Le cannabis récréatif

1 décembre 2018

De la mari aux cannabis

C’est sous l’influence des Beatles et des groupes psychédéliques que la mode du cannabis récréatif s’est répandue en Occident à partir du milieu des années 1960.

Dans son numéro d’octobre 1971, Mainmise — la publication officielle de la contreculture québécoise — présentait un dossier sur les différents types de hachich (la résine du cannabis).

On y distinguait l’afghan, le libanais, le marocain, le népalais, le pakistanais, et le turc.

Parce qu’à l’époque, le cannabis, ce n’était que du cannabis. On expliquait les différences entre les hachichs par les variations climatiques d’un pays à l’autre, de même que la manière avec laquelle il est recueilli et affiné.

Avec le développement de l’industrie illicite de la marijuana, on a senti le besoin de diminuer les risques de saisie. Ce qui voulait dire raccourcir la chaine d’approvisionnement en produisant localement.

Les producteurs ont alors cherché à donner naissance à des variétés dont la culture était plus facile et dont les taux de THC (l’ingrédient le plus puissant) étaient à la fois élevés et relativement constants d’une récolte à l’autre.

Tout comme la domestication du chien a donné naissance à toutes les races canines qu’on connait aujourd’hui, c’est à partir des deux principales sous-espèces de cannabis (le Cannabis sativa et le Cannabis indica) que sont nés tous les cultivars de cannabis disponibles de nos jours.

Dans le quartier rouge d’Amsterdam

À l’occasion d’un voyage à Amsterdam en 2006, j’avais visité les cafés où se vendait de la marijuana.

Sous un comptoir vitré, dans des récipients carrés de plastique transparent, on offrait en vrac des fleurs séchées de cannabis et des ‘joints’ préroulés.

La marijuana y était vendue sous des noms de fantaisie, et ce à des prix extrêmement différents selon la rareté et la qualité du produit.

Pour inciter le client à s’offrir ce qu’il y avait de mieux, on affichait, bien en évidence, les prestigieuses récompenses qui avaient été attribuées à certains de ces cultivars.

On y trouvait, par exemple, le White Widow (gagnant de la 1re place au High Times Cannabis Cup d’Amsterdam en 1995), le Neville’s Haze (gagnant de la palme d’or de la Seed Company High Times Cannabis Cup de 1998), le Super Silver Haze (gagnant de la 1re place au High Times Cannabis Cup d’Amsterdam en 1999), l’Acapulco Gold, etc.

Seulement à l’évocation de ces noms, l’amateur en avait la bouche sèche…

Contrairement aux plantes découvertes dans la nature — auxquelles les chercheurs attribuent des noms latins — les noms des variétés de cannabis sont ceux donnés arbitrairement par ceux qui les mettent au point. Comme le font les horticulteurs qui donnent naissance à de nouvelles violettes africaines.

Sativa vs Indica : les différences selon l’industrie

La classification scientifique du cannabis est un sujet controversé chez les botanistes. Toutefois, dans l’industrie du cannabis récréatif, on s’entend pour classer le cannabis en deux catégories distinctes; le Cannabis sativa et le Cannabis indica.

De manière simple, le clip vidéo ci-dessus illustre les différences entre ces deux catégories de cannabis, telles que caractérisées par l’industrie du cannabis récréatif.

Le Cannabis sativa est une plante haute dont les feuilles sont étroites. Elle met davantage de temps à atteindre sa maturité et sa culture nécessite un climat chaud et ensoleillé.

Lorsqu’on pense à la marijuana, la feuille caractéristique qui nous vient à l’esprit est celle du Cannabis sativa.

On qualifie ses effets d’énergisants. Consommé en groupe, son effet euphorisant porte au fou rire. Quant à l’augmentation de l’expérience sensorielle, elle peut s’accompagner de paranoïa.

Bref, le Cannabis sativa rend l’utilisateur ‘high’.

Le Cannabis indica est une plante trapue. C’est ce qui explique sa popularité auprès des producteurs illégaux du Québec puisqu’elle se dissimule mieux dans un champ de maïs. De plus, sa floraison survient plus tôt, ce qui est idéal dans un pays où la saison chaude est relativement courte.

Ses feuilles sont plus foncées et possèdent des ‘doigts’ plus larges.

Ses effets sont dits relaxants. Le quotient intellectuel de
l’utilisateur semble avoir chuté de moitié. Il semble amorphe, voire abruti; on le décrit comme étant ‘stone’.

Une réalité plus complexe

Puisqu’un plant de Cannabis sativa et un plant de Cannabis indica peuvent contenir la même quantité de THC, la différence de leurs effets ne peut s’expliquer que par la présence d’autres constituants, notamment des molécules apparentées (appelées cannabinoïdes) et des molécules aromatiques appelées terpènes.

Puisque l’industrie du cannabis récréatif a longtemps été illicite, la généalogie de la plupart des cultivars est entourée de mystère.

À défaut du séquençage de son génome, il n’existe aucune certitude qu’un cultivar soit de type sativa ou de type indica; on en juge d’après son aspect physique.

Et les cultivars nés de croisements entre une souche de sativa et une souche d’indica seront qualifiés d’hybrides s’ils n’adoptent pas distinctement l’apparence caractéristique de l’un ou de l’autre.

Pharmacologie du cannabis

La marijuana contient plus d’une centaine de cannabinoïdes dont le plus puissant est le delta-9 tétrahydrocannabinol (THC).

Ces substances peuvent affecter deux types de récepteurs chimiques chez les mammifères. Ils peuvent stimuler les récepteurs endocanabinoïdes et inhiber les récepteurs de l’acétylcholine (probablement en diminuant la sécrétion de ce médiateur chimique).

Ailleurs qu’au cerveau, l’inhibition des récepteurs de l’acétylcholine entraine les effets suivants :
• la dilatation de la pupille de l’œil,
• une difficulté à lire de près (à dose élevée) et une diminution de la lubrification de l’œil (donc les yeux secs),
• la bouche sèche,
• une augmentation du rythme cardiaque (par l’inhibition du nerf vague),
• la diminution des sécrétions pulmonaires,
• la diminution du tonus musculaire du sphincter qui ferme le haut de l’estomac (d’où reflux œsophagien chez les personnes prédisposées),
• la diminution du péristaltisme intestinal (d’où constipation à dose élevée),
• l’hypertrophie de la prostate (chez les hommes âgés),
• les mains et les pieds froids (action indirecte).


 
Les anticholinergiques ne sont pas tous capables d’atteindre le cerveau. Mais ceux qui le peuvent — les cannabinoïdes sont du nombre — ont la capacité de provoquer des hallucinations. Ils y exercent également un effet antiémétique (essentiellement contre le mal des transports).

Tous ces effets sont produits par le plus puissant des cannabinoïdes, soit le THC. Et il existe une relation directe entre les taux de THC et l’intensité de ces effets, peu importe que le THC provienne d’une variété de Cannabis sativa ou de Cannabis indica.

Il en est différemment des propriétés liées à la stimulation des récepteurs endocannabinoïdes, dont les récepteurs CB1 (où s’opposent les substances cannabinoïdes entre elles).

Les récepteurs CB1 sont dispersés partout dans le cerveau, mais de manière très inégale. Leur stimulation entraine les effets suivants :
• une perte de la mémoire à court terme,
• une diminution temporaire de la capacité à apprendre,
• une diminution de l’aptitude à fixer l’attention,
• une perte de l’orientation,
• une réduction de l’anxiété,
• des effets anticonvulsivants,
• une réduction de la douleur,
• une réduction de la nausée (peu importe la cause),
• une augmentation de l’appétit,
• une perte de l’activité motrice.

Les récepteurs CB2 se trouvent dans les cellules du système immunitaire. Leur stimulation aurait des effets immunomodulateurs.

La vente du cannabis récréatif au Québec

Intérieur d’un magasin de la SQDC

Contrairement à la société ontarienne du cannabis qui ne vend ses produits que par la poste, et ce à des adresses civiques situées exclusivement sur le territoire ontarien, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a choisi de vendre ses produits à la fois par la poste et dans un nombre limité de boutiques qui ont sobrement pignon sur rue.

Pour l’instant, le cannabis y est vendu sous forme de fleurs séchées, de fleurs moulues, de ‘joints’, de capsules, d’huiles, et d’atomiseurs oraux.

Les fleurs séchées (moulues ou non)

Pot de fleurs séchées

Dans le cas ci-dessus, l’étiquette fournit les informations suivantes :
• le producteur est San Rafael’71,
• ce pot contient du Cannabis sativa,
• le cultivar se nomme Delahaze,
• ce pot contient 3,5 g de cannabis,
• le taux de THC ‘total’ est de 23,10 %,
• le taux de THC actif est de 0,37 %,
• le taux de CBD ‘total’ est de 0,03 %,
• le taux de CBD actif est à peu près nul.

Pourquoi parle-t-on ici de THC ‘total’ et de THC actif ?

Normalement, les cannabinoïdes sont présents dans la plante sous forme de précurseurs relativement inactifs. Dans le cas du THC, son précurseur est l’acide tétrahydrocannabinolique.

Pour devenir actifs, ces précurseurs doivent être décarboxylés. Cela se produit sous l’effet de la chaleur, lorsqu’un joint est fumé.

Puisque le cannabis est un produit naturel, la teneur de ses fleurs en THC et en CBD est variable. Afin de vérifier la qualité du produit, chaque lot est analysé. Et c’est le résultat de cette analyse qui est imprimé sur les contenants.

Voilà pourquoi les pourcentages de THC et de CBD indiqués sur les étiquettes varient d’un lot à l’autre.

Pour ce qui est de la critique des cultivars offerts par la SQDC, les intéressés peuvent consulter la chaine QcCannabis World.

Les capsules

Appelées ‘pilules’, les capsules molles d’huile de cannabis que vend la SQDC contiennent soit du THC (exactement 2,5 mg ou environ 10 mg) ou du CBD (approximativement soit 10 mg ou 25 mg).

Dans le cas du THC, on doit savoir qu’un ‘joint’ de taille standard contient environ neuf milligrammes de THC.

Puisque les capsules sont destinées à être consommées telles quelles, leur THC ou leur CBD est préalablement décarboxylé.

Comme toutes les formes orales, les capsules d’extraits de cannabis évitent d’aggraver les problèmes pulmonaires des gens qui en sont atteints.

Toutefois, leurs effets sont considérablement plus lents à apparaitre que ceux d’un ‘joint’.

Le début d’action du cannabis administré par voie orale est d’une à deux heures. Les effets ressentis durent de six à huit heures.

Les huiles

Disponibles en fioles équipées d’un compte-goutte, les huiles ont des concentrations de THC qui varient de 3 à 30 mg par millilitre et/ou des concentrations de CBD qui varient de 1 à 30 mg par millilitre.

Tout comme les capsules, les cannabinoïdes des huiles sont préalablement décarboxylés.

Contrairement aux capsules, les gouttes d’huile de cannabis rendent possible l’ajustement précis de la dose.

De plus, tout comme les vaporisateurs oraux, elles permettent l’administration sublinguale, ce qui accélère leur début d’action. Mais contrairement à ceux-ci, les gouttes ne comportent aucun risque d’inhalation accidentelle.

Les vaporisateurs oraux

Vaporisateur d’huile de cannabis

Dans ce cas-ci, l’étiquette indique que le producteur est Tweed et que le produit est vendu sous le nom commercial de Bakerstreet™.

Il s’agit de Cannabis indica. Sur le site web de la SQDC, on apprend que son cultivar est l’Hindu Kush, ce qui n’est pas indiqué sur l’étiquette.

Le format est de 40 ml.

Par millilitre, le liquide contient 25 mg de THC actif et 25 mg de THC ’total’. En d’autres mots, tout le THC est déjà actif et n’a donc pas besoin d’être décarboxylé. Ce qui est normal puisque ce produit ne peut pas être fumé.

Par millilitre, le liquide contient moins de 0,7mg de CBD ‘total’ (déjà sous forme active).

Ailleurs sur l’étiquette, on apprend que chaque vaporisation dispense une quantité de 2,5mg de THC.

Puisque les vaporisateurs sont vendus sans les explications élémentaires quant à leur utilisation, on doit savoir que pour pouvoir les utiliser, on doit briser une languette qui recouvre l’embout du vaporisateur (cachés tous deux sous le timbre d’accise).

Lacunes de l’étiquetage

La légalisation du cannabis au Canada étant toute récente, il est normal que des correctifs soient encore nécessaires.

À l’heure actuelle, l’étiquetage des produits contenant des extraits de cannabis laisse à désirer.

Puisque certains vaporisateurs oraux portent le nom d’élixir, contiennent-ils de l’alcool ? Si oui, à quelle concentration ?

De plus, l’étiquette du vaporisateur buccal Sunday Special indique bien la concentration en THC et CBD. De plus, elle précise le volume d’une vaporisation (0,1 ml). Mais il serait plus prudent qu’elle précise la dose de THC et de CBD par jet au profit de ceux qui ne sont pas forts en calcul.

Toujours au sujet des vaporisateurs, puisque ce sont des extraits de cannabis dans une huile à base de triglycérides à chaines moyennes (‘huile TCM’), est-il dangereux d’inhaler accidentellement ces produits ? Contiennent-ils d’autres ingrédients susceptibles de causer de la stéatose pulmonaire ? Si oui, pourquoi l’étiquette ne prévient-elle pas du danger d’inhaler ?

Puisque l’étiquette de votre pâte dentifrice fournit la liste complète de ses ingrédients, on devrait s’attendre de la même chose des capsules molles, des huiles et des vaporisateurs de cannabis. Ce n’est pas le cas.

Conclusion

Après l’Uruguay en 2013, le Canada est devenu cette année le deuxième pays à légaliser le cannabis.

En comparaison avec l’époque récente où la simple possession du cannabis était un acte criminel, la légalisation simplifie considérablement le travail de chercheurs — biologistes, chimistes, cliniciens, experts en séquençage génétique, etc.— qui choisiront d’approfondir nos connaissances au sujet du cannabis.

Pour l’instant, l’industrie du cannabis récréatif projette une image de professionnalisme qui tranche avec le mystère qui entoure les produits offerts sur le marché noir.

Références :
Haschich
Le système endocannabinoïde : qu’est-ce que c’est ? Comment fonctionne-t-il ?
Décarboxylation du THC et du CBD : voici comment le cannabis est activé
Nouveau regard sur le cannabis
Part 1, Sativa vs. Indica: An Overview of Cannabis Types
Why the labels ‘sativa’ and ‘indica’ tell you very little about your pot

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Lumière bleue et dégénérescence maculaire

5 février 2018

Introduction

Dans les pays développés, la dégénérescence maculaire est la première cause de cécité chez les personnes âgées.

Plus de huit-millions d’Américains en sont affectés à des degrés divers. La maladie se manifeste chez 30% des personnes de plus de 75 ans et atteint des stades sévères chez 7,1% d’entre eux.

Chez les personnes dont la vue n’est que partiellement affectée, la qualité de la vie est amoindrie. Ce qui les rend sujets à la dépression.

Différents facteurs de risque sont associés à cette maladie :
• l’âge
• des facteurs génétiques (dont la race caucasienne)
• le tabagisme
• l’obésité
• la consommation élevée d’huiles végétales
• un faible apport alimentaire d’antioxydants et de zinc.

On retarde le développement de la maladie par des suppléments vitaminiques spécifiques, l’abandon du tabagisme et des modifications du régime alimentaire; davantage de légumes, de céréales de grains entiers, de poissons et de noix.

Nocivité de la lumière

Chez le rat, l’exposition à la lumière ambiante pendant cinq à sept jours cause de la dégénérescence maculaire.

Après dilatation pharmacologique de la pupille de l’œil, l’exposition à la lumière de 3 000 lux les rend aveugles après seulement un ou deux jours.

Précisons que le rat est un animal nocturne; il vit dans les greniers, les entresols, l’épaisseur des murs de nos maisons et dans les égouts. Pour cet animal, 3 000 lux est trois-mille fois plus intense que la lumière de la pleine lune. Pour nous, 3 000 lux n’est que le 1/40e d’une journée ensoleillée d’été.

Chez l’humain, il n’existe que des preuves épidémiologiques faibles selon lesquelles l’exposition à la lumière bleue causerait de la dégénérescence maculaire associée à l’âge.

Par contre, il est établi que la lumière — et particulièrement la lumière bleue — nuit à la sécrétion de la mélatonine et conséquemment, nuit à l’endormissement chez l’humain.

Exemple de ce qu’il faut éviter

Moyens de diminuer l’exposition à la lumière bleue

La quantité de lumière bleue émise par les écrans des appareils électroniques est considérablement plus élevée que celle émise par l’éclairage urbain et celle de nos écrans de télévision.

La raison est simple; il est rare que l’image projetée par une télévision soit blanche. Par contre, le texte que nous lisons à l’ordinateur est presque toujours sur fond blanc calibré à 6500°K.

Quant à l’éclairage urbain, ce sujet a déjà été discuté sur ce blogue.

Depuis le 1er mars 2017, la maquette de ce blogue a été modifiée de manière à ce que, de chaque côté de la page, l’arrière-fond soit gris foncé plutôt que gris pâle (comme ce fut le cas pendant des années), afin de réduire l’exposition des lecteurs à la lumière bleue.

Les lunettes filtrantes

Diverses compagnies offrent des lunettes qui filtrent la lumière bleue. Celles qui sont jaunes sont beaucoup moins efficaces que celles qui sont orange.

Parmi ces dernières, les lunettes Uvex Skyper™ S1933X d’Honeywell offrent un excellent rapport prix/qualité. Elles bloquent 98% de la lumière bleue.

Télescopiques, les jambes de leur monture permettent l’ajustement à la tête de l’utilisateur. Toutefois, même à leur longueur maximale, ces jambes sont parfois un peu trop courtes lorsque les lunettes filtrantes sont portées par-dessus des lunettes de lecture.

La version de Firefox pour ardoise électronique

Parmi les logiciels qui permettent de naviguer sur l’Internet, Firefox est le seul, pour l’instant, qui offre un mode de navigation nocturne.

Ce mode n’est pas disponible dans la version pour ordinateur, mais l’est dans la version pour iOS (en somme, pour iPad™ et iPhone™).

On y accède dans le coin supérieur droit de l’interface (les trois traits horizontaux).

Le texte s’affiche en négatif (blanc sur fond noir) et les photos sont légèrement assombries.

Le navigateur Chrome pour ordinateur

Parmi les extensions de Chrome, Mata transforme le texte noir sur fond blanc en texte gris pâle sur fond noir. Il n’affecte pas l’aspect des photos.

Une fois l’extension installée, il suffit de cliquer l’outil de Mata (le symbole d’un œil, situé près du coin supérieur droit de l’interface) pour passer en mode nocturne ou en sortir.

Le Night Shift de l’iOS

Sur les ardoises d’Apple et ses téléphones multifonctionnels, il est possible d’établir un mode nocturne ‘léger’ qui entrera automatiquement en vigueur au cours de la période déterminée par l’usager (par défaut, de 22h à 7h).

On y accède dans les Réglages, à l’item Affichage et luminosité.

Ce mode diminue la température de la lumière émise par l’écran, ce qui teinte en jaune autant le texte que les photos affichées.

Par le biais du système d’exploitation

Sur un ordinateur Macintosh doté de la version 10.12.4 (ou plus récente) du système d’exploitation Sierra, on planifie le mode nocturne à Préférences système… > Moniteurs > Night Shift.

En plus de ce qu’offre le Night Shift de l’iOS, on peut décider de l’importance de réduction de lumière bleue émise par l’écran.

Sous la version 10 de Windows™, la même chose existe.

On planifie le mode nocturne par le bouton Démarrer > Paramètres > Système > Affichage > Éclairage nocturne > Paramètres d’éclairage nocturne.

Conclusion

Il n’existe pas de preuve formelle que la lumière bleue provoque la dégénérescence maculaire chez l’humain.

Toutefois le consensus médical est qu’il est plus prudent de réduire l’exposition intense à la lumière bleue, notamment celle émise par les écrans d’appareils électroniques.

D’autant plus que la consultation nocturne de ces écrans se fait souvent lorsque la lumière ambiante est basse et conséquemment, que la pupille dilatée. Ce qui laisse entrer une quantité plus élevée de lumière vers la rétine de l’œil.

Déjà, depuis des années, les lentilles utilisées pour remplacer le cristallin des personnes atteintes de cataractes filtrent les rayons ultraviolets et la lumière bleue.

De plus, aussi souhaitable que soit la diminution de l’exposition à la lumière bleue avant la mise au lit, on doit savoir qu’une hygiène du sommeil ne dépend pas que de cela.

La personne stressée qui s’empresse de terminer un travail immédiatement avant la mise au lit aura des problèmes d’endormissement malgré l’activation du mode nocturne sur son ordinateur ou son ardoise électronique.

Donc rien ne remplace de bonnes habitudes de vie.

Références :
L’éclairage urbain à DEL
Les ampoules DEL dangereuses pour les yeux?
The potential of outdoor lighting for stimulating the human circadian system

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm R — 1/30 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le ‘pharmachien’, un Bougon scientifique

5 décembre 2016

En cinquante épisodes, la série télévisée Les Bougon, c’est aussi ça la vie se moquait des magouilleurs de la société québécoise.

Dans un style tout aussi percutant, le pharmacien Olivier Bernard — sous le pseudonyme du ‘pharmachien’ — a écrit deux livres et entame depuis peu une série d’émissions de vulgarisation scientifique sur les ondes d’ICI Explora.

Son passage à l’émission Tout le monde en parle a beaucoup fait jaser. Ce qui l’a incité à publier sur son site web la liste des études sur lesquelles il appuie ses dires.

À Tout le monde en parle, M. Bernard a soutenu que l’artichaut est sans effet sur le foie, que les produits bios ne sont pas meilleurs pour la santé, que l’étude associant les vaccins à l’autisme est frauduleuse, que les antioxydants alimentaires sont inefficaces, que l’homéopathie est une insulte à l’intelligence humaine, et qu’un verre de jus d’orange pressé maison est (au point de vue nutritionnel) identique à un verre de Coca-Cola.

M. Bernard est un remarquable vulgarisateur. Je lui reprocherais de tourner parfois les coins ronds (au sujet du jus d’orange, notamment).

C’est donc avec intérêt que j’ai écouté la première émission des Aventures du pharmachien, le 2 décembre dernier, consacrée aux produits destinés à détoxifier ou à nettoyer le foie. Sur la page Facebook, cet épisode a fait l’objet de plus de deux-mille commentaires.

La facture visuelle de cette émission est très moderne, associant le dessin animé, la fiction et l’entrevue. Dans le cas précis de cette émission-là, M. Bernard donne d’abord la parole à une naturopathe, pour ensuite demander l’avis d’un hépatologue réputé.

Même s’il ne commente pas directement l’opinion de sa première invitée, ce qu’on retire de tout cela, c’est que les médicaments en vedette dans cette émission ne valent rien. Ce qui est rigoureusement vrai.

Ce que dit M. Bernard n’est pas nouveau. Une multitude d’experts ont déjà dit la même chose. Mais ils l’ont fait de manière nuancée, avec une multitude de précautions et de réserves qui suscitent l’ennui chez ceux habitués aux opinions exprimées en un maximum de 140 caractères.

Tout bon vulgarisateur doit élaguer les nuances superflues et s’en tenir à l’essentiel. D’où l’impact salutaire de ses propos. Parce qu’il est inutile de prêcher de saines habitudes de vie si personne ne se sent interpolé à remettre en question ses mauvaises habitudes.

Dans ce sens, l’électrochoc du pharmachien a porté fruit. Si certaines personnes choquées ont décidé de ne plus l’écouter, d’autres se sont rendu compte que les moyens de maintenir sa santé passent davantage par l’adoption de nouvelles habitudes de vie que l’ajout d’une potion magique.

Références :
Du jus d’orange naturel… pas si naturel
Le jus n’est pas un fruit
Olivier Bernard fait parler la toile depuis son passage au talk-show dominical de Guy A. Lepage
Pourquoi je défends le «Pharmachiant»

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Imprimer ses pilules : mythe ou réalité ?

28 juin 2016

Lévétiracétam est le nom commun d’un médicament antiépileptique commercialisé au Canada depuis 2003 sous la marque Keppra™.

Le 3 aout 2015, les autorités américaines ont autorisé la société Aprecia Pharmaceuticals à commercialiser la vente de comprimés de ce médicament fabriqués en usine à l’aide d’une imprimante 3D.

Il n’en fallait pas plus pour que des chroniqueurs scientifiques prédisent la fabrication à domicile de tous les médicaments dont nous pourrions avoir besoin.

Dans l’influent quotidien Le Devoir, Karl Rettino-Parazelli imagine le scénario suivant : « Vous habitez dans une région reculée et votre enfant malade se réveille dans la nuit, en pleurs. Il a besoin d’un médicament rapidement et la pharmacie la plus proche se trouve à plusieurs dizaines de kilomètres. Pas de problème : vous pouvez créer le comprimé qu’il vous faut grâce à votre imprimante 3D.»

En réalité, on peut tout faire avec une imprimante 3D, y compris des pilules. Mais pour être actives, celles-ci doivent contenir une substance pharmacologique.

En d’autres mots, pour fabriquer de vrais médicaments — et non seulement des objets qui épousent leur forme — une imprimante 3D doit être dotée d’un réservoir (contenant un produit actif) et dont le rôle est d’alimenter l’imprimante lors de la fabrication des comprimés.

Pour fabriquer ses médicaments à la maison, le patient doit donc non seulement posséder une imprimante 3D mais aussi se procurer des concentrés de produits actifs (de la poudre pure, par exemple) pour chacun des médicaments dont il a besoin.

De plus, l’utilisateur doit prendre soin d’effectuer une vidange complète des circuits d’alimentation, afin d’éviter que les comprimés d’un médicament inoffensif destiné à un enfant ne soient contaminés par des traces d’un médicament toxique fabriqué antérieurement pour un autre membre de la famille.

En somme, les pharmaciens peuvent dormir en paix… pour l’instant.

Références :
Lévétiracétam
Le premier médicament conçu par une imprimante 3D autorisé aux Etats-Unis
L’impression de médicaments est à nos portes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


C. difficile : le silence des microbiologistes

13 novembre 2015
Affiches dans un hôpital, payées par l’industrie

Depuis 1975, les microbiologistes du Québec se sont regroupés dans une association qui milite, entre autres, pour la création d’un ordre professionnel régissant leur pratique.

Même s’ils ne ne sont pas encore légalement, les microbiologistes sont déjà, dans les faits, des professionnels de la santé.

Sans eux, certaines maladies infectieuses ne pourraient pas être diagnostiquées correctement. Le choix de l’antibiotique le plus approprié serait impossible sans eux.

Et pourtant, malgré ce rôle essentiel dans la dispensation des soins, les microbiologistes sont sous-estimés.

Dans l’attribution des locaux d’un nouvel hôpital, il ne viendrait à l’esprit de personne de placer le laboratoire de microbiologie au dernier étage, avec cette vue imprenable sur la ville. Au contraire, ce laboratoire est généralement aménagé au sous-sol, avec la buanderie et l’entretien ménager. Parce qu’il faut bien y mettre quelqu’un.

Et même si on sympathise avec ceux qui doivent manipuler les prélèvements de matières fécales et de sécrétions corporelles purulentes, on est conscient que tout cela n’a pas le ‘glamour’ du travail du chirurgien au milieu de son appareillage haut de gamme rutilant de propreté.

Si les microbiologistes sont à ce point sous-estimés, c’est en partie parce qu’ils ne prennent pas la place qui leur revient sur la place publique.

J’écoutais hier soir l’épisode intitulé « C. toujours difficile » de l’émission Enquête, de Radio-Canada.

Cette émission démontrait les graves lacunes des hôpitaux du Québec quant au lavage des mains. Presque à chaque fois où on parlait de lavage des mains, les images retenues pour illustrer à l’écran ce qu’on veut dire, étaient des images de personnes se badigeonnant les mains avec des gels alcoolisés.

Pour la grande majorité des médecins, des infirmières, des pharmaciens et des directeurs d’hôpitaux, se badigeonner les mains avec un gel alcoolisé, c’est une manière commode de sa laver les mains. Or il n’en est rien.

Sur les surfaces sèches et sur les mains, le C. difficile est présent sous forme de spores. Or les spores de bactéries peuvent vivre des années dans l’alcool.

L’alcool est donc totalement inefficace contre le C. difficile, contrairement au véritable lavage des mains (c’est-à-dire avec de l’eau et du savon). Toutes les études le prouvent. Tous les microbiologistes le savent. Et pourtant, ces derniers se taisent.

Comme c’est le cas pour tous les autres bacheliers universitaires, la très grande majorité des couts de la formation des microbiologistes est assumée par les contribuables. Ces détenteurs d’un baccalauréat en sciences ont donc une dette envers la population québécoise.

Ils sont témoins des mesures inefficaces que les autres professionnels de la santé appliquent (de bonne foi sans doute) dans leur combat contre le C. difficile.

Et pourtant, penchés sur leurs éprouvettes dans les entrailles de nos hôpitaux, les microbiologistes se contentent de leur modeste rôle d’exécutants, sans prendre la parole.

Les artisans de l’émission Enquête sont parmi les journalistes les plus respectés du Québec. Or, de toute évidence, on n’a pas cru bon demander à un microbiologiste quelle était l’efficacité des gels alcoolisés contre le C. difficile.

Parce qu’il ne vient pas à l’esprit de personne que les microbiologistes puissent avoir quelque chose d’intéressant à dire à ce sujet, comme sur n’importe quel sujet d’ailleurs.

Cette émission est une occasion unique pour les microbiologistes de prendre la parole et de combattre la réputation surfaite des gels alcoolisés.

Cette erreur d’appréciation est responsable annuellement de centaines de décès au Québec. Puissent les microbiologistes saisir cette occasion de se faire entendre…

Sur le même sujet :
C. difficile et les égalisateurs de crasse
La transplantation de flore intestinale contre l’infection grave à C. difficile
Le déclin de l’hygiène corporelle
Moins d’antibiotiques ou plus d’hygiène contre C. difficile ?
Visiter une personne hospitalisée sans attraper de diarrhée à Clostridium difficile

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les égouts et la drogue

23 janvier 2015

À l’Université du Québec à Trois-Rivières, André Lajeunesse est professeur de « criminalistique ». Cette discipline scientifique concerne l’ensemble des techniques d’investigation policière et de recherche de la preuve des crimes.

Depuis des décennies, on sait que nos égouts contiennent des traces d’à peu près tous les médicaments couramment utilisés, dans des proportions variables.

Après avoir découvert que cela était le cas de trois substances utilisées illicitement — la cocaïne, l’ecstasy et un stupéfiant appelé fentanyl — le professeur Lajeunesse a développé une méthode destinée à estimer les taux de consommation de drogues des habitants d’une municipalité en analysant le contenu des eaux usées de cette dernière.

De plus, lorsque la consommation persiste même après une saisie de drogue, cela indiquerait que plusieurs sources d’approvisionnement alimentent ce marché, donc que plusieurs groupes criminalisés qui se disputent le territoire.

Les policiers pourraient également déterminer le site d’un laboratoire clandestin en analysant les eaux usées rejetées par un immeuble ou les eaux d’une fosse septique (si on est en milieu rural).

Références :
Faire le portrait géographique de la consommation de drogue grâce aux eaux usées
Mise au point d’un procédé pour détecter les drogues dans les eaux usées

Sur le même sujet : Les traces de médicaments dans l’eau potable

Paru depuis : Les eaux usées révèlent des Québécois portés sur la cocaïne (2015-02-06)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bouleversement dans le traitement de l’hépatite C

30 juillet 2014

Le 28 juillet se tient la Journée mondiale contre l’hépatite. Cette année, cet événement prend une importance particulière puisqu’elle sert à faire savoir aux millions de personnes atteintes qu’on dispose depuis peu de nouveaux traitements extrêmement efficaces contre cette maladie.

Mais avant d’aller plus loin, expliquons d’abord ce qu’est l’hépatite.

L’hépatite est une inflammation du foie habituellement d’origine virale. On compte trois types d’hépatites virales, identifiées par les lettres A, B et C.

L’hépatite A est la plus fréquente et la moins dangereuse. Dans certains pays en voie de développement, son incidence est de 100%. Ses symptômes sont habituellement mineurs et elle confère une immunité à vie.

L’hépatite B et l’hépatite C se transmettent toutes deux lors de rapports sexuels et par contact avec du sang contaminé, notamment par le partage de matériel souillé par les utilisateurs de drogue injectables.

Ces deux types d’hépatite peuvent causer une cirrhose, puis le cancer du foie et rendre nécessaire une greffe hépatique; à lui seul, l’hépatite C est responsable de 26% des cirrhoses et 28% des cancers du foie.

S’il existe un vaccin contre l’hépatite A et B, il n’y en a pas contre l’hépatite C. Jusqu’à maintenant, les médicaments injectables utilisés contre cette dernière étaient très dispendieux, mal tolérés et n’avaient qu’une efficacité inférieure à 50%.

Mais depuis décembre 2013, on dispose de nouveaux traitements nettement plus performants.

Non seulement peuvent-ils se prendre par la bouche — et non par des injections — mais ils assurent la disparition de l’infection dans 90 à 100% des cas, alors que la résistance à ces antiviraux n’est pas encore apparue.

À l’heure actuelle, le traitement — qui dure trois mois — est constitué de la prise d’une association de deux médicaments  qui agissent sur le virus selon deux mécanismes différents.

Malheureusement, le prix de ces nouveaux produits est prohibitif. Au Canada, chaque comprimé de l’un d’entre eux — le sofosbuvir — coûte 700$ alors que chez nos voisins du Sud, c’est 933$ du comprimé. Chez eux, le coût total du traitement est de plus de 84 000$.

À travers le monde, on estime qu’environ 130 à 170 millions de personnes sont infectées de manière chronique par l’hépatite C.

À cause de leur longue, coûteuse et inefficace guerre contre la drogue, les États-Unis se sont retrouvés avec le plus important taux d’incarcération au monde.

D’environ 600 000 prisonniers en 1982, ce pays en a près de 2 250 000 trente ans plus tard, dont le sixième est porteur du virus de l’hépatite C.

Les relations homosexuelles plus ou moins consenties et l’usage clandestin de drogues dures ont créé un bassin de porteurs autant dans les prisons américaines que dans l’entourage de ceux qui ont été remis en liberté.

Si bien qu’entre 2,7 et 3,9 millions d’Américains sont aujourd’hui porteurs de cette maladie, à leur insu dans la moitié des cas. Dans ce pays, plus de personnes meurent de l’hépatite C que du Sida.

En raison des coûts extrêmement élevés des nouveaux médicaments destinés au traitement de l’hépatite C, si les États-Unis adoptaient une politique de dépistage et de traitement de tous ceux qui en sont infectées et qui passeront par le système correctionnel au cours des douze prochains mois, cela représenterait une dépense de 152 milliards$.

Mais puisqu’on n’acquiert pas d’immunité contre l’hépatite C, les prisonniers ainsi guéris seraient aussitôt contaminés en retournant à leurs vieilles habitudes à leur sortie de prison.

Au Canada, environ 350 000 personnes sont infectées par l’hépatite C, dont seulement 14% sont Québécois (en dépit du fait que nous représentons 23% de la population canadienne).

Cette sous-représentation découle probablement du fait que le système judiciaire québécois recoure à l’incarcération de manière moins importante que dans les provinces anglophones, notamment quant à la simple possession de marijuana (complètement tolérée au Québec).

Références :
Curing Chronic Hepatitis C — The Arc of a Medical Triumph
Hépatite A
Hépatite C
Hépatite C : l’épidémie silencieuse
Journée mondiale contre l’hépatite
Responding to Hepatitis C through the Criminal Justice System
Therapy for Hepatitis C — The Costs of Success

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Infestation d’anémones en Méditerranée

6 juin 2013

Capo_Gallo_Pelagia_noctilucaCertains poissons et crustacés sont des prédateurs pour les anémones. Mais la surpêche en Méditerranée et le réchauffement climatique ont provoqué une explosion du nombre d’anémones qui s’y reproduisent.

Le professeur Stefano Piraino, de l’université italienne de Salento, dirige un projet de recherche qui vise à documenter l’ampleur de ce phénomène.

« Le 21 avril dernier, j’ai survolé 300 km de rivage près d’ici et j’en ai vu des millions. Sur l’île sicilienne de Lampidusa, on reçoit annuellement 300 000 touristes : toutefois, la baignade n’y est plus autorisée qu’une seule semaine par année. »

Ce printemps-ci, sur les côtes de Catalogne et de Valence, l’Institut des sciences maritimes de Barcelone a détecté une recrudescence de Pelagia noctiluca (photo ci-dessus), un anémone particulièrement venimeuse.

Leurs chercheurs ont observé des bancs d’anémones, longs de plusieurs kilomètres, et qui contiennent trente à quarante anémones par mètre cube.

En Méditerranée, plus de 150 000 baigneurs sont soignés chaque été à la suite de morsures d’anémones.

Précisons que le meilleur remède pour inactiver sur le champ le venin d’anémone est le vinaigre blanc (à 3 ou 5%). Je l’ai expérimenté il y a plusieurs années en Floride sur un surfeur qui venait de se faire piquer.

Il suffit de verser du vinaigre sur la peau pour que les tentacules d’anémone blanchissent instantanément. Comme du blanc d’œuf qui cuit. On enlève ensuite les tentacules avec un essuie-tout ou un linge sec et on réapplique du vinaigre directement sur la peau. Plus le traitement est débuté tôt, plus il est efficace.

Référence : Jellyfish surge in Mediterranean threatens environment – and tourists

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le sel : de la gabelle à la santé

24 mai 2013
Intérieur de l’Hôtel Salé

La gabelle

La consommation de sel varie beaucoup d’une personne à l’autre. De nos jours, ces différences interpersonnelles sont reliées aux habitudes alimentaires. Autrefois, c’était la géographie, plus précisément la proximité avec la mer; les peuples côtiers en consommaient beaucoup plus que les montagnards.

Avant l’invention de la réfrigération, les aliments étaient conservés dans des endroits frais (dans une cave ou une grotte) ou dans de la saumure (c’est-à-dire dans du sel). Or ce sel s’obtenait par évaporation de l’eau de mer, dans ce qu’on appelle des marais salants.

Le sel était ensuite transporté jusqu’aux grandes villes. Celles-ci étant protégées par des murailles, le sel franchissait une des portes de la ville où la gabelle — c’est le nom de la taxe sur le sel — était collectée.

Un des plus célèbres collecteurs de gabelle est Pierre Aubert, seigneur de Fontenay. Il semble que ce dernier ne remettait pas à l’État la totalité des sommes perçues. C’est pourquoi le superbe palais qu’il s’est fait construire à Paris entre 1656 et 1659 — qui abrite de nos jours le Musée Picasso — était surnommé l’Hôtel Salé.

La santé

En moyenne, un Américain consomme 8,5g de sel par jour. Les trois quarts de cette quantité proviennent d’aliments préparés (restauration et aliments industriels).

Or le sel fait augmenter la pression artérielle. Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres à l’action hypertensive du sel. En effet, l’effet néfaste du sel est amplifiée lorsque la personne possède une diète qui, en plus, est pauvre en potassium ou en calcium.

De manière générale, l’effet du sel est modeste : la suppression totale du sel dans la diète ne réduit la pression que d’environ 5mm chez la personne hypertendue et d’à peine 2mm chez la personne qui ne l’est pas.

Il serait facile de conclure que cela ne vaut pas la peine de réduire sa consommation de sel puisque le résultat est si léger. Toutefois, cela ne tient pas compte que certaines personnes mangent très salé : chez ces personnes, la diminution de la consommation de sel vaut vraiment la peine.

Les études scientifiques révèlent qu’il suffirait de diminuer de 3g par jour la quantité de sel dans la diète moyenne des Américains, pour prévenir annuellement entre 54 000 et 99 000 infarctus du myocarde et entre 44 000 et 92 000 décès.

Références :
Musée Picasso (Paris)
Salt in Health and Disease — A Delicate Balance

Sur le même sujet : Le sel tue

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les risques de la contraception hormonale

23 mai 2013

Depuis un demi-siècle, on sait que les contraceptifs oraux comportent un risque de formation de caillots sanguins susceptibles d’entrainer un infarctus ou une embolie.

Par comparaison avec une femme qui n’en prend pas (et qui ne devient pas enceinte), celle qui utilise des contraceptifs oraux a un risque deux à quatre fois plus élevé.

Toutefois, ce risque est moindre que celui associé à la grossesse.

Au cours d’une grossesse, ce risque est de 2,9 incidents par 1 000 femmes enceintes. Il grimpe à environ 30 ou 40 incidents durant la période qui suit immédiatement l’accouchement. Pour les utilisatrices de contraceptifs oraux, il est de 1 à 1,5 incident annuellement par 1 000 femmes, soit environ trente fois moins.

Mais en 2011, deux études scientifiques ont révélé que les contraceptifs dits de troisième et de quatrième génération (dont le progestatif est la drospirénone ou de la cyprotérone au lieu du lévonorgestrel) — et connus entre autres sous les noms commerciaux de Diane, Yasmin, et Yaz — comportent un risque accru d’incidents thromboemboliques.

Selon ces études, ces nouveaux contraceptifs auraient une incidence plus importante que celle des contraceptifs plus anciens.

Comme toujours, la méthodologie de ces nouvelles études est l’objet d’une controverse mais en supposant que ces nouvelles études disent vrai, l’augmentation annuelle est de l’ordre de 0,3 à 0,5 incident par 1 000 femmes, ce qui est non négligeable mais qui est relativement modeste en comparaison des risques associés à la grossesse elle-même.

Ceci étant dit, lorsqu’il s’agit de risques potentiels, on doit garder à l’esprit que tout ce qui peut survenir finit toujours par arriver…

Références :
Des pilules contraceptives de Bayer au banc des accusés
Risque de thrombo-embolie veineuse avec les contraceptifs oraux combinés Yasmin, Yasminelle, Yaz et autres : mise au point

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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