Covid-19 : Évolution en un mois et demi

Publié le 16 mai 2020 | Temps de lecture : 1 minute

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 01 avr 16 avr 01 mai 16 mai
Belgique 72,6 426,1 675,7 789,9
Espagne 194,0 410,0 532,0 590,7
Italie 205,5 366,6 466,9 525,2
Grande-Bretagne 35,4 206,6 414,1 518,8
France 52,6 267,5 367,1 412,4
Québec 3,7 74,2 238,2 410,2
Suède 23,6 131,7 262,1 363,0
Pays-Bas 68,3 193,0 284,8 330,0
Irlande 14,7 100,6 261,9 317,4
États-Unis 12,4 105,4 199,1 272,0
Suisse 53,8 149,5 204,7 219,3
Équateur 5,5 23,2 51,5 157,2
Portugal 18,2 61,1 97,9 116,9
Danemark 18,6 57,3 82,1 96,7
Allemagne 9,9 47,6 80,5 96,7
Iran 37,4 60,0 75,0 85,5
RoC* 2,9 19,7 51,0 78,9
Pérou 2,3 23,5 32,5 78,8
Brésil 1,1 9,1 28,5 71,8
Autriche 16,6 46,5 66,8 71,3
         
Japon 0,4 1,5 3,6 5,7
Corée du Sud 3,2 4,4 4,8 5,0
Chine 2,4 2,4 3,4 3,4
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,5
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3

*— ‘N.D.’ signifie non disponible et ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un patron de masque artisanal contre le Covid-19

Publié le 13 mai 2020 | Temps de lecture : 3 minutes
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Présentation générale

Les masques artisanaux possèdent généralement deux lacunes.

La première est que l’élastique ou les bandes qui servent à attacher le masque au visage créent une tension qui s’exerce tout le long du bord supérieur à partir de l’arête du nez.

Cela crée une ouverture de chaque côté du nez par laquelle de l’air peut pénétrer au moment de l’inspiration, court-circuitant ainsi le masque.

La deuxième lacune est que les côtés du masque n’adhèrent pas parfaitement aux joues.

Afin de corriger ces deux lacunes, j’ai créé différents modèles. Je vous présente ici le meilleur de ceux que j’ai conçus.

Le patron ci-dessus montre la forme du masque une fois les ourlets créés. C’est donc à dire qu’on prendra plus de tissus que ce qu’on voit.

La partie supérieure du masque

Avant d’assembler les deux faces du masque, on devra coudre séparément la partie destinée à suivre l’arête du nez (en bleu).

Une fois cela fait, on devra coudre toute la partie supérieure du masque et de la longue bande destinée à être attachée derrière la tête. Cette bande doit être de longueur suffisante.

On remarquera qu’à sa partie supérieure, le masque adopte une forme concave de chaque côté. C’est afin de dégager les paupières.

De plus, la bande qui tient le masque en place (en pâle) est décalée vers le bas du masque, laissant sa partie supérieure libre de suivre le contour du visage.

La pression exercée par cette bande oblige l’inspiration par la bouche à se faire au travers du masque. En contrepartie, cela rend pénible le port de ce masque par les personnes qui effectuent un effort physique intense.

La partie inférieure du masque

Le bord inférieur chaque face du masque devrait avoir un ourlet. Mais on évitera de coudre ensemble les deux faces du masque afin de permettre l’insertion, entre elles, d’un filtre poreux (un filtre à café, par exemple).

Je passe habituellement mon filtre à l’eau du robinet avant de l’insérer et j’apporte un petit vaporisateur d’eau pour l’humecter périodiquement lorsqu’il commence à manquer de souplesse.

Le filtre sera jeté après chaque usage.

Au bas, le ‘V’ inversé est pour le menton. Cette forme particulière n’est pas essentielle; on pourrait donner une forme différente à sa guise.

Le bas de la photo montre la taille du masque, en centimètres. En cliquant sur la photo ci-dessus, on a accès à la version à haute résolution qui, une fois imprimée, devrait être approximativement de taille réelle.

Aux intéressés : bonne chance !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : le test de la réalité

Publié le 7 mai 2020 | Temps de lecture : 4 minutes

Au moment où on s’apprête à rouvrir prochainement les écoles et les garderies, la nouvelle ne pouvait pas plus mal tomber.

Rares sont les garderies encore ouvertes; seules le sont celles qui s’adressent aux jeunes enfants des travailleurs essentiels.

On apprenait ce matin que l’une d’elles, située à Mascouche, avait été contaminée par le Covid-19.

Montrant des symptômes s’apparentant à ceux du Covid-19, un des enfants a été testé ‘autour du 23 avril’ (sic) selon le directeur de la Santé publique de Lanaudière.

Même lui ne sait pas précisément quand.

Ce qu’on sait, c’est que les résultats du test n’ont été connus que le 30 avril. Et ce, alors qu’on nous dit et qu’on nous répète qu’on obtient les résultats des tests le lendemain (ou le surlendemain dans le pire des cas).

Faites le calcul.

Lorsque j’ai lu cette nouvelle, j’ai cru à une coquille typographique. Il a fallu que je lise la même chose sur le site de Radio-Canada pour y croire.

En panique, la direction de la Santé publique a testé tous les enfants de cette garderie pour découvrir que 12 enfants sur 27 avaient eu le temps d’être contaminés, de même que 4 membres du personnel.

Depuis, une trentaine de personnes travaillent à plein temps pour documenter à postériori la chaine de cette transmission virale.

Dimanche dernier, j’écrivais sur ce blogue que les autorités sanitaires du Québec étaient comme le chien qui court après sa queue; toujours en retard sur le virus.

Le cas de cette garderie, fermée depuis, en est un parfait exemple.

Autre cas.

Mardi dernier, le chroniqueur Patrick Lagacé, de La Presse, rapportait l’anecdote suivante.

Il y quelque temps, sa collègue Katia Gagnon se sent malade et décide de passer un test de diagnostic au Covid-19.

Puis elle attend. Et elle attend.

Lasse d’attendre, elle appelle à Info-Santé. Au téléphone, la préposée lui dit que pour les tests, c’est 11 ou 12 jours d’attente.

La journaliste argumente : « Je m’excuse, mais à sa conférence de presse, la ministre de la Santé a bien dit que ça prend de 24 à 48 heures

La réponse de la préposée est sans équivoque :

« Je regarde les mêmes conférences de presse que vous, madame, mais moi je vous dis ce qui se passe dans la réalité

Soyons gentils et présumons que ces deux exemples sont des cas particuliers et qu’ils ne reflètent pas la réalité.

Alors la question qui se pose est la suivante : Est-ce que la direction de la Santé publique effectue des contrôles de qualité au sujet de ce qui se passe réellement.

Dans le cas d’une pandémie meurtrière qui se répand à toute vitesse, il ne suffit pas d’un taux d’excellence de 90 % ou de 95 %; on doit viser la perfection. Il faut une rigueur militaire.

Donc, est-ce que quelqu’un, quelque part, connait le pourcentage des résultats qui sont communiqués aux personnes testées en moins d’un jour, de deux jours, de trois jours, et ainsi de suite.

Et s’il existe des données fiables à ce sujet, peut-on les rendre publiques afin de restaurer la confiance des citoyens envers la direction de la Santé publique du Québec alors que celle-ci ressemble de plus en plus au Titanic ?

Références :
À la grâce de Dieu
Éclosion de COVID-19 dans une garderie de Lanaudière
La stratégie de dépistage du Québec vivement critiquée par une conseillère de Trudeau
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
Un premier foyer d’éclosion de coronavirus dans une garderie au Québec


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un traitement écologique du Covid-19

Publié le 6 mai 2020 | Temps de lecture : 8 minutes

Avertissement

La toute première chose à faire lorsqu’apparaissent les premiers symptômes du Covid-19, c’est de prendre rendez-vous pour un test de diagnostic.

Or le traitement qui suit est basé sur une hygiène des cavités nasales qui a pour effet d’y réduire la quantité de virus présents.

Pour établir le diagnostic d’infection au Covid-19, si la présence abondante de particules virales est essentielle, il est possible que ce traitement nuise aux tests de diagnostic.

Il vous faudra le préciser au moment de la prise de rendez-vous. Si ce traitement nuit au diagnostic, il n’est pas fait pour vous.

Par contre, s’il ne pose pas de problème, vous pouvez poursuivre la lecture du présent texte.

Limites du traitement

Il n’a pas d’action préventive

Les conseils qui suivent ne servent pas à prévenir l’infection au Covid-19.

On évite de l’attraper par le confinement ou le port du masque associé à la distanciation sociale.

Et on l’évite aussi par le lavage fréquent des mains à l’eau savonneuse ou, à défaut, par le badigeonnage des mains avec un gel alcoolisé.

Il n’a pas d’action curative

Actuellement, il n’existe pas de remède à l’infection par le Covid-19. Le but du traitement n’est donc pas non plus d’en guérir.

Une atténuation hypothétique de la gravité

Le traitement est basé sur l’hypothèse que la réduction de la charge virale du nez atténue la gravité de l’infection.

Un tel traitement n’a jamais été testé. Il repose donc uniquement sur des considérations théoriques.

Il consiste en un ensemble de soins qui respectent un principe de base de la médecine depuis l’Antiquité : Primum non nocere, c’est-à-dire En premier lieu, ne pas nuire.

Début immédiat du traitement

Le traitement doit être débuté immédiatement après la prise d’un rendez-vous, c’est-à-dire dans l’heure qui suit l’apparition des premiers symptômes.

Pas quelques jours plus tard. Pas même le lendemain ni même plus tard au courant de la première journée.

En clair : le traitement doit être débuté sur-le-champ.

Les fondements du traitement

Le traitement est basé sur une des rares choses qui, à ce jour, ont été prouvées scientifiquement au sujet du Covid-19; l’intérieur du nez est l’incubateur de l’infection.

C’est dans le nez que le virus se multiplie avant de se lancer à l’assaut des poumons.

Dans de très fines gouttelettes, le virus peut atteindre directement les poumons. Mais stratégiquement, il est plus efficace pour lui de s’arrêter d’abord dans le nez, de s’y multiplier en des millions d’exemplaires, puis d’attaquer en masse les poumons.

De plus, l’autre chose également prouvée scientifiquement, c’est que la charge virale atteint son sommet le jour de l’apparition des symptômes et la veille. C’est à ce moment-là qu’on trouve le plus de virus dans le nez.

Puisqu’on ne peut pas savoir d’avance qu’on aura bientôt des symptômes, on doit donc commencer le traitement dès qu’ils apparaissent, faute de n’avoir pu le faire avant.

L’équipement nécessaire

Puisqu’on devra s’équiper et débuter le traitement avant de passer un test de diagnostic plus tard dans la journée, il est suggéré de s’équiper minimalement au cas où le test s’avèrerait négatif.

Si votre pharmacien n’a pas ce qu’il vous faut et vous propose de le commander pour vous, refusez et allez dans une autre pharmacie. Vous devez débuter le traitement dans les plus brefs délais.

Ce qu’il faut obtenir sur-le-champ, c’est ce qui est nécessaire pour effectuer des bains nasaux. Pas un simple vaporisateur nasal, mais un produit qui permet d’effectuer des douches nasales.

Il peut s’agir d’une trousse Sinus Rince (15$ à 20$), d’un format d’HydraSense Nasal isotonique (environ 12$), ou de leurs équivalents. Ce sont les produits les plus faciles à utiliser.

Une autre catégorie de produits comprend les nécessaires à douche nasale intégrale.

Cette catégorie comprend la théière NasaFlo (moins de 20$), Rhino Horn (en Europe), et l’appareil Naväge (environ 90$).

On les utilise avec une quantité d’eau précise à laquelle du sel est ajouté sous forme de sachet ou de capsule. À la fréquence suggérée ici (à l’heure), je déconseille l’utilisation de toute solution saline qui ne soit pas isotonique.

Les douches nasales intégrales nettoient les cavités nasales de manière beaucoup plus complète. Toutefois, ils ne sont conseillés ici (pour lutter contre l’infection à Covid-19) qu’à ceux qui sont déjà familiers avec leur utilisation.

Ceux qui s’en servent pour la première fois risquent d’avaler maladroitement une partie de l’eau qui a servi à nettoyer leurs narines. Or cette eau souillée est fortement contaminée de virus. Ce qui provoquera la diarrhée.

Tout ce qui aura servi à donner des douches nasales devra être nettoyé à l’eau chaude savonneuse à la suite de chaque utilisation, puis asséché. Dans le cas de l’appareil Naväge, on doit le démonter avant de nettoyer ses parties (sauf le moteur).

Posologie

Jusqu’à la fin de votre infection, vous devrez irriguer vos deux narines à une fréquence horaire lorsque vous êtes éveillé et profiter de vos visites nocturnes à la toilette pour procéder à des bains nasaux supplémentaires.

Le confinement

Si le test de dépistage s’avère positif, aménagez le lieu de votre confinement.

Idéalement, ce serait une pièce située à proximité d’une salle de bain ou d’une toilette dont vous aurez l’accès exclusif. Cette pièce devra être maintenue dans un état de propreté impeccable et être bien aérée vers l’extérieur; si possible, sa fenêtre devrait être ouverte jour et nuit.

Si cette salle de bain communique avec un espace commun (un couloir, par exemple), on conservera la porte fermée afin d’éviter de contaminer tout le logis.

Normalement, une douche nasale fait jaillir des gouttelettes qui, dans votre cas, seront hautement contaminées. Cette pièce deviendra donc l’équivalent de la ‘zone chaude’ des hôpitaux. L’idéal est donc que vous soyez le seul à y accéder.

Heureusement, le Covid-19 est un colosse aux pieds d’argile. Aussi contagieux et meurtrier qu’il soit, il est détruit simplement par de l’eau savonneuse, particulièrement lorsque l’eau est chaude.

Après le bain nasal, toutes les surfaces éclaboussées devront être nettoyées et asséchées. Cela comprend la robinetterie et l’évier de la salle de bain, de même que les produits ou appareils utilisés pour donner les bains.

Les serviettes qui serviront à éponger les dégâts devraient être lavées à part, simplement au détergent à lessive. L’ajout d’eau de Javel à la lessive n’est pas nécessaire puisque le virus est très sensible aux détergents.

Mot de la fin

Il n’existe aucune preuve que ce traitement, basé sur la réduction de la charge virale du nez, soit efficace pour réduire la gravité de l’infection au Covid-19.

Mais il certain qu’il est totalement inoffensif. Même pour l’environnement puisqu’on n’utilise ici que de l’eau et du sel.

En réduisant la quantité de virus que peut émettre la personne atteinte, il est possible que cette mesure hygiénique réduise sa contagiosité lors d’éternuements. Toutefois, cela est moins évident dans le cas de la toux puisqu’alors les gouttelettes respiratoires proviennent surtout des voies respiratoires inférieures.

Dans tous les cas, j’aimerais inviter toutes les personnes qui l’essaieront à prendre la peine de partager avec nous leur expérience et de nous dire si, selon elles, ce traitement les a aidées.

Merci à l’avance.

Références :
Aerodynamic analysis of SARS-CoV-2 in two Wuhan hospitals
Les mystères du Covid-19 (2e partie)
Primum non nocere
Temporal dynamics in viral shedding and transmissibility of COVID-19

Paru depuis :
Risque de transmission aéroportée du coronavirus SARS-CoV-2 : de l’importance du port du masque et de locaux bien ventilés (2020-05-09)


Remerciements : J’aimerais remercier mesdames Louise Bernier et Jacynthe Marsolais pour leurs suggestions qui ont contribué à l’amélioration du présent texte.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : Historique de la pénurie de masques en France

Publié le 4 mai 2020 | Temps de lecture : 1 minute

 

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Le cas de la France est semblable à celui de tous les pays qui ont cru au merveilleux monde de la mondialisation heureuse.

Encore aujourd’hui, beaucoup de professionnels de la Santé peinent à obtenir des masques. Mais heureusement, ils peuvent en trouver depuis peu dans les magasins à grande surface…

Référence :
Coronavirus : comment le discours des autorités sur les masques a largement changé


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie

Publié le 3 mai 2020 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Il y a quelques jours, le gouvernement québécois annonçait qu’à partir de la semaine qui vient, on procèdera à 14 000 tests du Covid-19 quotidiennement, au lieu des six-mille actuels (officiellement, mais en réalité cinq-mille).

Cela est qualifié de dépistage ‘massif’. Un qualificatif repris en chœur par les quotidiens du Québec.

Soyons sérieux; 14 000 tests, cela correspond à tester quotidiennement 0,16 % de la population québécoise. Imaginez : moins du cinquième d’un pour cent.

Et ce, alors que le virus se répand rapidement.

Si l’hécatombe du Covid-19 dans les hospices était inévitable, la contamination qui a commencé à s’emparer des hôpitaux du Québec est l’illustration parfaite du fiasco des politiques de dépistage du gouvernement.

En principe, les hôpitaux sont des lieux où on guérit des maladies et non là où on les attrape.

Comment a-t-on pu en arriver là ?

Des prémisses erronées

Le port du masque inutile ?

Actuellement, les autorités sanitaires du Québec soutiennent encore que le port du masque, même artisanal, n’est utile que lorsque la distance sanitaire est impossible à respecter.

Après s’être entêtées pendant des semaines à soutenir l’invraisemblable; le masque était complètement inutile, sauf pour les professionnels de la Santé.

L’expérience des pays d’Extrême-Orient démontre exactement le contraire. Et cette expérience se transformera soudainement en preuve scientifique le jour où un épidémiologiste patenté l’écrira de sa plume dans une revue spécialisée.

Dès lors, la direction de la Santé publique du Québec découvrira ce secret de Polichinelle et abandonnera l’idée saugrenue que le diplôme académique potentialise l’efficacité du masque et/ou qu’on a besoin de quatre ans d’université pour apprendre comment le mettre.

Pas de contagiosité sans symptôme ?

Depuis des semaines, on sait que certaines personnes (dites asymptomatiques) sont atteintes secrètement par le Covid-19; elles sont contagieuses sans le savoir et demeureront contagieuses jusqu’à leur guérison.

Chez les personnes chez qui des symptômes se manifestent, le maximum de contagiosité est le jour d’apparition des symptômes et la veille de ce jour. Ce sont les deux jours où ces personnes sont les plus dangereuses. On sait cela depuis la fin du mois de mars.

Portant, la direction de la Santé publique du Québec s’entête à soutenir qu’on n’est pas contagieux lorsqu’on est sans symptôme.

Allonger les délais

Pour être testé, le citoyen doit donc être symptomatique.

De plus, il doit prendre rendez-vous. Celui-ci lui est accordé le jour même. J’ai cru comprendre que dans le quartier ‘chaud’ de Montréal-Nord, les intéressés n’auront pas besoin de prendre rendez-vous, ce qui ne change rien de fondamental.

Les tests dont les résultats seraient obtenus en trente minutes n’ont pas été homologués par Santé Canada. Conséquemment, on reçoit les résultats le lendemain, ce qui est après le pic de contagiosité.

Conséquemment, les autorités sanitaires du Québec sont comme le chien qui court après sa queue; toujours en retard sur le virus.

Protéger les hôpitaux et les écoles

Pour protéger adéquatement le personnel hospitalier, on doit tester tous les employés fréquemment, même ceux qui sont asymptomatiques. Exception faite pour ceux qui ont déjà attrapé le Covid-19 et qui en sont guéris.

Dès qu’une charge virale est détectée dans les cavités nasales ou dans la gorge d’un employé, celui-ci doit quitter immédiatement le travail et se mettre en quarantaine.

De plus, on doit tester tous les patients qui se présentent à l’hôpital à l’exception de ceux admis par ambulance à l’urgence, déjà testés à bord de ces véhicules.

C’est ça, un dépistage massif.

Voilà comment on doit protéger dorénavant nos établissements de santé.

Pour ce qui est des écoles, on doit instaurer une stratégie de dépistage équivalente.

Tester la population

Une politique de dépistage doit avoir un but clair. Que veut-on au juste ?

Empêcher l’infection de se répandre

Empêcher ? C’est trop tard; la pandémie s’est enracinée et elle poursuivra irrémédiablement son cours en raison des erreurs passées qu’on s’entête à répéter.

Ralentir la pandémie au Québec

Si on veut vraiment ralentir la propagation de la pandémie, cela se fait en ajustant l’importance du déconfinement. Pas autrement.

Savoir où nous en sommes rendus

Si c’est ce qu’on veut, il ne sera plus question de tester n’importe quelle personne qui répond à des critères de sélection, mais de tester un échantillonnage de la population choisi au hasard.

Pour deviner les intentions de vote lors des élections, les maisons de sondage ont besoin d’un maximum de mille répondants parmi la population.

Si on veut savoir le pourcentage de la population contagieuse, on fait mille prélèvements dans les voies respiratoires supérieures parmi un échantillonnage de la population choisi aléatoirement. On obtiendra le pourcentage actuel des gens contagieux (symptomatiques ou non).

Si on veut connaitre où en est l’immunité grégaire, on fait mille tests sérologiques effectués à partir d’une goutte de sang prélevée au bout des doigts. Encore une fois, parmi un échantillonnage préalablement choisi.

Et ces deux-mille tests — au maximum, quelques centaines pourraient suffire — permettraient de savoir exactement où nous en sommes rendus et d’ajuster en conséquence les politiques de déconfinement.

Voilà la démarche scientifique qui semble faire cruellement défaut à nos experts en Santé publique.

Rassurer les gens qui se croient atteints

En plus, on devrait offrir des tests au besoin à l’ensemble de la population.

Ceux qui ont des symptômes qui laissent penser qu’ils ont attrapé le Covid-19 veulent sans doute éviter de se mettre en quarantaine pour rien. On devrait leur offrir la possibilité d’en avoir le cœur net, moyennant un frais modérateur.

Toutefois, on doit se rappeler que tester n’importe qui, n’importe quand, cela n’a aucune valeur scientifique; plus on teste, plus on trouve.

Et ce qu’on trouve, ce n’est que le pourcentage de gens atteints parmi ceux qui ont été testés, et non le pourcentage des gens atteints parmi la population.

Références :
Le métier des travailleurs de la santé changé par un ennemi minuscule
COVID-19 : les leçons du dépistage à grande échelle de l’Islande
Les mystères du Covid-19 (2e partie)
Temporal dynamics in viral shedding and transmissibility of COVID-19

Parus depuis :
À la grâce de Dieu (2020-05-05)
La stratégie de dépistage du Québec vivement critiquée par une conseillère de Trudeau (2020-05-07)
La bureaucratie, obstacle au dépistage massif (2020-05-09)
Une stratégie de tests aléatoires est essentielle (2020-05-11)
Underdetection of cases of COVID-19 in France threatens epidemic control (2020-12-21)
Des tests automatisés bloqués par une exigence de dernière minute (2021-03-01)
Dépistage chez les travailleurs essentiels — Une méthode « sûre, acceptable et peu coûteuse », conclut l’étude (2021-06-15)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : Évolution en un mois

Publié le 1 mai 2020 | Temps de lecture : 1 minute

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 1 avr 16 avr 1 mai
Belgique 72,6 426,1 675,7
Espagne 194,0 410,0 532,0
Italie 205,5 366,6 466,9
Grande-Bretagne 35,4 206,6 414,1
France 52,6 267,5 367,1
Pays-Bas 68,3 193,0 284,8
Suède 23,6 131,7 262,1
Irlande 14,7 100,6 261,9
Québec 3,7 74,2 238,2
Suisse 53,8 149,5 204,7
États-Unis 12,4 105,4 199,1
Portugal 18,2 61,1 97,9
Danemark 18,6 57,3 82,1
Allemagne 9,9 47,6 80,5
Iran 37,4 60,0 75,0
Autriche 16,6 46,5 66,8
       
Corée du Sud 3,2 4,4 4,8
Japon 0,4 1,5 3,6
Chine 2,4 2,4 3,4
Hong Kong 0,5 0,5 0,5
Taïwan 0,2 0,3 0,3


Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Apprendre à vivre sous la menace du Covid-19 : les non-dits de nos gouvernements

Publié le 29 avril 2020 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Les dés en sont jetés.

Partout en Occident, le message des États est maintenant le même : « Nous contrôlons la situation. Et d’ici peu, nous lèverons progressivement le confinement que nous vous avons imposé, quitte à faire marche arrière et opérer des ajustements si les choses dérapent.»

En réalité, le ‘contrôle’ dont on parle est dans une perspective hospitalo-centrique; au Québec, on a libéré six-mille lits pour soigner les patients gravement malades du Covid-19 et cette réserve a amplement suffi jusqu’à maintenant. Voilà le contrôle dont il s’agit.

Mais l’État québécois n’a aucun contrôle sur la pandémie elle-même; par exemple, c’est l’hécatombe dans les hospices.

Si bien que le bilan meurtrier au Québec est passé de 3,7 à 178,4 morts par million d’habitants en 25 jours. Soit une augmentation de près de cinq-mille pour cent.

S’il s’agit d’une situation bien contrôlée, on se demande ce que serait une situation qui ne l’est pas…

Le tribut meurtrier du Covid-19

Lorsqu’on empêche une pandémie de se répandre, on amortit son impact sur les ressources hospitalières. Mais cela ne fait que différer sa mortalité.

La pandémie continuera de faire des ravages, plus lentement, jusqu’à ce que la population en devienne réfractaire.

À moins que d’ici là, un vaccin soit mis au point, qu’un remède soit découvert, ou que la pandémie disparaisse d’elle-même.

Les experts estiment que la population sera devenue réfractaire lorsqu’environ 60 % des gens seront immunisés contre le Covid-19.

Or, en absence de vaccin, être immunisé contre le Covid-19, cela veut dire l’attraper et en guérir.


 
Selon la modélisation du gouvernement canadien, daté du début du mois, la pandémie causerait la mort de plus de 250 000 Canadiens avant que 60 % d’entre eux en soient immunisés.

Ce qui représente un peu plus de 56 200 Québécois, soit un taux de mortalité de 6 660 personnes par million d’habitants.

En somme, il s’agit d’un tribut meurtrier 37 fois plus important qu’actuellement.

Jusqu’à tout récemment, il était impossible de vérifier dans quelle mesure la modélisation du fédéral était juste.

Mais le gouverneur de l’État de New York annonçait récemment les résultats d’une étude immunologique qui donne un poids considérable à la modélisation canadienne.

Selon une étude new-yorkaise en cours, 21,2 % des citoyens de New York et près de 14 % des habitants de l’État sont maintenant immunisés contre le Covid-19.

Rappelons que dans l’État de New York, ce 14 % d’immunité grégaire a été obtenu au prix de plus de vingt-et-un-mille morts.


 
Par règle de trois, pour atteindre un seuil de 60 %, il faudra donc plus de quatre-vingt-dix-mille morts dans cet État.

Puisque le Québec possède une population de 8,4 millions d’habitants (vs 19,5 millions pour l’État de New York), cela signifie que nous devrons payer un tribut de près de trente-neuf-mille morts pour atteindre une immunité grégaire de 60 %.

Ce qui est le deux tiers des prédictions fédérales; 39 000 vs 56 200 morts, soit respectivement 0,5 % et 0,7 % de la population québécoise. En somme, c’est dans le même ordre de grandeur.

Il est simple, rapide et peu couteux d’effectuer une étude sérologique de l’immunité acquise d’une population au Covid-19.

On l’a fait dans l’État de New York, dans le comté de Santa Clara en Californie, dans la ville allemande de Gangelt, de même que dans une école du département de l’Oise en France.

Animé par la nécessité du déconfinement, le gouvernement québécois a plutôt choisi de procéder à l’aveugle, par tâtonnement.

L’utopie de la distanciation sociale

Pour atténuer l’impact du déconfinement, on compte sur l’hygiène des mains et sur la distanciation sociale au travail et à l’école.

Officiellement, le masque n’est recommandé que lorsque la distanciation sociale est impossible.

Malgré le fait que cette pandémie se propage principalement par des gouttelettes respiratoires, il est étonnant de constater que le port du masque n’est qu’une mesure secondaire dans le plan de déconfinement du gouvernement québécois.

Dans le quotidien de l’activité industrielle, on oubliera vite l’importance de la distanciation sociale en franchissant les cadres de porte et on négligera bientôt la désinfection fréquente des toilettes exigües des petits commerces.

Or la moindre imprudence peut s’avérer grave de conséquence pour les travailleurs.

En classe, même si les écoliers étaient assis à deux mètres les uns des autres, il faut être naïf pour penser que cette distance sera respectée lorsque les petits écoliers se précipiteront dans les couloirs ou se bousculeront dans les escaliers et les toilettes.

À moins, évidemment, de créer un climat répressif qui tuera toute spontanéité chez les jeunes écoliers et qui pourrait les marquer durablement.

Quant à l’idée de faire respecter la distance sanitaire dans les cours de récréation, je crois le ministre de l’Éducation trop brillant pour y croire une seule seconde.

En réalité, ce qu’on souhaite vraiment, c’est que chaque écolier qui aura contracté le Covid-19 contamine sa classe. Et par l’effet multiplicateur de ses camarades, il inoculera le virus aux membres adultes de leurs familles respectives.

Dans la mesure où l’infection au Covid-19 est déjà bien installée dans les sociétés occidentales et que sa propagation sera inévitable à la suite du déconfinement, c’est par le biais des écoliers — généralement peu affectés par l’infection — que nos gouvernements ont choisi d’immuniser leur population.

Conclusion

À partir du moment où les États réalisent le cout astronomique du confinement et leur manque d’autorité pour le faire respecter (notamment aux États-Unis), ceux-ci ont décidé de jeter la serviette et de laisser les choses évoluer d’elles-mêmes à la condition que leur système hospitalier ne soit pas submergé par la pandémie.

Les pays qui s’en tireront le mieux sont ceux qui ont retenu les leçons des pandémies antérieures et qui ont agi promptement (en particulier en Extrême-Orient).

Ailleurs, les citoyens qui auront su s’inspirer du succès de ces pays — notamment quant à l’importance du port du masque — seront avantagés en comparaison de ceux qui auront suivi benoitement les conseils des États qui, de toute évidence, ont failli à les protéger adéquatement et qui ont choisi, de manière pragmatique, de les abandonner à la pandémie.

Références :
Antibody study suggests coronavirus is far more widespread than previously thought
Blood tests show 14% of people are now immune to covid-19 in one town in Germany
COVID-19 Antibody Seroprevalence in Santa Clara County, California
Estimating the burden of SARS-CoV-2 in France
Immunité collective : les conclusions pessimistes d’une étude dans un hôpital de Wuhan
1 in 5 people in NYC may have been infected with COVID-19, antibody study finds

Parus depuis :
Notes de terrain (2020-05-02)
Estimating the burden of SARS-CoV-2 in France (2020-05-13)
Près de 3% des adultes auraient contracté la COVID-19 au Québec (2020-08-06)
COVID-19 : l’immunité « diminue assez rapidement », selon une étude (2020-10-27)
Resurgence of COVID-19 in Manaus, Brazil, despite high seroprevalence (2021-01-27)
L’INSPQ avait un « scénario catastrophe » à 56 000 morts (2021-11-29)
Le rêve « utopiste » de l’immunité collective contre la COVID-19 (2022-05-01)

Complément de lecture :
Les « orteils COVID », un symptôme à surveiller chez les enfants
L’immunité «bouclier» plutôt que l’immunité de groupe

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : Évolution en vingt-cinq jours

Publié le 27 avril 2020 | Temps de lecture : 1 minute

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 01 avr 06 avr 11 avr 16 avr 21 avr 26 avr
Belgique 72,6 126,9 293,5 426,1 526,1 622,3
Espagne 194,0 270,9 355,9 410,0 456,1 497,0
Italie 205,5 262,7 321,9 366,6 407.5 440,5
France 52,6 120,6 206,5 267,5 310,4 341,2
Grande-Bretagne 35,4 74,2 148,6 206,6 260,9 312,0
Pays-Bas 68,3 102,8 153,8 193,0 227,9 260,5
Irlande 14,7 32,7 66,3 100,6 151,1 225,1
Suède 23,6 39,6 87,6 131,7 174,4 216,8
Suisse 53,8 83,4 120,9 149,5 172,4 187,9
Québec 3,7 11,1 34,0 74,2 122,6 178,4
États-Unis 12,4 29,4 62,9 105,4 138,4 168,4
Portugal 18,2 28,7 45,7 61,1 74,1 87,8
Danemark 18,6 32,0 46,4 57,3 66,1 75,4
Allemagne 9,9 19,1 34,7 47,6 61,4 71,4
Iran 37,4 44,4 53,7 60,0 65,3 70,4
Autriche 16,6 23,1 38,2 46,5 55,7 61,5
             
Corée du Sud 3,2 3,6 4,1 4,4 4,6 4,7
Chine 2,4 2,4 2,4 2,4 3,3 3,3
Japon 0,4 0,5 0,9 1,5 2,2 2,9
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5
Taïwan 0,2 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3


Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les arguments du déconfinement québécois

Publié le 26 avril 2020 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

L’État ne peut pas prendre indéfiniment à sa charge les millions de citoyens qu’il oblige à se confiner.

Il est clair que le déconfinement est une nécessité. Encore faut-il qu’il se fasse de manière prudente et rationnelle.

L’hospitalo-centrisme


 
Selon la modélisation du gouvernement canadien, daté du début du mois, si on laisse la pandémie se répandre à sa guise, elle causerait la mort de plus de 250 000 personnes avant que la population canadienne en soit globalement devenue réfractaire.

À la condition, évidemment, que guérir du Covid-19 signifie en être immunisé. Ce que je crois.

La stratégie du gouvernement québécois est essentiellement hospitalo-centriste.

On a libéré six-mille lits pour soigner les patients gravement malades du Covid-19. Et on cherche à amortir l’impact de la pandémie de manière à ce que jamais il n’y plus de six-mille personnes à la fois qui aient besoin d’être hospitalisées en raison d’elle.

Toutefois, lorsqu’on ‘aplatit la courbe’, on amortit l’impact de la pandémie sur le système de Santé sans en changer le macabre tribut.

À moins, bien sûr, qu’un vaccin ou qu’un remède soit mis au point entretemps. Dans ce cas, la meilleure politique aura été celle qui étirait le temps.

Des arguments superficiels

Pour justifier la politique de déconfinement, en plus des raisons économiques évidentes, on invoque deux arguments superficiels.

Prévenir la violence conjugale

Lorsqu’on oblige deux conjoints qui se détestent à vivre confinés, on augmente le risque de violence.

Toutefois, est-on en mesure d’affirmer que 250 000 Canadiens seraient tués par leur conjoint si on poursuivait le confinement ?

L’argument que le déconfinement préviendra certains cas de violence conjugale est vrai, mais anecdotique.

Priver les enfants pauvres de petits déjeuners

Dans les quartiers déshérités de Montréal, les écoles primaires offraient des petits déjeuners gratuits à leurs élèves.

On justifie le déconfinement au nom de ces enfants affamés depuis la fermeture de toutes les écoles du Québec.

Puisque nos gouvernements dépensent déjà des milliards$ pour soutenir l’économie, pourquoi ne trouve-t-on pas quelques millions$ pour que des cantines mobiles se stationnent chaque matin dans la cour de récréation des écoles fermées afin de poursuivre la distribution des déjeuners gratuits ?

Le déconfinement à l’aveugle

Toute politique de Santé publique doit se baser sur la science.

Mais la science, il ne suffit pas de l’invoquer; on peut la créer.

À l’heure actuelle, personne ne connait la véritable proportion de Québécois qui ont attrapé le Covid-19 et qui en sont immunisés.

En Californie et dans l’État de New York, on a entrepris de vérifier la proportion de citoyens immunisés. Les résultats d’une telle étude sont connus en moins d’une semaine.

L’a-t-on fait au Québec ? Non. S’apprête-t-on à le faire ? Pas à ma connaissance.

Puisque la pandémie se propage principalement par des gouttelettes respiratoires, pourquoi fait-on reposer la stratégie de lutte contre la pandémie sur deux très bonnes mesures (le lavage des mains et la distanciation sociale) alors que, de toute évidence, celles-ci donnent des résultats insuffisants ?

C’est au Québec qu’on possède le meilleur laboratoire au pays capable de vérifier l’efficacité des masques protecteurs, dont les masques artisanaux.

De tous les masques créés par nos artisans, lequel est le plus efficace ? En ajoutant une barrière filtrante jetable (ex.: un filtre à café) entre les deux couches de tissus d’un masque artisanal, en augmente-t-on l’efficacité au point d’atteindre (ou de dépasser) l’efficacité d’un masque chirurgical ? Le masque artisanal, est-il plus efficace sec ou mouillé ?

Toutes ces questions sont sans réponse alors qu’elles sont capitales pour équiper la population des armes qui lui seront nécessaires pour faire face au déconfinement.

Conclusion

Il ne fait aucun doute à mon esprit que le gouvernement actuel désire sincèrement protéger la population québécoise contre cette pandémie.

De la même manière que la création de ghettos de vieux — que sont les CHSLD au Québec et les EHPAD en France — rendait inévitable le carnage que pouvait causer un virus gériatro-meurtier, le déconfinement met en péril cette fois le nombre considérablement plus important des vieux qui vivent hors de ces établissements.

À quelques jours de l’annonce d’un plan de déconfinement, je constate la négligence à créer les bases scientifiques d’une telle politique et la superficialité des arguments invoqués jusqu’ici pour préparer l’opinion publique à ce sujet.


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Écrit par Jean-Pierre Martel