Date limite de vaccination : le repli stratégique du ministre Dubé

Publié le 14 octobre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Ce matin, les médias soulignent à grand trait le recul du ministre de la Santé au sujet de la date à partir de laquelle les employés des établissements de Santé seront congédiés s’ils ne sont pas vaccinés.

Dans le quotidien La Presse, l’éditorialiste Philippe Mercure se désole que les récalcitrants aient fait céder le gouvernement. Judicieusement, il ajoute : “…l’extrême fragilité du réseau a joué contre le gouvernement. M. Dubé en est venu à la conclusion que perdre 14 000 travailleurs vendredi allait avoir des impacts catastrophiques sur les patients et le personnel restant.

Ses collègues Isabelle Hachey et Paul Journet croient également que le report de la date limite était une sage décision compte tenu du grand nombre de travailleurs concernés.

De son côté, le chroniqueur Patrick Lagacé accueille le repli gouvernemental avec amertume.

Ce qu’on doit retenir, c’est l’essentiel; les employés de l’État qui sont contact avec des personnes vulnérables — travailleurs de la Santé et ceux dans le réseau scolaire — doivent être vaccinés. Et ils le seront.

Le droit à la santé du petit écolier et celui de la personne hospitalisée ont préséance sur le droit d’un employé de l’État de refuser de se faire vacciner. Dans le cas d’une personne hospitalisée, ce qui est en cause est son droit à la vie puisque cette pandémie est potentiellement mortelle.

Il est donc indiscutable que le ministre Dubé ait raison quant au fond.

Précisons qu’il ne s’agit pas ici d’une volteface, mais plutôt d’un repli stratégique.

Dans n’importe quelle guerre, ce n’est pas important de gagner chaque bataille. L’important est, en fin de compte, de battre l’ennemi. Or dans ce cas-ci, l’ennemi est le virus. Pas les travailleurs de la Santé.

Aussi humiliante que soit pour lui cette expérience, j’aime mieux un ministre qui recule pour mieux rebondir qu’un ministre qui, craignant un revers, refuse d’accomplir son devoir.

Références :
Il fallait éviter le pire
Les antivax ont gagné
Sage, mais décourageant
Vaccination obligatoire – Tout le monde a perdu

Compléments de lecture :
Ces professionnels de la Santé opposés aux vaccins
La vaccination déjà obligatoire des professionnels de la Santé

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le laisser-faire sanitaire à l’école primaire québécoise

Publié le 2 octobre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes
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Au printemps 2020, à l’époque où il n’existait pas de vaccin contre le Covid-19, la Santé publique du Québec estimait qu’il fallait laisser se développer l’immunité naturelle, c’est-à-dire laisser les gens attraper le Covid-19.

La capitulation au virus faisait alors office de doctrine sanitaire.

Depuis, l’immense majorité — plus précisément 85,6 % — des adultes et des adolescents québécois sont adéquatement vaccinés contre ce virus. Mais pas les enfants puisqu’il n’existe pas encore de vaccin pour eux. Ça viendra.

D’ici là, l’objectif de la Santé publique à l’école primaire, c’est de laisser les tout-petits l’attraper.

En effet, lors d’une conférence de presse tenue jeudi dernier, le directeur de la Santé publique avouait candidement :

« On n’a pas l’intention de contrôler les éclosions en milieu scolaire. Ce qui va contrôler les éclosions en milieu scolaire, ça va être la vaccination des tout-petits.»

On ne pouvait pas être plus clair.

À la fin de l’année scolaire 2020-2021, les écoliers et le personnel scolaire représentaient 38,4 % de toutes les personnes officiellement atteintes par le Covid-19 au Québec.

En raison de la contagiosité extrême du variant Delta, de l’impossibilité actuelle de vacciner les enfants et du grand nombre de contacts par élève, l’école primaire deviendra d’ici peu la plaque tournante de la propagation de ce variant au Québec.

D’ici à ce que la vaccination des enfants soit autorisée, la Santé publique laissera donc le variant Delta se répandre dans les écoles primaires, notamment en n’imposant pas le port du masque et en n’effectuant pas de tests de dépistage.

Toutefois, lorsque la situation épidémiologique sera jugée préoccupante — en d’autres mots, quand les choses iront tellement mal dans une région que les hôpitaux y seront menacés de saturation — on imposera alors le port du masque et on effectuera un dépistage conditionnel à l’autorisation préalable de chaque parent.

Aux niveaux préscolaires et primaires, lorsqu’on compare le nombre officiel de cas cette année au nombre de cas l’an dernier à la même date, on obtient ce qui suit. Précisons que les pourcentages sont ceux comparativement à l’ensemble des cas de Covid-19 dans la population québécoise.


Nombres de cas et importance relative de la contamination par Covid-19 aux niveaux préscolaires et primaires

Semaines N. en 2020 N. en 2021 % en 2020 % en 2021
3e d’aout 0 cas 9 cas 0 % 1,6 %
4e d’aout 7 cas 76 cas 4,8 % 10,0 %
1re de septembre 20 cas 160 cas 7,3 % 17,6 %
2e de septembre 46 cas 257 cas 10,1 % 25,0 %
3e de septembre 79 cas 306 cas 9,6 % 30,7 %
4e de septembre 96 cas 276 cas 9,1 % 35,8 %

En somme, après un seul mois de rentrée scolaire, le nombre de cas actuels chez les tout-petits correspond à 287 % de celui observé à même date l’an dernier : 96 cas le 27 septembre 2020 vs 276 cas le 26 septembre 2021.

Quant au pourcentage des cas actuels aux niveaux préscolaires et primaires, il représente déjà 35,8 % de tous les cas au Québec alors que l’an dernier, ce pourcentage était celui atteint par l’ensemble du système éducatif québécois en fin d’année scolaire.

Les toutes premières semaines de la rentrée scolaire de cette année nous indiquent que la Santé publique atteindra facilement son objectif de laisser le Covid-19 infecter massivement les écoliers du primaire.

Références :
Données sur les éclosions de COVID-19 au Québec
Le Covid-19 à l’école primaire : la CAQ met en péril la santé de nos enfants
Legault mise sur l’«immunité naturelle» des Québécois
Précisions concernant le dépistage du variant Delta à l’école primaire
Transcription de la conférence de presse du 30 septembre 2021

Parus depuis :
Des centaines de jeunes touchés par un dangereux syndrome (2021-11-14)
En Allemagne et en Autriche, les enfants testés deux à trois fois par semaine (2021-12-09)
Cinq fois plus d’élèves infectés au Québec par rapport à la rentrée de janvier 2021 (2022-01-25)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution au cours des neuf premiers mois de 2021

Publié le 1 octobre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre cumulatif de morts par million d’habitants

Pays Jan. Mars Mai Juil. Sep. Oct.
Pérou 1136 1403 1843 5753 5918 5944
Bosnie-Herzég. 1249 1552 2620 2965 3014 3267
Macédoine du N. 1205 1509 2348 2633 2863 3208
Hongrie 1002 1561 2874 3113 3121 3136
Bulgarie 1099 1491 2382 2620 2751 3046
Rép. Tchèque 1093 1909 2733 2825 2833 2839
Brésil 916 1198 1901 2430 2712 2785
Argentine 954 1145 1407 2078 2452 2521
Colombie 850 1168 1446 2083 2427 2450
Slovaquie 412 1331 2148 2290 2297 2315
Géorgie 634 884 1037 1338 1880 2255
Paraguay 315 445 899 1786 2182 2237
Belgique 1681 1899 2083 2163 2179 2197
Slovénie 1312 1854 2048 2125 2140 2195
Italie 1235 1622 2004 2113 2142 2170
États-Unis 1074 1586 1776 1864 1980 2156
Mexique 971 1430 1668 1789 1987 2125
Croatie 968 1354 1746 2012 2046 2123
Tunisie 398 674 907 1262 1968 2080
Pologne 766 1158 1796 1985 1994 2002
Royaume-Uni 1089 1805 1870 1878 1974 2002
Roumanie 826 1065 1474 1772 1812 1950
Chili 868 1075 1374 1690 1913 1940
Lithuanie 588 1199 1463 1633 1706 1874
Espagne 1087 1488 1672 1729 1806 1848
Équateur 790 888 1048 1206 1796 1822
Arménie 953 1077 1391 1522 1636 1798
France 991 1328 1601 1698 1751 1784
Portugal 685 1607 1669 1682 1747 1770
Uruguay 55 175 766 1612 1730 1736
Moldavie 746 987 1447 1539 1592 1691
Panama 935 1341 1426 1493 1607 1643
Bolivie 780 989 1099 1417 1556 1578
Lettonie 343 866 1145 1351 1385 1463
Suède 861 1265 1384 1436 1440 1457
Afrique du Sud 484 836 908 1016 1371 1456
Grèce 469 629 1007 1224 1319 1434
Russie 394 592 757 931 1260 1426
Iran 655 710 849 992 1272 1414
Namibie 80 165 248 601 1305 1353
Québec 958 1214 1276 1321 1330 1340
Ukraine 428 598 1021 1205 1240 1300
Suisse 882 1148 1221 1250 1260 1272
Costa Rica 427 546 629 909 1073 1245
Liban 240 697 1074 1156 1187 1228
Autriche 693 948 1131 1182 1188 1214
Allemagne 410 845 996 1089 1103 1120
Pays-Bas 672 908 1000 1033 1048 1058
Trinité-et-Tobago 91 99 122 610 927 1055
Irlande 453 868 984 1001 1022 1048
Jordanie 376 460 862 947 1010 1039
Eswatini 185 558 573 578 947 1038
Estonie 180 451 878 956 974 1022
Botswana 18 150 323 483 939 982
Honduras 315 415 526 696 885 973
Serbie 373 512 733 810 840 952
Albanie 411 631 833 854 870 941
Israël 365 626 692 689 760 833
Malaisie 14 34 46 160 515 805
Palestine 273 396 625 683 704 785
Bahreïn 201 257 368 769 782 783
Oman 286 300 383 598 774 778
Turquie 248 337 476 584 667 752
Guatemala 263 350 412 507 656 743
Libye 212 316 433 457 611 667
Cuba 13 29 58 115 476 661
Azerbaïdjan 262 316 445 488 554 638
Jamaïque 101 142 260 360 516 628
Sri Lanka 10 22 32 145 437 602
Kazakhstan 94 120 168 230 495 589
RoC* 256 401 461 518 538 567
             
Vietnam 0,4 0,4 0,4 0,8 121 197
Japon 27,4 62,5 81,1 117 127 140
Corée du Sud 17,9 31,3 35,7 39,4 44,7 48,7
Taïwan 0,3 0,4 0,5 27,7 35,0 35,3
Hong Kong 19,7 26,7 27,8 27,9 28,0 28,1
Singapour 4,9 4,9 5,3 6,1 9,3 17,5
Chine 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En septembre, les augmentations les plus importantes ont été rapportées dans le Caucase (en Géorgie +375) et dans les Balkans (en Macédoine du Nord +345, en Bulgarie +295 et Bosnie-Herzégovine +253).

Dans d’autres pays, la situation se dégrade depuis deux mois : en Malaisie (+645), à Cuba (+545), en Russie (+495) et au Sri Lanka (+457).

Autrefois parmi les pays modèles, le Vietnam continue d’enregistrer une dégradation (toutes proportions gardées) de sa condition épidémiologique depuis trois mois.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le syndrome postcovid (surnommé ‘covid long’)

Publié le 29 septembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

Le syndrome postcovid est le nom donné à l’ensemble des séquelles à long terme liées à une infection par le Covid-19.

Des chercheurs britanniques ont publié hier la plus importante étude jusqu’ici à ce sujet.

À partir des dossiers médicaux électroniques de 273 618 survivants (principalement Américains) d’une infection par le Covid-19, on a mesuré l’incidence de neuf symptômes chez ces personnes.

Une partie d’entre elles ont été trouvées à l’occasion de campagnes de dépistage si on en juge par le fait qu’elles étaient asymptomatiques.

Puis on a comparé ces données avec celles obtenues auprès de 106 578 personnes qui, au lieu d’attraper le Covid-19, avaient plutôt attrapé la grippe ordinaire.

Et pour que la comparaison entre les deux groupes soit parfaite, à partir des 273 618 ‘Postcovidiens’, on a isolé un sous-groupe de 106 578 personnes qui possédaient les mêmes caractéristiques ethniques et qui étaient atteintes par les mêmes maladies chroniques que dans le groupe-témoin.

Très complexe, l’étude comportait deux analyses. D’une part, les symptômes ressentis au cours des six mois qui ont suivi la contamination (incluant la phase aigüe de la maladie) et d’autre part, les symptômes qui sont apparus tardivement, entre trois et six mois après le début de la contamination.

Dans le tableau ci-dessous, j’ai recalculé les données de l’étude de manière à montrer les symptômes apparus au cours des trois premiers mois et ceux apparus plus tard. De plus, pour plus de concision, ‘D.’ est mis pour ‘Douleurs’.


Prévalence des symptômes apparus au cours des 90 premiers jours et de ceux apparus tardivement

Symptômes Covid tôt Grippe tôt Covid tard Grippe tard
Anxiété/dépression 7,4 % 5,5 % 19,2 % 14,3 %
Respiration anormale 9,3 % 5,0 % 9,1 % 4,7 %
D. abdominales 6,6 % 4,6 % 10,7 % 6,8 %
D. pulmonaire/mal de gorge 6,3 % 3,4 % 6,5 % 3,8 %
Fatigue 6,2 % 3,1 % 6,4 % 3,7 %
Maux de tête 3,9 % 2,9 % 6,7 % 5,1 %
Problèmes cognitifs 2,6 % 1,3 % 3,0 % 1,8 %
D. musculaires 1,6 % 1,0 % 2,1 % 1,3 %
Autres douleurs 3,6 % 2,8 % 8,5 % 5,5 %

Au cours de la durée totale de l’étude, 57,0 % des personnes qui ont contracté le Covid-19 ont été atteintes par un ou plusieurs symptômes du covid long. Et 36,6 % d’entre eux en étaient encore atteints après plusieurs mois.

Cette fréquence a varié de 46,4 % (dans le groupe des 10 à 21 ans) à 61,1 % (chez les plus de 65 ans).

Il est plus fréquent chez ceux gravement atteints, passant de 63,6 % chez ceux qui ont dû être hospitalisés à 73,2 % chez ceux qui furent admis aux soins intensifs.

Les femmes et les jeunes sont plus atteints de maux de tête, de symptômes abdominaux, d’anxiété et de dépression alors que les hommes et les vieillards ont plus de difficultés respiratoires et de problèmes cognitifs, c’est-à-dire des difficultés à se concentrer (en anglais : ‘brain fog’).

Références :
Cognitive deficits in people who have recovered from COVID-19
Covid long
Incidence, co-occurrence, and evolution of long-COVID features
Post-covid syndrome in individuals admitted to hospital with covid-19: retrospective cohort study

Parus depuis :
« Il n’est jamais redevenu l’enfant qu’il était » (2021-09-30)
Covid-19 : le SARS-CoV-2 peut persister dans le corps pendant des mois et se disséminer précocement dans le cerveau (2021-12-24)
Faire le deuil de sa vie d’avant à cause de la « COVID longue » (2022-02-12)
SARS-CoV-2 is associated with changes in brain structure in UK Biobank (2022-03-07)
COVID-19 : des milliers d’employés de la santé infectés ont des symptômes après trois mois (2022-03-12)
La « COVID longue » contribue-t-elle à la pénurie de main-d’œuvre? (2022-06-17)
Covid-19 : une personne sur huit présente des symptômes persistants, selon une étude néerlandaise (2022-08-06)
Alitée depuis trois mois en raison de la COVID longue (2022-10-11)
COVID-19 : 1,4 million de Canadiens ont subi des symptômes pendant au moins trois mois (2022-10-17)
La COVID longue n’épargne pas les jeunes (2022-10-25)
La COVID longue affecte surtout le sommeil (2022-11-18)
Un cas d’Omicron sur deux mène à la COVID longue, selon une étude du CHUS (2022-12-15)
Covid: ongoing loss of smell may be caused by nasal cell destruction (2022-12-21)
Les 7 symptômes à retenir (2023-02-27)
COVID longue Des milliers de travailleurs de la santé atteints (2023-09-21)
Long Covid ‘brain fog’ may be due to leaky blood-brain barrier, study finds (2024-02-22)
‘Alarming’ rise in Americans with long Covid symptoms (2024-03-15)
Encore une centaine de nouveaux cas de COVID longue durée chaque mois (2025-03-12)
Accelerated brain ageing during the COVID-19 pandemic (2025-07-22)
La COVID-19 accélérerait le vieillissement des vaisseaux sanguins des femmes (2025-10-02)

Complément de lecture : Des centaines de jeunes touchés par un dangereux syndrome (2021-11-14)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Troisième dose en hospice : la bonne décision du ministre Dubé

Publié le 28 septembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Entre le 11 juillet et le 7 aout 2021, il n’y a eu aucun nouveau cas de Covid-19 dans les hospices du Québec. En aout, quelques cas sont apparus.

Depuis la mi-septembre, la situation a commencé à montrer des signes de détérioration.

Le 30 aout, le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) décidait de ne recommander l’administration d’une troisième dose que pour les personnes immunodéprimées. Le comité ne l’interdisait pas aux autres; il ne faisait que s’abstenir de le recommander, attendant le moment approprié pour ce faire.

Malgré le fait que depuis deux semaines, le nombre de cas dans nos hospices est passé de presque rien à 87, le président du CIQ déclarait hier à La Presse qu’il n’y avait pas de nouvelles recommandations au sujet de la troisième dose.

Comme d’habitude, le CIQ se réserve le droit de changer d’avis selon l’évolution de la situation. Et par ‘évolution de la situation’, on veut dire dégradation de la situation. Parce que le CIQ attend toujours que la situation se dégrade avant de recommander d’y remédier.

En juillet, le Québec était dans l’œil de la tornade alors que les éclosions apparaissaient partout ailleurs en Amérique du Nord. Mais depuis, le variant Delta a été détecté dans toutes les régions du Québec. Et nous avons maintenant les premiers effets de sa propagation chez nous.

Pourquoi faut-il attendre que la situation dégénère pour agir ? C’est sans doute cette question que s’est posée le ministre de la Santé du Québec.

Ce matin, Christian Dubé a décidé d’être proactif; il annonçait qu’une 3e dose serait offerte à tous les résidents de nos hospices à partir de la fin octobre.

Placé devant le fait accompli, le CIQ a adopté en catastrophe de nouvelles recommandations qui valident la décision ministérielle.

C’est ce qui s’appelle avoir du leadeurship. Bravo M. Dubé !

Références :
CHSLD : une 3e dose alors que les cas remontent
Le comité d’immunisation du Québec recommande une troisième dose
Québec annonce une troisième dose pour les aînés hébergés

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Cout d’une hospitalisation pour Covid-19

Publié le 20 septembre 2021 | Temps de lecture : 1 minute

Référence : Ceci n’est pas une grippe

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna chez les femmes enceintes

Publié le 19 septembre 2021 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Un certain nombre de femmes hésitent à se faire vacciner contre le Covid-19 craignant de ‘faire entrer du chimique dans leur corps’.

De plus, à l’époque où ces vaccins attendaient leur homologation officielle, l’autorisation spéciale accordée aux vaccins anticovids excluait, entre autres, la vaccination chez les femmes enceintes.

Ce qui laisse croire qu’il pourrait y avoir un risque théorique associé à la vaccination dans leur cas.

D’où la question : qu’en pense la science ?

Le Covid-19 et la femme enceinte

Une étude publiée le 11 aout dernier a porté sur 869 079 Américaines qui ont accouché entre le 1er mars 2020 et le 28 février 2021.

On nota des différences entre les 18 715 (2,2 %) femmes atteintes par Covid-19 et celles qui accouchaient sans être atteintes par la pandémie.

Une première différence n’était pas significative :
• césariennes : 32,5 % chez les infectées vs 32,3 % chez les autres.

Par contre, d’autres différences étaient significatives :
• naissances prématurées :16,4 % vs 11,5 %
• admissions aux soins intensifs : 5,2 % vs 0,9 %,
• intubations respiratoires ou ventilation assistée : 1,5 % vs 0,1 %,
• décès : 0,1 % vs moins de 0,01 %.

Une tragédie

En raison de la contagiosité fulgurante du variant Delta, on assiste actuellement à un phénomène autrefois extrêmement rare : l’hospitalisation de femmes enceintes non vaccinées, habituellement dans la trentaine.

Le mois dernier, six Albertaines non vaccinées ont été admises aux soins intensifs en raison de la sévérité de leur infection au Covid-19. L’une d’entre elles en est morte.

Au cours des cinq dernières semaines, huit femmes enceintes non vaccinées sont mortes de la pandémie au Mississippi.

Lorsqu’on retire le tube d’intubation d’un patient après sa mort, il est couvert de pus et de sang. Parce que le patient agonisant se noie dans son propre pus.

C’est comme ça, crument, qu’on meurt du Covid-19.

Quand une jeune femme enceinte meurt de la pandémie, cette femme était, moins de trois semaines plus tôt dans la fébrilité de vivre l’expérience la plus mystérieuse et la plus extraordinaire que permet la condition humaine; transmettre la vie.

Et la voilà, moins de trois semaines plus tard, gisant sur un lit d’hôpital et luttant en vain pendant des heures, en train de se noyer de l’intérieur. Elle qui ne verra jamais l’enfant qu’elle porte en elle depuis parfois des mois.

De toutes les morts, celle du Covid-19 est une des plus tragiques, particulièrement dans le cas d’une femme enceinte.

Les vaccins et la femme enceinte

Presque deux ans après le début de la pandémie, il n’y a pas grand-chose dans la littérature scientifique relativement aux effets bénéfiques des vaccins administrés au cours de la grossesse.

Pourquoi ? Parce que l’autorisation spéciale qui leur était accordée excluait expressément leur administration aux femmes enceintes.

L’étude officielle relative à l’utilisation du vaccin de Pfizer/BioNTech chez les femmes enceintes est en cours. Entamée le 16 février dernier, cette étude doit être terminée dans un mois.

Cette étude porte sur des femmes vaccinées entre la 24e et la 34e semaine de leur gestation. Ce qui veut dire que même lorsqu’on connaitra ses conclusions, ils ne s’appliqueront pas à l’administration d’un vaccin anticovid au cours du premier trimestre.

Les résultats préliminaires (non publiés) ont toutefois été soumis aux autorités règlementaires. Ceux-ci les ont jugés convaincants au point de recommander la vaccination aux femmes enceintes.

Cette recommandation s’appuie sur trois considérations.

Premièrement sur les risques démontrés de la pandémie au cours de la grossesse.

Deuxièmement, sur le fait que les fabricants ont déjà testé leurs vaccins chez l’animal gravide; ceux-ci s’y sont avérés parfaitement sécuritaires.

Et troisièmement, les vaccins contre la grippe — y compris les années où la pandémie grippale est causée par un coronavirus — sont recommandés aux femmes enceintes depuis des décennies.

Or les coronavirus grippaux et le virus du Covid-19 sont apparentés. Ils se fixent aux mêmes récepteurs. Et tout ce qui les distingue, c’est la virulence.

En raison de la longue expérience d’innocuité des vaccins antigrippaux — même chez les femmes enceintes — il est raisonnable de présumer qu’il en est de même des vaccins contre le Covid-19.

Le 17 juin dernier, le New England Journal of Medicine publiait une étude sur 3 958 participantes à un programme volontaire de déclaration d’effets secondaires liés aux vaccins administrés au cours de la grossesse.

On doit interpréter avec prudence ce genre d’étude puisqu’il n’existe aucun moyen de vérifier la véracité des réponses obtenues.

Les auteurs estiment que l’incidence d’effets secondaires de la vaccination à la fois sur le déroulement de la grossesse et sur son issue est semblable à l’incidence observée avant la pandémie.

Conclusion

Actuellement, il est prouvé que l’immunisation contre le Covid-19 réduit les risques d’accouchement prématuré.

De plus, il n’existe aucun indice suggérant que ces vaccins nuiraient à la fertilité des femmes.

D’autre part, il est prouvé qu’ils réduisent de manière très importante les risques de contracter la pandémie. Or celle-ci est particulièrement dangereuse au cours de la grossesse.

Voilà pourquoi la vaccination à l’aide des vaccins de Pfizer/BioNTech ou de Moderna est recommandée par l’Association américaine des obstétriciens et des gynécologues et par le Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

Cette recommandation est valide à la fois pour les femmes enceintes et celles qui tentent de le devenir, de même que pour les femmes qui allaitent.

Dans ce dernier cas, chez les femmes vaccinées, le lait maternel contient des anticorps protecteurs contre le Covid-19.

En dépit du fait qu’on ignore dans quelle mesure cette protection antivirale est utile chez le nouveau-né, on s’entend pour dire que cela ne devrait pas nuire…

Bref, la mise au point rapide de vaccins aussi efficaces et aussi sécuritaires que le sont ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna tient du miracle. Compte tenu de ce signifie concrètement le décès par Covid-19, comment peut-on en courir le risque ?

Références :
Characteristics and Outcomes of Women With COVID-19 Giving Birth at US Academic Centers During the COVID-19 Pandemic
COVID-19 Vaccines While Pregnant or Breastfeeding
Mississippi health officials plea for vaccination after ‘significant’ number of COVID-19 fatalities in pregnant women
Preliminary Findings of mRNA Covid-19 Vaccine Safety in Pregnant Persons
Spike of unvaccinated pregnant women in COVID-19 ICUs concerning, says Calgary doctor
Study to Evaluate the Safety, Tolerability, and Immunogenicity of SARS CoV-2 RNA Vaccine Candidate (BNT162b2) Against COVID-19 in Healthy Pregnant Women 18 Years of Age and Older

Paru depuis :
Covid-19 Vaccination during Pregnancy and First-Trimester Miscarriage (2021-11-18)
Les femmes enceintes non-vaccinées courent des risques accrus (2022-01-07)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la sous-estimation des cas de contagion par le variant Delta

Publié le 15 septembre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Ces jours-ci, il est fréquent d’entendre dire que depuis l’apparition du variant Delta, la pandémie au Covid-19 est devenue une pandémie des non-vaccinés. C’est ce que j’ai moi-même écrit à deux reprises cet été.

En réalité, il y a deux pandémies au Covid-19; la visible et celle qu’on ne voit pas.

La visible, c’est celle qu’on observe aux soins intensifs de nos hôpitaux; dans presque tous les cas, elle affecte des non-vaccinés.

L’invisible est celle qui n’apparait pas dans les statistiques officielles. Elle affecte les personnes complètement vaccinées.

La partie immergée de l’iceberg

L’immunisation créée par les vaccins protège contre les effets graves du variant Delta. Et ce, aussi bien que ces vaccins protégeaient contre les effets graves de son ancêtre, le Covid-19 ‘classique’.

Contre les effets légers de cet ancêtre, la protection offerte par les vaccins de Pfizer ou de Moderna était d’environ 94 %. Ce n’est plus vrai avec le variant Delta.

Un grand nombre de personnes complètement vaccinées attrapent quand même le variant Delta. L’étude de Cape Cod suggérait même que les non-vaccinés attrapaient le variant Delta aussi facilement que les personnes non vaccinées.

La majorité des personnes complètement vaccinées qui sont atteintes par le variant Delta semblent éprouver des symptômes encore plus légers que ceux ressentis lors d’une grippe saisonnière. Et ce, en raison de la protection partielle de la vaccination.

Si bien que des tests aléatoires effectués entre le 20 aout et le 1er septembre 2021 ont révélé que 64 % des Québécois infectés (ou qui ont été en contact avec des personnes atteintes) ne jugent même pas nécessaire de se faire tester.

L’abolition des cliniques de dépistage

Au début de la pandémie, la Santé publique du Québec avait créé des cliniques de dépistage. Ces cliniques constituaient une barrière visant à protéger les omnipraticiens de la contamination par la pandémie.

À l’époque où celle-ci suscitait les plus vives inquiétudes, les personnes qui craignaient avoir contracté le Covid-19 et qui téléphonaient à leur médecin de famille étaient référées à une de ces cliniques.

Et c’est par leur intermédiaire qu’on pouvait établir le nombre de cas de Covid-19 au Québec, exception faite de ceux, beaucoup plus graves, qu’on découvrait à l’admission dans les hôpitaux.

Depuis que les médecins sont presque tous vaccinés, on a aboli les cliniques de dépistage.

En raison du sentiment justifié de protection que confère la vaccination, un grand nombre de personnes atteintes par des symptômes légers suggérant une infection au Covid-19 hésitent à déranger leur médecin de famille.

Si bien que le nombre officiel de cas est encore moins fiable qu’il l’était.

Pour dresser un tableau juste de l’état de la contagion par le variant Delta, il est devenu essentiel d’effectuer systématiquement des tests aléatoires.

Pour ce faire, on n’a pas besoin de tester grand nombre de personnes; quelques centaines de sujets suffisent pour obtenir un portrait global de l’ensemble du Québec. L’important est que l’échantillon soit représentatif.

Références :
COVID-19: les 2/3 des Québécois ne se font pas tester même s’ils le devraient
Effectiveness of Covid-19 Vaccines against the B.1.617.2 (Delta) Variant
Le variant Delta ou l’accélération de la vague

Paru depuis :
Québec, nous avons un problème… de dépistage (2021-10-04)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : quand l’heure des comptes commence à sonner…

Publié le 13 septembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Au Québec

Au début de février 2020, le directeur de la Santé publique du Québec déclarait au Devoir que la pandémie au Covid-19 n’était pas plus à craindre qu’une petite grippe.

Le mois suivant, à la ministre de la Santé qui s’inquiétait de la possibilité de manquer de masques dans nos hôpitaux, le Dr Arruda la rassurait; on en a pour deux ans. Ce qui était faux; quelques jours plus tard, on n’en avait plus que pour 5 à 6 jours.

Et pendant des mois, la Santé publique déconseillait à la population québécoise de porter un masque.

Le résultat, c’est qu’il y a eu Québec 2,5 fois plus de morts du Covid-19 par million d’habitants que dans les provinces anglophones du Canada.

En France, la négligence des pouvoirs publics est sujette à l’autorité des tribunaux

Agnès Buzyn a été ministre française de la Santé de 2017 à 2020. Elle a démissionné de ce poste le 16 février 2020, un mois après le début de la pandémie en France.

Dans le cadre de l’enquête sur la gestion française de la pandémie au Covid-19, la Cour de justice de la République a reçu quatorze-mille plaintes liées à la gestion de la crise, dont seize ont été jugés recevables.

L’ex-ministre a été mise en examen en septembre 2021. Au Québec, c’est l’équivalent d’une enquête préliminaire au cours de laquelle on tente de savoir si les accusations semblent suffisamment crédibles pour justifier une mise en accusation.

Que lui reproche-t-on ?

D’avoir mis en danger la vie d’autrui. Le tribunal n’a pas retenu l’accusation d’abstention volontaire de combattre un sinistre (en parlant de la pandémie), mais considère l’ex-ministre comme témoin éventuel contre d’autres accusés à ce sujet.

Le 24 janvier 2020, le jour même où apparaissaient les trois premiers cas de Covid-19 en France, la ministre déclarait que « le risque d’importation [du virus] depuis Wuhan est pratiquement nul » et que « le risque de propagation est très faible ».

On l’accuse d’avoir sciemment dissimulé la pénurie de masques et d’avoir soutenu que le port du masque était « totalement inutile » pour les non-contaminés.

Références :
Agnès Buzyn
Au Québec, la grippe saisonnière est plus à craindre que le coronavirus
France’s former health minister charged over handling of Covid crisis
Histoire d’un fiasco – 1re partie : la lutte québécoise contre le Covid-19 en février 2020
Histoire d’un fiasco – 2e partie : la lutte québécoise contre le Covid-19 en mars 2020
Les tensions au sein de l’État québécois face à la crise révélées dans un livre
Mise en examen d’Agnès Buzyn par la CJR : ce qu’il faut savoir

Paru depuis :
Covid-19 : en Autriche, premier procès contre l’Etat pour le cluster d’Ischgl (2021-09-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’après-pandémie : le rattrapage scolaire

Publié le 11 septembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

L’année scolaire 2019-2020 s’est terminée abruptement avec le confinement décrété le 13 mars 2020 à l’ensemble de la population.

L’année suivante a été perturbée par les nombreuses fermetures d’école consécutives à l’insuffisance des mesures sanitaires.

Sur les 3 200 établissements d’enseignement (publics ou privés), le tiers ont été des foyers d’éclosion de la pandémie. Et sur les 1 126 écoles atteintes, 460 ont été complètement ou partiellement fermées, soit une école sur sept.

Au 3 mai 2021 — donc vers la fin de cette année-là — les écoliers et le personnel scolaire représentaient 38,4 % de toutes les personnes officiellement atteintes au Québec par le Covid-19.

En 2021-2022, le gouvernement de la CAQ semble avoir décidé de laisser se propager le Covid-19 dans les écoles.

En dépit de l’imposition partielle du port du masque, l’année scolaire qui vient s’annonce pire en raison de la contagiosité extrême du variant Delta et de l’absence de dépistage systématique sauf lorsque la situation sera devenue ‘préoccupante’ (lire : catastrophique).

Après trois années consécutives de perturbations, les élèves auront accumulé un important retard de littéracie en plus de celui concernant l’apprentissage des autres matières scolaires.

Or toute pandémie a une fin. Dès qu’on aura vacciné la population des pays en voie de développement, ceux-ci cesseront d’être des incubateurs à variants et la pandémie s’éteindra.

À l’issue de cette pandémie, le retard scolaire devra être quantifié en vue d’être comblé.

Or pour ce faire, la solution est simple; allonger les années scolaires qui viennent jusqu’à ce que l’arriéré ait disparu.

Références :
Le Covid-19 à l’école primaire : la CAQ met en péril la santé de nos enfants
Covid-19 : une rentrée scolaire idéale en 2020
Rentrée scolaire 2021 : l’OMS se réveille
Précisions concernant le dépistage du variant Delta à l’école primaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel