Les jeunes plus écologistes que les vieux ?

3 décembre 2020

La maison de sondage The Opinium poll a mesuré l’attitude de deux-mille Britanniques à l’égard des questions environnementales.

Parmi les sondés, 78 % croient avoir un rôle important à jouer pour prévenir les crises climatiques. Toutefois, une proportion substantielle d’entre eux ne sont pas prêts à consentir à des sacrifices pour les atténuer.

Champions des causes environnementales, les adolescents et les jeunes adultes croient que les personnes plus âgées portent une lourde responsabilité à l’égard des catastrophes climatiques qui s’annoncent.

Toutefois, lorsqu’on interroge les gens à l’égard de leurs habitudes de consommation, il semble y avoir un écart entre les paroles et les actes.

La moitié des personnes âgées de plus de 55 ans achètent localement, renouvèlent peu leur garde-robe (ils achètent moins de vêtements et les portent plus longtemps) et utilisent moins de plastique.

Dans le groupe des 18 à 34 ans, cette proportion est deux fois moindre. Une grande partie des jeunes désirent manger moins de viande, éviter de suivre la mode, etc. Beaucoup le font occasionnellement, mais peu le font véritablement, selon le sondage.

On aurait tort de conclure que les personnes âgées sont ‘climatiquement’ plus vertueuses que les jeunes.

L’explication vient sans doute du fait que la grande majorité des personnes âgées vivent des revenus de leur pension de retraite.

Cette pauvreté relative les incite à conserver leur vieux téléphone portable tant qu’il fonctionne, à porter des vêtements datant du siècle dernier, à ne pas acheter de nouvelle voiture parce qu’ils n’en ont pas les moyens, et à ne pas acheter de l’équipement sportif haut de gamme parce que leur forme physique ne leur permet pas de s’en servir. Et ainsi de suite.

Mais fondamentalement, les jeunes ont raison; le monde dans lequel nous vivons est de résultat de l’activité de ceux qui les ont précédés.

Aussi louables que soient les bonnes habitudes actuelles des personnes âgées — habitudes dictées par la nécessité — l’hyperconsommation était la règle quand ces vieux avaient l’âge de ceux qui les blâment aujourd’hui.

Ceci étant dit, quelle génération n’a pas blâmé la précédente pour tous ses malheurs ?

Les jeunes de demain blâmeront les jeunes d’aujourd’hui pour tous ces gadgets électroniques (téléphones, tablettes, ordinateurs, trottinettes électriques, etc.) qui s’accumuleront dans nos sites d’enfouissement et pollueront nos nappes phréatiques parce que personne n’a obligé les fabricants à créer une filière de collecte et de recyclage de leurs produits.

Si on veut sauver la planète, il faudra cesser de s’entredéchirer et agir.

Référence : Move over, millennials. Boomers are UK’s greenest generation

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ce que la défaite de Trump représente pour les ‘Noirs’ américains

8 novembre 2020

Avocat de formation, Van Jones est commentateur politique sur CNN, la chaine américaine de nouvelles en continu.

Conseiller d’Obama en matière d’environnement, il est également un ardent défenseur des droits civiques.

En direct sur les ondes de CNN, voici sa réaction hier à l’annonce de la défaite électorale de Donald Trump.

Cliquez sur l’image pour démarrer

Traduction littéraire :

C’est plus facile d’être un parent ce matin. C’est plus facile d’être un papa. C’est plus facile de dire à ses enfants : l’intégrité compte. (…) Dire la vérité compte. Être une bonne personne compte.

Et c’est plus facile pour un bon nombre de gens.

Si vous êtes musulman, vous n’avez plus à vous soucier que le président ne veut plus de vous dans ce pays.

Si vous êtes un immigrant, vous n’avez plus à craindre que le président se fasse un plaisir de vous arracher votre enfant ou d’expulser sans raison des jeunes qui vivent ici depuis des années.

C’est un soulagement pour bien des personnes qui ont vraiment souffert.

Vous vous rappelez d’I can’t breath (Je ne peux plus respirer). Vous savez, ce n’était pas seulement le cas de George Floyd. Beaucoup de gens étouffaient dans ce pays.

Chaque matin, vous vous leviez et il y avait tous ces gazouillis [présidentiels]. Et vous ne saviez pas…

Vous alliez magasiner et les gens qui [autrefois] n’osaient pas afficher leur racisme devenaient de plus en plus méchants envers vous.

Vous vous inquiétiez pour vos enfants.

Vous vous inquiétiez pour votre sœur; peut-elle simplement aller chez Walmart et revenir à son auto sans que quelqu’un lui fasse [une remarque désobligeante].

Et vous gaspilliez tellement de vos énergies à éviter que votre vie s’effondre.

C’est très important pour nous de juste vivre en paix. (…) Le climat [social] de pays compte.

Être une bonne personne compte. Vous savez, je veux pouvoir dire à mes fils : « Regarde, c’est facile d’être minable et de s’en tirer. Mais cela finit toujours par se retourner contre toi.»

(…)

Je suis désolé pour ceux qui ont perdu; pour eux, c’est un mauvais jour. Mais pour bien du monde, c’est un bon jour.

Référence : Van Jones

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mot en ‘n’ dans la littérature anglo-américaine

2 novembre 2020

Introduction

Vendredi dernier, le ministre de l’Éducation du Québec a vivement réagi à la décision de deux commissions scolaires anglophones de bannir le manuel scolaire Journeys Through the History of Quebec and Canada.

Pourquoi cette mise à l’index ? Parce que ce manuel mentionne le titre jugé offensant d’un essai écrit en 1968 par Pierre Vallières.

Cette mention ne visait pas à inciter les élèves à lire cet essai. Jamais celui-ci n’a fait partie des lectures obligatoires ou recommandées par ces deux institutions scolaires.

La simple mention du titre N… blancs d’Amérique servait à illustrer comment se sentaient de nombreux Canadiens français à l’époque face à l’exploitation dont ils étaient victimes et à tracer un parallèle entre leur condition et celle des ‘Noirs’ américains.

À l’adolescence, si on m’avait laissé le choix entre lire ce livre et Les Trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, devinez ce que j’aurais préféré…

Effectivement, le livre ‘scandaleux’ de Pierre Vallières est une œuvre qui a été lue par moins d’un pour cent des étudiants, qu’ils soient francophones ou anglophones.

Toute cette controverse est donc une tempête dans un verre d’eau… ou dans une tasse de thé, selon les gouts.

Mais si on estime raisonnable de bannir un livre québécois dont le titre est jugé offensant, ne devrait-on pas faire de même à l’égard des nombreux ouvrages tirés de la littérature anglo-américaine qui utilisent le mot en ‘n’ et que ces élèves ont beaucoup plus de chance de consulter parce qu’écrits dans leur langue ?

Les titres romanesques contenant le mot en ‘n’

Our n…: Sketches from the Life of a Free Black

En 1859 paraissait ce roman, écrit par Harriet-E. Wilson. Selon les historiens, ce serait la première œuvre littéraire écrite par une femme à la peau très pigmentée aux États-Unis.

De nos jours, ce livre est complètement oublié. Toutefois, il serait important que les bouquins consacrés à l’histoire de la littérature américaine qui mentionnent son titre soient retirés des étagères des bibliothèques de ces commissions scolaires afin de n’offenser personne.

Tout comme les romans suivants, qu’on prendra soin de retirer des étagères :
The N… of the Narcissus de Joseph Conrad (1897),
N… Heaven de Carl von Vechten (1926),
The Artificial N… de Flannery O’Connor (1955),
N…: An Autobiography by Dick Gregory (1964),
Up from N… de Dick Gregory (1976),
N… de Labi Siffre (1993).

Prancing N…

On fera de même pour le roman britannique Sorrow in Sunlight, un navet écrit par Carl von Vechten en 1924 et renommé aux États-Unis Prancing N…, un titre jugé plus vendeur.

Ten Little N…

Ce célèbre roman-policier d’Agatha Christie échappera à cet opprobre puisque son titre a été modifié dans les années 1980 à And Then There Were None.

Si les bibliothèques scolaires en ont de très vieux exemplaires (notamment de la rare et précieuse édition originale), on verra à les détruire.

Les romans dont le texte renferme le mot en ‘n’

Ce mot offensant est très prévalent dans la culture anglo-américaine. Des milliers d’œuvres l’utilisent ; des opérettes, des comédies musicales, des chansons populaires, des films, des pièces de théâtre, des contes pour enfants et évidemment, des romans.

Parmi ces derniers, le plus connu est Adventures of Huckleberry Finn, chef-d’œuvre de la littérature américaine écrit par Mark Twain en 1885.

Ce roman utilise le mot en ‘n’ plus de deux-cents fois.

On trouve également ce mot dans des œuvres de Wilbert Awdry, Graham Green, Carson McCullers, Rudyard Kipling, Arthur Ransome, et Virginia Wolf, entre autres.

Conclusion

Lorsqu’une personne se dit offensée par l’utilisation d’un mot, on peut soit la désensibiliser à ce mot ou la protéger de cette microagression.

La désensibiliser signifie lui faire réaliser que le mot en ‘n’ n’a pas toujours été une insulte raciste.

Mais si on préfère la protéger, il faut le faire non seulement à l’égard d’œuvres en français — qu’elle est peut-être incapable de lire de toute manière — mais surtout de la multitude des produits culturels anglo-américains.

Nous, francoQuébécois, devons accepter le fait que nos concitoyens anglophones ont le droit à l’autonomie interne. Cela signifie le droit de posséder leurs propres institutions et de prendre les décisions qui les concernent.

En contrepartie, la paix sociale au Québec exige qu’ils le fassent de manière respectueuse à l’égard du peuple francoQuébécois.

En d’autres mots, si des commissions scolaires anglophones veulent bannir un essai québécois en raison de son titre jugé offensant, ils devront bannir également la multitude d’œuvres tirées la littérature anglo-américaine dont le titre ou le texte sont susceptibles d’offenser leurs élèves sensibles.

Sinon, l’exercice n’a pour but véritable que de contribuer à la propagande angloCanadienne qui se plait à nous décrire comme des arriérés et des racistes.

Ce matin même, j’ai commandé N… blancs d’Amérique afin de voir dans quelle mesure on devrait le juger plus offensant qu’Adventures of Huckleberry Finn.

Sans cette controverse, je n’aurais sans doute pas cru bon me procurer cet essai. Je remercie donc les commissions scolaires Lester-B. Pearson et English-Montréal d’avoir suscité ma curiosité et d’avoir sans doute incité de nombreux Québécois à lire les écrits révolutionnaires de Pierre Vallières…

Références :
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
L’époque troublée du premier Irlandais au Canada
Roberge dénonce la censure à l’école
Use of n… in the arts

Sur le même sujet : Le mot en haine

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| 2018-202X (années Legault), Politique québécoise, Racisme, Sociologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mot en haine

26 octobre 2020
Microagressions (du peintre congolais Mode Muntu)

La leçon de cinquième

En première année du primaire, j’étais le dernier de ma classe. En quatrième année, j’étais devenu parmi les trois meilleurs. Et en cinquième, j’étais le numéro un.

Mon institutrice était alors sœur Pierre-de-Bethsaïde. Celle-ci nourrissait une dévotion spéciale pour saint Joseph.

À l’avant de la classe, près d’une grande fenêtre, il y avait en coin une petite tablette triangulaire sur laquelle cette religieuse avait placé une statue de son saint préféré.

Chaque jour, elle lui demandait la même faveur; de faire en sorte que le lendemain soit ensoleillé.

En début d’une journée pluvieuse, elle grondait publiquement la statue, la retournait vers le coin, mettant ainsi saint Joseph en pénitence.

Cette religieuse m’aimait beaucoup.

Quand j’étais bon élève, elle s’adressait à moi en disant d’un air extasié : ‘Ah ! Mon p’tit prince de Galles’.

Mais quand je n’avais pas appris correctement mes leçons, elle fronçait les sourcils et me traitait d’espèce de prince de Galles.

Dès l’âge de dix ans, je découvrais la relativité du langage, qu’une même épithète puisse être péjorative ou flatteuse selon le contexte. Tout dépendait du ton. Et surtout, de l’intention de la personne qui l’utilise.

Parce qu’en réalité, les mots ou les gestes offensants ne sont que des conventions sociales. Si tous les hommes efféminés partaient à rire lorsqu’on les traite de ‘fifs’, on les qualifierait autrement.

Toute insulte qui perd son pouvoir offensant devient inutile.

Le mot en ‘n’

Pendant des siècles, les ‘Blancs’ américains ont utilisé l’épithète n… pour insulter ou dénigrer les ‘Noirs’.

Autrefois, l’équivalent français n’était pas une insulte. Voilà pourquoi l’auteur haïtien Dany Laferrière a écrit en 1985 un roman intitulé ‘Comment fait l’amour avec un n… sans se fatiguer’.

Vingt ans plus tard, je ne suis pas convaincu que chez les jeunes Québécois de descendance haïtienne, ce mot soit demeuré tout aussi inoffensif.

Au fil du temps, sous l’influence du cinéma américain, le mot s’est chargé d’un sens péjoratif, soit celui qu’il possède au sud de nos frontières.

Car toute langue évolue.

On aura beau reprocher aux Américains de vouloir nous faire éprouver la culpabilité de leur lourd passé esclavagiste, cela ne change pas le fait que le mot puisse offenser certaines personnes qui l’entendent.

Or il n’appartient pas aux gens au teint pâle d’en juger. Seuls ceux qui ont la peau très pigmentée peuvent distinguer l’intention offensante de ceux qui les traitent ainsi.

Bref, il y a tellement de synonymes en français que si une épithète blesse des gens, il suffit d’utiliser un autre mot à la place. Pourquoi insister ?

Quand doit-on l’utiliser quand même ?

Dimanche dernier, à l’émission ‘Tout le monde en parle’, un chanteur hip-hop qualifiait de maladresse le choix du titre ‘N… blancs d’Amérique’ par Pierre Vallières.

En réalité, quand l’auteur écrit son essai séditieux, il est incarcéré aux États-Unis parmi des Black Panthers américains (avec lesquels il fraternise).

Son titre fait une analogie entre l’exploitation des ‘Noirs’ américains et celle de la classe ouvrière québécoise de l’époque. Pour ses compagnons de cellule, il mène fondamentalement le même combat qu’eux.

Penser que Pierre Vallières aurait dû choisir un autre titre, c’est n’avoir rien compris aux propos de l’auteur; si Pierre Vallières s’était toujours soumis à la rectitude politique, on ne l’aurait pas emprisonné. Et qui se rappellerait de lui ?

Dernièrement, à l’université d’Ottawa, une professeure d’histoire et de théorie de l’Art a mentionné le mot en ‘n’ comme exemple de transformation d’une insulte en marqueur identitaire par des ‘Noirs’ américains.

Le tollé déclenché par cet exemple parmi des internautes (principalement anglophones) est typique du manque de culture de notre époque.

Contribuer à un torrent de haine contre cette enseignante sous le prétexte qu’elle est coupable d’une ‘microagression’, c’est faire preuve de peu de jugement.

C’est également typique des gens qui cherchent à donner un sens à leur vie et qui s’enflamment pour la moindre cause.

Se sont-ils donné la peine de chercher à comprendre le sens de la démarche intellectuelle de cette professeure ?

L’enseignement universitaire est inutile s’il se limite à renforcer les préjugés des étudiants; les médias sociaux s’en chargent déjà.

Le propre de la culture est d’élargir l’esprit. À sa manière, l’enseignement universitaire y contribue.

Imaginez des élèves qui entreraient à l’université avec la conviction que la terre est plate et qui en ressortiraient plus convaincus que jamais que c’est vrai; on devrait en conclure que l’université a failli à sa mission.

Références :
Dany Laferrière sur le « mot en n » : « Un tel mot va plus loin qu’une douleur individuelle »
L’invention des races humaines
Reappropriation
Silence à CBC, prudence à Radio-Canada

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les itinérants-campeurs de la rue Notre-Dame

13 octobre 2020

À l’origine, le long de la rue Notre-Dame, l’autoroute Ville-Marie devait raccorder l’autoroute Décarie au pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Alors qu’on avait déjà détruit presque tous les bâtiments sur près de quatre kilomètres à l’est de l’avenue De Lorimier, le projet fut suspendu en 1976 à la suite des protestations de citoyens et de commerçants.

Au fil des décennies qui suivirent, on aménagea un parc linéaire le long de la rue Notre-Dame, traversé d’une piste cyclable. De nos jours, l’endroit est charmant.

Vue du parc Adhémar-Raynault

Une portion de ce parc porte un nom qui lui est propre; c’est le parc Adhémar-Raynault. Il s’étend sur 20 705 m².

C’est là que depuis les premiers jours de juillet, une cinquantaine d’itinérants ont élu domicile.
 




 
Qui sont-ils ?

Quelques-uns d’entre eux, atteints de problèmes de santé mentale, ont été expulsés de leur chambrette à l’occasion d’une crise et n’ont pu se reloger ailleurs.

D’autres sont simplement des locataires à revenus modestes qui, après avoir été évincés, n’ont pu se trouver d’endroit pour habiter en raison de la pénurie chronique de logements sociaux à Montréal.

Et il y a ces mendiants qui, selon les saisons, parcourent le pays de Vancouver à Montréal et qui se sont retrouvés là parce qu’il leur était impossible de mendier dans le Centre-Ville, désert en raison de la pandémie.

L’endroit précis où ils ont dressé leurs tentes est à la jonction entre le parc Adhémar-Raynault et le square Dézery (où ils trouvent des abreuvoirs et des toilettes chimiques).
 

 
C’est là également que Guylain Levasseur (de Dehors Novembre) leur offre gratuitement les vivres qu’il collecte un peu partout en ville.

Lors de ma visite, un épicier lui apportait une caisse pleine de bananes parfaitement mures (mais qui le seront trop dans un jour ou deux).

Références :
Démantèlement du campement de la rue Notre-Dame: «J’ai peur que ça vire mal»
Rue Notre-Dame (Montréal)
Sociofinancement
Statu quo au campement de la rue Notre-Dame

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II et objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 32 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 29 mm
3e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 34 mm
5e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Kenosha : les mauvaises fréquentations policières

28 août 2020

Les supplétifs

Tout comme la marine royale anglaise comptait autrefois sur des corsaires pour attaquer de leur côté les navires de la flotte ennemie, le système répressif américain compte sur des supplétifs pour faire les sales besognes.

Ces supplétifs sont des justiciers (ou ‘vigilantes’ en anglais) qui estiment que la criminalité n’est pas suffisamment punie et qui se donnent comme mission de faire respecter la loi à leur manière.

La relation entre les supplétifs et les forces de l’ordre est incestueuse.

Selon un rapport du FBI, depuis vingt ans, les groupes suprémacistes blancs ont infiltré les forces de l’ordre dans toutes les régions des États-Unis, plus particulièrement dans les États suivants : l’Alabama, la Californie, le Connecticut, la Floride, l’Illinois, la Louisiane, le Michigan, le Nebraska, l’Oklahoma, l’Oregon, le Texas, la Virginie, l’État de Washington, et la Virginie-Occidentale.

Depuis le début de ce millénaire, des centaines de policiers américains ont été pris à poster des messages racistes sur les médias sociaux.

Le cas de Kenosha

Kenosha est une ville de cent-mille habitants située au Wisconsin (au sud-ouest des Grands Lacs).

L’État du Wisconsin est voisin du Minnesota, où George Floyd a trouvé la mort le 25 mai dernier.

Le 23 aout, à Kenosha, un policier blanc tire sept balles à bout portant dans le dos de Jacob Blake, un ‘Noir’ américain de 29 ans non armé qui refusait de lui obéir.

Après deux jours de protestations qui se sont terminées, la nuit tombée, par des actes de vandalisme, 250 soldats de la Garde nationale du Wisconsin se sont joints aux policiers de la ville.

Parallèlement, sur des médias sociaux, les milices de justiciers ont été appelées en renfort. Pour l’instant, on ignore l’identité des personnes qui ont lancé cet appel aux armes.

Dès le soir du 25 aout, des justiciers ont accouru de toute la région et se sont postés loin des manifestants, mais à dix pas des véhicules blindés de la Garde nationale du Wisconsin.
 

Cliquez sur l’image pour démarrer

Un de ces justiciers a 17 ans. Il vient d’Antioch, une petite ville située à 35 km en auto. Il est venu seul puisque dans cet État, on obtient son permis de conduire à 15 ans.

C’est lui qu’on voit de dos dans l’image-titre du clip vidéo ci-dessus.

On le suit alors qu’il va réclamer une des bouteilles d’eau que les soldats de la Garde nationale distribuent gratuitement aux justiciers venus les aider.

Un des militaires se permet alors cette confidence : « We appreciate you.» (traduction : Nous vous apprécions).

Le jeune justicier les quitte pour se diriger droit vers les manifestants. Croyant naïvement que la seule vue de sa Kalachnikov AK-15 les ferait fuir, il s’est bientôt retrouvé seul, entouré de manifestants hostiles.

Au cours de la confrontation qui a suivi, il tue deux personnes et en blesse une autre.

Maintenant craint pour vrai, le jeune tueur poursuit sa route vers les policiers de la ville postés à l’autre bout de la rue.

L’arme à feu bien en vue, les policiers le laissent passer en dépit des passants qui leur crient que ce gars-là venait de tuer des gens. Ce qu’ils savent déjà, ayant vu cela d’eux-mêmes à l’aide des jumelles dont sont équipées toutes les autopatrouilles de la ville.

Le lendemain, en conférence de presse, le chef de police de Kenosha résume les évènements de la veille :

« Le couvre-feu [que nous avons imposé] sert à protéger des vies. S’il n’y avait pas eu ces personnes sur la rue en violation du couvre-feu [en parlant des manifestants], la situation d’hier ne serait pas arrivée.

Par ailleurs, la nuit dernière, un individu de 17 ans d’Antioch, en Illinois, a été impliqué dans l’usage d’une arme à feu afin de résoudre le conflit

Ses mots exacts : « …to resolve whatever conflict was in place.»

Alors récapitulons.

À Kenosha, un policier tire sept balles dans le dos d’un jeune ‘Noir’ non armé alors que ce dernier n’était pas une menace à la sécurité de ce policier.

Trois jours plus tard, un jeune ‘Blanc’ déambule publiquement alors qu’un couvre-feu est en vigueur, tue deux personnes sous les yeux des policiers qui le laissent calmement rentrer chez lui pour la nuit.

Pendant ce temps, les forces policières se sont assurées que Jacob Blake — paralysé de la taille aux pieds et sous forte médication antidouleur — ait la cheville enchainée à son lit d’hôpital comme s’il s’agissait d’un animal.

Conclusion

Le cas de Kenosha illustre la connivence qui existe présentement entre les forces de l’ordre et des supplétifs armés appartenant généralement à des organisations d’extrême droite.

Cette connivence est la partie visible et éloquente du racisme systémique qui s’est enraciné profondément dans la société américaine.

Changer cela prendrait une révolution. Celle-ci est en cours; c’est le mouvement Black Lives Matter.

Mais avant même que cette révolution ait porté le moindre fruit, les forces policières — infiltrées depuis des décennies par des suprémacistes ‘blancs’ — s’allient à des extrémistes armés pour étouffer ce mouvement de libération et tenter de perpétuer ce racisme systémique qui prévaut aux États-Unis depuis des siècles.

Références :
California police worked with neo-Nazis to pursue ‘anti-racist’ activists, documents show
En marge du meurtre de George Floyd
Hidden in Plain Sight: Racism, White Supremacy, and Far-Right Militancy in Law Enforcement
Jacob Blake : ce que l’on sait sur les événements qui ont précédé les tirs de la police
Less than 3 minutes passed between when Kenosha police arrived and when Jacob Blake was shot, according to dispatch audio
Portland suffers serious street violence as far right return ‘prepared to fight’
White supremacists and militias have infiltrated police across US, report says

Parus depuis :
Nearly 1,000 instances of police brutality recorded in US anti-racism protests (2020-10-29)
US militia group draws members from military and police, website leak shows (2021-03-03)

Complément de lecture :
Far-Right Extremism Taints German Security Services in Hundreds of Cases (2020-10-06)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Désobéissance civile vs militarisation de la répression

27 juillet 2020

Introduction

Apôtre de non-violence, l’Indien Mahatma Ghandi fut le théoricien qui fit de la désobéissance civile de masse un moyen de résistance pacifique à l’oppression.

Depuis cinquante ans, la désobéissance civile a évolué.

À ses débuts, il suffisait aux protestataires de s’assoir en bloquant la voie publique et de refuser de quitter les lieux. Résultat : les policiers avaient la corvée de les soulever un à un, de les placer dans des voitures cellulaires et de les amener pour quelque temps en prison sous l’accusation de méfait.

Lorsque le nombre de protestataires est immense, intenter des poursuites contre eux est de nature à bloquer l’appareil judiciaire d’un pays. D’où l’abandon des poursuites.

Plutôt que de renoncer à leurs mesures impopulaires, il arrive que des régimes autoritaires s’entêtent et décident de militariser la répression des contestataires en utilisant des moyens puissants; des canons à eau, des gaz lacrymogènes, des vaporisateurs de poivre de Cayenne, des armes à mortalité réduite, etc.

En réponse à cela, les protestataires de Hong Kong ont développé des moyens ingénieux de contrer la répression violente.

La tortue romaine


 
Lorsque les légions romaines se retrouvaient en milieu hostile, elles adoptaient la formation défensive dite de ‘la tortue romaine’.

Regroupés en rectangle, serrés les uns à côté des autres, les soldats au premier rang et parfois sur les côtés (sauf à l’arrière) maintenaient leur bouclier à la verticale, alors que tous les autres plaçaient leurs boucliers à l’horizontale, au-dessus de leurs têtes.

Créée par les Gaulois et adoptée rapidement par les Romains, cette formation offrait une bonne protection contre une pluie de flèches ou de projectiles.


 
À Hong Kong, le mouvement de protestation a pris le nom de Révolution des parapluies parce cet accessoire était très utilisé par les manifestants.

Il permettait non seulement de protester des heures sous la pluie ou le soleil ardent, mais également parce cela permettait de bloquer les jets de poivre de Cayenne tirés presque à bout portant.

Et quand plusieurs parapluies adoptaient une disposition en tortue romaine, cela avait pour effet de faire dévier une partie des gaz lacrymogènes, à l’image d’un prototype aérodynamique en soufflerie.

Les cônes de chantier

Généralement en plastique orange, le cône de chantier est l’outil le plus efficace pour inactiver les bonbonnes de gaz lacrymogènes.

Contrairement à l’éteignoir de bougie, il ne suffit pas d’en placer un sur une bonbonne de gaz lacrymogène pour que celle-ci s’éteigne; le cône devient alors comme un volcan fumant.

Toutefois, par l’ouverture supérieure du cône, il suffit de verser le contenu d’un petit format d’eau embouteillé pour que la bonbonne de gaz lacrymogène rende l’âme.

À défaut de cônes de chantier, on peut utiliser des bâtons de hockey ou des raquettes de tennis pour renvoyer à l’expéditeur ces petits engins détestables.

La souffleuse de feuilles

La souffleuse de feuilles, si utile en automne, est bonne en toute saison pour purifier l’air ambiant en accélérant la dispersion des gaz lacrymogènes déjà répandus.

Références :
À Portland, les manifestants antiracistes s’inspirent des célèbres techniques popularisées à Hong Kong
Tortue (formation)
What is the meaning of the umbrellas in Hong Kong’s “Umbrella Revolution”?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Racisme systémique : la complicité de Washington à l’égard du KKK

16 juin 2020

L’exécution publique de George Floyd a déclenché un vaste mouvement en Occident contre le racisme systémique.

Aux États-Unis, ses racines remontent aux fondements esclavagistes de la nation américaine.

Le racisme des forces policières à l’égard des ‘Noirs’ est bien documenté par des enregistrements vidéos qui alimentent la contestation actuelle.

Tout comme la marine royale anglaise comptait autrefois sur des corsaires pour attaquer de leur côté les navires de la flotte ennemie, le système répressif américain compte sur des supplétifs. Le plus important est le Ku Klux Klan.

À ce jour, le KKK n’est toujours pas classé comme organisation terroriste par le département d’État américain.

Le 31 mai 2020, des manifestations contre le meurtre de George Floyd ont eu lieu pour la première fois dans la petite ville californienne de Victorville, située à 30 km de Palmdale.

Le jour même, un ‘Noir’ de 38 ans est trouvé pendu à un arbre près d’un camp pour sans-abris à Victorville.

Le 13 juin, à Palmdale, un ‘Noir’ de 24 ans est également trouvé pendu à un arbre près de l’Hôtel de Ville. Aussitôt, le shérif du comté de Los Angeles a imputé cette mort à un suicide.

Contrairement à l’immolation par le feu, les personnes qui songent à s’enlever la vie par pendaison ne le font jamais sur la voie publique parce qu’ils ‘risquent’ qu’un bon samaritain contrecarre leur projet.

La pendaison publique est la caractéristique du terrorisme exercé par le KKK envers de la population noire américaine. C’est la signature séculaire du KKK.

Et parce qu’il s’agit d’une organisation parfaitement légale, tout journaliste qui oserait émettre l’hypothèse que ces pendaisons seraient l’œuvre de cette organisation est assuré de recevoir une mise en demeure des avocats du KKK — exigeant une rétraction immédiate — en plus de recevoir des menaces de mort sur les médias sociaux.

Seuls des quotidiens de la taille du New York Times ou du Washington Post sont en mesure de braver le KKK, une organisation terroriste dont l’existence n’est encore possible que grâce à la complicité des plus hautes autorités américaines.

Voilà un exemple parfait de racisme systémique.

Références :
Black man found hanging from tree is 2nd in California over 2-week span
En marge du meurtre de George Floyd
Families Challenge Suicide in Deaths of Black Men Found Hanging From Trees
George Floyd protests in California
Ku Klux Klan

Paru depuis :
California: half-brother of black man found hanged killed in police shooting (2020-06-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le meurtre de Rayshard Brooks

15 juin 2020

Introduction

Vendredi soir dernier, à Atlanta, des clients se plaignent qu’une voiture bloque la file des commandes à l’auto d’un Wendy’s.

Un policier arrive sur les lieux. Effectivement, un jeune ‘Noir’ est endormi au volant de sa voiture. Un deuxième policier le rejoint au bout de dix minutes.

Un peu plus d’une heure plus tard, le suspect est abattu par les policiers.

Que s’est-il passé entre les deux ?

Du réveil à la tentative d’arrestation

Lorsque le premier policier cogne à la vitre de l’automobile blanche, le conducteur dort d’un sommeil profond.

Même après que le policier ait ouvert sa portière et s’être adressé à lui à plusieurs reprises, le conducteur mettra plus d’une minute à se réveiller.

Encore confus, le conducteur se rendort et doit être réveillé de nouveau.

Mais après s’être garé à la demande du policier, le voilà réveillé pour de bon. Il déclare ne pas être armé et consent à la fouille corporelle.

Son haleine sent l’alcool. Pourtant son élocution est normale. Il ne montre pas de signe évident d’ébriété et la discussion est respectueuse.

Il a 27 ans. Il s’appelle Rayshard Brooks. Il est propriétaire du véhicule.

Il revient de la fête célébrant le 8e anniversaire de naissance d’une de ses trois fillettes, fête à l’occasion de laquelle il a consommé de l’alcool. Et il vient ici acheter la bouffe du repas du soir pour toute la famille.

À son arrivée, un deuxième policier, Garrett Rolfe, procède au test d’alcoolémie.

L’ivressomètre révèle qu’il a une alcoolémie de 108 mg %, ce qui est au-delà de la limite légale de 80 mg %.

À Montréal, les policiers auraient appelé un taxi, lui aurait demandé de rentrer à la maison et de revenir chercher son auto une fois sobre. Peut-être lui auraient-ils expédié une contravention par la poste.

Mais les deux policiers d’Atlanta voient les choses autrement; ils décident d’arrêter Rayshard Brooks pour ivresse au volant.

Strictement parlant, les policiers n’en ont pas la preuve.

Le suspect a bien une alcoolémie excessive. Mais alors qu’il ne circule plus sur la voie publique. Tout au plus, les policiers l’ont vu se garer tout près, à leur demande, dans un stationnement privé.

Avait-il une alcoolémie excessive en route vers le Wendy’s ? C’est possible, mais ce n’est pas certain.

Le seul devoir des policiers, c’est de s’assurer que le suspect ne prend pas la route dans l’état où il est. Ce n’est pas nécessairement de le placer en état d’arrestation.

Une tentative d’arrestation qui tourne au vinaigre

Au moment où les policiers allaient lui passer les menottes, nous sommes deux semaines après le décès de George Floyd, coopératif au moment de son interpellation, mais étranglé quand même après être devenu, une fois menotté, à la merci de ses bourreaux.

Rayshard Brooks panique alors et résiste à son arrestation.

Pendant que les deux policiers et lui sont tombés au sol et luttent au corps-à-corps, un des policiers tente d’activer son pistolet à impulsion électrique.

Rayshard Brooks frappe un des deux policiers, s’empare du Taser du premier policier arrivé sur les lieux et réussit à s’échapper.

L’agent Garrett Rolfe décharge son Taser sur Brooks, sans résultat apparent.

Dans sa fuite, Rayshard Brooks pointe le Taser quelque part derrière lui.

Voyant le suspect courir plus vite qu’eux, Garrett Rolfe sort son arme à feu et tire trois coups consécutifs dont deux atteignent mortellement le fuyard dans le dos.

Coup de pied de Garrett Rolfe à Rayshard Brooks agonisant

Encore sous l’effet de l’adrénaline, Garrett Rolfe déclare fièrement : « Je l’ai eu », puis frappe violemment du pied Rayshard Brooks, aggravant volontairement les dommages internes causés par ses deux coups de feu alors que Brooks est allongé au sol, agonisant.

Une aggravation des dommages internes qui a probablement contribué à rendre irréversible la descente de Rayshard Brooks vers la mort.

Analyse

L’incident a duré 75 minutes : 40 avant la tentative d’arrestation et 35 minutes après.

Rayshard Brooks a commis trois délits, tous trois survenus dans la seconde partie de cette affaire : il a volé un Taser, il a frappé un policier et il a résisté à son arrestation.

Trois délits qui ne sont pas punissables de la peine de mort.

Il s’agit également de trois délits qui n’auraient pas été commis si le suspect avait été traité à la manière montréalaise plutôt qu’américaine.

En vertu de la jurisprudence des États-Unis, le Taser n’est pas une arme létale.

Donc, à aucun moment, Rayshard Brooks ne représentait une menace mortelle pour les policiers. Conséquemment, il n’existe pas de justification légale pour son exécution.

S’il avait réussi à leur échapper, les policiers auraient pu demander des renforts, faire établir un périmètre dans les environs, utiliser des chiens renifleurs et effectuer une recherche assistée d’un hélicoptère…

Mais pourquoi faire appel à tous ces moyens ‘hollywoodiens’ ? Ils ont sa voiture blanche. Ils ont le numéro de sa plaque d’immatriculation. Ils connaissent son nom. Ils savent où il demeure.

Quelle était l’importance de tuer Rayshard Brooks avant qu’il leur échappe ?

Conclusion

Jusqu’à la fin de sa vie, une des trois fillettes de Rayshard Brooks pensera à la mort de son papa à chacun de ses anniversaires de naissance.

Un papa qui rêvait peut-être à elle, endormi paisiblement au volant de sa voiture, moins d’une heure avant de mourir.

Référence : What do we know about Rayshard Brooks?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le néo-racisme multiculturel du NPD

10 juin 2020

C’est en 2004 qu’on a fait la preuve scientifique que les races n’existent pas.

Depuis le séquençage du génome humain cette année-là, on sait qu’un ‘Blanc’ typique et un Noir ‘pure race’ ont en commun entre 99,5% et 99,9% de leurs chromosomes. Or cette proportion est la même entre deux membres d’une même ‘race’.

Le racisme ne consiste pas à distinguer des différences de pigmentation de la peau entre deux personnes, mais à y attacher une importance démesurée.

Les États-Unis trainent un lourd passé de ségrégation raciale dont ils n’arrivent pas à se libérer. Même quand ses citoyens croient lutter contre le racisme, ils perpétuent involontairement cette importance démesurée.

Alors on ne parle pas de race, mais de personnes ‘racisées’, ce qui revient au même.

Dans ce pays, il n’est pas étonnant qu’on ait senti le besoin de colliger des données relatives aux taux d’infection et de mortalité au Covid-19 selon la ‘race’. Ces données ont révélé, sans surprise, que les personnes considérées comme ‘Noires’ étaient davantage victimes du Covid-19.

Pour un suprémaciste blanc, quelle aubaine; à ses yeux, c’est la preuve de la robustesse de la ‘race blanche’. En somme, de sa supériorité.

Lorsqu’on est persuadé que la vulnérabilité aux infections dépend de caractéristiques physiques inhérentes à l’individu, on est probablement moins motivé à entreprendre la lutte contre les inégalités sociales, cause véritable des taux d’infection différents.

Au Québec, l’Institut national de Santé publique ne compile pas de données en fonction des ‘races’ ni des origines ethniques.

Lorsqu’on lance une campagne de sensibilisation dans l’arrondissement de Montréal-Nord, on ne le fait pas parce qu’on y trouve des ‘Noirs’, mais parce que le nombre de cas y est plus élevé qu’ailleurs.

Et les masques qu’on y distribue gratuitement ne sont pas donnés exclusivement aux minorités ‘visibles’, mais à tous puisque la contagion affecte tous les pauvres du quartier, peu importe la pigmentation de leur peau.

Certains ne le voient pas ainsi. Le député néo-démocrate Matthew Green souhaite que le gouvernement fédéral force les provinces à colliger des données au sujet des décès au Covid-19 dans les ‘communautés racialisées’ (sic).

Concrètement, en remplissant le questionnaire, l’employé de la Santé publique devrait évaluer quel choix de réponses raciales définit le mieux la personne devant lui ou, si c’est cette dernière qui répond elle-même, elle devra préciser à quelle race elle appartient.

Bref, on entretient le concept de la race.

Le député Matthew Green devrait se mêler de ses affaires et éviter de nous forcer à adhérer au néo-racisme multiculturel de sa formation politique.

Dans les milieux défavorisés, la promiscuité est plus grande que dans des milieux aisés.

La raison en est simple; les personnes riches ont les moyens d’habiter une résidence spacieuse alors que les gens pauvres ont tendance à louer des appartements trop petits parce qu’ils n’ont pas les moyens d’en louer de plus grands.

Si on devait colliger des données au sujet du taux d’infection au Covid-19 selon les milieux socio-économiques, on découvrirait que la pandémie fait davantage de victimes au sein des milieux défavorisés.

Peut-on croire sérieusement qu’une personne à la peau foncée qui habite une luxueuse maison à Outremont est plus à risque d’attraper le Covid-19 que son voisin à la peau claire ? Ou à l’inverse, que deux mendiants au centre-ville de Montréal ont des risques différents d’être atteints de la pandémie selon la couleur de leur peau ?

Colliger des données selon les ‘communautés racialisées’ favorise les stéréotypes. Par exemple, que les ‘Noirs’ ou les ‘Latinos’ sont plus contagieux (donc plus dangereux) que les autres.

Je n’arrive pas à comprendre comment les milieux qui se disent de gauche peuvent être à ce point aveugles pour ne pas réaliser que le multiculturalisme est le nouveau visage du racisme anglo-saxon.

Références :
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
COVID-19 : les provinces devraient-elles colliger des données sur l’ethnicité?
L’invention des races humaines
Plaidoyer pour recueillir les données sur la COVID-19 liées à l’ethnicité

Complément de lecture :
Des organisations « pas suffisamment noires » écartées d’un programme fédéral (2021-01-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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