Publié le 6 juillet 2019 | Temps de lecture : 5 minutes
Cliquer sur l’image pour l’agrandir
Sur les 3 300 agronomes du Québec, 15 ont émis en 2018 de près de la moitié des 1 500 ordonnances d’atrazine, un herbicide cancérogène interdit en Europe depuis plus d’une décennie.
Ces quinze agronomes sont employés principalement par des fabricants ou des distributeurs de pesticides.
Selon Radio-Canada, de manière générale, la majorité des agronomes qui conseillent les agriculteurs sur l’utilisation des pesticides sont des salariés des entreprises qui vendent ces produits.
Inversement, la majorité des agriculteurs qui se font prescrire ces produits reçoivent leurs ordonnances d’agronomes payés par l’industrie.
Environ 80% des entreprises qui emploient des agronomes leur versent un salaire. Mais elles leur versent également des commissions associées à la vente de pesticides ou de défoliants.
Par exemple, si l’agronome vend suffisamment de poches de graines de maïs enrobées d’un pesticide, il gagne un voyage dans le Sud, toutes dépenses payées.
Dans quelques cas, l’agronome est payé exclusivement à commission : pas de vente de pesticides, pas de salaire. Selon l’Ordre des agronomes, il ne s’agit-là que d’une apparence de conflit d’intérêts.
Accusé de laxisme, l’Ordre a répliqué en soutenant que ceux qui blâment ses membres ne font qu’essayer de se faire du capital politique sur leur dos.
Cet organisme estime que son rôle est de faire appliquer les lois. « Que le gouvernement légifère et l’Ordre va suivre », déclare son vice-président.
Mais voilà, le gouvernement a déjà légiféré.
Plutôt que de déterminer lui-même les bonnes pratiques agricoles, l’État québécois a décidé en 2018 de s’en remettre au jugement professionnel des agronomes en obligeant les cultivateurs à obtenir une ordonnance d’un agronome pour pouvoir acheter des pesticides ou des défoliants.
Or l’article 31 du Code de déontologie des agronomes interdit déjà tout avantage, ristourne ou commission relatifs à l’exercice de sa profession.
Il est inacceptable qu’en violation de leurs règles déontologiques, la majorité des agronomes aient intérêt, personnellement, à ce qu’on vende le plus possible de pesticides et de défoliants.
L’Ordre est incapable de donner le moindre exemple de mesure cœrcitive prise contre un seul de ses membres à ce sujet.
Les propositions visant à renforcer l’indépendance des agronomes ont toutes été battues en assemblée générale en raison de la mobilisation des agronomes-pushers, accourus massivement pour le vote.
Bref, la profession des agronomes est pourrie de l’intérieur à un point tel que même l’Ordre des agronomes est paralysé.
Pour étirer le temps, cet organisme professionnel a créé un comité d’experts mandatés pour faire des recommandations. Son rapport est attendu d’ici la fin de l’année 2019.
Le comble de la mauvaise foi est sa décision d’y nommer des agronomes à la solde de l’industrie des pesticides.
Gênée par cet exemple flagrant de conflit d’intérêts, la puissante Union des producteurs agricoles a refusé de faire partie de ce comité.
Ce qui n’a pas empêché le nouveau président de l’Ordre de soutenir que les agronomes provenant de l’industrie s’exprimeront en toute indépendance par rapport à leur entreprise.
« On peut vous garantir que s’il y a des représentants de l’industrie, ils ne sont pas là pour noyauter le comité » a-t-il déclaré.
Je pense que l’Ordre des agronomes nous prend vraiment pour des imbéciles.
D’où la question : ne devrait-on pas mettre cet Ordre professionnel sous tutelle en raison de sa faillite à défendre l’intérêt public comme l’y oblige la loi ?
Publié le 5 juillet 2019 | Temps de lecture : 9 minutes
Introduction
Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) est un organisme fédéral qui règlemente et surveille près de 400 institutions financières et 1 200 régimes de retraite fédéraux pour déterminer s’ils sont en bonne santé financière et s’ils respectent les exigences auxquelles ils sont soumis.
En 2015, un de ses fonctionnaires portait plainte devant la Cour fédérale — un tribunal interne du gouvernement canadien — accusant le BSIF d’avoir violé son droit de travailler dans la langue officielle de son choix.
Le plaignant alléguait que durant toute sa carrière au BSIF, il avait été contraint de s’adresser en anglais à ses collègues unilingues de Toronto, de suivre des cours de formation offerts exclusivement en anglais, et d’utiliser des versions anglaises des logiciels nécessaires à l’exercice de ses fonctions.
Ce fonctionnaire pouvait utiliser le français pour s’adresser aux institutions francophones du Québec. Toutefois, l’immense majorité des interactions internes du BSIF se faisaient en anglais, sauf avec ses collèges du bureau montréalais, tous bilingues comme lui.
D’où une plainte logée auprès du Commissaire aux langues officielles. Ce dernier lui avait donné en bonne partie raison. Mais ses recommandations n’ayant été que peu suivies, le fonctionnaire avait résolu de porter l’affaire devant les tribunaux.
Rendu le 3 juillet dernier, le jugement (en excellent français) de l’honorable Peter-B. Annis est moins important par sa décision (défavorable à l’employé) que par le voile qu’il lève sur le fonctionnement du fédéral.
Description du fonctionnement du BSIF
À la page 114 du jugement, on y lit que le BSIF compte près de sept-cents employés répartis dans quatre bureaux : un bureau central situé à Ottawa et trois antennes régionales, situées respectivement à Vancouver, Toronto et Montréal.
Les 320 personnes du bureau central coordonnent les travaux des trois bureaux régionaux.
Mais le plus important de tous est le bureau de Toronto; il emploie 345 personnes, soit davantage qu’à Ottawa.
Alors que les autres bureaux emploient des généralistes, celui de Toronto emploi des spécialistes. Ceux-ci ont une expérience approfondie du monde de la finance (où ils ont œuvré) et en connaissent les secrets.
Dès qu’un dossier complexe exige la consultation d’un expert dans un domaine très précis, cet expert travaille toujours à Toronto. Or tous les postes y sont officiellement ‘unilingues anglais’.
Comme partout au BSIF, le premier critère d’embauche à Toronto est la compétence. Ici, l’étiquette ‘unilingue anglais’ ne signifie pas que seuls des angloCanadiens peuvent y postuler.
Cela indique que le candidat doit accepter d’y travailler exclusivement en anglais. Comme il aurait eu à y consentir s’il travaillait à quelques pas de là, sur Bay Street, où se concentre le secteur financier du Canada.
Dans les faits, il est rare que des Québécois, même bilingues, y soient embauchés.
Et puisque les spécialistes sont responsables de la formation dispensée aux généralistes, toutes les séances de perfectionnement se donnent en anglais. Évidemment, à Montréal, on pourrait offrir la traduction simultanée. Mais comme l’assistance montréalaise est déjà bilingue, on ne s’en donne pas la peine.
Le bureau de Vancouver, le plus petit, emploie 12 personnes unilingues anglaises. Comme les provinces qu’il dessert.
Les 20 postes montréalais sont bilingues pour deux raisons.
Premièrement parce que ce bureau dessert tout l’Est du pays. Or ces employés doivent être capables de s’adresser aux institutions financières dans la langue de leur choix.
Deuxièmement, parce qu’il est rare qu’ils puissent traiter d’un dossier sans avoir à consulter leurs collègues spécialistes de Toronto (qui, rappelons-le, ne parlent pas français).
Nous n’avons peu parlé du bureau central. En raison de leur travail de coordination, les postes de gestionnaires y sont officiellement ‘bilingues’.
À cause de la difficulté à trouver du personnel compétent, il est coutumier, dans l’ensemble de la fonction publique fédérale, de confier ces postes ‘bilingues’ à des unilingues anglais sous promesse d’apprendre le français… un jour.
Alors on les inscrit à des cours de français. Et il est fréquent que ces personnes quittent leur poste des années plus tard sans jamais avoir appris notre langue.
Concrètement, cela n’est pas un problème puisque la connaissance de l’anglais est commune aux angloCanadiens unilingues et aux francoCanadiens bilingues, soit l’ensemble du personnel du BSIF. Donc ces coordonnateurs, même unilingues anglais, font très bien l’affaire.
Le résultat final est que la place des francoQuébécois dans l’ensemble des sept-cents employés du BSIF est marginale et se limite essentiellement aux employés du bureau montréalais.
De plus, dans la fonction publique fédérale, les seules personnes qui peuvent travailler dans leur langue, ce sont les angloCanadiens. De leur côté, les francoCanadiens reçoivent une prime au bilinguisme précisément pour avoir renoncé au droit de travailler dans leur langue.
Voilà pourquoi la Cour fédérale a rendu un jugement défavorable au fonctionnaire occupant un poste bilingue alors qu’il se plaignait de n’avoir jamais pu travailler dans sa langue.
S’il voulait travailler exclusivement en français, il lui fallait postuler à un poste ‘unilingue français’, ce qui n’existe pas au fédéral.
À la page 133 du jugement, on y dit que 55 % des Francophones canadiens sont unilingues. C’est donc quatre-millions de Québécois qui n’ont pas leur place dans la fonction publique fédérale.
À l’opposé, l’unilinguisme anglais n’a jamais empêché personne de faire carrière au fédéral.
Dans ce cas-ci, l’angloCanadien unilingue ne pourrait pas travailler au bureau de Montréal, où se trouvent 2,9 % des emplois du BSIF. Mais il sera le bienvenu partout ailleurs.
Autrement dit, en vertu des exigences linguistiques fédérales, l’angloCanadien unilingue est chez lui presque partout au BSIF alors que le francoCanadien unilingue n’a aucune place au sein de cet organisme.
La traduction
Afin de masquer le fait que l’anglais est la langue interne du BSIF, les généralistes du bureau montréalais rédigent chaque rapport dans la langue de l’institution financière concernée.
Ce qui nécessite la traduction des avis reçus en anglais de Toronto.
Pour ne pas pénaliser les sociétés québécoises dont les projets de financement sont dépendants des rapports du BSIF, les généralistes de Montréal doivent effectuer un travail de traduction qui n’est pas dans leur description de tâche. À défaut de quoi leur rapport sera retardé de plusieurs semaines, sinon de plusieurs mois, en raison de la pénurie de traducteurs.
D’où la frustration encore plus grande du fonctionnaire débouté par la cour.
Publié le 4 juillet 2019 | Temps de lecture : 1 minute
Marie Curie en allégorie de la Science
Le 4 juillet 1934, Marie Skłodowska, mieux connue sous son nom marital de Marie Curie, décédait en Haute-Savoie (en France).
Elle fut la première femme dans l’Hexagone à obtenir un doctorat en sciences.
À ce jour, c’est également la première femme à avoir reçu deux prix Nobel.
Le premier, un prix Nobel de physique, fut attribué en 1903 à trois récipiendaires pour leurs travaux au sujet de la radioactivité : elle, son mari et Henri Becquerel.
En 1906, au décès de Pierre Curie, Marie Curie se voit confier les tâches professorales de son époux. Elle devient ainsi la première femme titulaire d’un poste de professeur à la Sorbonne.
En 1911, elle reçoit un second prix Nobel, cette fois de chimie, pour ses travaux sur le radium et le polonium (ce dernier en hommage à son pays natal).
À son décès en 1934, sa popularité était telle qu’à la Sorbonne, on remplaça la tête de la statue symbolisant la Science par une tête sculptée aux traits de Marie Curie.
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif PanLeica 25 mm F/1,4 — 1/400 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
Publié le 3 juillet 2019 | Temps de lecture : 4 minutes
En Finlande
Sur les trains de banlieue finlandais, une bonne partie des passagers ont obtenu leurs titres de transport sur l’Internet.
Le titre n’est pas téléchargé sur une carte à puce (comme à Montréal), mais sur le téléphone portable utilisé pour l’achat.
Le titre électronique est initialisé — on dit ‘composté’ en France — lorsque le passager dépose son téléphone sur un des lecteurs de titre sur le train.
Le passeport électronique
Les services frontaliers du Canada et des Pays-Bas testent présentement une application pour téléphone multifonctionnel qui permet de passer la frontière sans passeport.
Il suffit de télécharger une application sur son téléphone qui a pour but de stocker l’ensemble des données nécessaires.
Au lieu qu’un douanier compare la photo du passeport avec les traits de la personne devant lui, ce travail est effectué par une machine qui numérisera le visage du passager et comparera l’image obtenue à celle stockée dans son passeport numérique.
Selon ses développeurs, l’application réduit le risque de vol de données parce que les informations contenues dans le téléphone seront cryptées et qu’elles ne seront transmises que par un lien sécurisé activé par le voyageur lui-même.
Même si tout ce qui se trouve dans le passeport électronique était parfaitement sécurisé, rien n’empêche les machines qui lisent ces données d’en conserver une copie non cryptée.
Aux États-Unis
Le 7 février 2017, le secrétaire d’État américain à la Sécurité intérieure annonçait l’intention de son gouvernement d’obliger les voyageurs à révéler aux douaniers américains leurs codes d’accès aux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, etc.).
Depuis, on rapporte quelques cas de Canadiens refoulés à la frontière américaine pour s’y être opposés.
En Chine
Le Xinjiang est une région chinoise située au nord-ouest du pays.
Ces jours-ci, les voyageurs qui entrent dans cette province à partir d’un pays voisin — le Kirghizistan, également à majorité musulmane sunnite — doivent confier le code d’accès de leur téléphone aux douaniers chinois.
L’appareil est confisqué pendant environ une heure.
C’est le temps que les douaniers mettent pour y effectuer une recherche de contenu louche.
Dans le cas particulier des téléphones sous Android, on y installe également une application. En raison du contrôle strict d’Apple exerce sur les applications compatibles avec ses téléphones, les autorités chinoises procèdent différemment, mais en arrivent au même résultat.
Selon le quotidien britannique The Guardian, l’application sous Android n’accomplit que deux tâches.
Premièrement, elle extrait du téléphone les informations personnelles qui s’y trouvent : la liste des contacts, de même que les noms d’utilisateurs et mots de passe pour les réseaux sociaux.
Deuxièmement, elle cherche la présence d’un ou de plusieurs parmi 70 000 fichiers dont la possession est interdite (MP3s, PDFs et JPEGs).
Le tout est téléchargé sur l’intranet des autorités frontalières.
En définitive, la Chine fait de manière ciblée ce que font déjà les États-Unis depuis des années sur l’ensemble de la population mondiale, si on en juge par les révélations d’Edward Snowden en 2013.
Précisions que le scandale révélé par Snowden n’avait rien d’étonnant puisque ce sujet avait été traité sur ce blogue en 2011, soit deux ans plus tôt.
Publié le 2 juillet 2019 | Temps de lecture : 2 minutes
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Pour la personne qui songe à visiter Lisbonne ou pour celle qui désire se remémorer des souvenirs de cette ville, les diaporamas disponibles sur ce blogue représentent près de deux-mille photos en haute-définition et des dizaines de séquences vidéo au sujet de la capitale portugaise.
Ces textes présentent les principaux attraits de chacun des quartiers touristiques de la ville.
Offerts gratuitement, ils constituent les chapitres d’un guide de voyage électronique dont il ne manque qu’une revue systématique des lieux d’hébergement et des meilleurs restaurants.
Pour lire les récits quotidiens du voyage à Lisbonne, veuillez cliquer sur ceci.
Pour consulter la liste des diaporamas de toutes les villes visitées, veuillez cliquer sur ceci
Publié le 1 juillet 2019 | Temps de lecture : 6 minutes
Cliquez sur l’image pour démarrer
Ce diaporama met en vedette deux sites touristiques de la capitale portugaise :
• le musée de la collection Berardo et
• la Tour de Belém.
Situé immédiatement à l’ouest du monastère, le planétarium Calouste-Gulbekian (à 0:06) s’ajoute à ces deux sites. Il ne fait pas partie du diaporama parce que je ne l’ai pas visité.
Le Museu Coleção Berardo (de 0:08 à 2:11)
Dans l’édifice néomédiéval du Centro Cultural de Belém, on peut admirer gratuitement la remarquable collection d’Art contemporain du mécène José Manuel Rodrigues Berardo.
Le rez-de-chaussée du centre comprend deux petits jardins de style japonisant, réinterprétés à la portugaise. En effet, le sable peigné est ici remplacé par des calades, ces pavés cubiques en calcaire, typiques de Lisbonne.
Les étages supérieurs du musée exposent près de mille œuvres de plus de cinq-cents artistes modernes.
C’est donc un vaste survol de la création artistique du XXe siècle qu’on peut y admirer. Il y a bien quelques sculptures mais on y voit surtout des toiles.
Au sous-sol, on présente des vidéos et des œuvres d’artistes modernes portugais : peintures, sculptures, installations et photographies.
Contrairement au Musée d’Art contemporain de Montréal (très centré sur des installations et les vidéos), le Museu Coleção Berardo résume à lui seul tout l’art pictural du XXe siècle.
On trouvera à la fin de ce texte le détail des œuvres présentées dans le diaporama.
Du musée à la Tour de Belém. nous passons devant le restaurant Espaço Espelho d’Água (à 2:12), le Museu de Arte Popular (à 2:14), la marina devant l’Altis Belém Hotel & Spa(à 2:18), le restaurant Vila Latina (à 2:20), et l’édifice de Garde côtière (à 2:22), pour atteindre le Jardim da Torre de Belém (de 2:24 à 2:28).
La Tore de Belém (de 2:29 à 3:03)
Au moment de sa construction, de 1515 à 1521, ce dispositif défensif de cinq étages s’avançait davantage dans le Tage.
Le fleuve s’étant retiré depuis, il suffit d’une passerelle pour y accéder. On a aménagé du côté nord un bassin de rétention qui fait en sorte qu’en matinée, à marée basse, des poissons y demeurent prisonniers alors que des enfants peuvent ramasser des coquillages sur le sable qu’on y a mis.
Et puisque Lisbonne est située près de l’embouchure du Tage, ce fleuve subit en fin d’après-midi la marée haute de l’Atlantique : la tour se trouve alors entourée d’eau et des petites vagues frappent les marches en hémicycle qui bordent le bassin de rétention submergé.
Le rez-de-chaussée de la tour correspond à la salle des canonniers. Le premier étage possède une grande terrasse permettant les manœuvres qui jalonnaient la vie de garnison. Le deuxième est la salle du capitaine, dotée de trois balcons et d’une belle loggia du côté sud.
À 2:46, la façade du côté sud du troisième étage est décorée des armoiries de Manuel Ier. De chaque côté, on peut voir une sphère armillaire.
Il s’agit d’un instrument de navigation qui modélise la sphère céleste et qui était utilisé par les navigateurs portugais pour montrer également le mouvement apparent des étoiles et du soleil. C’était aussi l’emblème de Manuel Ier, commanditaire de la tour.
Cet instrument fait donc partie des nombreux symboles et allusions maritimes typiques du style manuélin. On le trouve donc sur des édifices manuélins civils (comme ici) ou religieux (comme au monastère).
Le quatrième étage correspond à la chapelle, entourée d’un chemin de guet. Le toit plat de la chapelle offre une deuxième plateforme d’observation pour guetter les vaisseaux ennemis.
Un peu plus à l’ouest (de 1:52 à 1:57)
À l’ouest de la tour, on trouve le Museu do Combatante (de 3:04 à 3:19). Il comprend une partie payante (où sont exposés des jeeps et des cannons modernes) et une chapelle (qu’on peut visiter gratuitement) construite en hommage aux soldats portugais qui ont sacrifié leur vie pour leur patrie.
Plus à l’ouest, on peut voir le Centre Champalimaud (de 3:20 à 3:31). Il s’agit d’un très bel édifice blanc consacré à la recherche médicale et dont l’architecture moderne est photogénique.
Détails des œuvres de la Coleção Berardo :
• Sans Titre (1968), d’Alexander Calder (à 0:16)
• Guitare, chaise et formes (1925), de Clément-Serveau (à 0:24),
• Plakatentwurf (1930), de Gustav Klucis (à 0:28),
• Tableau avec jaune, noir, bleu, rouge et gris (1923), de Piet Mondrian (à 0:30),
• Relief;Rythmes (1932), de Robert Delaunay (à 0:34),
• Constructivo en Gris y Negro con Centro Rojo (1933), de Joaquín Torres-García (à 0:36),
• Sans Titre (1939), de Mauro Reggiani (à 0:38),
• Figure à la bougie (1925), de Joan Miró (à 0:40),
• La Rencontre (1936), de Jacques Hérold (à 0:42),
• Téléphone blanc aphrodisiaque (1936), de Salvador Dalí (à 0:44),
• café (1948), de Man Ray (à 0:48),
• Borne au Logos V (1967), de Jean Dubuffet (à 0:54),
• Sans Titre (1979), de Sam Francis (à 0:58),
• Head (1938-1941), de Jackson Pollock (à 1:02),
• Composition (1948), de Maria Helena Vieira da Silva (à 1:04),
• Orient IV (1970), de Bridget Riley (à 1:06),
• Clous fluorescents no 18 (1968), de Bernard Aubertin (à 1:10),
• Fleet (1971), d’Anthony Caro (au premier plan à 1:14),
• Beta Tau (1961), de Morris Louis (au mur, à 1:14),
• Expansion valise (1970), de César (au premier plan, à 1:16),
• Sombra Projetada de Micheline Presie (1965), de Lourdes Castro (à 1:18),
• Déjeuner sur l’herbe (1964), d’Alain Jacquet (à 1:20),
• Brillo Box (1964-1968), d’Andy Warhol (au premier plan, à 1:26),
• Judy Garland (1979), d’Andy Warhol (à 1:28),
• Thought (1965), de Phillip King (à 1:32),
• Virnaburger (1965), de Mel Ramos (à 1:34),
• Smoke Dream (1963), d’Allan D’Arcangelo (à 1:36),
• Positivo Negativo (1988-1989), d’Alighiero Boetti (à 1:50),
• Abstraktes Bild (1967), de Gerhard Richter (à 1:54).
Détails techniques : Le diaporama présente un clip vidéo et 104 photos réalisés à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.
En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (50 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (38 photos), et le PanLeica 25 mm F/1,4 (16 photos), .
Publié le 30 juin 2019 | Temps de lecture : 10 minutes
Cliquez sur l’image pour démarrer
Introduction
Le monastère des Hiéronymites (surnommé ‘monastère de Belém’) est un complexe muséal aménagé dans un monastère qui a échappé, en raison de son éloignement, aux grandes destructions du séisme de 1755 à Lisbonne.
Confié jusqu’en 1834 aux moines soumis à l’Ordre de Saint-Jérôme, le monastère porte le nom de ces religieux (les Hiéronymites).
D’ici à ce que le métro soit prolongé vers l’ouest, les visiteurs qui s’y rendent en autobus à partir de la station Cais do Sodré doivent descendre non pas à l’arrêt Betlém, mais plutôt à l’arrêt suivant, environ 400 mètres plus loin, appelée spécifiquement Mosteiro Jerónimos.
Ce diaporama met en vedette les différentes parties de ce complexe muséal :
• la sacristie,
• l’Igreja Santa Maria de Belém,
• le cloitre,
• le Museu Nacional de Arqueologia,
• le Museu de Marinha. Un style spécifique au Portugal
Le monastère de Belém est l’œuvre la plus aboutie du style manuélin, du nom du roi Manuel Ier qui régna sur son pays de 1495 à 1521.
Édifié en pierre calcaire de Lioz, le monastère fut financé par la ‘taxe du poivre’ prélevée sur la vente des épices et des matières précieuses importées. Elle débuta à partir de 1502 et dura près d’un siècle.
Sous le règne de Manuel Ier, le Portugal est la première puissance maritime du monde. Grâce à la découverte de la route des Indes par Vasco de Gama et à la découverte du Brésil par Pedro Alvares-Cabral, des trésors sont ramenés des quatre coins du monde. Le Portugal est au sommet de sa puissance économique.
C’est une période heureuse pour le pays. Dans le domaine des arts, cet enthousiasme suscitera la naissance d’un style décoratif exubérant qui, en dépit du fait qu’il est contemporain du gothique flamboyant ailleurs en Europe, fait penser à des styles qui naitront ailleurs beaucoup plus tard.
Le style manuélin célèbre le triomphe des explorateurs maritimes portugais. Parmi les motifs favoris de ce style, mentionnons les cordages (incluant les colonnes torsadées), les vagues, les poissons, les coquillages — vus de l’extérieur, et non de l’intérieur comme ce sera le cas à l’époque rococo — les ancres, les instruments de navigation, etc.
La décoration manuéline est appliquée au pourtour des fenêtres et des portes, sur les colonnes et les piliers, de même que sur les arches intérieures de l’édifice. Cette exubérance contraste avec la sobriété des murs, laissés nus.
En raison de la durée de la construction, plusieurs styles se sont succédé à l’église Sainte-Marie.
Son premier architecte, Diogo Boitaca, de même que son successeur, João de Castilho (créateur de la voute et des piliers) marquèrent l’église du style manuélin. Aux bras du transept, Jérôme de Rouen imposa la sobriété relative du style baroque. À partir de 1565, le chœur initial de Diogo Boitaca est refait par Diogo de Torralva et achevé par Jerónimo de Ruão dans le style maniériste.
Le diaporama s’ouvre sur une œuvre de Felipe Lobo intitulée ‘Vue du monastère et de la plage de Belém’ (1657). On y voit des femmes puisant l’eau de la fontaine située devant le monastère.
La page-titre du diaporama (à 0:04) montre la fontaine qui l’a remplacée et qui se trouve depuis 1940 au milieu de la Praça do Império.
La sacristie (de 0:08 à 0:29)
De l’extérieur, on accède à la sacristie par une entrée située à l’est du monastère.
Conçue par João de Castilho, elle fut construite de 1517 à 1520.
Autour d’un pilier soutenant une voute gothique remarquable, la sacristie aligne les bahuts servant à entreposer la multitude des vêtements liturgiques nécessaires au culte et aux grandes occasions.
Les toiles au-dessus d’eux représentent des scènes de la vie de saint Jérôme. Dues au peintre maniériste Simão Rodrigues, elles furent réalisées entre 1600 et 1610.
L’Igreja Santa Maria de Belém (de 0:31 à 1:37)
Plan du monastère
Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.
En forme de croix latine, les travées de l’église furent ajoutées vers l’ouest à l’instar du mouvement apparent du soleil (symbolisant le Christ) sur la voute céleste.
La nef se compose de trois vaisseaux; un vaisseau central flanqué de vaisseaux latéraux aussi hauts que lui (et qu’on ne peut pas appeler ‘bas-côtés’ pour cette raison). C’est le premier architecte de l’église, Diogo Boitaca, qui introduisit au Portugal le concept d’église-halle à Sebútal et, quelques années plus tard, au monastère de Belém.
Tabernacle du chœur en argent massif
Traversées par le vaisseau central, les deux dernières travées (à l’ouest) font office de vestibule contenant la chapelle dorée à Notre-Seigneur-des-marches (à 1:28), de même que les sarcophages de l’explorateur Vasco de Gama (de 1:22 à 1:26) et du poète Louís de Camões (de 1:12 à 1:18). Ces monuments funéraires furent sculptés au XIXe siècle par Antonio Augusto da Costa Mota dans le style néomanuélin.
S’étendant sur toute la largeur de l’église, la croisée du transept crée un volume impressionnant de plus de vingt-mille mètres cubes dégagé de tout pilier (à 0:38).
Tout comme sur les côtés du chœur, les bras du transept contiennent des niches où sont placées les tombes de membres de la famille royale.
Soutenus par deux éléphants de marbre et surmontés d’une couronne, on trouve le tombeau du roi cardinal Henri Ier de Portugal (au fond du bras gauche du transept) et celui (vide) de Sebastião Ier de Portugal (au fond du bras droit).
Si on exclut le passage discret de la sacristie à l’église (à 0:54), on entre dans l’église par deux portails richement décorés.
De 1:30 à 1:37, nous voyons le portail ouest, conçu par Diogo Boitaca et João de Castilho, puis exécuté par Nicolas Chantereine. À 1:32 se distinguent les statues de Manuel Ier agenouillé, derrière lequel se tient saint Jérôme et à 1:36, Marie d’Aragon, épouse du roi, agenouillée devant saint Jean Baptiste. Entre les deux, au-dessus de l’entrée, on peut voir trois niches représentant l’Annonciation, la Nativité et l’Adoration des Mages (à 1:34).
Haut de 32 mètres et large de 12 mètres, le portail sud (de 2:36 à 2:44) est de João de Castilho. Il est décoré de 40 statues représentant, entre autres, une Vierge à l’Enfant (à 2:38), les apôtres (2:40 et 2:44), alors que son tympan présente des bas-reliefs dédiés à saint Jérôme (à 2:42).
Le cloitre (de 1:39 à 2:24)
Adjacent au nord se trouve le cloitre du monastère. Carré, il s’étend sur deux étages et mesure 55 mètres de côté.
Son rez-de-chaussée a été construit par Diogo Boitaca. Celui-ci dote le cloitre de larges galeries dont les arcades s’ouvrent sur le jardin au travers de fines colonnes de pierre.
Le premier étage est de João de Castilho. Ses arcades sont moins profondes et sont décorées de remplages différents.
C’est par cet étage que les visiteurs peuvent accéder à la galerie à l’arrière de l’église — qu’on appelle jubé au Québec — (à 1:50) où les moines assistaient aux offices. C’est également par cet étage qu’on y accède à l’exposition consacrée à l’histoire du monastère (de 2:00 à 2:06).
De nos jours, la climatisation est une des principales dépenses énergétiques d’un immeuble. Le monastère de Belém est doté d’un système de climatisation parfaitement écologique.
Dès la tombée du jour, les murs épais accumulent la fraicheur de la nuit. Une fraicheur qu’ils libèrent durant le jour.
Enfants jouant par journée très chaude
Combiné à l’ombre des galeries extérieures et au fait que le cloitre est refermé sur lui-même (ce qui empêche le vent de dissiper au loin la fraicheur), cet effet est encore perceptible en fin d’après-midi.
Le Museu Nacional de Arqueologia (de 2:50 à 3:08)
À l’ouest de l’église, le long bâtiment qui complétait originellement l’ensemble a été endommagé au début du XIXe siècle par les troupes anglaises de Wellington venues s’opposer à l’envahissement du Portugal par les troupes napoléoniennes.
Cet édifice fut reconstruit en style néomanuélin au XIXe siècle. De nos jours, on y trouve deux musées.
Le premier est le Museu Nacional de Arqueologia. Sa salle principale est consacrée à la période romaine. On y présente beaucoup de statues décapitées, des stèles funéraires érodées et quelques mosaïques remarquables.
Vers le fond, on rencontre successivement le trésor (exposant essentiellement des bijoux archéologiques en bronze et en or), la salle des antiquités égyptiennes (salle très intéressante où sont en vedette deux sarcophages de bois peint et une momie enveloppée de bandelettes de lin), et finalement une exposition temporaire d’un intérêt limité (de 3:10 à 3:26).
Le Museu de Marinha (de 3:28 à 4:40)
Comme on pourrait s’y attendre d’un pays dont l’histoire est marqué par de grandes découvertes maritimes, le musée de la Marine est un musée attrayant dont on a soigné tous les aspects.
N’y cherchez pas des navires richement décorés qui seraient les équivalents maritimes des carrosses extravagants du Museu Nacional dos Coches; on y présente plutôt de belles maquettes (de différentes tailles) de tous les bateaux dont se sont servis les navigateurs portugais, leurs instruments de navigation, les uniformes des marins et de leurs officiers.
Bref, c’est un autre site touristique de qualité, à caractère encyclopédique, dont je recommande la visite.
Détails techniques : Le diaporama présente 137 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.
En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (59 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (44 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (30 photos), le M.Zuiko 8 mm F/1,8 et le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (2 photos chacun).
Publié le 27 juin 2019 | Temps de lecture : 7 minutes
Cliquez sur l’image pour démarrer
Belém — déformation de Bethléem — est l’arrondissement le plus à l’ouest de Lisbonne. Sur un territoire de 5,6 km² (7% de la capitale) vivent environ seize-mille habitants. Cela représente 3% de la population lisboète.
Le moyen le plus rapide de se rendre à Belém est par train. Les autobus qui relient l’arrondissement au centre-ville partent tous de la station Caís do Sodré ou transitent par elle.
Le trajet est alors de six kilomètres.
L’arrondissement de Belém est le plus riche en sites touristiques. Le plus important d’entre eux, que tout touriste devrait visiter, est le monastère des Hiéronymites. Celui-ci sera le sujet du deuxième des trois diaporamas consacrés à l’arrondissement.
Celui dévoilé aujourd’hui met en vedette quatre sites touristiques situés à l’est du monastère :
• le musée d’art, d’architecture et de technologie (MAAT),
• le Musée national des carrosses,
• la Pâtisserie de Belém, et
• le Jardin botanique tropical.
Le MAAT (de 0:07 à 0:24)
Inauguré en 2016, le Museu de Arte, Arquitetura e Tecnologia est le plus récent des quatre musées d’Art contemporain de Lisbonne.
Au cout de seulement vingt-millions d’euros, le musée a été réalisé par la firme d’architectes londoniens AL_A.
Ce cabinet a conçu un édifice qui, vu au loin sur le Tage, s’apparente à une dune de sable. Les parois extérieures inclinées sont recouvertes de carreaux de céramique blanche et le toit de l’édifice (qui sert aussi de belvédère sur le fleuve) est en bonne partie végétalisé.
Au cours des années, le MAAT se dotera progressivement d’un fond d’œuvres contemporaines. Ce qui est une manière polie de dire que pour l’instant, l’architecture du musée est plus intéressante que ses collections.
À 0:30, on voit le terminal des traversiers de Belém.
Le Museu Nacional dos Coches (de 0:34 à 1:34)
À 0:32, voici l’ancien édifice du musée des Carrosses, situé à quelques pas de son nouvel écrin, dessiné par l’architecte brésilien Paulo Mendes da Rocha.
C’est le plus beau musée des carrosses qui m’ait été donné de voir. Sa visite est chaleureusement recommandée.
À la fin de ce texte, on trouvera le détail des véhicules représentés ici.
L’Antiga Confeitaria de Belém (de 1:52 à 1:57)
Immédiatement à l’ouest du musée des Carrosses, on rencontre (de 1:36 à 1:39) le monument à l’explorateur portugais Afonso de Albuquerque, inauguré en 1902 au centre de la place homonyme.
De 1:40 à 1:45, il s’agit de photos infrarouges réalisées au Parque infantil do Jardim Vasco de Gama, situé à l’ouest du parc précédent.
Sur la rua de Belém qui longe au nord ces deux parcs, on trouve (de 1:52 à 1:57) la pâtisserie antique de Belém, reconnaissable à ses auvents bleu royal.
On y vient principalement pour les Pastéis de nata (ou pâtisseries à la crème), originellement vendues au XIXe siècle par les moines de Belém et dont la recette est demeurée secrète jusqu’ici.
Il s’agit d’un flan composé d’une pâte feuilletée (comme celle d’un millefeuille) remplie de crème anglaise. On les vend accompagnés de deux sachets : l’un de sucre à glacer et l’autre de cannelle qu’on saupoudre (ou non) selon ses préférences.
En 2009, ce dessert obtenait la 15e place au palmarès des cinquante meilleurs mets au monde établi par le quotidien The Guardian de Londres.
Le Jardim Botânico Tropical (de 1:58 à 2:15)
Créé en 1905 sous le nom de Jardin colonial, le Jardin botanique tropical présente sur sept hectares (dont cinq accessibles au public) des plantes tropicales collectionnées conjointement par le Jardin botanique de Lisbonne et le Muséum national d’histoire naturelle et des sciences, sous l’autorité de l’université de Lisbonne.
Cet arboretum contient plus de 500 espèces végétales provenant de Madère, des Canaries, d’anciennes colonies portugaises, et d’autres pays africains.
En plus de nombreuses espèces végétales, ce parc est habité par de nombreux paons, de nombreux canards et quelques poules.
L’immense portail de style chinois (à 2:08) représentait la colonie de Macao à l’Exposition du monde portugais de 1940.
Détails des carrosses présentés dans ce diaporama :
• de 0:38 à 0:41, voiture d’apparat que Louis XIV a offert à sa cousine Marie-Françoise-Élisabeth de Savoie à l’occasion de son mariage en 1666 avec Alfonso VI de Portugal,
• à 0:42, voiture réalisée en France et ayant appartenu à Marie-Françoise-Élisabeth de Savoie, épouse (successivement, il va sans dire) de deux rois portugais : Alphonso VI et son frère Pedro II (seconde moitié du XVIIe siècle),
• à 0:44, voiture réalisée au Portugal et ayant appartenu au roi Pedro II de Portugal (fin du XVIIe siècle),
• de 0:46 à 0:51, carrosse que Joseph Ier, empereur d’Autriche, a donné à sa sœur Marie-Anne d’Autriche à l’occasion de son mariage avec le roi João V de Portugal en 1708,
• de 0:52 à 0:55, voiture d’apparat portugaise commandé par le roi João V. Les boiseries sont des sculpteurs José et Vincente de Almeida. Les peintures sont de José da Costa Negreiros (première moitié du XVIIIe siècle),
• à 0:56, il s’agit d’un carrosse italien que le pape Clément XI a offert en 1715 au roi João V à l’occasion du baptême du prince héritier José (futur José Ier de Portugal). Le putto doré brandissant un cœur en flamme symbolise l’Amour,
• à 0:58, il s’agit d’un carrosse français utilisé par Louis de Camara, ambassadeur extraordinaire du Portugal à la cour de Louis XIV (début du XVIIIe siècle),
• de 1:02 à 1:05, carrosse de triomphe fait en Italie et utilisé en 1716 par l’ambassadeur que João V de Portugal délégua auprès du pape Clément XI. À l’arrière, on peut voir les figures allégorique de Lisbonne (au centre), entre l’Abondance (à gauche) et la Renommée (qui couronne la ville), sous lesquelles sont assises l’Afrique (à gauche) et l’Asie (à droite, accompagné d’un dragon), deux continents sur lesquels s’étendait alors l’empire portugais,
• à 1:06, carrosse portugais de l’Infante António, frère de João V de Portugal (XVIIIe siècle),
• à 1:08, carrosse portugais des filles de José Ier (première moitié du XVIIIe siècle),
• à 1:10, carrosse espagnol utilisé par Mariana Victória de Bourbon à l’occasion de son mariage avec José Ier de Portugal en 1729,
• de 1:14 à 1:17, berline portugaise de style néorenaissance utilisée par la reine Maria Ire de Portugal (fin du XVIIIe siècle),
• à 1:18, voiture portugaise de voyage, de style anglais (fin du XVIIIe siècle),
• à 1:20, décoration de la portière d’une chaise italienne à porteurs (XVIIIe siècle),
• à 1:22, chaise à porteurs au toit amovible (XVIIIe siècle),
• de 1:24 à 1:27, voiture d’apparat commandée en 1824 à Londres pour le roi João VI de Portugal,
• à 1:32, voiture de la poste portugaise (XIXe siècle).
Détails techniques : Le diaporama présente un clip vidéo et 47 photos réalisés à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 et 16 photos prises par un appareil Panasonic GH1 modifié pour prendre des photos infrarouges.
En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le PanLeica 25 mm F/1,4 (32 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (30 photos), et le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2 photos).
Publié le 25 juin 2019 | Temps de lecture : 6 minutes
Introduction
Entre 1950 et 2015, on a produit 8,3 milliards de tonnes de plastique.
Sous forme de biens durables ou de produits à usage répété, une proportion de 30% est toujours utilisée. Par ailleurs, 55% sont enfouis, 8% sont incinérés et 6% sont réellement recyclés.
De nos jours, les États-Unis produisent annuellement 34,5 millions de tonnes de plastique. Cela est suffisant pour remplir à ras bord mille fois le stade olympique de Montréal.
Il ne faut pas reculer très loin dans le temps pour se rendre compte que nous sortons à peine de la préhistoire du recyclage.
L’évolution des mentalités des citoyens se heurte maintenant aux décisions des manufacturiers qui, au contraire, ont accéléré la production du plastique au point que la moitié de tout le plastique depuis 1950 a été fabriqué au cours des treize dernières années. C’est ce qui explique que près du tiers est encore utilisé.
La récréation achève
À la fin de 2018, la Chine fermait ses frontières aux déchets importés.
Au début du mois, Le Devoir rapportait le cas de 69 conteneurs canadiens remplis de déchets non recyclables, coincés dans deux ports philippins depuis six ans et qui viennent de reprendre le chemin du retour vers le Canada.
Jusque là, la grande majorité des Canadiens croyaient que la collecte sélective servait à produire des biens recyclés.
En réalité, le fruit de nos collectes sélectives est expédié majoritairement dans des pays en voie de développement pour être enfoui là plutôt qu’ici.
C’est ainsi que 95% du papier que nous croyons recycler ne l’est pas, mais est plutôt expédié en Inde ou en Indonésie. Au Québec, c’est 145 000 tonnes de papier qu’on envoie annuellement à l’autre bout du monde sans savoir ce qu’il en advient.
Après la fermeture des frontières chinoises, la solution de facilité fut de trouver en Asie d’autres pays d’exportation.
Au début de cette crise, les autorités ont bien insisté pour dire qu’il est très important que le public conserve sa confiance pour le système de récupération des déchets au Canada.
Et c’est ce message que nos médias traditionnels se sont efforcés de relayer.
Le réveil des médias
Depuis, les journalistes se sont intéressés au sort de nos déchets. Et ce qu’ils ont appris, c’est qu’on nous ment depuis des années.
Sur les trois-millions de tonnes de déchets produits annuellement par le Canada, on évalue que 9% sont recyclés, 4% sont incinérés alors que 86% sont enfouis.
En réalité, personne ne connait précisément le sort des déchets expédiés à l’Étranger.
Il est impossible pour le Canada de se servir de la Chine comme poubelle sans que les deux pays se soient entendus à ce sujet.
Or le gouvernement canadien est incapable de dire quelle proportion de nos déchets expédiés en Chine est réellement recyclée. Tout ce qu’on sait, c’est qu’une partie est enfouie et le reste sert de combustible.
Cela signifie que le gouvernement canadien n’a jamais rien exigé de la Chine; son seul souci était de se débarrasser de ses déchets, peu importe ce que la Chine en ferait.
En somme, le but de nos collectes sélectives, c’est de prolonger la durée de vie de nos sites d’enfouissement.
La contrepartie de cela, l’acheminement de déchets par bateau nécessite des millions de tonnes de mazout. Ce qui augmente l’empreinte environnementale de nos déchets.
Le contribuable en nous a intérêt à ce que nos sites d’enfouissement durent le plus longtemps possible. À l’opposé, le citoyen responsable est frustré parce que la collecte sélective à laquelle il se livre ne sert pas à grand-chose.
Ce dilemme entre le contribuable et le citoyen est né de la négligence de nos dirigeants politiques à mettre en place une véritable industrie du recyclage de nos déchets.
L’inaction prolongée jusqu’en 2021
Le 10 juin dernier, le premier ministre canadien annonçait son intention d’interdire les plastiques à usage unique dès 2021… si son parti est réélu.
Cette promesse était déjà dans l’excellent programme environnemental du Parti libéral du Canada à l’époque de Stéphane Dion, voilà plus d’une décennie.
Justin Trudeau précise : « Nous allons prendre le temps de nous baser sur la science [et] regarder [ce qu’ont fait] d’autres juridictions comme l’Union européenne.»
Le premier ministre avoue candidement l’inaction de son gouvernement jusqu’ici. Plus grave est son aveu implicite de n’avoir aucune idée de ce qu’il devrait faire puisqu’il lui reste à regarder ce que font les autres pour s’en inspirer.
Ce n’est pas fort pour un champion auto-proclamé de l’environnement…
Pour chacun de ses citoyens, le Canada exporte annuellement 3,7 kg de déchets plastiques, soit davantage que les États-Unis (2,2 kg par citoyen).
Conclusion
Depuis des années, nos gouvernements nous mentent; la collecte sélective de nos déchets ne sert qu’à prolonger la vie de nos sites d’enfouissement puisque nos déchets sont simplement enfouis à l’Étranger plutôt qu’ici.
Or le transport maritime de ces déchets à l’autre bout du monde aggrave notre empreinte environnementale. En d’autres mots, ce faux recyclage pollue.
À mon avis, si on veut réellement sauver cette planète, il faudra nous résoudre à rien de moins qu’une révolution politique.
Publié le 24 juin 2019 | Temps de lecture : 5 minutes
Certains festivaliers estiment qu’un festival de musique baroque serait incomplet sans chant. D’autres pensent que sans ballet, il serait moins vivant.
En cette dernière journée du Festival Montréal Baroque, il y en avait pour tous les gouts.
L’art de laisser faire
Cliquez sur l’image pour démarrer
Madeleine Owen (téorbe)
Sara Lackie (harpe)
À 9h, à la Maisonnette des parents, deux membres du quintette La Cigale (Sara Lackie et Madeleine Owen) interprétaient des œuvres de compositeurs italiens et espagnols de la Renaissance et du début du baroque.
Certaines de ces pièces étaient accompagnées de danses effectuées avec grâce par Anne-Marie Gardette.
Dans les œuvres instrumentales pour solistes, la harpiste fut remarquable. Ce fut également le cas de la luthiste dans la deuxième partie du concert, après que son instrument fut accordé.
Guitares 666
David Jacques ajustant sa guitare battente
Un des charmes du festival est la proximité entre les mélomanes et les artistes. Mais il arrive que cette promiscuité prive ces derniers de l’intimité qu’ils aimeraient parfois maintenir.
À l’aide d’une application sur son téléphone multifonctionnel, c’est dans un passage très fréquenté que David Jacques ajusta une des guitares dont il se servira quelques instants plus tard.
Cliquez sur l’image pour démarrer
David Jacques possède la plus importante collection de guitares anciennes en Amérique du Nord.
Les violons ont leurs facteurs célèbres (exemple : Stradivarius). Les guitares ont les leurs. Les instruments utilisés par David Jacques dans son concert de 10h15 sont dus aux plus grands facteurs de guitares.
Ce qui fut une occasion de comparer leurs sonorités.
Dans le clip vidéo ci-dessus, le guitariste beauceron utilise une guitare battente (à cordes métalliques) créée en 1806 par Marcus Obbo. Il y joue une pièce de Santiago de Murcia (1673-1739).
A Mio Modo
Esteban La Rotta, Elionor Frey, Anthony Harvey et Stéphanie Brochard
De nouveau la musique se maria à la danse dans le spectacle qui débuta à 11h30 et qui mit en vedette Esteban La Rotta (luth), Elionor Frey (viola d’arco), Anthony Harvey (luth) et Stéphanie Brochard (metteuse en scène et danseuse).
La chorégraphe créa une série de tableaux afin de caractériser chaque pièce musicale. Des tableaux auxquels les musiciens participèrent. Ce qui en fit un spectacle original et intéressant.
Persona
Les Méandres
Vers 15h, à l’église Notre-Dame-de-la-Défense, l’ensemble Les Méandres interprétèrent des œuvres instrumentales et vocales des XVIe et XVIIe siècles.
Dans l’ordre habituel, la photo présente Jonathan Stuchbery (luth, debout), Tristan Best (viole de gambe), Justin Luchinski (clavecin), Élodie Bouchard (soprano), Élyse Lamanque-Girard et Jérémie de Pierre (flutes à bec).
Il Cortegiano
Les chanteurs
Le grand spectacle qui cloturait le festival à 17h s’appelait Il Cortegiano (ou Le courtisan).
Sur un texte de Jean-François Daigneault, on y voit un jeune comédien — interprété par Renaud Paradis, le 4e à partir de la gauche sur la photo ci-dessus — qui doit passer une entrevue devant un grand réalisateur français.
Puisqu’il s’agit d’un film d’époque, le comédien croit qu’il augmenterait ses chances de décrocher le rôle s’il maitrisait le chant, la danse et le maniement des armes.
Évidemment, on songe au Bourgeois gentilhomme de Molière, transposé à notre époque.
Et pour respecter le thème du festival, le comédien était préoccupé par souci de maitriser ces arts de manière à pouvoir les interpréter avec sprezzatura.
L’acoustique mate de la salle de cinéma où avait lieu le spectacle permettait d’entendre parfaitement le texte des comédiens-chanteurs.
Sur la photo ci-dessus, on voit Pierre Rancourt, Dorothéa Ventura, Ghislaine Deschambault, Renaud Paradis, Jean-François Daigneault et Philippe Gagné.
Si on exclut Renaud Paradis, les comédiens-chanteurs sont membres de l’Ensemble Alkemia.
Vue d’ensemble
Le lien entre les parties dites et chantées d’une part, et d’autre part les parties dansées était un peu mince, à mon avis. Mais personne ne s’en plaindra tellement les festivaliers ont été séduits par les chorégraphies et la splendeur des costumes.
L’orchestre
La partie orchestrale était assumée par la réunion du quatuor Flûte alors! et de la Bande Montréal Baroque. Impeccables, comme toujours, puisqu’il s’agit de plusieurs parmi les meilleurs musiciens baroques du Québec.
Les Jardins chrorégraphiques
Exécutant une chorégraphie de Marie-Nathalie Lacoursière, les autres membres de l’ensemble Les Jardins chorégraphiques voleront évidemment la vedette.
Sur la photo, on voit Stéphanie Brochard, Jean-François Dollé, Marie-Nathalie Lacoursière et Tom Robin.
Cela termine de manière fastueuse cette 17e édition du Festival Montréal Baroque.
Merci donc aux organisateurs de nous présenter quelques-uns des meilleurs musiciens baroques d’ici et d’ailleurs et de nous faire découvrir les œuvres séduisantes de compositeurs moins connus.
Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs PanLeica 8-18 mm (3e photo), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (4e, 5e et 7e photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (les autres photos)
1re photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 75 mm
2e photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 75 mm
3e photo : 1/20 sec. — F/3,7 — ISO 6400 — 15 mm
4e photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 25 mm
6e photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 640 — 75 mm
7e photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
8e photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 75 mm
9e photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
Cliquez sur 2025, 2023, 2019, 2018, 2017, 2016, 2015, 2014, 2013, 2011, pour consulter les reportages photographiques de l’édition du Festival de musique baroque de cette année-là.