Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges – 5e partie

Publié le 9 octobre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
Calvaire près de l’entrée Côte-des-Neiges
Monument d’une adolescente



 
Surmontée de la statue d’un pompier, cette colonne a été érigée en l’honneur de tous les pompiers montréalais morts en devoir. Derrière elle s’alignent les modestes pierres tombales individuelles des pompiers concernés.

Monument de la famille O’Neill
Caveau de la famille Skelly

Ce caveau rappelle la façade de l’Église de la Sainte-Trinité de Paris.

Monument à Jonathan-Saxton Campbell Würlete

Né dans la ville de Québec, l’avocat Würlete (1825-1904) fut juge à la Court of King’s Bench, devenue depuis Cour d’appel du Québec.

Monument de la famille Gibeault

Dans des églises européennes, la vitrine au bas de certains autels contient le corps momifié d’un saint.

Ce monument de la famille Gibeault fait allusion à cette coutume macabre en montrant une statue représentant le Christ reposant dans sa sépulture.

Caveau de Claude Mélançon

D’inspiration égypto-babylonienne, ce caveau ne passe pas inaperçu.

Monument de la famille Nantel

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  1re photo : 1/160 sec. — F/4,5 — ISO 160 — 21 mm
  2e  photo : 1/60 sec. — F/5,3 — ISO 1000 — 30 mm
  3e  photo : 1/100 sec. — F/4,5 — ISO 160 — 16 mm
  4e  photo : 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 45 mm
  5e  photo : 1/200 sec. — F/4,0 — ISO 160 — 17 mm
  6e  photo : 1/60 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 14 mm
  7e  photo : 1/160 sec. — F/4,8 — ISO 160 — 23 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/4,5 — ISO 160 — 14 mm
  9e  photo : 1/60 sec. — F/4,5 — ISO 160 — 14 mm
10e  photo : 1/125 sec. — F/4,6 — ISO 160 — 22 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Pandora Papers : pour en finir avec les paradis fiscaux

Publié le 7 octobre 2021 | Temps de lecture : 10 minutes

Évitement fiscal vs évasion fiscale

L’évitement fiscal consiste à utiliser légalement les failles du système fiscal d’un État afin d’y payer moins d’impôt.

Par contre, l’évasion fiscale consiste à utiliser différents stratagèmes comptables afin de déplacer frauduleusement les revenus réalisés dans un pays vers des pays à très faible taux d’imposition (surnommés ‘paradis fiscaux’).

Malheureusement, il suffit de permettre la délocalisation des profits pour blanchir l’évasion fiscale et ainsi la légaliser. C’est ce qu’ont fait de nombreux pays, dont le Canada.

Si bien qu’il n’y a pas de distinction entre les deux; l’évitement fiscal est de l’évasion fiscale légalisée.

Cette pratique est même officiellement encouragée pour permettre aux entreprises ‘canadiennes’ d’être plus concurrentielles.

Dans la mesure où n’importe quelle personne fortunée peut s’incorporer et jouir du même privilège, la légalisation de l’évasion fiscale équivaut à dispenser les possédants du financement des gouvernements, faisant ainsi reposer le poids fiscal de l’État sur les épaules de la classe moyenne.

Les documents de Pandore

Une fuite récente de 11,9 millions de documents confidentiels provenant de quatorze cabinets d’avocats permet de constater que l’évasion fiscale se porte bien.

Que ce soit les Luxembourg Leaks (révélés en 2014), les Panama Papers (révélés en 2016), les Paradise Papers (révélés en 2017), les Luanda Leaks (révélés en 2020), ou ces nouveaux documents (appelés documents de Pandore), le profil est le même; des centaines de responsables publics, des dizaines de chefs d’État et de milliardaires cachent leur argent dans des paradis fiscaux afin d’échapper au fisc, et ce en toute légalité.

Le Consortium international des journalistes d’investigation va plus loin. Il conclut que les sociétés créées dans les paradis fiscaux sont entourées d’un secret qui permet de cacher des flux d’argent illicites permettant la corruption, le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et le financement du terrorisme.

Les solutions

Abolir les paradis fiscaux

L’idée est évidente. Mais tout seul, ce moyen ne permet pas de mettre fin à l’évasion fiscale. Prenons un exemple.

N’importe quelle minière peut prétendre que son mode d’extraction est un secret industriel. Il lui suffit de transférer les droits d’auteur de ce procédé secret à sa succursale située aux Bahamas pour avoir le droit de collecter des droits d’utilisation auprès de chacune des succursales de cette minière à travers le monde (dont la canadienne).

En pareil cas, le flux d’argent n’est pas le résultat de la délocalisation des profits, mais le résultat du simple acquittement d’un droit d’utilisation. Le résultat est le même.

En somme, la délocalisation de la propriété intellectuelle permet une évasion fiscale impossible à combattre en raison des traités internationaux qui protègent les droits d’auteur.

Imposer une taxe minimale sur le chiffre d’affaires

En plus de l’impôt sur les profits, l’État peut imposer une taxe minimale sur le chiffre d’affaires qui est réalisé au pays. Cette taxe s’appliquerait également aux revenus des Canadiens qui ont choisi d’incorporer leurs activités professionnelles.

En somme, il s’agit d’une taxe de type GAFA qui s’ajoute à la TVA (ou Taxe sur la valeur ajoutée).

Punir les fraudeurs

Par le biais de la Foreign Account Tax Compliance Act (adoptée en 2010), les États-Unis obligent les banques étrangères à dévoiler les noms des Américains qui ont ouvert des comptes auprès d’elles. Le Canada ne possède pas une telle loi, préférant ne pas le savoir.

De plus, au Canada, il y a une justice pour les riches et une justice pour les pauvres.

C’est ce qui explique que de riches Canadiens condamnés à l’emprisonnement peuvent purger leur peine dans leur riche demeure, entourés de toutes les commodités et y donner même des réceptions.

C’est ce qui explique également qu’à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic, par exemple, on a tenté de faire condamner des subalternes en évitant soigneusement d’accuser les vrais responsables, soit les patrons de la compagnie ferroviaire.

Lorsque le fisc canadien trouve qu’une riche personne est responsable d’évasion fiscale, il se contente de lui demander de verser les sommes dues, sans payer d’intérêts ni de pénalités.

Du coup, tous ceux qui sont tentés par la fraude fiscale ont intérêt à s’y adonner puisque dans le meilleur des cas, ils épargneront de l’argent et dans le pire, ils paieront ce qu’ils auraient payé de toute manière s’ils étaient demeurés honnêtes.

Les riches contribuables ont les moyens de se prendre un avocat et de faire trainer les procédures à leur sujet. Pour le ministère du Revenu, il devient alors plus économique de s’entendre à l’amiable avec les fraudeurs que d’engager des procédures couteuses en vue de leur condamnation.

Cette évaluation du rapport prix-bénéfice ne se justifie que dans une perspective néolibérale, en vertu de laquelle l’État est géré comme une entreprise privée. Et puisqu’il est impossible d’évaluer le prix de la justice sociale, on l’estime dépourvue de valeur.

C’est cette façon de voir les choses que partagent tous les partis politiques fédéraux susceptibles d’exercer le pouvoir.

Le Jour de la jalousie

Le 1er novembre, les Finlandais célèbrent la Journée nationale de la jalousie.

Ce jour-là, le ministère du Revenu rend public le revenu imposable de tous les citoyens. Il suffit d’en faire la demande pour apprendre combien gagne une célébrité, votre voisin, un dirigeant d’entreprise (votre patron, par exemple), ou un collègue qui effectue le même travail que vous.

Toutefois, depuis 2014, le ministère a décidé d’informer la personne concernée de l’identité des gens qui demandent à connaitre ses revenus. Ce qui a fait chuter dramatiquement le nombre de requêtes…

Ce qui n’empêche pas les journalistes de publier des articles comparatifs, soulignant au passage des rémunérations suspectes, suscitant les soupçons du fisc.

Retirer le droit fiscal du champ de pratique des avocats

Ce n’est pas une coïncidence si tous les grands scandales relatifs à l’évasion fiscale naissent de fuites de documents provenant de grands cabinets d’avocats-fiscalistes.

Dans tous les cas, ces cabinets ont pris contact avec des banques installées dans des paradis fiscaux, ont appris la manière de créer une constellation de sociétés-écrans destinée à opacifier les transferts de fonds, et ont développé pour leur clientèle un petit guide facile de la fraude fiscale basé sur un modus opérandi standardisé, propre à chaque cabinet d’avocats.

Et c’est derrière le paravent de leur secret professionnel que se cachent les fraudeurs.

Normalement, ce devrait être auprès d’un comptable que le contribuable prend conseil au sujet des moyens de payer le moins d’impôt possible.

Le rôle des avocats devrait se limiter à vulgariser publiquement le droit fiscal ou de l’expliquer privément à des comptables de manière à ce que ces derniers puissent conseiller le mieux possible leur clientèle.

Tant chez les comptables que chez les avocats, la loi permet la levée du secret professionnel lorsqu’il sert de paravent à la commission d’un délit.

Toutefois, les obstacles à la levée du secret professionnel sont beaucoup plus importants chez les avocats que chez les comptables.

Tout comme l’Ordre des comptables, le Barreau du Québec est le défenseur des utilisateurs des services de leurs membres. Mais à la différence du premier, le Barreau est aussi un puissant syndicat professionnel, farouche défenseur des privilèges de ses membres.

À titre d’exemple, j’ai eu l’occasion de travailler avec une avocate congédiée par le Barreau du Québec — elle y œuvrait à titre de syndic-adjointe — parce qu’elle avait osé porter plainte contre un avocat puissant…

D’autre part, les avocats poursuivis par l’État peuvent compter sur l’esprit de caste de leurs collègues nommés à la magistrature. Les comptables ne jouissent pas d’un tel avantage.

Bref, s’attaquer aux paradis fiscaux serait beaucoup plus facile à partir du moment où seuls les comptables auraient le droit de prodiguer leurs conseils fiscaux directement aux contribuables ou aux entreprises.

Y parvenir serait toutefois une tâche titanesque puisque la profession juridique en tire d’immenses bénéfices qu’elle défendra bec et ongles.

Conclusion

À la campagne électorale de 2015, Justin Trudeau promettait de mettre fin aux paradis fiscaux.

Fort de cette promesse, Gabriel Ste-Marie, député du Bloc Québécois, présentait en octobre 2016 la motion M-42 à la Chambre des Communes. Cette motion visait à mettre un terme à l’évitement fiscal à la Barbade, le principal paradis fiscal utilisé jusque-là par des Canadiens.

Étonnamment, un député libéral vota pour tandis que 172 députés libéraux votèrent contre. Tous les députés conservateurs votèrent contre. Seuls le NPD (39 votes), le Bloc Québécois (10 votes) et le Parti Vert (1 vote) ont appuyé la résolution.

Pire, en juin 2017, le gouvernement Trudeau ajoutait les iles Cook à la liste canadienne des endroits où les richissimes contribuables peuvent légalement cacher leur argent.

La conclusion est claire; peu importe ce qu’on nous promet, le Canada n’a pas l’intention de s’attaquer aux paradis fiscaux. En d’autres mots, tolérer les paradis fiscaux est le prix du fédéralisme canadien.

C’est une des nombreuses raisons qui m’incitent à être indépendantiste : la naissance d’un pays est une occasion de faire table rase du passé et notamment de l’établir sur des bases différentes de ces vieilles démocraties libérales, nées au XIXe siècle, sclérosées et impuissantes face à la montée des inégalités sociales.

En particulier, pourquoi ne pas créer un pays où règne la déclaration publique obligatoire de le fortune personnelle (un peu comme en Finlande) et où tout secret professionnel dans le domaine fiscal serait aboli ?

Références :
Est-il juste que les riches paient autant d’impôt ?
Évasion fiscale
« Journée de la jalousie » : quand la Finlande rend publics les revenus fiscaux de tous ses citoyens
Le Canada et les paradis fiscaux
La DPCP et l’esprit de caste
Le fédéral, les paradis fiscaux et l’indépendance du Québec
Motion M-42 : résultats du vote
Pandora Papers
Pour la déclaration obligatoire des investissements des élus dans les paradis fiscaux
Si le Canada voulait vraiment lutter contre les paradis fiscaux…
Une machine à déterrer l’hypocrisie
Vive les paradis fiscaux !

Parus depuis :
Les intouchables : KPMG a caché l’argent de riches clients (2022-06-21)
La Banque Royale forcée de révéler qui se cache derrière 97 comptes aux Bahamas (2022-07-27)
La Caisse de dépôt et placement du Québec légitime de plus en plus les paradis fiscaux (2023-04-29)
Les Suédois, sous haute transparence (2023-05-07)
Zéro impôt payé sur des gains de 35 milliards $ pour les plus riches (2023-08-15)
Les cadeaux fiscaux aux entreprises ont augmenté de 80% sous la CAQ (2023-10-19)
La grande évasion fiscale des multinationales continue (2023-10-22)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une fête des châtaignes à l’automne ?

Publié le 6 octobre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

À Prague

Une des nombreuses choses qui m’avaient plu lors mon voyage à Prague en 2008, c’était que ses parcs étaient plantés de pommiers.

À l’automne, la couleur rouge de leurs fruits décorait les espaces verts de la capitale.

Puisque ces arbres matures dataient de l’ère soviétique, cela signifie que malgré les inconvénients — ces pommes au sol qui attirent la vermine — l’avantage de nourrir gratuitement la population à l’automne avait prévalu.

À Paris



 
À l’automne 2003, au lendemain de mon arrivée à Paris, j’avais été au Bazar de l’Hôtel de Ville me procurer des adaptateurs pour mes appareils électriques.

En sortant de ce magasin à grande surface, j’avais aperçu un vendeur de rue qui offrait des marrons chauds. C’est ainsi que j’apprenais deux choses; que ‘marron’ n’était pas seulement une couleur et que les marrons, ça se mangeait.

Le jeune vendeur les faisait rôtir sur le couvercle troué et renversé d’une poubelle chauffante.

Par curiosité, je lui en avais acheté. Il me les avait servis dans un cône de papier journal.

Tout en marchant sur la rue de Rivoli vers l’Est, puis sur la rue Saint-Antoine qui la prolonge, j’écaillais avec soin les marrons afin de ne pas rien laisser tomber par terre.

Cet aliment avait bon gout. Comme une noisette pâteuse au gout sucré.

Si bien qu’à chacun de mes voyages ultérieurs à Paris, j’ai voulu retrouver ce plaisir que j’avais découvert dans la capitale française.

Au Portugal

Vendeur de marrons à Lisbonne
Vendeur de marrons à Porto

En voyage à Lisbonne puis à Porto, j’ai réalisé que cette coutume existait également dans de nombreuses autres villes européennes.

Sauf que dans ces deux villes portugaises, les marrons sont vendus couverts de cendre blanche cancérigène.

À Montréal

Cet après-midi, je suis retourné au cimetière Notre-Dame-des-Neiges pour y prendre d’autres photos et en rapporter des marrons.

Parce qu’au cours de mes trois visites précédentes, j’ai observé que ce cimetière est planté de très nombreux marronniers.

Malheureusement, leurs graines — les marrons au sens strict du terme — sont amères et toxiques.

En effet, le mot ‘marron’ est à la fois le nom exact des noix toxiques du marronnier, et le surnom que portent les grosses châtaignes (le fruit du châtaignier) qui leur ressemblent beaucoup, mais qui sont comestibles.

Si bien que le 1,6 kg de marrons que j’ai rapporté du cimetière servira à nourrir les écureuils de mon quartier puisqu’ils semblent résistants à leurs effets toxiques (si j’en juge par le fait que les écureuils du cimetière s’en régalent).

D’où la suggestion suivante.

La fête des châtaignes

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Nous sommes actuellement en campagne électorale municipale et les partis se cherchent des promesses afin de séduire les électeurs.

Le châtaignier commun, originaire d’Europe, ne peut s’adapter aux rigueurs de l’hiver québécois.

Pourquoi ne pas mandater le Jardin botanique de Montréal de créer un cultivar apte à vivre au Québec ?

Une fois qu’on en aura testé sa résistance au chancre du châtaignier et à d’autres maladies, il suffirait d’abattre tous les marronniers du cimetière Notre-Dame-des-Neiges et leur substituer ces nouveaux châtaigniers et ainsi donner naissance à une nouvelle fête familiale montréalaise.

Cette fête se déroulerait tous les automnes. On viendrait en famille ramasser les millions de châtaignes au sol et les ramener à la maison pour les apprêter.

Ce beau grand cimetière se transformerait donc en parc qui s’égaierait le temps d’une saison du rire des enfants.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le dieu cerf de l’église Saint-Eustache

Publié le 5 octobre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes
Nef de Saint-Eustache

J’ai toujours eu un attachement particulier pour l’église Saint-Eustache de Paris. Essentiellement parce que c’était l’église paroissiale de mon ancêtre, Honoré Martel, arrivé en Nouvelle-France le 30 juin 1665.

Il est très émouvant de se retrouver dans un lieu presque intact depuis plus de 350 ans et marcher sur les mêmes dalles qu’il empruntait pour y prendre place tous les dimanches.

Voilà pourquoi je suis toujours intéressé par les nouvelles concernant cette église.

On apprend aujourd’hui que la paroisse de Saint-Eustache a trouvé une nouvelle source de financement ses bonnes œuvres : la vente d’un parfum appelé Le dieu cerf.

Pourquoi ce nom ?

Au premier siècle de notre ère, le général romain Placidas aurait été témoin d’un miracle qui aurait provoqué sa conversion au christianisme et son baptême sous le nom d’Eustathios (devenu Eustache).

Wikipédia raconte le récit de ce miracle (aujourd’hui contesté) :

Un jour que le général Placidas, encore païen, chassait avec sa suite dans la montagne, il rencontra une harde de cerfs, dont un lui parut plus grand et plus beau que les autres.

Distançant ses compagnons, il le poursuivit pour le tuer mais, quand il l’eut rattrapé, il vit un crucifix qui brillait entre ses cors.

Alors le cerf, recevant du Seigneur le pouvoir de parler en son nom, lui dit : « Placidas, pourquoi me poursuis-tu ? Je suis le Christ, que tu honores sans le savoir, et je suis venu sous cette forme pour te sauver et, à travers toi, sauver aussi tous les idolâtres.»

Au début du XIIe siècle, ce qu’on croyait être les reliques de saint Eustache furent acquises par l’abbaye de Saint-Denis, puis confiées à la chapelle Sainte-Agnès, située dans le quartier parisien des Halles.

Dans les décennies qui suivirent, une forte croissance démographique nécessita le remplacement de cette chapelle par un nouveau lieu de culte beaucoup plus vaste qu’on dédia à saint Eustache en raison des reliques qu’il était appelé à conserver.

Avant d’être supplanté par saint Hubert, saint Eustache fut pendant des siècles le patron des chasseurs. Il était coutumier de le représenter près d’un cerf portant un crucifix ou une croix entre ses cors.

C’est donc à partir de tout cela que fut décidé de nommer le parfum Le dieu cerf.

Décrit comme une eau de Cologne universelle, ce parfum sera vendu au prix de 60 euros. Ses bénéfices iront à des œuvres de solidarité.

Son bouquet olfactif réunit des huiles de bergamote, de néroli et de galbanum autour d’un cœur floral de lavandin, de romarin et de rose. Le tout sur un fond boisé d’huile de patchouli, de mousse de chêne et de bois de santal.

Références :
Eustache de Rome
Honoré Martel (1632 – 1712)
L’église Saint-Eustache produit son propre parfum
Saint-Eustache

Détails techniques de la première photo : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges – 4e partie

Publié le 3 octobre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes
Entrée Decelles du cimetière

Plus dispendieux, les monuments funéraires soulignent toujours l’importance sociale des familles qui les ont fait construire.

Plus modestes, les pierres tombales ont évolué vers une standardisation au fur et à mesure que se concentrait l’industrie funéraire. Au point que les pierres tombales les plus récentes semblent avoir été choisies par catalogue.

Les monuments et pierres tombales qui suivent sont des exemples de créativité.

Pierre tombale de la famille Lambert
Monument de la famille Bissonnette
Monument de la famille Desjardins

Inspirés à des degrés divers par l’Art nouveau franco-belge, les trois exemples ci-dessus montrent à quel point ce style convient bien pour exprimer la douce résignation face à la mort et la subjectivité de l’attachement aux disparus.

Monument de la famille Cuccioletta

Le décor sculpté de cette piéta fait penser au Romantisme national scandinave, tirant sa source dans ce cas-ci de l’Art roman.

Pierre tombale de la famille Venne

Avec cette pierre tombale de style Art déco, la famille Venne choisit d’honorer ses défunts avec sobriété et raffinement.

Monument de la famille Cosentino

Tout comme l’Art nouveau, l’Art déco a adopté divers aspects selon les pays. Sans aucune référence explicite à l’Empire romain, cet impressionnant monument en marbre de Carrare respire le classicisme italien.

Monument de la famille Capra

Jouant sur les contrastes entre le marbre blanc et le granite noir, de même que celui entre le géométrique et le sinueux, ce monument Art déco est un chef-d’œuvre moderne.

Monument de la famille Gattuso

Autre bel exemple de l’association du marbre de Carrare et du granite, ce monument de la famille Gattuso est empreint de sérénité.

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1re photo : 1/60 sec. — F/5,4 — ISO 200 — 33 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/3,5 — ISO 160 — 14 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/4,8 — ISO 320 — 23 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/4,8 — ISO 250 — 23 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/5,1 — ISO 320 — 28 mm
6e  photo : 1/100 sec. — F/3,5 — ISO 160 — 14 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/3,5 — ISO 160 — 14 mm
8e  photo : 1/125 sec. — F/3,5 — ISO 160 — 14 mm
9e  photo : 1/80 sec. — F/4,6 — ISO 160 — 22 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le laisser-faire sanitaire à l’école primaire québécoise

Publié le 2 octobre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes
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Au printemps 2020, à l’époque où il n’existait pas de vaccin contre le Covid-19, la Santé publique du Québec estimait qu’il fallait laisser se développer l’immunité naturelle, c’est-à-dire laisser les gens attraper le Covid-19.

La capitulation au virus faisait alors office de doctrine sanitaire.

Depuis, l’immense majorité — plus précisément 85,6 % — des adultes et des adolescents québécois sont adéquatement vaccinés contre ce virus. Mais pas les enfants puisqu’il n’existe pas encore de vaccin pour eux. Ça viendra.

D’ici là, l’objectif de la Santé publique à l’école primaire, c’est de laisser les tout-petits l’attraper.

En effet, lors d’une conférence de presse tenue jeudi dernier, le directeur de la Santé publique avouait candidement :

« On n’a pas l’intention de contrôler les éclosions en milieu scolaire. Ce qui va contrôler les éclosions en milieu scolaire, ça va être la vaccination des tout-petits.»

On ne pouvait pas être plus clair.

À la fin de l’année scolaire 2020-2021, les écoliers et le personnel scolaire représentaient 38,4 % de toutes les personnes officiellement atteintes par le Covid-19 au Québec.

En raison de la contagiosité extrême du variant Delta, de l’impossibilité actuelle de vacciner les enfants et du grand nombre de contacts par élève, l’école primaire deviendra d’ici peu la plaque tournante de la propagation de ce variant au Québec.

D’ici à ce que la vaccination des enfants soit autorisée, la Santé publique laissera donc le variant Delta se répandre dans les écoles primaires, notamment en n’imposant pas le port du masque et en n’effectuant pas de tests de dépistage.

Toutefois, lorsque la situation épidémiologique sera jugée préoccupante — en d’autres mots, quand les choses iront tellement mal dans une région que les hôpitaux y seront menacés de saturation — on imposera alors le port du masque et on effectuera un dépistage conditionnel à l’autorisation préalable de chaque parent.

Aux niveaux préscolaires et primaires, lorsqu’on compare le nombre officiel de cas cette année au nombre de cas l’an dernier à la même date, on obtient ce qui suit. Précisons que les pourcentages sont ceux comparativement à l’ensemble des cas de Covid-19 dans la population québécoise.


Nombres de cas et importance relative de la contamination par Covid-19 aux niveaux préscolaires et primaires

Semaines N. en 2020 N. en 2021 % en 2020 % en 2021
3e d’aout 0 cas 9 cas 0 % 1,6 %
4e d’aout 7 cas 76 cas 4,8 % 10,0 %
1re de septembre 20 cas 160 cas 7,3 % 17,6 %
2e de septembre 46 cas 257 cas 10,1 % 25,0 %
3e de septembre 79 cas 306 cas 9,6 % 30,7 %
4e de septembre 96 cas 276 cas 9,1 % 35,8 %

En somme, après un seul mois de rentrée scolaire, le nombre de cas actuels chez les tout-petits correspond à 287 % de celui observé à même date l’an dernier : 96 cas le 27 septembre 2020 vs 276 cas le 26 septembre 2021.

Quant au pourcentage des cas actuels aux niveaux préscolaires et primaires, il représente déjà 35,8 % de tous les cas au Québec alors que l’an dernier, ce pourcentage était celui atteint par l’ensemble du système éducatif québécois en fin d’année scolaire.

Les toutes premières semaines de la rentrée scolaire de cette année nous indiquent que la Santé publique atteindra facilement son objectif de laisser le Covid-19 infecter massivement les écoliers du primaire.

Références :
Données sur les éclosions de COVID-19 au Québec
Le Covid-19 à l’école primaire : la CAQ met en péril la santé de nos enfants
Legault mise sur l’«immunité naturelle» des Québécois
Précisions concernant le dépistage du variant Delta à l’école primaire
Transcription de la conférence de presse du 30 septembre 2021

Parus depuis :
Des centaines de jeunes touchés par un dangereux syndrome (2021-11-14)
En Allemagne et en Autriche, les enfants testés deux à trois fois par semaine (2021-12-09)
Cinq fois plus d’élèves infectés au Québec par rapport à la rentrée de janvier 2021 (2022-01-25)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution au cours des neuf premiers mois de 2021

Publié le 1 octobre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre cumulatif de morts par million d’habitants

Pays Jan. Mars Mai Juil. Sep. Oct.
Pérou 1136 1403 1843 5753 5918 5944
Bosnie-Herzég. 1249 1552 2620 2965 3014 3267
Macédoine du N. 1205 1509 2348 2633 2863 3208
Hongrie 1002 1561 2874 3113 3121 3136
Bulgarie 1099 1491 2382 2620 2751 3046
Rép. Tchèque 1093 1909 2733 2825 2833 2839
Brésil 916 1198 1901 2430 2712 2785
Argentine 954 1145 1407 2078 2452 2521
Colombie 850 1168 1446 2083 2427 2450
Slovaquie 412 1331 2148 2290 2297 2315
Géorgie 634 884 1037 1338 1880 2255
Paraguay 315 445 899 1786 2182 2237
Belgique 1681 1899 2083 2163 2179 2197
Slovénie 1312 1854 2048 2125 2140 2195
Italie 1235 1622 2004 2113 2142 2170
États-Unis 1074 1586 1776 1864 1980 2156
Mexique 971 1430 1668 1789 1987 2125
Croatie 968 1354 1746 2012 2046 2123
Tunisie 398 674 907 1262 1968 2080
Pologne 766 1158 1796 1985 1994 2002
Royaume-Uni 1089 1805 1870 1878 1974 2002
Roumanie 826 1065 1474 1772 1812 1950
Chili 868 1075 1374 1690 1913 1940
Lithuanie 588 1199 1463 1633 1706 1874
Espagne 1087 1488 1672 1729 1806 1848
Équateur 790 888 1048 1206 1796 1822
Arménie 953 1077 1391 1522 1636 1798
France 991 1328 1601 1698 1751 1784
Portugal 685 1607 1669 1682 1747 1770
Uruguay 55 175 766 1612 1730 1736
Moldavie 746 987 1447 1539 1592 1691
Panama 935 1341 1426 1493 1607 1643
Bolivie 780 989 1099 1417 1556 1578
Lettonie 343 866 1145 1351 1385 1463
Suède 861 1265 1384 1436 1440 1457
Afrique du Sud 484 836 908 1016 1371 1456
Grèce 469 629 1007 1224 1319 1434
Russie 394 592 757 931 1260 1426
Iran 655 710 849 992 1272 1414
Namibie 80 165 248 601 1305 1353
Québec 958 1214 1276 1321 1330 1340
Ukraine 428 598 1021 1205 1240 1300
Suisse 882 1148 1221 1250 1260 1272
Costa Rica 427 546 629 909 1073 1245
Liban 240 697 1074 1156 1187 1228
Autriche 693 948 1131 1182 1188 1214
Allemagne 410 845 996 1089 1103 1120
Pays-Bas 672 908 1000 1033 1048 1058
Trinité-et-Tobago 91 99 122 610 927 1055
Irlande 453 868 984 1001 1022 1048
Jordanie 376 460 862 947 1010 1039
Eswatini 185 558 573 578 947 1038
Estonie 180 451 878 956 974 1022
Botswana 18 150 323 483 939 982
Honduras 315 415 526 696 885 973
Serbie 373 512 733 810 840 952
Albanie 411 631 833 854 870 941
Israël 365 626 692 689 760 833
Malaisie 14 34 46 160 515 805
Palestine 273 396 625 683 704 785
Bahreïn 201 257 368 769 782 783
Oman 286 300 383 598 774 778
Turquie 248 337 476 584 667 752
Guatemala 263 350 412 507 656 743
Libye 212 316 433 457 611 667
Cuba 13 29 58 115 476 661
Azerbaïdjan 262 316 445 488 554 638
Jamaïque 101 142 260 360 516 628
Sri Lanka 10 22 32 145 437 602
Kazakhstan 94 120 168 230 495 589
RoC* 256 401 461 518 538 567
             
Vietnam 0,4 0,4 0,4 0,8 121 197
Japon 27,4 62,5 81,1 117 127 140
Corée du Sud 17,9 31,3 35,7 39,4 44,7 48,7
Taïwan 0,3 0,4 0,5 27,7 35,0 35,3
Hong Kong 19,7 26,7 27,8 27,9 28,0 28,1
Singapour 4,9 4,9 5,3 6,1 9,3 17,5
Chine 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En septembre, les augmentations les plus importantes ont été rapportées dans le Caucase (en Géorgie +375) et dans les Balkans (en Macédoine du Nord +345, en Bulgarie +295 et Bosnie-Herzégovine +253).

Dans d’autres pays, la situation se dégrade depuis deux mois : en Malaisie (+645), à Cuba (+545), en Russie (+495) et au Sri Lanka (+457).

Autrefois parmi les pays modèles, le Vietnam continue d’enregistrer une dégradation (toutes proportions gardées) de sa condition épidémiologique depuis trois mois.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Denis Coderre et la statue de John-A. Macdonald

Publié le 1 octobre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes
Monument à sir John-A. Macdonald (statue enlevée depuis)

C’est par accident que Denis Coderre est devenu maire de Montréal en 2013. Il a été élu parce que Mélanie Joly, Richard Bergeron et lui ont presque également divisé les votes. Plus précisément, il fut élu avec seulement 32,1 % du suffrage.

Ces jours-ci, on se demande s’il veut réellement être réélu ou simplement faire parler de lui.

Sa dernière promesse farfelue, celle d’hier, est de restaurer la statue de John-A. Macdonald, ce premier ministre à qui on doit les politiques génocidaires du Canada.

Décapitée dans les années 1990, éclaboussée de peinture rouge à plusieurs reprises depuis vingt ans, cette statue fut finalement jetée de son socle le 29 aout 2020.

Précisons que la promesse de M. Coderre s’accompagne du souhait qu’elle soit accompagnée d’une plaque explicative. Selon La Presse, ses mots exacts furent :

“On ne déboulonnera pas le passé, mais on devrait avoir des plaques explicatives. On devrait avoir des centres d’interprétation où on apprend l’histoire.”

Oui, oui, on devrait… Il faudrait… Ce serait mieux si…

Cela ressemble à cette promesse de Justin Trudeau, faite en 2019, d’acheter un pipeline en contrepartie de planter deux-milliards d’arbres. On a acheté le pipeline. Mais apparemment, on a manqué d’argent pour planter les arbres…

Restaurer la statue de Macdonald représente une dépense de plus d’un demi-million de dollars. Car restaurer l’art pompier coute cher. De plus, à moins de protéger la statue restaurée 24 heures par jour par une brigade de policiers, il est à parier qu’elle ne vivra pas plus de six mois.

La question fondamentale à se poser est la suivante : en quoi la restauration de cette statue correspond-elle à un besoin des Montréalais ? En d’autres mots, combien de Montréalais se lèvent le matin en se disant : ‘Ah mon Dieu, j’aimerais tellement voir aujourd’hui la statue de Macdonald.

D’ici la date du scrutin, le 7 novembre 2021, il est encore temps pour M. Coderre de se ressaisir et de nous parler de ce qu’il compte faire pour améliorer la vie des Montréalais

Références :
Denis Coderre entend réinstaller la statue de John A. Macdonald
John A. Macdonald
La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone
Nettoyer la statue de Macdonald, un gaspillage des fonds publics

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’adoption par des ‘Blancs’, le substitut aux pensionnats autochtones

Publié le 30 septembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

Après avoir dépossédé les peuples autochtones des immenses territoires qu’ils occupaient et de les avoir confinés dans des réserves destinées à limiter leur croissance démographique, le Canada a adopté une série de mesures destinées à les soumettre à un génocide culturel.

On pense immédiatement à ces pensionnats où plus de 150 000 enfants autochtones ont été placés. Des établissements où parler leur langue était interdite et où on estime qu’environ six-mille d’entre eux sont morts de maltraitance, de maladie ou par suicide.

Depuis la disparition des pensionnats autochtones, les politiques génocidaires canadiennes sont devenues plus subtiles. Un des nouveaux mécanismes d’assimilation culturelle s’exerce par le biais du système de la protection de la jeunesse.

Au Canada, il existe de nombreuses écoles où l’enseignement se fait dans l’une ou l’autre des langues autochtones du pays. Mais aucune de ces maisons d’enseignement ne décerne de diplôme qui donne accès à des métiers spécialisés.

Ce qui veut donc dire, par exemple, que dans certaines provinces, aucun travailleur social n’est d’origine autochtone.

Puisque les peuples autochtones sont, sans exception, les groupes ethniques les plus pauvres du pays, on trouve de nombreux problèmes sociaux au sein de leurs communautés.

Lorsqu’on doit envisager la possibilité de retirer la garde d’enfants à leurs géniteurs, c’est toujours ou presque toujours des travailleurs sociaux ‘blancs’ qui évaluent les compétences parentales de parents autochtones.

Or, dans certaines provinces canadiennes — et notamment au Manitoba, la province la plus raciste du pays — les travailleurs sociaux ne recommandent jamais que ces enfants soient confiés à d’autres membres de leur communauté.

Ils estiment que la misère sociale y est tellement généralisée que ces enfants ont plus de chance d’être heureux s’ils sont adoptés par des parents ‘blancs’.

En réalité, on confond extrême pauvreté et misère sociale. Tout couple apte à assurer leur subsistance en totale autarcie — par le biais de la chasse et de la pêche — peut adopter un enfant, l’aimer et lui enseigner tout ce qu’il doit connaitre pour vivre en harmonie avec la nature. Comme le font ses ancêtres depuis des milliers d’années.

Mais selon le regard raciste de ces travailleurs sociaux, aucun autochtone n’est digne d’être parent d’adoption. Voilà pourquoi des milliers d’enfants autochtones ont fait le bonheur de parents adoptifs ‘blancs’.

À la suite d’un procès intenté par des enfants autochtones retirés de leur famille, le gouvernement canadien a perdu en 2019 devant le Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP).

À chaque enfant autochtone retiré de façon inappropriée de la garde de ses parents depuis 2006, le TCDP avait accordé le maximum prévu par la loi, soit 40 000$.

Le gouvernement canadien en a appelé de cette décision, estimant que les cas devaient être évalués individuellement et que l’indemnisation devait refléter le préjudice subit.

Hier, la Cour fédérale a maintenu le jugement rendu par le TCDP. Or on apprend aujourd’hui que le ministre des ‘Services’ autochtones étudie la possibilité d’en appeler de cette décision.

Ça suffit.

Ce qu’Ottawa s’entête à ne pas comprendre, c’est que l’indemnité maximale prévue par sa loi est trop basse. Voilà pourquoi les tribunaux donnent le maximum à tout le monde.

N’importe quel ‘Blanc’ en mesure de prouver qu’on l’a malicieusement retiré de la garde de ses parents, est en mesure de s’adresser devant n’importe quel tribunal et de réclamer des millions de dollars. Et si son avocat est habile à rendre pathétique le cas de son client, il a de très bonnes chances d’obtenir un dédommagement important.

En vertu du ‘droit autochtone’ — cet apartheid juridique qui fait que les Autochtones ont moins de droits juridiques que nous — l’indemnité maximale n’est que de 40 000$.

Les avocats du gouvernement canadien gagnent plus de 250$ de l’heure et au-delà d’un demi-million de dollars par année. Pour ces mercenaires du pouvoir colonial canadien, bouleverser la vie d’un enfant Autochtone (et parfois même, la gâcher) mérite au maximum 40 000$ de dédommagement. Parce qu’à leurs yeux, la vie d’un pauvre ne vaut pas grand-chose.

Pour la première fois aujourd’hui, nous commémorons la Journée annuelle de la vérité et de la réconciliation avec les peuples Autochtones.

Dans les faits, lorsqu’il s’agit de payer le prix de ses politiques génocidaires, le gouvernement canadien préfère dépenser une fortune à graisser la patte de ses avocats plutôt que d’utiliser cette somme à réparer les pots cassés.

Plutôt que d’en appeler de deux jugements consécutifs en sa défaveur, Ottawa doit cesser de gaspiller l’argent des contribuables et payer l’extraordinaire économie que représente le minable plafond qu’il a imposé comme dédommagement aux Autochtones dans ce cas-ci.

Références :
Droit autochtone canadien
Indemnisation d’enfants autochtones : Ottawa débouté en Cour fédérale
Manitoba : droits fondamentaux et laïcité
Traité no 1 : vers la création de l’Ouest canadien

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| Politique canadienne, Racisme, Sociologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Place de la Vieille-Ville de Prague

Publié le 30 septembre 2021 | Temps de lecture : 1 minute
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Ces semaines-ci, je refais lentement pas vite les photos prises à Prague en 2008 en vue d’en faire de nouveaux diaporamas.

Et chaque fois que l’une d’elles apparait sur l’écran de mon ordinateur, c’est comme si j’y étais de nouveau.

Parmi mes photos préférées de cette ville, il y a celle-ci, prise du beffroi de l’hôtel de ville.

Détails techniques : Canon Powershot G6 — 1/1250 sec. — F/2,5 — ISO 50 — 7,2 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel