Doit-on recevoir une ou deux doses de vaccin si on a déjà attrapé le Covid-19 ?

23 juin 2021


 
Introduction

La Santé publique du Québec estime que les personnes ayant un antécédent de Covid-19 ont conservé une mémoire immunitaire qui fait en sorte qu’une seule dose suffit à les protéger convenablement alors qu’il en faut deux chez les personnes qui n’ont jamais contracté le virus.

Par contre, les autorités américaines et européennes, de même que les autorités canadiennes pensent au contraire que si on a déjà attrapé le Covid-19, il faut, comme tout le monde, recevoir deux doses d’un vaccin à deux doses.

Qui croire ?

Les preuves en laboratoire vs la vraie vie

La politique sanitaire du Québec à ce sujet est basée sur des études in vitro, c’est-à-dire sur la mesure en laboratoire de la réponse immunitaire de personnes qui reçoivent une ou deux doses de vaccin et qui ont attrapé ou non le virus précédemment.

La Santé publique du Québec présume qu’il existe une corrélation entre ces mesures in vitro et la vraie vie. Dans ce cas-ci, rien ne le prouve.

On possède déjà l’expérience de Manus, une ville brésilienne peuplée de deux-millions d’habitants.

Lors de la première vague, 76 % des citoyens de cette métropole ont attrapé le Covid-19. Au point qu’on ne savait plus où enterrer les morts.

Puisque tout malheur a du bon, les survivants se sont dit que grâce à leur expérience douloureuse, ils avaient maintenant atteint l’immunité grégaire.

Mais l’immunité naturelle ne dure pas. Le système immunitaire des gens conserve en mémoire la recette de la fabrication des anticorps contre le Covid-19 mais juge inutile de continuer à en fabriquer lorsque l’exposition au virus a disparu.

Conserver la recette des anticorps suffit en cas de réinfection ‘lente’, c’est-à-dire dans le cas où l’envahissement du virus dans le corps est plus lent que le temps que met l’organisme à redémarrer sa production d’anticorps.

Dans un article publié sur ce blogue au début de la pandémie au Québec, nous expliquions que dans la majorité des cas, le nez sert d’incubateur au Covid-19 avant que des millions de copies du virus se lancent à l’assaut des poumons.

Tant qu’on n’aura pas mis au point un vaccin administré par vaporisation nasale qui rende cet incubateur impropre à la réplication virale, on doit compter sur de très grandes quantités d’anticorps sanguins et tissulaires pour empêcher toute réinfection.

Dans la ville de Manus, il aura suffi de l’apparition d’un variant (le P1) pour que cette ville — qui se croyait protégée — soit de nouveau atteinte durement en janvier 2021. On y comptait jusqu’à 22 % plus de morts quotidiens qu’au cours de la première vague.

Selon le New York Times, sur cent personnes atteintes par cette deuxième vague à Manus, entre 25 et 61 personnes avaient contracté le virus précédemment.

Conclusion

Le bilan de la lutte sanitaire, c’est qu’il y a eu 2,6 fois plus de morts par million d’habitants au Québec que dans les provinces anglophones du Canada.

Donc, lorsque les autorités sanitaires du Québec et du Canada donnent des avis contraires, les plus crédibles sont ceux qui ont causé moins de morts.

La série intitulée L’histoire d’un fiasco est le récit ahurissant de la lutte sanitaire menée par les autorités de la Santé publique du Québec.

Il ne s’agit pas d’une lutte au cours de laquelle beaucoup de décisions devaient être prises et du nombre, il est normal qu’on se soit trompé à l’occasion.

Au contraire, il s’agit d’une lutte où, dès le départ, les responsables ont déclaré vouloir laisser se développer l’immunité ‘naturelle’, c’est-à-dire vouloir que les gens attrapent le Covid-19 pour en devenir immunisés.

En conséquence, on a fait campagne contre le port du masque. On a mené une campagne de dépistage lilliputienne (tout en la qualifiant de ‘massive’). On a embauché insuffisamment de préposés à la recherche de contacts. On a laissé moisir les tests rapides reçus gratuitement du fédéral. On a déconseillé l’utilisation de scanneurs thermiques en usine comme mesure de dépistage. Et on a interdit les purificateurs d’air HEPA dans nos écoles (préférant de simples ventilateurs).

Bref, tout ce qui aurait pu nous protéger, ils étaient contre. Il n’est donc pas surprenant qu’il y ait eu tant de morts au Québec.

Alors que le principe de précaution veut qu’on tienne compte de l’expérience brésilienne, voilà que les autorités sanitaires du Québec préfèrent économiser les vaccins chez ceux qui ont déjà attrapé le Covid-19.

À l’heure actuelle, il n’est pas clair si la Santé publique ne fait que déconseiller la deuxième dose à ces personnes ou si elle leur refusera la double vaccination. Conséquemment, ma suggestion est simple.

Si vous avez attrapé le Covid-19 depuis plus d’un mois, n’avez pas encore été vacciné et souhaitez maintenant rattraper votre retard, mentez si la Santé publique vous demande si vous avez déjà eu des symptômes typiques du Covid. Vous n’êtes pas sous serment. Faites-leur croire que vous n’avez jamais eu le Covid-19.

Mieux vaut être trop protégé que pas assez.

Références :
Covid-19 : évolution en quatorze mois
Les gens qui ont eu la COVID devraient avoir une 2e dose, selon le Dr Karl Weiss
Les mystères du Covid-19 (2e partie)
Virus Variant in Brazil Infected Many Who Had Already Recovered From Covid-19
Québec affirme qu’une seule dose de vaccin suffit aux personnes qui ont eu la COVID-19


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : un G7 superpropagateur

22 juin 2021

Pour la première fois depuis des mois, les chefs d’État de sept des dix plus grandes puissances mondiales se sont réunies en personne. La réunion eut lieu du 11 au 13 juin dans le duché de Cornouailles, cette pointe de terre située à l’extrémité sud-ouest de l’Angleterre.

Évidemment, toutes les précautions sanitaires avaient été prises afin d’éviter que des personnes contagieuses se retrouvent dans la délégation de ces pays.

Et puisque tout ce monde s’est déplacé en avion, les compagnies aériennes étaient très fières que les chefs d’État fassent la preuve que, grâce à la vaccination, il est maintenant possible d’effectuer dès maintenant des vols internationaux de manière parfaitement sécuritaire.

Malheureusement, ce sommet fut un évènement superpropagateur.

Non pas que des chefs d’État furent contaminés lors de leur séjour à l’Étranger. Mais, c’est l’inverse; il s’est avéré que plusieurs délégués ont contaminé les Cornouaillais lors de leurs contacts avec la population locale.

Pourtant, la région du sud-ouest est celle où la proportion des personnes vaccinées est la plus forte en Angleterre.

Au 30 mai dernier, 66,2 % de sa population avait reçu au moins une dose de vaccin et 46,9 % des gens étaient complètement immunisés. À titre de comparaison, la moyenne anglaise est respectivement de 61,8 % et de 40,8 %.

Malgré son bouclier vaccinal, pour la première fois depuis le début de la pandémie, cette région s’est retrouvée au-dessus de la moyenne nationale anglaise quant au nombre de nouveaux cas de Covid-19. Et ce, depuis la réunion du G7.

Au 3 juin 2021, dans le duché de Cornouailles, le taux de contagion était de 49 cas par million d’habitants. Dix jours après le G7, il avait explosé à 1 306 cas par million, soit 26 fois plus.

Dans les parties du duché tournées vers la Manche (au sud) — où sont domiciliés les étudiants des universités Exeter et Falmouth — les experts soupçonnent que la cause serait liée à une augmentation des cas sur le campus de ces universités.

Mais les éclosions les plus importantes sont survenues du côté tourné vers la mer Celtique (au nord). Or c’est là qu’ont séjourné les délégations internationales du G7.

Si la Chine avait été invitée à ce sommet, la propagande anglo-américaine aurait immédiatement semé le doute quant à l’efficacité du dépistage chinois et réclamé une série d’enquêtes internationales jusqu’à ce qu’on en arrive à la ‘bonne’ conclusion; c’est la faute de la Chine.

Mais comme il n’y avait là que des pays amis, le gouvernement britannique préfère imputer la cause au variant Delta.

Effectivement, ce variant a causé une légère résurgence des cas partout en Angleterre, passant d’environ 2 400 cas au 7 mai à 10 633 cas hier. Mais c’est sans commune mesure avec l’explosion des cas dans le duché de Cornouailles.

Références :
Cornouailles
Covid cases in Cornwall above national average for first time
Covid vaccine rollout MAPPED: Staggering speed of jabs across England exposed
Le secteur aérien espère une annonce sur les liaisons transatlantiques
No 10 says G7 summit not to blame for rise in Cornwall’s Covid cases

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Dominique Ducharme vs le Covid-19 : questions et réponses

19 juin 2021

Comment l’entraineur-chef du club de hockey Canadien a-t-il attrapé le virus ?

Dans plus de 99,9 % des cas, le Covid-19 s’attrape en respirant les gouttelettes respiratoires d’une personne contagieuse.

Lorsqu’elle parle, crie, tousse, chante ou éternue, toute personne contagieuse est une fontaine à Covid; elle émet alors de grosses gouttelettes respiratoires qui tombent généralement à moins de deux mètres d’elle — d’où la distance sanitaire fixée à cette distance — et tout un panache de minuscules gouttelettes invisibles qui, comme un nuage de fumée de cigarette, reste en suspension dans l’air et sont entrainées un peu avec elle lorsqu’elle se déplace dans un endroit clos.

Le respect de la distance sanitaire de deux mètres protège contre les grosses gouttelettes mais n’offre aucune protection contre les petites, particulièrement avec les variants, renommés pour être plus contagieux.

L’idée soutenue par la Santé publique du Québec selon laquelle seules les grosses gouttelettes sont contagieuses ne repose sur aucune base scientifique.

Toutes les gouttelettes respiratoires, les grosses comme les petites, naissent de la fragmentation du liquide qui baigne notre bouche, notre gorge et notre nez. Les gros fragments sont les grosses gouttelettes et le petits fragments sont les petites gouttelettes.

Donc un millilitre de grosses gouttelettes et un millilitre de petites gouttelettes contiennent exactement le même nombre de virus si toutes ces gouttelettes ont été prélevées chez la même personne contagieuse.

Un masque retient les grosses gouttelettes, mais ne retient pas les petites qui s’échappent le long des joues et de chaque côté du nez.

Quiconque porte un masque par temps froid a bientôt les lunettes embuées; c’est signe que le masque ne retient pas tout. Mais c’est mieux que rien et notamment, mieux de simplement se laver les main et garder la distance sanitaire.

Toutefois, en inspirant, le masque se colle au visage et retient toutes les grosses gouttelettes. Depuis l’apparition des variants, ma recommandation est de porter un masque N95 dans des endroits clos tant qu’on n’est pas complètement immunisé.

On devient positif un peu avant l’apparition des symptômes (environ cinq jours après le contact). Donc l’entraineur-chef s’est retrouvé à respirer des gouttelettes respiratoires contaminés il y quelques jours, très probablement dans un local clos; aréna, ascenseur, avion, taxi à l’air climatisé, etc.

Dominique Ducharme, était-il été vacciné ?

Oui, il avait reçu sa deuxième dose de vaccin le 9 juin dernier. Ni le Canadien ni M. Ducharme lui-même n’ont jugé bon préciser le nom du fabricant des vaccins reçus.

Comment peut-il avoir attrapé le Covid-19 s’il a été vacciné ?

On est complètement vacciné dès l’instant où on reçoit la deuxième dose d’un vaccin à deux doses. Mais on ne devient complètement immunisé qu’entre trois et six semaines (selon l’âge) plus tard. Ce qui n’était pas le cas de l’entraineur-chef.

Même lorsqu’on est complètement immunisé, les vaccins ne sont pas efficaces à 100 %. Ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna sont efficaces à environ 94 % tandis que celui d’AstaZeneca est efficace à environ 60 %.

Toutefois, dans le cas de Pfizer et de Moderna, le taux d’efficacité est connu seulement lorsque les deux doses sont espacées trois ou quatre semaines (comme dans les études scientifiques financées par le fabricant).

Toutefois, en raison de la pénurie de vaccins reçus par Ottawa, on a jugé bon au Québec d’espacer les doses de trois mois, ce qui est valable pour le vaccin d’AstraZeneca, mais contraire à la posologie officielle des vaccins de Pfizer et de Moderna.

Donc il est certain que ces deux vaccins sont efficaces quand même. Mais personne ne sait précisément le taux d’efficacité en suivant ce protocole de vaccination ‘déviant’.

Lorsqu’on soustrait 100 % moins le taux d’efficacité, on obtient le taux d’échec vaccinal.

Ce taux d’échec est le pourcentage des personnes qui attrapent le Covid-19 même si elles sont vaccinées. Dominique Ducharme en fait partie.

Alors qu’est-ce que ça donne de recevoir un vaccin si on peut attraper le Covid-19 quand même ?

Lorsqu’on n’est pas vacciné et qu’on respire les gouttelettes respiratoires d’une personne contagieuse, le risque d’attraper le Covid-19 est de 100 %.

Après avoir été immunisé par une ou deux doses de vaccin, ce risque est moindre.

Plus important encore est le fait que les conséquences graves de la pandémie sont considérablement réduites lorsqu’on est immunisé.

En cas d’échec vaccinal, une partie des vaccinés qui attrapent le Covid-19 quand même ne s’en rendent même pas compte, tandis que le reste développe habituellement des symptômes mineurs qui ne justifient pas leur hospitalisation.

Même dans le cas des variants plus contagieux, les deux doses du vaccin de Pfizer préviennent 94 % des hospitalisations alors que celles d’AstraZeneca les préviennent à 92 %. Donc, c’est pareil… lorsqu’on suit la posologie du fabricant.

Quant aux morts chez les vaccinés, dans le cadre des études réalisées chez environ trente-mille volontaires, personne ne mourait du Covid-19 en cas d’échec vaccinal.

Dans la vraie vie, cela est très rare; on a eu un décès chez une Québécoise âgée de 87 ans en attente de recevoir sa deuxième dose. Mais sans vaccination du tout, rappelons-nous de l’hécatombe dans nos hospices au cours de la première vague…

Donc oui, il faut se faire vacciner même s’ils ne nous protègent pas à 100 % contre les formes mineures de la pandémie.

Doit-on s’inquiéter du sort de Dominique Ducharme ?

Lorsqu’on attrape le Covid-19 même vacciné, on est contagieux. Voilà pourquoi l’entraineur-chef s’est mis en retrait.

Mais la charge virale — c’est-à-dire la quantité de virus dans sa gorge — est beaucoup moindre que s’il n’était pas vacciné.

Donc il est contagieux, mais moins dangereux grâce à la vaccination.

Dans sept à dix jours, il secrètera encore des débris de virus morts mais il ne sera plus contagieux. Donc on devrait le revoir bientôt derrière le banc des Canadiens.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : que penser du variant Delta ?

16 juin 2021

Détecté en Inde où il fait des ravages, le variant Delta (ou variant B.1.617.2) est maintenant la cause d’une légère résurgence de la pandémie en Grande-Bretagne (où il représente 90 % des cas).

En janvier dernier, au pire de la pandémie dans ce pays, on y comptait presque deux-millions de cas actifs. Grâce à une campagne de vaccination énergique, il n’y en avait plus que 88 987 le 19 mai dernier.

Toutefois, le nombre de cas actifs avait remonté à 160 660 hier, un mois plus tard. Rien de comparable à la situation au début de l’année.

Ceci nous indique qu’on ne doit pas présumer que la pandémie est terminée. Et puisque ce retour limité a essentiellement atteint les personnes qui ne sont pas complètement immunisées contre le Covid-19, c’est un rappel de l’importance de la vaccination complète contre ce virus.

Aux États-Unis, le variant Delta représentait 2,5 % des nouveaux cas le mois dernier alors qu’il comptait pour 0,6 % des nouveaux cas un mois plus tôt. On estime dans ce pays que les cas de variant Delta doublent toutes les deux semaines.

Selon les autorités américaines, contre ce variant, le vaccin de Pfizer/BioNTech protège à 33 % après une dose et à 88 % après la seconde dose.

Selon les autorités britanniques, dans le cas du vaccin d’AstraZeneca, le pourcentage de protection est respectivement de 30 % et de 60 %.

Au premier abord, cela semble peu. Mais on doit se rappeler qu’en cas d’échec vaccinal, une partie des vaccinés qui attrapent le Covid-19 quand même ne s’en rendent pas compte, tandis que le reste développe habituellement des symptômes mineurs qui ne justifient pas leur hospitalisation.

Les deux doses du vaccin de Pfizer préviennent 94 % des hospitalisations alors que celles d’AstraZeneca les préviennent à 92 %. Donc, c’est pareil.

Quant aux morts chez les vaccinés, on ne possède pas de données populationnelles. Toutefois, dans le cadre des études réalisées chez environ trente-mille volontaires, personne ne mourait du Covid-19 en cas d’échec vaccinal.

Tout comme aux États-Unis, il est à prévoir que le variant Delta deviendra la forme prédominante de Covid-19 partout au Québec cet été.

Ses effets seront extrêmement variables puisque l’immunité grégaire est atteinte d’une manière très irrégulière sur le territoire québécois.

Références :
La contagiosité accrue des variants du Covid-19 et les mesures sanitaires
The Covid Delta variant: how effective are the vaccines?
The Delta variant is spreading. What does it mean for the US?

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Rapprocher les doses d’Astra-Zeneca : prudence

6 juin 2021

Dans les jours qui viennent, les personnes qui ont déjà reçu une première dose d’un vaccin contre le Covid-19 pourront faire devancer la date prévue pour leur deuxième dose.

Dans le cas de ceux qui ont reçu une première dose du vaccin de Pfizer/BioNTech ou de Moderna, il s’agit d’une excellente nouvelle.

L’homologation de ces deux vaccins est basée sur des études au cours desquelles les doses de ces deux vaccins étaient espacées de trois ou de quatre semaines.

Les espacer bien au-delà était un risque que prenait la Santé publique du Québec lié à des problèmes d’approvisionnement. Par contre, rapprocher cet écart vers ce qui est prouvé scientifiquement est évidemment souhaitable.

Dans le cas du vaccin d’Astra-Zeneca, c’est différent.

Celui-ci a été homologué à partir d’études au cours desquelles les deux doses étaient espacées de douze semaines.


 
Une étude britannique publiée le 4 mars dernier a prouvé qu’on obtient une protection vaccinale utile (mais très variable) même quand les doses sont plus rapprochées.

Désireuse de profiter d’un approvisionnement bien meilleur en vaccins, la Santé publique a décidé d’accélérer sa campagne de vaccination.

Ignorant un fois de plus le principe de précaution, les autorités sanitaires voulaient qu’on administre la deuxième dose du vaccin d’Astra-Zeneca aussi précocement que quatre semaines après la première.

Cette recommandation n’était pas basée sur la science, mais seulement sur l’avis d’experts (sic), plus précisément sur les membres du comité d’immunisation du Québec.

Soyons francs : des experts en Covid-19, cela n’existe pas. Personne n’est détenteur d’un baccalauréat en Covid décerné par une université québécoise. Tout ce qu’on a, ce sont des épidémiologistes ou de simples médecins qui font de leur mieux pour comprendre un phénomène nouveau pour nous tous.

“Valider” une recommandation sanitaire en recueillant les préjugés de personnes réunies autour d’une table n’est pas un substitut à la science.

Très sagement, le ministre Christian Dubé, a estimé qu’en l’absence de base scientifique, il valait mieux être plus prudent et de laisser un écart minimal de huit semaines entre les doses du vaccin d’Astra-Zeneca.

Cet écart offre une protection vaccinale plus évidente.

Néanmoins, on ignore les risques d’effets secondaires graves de doses plus rapprochées que ce qui est recommandé.

Les études cliniques qui ont prouvé l’efficacité des vaccins ont porté sur des dizaines de milliers de personnes. Toutefois, ces études n’ont pas la taille suffisante pour déceler des effets secondaires qui surviennent à une fréquence très rare (de l’ordre d’une personne sur cent-mille).

Voilà pourquoi, tout ce qui peut nous guider, c’est l’expérience de pays qui ont vacciné des millions de personnes avant nous, plus précisément Israël, la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Malheureusement, on ne peut pas tenir compte de leur expérience.

Premièrement, parce qu’en Israël, on a administré du Pfizer/BioNTech. Deuxièmement parce qu’en Grande-Bretagne — où on a administré de l’Astra-Zeneca — on a respecté sa posologie. Et dernièrement, parce que les États-Unis n’ont pas encore homologué ce vaccin et donc, n’ont aucune expérience à son sujet.

Retarder l’administration de la deuxième dose des vaccins à ARN messager afin de vacciner le plus de gens possible a été une imprudence qui s’est avérée positive; les nouveaux cas, les hospitalisations et les décès ont chuté de manière importante au Québec.

Mais jouer à la roulette russe finit toujours par avoir des conséquences graves.

L’atténuation des mesures sanitaires lors de la rentrée scolaire en septembre dernier était une autre imprudence qui elle, s’est avérée malheureuse, comme prévu.

Dans ce cas-ci, rapprocher les doses du vaccin d’Astra-Zeneca ne tient pas compte de l’augmentation possible de ses effets secondaires graves.

En conséquence, ma recommandation est simple.

Pour toutes les personnes qui ont reçu une première dose du vaccin de Pfizer ou de Moderna, n’hésitez pas à faire devancer le rendez-vous pour recevoir votre deuxième dose.

Mais ceux qui ont reçu celui d’Astra-Zeneca, attendez de voir ce que donne le rapprochement des doses chez les autres.

Jusqu’ici, les sites web de Radio-Canada et de La Presse ont été d’excellentes sources d’information sur les ratés de la lutte sanitaire du Québec.

Si le rapprochement excessif des doses du vaccin d’Astra-Zeneca provoque une hausse importante des accidents secondaires graves, on le verra dans les trois semaines qui suivront le nouveau protocole de vaccination.

D’ici là, laissez votre rendez-vous tel quel que prévu.

Références :
Covid-19 : une rentrée scolaire idéale
Mourir en attendant sa deuxième dose
Québec clarifie sa position quant à la 2e dose du vaccin d’AstraZeneca
Single-dose administration and the influence of the timing of the booster dose on immunogenicity and efficacy of ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) vaccine: a pooled analysis of four randomised trials

Paru depuis :
Devancement de la dose que pour les vaccinés Pfizer pour le moment (2021-06-07)

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Vaccination et bal des finissants

4 juin 2021

Des 136 textes publiés jusqu’ici au sujet du Covid-19, les seuls où mes prédictions se sont avérées erronées sont ceux dans lesquels je prédisais l’échec de la vaccination au Québec.

En dépit de sa lenteur initiale, ma crainte de l’apparition d’un mutant résistant aux vaccins ne s’est pas réalisée.

Je suis très heureux d’avoir eu tort.

Toutefois, ce qui se réalise aux États-Unis, c’est cette autre prédiction selon laquelle il faut vacciner rapidement la population consentante, à défaut de quoi la motivation des gens à recevoir le vaccin diminue avec le temps, notamment lorsque la pandémie ne fait presque plus de victimes.

En somme, il ne faut pas rater les occasions.

En Israël, le ‘truc’ a été de ne permettre l’accès aux restaurants et aux bars qu’aux détenteurs d’une passe vaccinale. Une passe accordée à ceux qui ont reçu leurs deux doses de vaccin.

Au Québec, les taux de vaccination avec une seule dose sont actuellement de 43 % chez les adolescents de 12 à 17 ans, et de 62 % chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans.

Règle générale, les jeunes Québécois souhaitent se faire vacciner.

Pour les inciter à passer à l’action, ma suggestion est de mettre sur pied une campagne de vaccination dans chaque lycée visant à y atteindre un taux de vaccination (avec une dose) de 70 % chez les élèves.

Imaginez, bien à la vue à l’entrée de l’édifice, l’illustration d’un thermomètre surdimensionné semblable à celui qu’on utilise lors de campagnes de financement. Sauf qu’ici, la colonne de mercure est le pourcentage de vaccination dans cette école.

Et dès qu’un taux de vaccination avec une dose atteint 70 %, les élèves de ce lycée sont autorisés à tenir leur bal des finissants…

Références :
Bals de finissants: Arruda est dans le champ
Covid-19 : doit-on s’inquiéter de la réticence aux vaccins ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution en quatorze mois

1 juin 2021

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Dans ce tableau, l’évolution en 2020 est montrée tous les quatre mois (numérotés) alors que pour 2021, l’évolution est représentée mensuellement.

Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 04 08 12 Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin
Hongrie 2 62 516 1002 1304 1561 2177 2874 3088
Bosnie-Herzég. 1 100 833 1249 1445 1552 2044 2620 2842
Rép. Tchèque 4 36 63 1093 1529 1909 2479 2733 2808
Macédoine du N. 6 237 860 1205 1376 1509 1829 2348 2603
Bulgarie 1 56 583 1099 1322 1491 1927 2382 2569
Slovaquie 0 5 158 412 863 1331 1793 2148 2262
Brésil 1 440 815 916 1055 1198 1523 1901 2175
Belgique 73 849 863 1681 1815 1899 1979 2083 2145
Slovénie 2 60 717 1312 1694 1854 1950 2048 2105
Italie 206 581 933 1235 1471 1622 1819 2004 2090
Pérou 2 588 1087 1136 1239 1403 1561 1843 2077
Croatie 1 35 455 968 1236 1354 1460 1746 1968
Pologne 1 46 465 766 984 1158 1419 1796 1953
Royaume-Uni 35 680 868 1089 1565 1805 1860 1870 1873
États-Unis 12 477 831 1074 1367 1586 1704 1776 1834
Colombie 0 203 723 850 1060 1168 1240 1446 1738
Argentine 1 79 854 954 1062 1145 1229 1407 1728
Mexique 0 362 818 971 1222 1430 1567 1668 1717
Espagne 194 608 973 1087 1263 1488 1615 1672 1710
France 53 464 819 991 1171 1328 1468 1601 1677
Portugal 18 170 449 685 1253 1607 1657 1669 1674
Lithuanie 3 30 192 588 1046 1199 1330 1463 1591
Roumanie 5 124 601 826 960 1065 1237 1474 1588
Chili 1 498 804 868 965 1075 1213 1374 1523
Moldavie 1 195 576 746 855 987 1242 1447 1519
Arménie 1 253 739 953 1040 1077 1191 1391 1497
Panama 7 335 709 935 1216 1341 1402 1426 1456
Suède 24 568 671 861 1144 1265 1330 1384 1419
Québec 4 669 834 958 1157 1214 1246 1276 1311
Paraguay 0 7 245 315 380 445 590 899 1274
Latvie 0 17 111 343 641 866 1023 1145 1274
Uruguay 1 10 22 55 127 175 288 766 1246
Suisse 54 229 568 882 1087 1148 1189 1221 1243
Bolivie 1 255 763 780 882 989 1041 1099 1229
Géorgie 0 4 327 634 802 884 950 1037 1206
Autriche 16 80 368 693 861 948 1036 1131 1172
Grèce 5 20 242 469 561 629 786 1007 1168
Ukraine 1 39 288 428 522 598 764 1021 1166
Équateur 6 325 760 790 837 888 946 1048 1153
Liban 2 10 167 240 462 697 924 1074 1138
Tunisie 1 5 275 398 572 674 742 907 1066
Allemagne 10 110 207 410 696 845 920 996 1063
Pays-Bas 68 359 550 672 817 908 965 1000 1027
Irlande 15 357 417 453 667 868 945 984 991
Estonie 4 48 93 180 324 451 684 878 948
Iran 37 202 576 655 686 710 740 849 945
Afrique du Sud 0 137 363 484 743 836 884 908 943
Jordanie 1 1 273 376 422 460 675 862 920
Albanie 5 56 286 411 484 631 779 833 853
Russie 0 96 277 394 504 592 680 757 835
Costa Rica 0 30 339 427 514 546 577 629 793
Serbie 3 67 189 373 463 512 614 733 789
Israël 3 57 313 365 524 626 676 692 688
Palestine 0 16 144 273 354 396 510 625 672
Honduras 1 135 293 315 361 415 459 526 632
Bahreïn 2 86 198 201 214 257 297 368 575
Eswatini 0 37 104 185 492 558 571 573 575
Turquie 3 67 164 248 307 337 374 476 560
RoC* 3 113 175 256 354 401 426 461 495
             
Japon 0,4 8,0 16,9 27,4 45,3 62,5 72,7 81,1 103,6
Corée du Sud 3,2 5,8 10,2 17,9 27,8 31,3 33,8 35,7 38,3
Hong Kong 0,5 4,5 14,5 19,7 24,3 26,7 27,3 27,8 27,8
Singapour 0,5 4,5 4,9 4,9 4,9 4,9 5,1 5,3 6,0
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,4 0,4 0,5 5,7
Chine 2,4 3,3 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2
Vietnam 0,0 0,0 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En mai, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Amérique du Sud, particulièrement dans trois pays : en Uruguay (+480), au Paraguay (+375) et en Argentine (+321)

La contagion s’accélère lentement au Japon alors qu’elle diminue légèrement en Inde. Dans ce dernier pays, le nombre (sous-estimé) de morts par million d’habitants est passé de 0,3 à 155 en avril, et s’est accru de 86 morts supplémentaires par million d’habitants en mai.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire d’un fiasco – 4e partie : la lutte québécoise contre le Covid-19 en mai 2020

31 mai 2021

Décrété le 13 mars, le premier confinement du Québec porta ses fruits en mai 2020.

Entre le début et la fin de ce mois, le nombre de cas actifs passa de 5 956 à 1 861 par semaine (une diminution de 68,8 %) alors que le nombre hebdomadaire de morts chutait de 685 à 210 (soit 69,3 % de moins).

Cette tendance devait se poursuivre jusqu’à la levée presque complète du confinement, le 25 juin suivant.

Cela n’est pas surprenant; il est impossible d’attraper une infection contagieuse à laquelle on n’est pas exposé.

En premier lieu, le mérite de ce succès revenait au gouvernement caquiste qui avait un peu forcé la main à la Santé publique pour que ce confinement soit ordonné. Et deuxièmement, il revenait à la population québécoise puisque celle-ci était, en Amérique du Nord, celle qui avait le plus fidèlement respecté les directives sanitaires.

Mais un confinement est exercice futile si on ne prépare pas le déconfinement.

Comme un feu de broussaille, dès que les flammes ont disparu, il faut éteindre les derniers tisons, c’est-à-dire les foyers résiduels d’infection.

Sinon, le feu reprendra dès qu’on aura tourné le dos.

Ce qui veut dire qu’il est essentiel de se préparer à tester toute la population, mettre en quarantaine les derniers cas décelés et, à partir d’eux, procéder à une recherche de contacts.

Malheureusement, la Santé publique ne s’est préparée à rien de cela.

Les pays d’Extrême-Orient ou d’Océanie qui ont réussi leur lutte sanitaire sont tous des pays qui, à l’aide de moyens rudimentaires — des scanneurs thermiques à défaut de tests qui n’étaient pas encore inventés — ont mis sur pied la ‘chasse’ permanente et systématique des personnes symptomatiques.

En Chine, en Corée du Sud, au Japon et au Vietnam, il était impossible de sortir de son domicile sans être scanné à tous les coins de rue par un préposé sanitaire. Et d’être intercepté si on était fiévreux.

Au Québec, les autorités sanitaires entrevoyaient le déconfinement comme un état où elles se contenteraient d’émettre passivement des directives et des recommandations censées encadrer le retour de la vie à la normale.

Le mois de mai est celui où le manque d’effectifs de la Santé publique (et la désorganisation qui en découle) fut le plus évident.

On en avait eu un indice en début mai quand Radio-Canada avait révélé qu’à l’occasion d’une éclosion dans une garderie de Mascouche — ouverte aux enfants de travailleurs essentiels — 12 enfants sur 27 avaient été contaminés, de même que 4 membres du personnel.

Ce qui est révélateur, c’est que le directeur de la Santé publique de Lanaudière lui-même était incapable de savoir précisément quand le premier cas avait été testé et après combien de jours on s’était rendu compte qu’il était positif.

Tout cela sentait l’amateurisme à plein nez.

Lors de ses conférences de presse, la ministre de la Santé, Danielle McCann, affirmait catégoriquement que les personnes testées obtenaient leur résultat en moins de 24 à 48 heures, ce que contredisaient à répétition les journalistes.

À l’époque, la Santé publique souffrait encore de la centralisation excessive des tests de laboratoire découlant de la réforme Barrette.

Ce que la Santé publique disait à la ministre — et que celle-ci répétait convaincue qu’il s’agissait de la vérité — c’est que le laboratoire provincial de la Santé publique effectuait les tests en 24 à 48 heures.

Mais cela était de la réception du prélèvement à la fin du test.

Cela ne tenait pas compte du temps d’acheminement de l’échantillon (variable selon les régions) ni du temps pour communiquer les résultats à l’infirmière ou au médecin ni le temps pour que le patient en soit informé.

Dans des cas extrêmes, les personnes testées pouvaient attendre presque deux semaines avant d’obtenir les résultats de leur test.

Selon les journalistes, la moyenne, très variable, tournait aux alentours de cinq jours.

Or, entre le moment de la contamination et le moment de l’apparition des symptômes, il s’est déjà écoulé préalablement quatre à cinq autres journées.

Ce qui signifie que lors de la recherche de contacts, les personnes interrogées devaient se souvenir des gens rencontrés il y a une dizaine de jours.

Ces retards rendaient impossible la recherche de contacts.

Dans toute l’histoire de cette pandémie, la Santé publique du Québec n’a jamais cherché à savoir quels étaient les délais d’attente de la population pour obtenir les résultats de leur test.

En conséquence, les autorités sanitaires ne se sont pas préparées au déconfinement qui allait suivre au cours du mois suivant.

Ce qu’on qualifiait pompeusement de dépistage ‘massif’, c’était tester 0,16 % de la population québécoise par jour. Moins du cinquième d’un pour cent. Une farce.

Quant à la recherche de contacts, les préposées s’arrachaient les cheveux à essayer de faire leur travail.

Bref, la lutte sanitaire du Québec contre la pandémie, c’était comme vouloir repousser des chars d’assaut ennemis avec de l’eau bénite et des tire-pois (appelés sarbacanes en France).

(À suivre)

Références :
Covid-19 : les bonnes nouvelles de l’université Colgate
Covid-19 : le test de la réalité
Éclosion de COVID-19 dans une garderie de Lanaudière
Données COVID-19 au Québec
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie

Pour consulter tous les textes de la série sur l’histoire de la lutte québécoise contre le Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Passeport vaccinal, discrimination et port du masque

24 mai 2021

Lorsqu’on épouse quelqu’un, on exerce une discrimination à l’égard de toutes les personnes qu’on n’épouse pas. De la même manière, à l’épicerie, quand on achète une bière, on exerce une discrimination à l’égard de toutes les autres. Car choisir, c’est discriminer.

Dans un autre ordre d’idée, il est acceptable qu’un évènement social soit interdit à toute personne qui ne respecte pas une consigne; par exemple, être costumé ou porter de manière prédominante des vêtements d’une couleur.

Un lieu de culte a parfaitement le droit d’exiger une tenue vestimentaire décente.

En somme, la discrimination est normale. Elle fait partie de la vie.

Ce qui n’est pas normal, ce sont certaines formes précises de discrimination. La Charte québécoise des droits et libertés de la personne en dresse la liste; sont illégales les discriminations basées sur le sexe, sur le groupe ethnique, sur l’orientation sexuelle, sur l’âge, sur la religion, etc.

Mais la discrimination basée sur l’état de la vaccination n’en fait pas partie.

Ce qui ne veut pas dire qu’on peut librement pénaliser les personnes non vaccinées, notamment en les privant d’un droit.

Prenons un exemple : lorsqu’un vaccin sera homologué pour eux, pourra-t-on interdire l’école aux élèves non vaccinés ?

Tout enfant d’âge scolaire a droit à l’école. En contrepartie, toute personne possède le droit à la santé. Si l’élève qui n’est pas vacciné est une menace à la santé de ses camarades, son droit à l’éducation peut être respecté par l’apprentissage en ligne.

D’autre part, une fois l’immunité grégaire atteinte chez les écoliers, celui qui n’est pas vacciné n’est plus un danger que pour la minorité d’écoliers qui, comme lui, ont choisi de courir le risque de la non-vaccination en temps de pandémie.

En d’autres mots, une discrimination peut être acceptable maintenant et cesser de l’être dans quelques mois. Tout dépend du contexte.

Décerné à toute personne complètement immunisée contre le Covid-19, le passeport vaccinal rend possible la discrimination à l’égard de ceux qui ne le sont pas.

Lorsqu’une telle discrimination est justifiée — notamment dans les milieux de travail où la pandémie a occasionné d’importantes pertes économiques — le passeport vaccinal répond à un besoin.

En date d’hier, 39,6 % de la population des États-Unis est complètement vaccinée. Dans ce pays, un passeport vaccinal trouve toute sa justification.

Dans ce pays comme au Québec, les restaurateurs peinent à convaincre leurs employés de retourner au travail. Soumis à la chaleur de leurs fours, les cuisiniers, par exemple, détestent le port inconfortable du masque.

Voilà pourquoi l’exigence d’une preuve vaccinale est adoptée par un nombre croissant de restaurateurs américains. De plus, cela permet de rassurer leur clientèle en lui garantissant que personne autour d’eux n’est dangereux.

Au Québec, seuls 4,4 % des Québécois sont complètement vaccinés. Un restaurateur qui voudrait faire pareil se tirerait dans le pied puisque cela équivaudrait à interdire son restaurant à presque tout le monde.

Toutefois, dans la mesure où la vaccination au Québec comble lentement le retard qu’elle a pris comparativement à celle aux États-Unis, on doit se préparer à ce que la présentation d’une preuve vaccinale remplace peu à peu l’exigence du port du masque dans certains endroits publics.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : ce que la présence des variants révèle

20 mai 2021

Le variant B.1.617 a été découvert en Inde le 5 octobre 2020.

Le premier cas québécois causé par ce variant a été trouvé le 21 ou le 22 avril en Mauricie. Heureusement, la personne atteinte n’a pas développé une forme grave de Covid-19 et s’en est remise depuis.

Son diagnostic a été établi parce qu’un prélèvement a été envoyé au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg. Autrement, on ne l’aurait pas su.

Au Québec, le séquençage génétique des virus prélevés n’inclut pas le variant B.1.617. En effet, le Laboratoire de Santé publique du Québec n’a pas cru bon de se doter des moyens de le détecter sept mois après sa découverte.

Quand on le trouve, c’est expressément parce que la Santé publique a pris la décision de demander au laboratoire de Winnipeg d’effectuer une vérification à ce sujet.

Il est donc possible que ce variant se propage incognito depuis plus longtemps qu’on pense.

Dans ce cas-ci, les autorités sanitaires voulaient comprendre pourquoi ce citoyen de Mauricie avait pu contracter le Covid-19 alors qu’il a été partiellement vacciné en janvier dernier.

Est-ce que cet échec vaccinal se serait produit si le protocole québécois de vaccination respectait la posologie du fabricant, soit deux doses séparées de trois ou de quatre semaines (et non de trois ou quatre mois) ? On ne le saura jamais.

Ce qu’on sait, c’est qu’officiellement, cet échec vaccinal est de la faute du variant.

Depuis, dix autres cas de ce variant ont été confirmés par Winnipeg.

Ces autres cas ont été trouvés dans des échantillons prélevés chez des voyageurs arrivés au Québec par avion.

On ignore dans quelle mesure ces personnes ont respecté la quarantaine ‘obligatoire’ décrétée par Ottawa. Ni comment elles ont pu prendre l’avion jusqu’ici.

D’autres variants circulent déjà très bien au Québec. On estime que le variant B.1.1.7 (surnommé variant britannique) représente 90 % des cas actuels au Québec.

Il n’est pas exclu de penser qu’un variant puisse naitre spontanément dans plusieurs parties du monde simultanément.

Mais puisqu’on trouve au Québec des cas de tous les variants connus à ce jour à travers le monde, l’explication la plus probable est qu’en dépit des belles promesses de nos politiciens, la frontière canadienne est demeurée une passoire, comme elle l’est depuis le début de cette pandémie.

Si les politiciens avaient respecté leur parole, seul le Covid-19 ‘classique’ circulerait au Québec.

Références :
Covid-19 : les prix citron à Ottawa et à la STM
Crise sanitaire en Inde : ce qu’on sait du variant B.1.617
Le Covid-19 aux aéroports : la passoire canadienne
Le variant B.1.617 sous surveillance rehaussée
Variant B.1.617

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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