Covid-19 : l’utilisation ‘judicieuse’ des masques

30 mars 2020

Introduction

Ce matin, en conférence de presse, la ministre québécoise de la Santé a déclaré :

« Les établissements [de santé] se sont organisés pour que les opérations d’approvisionnement [en masques] se fassent de façon optimale.
(…)
Il faut vraiment insister sur l’utilisation judicieuse des masques. Que ce soit les N95 ou les masques de procédure.
(…)
Il faut vraiment s’assurer que les masques, par exemple les N95, soient pour les bons intervenants dans les bonnes procédures. Je ne pense pas que c’est normal qu’un gardien de sécurité porte un N95.
(…)
Je sais que les gens qui sont dans le maintien à domicile, les CHSLD, la protection de la jeunesse sont préoccupés. Ils ont ce qu’il faut. Mais il faut absolument qu’ils les utilisent dans les bonnes constances.
(…)
C’est la condition pour en avoir suffisamment pour la suite des choses.
»

Traduction

Ce que la ministre veut dire, c’est qu’on manque de masque.

Voilà pourquoi on estime que des ‘subalternes’ (comme des gardiens de sécurité) devront accepter de courir un certain risque afin qu’on ait suffisamment de masques N95 pour ceux qui sont au cœur de la lutte contre la pandémie.

La ministre a raison de fixer des priorités. Dans une guerre, il arrive qu’un général doive sacrifier un bataillon si cela lui permet d’infliger à l’ennemi une défaite plus décisive sur un autre front.

Or dans ce cas-ci, le front, il est aux urgences, aux soins intensifs, aux cliniques de dépistage, et non à la porte de l’hôpital.

Si on avait tellement de masques qu’on ne savait pas où les mettre, la ministre ne serait pas obligée de les rationner au bénéfice des ‘bonnes personnes’ aux ‘bons endroits’.

Ces temps-ci, on insiste beaucoup sur l’importance du lavage des mains. Effectivement, l’eau et le savon tuent plus efficacement le virus du Covid-19 que n’importe quel désinfectant.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier que si la pandémie du Covid-19 se propageait par le toucher, elle n’aurait pas fait le tour du globe en trois mois.

Pour que l’épidémie se soit répandue aussi facilement, c’est que son principal mode de transmission, c’est par voie pulmonaire. En somme, par des particules virales en suspension dans l’air.

Dans le contexte d’une pénurie de masques, la distanciation sociale devient la seule alternative.

Comment en est-on arrivé là ?

Réponse : on a mal évalué ce qui fait partie des ressources stratégiques. Au Canada, comme dans tous les pays du G7, on a cédé aux chantres de la mondialisation aveugle.

Dans une guerre conventionnelle, si on manque de pétrole, les bombardiers sont cloués au sol et les chars d’assaut ne peuvent plus avancer. Alors qu’on a toujours suffisamment de chair à canon pour continuer les hostilités.

Voilà pourquoi l’accès à des réserves pétrolières est qualifié de stratégique; l’issue de la guerre en dépend.

Le Canada a perdu la presque totalité de sa capacité de produire des ingrédients actifs et des médicaments finis, laissant l’industrie pharmaceutique internationale délocaliser sa production en Chine ou en Inde afin de réaliser des économies d’échelle.

De la même manière, on n’a pas jugé stratégique la production nationale de tout ce qui est essentiel pour lutter efficacement contre de graves pandémies.

L’Inde n’a pas encore été touchée par le Covid-19. Au moment où ces lignes sont écrites, on y compte vingt-neuf morts. Deux de plus qu’hier.

Dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants, la distanciation sociale est impossible à faire respecter. On doit donc s’attendre d’ici peu à ce que ce pays détrône facilement les États-Unis au premier rang des pays les plus touchés par la pandémie.

On ne sera donc pas surpris d’apprendre qu’un million de masques destinés au Québec sont présentement bloqués en Inde. Les dirigeants du pays savent ce qui s’en vient. À leur place, que ferions-nous ?

Conclusion

Lorsqu’ils auront enterré leurs morts, les peuples occidentaux seront mûrs pour une révolution.

L’annonce que des centaines de milliards de dollars seront dépensées pour sauver l’économie ne doit pas nous faire oublier que cet argent sera puisé dans nos poches ou, comme toute dette, puisé dans celles de nos enfants.

Pour nous convaincre qu’ils sont réellement au service du peuple, nos dirigeants politiques devront financer la relance de l’économie en faisant main basse sur les sommes colossales cachées dans les paradis fiscaux et en taxant substantiellement le chiffre d’affaires des géants de l’Internet.

Comment nos dirigeants peuvent-ils être à ce point inféodés au grand capital international pour se soumettre volontairement à des traités internationaux qui leur interdisent d’assurer la sécurité de leur population ?

Alors que la pandémie débute en Amérique du Nord, le nombre de morts par million de personnes est déjà de 8 aux États-Unis et de 2 au Canada.

Dans certains pays d’Extrême-Orient, il y a presque plus de nouveaux décès. À l’issue (ou presque) de la pandémie, le nombre de morts par million de personnes est de 2 en Chine, 0,5 à Hong Kong, 0,4 au Japon et de 0,2 à Taïwan.

La Chine, le Japon, Taïwan et la Corée du Sud ont retenu les leçons de l’épidémie du SRAS en 2003. Cette fois-ci, ils ont agi promptement avec force.

Mais aucun pays occidental n’a fait de même.

Le temps des explications approche donc…

Références :
Les pénuries de médicaments
Plus d’un million de masques retenus en Inde

Paru depuis :
Les commandes de masques arriveront-elles à temps? (2020-03-31)


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Isoler les régions en temps de pandémie : l’exemple chinois

29 mars 2020

Introduction

Le gouvernement québécois a annoncé hier l’interdiction de tout déplacement non essentiel entrant ou sortant de huit régions québécoises dites ‘vulnérables’ afin de les protéger de la contamination plus importante ailleurs.

Les politiques néolibérales appliquées depuis des années au secteur de la santé font en sorte que le nombre de lits et les effectifs du personnel soignant suffisent à peine en temps normal. Les ressources deviennent donc insuffisantes en période de crise.

De plus, certaines des régions du Québec peinent à conserver leur population jeune, attirée par les opportunités offertes par les grands centres urbains.

Si bien que les régions éloignées du Québec souffrent d’un vieillissement de la population. C’est ainsi que le quart de la population de la Gaspésie–Côte-Nord est âgé de 65 ans ou plus.

Leurs hôpitaux risquent d’être plus débordés qu’ailleurs par le Covid-19. D’où leur ‘vulnérabilité’.

Le cloisonnement des régions chinoises

On ignore généralement à quel point la société chinoise est cloisonnée.

Sous Mao Zedong, toute personne née dans une commune y demeurait en principe toute sa vie. Un producteur pouvait aller vendre ses produits dans la commune voisine, mais pas y déménager.

En raison du boum économique des villes côtières de l’Est du pays, la demande en main-d’œuvre a nécessité un assouplissement de ce cloisonnement.

On permet donc au chef de famille d’aller travailler au loin. Mais pour éviter que toute sa famille le suive, on réserve l’école publique d’une ville comme Shanghai aux seuls résidents officiels de la ville. Et c’est par le biais d’une lenteur administrative voulue qu’on décourage la migration familiale.

Voilà pourquoi des centaines de millions de travailleurs chinois envoient de l’argent à leur famille au loin plutôt que de la faire déménager près d’eux. Ces travailleurs ne voient femmes et enfants qu’à l’occasion de la semaine des festivités du Nouvel An.

Ce cloisonnement est valable pour toutes les régions sauf le Tibet, que Beijing veut coloniser.

Déjà, il est évident que la Chine sortira moins meurtrie par la pandémie que n’importe quel pays occidental.

Cela tient en partie à la compétence de son gouvernement basé sur une méritocratie séculaire, mais également à deux facteurs qui sont propres à ce pays : un cloisonnement régional qui fait partie de l’ADN du pays et l’habitude du port du masque, normal pour des millions de Chinois.

On peut donc s’inspirer de l’expérience chinoise, mais on ne doit pas s’attendre à obtenir d’aussi bons résultats.

Références :
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Déplacements contrôlés dans certaines régions du Québec


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Covid-19 et la SAQ

28 mars 2020

Pourquoi a-t-on décidé de maintenir ouvertes les succursales de la Société des alcools du Québec ?

Au-delà des considérations commerciales, il y a deux raisons qui, à elles seules, justifient cette décision.

La première est la crainte de provoquer le sevrage forcé de tous les alcooliques du Québec, en particulier chez les itinérants (qu’on appelle SDF en France). Ce qui entrainerait leur admission hospitalière et l’engorgement inutile du système de santé en temps de crise.

La deuxième est la crainte que ce retour de la prohibition marque également le retour des plaies qui l’ont accompagnées, notamment une hausse de la criminalité et la fabrication artisanale d’alcool.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : le message d’espoir de Fred Pellerin

27 mars 2020

 

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Covid-19 : la quarantaine ou le laisser-faire ? (4e partie)

26 mars 2020

Introduction

Ces jours-ci, chaque gouvernement fait de son mieux afin de traverser cette crise de manière à ce qu’elle cause le moins de dommage possible.

Personne ne peut prédire avec certitude quels seront les gagnants et les perdants de cette vaste expérience douloureuse à laquelle l’Humanité est confrontée.

Si la grande majorité des pays développés ont décidé de suivre tant bien que mal l’exemple chinois — destiné à amortir l’impact de l’épidémie sur les systèmes de santé — quelques pays s’éloignent notablement de ce modèle.

La protection ciblée

Jusqu’à récemment, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Suède adoptaient une stratégie, totalement différente, de protection ciblée (en anglais, Herd Immunity).

En résumé, cette stratégie consiste à protéger les personnes âgées en les isolant — puisque c’est essentiellement eux qui en meurent — tout en laissant l’épidémie se répandre dans le reste de la population. Comme on le fait déjà à chaque épidémie de grippe lorsque le vaccin s’avère inefficace.

L’objectif est de limiter le nombre des victimes tout en laissant le pays s’immuniser à la dure et devenir dorénavant réfractaire à toute nouvelle pandémie causée par ce virus-là.

En théorie, cette stratégie n’est pas aussi irresponsable qu’on le prétend.

L’attitude ‘cool’ des Britanniques s’expliquait jusqu’à tout récemment par le fait que la pandémie n’avait causé que relativement peu de victimes dans ce pays insulaire.

Le premier mort dans ce pays est survenu le 5 mars. Une semaine plus tard, il y en avait dix. Du 12 au 19 mars, le nombre de morts passe de 10 à 144. Et une autre semaine plus tard, on est rendu à 578 morts.

Accusé de faire comme Néron qui jouait de la lyre pendant que Rome brulait, Boris Johnson a fait volteface en raison de l’explosion du nombre de morts dans son pays.

En réalité, une progression logarithmique similaire s’est produite partout où la pandémie a frappé. Dans ce sens, le cas de la Grande-Bretagne n’est pas différent.

Encore aujourd’hui, la Grande-Bretagne est trois fois moins touchée que la France.

Depuis la volteface anglaise, la Suède et les Pays-Bas sont les seuls pays qui poursuivent leur politique de protection ciblée.

Du point de vue économique, cette stratégie, évidemment, fonctionne bien; les restaurants et cafés de Stockholm sont pleins, les rues sont achalandées comme d’habitude et l’économie suédoise n’est ralentie qu’en raison des quarantaines imposées ailleurs.

Et argument ultime : au moment où ces lignes sont écrites, le nombre absolu de morts (92) y est relativement faible (comme c’est le cas dans toute la Scandinavie).

Avec ses 546 morts (en forte croissance) et son 5e rang mondial quant au nombre de morts par million de personnes, les avantages de la protection ciblée sont moins évidents pour les Pays-Bas.

Voilà pourquoi, depuis quelques jours, ce pays se dirige par tâtonnements vers le confinement total de la population. Il n’y est pas encore rendu, mais de toute évidence cela s’en vient.

La stratégie de la protection ciblée est très logique sur papier. Elle repose toutefois sur trois présomptions.

L’épidémie reviendra

Souhaiter que l’ensemble des citoyens acquièrent l’immunité à un virus qu’on ne reverra plus jamais est stupide.

Chaque année, la grippe revient, mais de manière différente. On doit se vacciner de nouveau parce que l’agent causal se présente différemment d’une fois à l’autre.

Même chose pour les coronavirus. Les personnes immunisées au SRAS parce qu’ils l’ont attrapé en 2003 ont lentement perdu leurs anticorps. Pour qu’une immunité soit maintenue, il faut des vaccins de rappel.

Protéger les vieux suffit

Parce que les personnes âgées sont, de loin, les principales personnes fauchées par l’épidémie, on présume généralement que le virus est relativement inoffensif pour les autres, s’apparentant chez ces derniers à une petite grippe.

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Pour avoir une bonne idée de ce que peut donner le Covid-19 chez des adultes en bonne santé, je vous invite à écouter le reportage de Marie-Michèle Lauzon réalisé auprès de deux Montréalais dans la quarantaine (dans tous les sens du mot) qui en sont atteints.

De plus, lorsqu’une personne dotée d’une longue expérience médiatique comme Sophie Grégoire-Trudeau (44 ans) préfère se retirer complètement de la vie publique durant sa maladie, cela est un indice de la sévérité possible du Covid-19 chez des adultes relativement jeunes.

Le Covid-19 ne laisse aucune séquelle

La protection ciblée serait injustifiable si on savait que l’infection au Covid-19 laisse d’importantes séquelles dans cette majorité de la population qu’on laisse à elle-même.

On sait déjà que les quatre coronavirus ‘légers’ — ceux qui font partie du groupe hétéroclite des virus responsables d’infections respiratoires bénignes — peuvent parvenir au cerveau en empruntant le nerf olfactif.

Le virologue Pierre Talbot a émis l’hypothèse que le coronavirus du rhume pouvait causer des problèmes neurologiques en infectant des neurones. Jusqu’ici, personne n’en a fait la preuve.

Le Covid-19 pénètre lui aussi dans le cerveau. Puisqu’il cause des dommages périphériques (notamment pulmonaires) beaucoup plus importants que le rhume banal, est-il possible qu’il en fasse autant au système nerveux central ?

Personne ne le sait.

Conclusion

La protection ciblée est une stratégie de santé publique qui n’a jamais été expérimentée.

Dans la mesure où tous les pays ont temporairement fermé leurs frontières, chacun d’eux opère maintenant en vase clos et peut ainsi mettre en œuvre sa propre stratégie de lutte contre la pandémie de Covid-19 sans compromettre la sécurité des autres.

Voilà pourquoi il serait peut-être sage de laisser les pays faire leurs propres expériences plutôt que d’imposer ce qui nous apparait être juste et raisonnable.

À la fin de la pandémie au coronavirus, on compilera les morts par pays et on pourra juger quelle stratégie nationale aura été la plus efficace à sauver des vies.

Je me doute de la réponse. Mais peut-être serons-nous surpris…

Références :
Brazilians protest over Bolsonaro’s muddled coronavirus response
Confinement: pourquoi la Suède et les Pays-Bas résistent-ils ?
Coronavirus : comment l’Europe est devenue l’épicentre de la pandémie
Coronavirus UK map – confirmed cases and deaths of Covid-19
Covid-19 Coronavirus Pandemic
“Herd Immunity” is Epidemiological Neoliberalism
L’approche de la Suède face au coronavirus est lourdement critiquée
Perte d’odorat, un autre symptôme de la COVID-19
Party VIP pour le virus
Suspected coronavirus victim, 47, ‘didn’t want to waste NHS time’
The U.K.’s Coronavirus ‘Herd Immunity’ Debacle


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : durée de vie hors du corps humain

25 mars 2020

Un grand nombre de microorganismes peuvent se multiplier sur une surface inerte. C’est le cas, par exemple, des bactéries et des moisissures du sol; il suffit d’un peu d’humidité pour faire leur bonheur.

Mais les virus sont totalement incapables de se reproduire d’eux-mêmes. Pour se multiplier, ils doivent faire deux choses : pénétrer dans une cellule vivante et pirater son système de reproduction.

Le plus difficile pour eux est de réussir à pénétrer dans la cellule.

Sur la quarantaine de coronavirus connus, sept le peuvent chez l’humain et seuls trois d’entre eux peuvent causer de graves pandémies (dont le Covid-19).

Une fois la membrane cellulaire franchie, le virus n’a plus qu’à s’emparer de la machine reproductrice interne de la cellule. Ce qui, pour lui, est un jeu d’enfant.

Cette machine reproductrice est celle qui permet normalement à une cellule-mère de se diviser en deux cellules-filles. Une fois piratée par le virus, elle ne sert qu’à produire d’autres petits virus comme lui.

Infectée, cette cellule devient donc une machine à produire des virus. Lorsqu’elle éclate, cette poche de virus libère son contenu, permettant aux ‘virus-fils’ de se lancer à la conquête exponentielle d’autres cellules du corps.

En somme, pour les virus, pirater des cellules est leur unique but dans la vie.

Mais lorsqu’un virus ne trouve plus de cellule à pirater, que fait-il ? Il disparait. Comme ce fut le cas du SRAS après avoir fait le tour du globe en 2003; on ne l’a plus revu depuis.

Mais qu’advient-il lorsqu’ils sont laissés pendant quelque temps à eux-mêmes sur une surface qui ne leur laisse aucune chance de se multiplier ?

Dans une lettre parue le 17 mars 2020 dans The New England Journal of Medicine, treize chercheurs américains ont publié les résultats de leur étude au sujet de la longévité du Covid-19 en suspension dans l’air ou une fois pulvérisé sur des surfaces inanimées.

Le temps nécessaire pour qu’il ne reste plus de virus viable varie selon le matériaux :
• cuivre : 4h
• carton : 24h
• acier inoxydable : entre un et deux jours
• plastique : trois jours.

Dans le cas des virus en suspension dans l’air, la période d’observation au cours de cette expérience a été trop courte pour qu’on puisse en tirer une conclusion. Tout ce qu’on peut dire, c’est que ces virus survivent plus de trois heures.

Il est à noter que le cuivre est un métal doué de propriétés antivirales. Conséquemment, on peut conclure de cette étude que, de manière générale, le virus du Covid-19 peut vivre d’un à trois jours hors du corps.

Référence :
Aerosol and Surface Stability of SARS-CoV-2 as Compared with SARS-CoV-1


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les chevaux de Troie du chemin Roxham

24 mars 2020

Introduction

En 2017 et 2018, sur un nombre total de quarante-mille personne qui ont demandé l’asile au Canada, 37 300 l’ont fait en traversant le chemin Roxham, soit une moyenne annuelle de 18 650 personnes.

En 2019, leur nombre a légèrement diminué à 16 000. Pour les premiers mois de cette année, ce serait 1 115 personnes.

Selon Jean-Pierre Fortin, président du syndicat des douanes et de l’immigration, environ 60 à 80 personnes empruntent quotidiennement cette voie de ces temps-ci.

Ce chemin est une voie terrestre reliant à pied le Québec à l’État de New York.

New York, un épicentre de la pandémie au Covid-19

Avec une population deux fois moindre que celle du Canada — 19,5 vs 36,6 millions de citoyens — l’État de New York compte cinq fois plus de morts causées par le Covid-19 (125 vs 24, au moment où ces lignes sont écrites).

En raison de tests de diagnostic défectueux, le nombre officiel de personnes infectées aux États-Unis est une grossière sous-estimation. Comme c’est le cas dans de nombreux pays, pour différentes raisons.

La seule chose incontestable, c’est le nombre de morts.

Ce nombre nous révèle que l’épidémie est dix fois plus répandue dans l’État de New York qu’au Canada.

Au moment où ces lignes sont écrites, il est plus dangereux d’accueillir au Québec une personne provenant de l’État de New York qu’une personne provenant de la province chinoise de Wuhan (berceau de la pandémie).

L’aveuglement idéologique

Ce matin, Le Devoir publie un éditorial critiquant la décision du Canada — prise vendredi dernier — de fermer ses frontières aux réfugiés.

L’éditorialiste termine son plaidoyer en écrivant : « …la crise et la peur nous aveuglent-elles quant à nos responsabilités humanitaires ? Et si un pays développé comme le Canada n’est pas en mesure d’accueillir ces migrants, qui le sera ?»

C’est une grossière erreur de confondre une mesure sanitaire adoptée par la presque totalité des pays occidentaux avec de la xénophobie.

Alors que le système de santé du Québec n’est pas encore débordé, mais pourrait le devenir à tout moment, il serait imprudent d’accueillir des milliers de chevaux de Troie de l’épidémie américaine, attirés par la gratuité de notre système de santé.

Il y a un temps pour chaque chose.

Si le Canada fait respecter cette fermeture des frontières comme il s’y est engagé (c’est à voir), son message aux réfugiés est simple : « Si vous songez à vous réfugier au Canada, ce n’est pas le temps.»

S’imaginer qu’il suffit de mettre ces gens en quarantaine, c’est oublier que c’est ce que faisait déjà le Canada. Sauf que personne ne sait ce que le fédéral entend par ‘quarantaine’.

À la suite de la pandémie du SRAS qui a durement affecté Toronto en 2003, le fédéral a dépensé des millions$ pour automatiser (de manière excellente) les déclarations aux douanes. Mais il n’a pas dépensé un sou pour acheter des scanneurs thermiques comme l’ont fait de nombreux pays afin de protéger leur population.

De plus, pendant une semaine, le fédéral a été sourd aux requêtes de provinces de fermer les aéroports internationaux alors qu’il était déjà évident que c’est par le biais du transport aérien international que l’épidémie se répandait.

Donc je ne remettrais pas le sort des Québécois entre les mains du fédéral. Dans cette crise, ses ministres ne sont que des pantins qui répètent les lignes écrites par leurs relationnistes.

Conclusion

À l’heure où le premier ministre du Québec déconseille les voyages d’une région à l’autre du Québec, à l’heure où les provinces veulent que le fédéral interdise les voyages interprovinciaux non essentiels, voilà que le Conseil canadien des réfugiés et Le Devoir veulent qu’on fasse exception pour les réfugiés en provenance des États-Unis.

On ne parle pas ici de réfugiés qui seraient torturés à mort si le Canada refusait de les accueillir.

Le pire qui pourrait leur arriver, c’est que Washington les expulse du territoire américain. Dans la mesure où les États-Unis seront bientôt l’épicentre mondial de la pandémie, ne serait-ce pas un moyen de leur rendre service malgré eux ?

Références :
Arizona man dies after taking coronavirus ‘cure’ Trump touted with false claims
Coronavirus : les tests de diagnostic envoyés par les États-Unis fonctionnent mal
Covid-19 : les données en temps réel
COVID-19 : pas d’isolement obligatoire pour les migrants passant par le chemin Roxham
La Vérif : les migrants passant par le chemin Roxham sont-ils privilégiés?
Temperature screening to cover all flights

Paru depuis :
Coronavirus: des migrants détenus en grève de la faim (2020-03-26)


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Covid-19 : étude de 1 099 cas

22 mars 2020

Le 28 février dernier, la revue médicale la plus influente au monde — The New England Journal of Medicine — publiait une étude rétrospective effectuée sur 1 099 patients hospitalisés en raison du Covid-19 et chez qui l’infection avait été confirmée par des tests de laboratoire.

Ont participé à l’étude, 552 hôpitaux situés dans trente provinces chinoises.

Le but de l’expérience était d’évaluer le sort des patients atteints au point que leur état justifiait leur hospitalisation. À l’évaluation lors de l’admission, 926 cas ont été jugés non sévères et 173, préoccupants.

Parmi les sujets de l’expérience, 41,9 % étaient des femmes. L’âge médian était de 47 ans; en d’autres mots, la moitié des gens hospitalisés en raison du Covid-19 avaient moins que 47 ans. Plus précisément, la moitié d’entre eux avaient entre 35 et 58 ans.

Il faut donc éviter de croire que si la pandémie tue surtout des gens âgés, elle est inoffensive pour les autres.

À l’admission, les gens avaient été symptomatiques depuis quatre jours.

Les symptômes les plus fréquents furent la fièvre (43,8 % à l’admission et 88,7 % durant l’hospitalisation), la toux (67,8 %) et la fatigue (33,7 %). De plus. 14,9 % des gens déclaraient des douleurs musculaires ou arthritiques, 13,9 % un mal de gorge, 13,6 % des céphalées et 11,5 % des frissons. Seuls 5,0 % des gens souffraient de nausées ou de vomissements. Et 3,8 % eurent la diarrhée.

Les examens de laboratoire ont révélé une lymphocytopénie (une diminution importante du nombre de cellules responsables de l’immunité) chez 83,2 % des patients. Les plaquettes sanguines étaient diminuées dans 36,2 % des cas, et les globules blancs, dans 33,7 % des cas.

Sur 975 tomodensitométries, 86,2 % révélaient des anomalies.

Résultats : 5,0 % des patients hospitalisés furent transférés aux soins intensifs, 2,3 % eurent besoin d’une ventilation assistée et 1,4 % sont morts.

La durée médiane de l’hospitalisation fut de 12,0 jours, pour une moyenne de 12,8 jours.

Référence : Clinical Characteristics of Coronavirus Disease 2019 in China


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la quarantaine ou le laisser-faire ? (3e partie)

22 mars 2020

Ce que disent les experts

Avant que tous les pays ne ferment leurs frontières, n’importe quelle région du monde fortement contaminée par le Covid-19 représentait une menace pour les autres.

Au début de la pandémie, c’était le cas de la Chine (berceau de l’épidémie), de l’Iran et de l’Italie.

Maintenant que les frontières sont scellées (plus ou moins hermétiquement), la contamination se fait en vases clos.

Il en découle que chaque pays devient un laboratoire qui permet de tester différentes stratégies nationales destinées à juguler cette crise sanitaire.

Le Washington Post a publié cette semaine un article sensationnel intitulé Pourquoi des épidémies comme celle du coronavirus se propagent de manière exponentielle et comment ‘aplatir la courbe’?.

Le succès de ce texte est tel qu’il est devenu l’article le plus lu de l’histoire de ce quotidien. Par esprit civique, ce dernier a décidé de ne pas en limiter l’accès à ses abonnés. De plus, il l’a fait traduire en plusieurs langues, dont le français.

De manière ludique, cet article démontre l’importance de la distanciation sociale pour limiter la progression exponentielle de la pandémie.

Non seulement ce ralentissement évite que les services de santé soient débordés par l’explosion des cas nécessitant des soins intensifs (comme c’est présentement la situation en Italie), mais il peut, lorsque respecté intégralement, réduire le bilan final des morts à l’issue de l’épidémie.

Dans un autre article du même quotidien publié deux jours plus tard, le modèle mathématique élaboré par trois auteurs suggère que sans quarantaine, le recours à des mesures de protection (lavage des mains, port du masque) retarde l’évolution de l’épidémie sans réduire substantiellement le nombre cumulatif des décès.

Par contre, la quarantaine stricte réduit la durée d’une épidémie et les dommages qu’elle cause. D’où l’importance capitale de l’isolement social.

Le talon d’Achille de ce deuxième article, c’est que lorsqu’on additionne le nombre de personnes qui traversent vivants l’épidémie et ceux qui en meurent, on arrive à un total d’environ 3 500 personnes alors que ce modèle expérimental est censé être basé sur une population de quatre-mille personnes. Où sont passées les 500 autres ?

Ceci étant dit, cet article est conforme à l’avis exprimé par presque toutes les autorités en santé publique à travers le monde.

Et parmi les exceptions, il y a eu la Grande-Bretagne. Pendant plusieurs semaines, ce pays a tenté une stratégie nationale distinctive qui sera le sujet du prochain texte de cette série.

(à suivre)

Références :
Pourquoi des épidémies comme celle du coronavirus se propagent de manière exponentielle et comment ‘aplatir la courbe’?
How epidemics like covid-19 end (and how to end them faster)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : les données en temps réel

21 mars 2020
Cliquez pour accéder au site de l’Université John Hopkins

Il suffit de cliquer sur la capture d’écran ci-dessus (effectuée le 21 mars 2020) pour accéder aux données en temps réel colligées par l’université John Hopkins.

Entre autres, elles montrent à quel point les mesures énergiques adoptées tôt par le gouvernement québécois portent fruit jusqu’à maintenant.

Le plus grand nombre de cas dans les pays scandinaves (en comparaison avec le Québec) s’explique par le fait que beaucoup d’avions font escale dans ces pays, situés sur le plus court chemin entre États-Unis et le Moyen-Orient.

Cela n’est pas évident sur un planisphère (une mappemonde plane comme ci-dessus), mais le devient à l’examen d’un globe terrestre.

Les premiers cas apparus dans ces pays sont évidemment antérieurs à la fermeture des frontières américaines.

Dans tous les pays, le nombre de cas confirmés représente une grossière sous-évaluation.

Non seulement ce nombre dépend de la disponibilité des tests de diagnostic, mais il est acquis qu’un grand nombre de personnes atteintes légèrement ne se donnent pas la peine de faire confirmer qu’elles sont atteintes par le Covid-19 puisqu’en pareil cas, leur médecin n’y peut rien de toute manière.

Dans le doute, ces gens ont moins tendance à se placer volontairement en quarantaine.

De plus, dans certains pays, le test peut couter jusqu’à deux ou trois-mille dollars. Ce qui est hors de prix dans un pays comme les États-Unis où des millions de personnes n’ont pas d’assurance maladie.

Postscriptum : je remercie mon bon ami Denis Giroux de m’avoir signalé ce site.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


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