Civilisation (première partie) : l’Europe

Publié le 19 janvier 2013 | Temps de lecture : 2 minutes

Dominic Boudreault est un photographe talentueux, originaire de la ville de Québec, et qui habite maintenant à Vancouver. Son œuvre précédente, The City Limits, une vidéo en accéléré, a été vue plus d’un million de fois.

Sa plus récente vidéo s’intitule Civilization: Part I – Europe. Il s’agit de la première partie d’un projet ambitieux qui vise à suggèrer par l’image l’émergence de la Civilisation, des sociétés archaïques aux cités contemporaines.

Cette première partie a été tournée dans quatre des pays qui ont contribué, de manière déterminante, à façonner le monde dans lequel nous vivons. Ces pays sont l’Angleterre, la France, l’Italie et l’Espagne.

On y voit des traces de l’Empire romain. Puis les résultats du métissage culturel né de la rencontre des trois principales religions monothéistes. On y trouve le berceau de l’Âge des Lumières. Les lieux où s’est élaborée la Démocratie parlementaire, de même que plusieurs sites du Patrimoine mondiale de l’Humanité.

Et ce sont les aventuriers de ces pays qui, au péril de leur vie, ont fait essaimer cette civilisation en terre d’Amérique, où sont nés de nouveaux pays qui apportent aujourd’hui leur propre contribution au progrès de l’espèce humaine.

Pour le contacter directement : cliquez sur ceci.

Musique : « Am I not Human » de Phoenix & Bergersen.

À mon avis, cette vidéo donne le goût de voir le reste.

Laissez un commentaire »

| Culture, Vidéos | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Havane – Plaza Vieja

Publié le 17 janvier 2013 | Temps de lecture : 7 minutes

 
Introduction

Dès le XVIe siècle, la Nouvelle Place — renommée Vieille Place au XIXe siècle — fut un marché ouvert où s’opérait, entre autres, le plus important négoce d’esclaves de la ville. Quelques-uns de ces riches négociants choisirent d’y élire domicile afin de se rapprocher de leurs affaires.

Relégué au rang de stationnement souterrain quelques années avant la Révolution, la place a bénéficié d’une attention particulière de la part des autorités de la ville depuis 1996 puisqu’il s’agit de l’ensemble architectural colonial le plus important d’Amérique latine.

En dépit de cela, le premier coup d’œil déçoit; c’est une grande place rectangulaire sans âme, entièrement minérale, au centre de laquelle se trouve une réplique de la fontaine en marbre de Carrare qui s’y trouvait à l’origine. Mais dès qu’on se met à la visiter, on découvre qu’avec la Place d’Armes, c’est l’endroit le plus intéressant de la Vieille Ville grâce aux nombreux établissements qui la bordent.

Il suffirait d’y planter quelques palmiers royaux et d’y placer des bancs pour que cette place devienne un des endroits les plus charmants de la capitale cubaine.

Le côté nord

C’est le côté le plus commercial puisqu’on y trouve successivement un restaurant, une école et une boutique de vêtements, mais aucune attraction touristique proprement dite.

Le tout débute par le restaurant Santo Ángel (qu’on peut entrevoir derrière la sculpture en forme de tulipe sur la première photo du diaporama). Celui-ci est installé dans l’ancien palais de la famille Benítez de Parejo, construit à la fin du XVIIIe siècle. En 1866, Susana Benítez de Parejo décida de le convertir en collège pour enfants pauvres : le Colegio Santo Ángel (d’où le nom du restaurant actuel). À partir de 1932, son étage supérieur fut partagé avec le Conservatoire de musique de Santa Amelia. Depuis quelques années, c’est un restaurant spécialisé dans la cuisine cubaine et internationale.

À sa droite, s’élève l’école primaire Ángela Landa (à 0:11). La façade, spectaculairement belle, est tout ce qui reste d’un édifice — construit à la fin du XIXe siècle par le comte de Mortera — complètement refait en briques et en béton sur une structure métallique en 1913.

Le côté nord se termine par une magnifique maison à deux étages (à 0:16) occupée au rez-de-chaussée par la boutique de vêtements Plaza Vieja.

Le côté oriental

L’édifice Gómez Ávila (à 0:19) est le plus haut de la Vieille Place. Ses étages inférieurs logent l’hôtel Los Frailes. À son sommet est située la Cámara Obscura, ce qui signifie Chambre obscure (de 0:20 à 0:23). Il s’agit d’un dispositif qui projette des vues de la ville en temps réel sur un écran horizontal concave autour duquel les visiteurs prennent place. Le prix du billet donne également accès au toit de l’édifice, qui offre une vue intéressante des environs.

L’édifice à deux étages qui suit est la Casa de Estebán José Portier, construite en 1752 (à 0:25). On y trouve la Photothèque de Cuba, dont on m’a dit beaucoup de bien mais qui était fermée les trois fois où je m’y suis rendu.

Aménagé dans un cinéma abandonné, le Planétarium est une des attractions touristiques les plus spectaculaires de la ville (de 0:25 à 0:57). Limitée à 65 places, sa salle de projection se situe dans un immense soleil suspendu, en fibre de verre, auquel on accède par un trottoir en spirale.

La salle de projections est située dans une pièce encore plus vaste dans laquelle on trouve également des présentoirs interactifs, dont une balance qui indique notre poids en fonction de la gravité sur différentes planètes. Comme le montre la vidéo (à 0:36) sur Pluton, je pèserais seulement 2 kg.

Après un immeuble résidentiel, ce côté se termine par le Café El Escorial (à 0:59).

Le côté sud

Le Musée des jeux de cartes (de 1:02 à 1:30) est situé au rez-de-chaussée du plus vieil édifice de la Vieille place, construit au XVIIe siècle. Sa collection provient d’un don de la Fondation Diego Sagredo, dirigée par l’Espagnol Javier de Cárdenas y Chavarri, marquis de Prado Ameno.

Les 2 000 objets de sa collection représentent moins d’une centaine de jeux de cartes différents. Toutefois, ne vous fiez pas à ce petit nombre : la variété et la qualité de ce qui est présenté rendent ce musée très intéressant.

Puis c’est la boutique de vêtements sport Paul & Shark.

La Maison du Comte de San Juan de Jaruco, construite en 1737, complète le côté sud de la place (de 1:32 à 1: 40). Cet édifice se distingue par sa haute arcade en pierre, son portail décoratif et les vitraux polychromes en éventails au-dessus des portes de son balcon.

Il est à noter que ces vitraux, nombreux à la Vieille Place, constituent un élément caractéristique de l’architecture cubaine. Appelés mediopunto (ce qui signifie demi-point), on en trouve souvent au-dessus des portes placées autour des puits de lumière (à 2:18 et 2:28). Mais on en voit aussi au-dessus des portes des balcons comme c’est le cas ici.

Ce palais héberge la galerie d’Art La Casona, spécialisée dans l’art naïf cubain, et surtout l’Hôtel Beltrán de Santa Cruz auquel on accède plus au sud, par la rue St-Ignace.

Le côté ouest

La Microbrasserie située au coin sud-ouest de la Vieille Place porte le nom de Taberna de la Muralla (de 1:44 à 1:55). C’est un des endroits les plus populaires de la ville. Ses équipements autrichiens sont à la fine pointe du progrès.

La Casa del Conde de Lombillo a été construite au XVIIIe siècle (de 1:58 à 2:13). Elle se distingue par son arcade à trois arches, décorée de fresques qu’on s’affaire à restaurer. Au premier étage, des volets et des vitraux cachent la loggia qui s’y trouve. Une fois la restauration complétée, l’édifice abritera quatorze logements réunis autour d’un puits de lumière central. Pour l’instant, on y trouve des bureaux de l’historien de la ville et une boutique de peintures réalisées par aérographie (comme on en voit des centaines un peu partout à La Havane).

Immédiatement plus au nord, on rencontre la Casa de Manuel Antuve (de 2:15 à 2:21). Construite au XVIIIe siècle, elle fut morcelée en des unités d’habitation de plus en plus nombreuses après la Révolution. Au début des années 1990, 54 familles y étaient domiciliées. Cet ancien taudis, dont tous les vitraux avaient été détruits, est en voie de rénovation sous la direction de l’architecte Sergio Raymand. Ultimement, l’immeuble devrait abriter quinze logements sociaux regroupés autour d’un puits de lumière central et deux boutiques au rez-de-chaussée.

L’ex palais du Comte Estaban de Cañongo se démarque des bâtisses environnantes par la verticalité des éléments décoratifs qui ornent sa façade (de 2:23 à 2:35). Il héberge Centre culturel Wallon, qui sert à promouvoir les valeurs de la culture belge, particulièrement celles de Wallonie.

La Casa de las Hermanas Cárdenas (la Maison des sœurs Cárdanas), construite à la fin du XVIIe siècle accueille aujourd’hui le Centre pour le développement des arts visuels (de 2:37 à 3:35). On y présente des affiches, des photos, des installations et des expositions temporaires d’artistes cubains. C’est un lieu jouissif qui termine en beauté cette visite de la Vieille Place.

La vidéo se termine par un lent panoramique qui récapitule ce qu’on vient de voir.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

Un commentaire

| Photos de Cuba, Photos de La Havane, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Havane – Plaza de San Francisco de Asis

Publié le 1 janvier 2013 | Temps de lecture : 7 minutes

Historique

Chronologiquement, la Place St-François d’Assise fut la deuxième place aménagée à La Havane. Construite près des quais du port, elle devint rapidement le plus important centre d’activité commerciale de la ville.

Après avoir pénétré par l’embouchure de la baie de La Havane, les bateaux de la flotte royale en provenance du Mexique et du Pérou — chargés des trésors pillés aux Aztèques et aux Incas — s’y ravitaillaient et y effectuaient les réparations nécessaires avant d’entreprendre, à chaque printemps, la traversée de l’Atlantique vers l’Espagne.

C’est sur cette place qu’était construite l’hôtel de ville, la première prison et, originellement, la maison du gouverneur espagnol (transférée en 1792 à la Place d’Armes).

Le côté nord de la place

La page titre du diaporama met en vedette l’édifice imposant de la Bourse. À sa gauche, en retrait, se trouve une maison de trois étages (de 0:05 à 0:08 dans la vidéo) dont le fronton est orné d’une horloge. Devant ce bureau de change, se dresse le Cruceiro (la tour du Crucifix), en granite gris pâle, haut de 7,5 mètres.

Au fond de la rue Baratillo — soit la rue du Brocanteur, qui sépare cette maison de la Bourse — on aperçoit le superbe édifice Art déco de la Marine (Edificio de la Marina Havana, à 0:09).

La Bourse (Lonja del Comercio) n’est pas accessible au public. Construite en 1909, cette bâtisse de six étages est surmontée d’une coupole décorée d’une réplique de la statue de Mercure, le dieu du commerce (à 0:20). La sculpture originale, qui orne la façade de la Villa Médicis (en banlieue de Rome) est l’œuvre de Jean de Bologne (1529 – 1608).

De nos jours, cette bâtisse n’accomplit plus sa fonction première. Depuis 1996, c’est un immeuble de bureaux divisé en 74 modules offrant 9 000 mètres carrés de surface locative, réunis autour d’une spacieuse cour intérieure.

Devant la Bourse, on trouve une sculpture surréaliste d’Etienne intitulée « La Conversación » (un don à la ville effectué en 2012 par Vittorio Perrotta).

De 0:38 à 0:41, on voit l’intérieur du Café El Mercurio qui occupe, au rez-de-chaussée, le côté gauche de l’édifice de la Bourse.

Le côté Est de la place

La fontaine aux Lions a été taillée dans le marbre de Carrare en 1836 par le sculpteur italien Giuseppe Gaggini (1791 – 1867), sur une commande de Claudio Martínez de Pinillos, comte de Villanueva.

Séparé par l’avenue St-Pierre, l’ancienne Maison de la Douane (à 0:46), construite en 1911, ferme la perspective orientale de la place. Cette longue construction porte maintenant le nom de Terminal Sierra Maestra. Il est occupé par des bureaux de l’autorité portuaire.

Le côté sud de la place

En 1570, un riche marchand d’esclaves nommé Juan Rojas décède. Par testament, ce dernier lègue une partie de sa fortune aux fins de construction d’un monastère à l’ordre de St-François d’Assise, afin d’y loger les Franciscains. Ceux-ci avaient été les premiers moines à s’installer à La Havane.

Commencé en 1579 et complété en 1591, un premier complexe religieux est détruit par une violente tempête à la fin du XVIIe siècle.

Le couvent — qui renferme deux cloîtres séparés, l’un pour les moines et l’autre pour les moniales — et l’église St-François d’Assise actuelle, ont été reconstruits de 1719 à 1738. Rapidement, l’église devint la préférée de la bourgeoisie de la ville en raison de sa décoration intérieure somptueuse.

Durant les onze mois que dura la conquête anglaise de la ville, en 1762, l’église servit au culte protestant.

Après le retour de Cuba sous la domination espagnole, l’évêque de la ville déclara que l’église avait été profanée et s’opposa à ce qu’elle serve de nouveau au culte catholique.

En raison de son abandon pendant des décennies, le gouverneur espagnol de l’île confisque ce complexe religieux en 1842 et le transforme en entrepôt. Comble de malheur, quatre ans plus tard, une tornade détruit une bonne partie de la nef et le chœur (surmonté à l’époque d’une coupole). Au fil des ans, son trésor est transféré d’un endroit à l’autre et peu à peu, on en perd la trace.

Depuis, le toit a été refait maladroitement et un mur oblique — orné d’une fresque en trompe-l’œil — scelle la nef à la place du chœur. Un jardin, nommé en l’honneur de Mère Thérèsa de Calcuta, a été aménagé là où se trouvait le chœur. C’est ce jardin de sculptures que fait voir la vidéo de 0:55 à 1:00. Au fond du jardin se trouve l’église orthodoxe St-Nicolas-de-Mira, consacrée en 2004 par sa Sainteté le Patriarche Bartholomée.

À droite de l’entrée de l’ancienne église, on peut voir une sculpture du « Chevalier de Paris » (à 1:05). En réalité il s’agit de José María López Lledín, un Espagnol qui a immigré à La Havane au début du XXe siècle et qui est décédé dans un hôpital psychiatrique de la capitale en 1977. Convaincu d’être mousquetaire, celui-ci a passé sa vie à mendier dans les rues de la ville dans un accoutrement inspiré des romans d’Alexandre Dumas. Célèbre pour ses manières pompeuses, il fut immortalisé dans le bronze par le sculpteur cubain José Villa Soberón (qui a également fait la sculpture de Mère Thérèsa que nous venons de voir).

De nos jours, l’ancienne église sert de salle de concert et, avec le couvent, abrite un musée d’art religieux. Précisons que l’art religieux à La Havane est dispersé dans plusieurs établissements : entre autres, dans un pavillon du Musée des Beaux-Arts, dans le Musée municipal (sur la Place d’Armes) et dans l’ancien couvent de St-Dominique et de St-Jean-de-Latran (situé derrière le Musée municipal). La conséquence de cette dispersion, c’est que la collection de l’ancienne église St-François d’Assise contient quelques pièces intéressantes (et des reliques à 1:38), mais globalement, est d’un intérêt limité. On appréciera néanmoins l’architecture des lieux.

Bâtie en trois paliers, le clocher au centre de la façade fait 42 mètres : ce fut longtemps la plus haute tour de la ville (à 2:01).

Le côté ouest de la place

Créé pour célébrer le bicentenaire de la naissance du compositeur, le banc de Chopin (à 2:08) fait partie du mobilier urbain de La Havane depuis 2010. C’est l’œuvre du sculpteur polonais Adam Myjak (né en 1947).

Cette sculpture a été placée devant un édifice du XVIIIe siècle qui a déjà appartenu au marquis de St-Philippe et Santiago : pour cette raison, la société hôtelière qui s’y trouve maintenant porte le nom d’hôtel du Palacio de Marqués de San Felipe y Santiago de Bejucal.

Toujours du côté ouest, de l’autre côté de la rue Lamparilla (c’est-à-dire rue de la Petite Lampe), se trouve le restaurant Café del Oriente qui complète notre visite de cette place.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

Laissez un commentaire »

| Photos de Cuba, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , , , , , , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Havane – La Plaza de la Catedral

Publié le 27 décembre 2012 | Temps de lecture : 7 minutes

 
Introduction

La Place de la Cathédrale est située dans le quartier de la Vieille ville, plus précisément deux rues à l’ouest du Castillo de la Real Fuerza (dont nous avons parlé précédemment).

Dès que les sources naturelles qui y détrempaient le sol une bonne partie de l’année furent suffisamment taries pour permettre la construction domiciliaire, des palais et une petite église catholique (l’Oratoire St-Ignace) furent construits sur ce qu’on appelait alors la Place du Marais. Pour cette raison, ce fut la dernière place à avoir été aménagée à l’intérieur des fortifications de la ville.

Le côté nord de la place

À l’initiative des Jésuites, l’Oratoire St-Ignace céda sa place à une seconde, beaucoup plus vaste, construite de 1748 à 1777. Il s’agissait de construire un sanctuaire public, tourné vers la Place du Marais, mais qui serait derrière le Séminaire St-Charles et St-Ambroise, construit à la même époque et terminé en 1774. Le tout constituait un vaste complexe religieux, propriété des Jésuites.

Dédiée à l’Immaculée-Conception de la Vierge, l’église fut promue au rang de cathédrale en 1789, lorsque La Havane fut hissée au rang d’évêché.

En 1796, alors que la propriété de l’ile de St-Domingue passa de l’Espagne à la France, la dépouille du navigateur Christophe Colomb fut ramenée de St-Domingue — aujourd’hui en République dominicaine — où elle se trouvait depuis 1541, et déposée dans la cathédrale de Immaculée-Conception à La Havane. Pour cette raison, l’église prit alors le nom de Cathédrale de Saint Christophe. À l’indépendance cubaine, cette dépouille fut finalement transférée en Espagne (dans la Cathédrale de Séville) : la cathédrale cubaine reprit officiellement son nom d’origine. Toutefois, encore de nos jours, elle est mieux connue sous son surnom de Catedral de San Cristóbal de La Habana (soit Cathédrale St-Christophe de La Havane).

La façade de l’église, une des plus belles d’Amérique latine, est typiquement de style baroque espagnol colonial, avec la particularité suivante; la tour à gauche est plus étroite que cette de droite, afin de ne pas encombrer la rue qui y passe. Celle de droite renferme deux cloches : une petite, fabriquée à Matanzas (près de La Havane) et l’autre, plus imposante, importée d’Espagne.

Les trois portes, en cèdre et en acajou, sont d’origine.

Avant même que la décoration intérieure baroque n’ait été complétée, l’évêque Juan J. Díaz de Espada la transforma de 1802 à 1832 en style néo-classique, beaucoup plus sobre, d’où le contraste entre l’extérieur plutôt exubérant et l’intérieur relativement dépouillé.

Lorsqu’on examine de près les murs intérieurs de l’église, on a l’impression que leurs imperfections portent des traces de peinture rouge : en réalité les murs sont en calcaire coquillier — c’est-à-dire en agglomérat de coquillages et d’organismes marins — qui renferme par endroits des coraux de couleur orange.

Les planchers sont en marbre italien, rehaussé de marbre cubain (plus foncé).

Dans le transept de gauche se trouve un autel dédié à Saint Christophe, le patron de la ville. Le 16 novembre de chaque année, on commémore l’anniversaire de la fondation de La Havane. Ce jour-là, une estrade est aménagée devant l’autel de ce saint, permettant à chaque personne d’aller toucher les pieds de la statue qui lui est dédiée et de se recueillir quelques instants. Cette cérémonie est le pendant religieux du rituel païen qui se déroule simultanément au Templete de la Place d’Armes.

À la gauche du chœur, à quelques pas de l’autel de St-Christophe, se trouve une chapelle qu’on peut voir de 0:58 à 1:07 dans la vidéo.

Le lustre suspendu de la coupole (à 1:09) pèse deux tonnes et est illuminé de 244 ampoules.

L’autel central (à 1:11) est fait d’un seul bloc de marbre de Carrare incrusté d’or, d’argent et d’onyx. Les trois fresques situées en haut du chœur sont du peintre italien Giuseppe Perovani (1765 – 1835) : dans la vidéo (de 1:16 à 1:20), on voit successivement L’Ascension de Marie (au fond du chœur), Les clés (à droite), et La Dernière Cène (à gauche).

Par une sortie située du côté droit de la nef, on peut accéder au clocher de la cathédrale. En s’y rendant, on passe devant le mur extérieur où est encastré une plaque en l’honneur de Pierre Le Moyne d’Iberville, le plus grand héros québécois, né à Montréal en 1661 et inhumé dans cette église en 1706. Rappelons que ce militaire et explorateur n’a jamais perdu une seule bataille de sa vie, combattant victorieusement les Anglais de la Baie d’Hudson à la Louisiane.

Le côté Est de la place

Le côté oriental de la place est occupé par deux logis jumelés partageant une même galerie à arcades. Ils sont tellement semblables qu’on croirait qu’il s’agit d’un même édifice (à 1:57). Les portes du premier étage permettent toutefois de les distinguer assez facilement.

Celui à proximité de la cathédrale est la Maison du Comte de Lombillo. En réalité, il s’agit d’une annexe — construite au milieu du XVIIIe siècle — d’un édifice plus ancien appartenant à Don José Pedroso y Florencia, dont les descendants reçurent le titre de comte en 1871. Présentement, ce palais sert de bureau à l’historien de la ville.

Le bâtiment adjacent, construit en 1741, est le Palais du Marquis d’Arcos. Initialement, c’était la résidence du Trésorier des finances royales, Don Diego Peñalver, restaurée par son fils Ignacio Peñalver, devenu marquis en 1762. Au moment de ma visite, l’édifice était en voie de restauration.

Adossé à l’une de ses colonnes, on peut voir (à 1:59), la statue de bronze, grandeur nature, du danseur de flamenco Antonio Gades (1936 – 2004). Cette statue est l’œuvre du sculpteur José Villa Soberón.

Le côté sud de la place

Ce côté est entièrement occupé par le Palais des Comtes de Casa Bayona (à 2:01). Construit en 1720 pour le gouverneur militaire Don Louis Chacón, c’est le plus ancien bâtiment de la Place de la Cathédrale. Au XXe siècle, ce palais prit son nom actuel, en hommage à cette famille noble à laquelle il n’a jamais appartenu. Avant qu’il ne soit fermé pour restauration, il abritait le Musée de l’art colonial.

Le côté ouest de la place

Ce côté est occupé par deux bâtiments adjacents, construits au XVIIIe siècle. Celui plus au sud, sans arcade, abrite un magasin d’artisanat (à 2:06).

Celui plus au nord, qui s’avance sur la place, est l’ancien Palais de los Marqueses de Aguas Claras, construit en 1760. De nos jours, il loge le restaurant El Patio.

Conclusion

Une visite à La Havane ne serait pas complète sans passer quelques instants à la Place de la Cathédrale. À cause des restaurations en cours, l’offre culturelle de cette place se limite pour l’instant à la superbe Catedral de San Cristóbal de La Habana, à l’agréable mais dispendieux restaurant El Patio et à la boutique d’artisanat qui lui est adjacente.

Mais dès qu’on aura remis en état les trois autres palais qui bordent cette place, celle-ci rivalisera avec la Place d’Armes pour le titre du lieu touristique le plus intéressant du quartier de la Vieille ville.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

2 commentaires

| Photos de Cuba, Photos de La Havane, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , , , , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Havane – La Place d’Armes

Publié le 20 décembre 2012 | Temps de lecture : 7 minutes

 
Introduction

La Place d’Armes est la plus vieille place de La Havane et le cœur historique de la ville. C’est là qu’aurait été célébrée la première messe, lors de la fondation de la ville en 1519 et c’est sur cette place — longtemps purement minérale — que se déroulaient les parades et exercices militaires.

Pendant des siècles, ce fut le centre politique et militaire de la ville. La résidence du gouverneur s’y trouvait, à l’ombre de la plus importante forteresse de la capitale cubaine.

La gravure ci-dessus (qui ouvre la vidéo) montre l’état des lieux en 1860. On y voit le parc qui y fut aménagé au XIXe siècle et au milieu duquel on trouve aujourd’hui la statue de Carlos-Manuel de Céspedes (1819-1874), initiateur de la guerre d’indépendance de Cuba. Cette statue, créée en 1953, est l’œuvre de l’artiste cubain Sergio López-Musa.

Sur le pourtour de ce parc, du mardi au samedi, de nombreux bouquinistes viennent y vendre des livres, revues, vieilles photos jaunies, monnaies et médailles.

Il est à noter que la petite rue entre le parc et le Musée municipal (du côté ouest de la place) est la seule rue de la Havane pavée en bois (à 0:21 dans la vidéo). Au début du XIXe siècle, cette rue était pavée de gros cailloux ronds dont plusieurs avaient disparus. Incommodé par le bruit des carrosses qui empruntaient cette rue cahoteuse devant son logis, le gouverneur ordonna que le pavage soit refait en bois.

Le côté nord

La Place d’Armes est bordée au nord par le Castillo de la Real Fuerza (littéralement, le Château de force royale), dont la construction s’étala de 1558 à 1577. Il s’agit du plus important exemple d’architecture Renaissante à La Havane et plus ancienne forteresse de la ville.

En 1632, on a ajouté une girouette — due au sculpteur Jerónimo Martínez Pinzón — au sommet de la tour de l’espérance de cette forteresse (à 1:15). C’était la première statue de bronze coulée à La Havane.

Symbole de la ville, sa girouette est appelée Giraldilla par allusion à celle de la cathédrale de Séville. Celle en Espagne est une statue de la Foi (également en bronze) qu’on appelait Giralda à l’époque et appelée Giraldillo depuis le XVIIIe siècle.

Selon la légende, le sculpteur aurait pris modèle sur la Sévillane Ignès de Bobadilla, épouse du gouverneur Hernando de Soto qui ordonna la fortification de La Havane en 1538.

En mai 1539, ce gouverneur entreprit la conquête de la Floride (qui couvrait tout le sud des États-Unis à l’époque) à la tête d’une expédition de neuf navires, 237 chevaux et 513 hommes, laissant La Havane entre les mains de son épouse.

Il mourut de fièvre en Arkansas en 1542 mais la nouvelle n’atteignit son épouse qu’en octobre 1543. Pendant tout ce temps, celle-ci avait espéré le retour de son mari, guettant un signe de son retour du haut de la forteresse.

La statue représente la fidélité et l’espoir du peuple cubain.

Selon les époques, ce château fort a servi à diverses fonctions, De nos jours, c’est un musée consacré aux conquistadors. On y voit des maquettes de leurs bateaux, la monnaie utilisée, et leurs objets du quotidien.

Précision : de 0:50 à 1:10, la pièce musicale qu’on entend est un extrait de ‘Vente a Cordoba Christiana’, interprété par l’Orquesta y Coros Salinas de Torrevieja.

Le côté Est

À l’est de la place, se trouve El Templete (le Petit Temple). Il est à noter que la maison jaune, à l’arrière sur la photo à 1:21, n’en fait pas partie. Inauguré en 1828, ce minuscule temple est le premier édifice néoclassique de La Havane.

À l’intérieur, trois toiles monumentales décorent la totalité de la surface de ses murs. Œuvres du peintre français Jean-Baptiste Vermay (1786-1833) — décédé à La Havane et inhumé avec son épouse dans ce temple — ces toiles commémorent trois événements importants; la première messe donnée à La Havane (le jour de la fondation de la ville), la constitution du premier Conseil municipal et, sur le mur du fond, la cérémonie inaugurale de ce temple.

À chaque année, le 16 novembre — anniversaire de la fondation de la ville — une longue file d’attente s’étend à partir du Templete, sur tout un côté de la Place d’Armes. Chaque personne viendra faire trois fois le tour d’un fromager qui se dresse à deux mètres de celui à l’ombre duquel une première messe a été dite en 1519. Il est à noter que ce fromager n’est pas ce petit arbre qu’on voit au premier plan à 1:31 mais celui, plus important, dont les branches cachent en partie le fronton d’El Templete.

Aux intéressés, la chanson dont on entend un extrait de 1:42 à 2:00, et qui rend hommage à Che Guevara, porte le titre d’Hasta Siempre Comandante.

Le reste du coté oriental de la Place d’Armes est occupé par l’ancien palais du Comte Santovenia. Depuis 1867, c’est devenu l’hôtel Santa Isabel (en l’honneur d’Isabelle II). On peut en apercevoir la terrasse, de même que l’intérieur de 2:01 à 2:08.

Le côté sud

De côté sud de la Place d’armes, se trouvent une petite bibliothèque de quartier (soit la Bibliothèque publique Rubén-Martinez Villena, qui n’est pas représentée dans la vidéo) et le Musée d’histoire naturelle (à 2:10).

Dans ce musée, la présentation des objets date d’une autre époque et, dans le cas des animaux empaillés, leur nombre est assez limité. Toutefois, on y apprend que la faune de Cuba contient à elle seule plus de sortes de chauves-souris que tous les pays d’Amérique du Nord réunis.

Le côté ouest

À l’ouest du parc, c’est le Musée municipal (à partir de 2:12). Ce dernier est installé dans l’ancien Palais du gouverneur espagnol Don Louis de las Casas Aragorri (dont l’inauguration eut lieu en 1791). Au cours des siècles, l’édifice a servi à différentes fonctions, de prison à Hôtel de ville (de 1920 à 1958), en passant par résidence présidentielle (de 1898 à 1920). Aujourd’hui c’est un musée est consacré à l’histoire de la ville.

À 2:12, il s’agit de la statue de Ferdinand VII (un roi d’Espagne jugé sévèrement par l’Histoire) que les autorités espagnoles avaient placé, à la fin de l’époque coloniale, au centre du parc, là où la statue de Céspedes occupe la place d’honneur depuis 1955.

Le Musée municipal s’étend sur tout le côté ouest de la Place d’Armes. Son patio (c’est-à-dire sa cour intérieure à ciel ouvert) est bordé d’une galerie et dominé par une sculpture de Christophe Colomb, en marbre de Carrare.

Dans ce musée, tous les aspects de l’histoire de la ville y sont représentés. On y trouve au rez-de-chaussée une exposition d’objets religieux. À l’étage, on trouve des armes, les habits et accessoires de personnages historiques du pays, et le superbe mobilier originel de nombreuses pièces de l’édifice, dont la salle de bal.

La vidéo se termine par une vue de l’édifice qui occupe le coin nord-ouest de la place.

Conclusion

Sans contredit, la Place d’Armes est la plus belle place du quartier de la Vieille ville. Cohérente par le style, le choix des matériaux et la hauteur des bâtisses, intéressante par les musées qui la bordent, cette place mérite la visite de toute personne qui passe quelques jours dans la capitale cubaine.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

Laissez un commentaire »

| Photos de Cuba, Photos de La Havane, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , , , , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Havane – De Montréal à La Havane

Publié le 16 décembre 2012 | Temps de lecture : 3 minutes

 
Cette vidéo résume la première journée de mon voyage à La Havane, le 29 octobre 2012.

Elle débute par une photo de ma destination, cette chambre située au premier étage du 317 rue Lamparilla, dans le quartier de la Vieille ville.

De 0:34 à 0:53, nous avons un aperçu de l’aéroport de Toronto (où nous faisons escale avant de repartir pour la capitale cubaine).

L’arrivée à La Havane nous montre une ville qui, vue des airs, est nettement moins éclairée la nuit que l’est Montréal.

À la descente de l’avion, nous sommes accueillis par des gardiens dont les limiers sont de sympathiques épagneuls.

L’intérieur de l’aéroport est vieillot mais propre : les formalités y sont relativement rapides et efficaces.

La monnaie destinée exclusivement aux touristes s’appelle le Peso convertible. Elle n’est disponible qu’une fois arrivée à Cuba et n’a plus de valeur une fois sortie du pays. On l’obtient dans les grands hôtels, les bureaux de change répartis dans la ville et à l’aéroport.

De nuit, le trajet vers ma destination ressemble à celui qu’on fait à partir de l’aéroport de Fort Lauderdale, en Floride; le long de la route, des palmiers au début, puis des bâtiments industriels suivis de résidences privées.

Dans la Vielle ville, les rues sont peu éclairées et très mal entretenues. Dans la vidéo, alors qu’il est vers 23h, tout semble gris et poussiéreux.

Après le mot de bienvenue de mes hôtes (Carmen et William), j’offre quelques présents utilitaires puis je montre dans ma chambre pour y défaire mes valises et me coucher.

Celle-ci est d’une propreté impeccable. Dépourvue de fenestration proprement dite, elle n’est séparée de la rue que par une petite porte-fenêtre à deux volets qui partent du sol et qui font environ 1,7 m.

L’effet visuel à la toute fin de la vidéo (après le générique) n’est pas un bogue mais un clin d’œil à The Twilight Zone, une série télévisée très populaire au début des années 1960, dont chaque épisode recourait à cet effet spécial.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

Laissez un commentaire »

| Photos de Cuba, Photos de La Havane, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les infrarouges de La Havane

Publié le 4 décembre 2012 | Temps de lecture : 1 minute

 
Le diaporama ci-dessus présente les photos infrarouges que j’ai prises dans les différents parcs de la capitale cubaine en novembre 2012. On y voit également deux courtes vidéos tournées également en infrarouge.

Après la vidéo « Nostálgica », métallique et colorée, voici son exact contraire, végétal et pratiquement sans couleur.

Pour le bénéfice de ceux qui voudraient visiter les endroits où ces photos ont été prises, en voici la liste :
— la Forteresse St-Charles de Cabaña
— le Musée napoléonien
— l’Université de La Havane
— l’Avenue des Présidents
— la Maison de l’Union nationale des écrivains et artistes de Cuba
— le Parc Aldama
— le Parc central
— la Petite place des Ursulines
— le Parc Hans-Christian Andersen
— le Parc Cespedes
— le Séminaire St-Charles et St-Ambroise
— le restaurant Giraldilla
— la Place d’Armes
— le Parc et le bois des Amandiers,
— le Jardin botanique national.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge noir et blanc, veuillez cliquer sur ceci.

4 commentaires

| infrarouge noir et blanc, Photo infrarouge, Photos de Cuba, Photos de La Havane, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Émerveillement nocturne

Publié le 1 octobre 2012 | Temps de lecture : 2 minutes
Cliquez pour démarrer

 
Sous le thème Jardins de lumière, le Jardin botanique de Montréal présente cette année la vingtième édition du spectacle « La magie des lanternes ».

Fabriquées manuellement par des artisans de Shanghai — une ville avec laquelle Montréal est jumelée — plus de 900 lanternes sont exposées au Jardin de Chine jusqu’au 4 novembre 2012.

En mai et juin derniers, ces lanternes ont été acheminées par bateau jusqu’à Vancouver, puis par train jusqu’à Montréal.

Ensuite, il a fallu plus d’un mois à une équipe de techniciens — menuisiers, plombiers, soudeurs, et électriciens — pour fabriquer les supports et installer le réseau électrique étanche qui alimente ces lanternes.

Et maintenant, voici venu le temps d’en profiter.

Pour le bénéfice des lecteurs qui seraient dans l’impossibilité d’assister à ce spectacle féérique, en voici un aperçu ci-dessus.

Et pour vous permettre de juger de l’authenticité de ce spectacle, on trouvera ci-dessous un extrait de la vidéo d’une procession de chars allégoriques que j’ai filmée à l’exposition universelle de Shanghai à l’automne 2010 (de 2:02 à 2:37).
 


Voir aussi : Liste des diaporamas de Shanghai

Laissez un commentaire »

| Culture, Exposition, Jardins de lumière, Vidéos | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Saint-Léopold-du-Steinhof

Publié le 24 juillet 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

 
En 1903, Otto Wagner (1841-1918) — l’architecte en chef et le plus prolifique bâtisseur de Vienne — se voit confier le mandat de concevoir une église au profit des patients et du personnel soignant d’un hôpital psychiatrique (appelé Steinhof). Celui-ci était construit dans une banlieue à l’Ouest de Vienne (annexée depuis à la capitale autrichienne). À l’époque, c’était l’hôpital psychiatrique le plus moderne d’Europe.

De style Art Nouveau (et d’inspiration néo-byzantine), l’église fut construite de 1904 à 1907 au sommet de la colline sur laquelle est situé l’asile.

Dédiée à saint Léopold (le saint patron de Basse-Autriche), c’est le seul édifice de l’institution psychiatrique qui soit visible au loin; les autres pavillons sont disséminés sur cette colline boisée et conséquemment, cachés par la verdure. L’église symbolise donc les lumières de l’esprit qui s’élèvent au-dessus des sombres dessous de l’irrationnel et de la maladie mentale.

Avec l’église parisienne de Saint-Jean-de-Montmartre, l’église Saint-Léopold-du-Steinhof est un des premiers temples en béton au monde. L’édifice est coiffé d’une coupole en cuivre doré, et recouvert de plaques de marbre blanc rivées par des clous de cuivre.

La façade est flanquée de deux clochetons au sommet desquels trônent des statues dues au sculpteur Richard Luksch (1872-1936) : Saint Léopold à gauche et Saint Séverin à droite (assis sur des sièges dessinés par l’architecte). Quatre colonnes en pierre forment le portail, surmonté d’anges recueillis en bronze doré, œuvres de Othmar Schimkowitz (1864-1947).

À l’intérieur, l’architecte a également dessiné les bancs, les luminaires et le maitre-autel. La décoration intérieure ne compte aucune toile.

La forme des fenêtres principales, de chaque côté de l’édifice, rappelle la silhouette de l’autel surmonté de son baldaquin : c’est aussi la forme du retable qui les surplombe au fond de l’église. Ce dernier occupe la même surface (75 m²) que chacune de ces fenêtres.

Les mosaïques furent créées par Remigius Geyling (1878-1974) et les vitraux par Koloman Moser (1868-1918). Les mosaïques des autels latéraux sont de Rudolf Jettmar (1869-1939) : l’autel latéral de droite montre l’Annonciation, tandis que celui de gauche, l’archange Gabriel. Construit en 1907, l’orgue pneumatique est de Franz-Josef Swoboda.

Le choix de Koloman Moser pour les vitraux avait suscité une vive controverse puisque cet artiste s’était converti au protestantisme. Lorsque autorités religieuses catholiques apprirent que celui-ci devait également réaliser le retable qui surplombe le maitre-autel, c’en était trop.

Si bien que cette tâche fut confiée d’abord à Carl Ederer (1875-1951) — accusé à tort de plagiat par Moser — puis à Remigius Geyling, et finalement à Léopold Forstner (1878-1936). Intitulé « L’accueil au paradis », on y voit le Christ entouré de deux anges et de saints : devant eux est agenouillé saint Léopold. Le visage, les mains et les pieds des personnages sont en céramique peinte. Les vêtements sont des plaques de marbre et les halos, de l’étain doré.

L’architecte a pris soin des aspects pratiques de son œuvre. Les trois premiers mètres des murs sont recouverts de marbre sans rivet afin de faciliter leur nettoyage. Le sol est légèrement incliné pour la même raison. Le maitre-autel est surélevé afin d’être visible de tous les fidèles. Les bancs ne présentent aucune arrête vive qui pourrait blesser les malades. Au lieu d’être de simples bassins, les bénitiers sont alimentés goutte à goutte en eau bénite à partir de réservoirs dorés, afin de réduire le risque d’infection. Le dôme est fermé d’un faux-plafond, ce qui améliore l’acoustique des lieux.

Contrairement à tous ces temples sombres, propices au recueillement, l’église Saint-Léopold-du-Steinhof est inondée de lumière, comme un minuscule avant-goût du paradis. Véritable œuvre d’art, elle est aujourd’hui considérée comme la plus belle église Art nouveau au monde.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

4 commentaires

| Photos d'Autriche, Photos de Vienne, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Schönbrunn

Publié le 13 juillet 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

 
Le château de Schönbrunn tire son nom d’une fontaine qui coule à cet endroit. En allemand, schöner Brunnen signifie Belle fontaine.

Ce château est un palais d’été que l’empereur Léopold 1er a commandé en 1696 au meilleur architecte autrichien de l’époque, Johann-Bernhard Fischer von Erlach. En 1705, les jardins à la française sont aménagés par Jean Trehet, un élève de Le Nôtre : ils seront remaniés en 1772 par Adrian van Steckhoven.

Peu de temps après l’achèvement du palais en 1730, il est remanié et agrandi de 1740 à 1749 par Nicolò Pacassi à la demande de l’impératrice Marie-Thérèse.

S’ajouteront un zoo en 1752 — c’est le plus ancien zoo au monde encore en activité — une gloriette en 1775 et une serre tropicale en 1882 (la plus grande d’Europe). Au total, le parc du palais fait 120 hectares.

C’est dans ce palais que Napoléon Bonaparte vécut avec son épouse — l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, fille de l’empereur — à deux reprises (en 1805 après la victoire d’Austerlitz, et en 1809 après Wagram). C’est également ici qu’est décédé de tuberculose, à l’âge de 21 ans, leur fils unique (surnommé l’Aiglon par les auteurs romantiques) en 1832.

D’abord utilisé en été, le palais devint ensuite résidence impériale. C’est ici que le dernier empereur d’Autriche, Charles Ier, abdiqua en 1918.

Le palais proprement dit est ouvert au public mais il est interdit d’en photographier l’intérieur. Le tarif ordinaire permet de visiter une quarantaine de salles qui sont toutes (ou presque toutes) de style néo-rococo. Le tarif plus cher donne accès à quelques pièces de plus : celle-ci sont magnifiques et valent amplement les deux euros supplémentaires qu’il faut débourser pour les visiter.

À l’origine, ce palais était situé en pleine campagne : toutefois, le développement urbain de la capitale autrichienne l’a rattrapé depuis. De nos jours, on y accède par le métro.

La vidéo débute donc par l’arrivée en métro. À 0:18, nous voici à l’entrée de la cour d’honneur. Les deux obélisques y sont coiffés non pas d’aigles à deux têtes (qui symbolisent l’empire austro-hongrois) mais d’aigles napoléoniennes que Bonaparte fit ajouter lors de ses deux séjours à Vienne.

À 0:26, il s’agit des jardins à droite du palais. Puis, à partir de 0:36, des grands jardins à la française, situés à l’arrière du palais.

De 1:15 à 2:07, nous visitons la serre tropicale du palais. Celle-ci renferme 4 000 plantes exotiques rapportées des quatre coins du monde par les botanistes de l’empereur. Les collections se répartissent en trois sections qui se distinguent par leur chaleur et leur degré d’humidité. Il est à noter que les photos en noir et blanc sur lesquels la nature semble givrée, sont en réalité des photos infrarouges.

À 1:22, cette fleur étrange est la passiflore Kaiserin Eugénie, nommée en l’honneur d’Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach (mieux connue sous le surnom d’impératrice Sissi).

De 2:08 à 2:27, voici l’ancienne Maison du cadran solaire (Sonneruhr Haus), devenue la Maison du désert.

Au fond des jardins à la française, au pied de la colline qui mène à la gloriette qui la couronne, nous rencontrons la Fontaine de Neptune (à 2:38), que Franz-Anton Zauner réalisa en 1780. Les sculptures en marbre blanc sont de Wilhelm Beyer.

De 2:52 à 3:05, voilà cette gloriette. Il s’agit d’une arcade néoclassique, dessinée par Ferdinand von Hobenberg en 1775, qui héberge un casse-croute derrière ses grandes fenêtres et offre, sur le toit, une vue panoramique de l’arrière du château. Elle célèbre la victoire en 1757 de l’Autriche de l’impératrice Marie-Thérèse sur la Prusse du roi Frédéric II (dont le Palais de Sanssouci était interdit aux femmes et aux militaires).

À 3:14 à 3:31, c’est la Cascade de l’obélisque, puis (de 3:33 à 3:39) les fausses ruines romaines aménagées à proximité. De 3:42 à 4:04, ce sont les Jardins du Prince héritier, à la gauche du palais.

Puis nous visitons sommairement le quartier qui entoure le palais, de 4:06 à 4:17.

De 4:18 à 4:46, nous voyons des images d’un spectacle donné dans la Grande galerie du palais — longue de 43 mètres — précédé d’un repas créé à partir des mets préférés de l’empereur François-Joseph 1er (l’époux de l’impératrice Sissi) qui a régné sur l’empire austro-hongrois durant toute la seconde moitié du XIXe siècle.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

Un commentaire

| Photos d'Autriche, Photos de Vienne, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel