 1970. Pour beaucoup, c’est le plus redoutable.
En France, selon le type de baccalauréat, les questions varient. L’étudiant doit choisir deux des trois sujets de dissertation proposés.
En 2018, voici les sujets à traiter.
Baccalauréat – Littérature :
• La culture nous rend-elle plus humain ?
• Peut-on renoncer à la vérité ?
• Expliquer le texte suivant (une longue citation fournie d’Arthur Schopenhauer).
Baccalauréat – Économique et social :
• Toute vérité est-elle définitive ?
• Peut-on être insensible à l’art ?
• Expliquer le texte suivant (une longue citation fournie d’Émile Durkheim).
Baccalauréat – Scientifique :
• Le désir est-il la marque de notre imperfection ?
• Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?
• Expliquer le texte suivant (une longue citation fournie de John Stuart Mill).
Baccalauréat – Technologique :
• L’expérience peut-elle être trompeuse ?
• Peut-on maitriser le développement technique ?
• Expliquer le texte suivant (une longue citation fournie de Montesquieu).
Selon l’ancien ministre de l’Éducation Luc Ferry, exprimer ses opinions ne suffit pas.
Le but de l’exercice est d’aider à former des citoyens doués d’esprit critique. L’étudiant doit s’inspirer de l’opinion publique dans le but d’y trouver des points de vue qui ne sont pas les siens et de les analyser.
Toutefois, il doit s’élever au-delà des banalités et s’interroger sur le sens profond des choses.
Aussi terrifiante qu’elle soit, l’épreuve de philo est néanmoins l’antidote parfait à la paresse intellectuelle qui s’installe à la fréquentation des médias sociaux. Des médias où seuls les slogans, les banalités et les opinions privés de ce qui les justifie peuvent s’exprimer brièvement.
Références :
Bac : pourquoi la philo ouvre le bal des épreuves ?
Bac 2013 : le corrigé des épreuves de philo de Luc Ferry
Bac 2018 : les sujets complets de philosophie
Le Bac philo
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Philosophie | Mots-clés : épreuve de philo |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Pourquoi dit-on que le cinéma est le 7e Art ?
Publié le 3 mai 2019 | Temps de lecture : 2 minutes
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Entre 1818 et 1829, le philosophe allemand Georg-Wilhelm-Friedrich Hegel fait paraitre une série de cours qui, regroupés après sa mort, seront connus sous le titre d’Esthétique ou philosophie de l’art.
Dans cet ouvrage, le philosophe estime qu’il existe cinq domaines artistiques : l’architecture, la sculpture, la peinture, la musique et la poésie.
En 1911, l’écrivain italien Ricciotto Canudo ajoute le cinéma au dernier rang (le sixième). Mais ce dernier deviendra le septième lorsqu’en 1923, Canudo insère la danse à sa liste.
Alors que le théâtre attend toujours son entrée au panthéon des arts, sa petite sœur télévisuelle a été placée depuis au huitième rang.
Et quand la bande dessinée s’est fait connaitre comme le neuvième art, le théâtre a crié à l’injustice. Imaginez : le poète et le dessinateur font de l’art, mais pas le dramaturge. Dans quel monde vivons-nous ?
Je suis sûr qu’une telle injustice serait matière à un drame théâtral… ou à un roman, puisque la littérature elle aussi ne fait toujours pas partie de la liste.
Références :
Esthétique ou philosophie de l’art
Ricciotto Canudo
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Au sujet du Mali
Publié le 3 mai 2019 | Temps de lecture : 2 minutes
Le quotidien Le Devoir publie ce matin un plaidoyer en faveur du maintien d’une présence militaire canadienne au Mali.
Ce plaidoyer est écrit par Louis de Lorimier. Encore récemment, celui-ci occupait le poste d’ambassadeur canadien au Mali.
L’auteur souligne l’importance de sécuriser cette région du monde où sévissent des groupes terroristes. Il implore le gouvernement canadien de revenir sur sa décision d’interrompre après un an sa participation à la mission des Casques bleus de l’ONU au Nord-Mali.
On trouvera ci-dessous le commentaire que j’ai publié en réponse au texte de M. de Lorimier.
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Le mirage d’un ex-ambassadeur
Les problèmes sécuritaires du Mali tirent leur origine du renversement en Libye de Kadhafi par l’OTAN.
À cette occasion, la Grande-Bretagne et la France, au nom de l’OTAN, ont déversé des millions de dollars d’armes qui, une fois Kadhafi assassiné, se sont dispersés dans la nature au fur et à mesure que les mercenaires-amis sont rentrés dans leurs pays respectifs.
C’est ainsi que des tribus nomades, armées lourdement par l’OTAN, ont vendu leurs armes aux plus offrants, dont des milices islamistes du Mali.
Permettez-moi, monsieur l’ex-ambassadeur, de vous poser deux questions.
En tant que membre de l’OTAN, le Canada a-t-il vu plus loin que le bout de son nez en votant en faveur du renversement par les armes du dictateur libyen ?
D’où vient cette manie de nous faire croire que nous avons le devoir de réparer les pots cassés par nos alliés ?
La guerre est couteuse. Le meilleur moyen d’inciter des pays producteurs de pétrole — la Libye en faisait partie — à produire au maximum, c’est d’y foutre le bordel.
Les guerres provoquées par les pays producteurs d’armements visent à maintenir bas le prix des hydrocarbures.
Et ce prix bas, c’est ce qui fait perdurer des habitudes de consommation qui sont en train de détruire la planète.
Je ne vous cacherai pas que je suis de plus en plus ulcéré de lire des plaidoyers en faveur des ‘missions’ canadiennes à l’étranger au cours desquels le Canada n’est que le complice des guerres prédatrices de l’Occident.
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Écrit par Jean-Pierre Martel