Covid-19 : Évolution en deux mois et demi

Publié le 16 juin 2020 | Temps de lecture : 1 minute

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 1 avr 16 avr 1 mai 16 mai 1 juin 16 juin
Belgique 73 426 676 790 834 848
Grande-Bretagne 35 207 414 519 593 631
Québec 4 74 238 410 549 621
Espagne 194 410 532 592 581 582
Italie 206 367 467 525 554 569
Suède 24 132 262 363 442 488
France 53 268 367 412 432 441
États-Unis 12 105 199 272 330 364
Pays-Bas 68 193 285 330 347 353
Irlande 15 101 262 317 343 354
Équateur 6 23 52 157 210 232
Suisse 54 150 205 219 224 228
Pérou 2 24 33 79 149 221
Brésil 1 9 29 72 149 217
Chili 1 6 14 25 66 177
Portugal 18 61 98 117 140 148
Mexique 0 4 14 37 81 142
Iran 37 60 75 86 98 112
Allemagne 10 48 81 97 105 108
Danemark 19 57 82 97 104 107
Panama 7 24 44 62 80 106
Moldavie 1 14 31 52 76 105
RoC* 3 20 51 79 94 103
             
Japon 0,4 1,5 3,6 5,7 7,1 7,3
Corée du Sud 3,2 4,4 4,8 5,0 5,3 5,4
Chine 2,4 2,4 3,4 3,4 3,4 3,3
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Covid-19 aux aéroports : la passoire canadienne

Publié le 14 juin 2020 | Temps de lecture : 5 minutes

Dès l’annonce des tout premiers décès canadiens au Covid-19, je critiquais le gouvernement du pays pour n’avoir retenu aucune leçon de la pandémie du SRAS de 2003.

En particulier, je le blâmais de ne pas s’être équipé de scanneurs thermiques et de ne pas avoir institué de suivi des voyageurs symptomatiques qui entraient au pays comme le faisaient déjà les pays d’Extrême-Orient.

Depuis, rien n’a véritablement changé.

Finalement, la prise de température à l’aide de scanneurs thermiques débutera à la fin de ce mois-ci pour les voyageurs internationaux.

Ils ne seront pas testés à leur arrivée au pays. On compte sur les compagnies aériennes pour qu’elles testent les voyageurs à l’Étranger, en partance pour le Canada.

Dans la mesure où c’est ce même ministère qui a adopté en décembre dernier une Charte des voyageurs qui soustrait les transporteurs aériens des dispositions de la Loi québécoise de protection des consommateurs et qui leur permet de dérober des milliards$ aux voyageurs canadiens concernés par des vols annulés, on ne s’attend pas à ce que ce ministère sévisse si les compagnies devaient s’arranger pour ne pas respecter les mesures de sécurité fédérales. D’autant plus que les infractions surviendront hors du territoire national.

Ottawa ne fera pas de tests aléatoires à l’arrivée et on ne prévoit pas de pénalités pour les compagnies qui manqueront à leurs obligations.

Le ministère fédéral des Transports mettra donc de nouveau en application sa politique d’autorèglementation, celle déjà en vigueur dans le transport ferroviaire et qui a donné d’excellents résultats à Lac-Mégantic…

En réalité, les scanneurs thermiques étaient utiles pour déceler les voyageurs symptomatiques il y a des mois, à l’époque où on n’avait pas encore mis au point des tests qui permettent de vérifier la charge virale dans le nez et la gorge.

Ces tests permettent de déceler non seulement les personnes symptomatiques (comme le font les scanneurs) mais également les porteurs asymptomatiques et ceux qui le deviendront dès le lendemain.

Depuis le début de cette pandémie, on cite l’exemple des pays d’Extrême-Orient, celui de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, et celui de la Suède et de l’Allemagne.

Mais on ne parle jamais de la Grèce. Savez-vous combien il a eu de morts par million (mpm) d’habitants dans ce pays ?

Non pas 483 mpm comme en Suède ni 106 mpm comme en Allemagne, mais à peine 18 mpm. Vous avez bien lu; dix-huit.

Ce n’est pas aussi bien qu’en Océanie ou qu’en Extrême-Orient. Mais pour un pays d’Europe occidentale, c’est remarquable.

Alors c’est quoi la recette de la Grèce à ses aéroports ?

Depuis un mois, on fait des prélèvements dans le nez ou la gorge de tous les voyageurs. Pendant 24h, ils sont mis en quarantaine et deviennent libres dès le lendemain, à l’annonce de leurs résultats si négatifs.

Les autres, positifs, sont alors mis en quarantaine forcée pour quatorze jours.

Dans une entrevue à CNN, le président du pays, Kyriakos Mitsotakis, déclarait que depuis quatre jours, on a testé près de quatre-mille voyageurs (mille par jour) à l’aéroport d’Athènes et on a trouvé deux cas positifs, tous deux asymptomatiques.

Au Canada, ces deux voyageurs auraient passé au travers du filet de protection basé sur des scanneurs thermiques.

Pauvre passoire canadienne…

Références :
COVID-19 : un premier mort au Canada
Covid-19 : les prix citron à Ottawa et à la STM
En Grèce, les touristes à nouveau bienvenus à partir de lundi
L’armée restera au Québec et les thermomètres arrivent dans les aéroports
On GPS: Greece’s success with containing Covid-19 (vidéo)

Parus depuis :
La COVID-19 détectée dans des vols intérieurs et internationaux au Canada (2020-07-08)
Presque 70 vols commerciaux avec des cas confirmés de COVID-19 dans les dernières semaines (2020-08-28)
Ottawa a exempté une milliardaire américaine de l’obligation de la quarantaine (2020-09-17)
Des dizaines de passagers sanctionnés au Canada pour refus de porter un masque (2020-12-22)
Des faux tests négatifs de COVID-19 à 100$ pour les voyageurs canadiens (2021-01-09)
Quarantaine à l’hôtel : Ottawa ne connaît pas le nombre de contrevenants (2021-03-06)
Des taxis américains permettent aux Canadiens d’éviter la quarantaine à l’hôtel (2021-04-11)
Aucune sanction pour les voyageurs refusant la quarantaine à Montréal et Calgary (2021-05-04)
Des « lacunes importantes » dans le contrôle des voyageurs entrant au Canada (2021-12-09)

Sur le même sujet :
‘Close to 100% accuracy’: Helsinki airport uses sniffer dogs to detect Covid (2020-09-24)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Résumé des mesures à prendre contre le Covid-19

Publié le 11 juin 2020 | Temps de lecture : 1 minute

En ordre décroissant d’efficacité, les meilleures mesures à prendre contre le Covid-19, sont :
• le confinement
• l’immunité grégaire (60 % de la population)
• le port du masque généralisé (80 % de la population) accompagné de la distanciation sociale
• le port du masque seul
• la distanciation sociale seule
• le lavage des mains.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : les outils de recherche de contacts

Publié le 6 juin 2020 | Temps de lecture : 8 minutes

La recherche de contacts

Les outils de recherche ou de repérage de contacts sont des logiciels pour téléphone multifonctionnel destinés à prévenir les personnes saines qu’elles ont été récemment en contact avec une personne atteinte du Covid-19.

Dès qu’un utilisateur se déclare positif au Covid-19, le logiciel recherche ses contacts dans une base de données et les avise.

Dans certains cas — par exemple l’application Care19 offerte sur Google Play — le logiciel enregistre en plus le lieu des contacts et conséquemment, sert à repérer géographiquement où ont eut lieu ces contacts.

L’exemple de StopCovid France

Offert depuis le 2 juin dernier, StopCovid fonctionne de la manière suivante.

Chaque fois que deux téléphones dotés de StopCovid se croisent à moins d’un mètre pendant plus de quinze minutes, chacun d’eux note l’identifiant StopCovid de l’autre.

Cette information est transmise à un serveur du ministère français de la Santé dès que le téléphone est connecté à l’internet.

Lorsqu’une personne est diagnostiquée positive au Covid-19, son médecin lui remet un code unique à insérer volontairement dans l’application.

Dès lors, le serveur du ministère alerte toutes les personnes qui l’ont côtoyée au cours des deux semaines précédentes : celles-ci sont informées de la possibilité qu’elles aient attrapé le virus. On leur suggère de s’isoler et de contacter leur médecin.

Un potentiel inachevé

StopCovid n’alerte pas en temps réel le propriétaire d’un téléphone lorsqu’il s’approche d’une personne contagieuse afin qu’il puisse éviter d’attraper le virus.

Il est possible qu’on ait craint de stigmatiser les personnes saines qui se promèneraient avec le téléphone emprunté d’une personne infectée. L’emprunteur verrait alors les personnes qu’il croise s’écarter de son chemin ou refuser de le servir comme s’il était pestiféré, sans comprendre pourquoi.

De plus, les applications de recherche de contacts pourraient simplifier considérablement la tâche des épidémiologistes qui tentent de remonter à l’origine d’une chaine de transmission du Covid-19.

Il suffirait de créer des outils d’analyse de la base de données du ministère de la Santé. Il est probable que de tels outils seront éventuellement créés.

Le calcul problématique de la distance

Après des décennies de découvertes informatiques, il devrait être simple de calculer la distance entre deux téléphones. Ce n’est pas le cas.

La géolocalisation par satellite (GPS) est capable d’une très grande précision.

Mais pour des raisons de sécurité nationale, une imprécision est ajoutée volontairement à toutes les applications civiles de géolocalisation. Cette imprécision va au-delà de la distance sanitaire.

Voilà pourquoi aucun outil sérieux de recherche ou de repérage n’est basé sur la fonction de GPS que possèdent tous les téléphones multifonctionnels.

Comme solution de rechange, on s’est donc rabattu sur la fonction Bluetooth, également disponible sur tous ces appareils.

Théoriquement, le Bluetooth peut avoir une précision de l’ordre du centimètre.

Dans les faits, il en est autrement puisque le corps humain absorbe quinze décibels du signal Bluetooth. Concrètement, l’application téléphonique estimera à vingt mètres la distance d’un téléphone à deux mètres s’il est placé dans la poche arrière d’un pantalon.

De mauvais départs

Un des premiers outils de recherche fut Rakning C-19, commercialisé en Islande au début d’avril.

Un mois plus tard, près de 38 % des Islandais l’avaient déjà adopté. Pourtant, au cours de cette période, une seule personne a été alertée d’avoir croisé une personne contagieuse. Ce qui a suscité des doutes quant à l’utilité d’une telle application.

L’explication la plus probable est que la pandémie est peu répandue dans ce pays. Encore aujourd’hui, le nombre cumulatif de ‘cas’ y est de 1 806 personnes (dont dix morts) sur une population de 364 134 habitants. Donc dans ce pays, on a plus de chance de rencontrer un geyser qu’une personne contagieuse…

Après le lancement de l’application Covid-safe Australia à la fin du mois d’avril, 28,5 % des Australiens de plus de 15 ans l’avaient téléchargée. Après trois semaines, le nombre de nouveaux téléchargements diminuait en raison de bogues dans l’application.

Dans l’urgence d’être utile, certains éditeurs de logiciels ne se sont pas assurés de concevoir avec soin leur outils de recherche. Ces échecs ne doivent pas jeter le discrédit sur d’autres outils dont la gestation fut plus lente et qui pourraient être de nature à inspirer la confiance du public.

Des tares plus profondes

Passons sous silence les craintes relatives à la protection des données personnelles. Il s’agit d’un débat important, mais qui m’apparait futile dans la mesure où le recours à ces outils est volontaire.

Selon les experts, pour être utile, un outil de recherche de contacts devrait être utilisé par au moins 60 % de la population. De plus, le plus grand nombre possible de personnes nouvellement diagnostiquées positives devraient se déclarer comme telles.

Les outils de recherche de contacts ont deux handicaps majeurs : les lacunes quant à l’accessibilité technologique et l’invisibilité des porteurs asymptomatiques.

L’accessibilité technologique

En 2019, 23 % des Français ne possédaient pas de téléphone multifonctionnel.

Chez les Français dans la soixantaine, cette proportion passe à 38 %. Et à 56 % chez les plus de 70 ans. Sans compter ceux dont le téléphone multifonctionnel est trop ancien pour qu’on puisse y installer StopCovid.

Au Québec, 26 % des personnes ne possèdent pas de téléphone multifonctionnel. Cette proportion passe à 41 % chez ceux entre 55 et 64 ans. Et à 73 % chez ceux de 65 ans ou plus.

Dans mon cas, j’ai un iPhone4s que je refuse de jeter en dépit du fait que mon fournisseur m’offre gratuitement un iPhone7 parfaitement compatible avec les logiciels de recherche de contacts.

Ce refus est dicté par des préoccupations environnementales; je serais stupide de jeter un appareil qui fonctionne très bien, plein de métaux toxiques, sous le prétexte qu’un modèle plus récent serait gratuit.

En raison d’une plus grande promiscuité, les milieux défavorisés sont davantage touchés par l’épidémie. Malheureusement, parmi les Québécois qui gagnent moins de 20 000$ par année, 47 % n’ont pas de téléphone multifonctionnel.

L’invisibilité des porteurs asymptomatiques

Jusqu’à tout récemment, il fallait être contagieux pour être autorisé à passer un test de dépistage au Covid-19. Pourtant, on sait depuis des mois qu’une bonne partie des personnes contagieuses sont asymptomatiques.

Cette semaine, le premier ministre a affirmé que bientôt, toute personne qui le souhaite pourrait passer un test de dépistage. J’aimerais y croire.

Mais avec un dépistage ‘massif’ capable de tester quotidiennement 14 000 personnes — soit 0,16 % de la population — je vois mal comment un grand nombre de personnes pourraient s’en prévaloir.

D’autant plus que les autorités sanitaires du gouvernement fédéral recommandent de tester aux deux jours tous les travailleurs de la Santé, au nombre d’environ treize-mille au Québec.

Si le Québec respecte cette sage suggestion, il restera de quoi tester quotidiennement 0,08% de la population, soit un seizième d’un pour cent.

Bref, l’application de recherche de contacts risque d’ignorer beaucoup de personnes contagieuses, réduisant d’autant son utilité…

Références :
AI and our health data: A pandemic threat to our privacy
Covid-19 : évaluation actuelle de l’importance des porteurs asymptomatiques
Faut-il ou non installer « StopCovid » ? Le débat résumé en une conversation SMS
How did the Covidsafe app go from being vital to almost irrelevant?
Inferring distance from Bluetooth signal strength: a deep dive
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
Le traçage de contacts et la fracture numérique, selon Anne-Sophie Letellier
Nearly 40% of Icelanders are using a covid app—and it hasn’t helped much
North Dakota’s COVID-19 app has been sending data to Foursquare and Google
On pourra bientôt géolocaliser un smartphone au centimètre près grâce à Bluetooth

Parus depuis :
Norway suspends virus-tracing app due to privacy concerns (2020-06-15)
Application Alerte COVID : la Colombie-Britannique préfère le contact humain (2020-08-14)
Glitches dent German enthusiasm for Covid contact-tracing app (2020-09-23)
L’application Alerte COVID est-elle un échec? (2021-02-12)
Taux d’utilisation famélique pour Alerte COVID (2021-04-19)
Contre le Covid-19, l’utilité des applications de traçage des cas contacts impossible à mesurer (2021-05-21)
L’application Alerte COVID sera abandonnée (2022-06-14)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’exemple de la ville de Côte-Saint-Luc

Publié le 3 juin 2020 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

La ville de Côte-Saint-Luc est une municipalité comprise dans l’agglomération urbaine de Montréal. Cette ville est devenue la première au Québec à obliger le port du masque dans tous les établissements commerciaux sur son territoire.

Théoriquement, ce règlement prend effet dès aujourd’hui et sera en vigueur jusqu’au 31 aout prochain.

Les amendes ne seront pas imposées aux clients des commerces, mais à leurs propriétaires. Tout comme à ceux des immeubles résidentiels puisque l’obligation du port du masque s’applique également à leurs aires communes.

Dans les faits, les autorités accorderont un délai aux propriétaires pour s’y conformer.

De plus, la ville distribuera gratuitement des masques et encouragera les citoyens à en acheter ou à fabriquer le leur.

Les mesures universelles de l’OMS

Les mesures d’austérité de l’ancien gouvernement libéral n’ont pas seulement fragilisé notre réseau de Santé, elles ont aussi frappé les directions de Santé publique.

En temps normal, celles-ci s’occupent, entre autres, de l’inspection sanitaire des restaurants et des campagnes de vaccination.

Contre la pandémie actuelle, elles ont fait de leur mieux. Mais elles n’ont pas cherché à savoir dans quelle mesure les recommandations universelles de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) étaient pertinentes à la réalité québécoise.

Après le confinement, la deuxième mesure sur laquelle compte l’OMS pour ralentir la pandémie au Covid-19, c’est la distanciation sociale.

Une étude récente publiée dans The Lancet prouve en effet l’efficacité de cette mesure contre les trois bêtacoronavirus sans faire de distinction entre le Covid-19 et le virus du SRAS et celui du SRMO.

Or le Covid-19 est différent des deux autres; il est beaucoup plus contagieux. Si bien que la distance sanitaire recommandée par l’OMS est utile, mais très insuffisante.

Voilà pourquoi la pandémie a fait beaucoup plus de morts dans les pays qui ont tenté de suivre scrupuleusement cette mesure sanitaire tout en déconseillant le port du masque. Alors qu’au contraire, elle a frappé légèrement les pays qui ont appliqué des mesures sanitaires adaptées à leur réalité.

La ville de Hong Kong en est un exemple.


Hong Kong est la ville la plus densément peuplée au monde.

L’immense majorité des habitants de cette ville ne peuvent monter à leur logement ou en descendre sans emprunter un ascenseur ou un petit escalier de service où ils ont souvent à côtoyer de près une autre personne.

Quand on peut disposer seul d’une cabine d’ascenseur, il est toujours possible qu’une personne contagieuse ait dispersé des millions de copies du virus en empruntant le même ascenseur quelques instants plus tôt.

Et pourtant, le taux de mortalité dans cette ville est de 0,5 personne par million d’habitants, huit-cent fois moins qu’en France et mille fois moins qu’au Québec.

Ce succès, les autorités sanitaires l’ont obtenu parce qu’ils se sont servis de leur jugement.

Au Québec, les autorités sanitaires se sont contentées d’appliquer benoitement les mesures universelles de l’OMS.

Ce sont des mesures excellentes sur papier et bonnes quand il est possible de les respecter.

Toutefois, à l’essai, la distanciation sociale est tout simplement inapplicable.

Elle est inapplicable chez les bébés (évidemment). Lors d’un vrai retour en classe, il est impossible de la faire respecter par les enfants. Par les adolescents. Par la grande majorité des jeunes adultes célibataires. Dans les transports en commun.

Les autorités sanitaires de la région de Montréal ont commencé à exprimer leur dissidence avec les mesures préconisées par les autorités provinciales.

C’est donc dans la ville de Côte-Saint-Luc que s’entame un nouveau chapitre dans la lutte québécoise contre le Covid-19.

Laissons à ses citoyens quelques semaines pour s’y adapter et s’y soumettre.

Mais dès que le port du masque y sera devenu une nouvelle habitude sociale — si possible accompagnée de distanciation sociale — on devrait voir chuter très rapidement le nombre de nouveaux cas dans cette partie de Montréal.

Si, comme je le présume, le pari des autorités de Côte-Saint-Luc se réalise, espérons qu’il sera imité ailleurs.

Références :
Côte-Saint-Luc: le couvre-visage exigé dans les édifices municipaux et les commerces
Physical distancing, face masks, and eye protection to prevent person-to-person transmission of SARS-CoV-2 and COVID-19: a systematic review and meta-analysis

Paru depuis :
Mauricie et Centre-du-Québec: la distanciation sociale appliquée entre les travailleurs des établissements (2020-06-07)

Détails techniques des photos : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
2e  photo : 1/30 sec. — F/3,5 — ISO 100 — 14 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : Évolution en deux mois

Publié le 2 juin 2020 | Temps de lecture : 1 minute

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million d’habitants.

On notera une correction récente du nombre officiel de morts en Espagne.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 1 avr 16 avr 1 mai 16 mai 1 juin
Belgique 72,6 426,1 675,7 789,9 833,8
Grande-Bretagne 35,4 206,6 414,1 518,8 592,5
Espagne 194,0 410,0 532,0 590,7 581,4
Italie 205,5 366,6 466,9 525,2 554,4
Québec 3,7 74,2 238,2 410,2 549,0
Suède 23,6 131,7 262,1 363,0 441,5
France 52,6 267,5 367,1 412,4 432,0
Pays-Bas 68,3 193,0 284,8 330,0 347,3
Irlande 14,7 100,6 261,9 317,4 343,3
États-Unis 12,4 105,4 199,1 272,0 330,3
Suisse 53,8 149,5 204,7 219,3 224,0
Équateur 5,5 23,2 51,5 157,2 210,1
Brésil 1,1 9,1 28,5 71,8 149,3
Pérou 2,3 23,5 32,5 78,8 149,0
Portugal 18,2 61,1 97,9 116,9 139,6
Allemagne 9,9 47,6 80,5 96,7 104,8
Danemark 18,6 57,3 82,1 96,7 103,6
Iran 37,4 60,0 75,0 85,5 97,9
RoC* 2,9 19,7 51,0 78,9 93,9
Mexique 0,2 3,5 14,4 37,0 80,6
Autriche 16,6 46,5 66,8 71,3 75,9
           
Japon 0,4 1,5 3,6 5,7 7,1
Corée du Sud 3,2 4,4 4,8 5,0 5,3
Chine 2,4 2,4 3,4 3,4 3,4
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘N.D.’ signifie non disponible et ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : doit-on craindre les moustiques ?

Publié le 29 mai 2020 | Temps de lecture : 3 minutes

Les insectes piqueurs peuvent transmettre la malaria et la maladie de Lyme. Pourquoi ne pourraient-ils pas transmettre le Covid-19 ?

On peut cultiver la bactérie qui cause la maladie de Lyme sur un milieu de culture inanimé; il suffit que ce milieu contienne toutes les substances nutritives dont le microbe a besoin pour assurer sa croissance.

Cette bactérie n’a besoin d’un être vivant que pour sa transmission. Mais pas pour sa multiplication.

Elle se multiplie naturellement dans l’intestin de la tique du cerf de Virginie. Une fois que cette bactérie a gagné les glandes salivaires de la tique, cette dernière peut infecter n’importe quel animal victime de sa morsure.

Par contre, le Covid-19 est un virus. Non seulement est-il incapable de se reproduire à l’extérieur d’une cellule vivante, mais la surface de cette cellule doit posséder un récepteur spécifique, appelé ACE2, pour que le virus puisse y pénétrer.

Pour qu’un moustique transmette le virus d’une personne à une autre, il faudrait que ses cellules soient dotées de tels récepteurs, que l’insecte pique deux fois et qu’entre les deux, le virus ait migré de l’intestin du moustique à ses glandes salivaires.

Pour l’instant, il n’existe pas de preuve scientifique que le Covid-19 soit capable de pénétrer dans les cellules des moustiques.

Mais supposons que ce soit le cas.

Lorsqu’un moustique prélève du sang d’une personne contagieuse, ce sang peut contenir du virus. Mais cela est improbable.

En effet, ce qu’on trouve dans le sang des personnes guéries du Covid-19 et dans le sang d’une bonne partie des personnes contagieuses, ce sont des anticorps au Covid-19 et non le virus lui-même.

Les parois des vaisseaux sanguins ont des récepteurs à Covid-19. Donc, rien n’empêche le virus de s’y multiplier et d’être libéré dans le sang.

Toutefois, quand le virus est dans le sang d’une personne atteinte, son état est d’une extrême gravité; cette personne est mourante ou aux soins intensifs.

L’immense majorité de ceux qui batifolent au grand air et qui sont piqués par des moustiques n’ont pas de virus dans leur sang. Même contagieux, ils en ont sur leurs muqueuses, mais pas dans leur sang.

Donc le risque d’être piqué par un moustique qui a préalablement sucé du sang dans lequel le virus était présent est extrêmement faible. Pour cela, il faudrait que la zone rouge de nos hôpitaux soit infestée de moustiques. Nous n’en sommes pas là. Dieu merci.

Même si cette situation invraisemblable était une réalité, il n’existe aucune preuve scientifique qu’un moustique puisse transmettre le Covid-19 par le biais de ses glandes salivaires.

Je vous invite donc à profiter de l’été en toute quiétude.

Références :
Les mystères du Covid-19
Les mystères du Covid-19 (2e partie)

Paru depuis :
Une étude italienne prouve que les moustiques ne transmettent pas le coronavirus (2020-06-26)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Réforme des soins aux ainés : l’exemple cubain

Publié le 26 mai 2020 | Temps de lecture : 3 minutes



 
Deux raisons expliquent le taux de mortalité plus élevé du Covid-19 au Québec en comparaison avec les autres provinces canadiennes.

La première est une pyramide des âges où les ainés sont plus représentés que dans la moyenne canadienne. C’est aussi le cas en Italie en raison de la fuite des cerveaux des jeunes Italiens vers les autres pays d’Europe occidentale.

La deuxième raison est la concentration des vieillards québécois dans des hospices. Ces ghettos de vieux offraient un terreau fertile aux conséquences les plus sévères de l’épidémie.

L’irrespect de la dignité humaine qui a entouré ces décès est la conséquence du sous-investissement chronique des hospices au Québec. Mais strictement parlant, ce n’est pas la cause de cette mortalité.

Dans les EHPAD français et les maisons de retraités suédois, mieux financés, ceux-ci furent également des lieux de mortalité élevée.

Chez nous, cette mortalité serait survenue probablement de manière aussi importante si nos vieillards étaient logés dans de luxueuses résidences desservies par un personnel abondant.

Dès qu’une épidémie très contagieuse circule dans une collectivité, toute personne provenant de l’extérieur (employé ou visiteur) est susceptible d’être le cheval de Troie du virus si on ne la teste pas fréquemment.

Or c’est encore le cas au Québec en dépit du dépistage dit ‘massif’ qu’on effectue quotidiennement chez 0,16 % (sic) de la population.

D’où l’idée, non pas de construire de plus beaux ghettos, mais de consacrer des sommes beaucoup plus importantes aux soins à domicile.

Depuis le début de cette pandémie, on s’est intéressé au modèle chinois (confinement massif), au modèle sud-coréen et taïwanais (port du masque généralisé et mise en quarantaine forcée des personnes contagieuses), au modèle allemand (dépistage massif), et au modèle suédois (quarantaine limitée aux ainés).

Mais personne ne semble s’intéresser au modèle cubain. Dans ce pays, on ne crée pas de ghettos de vieux; les hospices y sont extrêmement rares.

Toutefois, dans le quartier populaire de Centro, à La Havane, on peut voir quotidiennement des infirmières, toutes de blanc vêtues, aller au domicile des gens qui nécessitent des soins de longue durée (diabétiques, hypertendus, etc.).

Dans ce pays où, officiellement, il n’y a que sept morts du Covid-19 par million d’habitants — six-cents fois moins qu’au Québec — il serait intéressant de faire abstraction de l’idéologie politique et de voir, de manière pragmatique, s’il n’y a pas matière à réflexion quant à la création chez nous d’une véritable politique de soins à domicile…

Paru depuis :
Cuba sets example with successful programme to contain coronavirus (2020-06-07)

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 et objectif Lumix 12-35mm F/2,8
1re photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 35 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’OMS et les mesures sanitaires non prouvées

Publié le 24 mai 2020 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il n’est pas prouvé scientifiquement que la fermeture des frontières arrête les épidémies. Que le port du masque protège du Covid-19. Qu’on développe des anticorps lorsqu’on en est infecté. Que si des anticorps sont produits, leur protection soit durable. Et que la pandémie ne reviendra pas en vagues successives, d’année en année, tant qu’il restera des survivants de la fois précédente.

Nous sommes reconnaissants à l’OMS pour ses bons mots d’encouragement…

Les bases scientifiques des mesures sanitaires

La fermeture des frontières

Effectivement, l’OMS a raison; il n’est pas prouvé scientifiquement que la fermeture des frontières protège des pandémies.

Mais il est logique de penser qu’en début de pandémie, cette fermeture réduit le nombre de foyers d’infection à partir desquels la pandémie commence à se généraliser de manière communautaire.

Le confinement

Il n’est pas prouvé scientifiquement que le confinement individuel fonctionne.

Mais une telle preuve est superflue puisqu’il est impossible d’attraper une infection à laquelle on n’est pas exposé ni directement ni indirectement.

Le lavage des mains

Dans le cas précis du Covid-19, il n’est pas prouvé scientifiquement que le lavage des mains protège; des centaines de médecins italiens sont morts les mains propres.

Pourquoi ? Parce que cette pandémie se répand principalement par des gouttelettes respiratoires et non par le toucher.

Aurait-on eu encore plus de morts si les médecins italiens ne s’étaient pas lavé les mains ? Très certainement. Mais ce n’est pas prouvé scientifiquement.

La distanciation sociale

Cette mesure phare de l’OMS est basée sur le raisonnement suivant : puisque les postillons tombent au sol à moins de deux mètres de la personne qui les émet, respecter une distance avec les autres de plus de deux mètres constitue une version ‘portative’ du confinement.

C’est logique.

Le problème est que les études ont démontré que les gouttelettes respiratoires sont éjectées bien au-delà de cette distance (sauf chez ceux qui portent un masque).

Lorsqu’une personne contagieuse tousse, environ trois-mille gouttelettes respiratoires sont expulsées à une vitesse de vingt mètres par seconde.

Lorsqu’elle éternue, jusqu’à dix-mille gouttelettes sont expulsées quatre fois plus vite.

Les plus petites de ces gouttelettes peuvent demeurer des heures en suspension dans l’air.

Conséquemment, ce substitut économique au confinement ‘fixe’ est dépourvu de tout fondement scientifique.

Par exemple, il n’existe pas d’étude comparative entre un premier groupe de personnes qui respectent scrupuleusement la distance sanitaire et un deuxième groupe composé de gens qui portent un masque sans la respecter scrupuleusement.

Non seulement son efficacité n’est pas prouvée scientifiquement, mais à l’essai, la distanciation sociale est tout simplement inapplicable.

Elle est inapplicable chez les bébés (évidemment). Lors d’un vrai retour en classe, il est impossible de la faire respecter par les enfants. Par les adolescents. Par la grande majorité des jeunes adultes célibataires. Dans les transports en commun. Dans les grandes villes surpeuplées. Et dans la presque totalité des pays du Tiers-Monde.

Mais elle fonctionne très bien chez les ermites et les agriculteurs qui vivent en autarcie sur leur ferme. Chez les personnes qui se déplacent à dos de chameau. Et chez les peuples qui vivent tellement coupés du reste du monde qu’ils ignorent l’existence de l’OMS…

La distanciation sociale est une mesure imparfaite qui est utile seulement lorsqu’associée au port du masque. Mais cela n’est pas prouvé scientifiquement.

Le port du masque

L’expérience remarquable des pays où le port du masque est généralisé — notamment en Extrême-Orient — ne constitue pas une preuve scientifique.

Cela le deviendra le jour où un épidémiologiste patenté l’écrira de sa plume dans un journal spécialisé.

Puisqu’aucun d’entre eux n’a jugé bon de le faire, ce n’est pas prouvé selon l’OMS.

La recherche technologique des personnes contagieuses

Il n’existe pas de preuve scientifique de l’efficacité des logiciels qui alertent les utilisateurs de téléphones multifonctionnels lorsqu’ils sont à proximité de personnes contagieuses.

Cette preuve est inexistante parce que ces logiciels téléphoniques sont trop récents.

La saison chaude

Il n’est pas prouvé scientifiquement que la saison estivale protège du Covid-19. En effet, la pandémie se répand aussi en Amérique du Sud en dépit du fait que les saisons sont inversées dans l’hémisphère austral.

S’il est vrai que la membrane du virus est à caractère lipidique et devient molle à la chaleur, pourquoi le virus fondrait-il un jour d’été quand il prolifère très bien à la température du corps ?

D’ailleurs, un autre coronavirus (le SRMO) se propage depuis des années en Arabie saoudite.

Bref, il n’est pas prouvé scientifiquement que la pandémie au Covid-19 cessera aux beaux de l’été.

Conclusion

Depuis six mois, on a accumulé une somme colossale de connaissances au sujet du Covid-19.

On connait la taille du virus, son aspect, son code génétique, le mécanisme précis de son invasion dans le corps, les espèces vivantes qu’il peut contaminer, les symptômes qu’il provoque, etc.

Toutefois, la recherche épidémiologique prend du temps.

Si bien que le combat collectif contre cette pandémie s’appuie encore sur des intuitions, sur des preuves incidentes, et sur beaucoup de perspicacité.

Depuis le début, l’OMS a découragé l’adoption de toute mesure de protection qui ne venait pas d’elle.

L’OMS a préféré les décourager sous le prétexte que leur efficacité n’était pas prouvée scientifiquement. Pourtant, à l’inverse, leur inefficacité n’était pas démontrée non plus.

La vérité est que les mesures proposées par l’OMS ne sont basées sur aucune recherche épidémiologique effectuée strictement sur le Covid-19.

Au mieux, dans certains autres cas, elles sont basées sur l’extrapolation de preuves obtenues dans un contexte différent, notamment celui du SRAS en 2003.

En somme, l’OMS exige des autres une rigueur scientifique qui lui fait défaut.

Voilà pourquoi nos propres experts en Santé publique, qui pourtant suivent scrupuleusement ses recommandations et répètent benoitement ses messages, obtiennent de si piètres résultats.

Références :
A Sneeze
Coronavirus : pourquoi l’OMS conseille de ne pas fermer les frontières avec la Chine
COVID-19: aucune preuve que des patients guéris soient immunisés, dit l’OMS
How Fast Is a Sneeze Versus a Cough? Cover Your Mouth Either Way!
« Lâchez le 2 mètres pour les moins de 18 ans ! »
Notre erreur sur les masques

Parus depuis :
La distanciation et le développement des enfants (2020-05-27)
Neuf élèves d’une même classe infectés au coronavirus (2020-06-03)
239 Experts With One Big Claim: The Coronavirus Is Airborne (2020-07-04)
La COVID-19 peut se propager dans l’air, confirment les autorités sanitaires américaines (2020-10-06)
We are over-cleaning in response to covid-19 (2020-12-11)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’impatience du gouvernement Legault

Publié le 17 mai 2020 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Il était une fois un tsar qui eut l’idée d’aller voir comment ses gouverneurs locaux s’acquittaient de leurs fonctions.

Jusqu’aux confins de l’empire, la nouvelle suscita une vive inquiétude parmi tous ceux qui tyrannisaient les paysans, réduits au servage, qui formaient l’immense majorité de la population.

Rapidement, la rumeur s’était répandue; le monarque allait traverser son empire en naviguant sur la Volga plutôt que d’emprunter en calèche les routes inconfortables de Russie.

Un de ses gouverneurs fit donc construire à grands frais des panneaux en trompe-l’œil sur lesquels étaient représentées de jolies maisons campagnardes en bois, dont les fenêtres étaient décorées de fleurs. Des panneaux qu’il plaça au loin, le long du parcours impérial.

Puis, çà et là, la nuit tombée, des musiciens et des danseurs avaient été embauchés pour festoyer autour d’un feu de joie allumé au passage du monarque.

Et dès que le tsar était hors de vue, ces artistes étaient transportés à toute vitesse un peu plus loin afin de répéter leur numéro sous une musique folklorique différente.

Je ne me rappelle plus très bien comment finit cette histoire. Mais la partie dont j’ai le souvenir ressemble beaucoup à la perception que le gouvernement Legault possède de notre système de Santé.

Ne pas attirer l’attention

Depuis que notre système de Santé s’est calqué sur le modèle de l’entreprise privée, on a perdu de vue qu’il s’agissait d’un service public.

Sous le prétexte de l’efficience et de l’efficacité, les établissements sont maintenant dirigés par des administrateurs qui ne se perçoivent pas comme des serviteurs du peuple, mais plutôt comme des gestionnaires du budget qui leur est alloué.

Et si le gouvernement sabre leur budget, la dernière chose qu’il veut entendre, ce sont les protestations de ces gens-là.

Le gestionnaire qui sait imposer une omerta au personnel, l’obliger à travailler dans des conditions impossibles, et qui réussit à faire en sorte que leur dévouement transcende les conditions difficiles de leur travail est certain de faire une longue carrière dans le secteur public.

Car c’est ce qu’on attend de lui. L’important est que jamais le ministère n’ait à répondre des décisions des gestionnaires locaux.

Les rapports envoyés au ministre doivent être positifs et les objectifs, essentiellement atteints. Bref, tout doit être beau. Avec cette petite dose d’imperfections qui font vrai et qu’on corrigera au rapport suivant.

Une lutte contre le Covid-19 en trompe-l’œil

Si les ministres du Québec passaient en limousine devant ces édifices consacrés à soigner le peuple québécois, ils éprouveraient la même fierté de ce tsar, heureux de constater le bonheur de son peuple.

Toutefois, depuis le début de l’épidémie au Covid-19 au Québec, derrière ces belles façades, des choses importantes ne fonctionnent pas comme prévu.

D’un côté, le Québec peut être fier de ses travailleurs de la Santé. Par milliers, ceux-ci dispensent des soins de qualité en dépit des coupures infligées par les gouvernements québécois successifs.

Mais de l’autre, en temps de crise, tout déraille.

L’approvisionnement en matériel de protection frise la rupture de stock. Pendant plusieurs semaines, le gouvernement est sur la corde raide; on en a pour moins de deux semaines. Parfois pour quelques jours. Alors on rationne.

Puis c’est l’hécatombe dans les hospices. Sous-financés depuis des décennies, ces établissements n’avaient le personnel qui leur était nécessaire que grâce au recours à du personnel d’appoint fourni par des agences privées.

Mais la demande accrue en personnel occasionnée par la pandémie et le danger qu’elle représente ont fait effondrer le nombre de ceux qui pouvaient (ou qui voulaient) y travailler.

Tels les paysans russes réduits au servage, les ‘employés de soutien’ étaient payés au salaire minimum et menacés de sanctions s’ils refusaient d’effectuer des heures supplémentaires ou s’ils décidaient de porter un masque artisanal pour se protéger. Face au péril du Covid-19, beaucoup d’entre eux ont jugé que c’en était assez.

Les appels aux médecins, aux étudiants en sciences de la Santé, puis à des volontaires se sont avérés insuffisants.

La mort dans l’âme, le premier ministre s’est résigné à faire appel à l’armée canadienne, faute de bras parmi les millions de Québécois en chômage forcé…

Et que dire des tests.

Se fiant aux informations qu’on lui transmet, le gouvernement annonce fièrement que des milliers de tests seront effectués.

Mais quand il compile le nombre de résultats de ces tests, cela ne balance pas; leur nombre est toujours nettement inférieur. C’est qu’on en a fait moins que prévu.

Les justifications varient. Ici, on manquait d’infirmières. Là, on a été à court d’écouvillons. Plus loin, les employés qui font les analyses étaient malades. Ou on a simplement oublié de prévenir les citoyens qui, évidemment, ne se sont pas présentés. Et ainsi de suite. Bref, tout va de travers.

Et quand la ministre de la Santé affirme catégoriquement que les résultats des tests prennent de 24 à 48 heures, cela n’est toujours vrai que dans les rapports qu’elle reçoit. Comme ces belles isbas que voyait le tsar au loin.

Quant à ceux chargés de retracer les contacts des personnes contagieuses, ils font avec des résultats qu’on leur transmet trop tard. Et ce, à partir de foyers d’infection qu’on n’a trouvé que parmi les personnes contagieuses. Ignorant ainsi la propagation par les personnes asymptomatiques.

Si bien que le nombre de morts par million de personnes est passé au Québec de 3,7 à 410,2 en un mois et demi.

Et par-dessus tout, le gouvernement est pris à essayer de paraitre en maitrise de la situation alors que la direction de la Santé publique est, de toute évidence, incapable de penser par elle-même, répétant comme un perroquet les avis insensés de l’Organisation mondiale de la Santé quant à l’importance minime, selon cet organisme, du port du masque.

D’où l’obligation pour la Santé publique, finalement, de se contredire tout en faisant semblant que c’est ce qu’elle avait toujours recommandé.

Conclusion

Depuis des semaines, le gouvernement éteint les feux qui s’allument çà et là.

Il est pris avec un système de santé géré tellement serré qu’il ne peut sauver les apparences qu’en temps normal.

Or justement, le gouvernement découvre que les rapports qu’il reçoit visent à l’endormir. Tout n’est qu’illusion.

Un exemple patent est le pourcentage des gens hospitalisés atteints du Covid-19. Ce pourcentage transmis par les hôpitaux est calculé non pas en fonction de l’ensemble des patients hospitalisés, mais en fonction du nombre de lits, ce qui inclut les lits inoccupés.

Et quand on l’informe de la situation dans un hospice en particulier, c’est que les choses sont devenues à ce point catastrophiques que les gestionnaires locaux ne peuvent plus cacher au ministère l’état d’une situation qui se dégrade depuis longtemps, mais demeurée secrète jusque-là.

Imaginez un général qui doit livrer bataille sans savoir ce qui se passe au front.

C’est exactement la situation dans laquelle se trouve François Legault. D’où sa venue à Montréal et sa rencontre à huis clos avec les gestionnaires du réseau.

Références :
La ministre McCann dit vouloir mettre fin à l’omerta
Legault insatisfait du nombre de tests au Québec
Legault s’impatiente et se rend à Montréal

Parus depuis :
Dans les méandres de «Je contribue» (2020-05-19)
L’omerta du système de santé (2020-05-19)
L’omertà est maintenue dans le système de santé québécois (2021-04-26)

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