Covid-19 : les données en temps réel

21 mars 2020
Cliquez pour accéder au site de l’Université John Hopkins

Il suffit de cliquer sur la capture d’écran ci-dessus (effectuée le 21 mars 2020) pour accéder aux données en temps réel colligées par l’université John Hopkins.

Entre autres, elles montrent à quel point les mesures énergiques adoptées tôt par le gouvernement québécois portent fruit jusqu’à maintenant.

Le plus grand nombre de cas dans les pays scandinaves (en comparaison avec le Québec) s’explique par le fait que beaucoup d’avions font escale dans ces pays, situés sur le plus court chemin entre États-Unis et le Moyen-Orient.

Cela n’est pas évident sur un planisphère (une mappemonde plane comme ci-dessus), mais le devient à l’examen d’un globe terrestre.

Les premiers cas apparus dans ces pays sont évidemment antérieurs à la fermeture des frontières américaines.

Dans tous les pays, le nombre de cas confirmés représente une grossière sous-évaluation.

Non seulement ce nombre dépend de la disponibilité des tests de diagnostic, mais il est acquis qu’un grand nombre de personnes atteintes légèrement ne se donnent pas la peine de faire confirmer qu’elles sont atteintes par le Covid-19 puisqu’en pareil cas, leur médecin n’y peut rien de toute manière.

Dans le doute, ces gens ont moins tendance à se placer volontairement en quarantaine.

De plus, dans certains pays, le test peut couter jusqu’à deux ou trois-mille dollars. Ce qui est hors de prix dans un pays comme les États-Unis où des millions de personnes n’ont pas d’assurance maladie.

Postscriptum : je remercie mon bon ami Denis Giroux de m’avoir signalé ce site.


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Covid-19 : la quarantaine ou le laisser-faire ? (2e partie)

21 mars 2020

L’exemple israélien

Au fil des années, Israël s’est doté d’un des meilleurs services de renseignement au monde afin de se protéger d’un environnement hostile.

Israël fait maintenant face à un nouvel ennemi, tout aussi meurtrier et sournois qu’une cellule terroriste.

Conséquemment, les autorités ont décidé de consacrer une partie des capacités d’espionnage du pays à suivre à la trace les téléphones de tous les habitants du pays afin de débusquer ceux qui mettent en péril la vie des autres et afin de prévenir les personnes qu’ils auraient pu contaminer.

Selon les révélations d’Edward Snowden, les services de renseignements de nos pays épient déjà tous nos appels téléphoniques, tous nos textos et tous nos SMS.

De plus, la géolocalisation des appareils multifonctionnels permet aux États de procéder à des assassinats sélectifs.

Ce qui est nouveau, c’est qu’Israël a développé des algorithmes qui permettent, en temps réel, de déceler les personnes contaminées qui négligent de se placer en quarantaine.

Le 19 mars dernier, le ministre de la Santé a annoncé qu’un message sera envoyé à tous les citoyens qui seront demeurés pendant au moins deux minutes à moins de deux mètres d’une personne contaminée.

Le message type est le suivant :

D’après nos données, vous avez été en contact rapproché avec un porteur du Covid-19 le 16 mars dernier. Il est donc nécessaire de vous placer en quarantaine jusqu’au 30 mars 2020 afin de protéger vos proches et le public.

Près de quatre-cents personnes ont déjà reçu ce message.

À la suite d’une plainte d’associations de défense de droits de la personne, la Cour suprême d’Israël a reconnu la pertinence d’avoir recours à ce type de technologie, mais a donné cinq jours au gouvernement pour soumettre les mesures à la Commission parlementaire sur le renseignement (ce qui ne devrait être qu’une formalité).

La surveillance électronique ailleurs dans le monde

Tout comme la Grande-Bretagne, les États-Unis songent à accroitre leur surveillance électronique comme le fait déjà Israël.

En Chine, le déploiement de la 5G dans l’est du pays a tellement fait augmenter la masse de données qui transitent par le réseau téléphonique que l’État a obligé ses citoyens à utiliser une application spécifique qui permet aux autorités de suivre le déplacement des citoyens afin de mieux contrôler les foyers d’épidémie.

Sur la carte géographique des environs où on se trouve, cette application permet de voir les endroits visités par les personnes testées positives pour le Covid-19.

De plus, dans ce pays (comme en France), on a recours à des drones équipés de hautparleurs pour ordonner la dispersion de rassemblements de citoyens.

En Corée du Sud, les dizaines de milliers de citoyens à qui on a ordonné la quarantaine sont obligés d’installer une application qui alerte les autorités s’ils quittent leur domicile.

Taïwan oblige la géolocalisation de ses 24 millions de citoyens. Parmi ceux en quarantaine, le pays prête même un téléphone multifonctionnel à ceux qui n’en ont pas.

Les personnes en quarantaine qui quittent la zone de confinement qui leur est alloué reçoivent alors l’ordre d’appeler la police immédiatement sous peine d’une amende de 33 000$.

À Hong Kong, toutes les personnes en quarantaine sont soumises à la géolocalisation par le biais d’un téléphone mobile ou d’un bracelet électronique.

(à suivre)

Références :
Coronavirus : Israël recourt à la surveillance technologique massive pour freiner la pandémie
Government efforts to track virus through phone location data complicated by privacy concerns
How the U.S. can defeat coronavirus: Heed Asia’s lessons from past epidemics
Translating a Surveillance Tool into a Virus Tracker for Democracies

Parus depuis :
Comment se compare la progression de la COVID-19 à travers le monde? (2020-03-28)
Des leçons pour le Québec dans l’approche sud-coréenne? (2020-03-28)
The missing six weeks: how Trump failed the biggest test of his life (2020-03-28)


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Covid-19 : la quarantaine ou le laisser-faire ? (1re partie)

20 mars 2020

L’exemple chinois

À l’heure actuelle, la Chine est l’étalon auquel on mesure l’efficacité des autres États à prévenir ou combattre la pandémie du Covid-19.

Depuis des milliers d’années, la Chine est une méritocratie. Que veut-on dire par cela ?

Autant à l’époque impériale qu’à l’ère communiste, le pays est dirigé par des chefs puissants, conseillés par les mandarins, c’est-à-dire par des lettrés qui ont mérité leur influence au sein de l’État par leurs conseils judicieux.

Ce tableau idyllique doit être nuancé par les défauts inhérents à la nature humaine.

Li KeQiang est le premier ministre actuel de la Chine. Note : On doit éviter de le confondre avec le président Xi Jinping.

Lorsque le premier des deux était encore gouverneur de la province du Liaoning, il avait confié à l’ambassadeur américain à Beijing qu’il prenait à la légère certains indices économiques officiels, notamment la croissance du PIB.

Pour évaluer la véritable santé économique de sa province, le gouverneur KeQiang se basait plutôt sur trois données : la consommation d’électricité, le niveau du transport ferroviaire de marchandise et le volume de crédits émis.

Selon M. KeQiang, la concurrence vive que se livraient ses collègues les incitait à embellir la croissance économique de leur région afin de prouver leur compétence de gestionnaire et d’améliorer leurs chances d’une promotion au sein de l’appareil du Parti communiste.

Cet angle mort de la méritocratie chinoise est illustré par la réaction initiale des autorités locales à l’éclosion de l’épidémie au Covid-19.

Au début de la crise, les dirigeants de la province d’Hubei se sont empressés d’emprisonner les lanceurs d’alerte, accusés de saper l’harmonie sociale en répandant des nouvelles inquiétantes.

Mais quand il s’est avéré qu’on avait effectivement affaire à un problème sanitaire majeur, les choses ont été rapidement prises en main par Beijing.

Les autorités locales ont été limogées au profit d’hommes de confiance de Xi Jinping. Et surtout, ce dernier a ordonné la mise en quarantaine de dizaines de millions de personnes.

Parmi toutes les décisions prises par le président chinois, la plus dramatique fut l’annulation des célébrations de la Nouvelle année chinoise en février dernier.

Pendant 50 semaines par année, des centaines de millions de travailleurs chinois s’expatrient loin de leur famille afin de travailler dans une autre région du pays.

La quinzaine des festivités du Nouvel An chinois, c’est l’unique occasion de retrouver femme et enfants après un an d’absence.

Normalement, tous les trains du pays sont réquisitionnés et des centaines de millions de Chinois s’y entassent durant de longs trajets.

L’annulation de ce voyage fut une immense déception. Pourtant, les Chinois s’y sont pliés dans l’intérêt commun.

S’ils s’y étaient opposés ou si cette décision n’avait pas été prise, la Chine connaitrait aujourd’hui un sort analogue à celui de l’Italie.

L’Italie compte aujourd’hui plus de morts qu’en Chine, avec une population 21 fois moindre.

Or la réaction italienne fut un mélange de laisser-faire initial, suivi d’une fermeture des frontières lorsqu’il était déjà trop tard, alors que la contamination se faisait principalement d’Italien à Italien.

Le résultat est une catastrophe sanitaire dont l’Italie ne voit pas l’issue pour l’instant.

De nos jours, la Chine libère des médecins expérimentés afin d’aider les médecins d’autres pays et leur apporte le matériel médical qui leur manque.

Même si le Covid-19 régresse en Chine, l’épidémie pourrait néanmoins revenir puisque l’ensemble de la population chinoise n’y a pas été immunisée. Voilà pourquoi toute personne qui entre dans ce pays est automatiquement mise en quarantaine obligatoire.

C’est brillant !

(à suivre)


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Covid-19 : panique à bord

18 mars 2020

 

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On peut les oublier un peu. Mais c’est toujours un plaisir de revenir aux classiques, même dans le domaine de l’humour.

Ce sketch a été créé voilà plus de dix ans. On dirait hier…


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : oui ou non à l’ibuprofène

18 mars 2020

Introduction

Samedi dernier, le ministre français de la Santé a déconseillé l’usage de l’ibuprofène pour traiter la fièvre des personnes atteintes du Covid-19. À moins, évidemment, que d’autres conditions médicales exigent son utilisation.

Cette recommandation a suscité la controverse au sein des autorités de santé publique à travers le monde parce qu’elle n’est pas basée sur des preuves scientifiques incontestables.

En dépit du doute, la mise en garde française a été cautionnée hier par l’Organisation mondiale de la santé.

Qu’en est-il ?

L’ibuprofène (Motrin, Advil, etc.) n’est pas et n’a jamais été le premier choix dans le traitement pharmacologique de la fièvre, autant chez l’enfant que chez l’adulte.

L’acétaminophène

L’acétaminophène — appelé paracétamol en Europe — est un des médicaments les moins dangereux de tout notre arsenal thérapeutique.

Il abime le foie lorsqu’on dépasse la dose maximale recommandée (un gramme quatre fois par jour) ou lorsqu’on prend ce médicament à une dose qui s’approche de ce maximum alors qu’on est sous l’effet de l’alcool.

La manière la plus sécuritaire de l’utiliser, c’est d’en prendre la plus petite dose efficace. Parfois chez l’adulte, une dose de 325 mg quatre fois par jour suffit.

À moins d’insuffisance hépatique préexistante, l’acétaminophène est le meilleur médicament à prendre dans les cas de fièvre.

Toutefois, on prendra soin d’éviter les préparations à libération prolongée de ce médicament puisqu’aucun organisme règlementaire ne vérifie la fiabilité de leur mode de libération de l’ingrédient actif.

L’ibuprofène

Les antiinflammatoires sont des médicaments très puissants qui agissent sur de nombreuses parties du corps, diminuant par exemple l’irrigation des reins.

Par voie orale, ils sont irritants pour l’estomac, causant fréquemment de l’érosion gastrique, voire des ulcères d’estomac, particulièrement chez les personnes âgées.

Toutefois, ils agissent sur les fièvres résistantes à l’acétaminophène. Voilà leur grand avantage.

Il y a plusieurs décennies, le public jugeait normal d’acheter un médicament à dose… normale, justement.

De nos jours, si ce n’est pas écrit ‘fort’ ou ‘extra-fort’, on évite d’en acheter. En d’autres mots, on n’a pas de temps à perdre, on veut que ça fonctionne.

Si bien que certaines compagnies ajoutent le qualificatif ‘extra-fort’ sur l’emballage de leurs médicaments ordinaires, à défaut de quoi ces derniers ne se vendent pas.

Dans un contexte où tous les citoyens doivent performer de manière optimale, on ne s’étonnera pas de voir le public délaisser les médicaments généralement bons au profit de ceux, inutilement plus puissants, qui offrent la garantie absolue du résultat recherché.

Voilà pourquoi l’ibuprofène est si populaire.

Petite confidence : Je n’utilise jamais l’ibuprofène contre la fièvre. Mais il m’arrive de l’utiliser comme antiinflammatoire à dose pédiatrique unique de 100 mg. J’utilise un comprimé croquable que j’écrase et disperse dans du yogourt. Scientifiquement inefficace chez l’adulte, cette dose fonctionne tellement bien chez moi que je n’ai jamais besoin d’en prendre une deuxième.

Conclusion

L’Humanité est en train d’apprendre comment combattre un nouvel ennemi, le Covid-19.

Différentes approches sont utilisées, du laisser-faire britannique à la manière forte chinoise.

Lorsque l’épidémie aura disparue — parce qu’elle finira bien par disparaitre — on verra quelle approche était la plus efficace.

Dans le cas particulier des craintes françaises au sujet de l’ibuprofène, s’il devait s’avérer qu’elles étaient excessives, elles auront eu l’avantage indiscutable de redonner à l’acétaminophène la place de choix qu’elle n’aurait jamais dû perdre dans le traitement pharmacologique de la fièvre.


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Covid-19 : l’hommage espagnol aux professionnels de la santé

17 mars 2020

 

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À l’heure convenue samedi soir dernier, des centaines de milliers d’Espagnols ont rendu hommage à leurs professionnels de la santé, eux qui demeurent à l’œuvre pour soigner les gens en dépit des risques qu’ils courent à s’exposer ainsi au Covid-19.

De leurs fenêtres ouvertes ou de leurs balcons, les Espagnols ont applaudi, sifflé, tapé sur des casseroles ou chanté en chœur pour les remercier.

Cet ‘applaudissement sanitaire’ a longuement résonné à 22h dans toutes les grandes villes du pays.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la course au vaccin

16 mars 2020

Introduction

Tous les jours, des milliers de bactéries tentent d’envahir notre corps, principalement par nos muqueuses. Dans l’immense majorité des cas, nos anticorps non spécifiques réussissent à les détruire et à nous protéger d’une infection.

Cela n’est pas vrai des virus.

Il suffit de quelques exemplaires d’un virus, parfois d’un seul, pour que nous tombions malades.

Le virus Ebola est un de ces virus extrêmement contagieux.

Après l’exposition à un virus, les seules manières d’éviter d’être infecté, c’est par le biais de la vaccination ou par une immunité spécifique acquise à la suite d’une exposition antérieure au même virus.

Sur la quarantaine de coronavirus connus, l’immense majorité d’entre eux sont incapables de se développer chez l’humain.

Sept le peuvent. Quatre font partie du groupe hétéroclite des virus responsables d’infections respiratoires bénignes; on estime que de 15 à 30 % des rhumes banals sont causés par un coronavirus.

Mais trois coronavirus peuvent causer de graves épidémies : le virus du SRAS, celui du MERS et le tout dernier, le Covid-19.

La recherche d’un vaccin anti-SRAS

Commun chez la chauvesouris, le virus du SRAS s’est propagé à l’humain par le biais d’un carnivore qui a servi d’intermédiaire : la civette palmiste masquée.

Le SRAS a causé une pandémie en 2003.

Mais comme les virus ont un mécanisme de réplication grossier, il a muté tout en se propageant d’un humain à l’autre jusqu’au moment où il devenait inoffensif pour nous.

Voilà pourquoi on ne l’a plus revu depuis.

Et les compagnies pharmaceutiques qui avaient investi des sommes importantes pour mettre au point un vaccin contre lui ont abandonné leurs recherches quand elles ont réalisé que plus personne n’en avait besoin.

La recherche d’un vaccin anti-MERS

Le virus du MERS est plus récent. Il est apparu au Moyen-Orient en 2012. Il se propage à l’humain à partir du chameau.

Il aurait disparu depuis longtemps si on avait résolu d’abattre les bêtes qui en sont atteintes.

Conséquemment, il circule lentement dans cette partie du monde depuis sa découverte.

En raison de la richesse des pétromonarchies et leur absence d’infrastructure scientifique, certains laboratoires occidentaux travaillaient à la mise au point d’un vaccin anti-MERS quand soudainement le Covid-19 est apparu.

La recherche d’un vaccin contre le Covid-19

Découvrir un vaccin contre un nouveau virus peut prendre des années. Pensez au SIDA; on attend toujours.

Les compagnies qui avaient trouvé des approches prometteuses contre le virus du MERS ont toutes décidé de réorienter leurs recherches contre le Covid-19.

Leur longueur d’avance s’est soudainement réduite lorsque la Chine a pris tout le monde par surprise en publiant la séquence génétique du virus le 11 janvier dernier, soit seulement deux mois après la découverte des premiers cas d’infection humaine.

Ceux qui voient encore la Chine comme un pays arriéré qui ne fait que copier des brevets occidentaux doivent réaliser qu’en 2011, sur les 2 140 000 millions d’inventions dans le monde, 526 412 venaient de Chine, soit 24,6 % (en comparaison avec 23,5 % de provenance américaine).

En 2015, le nombre de brevets chinois était même supérieur au total des brevets américains, japonais, coréens et européens.

Grâce à la publication du génome, des virologues allemands produisaient le premier test de diagnostic une semaine plus tard.

Ces bonds en avant accélèrent la découverte d’un vaccin. Environ trente-cinq compagnies et institutions académiques se ruent présentement pour le découvrir. Prix Nobel garanti.

Les tests cliniques préliminaires débuteront le mois prochain.

Normalement, la mise au point d’un vaccin prendrait plus d’un an.

Mais au printemps 2018, Donald Trump a dissout l’unité chargée de la santé globale au National Security Council, et son équivalent au Department of Homeland Security.

De plus, l’amputation du financement des Centers for Disease Control and Prevention (réduisant leurs activités de détection de 80 %), la fin du programme USAID’s Predict (permettant de freiner la transmission des virus), et les 44 % d’Américains qui renoncent à consulter un médecin parce qu’ils n’en ont pas les moyens, sont autant de raisons qui incitent à anticiper une catastrophe sanitaire aux États-Unis.

À chaque saison de la grippe, 70 à 150 millions d’Américains l’attrapent. Avec un taux de mortalité de 3,6 % (36 fois plus que la grippe), l’épidémie de Covid-19 aux États-Unis pourrait faire plus de 2,5 millions de morts… à moins qu’un vaccin offert gratuitement apparaisse soudainement d’ici l’élection présidentielle de novembre prochain.

Dans son édition de dimanche, le quotidien allemand Die Welt rapporte que Donald Trump aurait offert un milliard de dollars à la pharmaceutique CureVac afin qu’elle ne distribue qu’aux États-Unis le vaccin anti-Covid-19 qu’elle finaliserait d’ici quelques mois (selon son site web).

Outré, le ministre allemand de l’Économie a déclaré ce matin que l’Allemagne n’est pas à vendre.

Un vaccin commercialisé à toute vitesse permettrait à Donald Trump de se présenter aux élections présidentielles en sauveur de la nation américaine.

Souhaitons-lui bonne chance et espérons que ce vaccin approuvé à la hâte pour servir ses intérêts ne soit pas un autre 737 MAX…

Références :
Aux Etats-Unis, la pénurie de tests pour le Covid-19 vire au scandale
Chine ou États-Unis, lequel est plus dangereux ?
Coronavirus
Coronavirus: anger in Germany at report Trump seeking exclusive vaccine deal
COVID-19 Germany: Country holds crisis talks after U.S. reportedly tries to poach vaccine
La bonne question
Trump déclare l’état d’urgence aux États-Unis
When will a coronavirus vaccine be ready?

Paru depuis :
Premier essai clinique d’un vaccin contre le coronavirus (2020-03-16)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : les prix citron à Ottawa et à la STM

14 mars 2020

Introduction

Au moment où ces lignes sont écrites, la prévalence de l’infection au Covid-19 est extrêmement faible au sein de la population québécoise.

Dans quelques semaines, la situation sera très différente.

Les excellentes mesures préventives annoncées cette semaine par le gouvernement Legault — conformes aux recommandations des experts en santé publique — devraient atténuer la montée de l’épidémie chez nous.

Ces mesures attestent du sérieux du gouvernement québécois.

Ce qui jure avec le laxisme d’Ottawa.

Le prix citron d’Ottawa

À l’heure actuelle, les différences interprovinciales observées quant au nombre de personnes atteintes ne sont pas proportionnelles à la taille de leur population, mais à la fréquentation de leurs aéroports internationaux.


Relation entre la fréquentation des aéroports et le nombre actuel de cas de Covid-19 par province

Aéroport Millions de voyageurs/an Personnes atteintes
Toronto 49,5 59
Vancouver 25,9 46
Montréal 19,4 17
Calgary 17,3 19

Ce qui suggère que les aéroports canadiens sont présentement les portes d’entrée du Covid-19 au pays.

Or, quelles sont les mesures adoptées par Ottawa afin de protéger la population canadienne ?

Alors que de nombreux pays (dont la Chine) utilisent des scanneurs thermiques pour déceler aux aéroports les personnes qui pourraient être atteintes du Covid-19, les préposés aux aéroports canadiens se contentent d’aviser les arrivants de se mettre volontairement en quarantaine s’ils devaient développer les symptômes de l’infection.

En d’autres mots, depuis l’épidémie de SRAS qui a durement affecté Toronto en 2003, Ottawa n’a pris aucune mesure sérieuse pour éviter que cela se répète.

On a dépensé des centaines de millions$ pour implanter un excellent système de déclaration automatique aux douanes.

Mais pas un centime n’a été dépensé pour protéger le public canadien.

Imaginez : le fédéral n’a même pas institué un suivi des voyageurs (symptomatiques ou non) qui entrent au pays. On s’en fout.

La machine de l’État canadien est entièrement vouée à la création d’un grand marché intérieur canadien dépourvu d’obstacles à la maximisation des profits par le grand capital international.

Si le fédéral était réellement au service du peuple, il ne diminuerait pas depuis des années ses transferts en santé, obligeant les provinces à couper dans leurs services (comme l’a fait impitoyablement l’ex-ministre québécois Gaétan Barrette).

Voilà pourquoi les principales mesures fédérales contre le Covid-19 ont été annoncées cette semaine par le ministre des Finances d’Ottawa et non par la ministre fédérale de la Santé.

Essentiellement, les milliards$ serviront à aider les investisseurs. Ces milliards$ seront puisés dans les poches de la classe moyenne, comme pour le sauvetage des banques en 2007-2008.

Mais on n’a pas prévu débourser les sommes nécessaires à l’achat de scanneurs dont on ne voit pas l’utilité puisque les grands investisseurs voyagent en jets privés, à l’abri de la toux de la plèbe.

Le prix citron de la STM

Vitesse maximale de la ventilation du métro

Dans les nouveaux trains du métro de Montréal (contrairement aux anciens), la ventilation est très mal répartie, atteignant des pics de près de 10 km/h à de nombreux endroits, notamment dans les passages ouverts d’un wagon à l’autre.

Ceci a pour résultat d’assécher les gouttelettes de salive des personnes contagieuses qui ne toussent pas dans leur coude (contrairement à ce qui est recommandé). Et les particules virales qu’elles contiennent sont immédiatement dispersées sur une distance beaucoup plus grande, contaminant des wagons entiers.

À l’heure actuelle, la contamination ‘locale’ (d’un Québécois à l’autre) n’est pas encore un problème. Mais elle le deviendra bientôt.

Porte palière à Shanghai

Au cours des huit dernières années, j’ai publié plusieurs textes réclamant l’installation de portes palières dans le métro de Montréal afin de prévenir les arrêts prolongés de service. À chaque fois, j’ai avisé la STM de la publication du texte. En vain.

Dans le cas de la ventilation du métro, j’espère que la direction incompétente de la STM (nommément Philippe Schnnobb) se grouillera le derrière. Ça urge.

Références :
COVID-19: sept provinces maintenant touchées au pays
Liste des aéroports les plus fréquentés au Canada
Métro : les statistiques ne doivent pas nous aveugler
Temperature screening to cover all flights

Parus depuis :
COVID-19 : « Comme si de rien n’était » à bord des avions, dénoncent des agents de bord (2020-03-16)
Vols de rapatriement d’Espagne: «Ils n’ont fait aucun contrôle sanitaire» (2020-03-26)


Post-Scriptum : Quelques jours après la publication de ce texte, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé la fermeture des frontières canadiennes.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’avenir de la pandémie au Covid-19

3 mars 2020


 
Les cinq étapes d’une épidémie sont :
• l’apparition des premiers cas
• la contagion au sein de la population
• le plafonnement du nombre de personnes contagieuses
• la diminution du nombre de nouveaux cas
• la fin de l’épidémie.

Dans le cas d’une pandémie, les cinq étapes sont les mêmes, sauf qu’elles ne coïncident pas d’un pays à l’autre.

Au sujet du Covid-19, cela signifie que lorsque l’épidémie régressera en Chine, elle n’aura pas encore atteint son sommet dans d’autres régions du monde.

Lorsqu’une épidémie disparait d’un pays, il n’arrive jamais que toute sa population y ait été exposée; seule une partie de la population a développé des anticorps et donc, est devenue résistante au germe pathogène.

À moins qu’un vaccin ait été développé et qu’on ait procédé à une vaccination massive, il est théoriquement possible qu’une épidémie revienne. La peste et le choléra sont des épidémies qui sont réapparues à différents moments de l’histoire européenne.

Dans le cas du Covid-19, il est presque impossible que l’épidémie réapparaisse après avoir fait le tour du globe.

Contrairement aux bactéries, les mécanismes de contrôle de la réplication virale sont tellement grossiers que leur matériel génétique peut être qualifié d’instable.

Or l’immense majorité des coronavirus sont inoffensifs pour l’être humain. Cela signifie que les mutants du Covid-19 ont toutes les chances d’être inoffensifs pour nous.

Au moment où ces lignes sont écrites, 80 026 Chinois ont été touchés par la maladie, dont 2 912 mortellement.

Mondialement, la pandémie semble prendre son envol; dans la seule journée d’hier, le nombre de nouveau cas a augmenté de neuf fois hors de Chine.

Pour l’instant, seulement 10 134 personnes ont été infectées à l’extérieur du territoire chinois, dont 167 cas mortels.

Là où on hésite à interdire les rassemblements — en Iran, par exemple, où de nombreux imams s’y opposent — l’épidémie est en forte progression.

Puisqu’en Chine, l’épidémie n’est pas disparue après plusieurs mois, il est possible que la prochaine saison des festivals soit durement affectée au Québec puisque la pandémie devrait nous atteindre d’ici là.

À partir de l’expérience chinoise, plus complète, on estime que le Covid-19 aurait la même contagiosité que le SRAS mais entrainerait un taux de mortalité de 3,6 %, comparativement à environ 9,6 % pour le SRAS (et à 0,1 % pour la grippe).

La létalité du Covid-19 augmente avec l’âge :
• de 0 à 9 ans : 0 %
• de 10 à 39 ans : 0,2 %
• de 40 à 49 ans : 0,4 %
• de 50 à 59 ans : 1,3 %
• de 60 à 69 ans : 3,6 %
• de 70 à 79 ans : 8,0 %
• 80 ans ou plus : 14,8 %.

L’absence de victimes chez les nourrissons étonne les spécialistes mais concorde avec la tendance générationnelle observée jusqu’ici. Ceci étant dit, cela ne change en rien la contagiosité des bébés atteints.

Étant donné que le virus ne vit que quelques heures (au pire quelques jours) hors du corps humain, les colis importés d’un pays contaminé sont incapables de propager la maladie.

Références :
Coronavirus: les colis en provenance de Chine peuvent-ils être contaminés?
Coronavirus: les hommes de plus de 70 ans ou déjà malades sont les plus vulnérables
L’épidémie s’accélère hors de la Chine

Parus depuis :
Il existe au moins deux souches du nouveau coronavirus (2020-03-05)
Le nouveau coronavirus peut demeurer actif « des jours » sur différentes surfaces (2020-03-18)


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