Santé Canada = Pesticides Canada

30 juillet 2021

Introduction

La semaine dernière, à la demande de Bayer/Monsanto, Ottawa annonçait son intention de tripler la teneur maximale de glyphosate autorisée dans le blé. Cela correspond à 150 fois la limite permise à l’époque où ce défoliant était mis en marché.

Mais on n’arrête pas le progrès. Or pour le gouvernement canadien, le progrès, c’est toujours plus de pesticides dans notre diète. En fait, il suffirait d’ajouter des protéines et quelques vitamines au RoundUp™ pour en faire un aliment complet, semble-t-il…

Le progrès étant toujours en marche, c’est maintenant au tour du géant des pesticides Syngenta et des cultivateurs de Colombie-Britannique (par l’intermédiaire d’Agriculture Canada) de faire connaitre leur volonté de faire hausser les normes élastiques de Santé Canada au sujet des framboises et des gros bleuets dits ‘sauvages’.

Les petits fruits, le régal des ravageurs

Les petits fruits sont principalement composés d’eau et de glucides. Ils sont aimés des oiseaux frugivores, des mammifères, des insectes, et d’innombrables microorganismes.

Et pour protéger les récoltes de la convoitise de ces deux dernières catégories de ravageurs, les cultivateurs utilisent des pesticides. De plus en plus de pesticides.

Chaque printemps, The Environmental Working Group publie sa liste des 46 fruits et légumes les plus contaminés par des pesticides. Cette année, les bleuets sont au 16e rang (en hausse d’un rang en comparaison avec l’an dernier) et les framboises au 22e rang (inchangé).

Précisons que dans le cas des bleuets, il s’agit des gros bleuets comme ceux cultivés en Colombie-Britannique, et non des petits bleuets ‘sauvages’ du Québec et du Nouveau-Brunswick.

Une consultation bidon

Contrairement à la consultation relative à la hausse des taux limites pour le glyphosate, Santé Canada a maintenus secrets les motifs invoqués par Syngenta et les producteurs de Colombie-Britannique pour justifier leur demande de tripler la limite maximale permise du métalaxyl (un fongicide) et du sulfaxaflore (un insecticide).

Il est donc impossible de réfuter les arguments des demandeurs puisqu’ils nous sont inconnus.

De plus, il faut savoir que contrairement aux exigences imposées à l’industrie pharmaceutique à la suite du scandale du thalidomide, l’industrie agrochimique n’est pas tenue de révéler toutes les études de toxicité en sa possession. Un producteur de pesticide est libre de maintenir secrètes les études qui ne lui conviennent pas.

Puisque ces études ont été financées par l’industrie, celle-ci estime qu’elle en est propriétaire et interdit à Santé Canada d’en révéler le contenu tout en l’invitant à se baser sur elles pour prendre ses décisions.

C’est donc à dire à quel point il est presque impossible de lutter contre un adversaire aussi insaisissable que l’industrie agrochimique.

Dans le cas du RoundUp™, on sait que dès le départ, Santé Canada a accepté le principe proposé par Mosanto selon lequel tout ingrédient du produit qui n’est doué de propriétés défoliantes est présumé inoffensif.

On ne sait donc rien de la toxicité des produits extrêmement chimiques qui accompagnent le glyphosate dans la recette du RoundUp™ et il y a lieu de croire que c’est la même chose pour les produits impliqués ici.

La ministre de l’Agriculture du Canada et le premier ministre ont fait savoir qu’ils jugent important d’obtenir l’avis du public, mais qu’en bout de compte, la décision d’Ottawa serait basée ‘sur la science’.

On sait d’avance que les citoyens qui participeront à cette consultation seront presque unanimement opposés à ce qu’on augmente la quantité de produits chimiques dans leur diète, mais que leurs arguments seront jugés irrationnels.

Par opposition, ce que les mandarins de Santé Canada appellent ‘la science’, ce seront l’ensemble des études secrètes soumises par l’industrie.

Conclusion

Dans les pays qui se prétendent démocratiques, on devrait s’attendre à ce que le peuple soit souverain.

Malheureusement, dans le cas des résidus de pesticides dans notre diète, nous ne sommes pas libres de décider de notre niveau d’exposition à ces produits chimiques.

La volonté (en théorie absolue) du peuple est soumise au tribunal de hauts fonctionnaires de Santé Canada qui s’érigent en juges paternalistes de ce qui est bien pour nous.

Cette infantilisation du peuple découle de la conception de l’État que se font les mandarins de la fonction publique fédérale.

Dans tous les ministères fédéraux à vocation économique — y compris ceux qui ont une incidence indirecte à ce sujet comme Santé Canada — ces mandarins se conçoivent comme les gestionnaires suprêmes du marché intérieur canadien.

En effet, l’idéologie néolibérale a perverti les démocraties parkementaires en faisant en sorte que l’État n’est plus l’instrument de la souveraineté du peuple, mais une entreprise de services dont les contribuables sont de simples clients.

Même en élisant un autre gouvernement, cela ne changerait rien. Au Canada, n’importe quel gouvernement constitue la façade ministérielle d’une machine étatique animée par sa propre conception de l’État.

Dans un pays qui possède une longue tradition constitutionnelle, le rapport entre le pouvoir judiciaire, le pouvoir politique et celui détenu dans les faits par les mandarins de la fonction publique est presque immuable.

Cela est une protection contre les dérives autoritaires d’un chef d’État. Par contre, le pouvoir du peuple demeure celui qu’il était au XIXe siècle; celui de choisir périodiquement ses dirigeants politiques à la suite de quoi il doit assumer passivement les conséquences, heureuses ou malheureuses, de ce choix.

La seule manière d’établir un assujettissement permanent du pouvoir politique à la volonté populaire, c’est en faisant table rase des vieilles démocraties parlementaires héritées du XIXe siècle et de créer un nouvel État construit sur des bases nouvelles.

C’est ce que permet l’indépendance du Québec. Celui-ci n’est rien d’autre qu’une occasion de nous affranchir de l’État pétrolier canadien et d’ériger un État digne du XXIe siècle; écologique, juste, laïque, républicain, et voué au bonheur du peuple.

Références :
Encore et toujours plus de glyphosate
La façade ministérielle de l’État canadien
Le thalidomide et le MER/29
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate
Pesticides dans les petits fruits : l’identité des demandeurs dévoilée
Pesticides : Ottawa veut permettre plus de résidus dans les bleuets sauvages
Shopper’s Guide to Pesticides in Produce™

Postscriptum du 5 aout 2021 : À la suite du tollé provoqué par cette annonce, le gouvernement canadien a renoncé pour l’instant à toute hausse de pesticides avant une revue complète du processus décisionnel à ce sujet.

Référence :
Ottawa suspend tous les projets de hausse des limites de pesticides dans les aliments

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes :0

Laissez un commentaire »

| Environnement, le prix du fédéralisme, Nourriture, Politique canadienne, Pollution | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les légumineuses canadiennes, elles aussi, empoisonnées au glyphosate

29 juillet 2021

Il y a deux ans, lorsque j’ai appris que le blé canadien était tué au glyphosate avant d’être récolté — une pratique agricole non autorisée mais sur laquelle le gouvernement canadien ferme les yeux — ma réaction avait été de purger mon garde-manger de toutes les pâtes et les céréales qui s’y trouvaient et de les remplacer par des produits bios.

La semaine dernière, à la demande de Mosanto/Bayer, Santé Canada annonçait son intention de hausser les teneurs permises de glyphosate dans les céréales et les légumineuses vendues au pays.

Doit-on comprendre qu’au Canada, on empoisonne également les légumineuses au défoliant afin de simplifier leur récolte ?

Pour en avoir le cœur net, j’ai tenté de faire germer quelques-uns des pois chiches dont je me sers pour fabriquer mon houmous maison.

Ceux-ci, au lieu de germer, ont simplement pourri. Or des graines incapables de germer, ce sont des graines mortes.

Comme je l’ai fait il y a deux ans pour mes pâtes alimentaires, j’ai purgé ce matin mon garde-manger de la provision de pois chiches en vrac que je possédais et j’ai acheté deux kilos de pois chiches bios (à 4,99$ du 454g).

Ceux-ci sont importés de Turquie.

Je sais, il est plus écologique d’acheter localement. Mais que voulez-vous ? Quand le gouvernement de son propre pays préfère obéir aux intérêts des géants de l’agrochimie mondiale plutôt qu’à la volonté populaire, que faire ?

Références :
Encore et toujours plus de glyphosate
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate

Paru depuis :
Cancers liés au Roundup — Bayer perd de nouveau en appel (2021-08-10)

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes :0

8 commentaires

| Environnement, le prix du fédéralisme, Nourriture, Politique canadienne, Pollution | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Encore et toujours plus de glyphosate

22 juillet 2021

Introduction

Jusqu’à mardi dernier, les Canadiens pouvaient se prononcer sur l’intention d’Ottawa de hausser les limites maximales de glyphosate — l’ingrédient actif du RoundUp™ de Mosanto/Bayer — dans les céréales et les légumineuses produites au Canada ou importées au pays.

La ‘norme’ du blé

Hausser la teneur en glyphosate permise dans le blé, cela se répercute sur le pain, toute la boulangerie, les pâtes alimentaires et certaines bières. Soit les fondements de notre alimentation.

Au moment où le glyphosate a été commercialisé, la ‘norme’ canadienne était de 0,1 partie par million (ppm) ou cent milligrammes de glyphosate par tonne de blé.

Au fur et à mesure qu’on utilisait le glyphosate à tort et à travers, le gouvernement canadien normalisait les abus en haussant les teneurs maximales permises.

C’est ainsi que les taux permis ont augmenté de cinquante fois pour passer de 0,1 à 5,0 ppm, notamment en raison de la maturation chimique du blé, c’est-à-dire de l’habitude d’empoisonner le blé afin de hâter sa récolte.

Au lieu de réduire les graines ainsi récoltées en farine, si on les semait, rien ne pousserait tellement ce blé est empoisonné.

Ottawa veut maintenant tripler la limite maximale permise dans le blé pour la faire passer à 15,0 ppm.

Cette limite est de 10 ppm en Europe. Cela signifie que si un agriculteur européen se trompe en mesurant son glyphosate et que son blé est interdit dans son pays, les assiettes des consommateurs canadiens lui serviront de poubelles. Au grand plaisir des importateurs canadiens qui pourront obtenir ce blé à bon prix.

Pour l’instant, les agriculteurs canadiens se réjouissent qu’Ottawa les laisse libres d’utiliser trois fois plus de glyphosate. Mais ils seront les premiers à se plaindre lorsque le blé jugé dangereux ailleurs sera l’objet de dumping sur le marché canadien.

Des normes qui ne veulent rien dire

À l’heure actuelle, les teneurs maximales permises de glyphosate varient de 0,5 ppm dans l’asperge à 200 ppm dans la luzerne.

Non pas que le glyphosate soit différent et moins dangereux dans la luzerne, mais parce que ce défoliant est inoffensif pour la luzerne génétiquement modifiée vendue au Canada. Et comme cet OGM en contient beaucoup, on en permet plus.

En réalité, les normes canadiennes n’obéissent à aucune logique. Ce sont des normes de complaisance adoptées pour rassurer les consommateurs.

Dès qu’on découvre que plus d’un pour cent des aliments dépassent les normes permises, on s’empresse de hausser ces dernières pour pouvoir dire que l’immense majorité des aliments respectent les normes.

Et plus on hausse les normes avant que l’abus soit généralisé, plus on permet à l’abus de se développer sous le couvert d’une norme plus permissive.

On ne s’étonnera donc pas que Mosanto/Bayer soit à l’origine de la demande de révision des normes. C’est ce que le quotidien La Presse révèle ce matin.

On peut présumer que cette compagnie a découvert une manière d’augmenter le rendement de la culture des céréales et des légumineuses en les empoisonnant avec encore plus de glyphosate.

Le fond du problème

Dès le départ du processus d’homologation du RoundUp™, Mosanto a fait accepter par les autorités sanitaires le principe que tout ingrédient dépourvu de propriétés défoliantes est présumé inoffensif.

Pulvérisé sur le feuillage des mauvaises herbes, le glyphosate y glisserait comme de la pluie s’il n’était pas accompagné d’additifs extrêmement chimiques qui forcent les feuilles à se laisser traverser lorsque ce poison est pulvérisé sur elles.

Car le glyphosate tue une plante après avoir été absorbé par ses feuilles et non bu par ses racines. S’il fallait compter sur le glyphosate qui mouille le sol, il en faudrait beaucoup plus. Ce qui serait contraire… aux normes actuelles.

La raison fondamentale pour laquelle celles-ci sont de plus en plus permissives, c’est que les autorités règlementaires sont convaincues depuis longtemps de l’absence de toxicité du glyphosate.

Il y a bien eu des études indépendantes qui suggèrent que le glyphosate est un cancérigène probable. Mais à l’opposé, il existe un très grand nombre d’études réalisées par le fabricant qui prouvent le contraire.

Parce qu’il a payé pour ces études, Mosanto estime qu’elles lui appartiennent. Du coup, il en interdit la publication.

Complices, les autorités règlementaires acceptent de les prendre en considération sans en révéler le contenu. Ce qui rend totalement opaque le processus d’homologation.

Malgré cela, des fuites ont révélé qu’une partie de ces études ont été rédigées par des employés de Mosanto/Bayer et signées par des médecins corrompus.

Et puisqu’une autre corruption, celle au sein du gouvernement fédéral, est un sujet tabou, il se pourrait qu’on apprenne un jour que Mosanto/Bayer distribue les faveurs à des hauts fonctionnaires qui préfèrent se plier à sa volonté plutôt qu’à celle du peuple.

D’ici là, il nous faudra accepter que de plus en plus de céréales et de légumineuses soient empoisonnées au glyphosate; c’est le prix du fédéralisme canadien.

Précisons que la maturation chimique des récoltes par ce défoliant est interdite en Italie, en Autriche, en Belgique, et en République tchèque, c’est-à-dire dans un pays où on consomme beaucoup de pâtes et dans trois autres dont l’importance démographique se compare à celle du Québec. Bref, des pays sans doute plus à l’écoute de leur population.

Références :
Glyphosate
Glyphosate – À n’y rien comprendre
Ottawa, nid de corruption
Roundup : condamnation de Monsanto confirmée en appel en Californie
Santé Canada veut autoriser plus de pesticide glyphosate sur des aliments

Paru depuis :
Cancers liés au Roundup — Bayer perd de nouveau en appel (2021-08-10)

Postscriptum du 5 aout 2021 : À la suite du tollé provoqué par cette annonce, le gouvernement canadien a renoncé pour l’instant à toute hausse de pesticides avant une revue complète du processus décisionnel à ce sujet.

Référence :
Ottawa suspend tous les projets de hausse des limites de pesticides dans les aliments

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes :0

Un commentaire

| Environnement, le prix du fédéralisme, Nourriture, Politique canadienne, Pollution, Santé | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Glyphosate : le ministre Lamontagne rit de nous

8 décembre 2020
Cliquez sur l’image pour démarrer

Pour la première fois cet été, une centaine de producteurs de blé du Québec ont empoisonné leurs céréales au glyphosate (le Roundup™ de Monsanto) avant de les récolter.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’un accident; c’est volontairement que ces agriculteurs ont agi ainsi. Leur but était d’arrêter la croissance de leur blé et de simplifier sa récolte.

Contrairement au maïs québécois, principalement destiné à l’alimentation du bétail, le blé québécois est essentiellement destiné à l’alimentation humaine.

Apparue en Saskatchewan dans la deuxième moitié de la décennie précédente, l’utilisation controversée du glyphosate en prérécolte a entrainé la chute des exportations canadiennes de blé vers l’Italie, passant d’un million de tonnes en novembre 2017 à 290 000 tonnes en aout 2018.

Dans l’Ouest canadien, cette pratique est devenue tellement commune qu’il est difficile de trouver du blé récolté normalement qui ne soit pas contaminé par du glyphosate aspergé sur des champs voisins. Si bien que même le blé bio de Saskatchewan trouve difficilement preneur auprès des producteurs de pâtes en Italie.

L’utilisation des défoliants en pré-récolte n’a pas été homologuée au Canada. Avant que cette pratique ne se généralise au Québec, il serait important de sévir contre elle.

Au contraire, grâce aux démarches de l’industrie agrochimique, l’assurance récolte du Québec a remboursé cet été l’achat des herbicides et les couts de pulvérisation en prérécolte du glyphosate et du Diquat (un herbicide interdit en Europe en raison de sa toxicité).

Le 1er décembre dernier, à la période de questions orales de l’Assemblée nationale du Québec, la députée Émilie Lessard-Therrien (de Québec Solidaire) a cherché à savoir la position du ministère de l’Agriculture à ce sujet.

C’est le sourire aux lèvres que le ministre André Lamontagne a refusé à trois reprises de condamner cette pratique, préférant accompagner nos agriculteurs.

Rappelons que c’est ce même ministre qui, en janvier 2019, était tout fier d’annoncer le congédiement de Louis Robert — l’agronome le plus respecté du Québec — au grand plaisir de l’industrie agrochimique dont le ministre Lamontagne est le plus dévoué serviteur.

À la suite du tollé que ce congédiement avait provoqué, le premier ministre lui-même s’en était excusé et conséquemment, Louis Robert avait retrouvé ses fonctions.

Ceci étant dit, que se soit au sujet de son combat contre l’arsenic dispersé par les cheminées de la Fonderie Horne sur la ville de Rouyn-Noranda ou au sujet des pesticides dans nos assiettes, la députée Lessard-Therrien mérite nos remerciements.

Références :
Des résidus de glyphosate dans les bières allemandes et suisses
La corruption généralisée des agronomes québécois
Le glyphosate plein l’assiette
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate
Merci à l’agronome Louis Robert

Paru depuis :
Cancers liés au Roundup — Bayer perd de nouveau en appel (2021-08-10)

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 5 — Nombre de votes :1

Un commentaire

| 2018-202X (années Legault), Agriculture, Économie, Environnement, Politique québécoise, Pollution | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Pommes et pesticides

15 octobre 2020


 
Après la banane, la pomme est le fruit le plus populaire au Québec.

Selon le palmarès annuel établi par The Environmental Working Group, les pommes sont au cinquième rang des fruits et légumes les plus contaminés par des pesticides.

Afin d’obtenir des fruits parfaits, les pomiculteurs ont recours à des fongicides, des insecticides et des herbicides (répandus à la base des arbres).

L’achat de ces produits chimiques représente le plus important déboursé pour les producteurs de pommes après leurs couts de main-d’œuvre.

Selon Santé Canada, cette contamination est conforme aux normes canadiennes.

Toutefois, dans le cas du glyphosate (un herbicide), lorsque les producteurs industriels ont de la difficulté à respecter les normes, le gouvernement canadien normalise l’abus en haussant les teneurs maximales permises.

Conséquemment, nous dire que ça respecte ‘les normes’, c’est un peu parler pour ne rien dire.

Alors que faire dans le cas des pommes ?

L’Université du Massachusetts a étudié le meilleur moyen de se débarrasser de deux pesticides largement utilisés par les pomiculteurs : le phosmet (un insecticide) et le thiabendazole (un fongicide).

Ce meilleur moyen s’est avéré être le trempage des pommes pendant 12 à 15 minutes dans une solution composée d’une cuillerée à thé de bicarbonate de soude (‘La p’tite vache’) dissoute dans deux tasses d’eau. Puis de rincer à l’eau courante.

Cela enlève 95 % du phosmet.

Dans le cas du thiabendazole, ce trempage en enlève 80 %. Ce pourcentage moindre s’explique par le fait que le thiabendazole est un fongicide systémique qui pénètre davantage que le phosmet dans la chair de la pomme.

Références :
Effectiveness of Commercial and Homemade Washing Agents in Removing Pesticide Residues on and in Apples
La pomme est gourmande en pesticides
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate
Palmarès des résidus alimentaires de pesticides
Pesticides: How ’bout washing them apples?

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes :0

4 commentaires

| Nourriture, Pollution | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le plomb dans l’eau potable des écoles

13 août 2019


 
Introduction

En février 2019, l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ) publiait un rapport au sujet de la présence de plomb dans l’eau potable des écoles et garderies du Québec.

Ce rapport a été rendu public le mois dernier.

Puisque la nouvelle année scolaire débutera dans quelques semaines, que doit-on en penser ?

Résultat des études

Il n’existe pas de seuil en deçà duquel le plomb est inoffensif; à n’importe quelle dose, il est neurotoxique. Évidemment, il l’est moins à dose faible.

Depuis l’interdiction de l’essence au plomb, de la peinture au plomb et des canalisations en plomb, les taux de plomb dans le sang des Canadiens ont diminué de 70 % entre 1978 et 2013.

Chez les enfants, les taux moyens de plomb dans le sang sont de 0,67 µg par décilitre au Canada et 1,0 µg/dl au Québec. Cette différence résulte de l’exposition plus grande au Québec à l’ensemble des sources possibles.

Puisque ce contaminant est omniprésent dans notre environnement, les organismes sanitaires ont adopté arbitrairement des taux maximums à ne pas dépasser dans l’eau du robinet.

Au Canada, ce seuil était autrefois de 25 µg/l, réduit à 10 µg/l en 2013 et réduit de nouveau à 5 µg/l en mars 2019 (soit après la rédaction du rapport de l’INSPQ).

Cette norme est trompeuse puisque les taux sont mesurés après avoir fait couler l’eau pendant cinq minutes, ce qu’à peu près personne ne fait dans la vraie vie.

De 2013 à 2016, on a fait des prélèvements dans 436 écoles et garderies du Québec. Le dépassement de l’ancienne norme de 10 µg/l a été observé dans 3 % des établissements et dans 8,5 % des cas lorsqu’on applique la nouvelle norme plus sévère de 5 µg/l.

Le pire cas (350 µg/l) avait été observé dans une garderie. Le rapport ne précise pas s’il s’agit d’une garderie publique ou privée. On a aussi mesuré 174 µg/l dans le cas d’une école.

Qu’arrive-t-il si on mesure le plomb sans laisser couler l’eau pendant 5 minutes ?

À Québec, en 2015-2016, des prélèvements effectués dans 29 écoles ont révélé une médiane très faible dans l’eau de premier jet (moins de 2 µg/l). Toutefois, dans un cas, on a mesuré une concentration de 559 µg/l.

À Montréal, en 2017, une étude effectuée auprès de 51 écoles a mesuré une médiane de 4,5 µg/l dans l’eau de premier jet et un dépassement de la teneur de plomb de 10 µg/l dans 15,7 % des cas. Le maximum mesuré fut de 20 µg/l.

Ailleurs au pays, les taux médians sont habituellement plus faibles qu’au Québec, mais les valeurs excessives sont parfois stratosphériques (par exemple, 13 200 µg/l).

Contribution relative du plomb scolaire

Il existe de nombreuses sources de plomb dans notre environnement.

On en trouve dans l’eau potable domestique. Il y en a dans la poussière de peinture au plomb libérée lorsqu’on détruit une maison ou qu’on décape un vieux meuble.

La littérature scientifique démontre que chez les enfants âgés entre 6 mois et 7 ans, les sols et les poussières constituent la principale source d’exposition au plomb, et non l’eau potable (sauf dans le cas des teneurs très élevées).

On sait avec certitude qu’il existe une corrélation inverse entre les taux sanguins de plomb et le quotient intellectuel. On sait que le plomb dans les breuvages et la nourriture fait augmenter les taux sanguins. La grande inconnue concerne l’importance relative de l’apport alimentaire parmi toutes les sources possibles.

En somme, il faut réduire la teneur du plomb dans l’eau potable. Mais ce n’est pas parce que l’eau potable d’une école dépasse la norme fédérale actuelle (5 µg/l) qu’il faut condamner ses robinets.

Voilà pourquoi l’INSPQ estime que la réduction du plomb dans l’eau potable des écoles doit être poursuivie sans qu’il soit nécessaire d’adopter des mesures exceptionnelles et urgentes.

Plus de transparence S.V.P.

L’INSPQ a choisi de taire le nom des établissements dans lesquels des concentrations excessives de plomb ont été observées afin de ne pas provoquer de panique ou des comportements ‘irrationnels’ chez les parents concernés.

Est-ce irrationnel de vouloir éviter que son enfant boive de l’eau qui dépasse de 70 fois la teneur maximale recommandée ?

Pour un décideur public, cacher la vérité est une solution de facilité qui trahit un mépris du peuple.

Une réaction parentale irrationnelle serait, par exemple, de changer son enfant d’école ou de le retirer du système public afin de l’envoyer au privé ou de faire son éducation à domicile.

Dans les faits, il est facile de faire comprendre à ce parent qu’il suffit de donner à son enfant de l’eau embouteillée ou traitée par un système capteur de métaux lourds.

De plus, la révélation des noms des écoles et garderies fautives oblige ces institutions à agir. Une pression qu’elles n’ont pas lorsqu’on cultive le secret.

Selon la professeure Michèle Prévost de l’école Polytechnique de Montréal, dans 95% des cas, lorsqu’il y a trop de plomb dans l’eau potable, le problème se situe dans les 50 derniers centimètres de la robinetterie. Donc il n’est pas nécessaire de changer toute la tuyauterie de l’école.

De plus, on peut très bien changer un nombre limité de robinets par étage et indiquer clairement que seuls ceux-ci peuvent servir d’abreuvoirs.

On peut donc remettre à plus tard l’intention de changer les robinets qui ne servent qu’à se laver les mains ou à prélever l’eau des employés responsables de l’entretien.

Références :
Des taux inquiétants de plomb dans l’eau des écoles
Eau contaminée: Legault est préoccupé, mais pas alarmé
Nos écoles ont du plomb dans l’eau
Plomb
Présence de plomb dans l’eau des écoles et des garderies
Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada
Silences de plomb

Parus depuis :
Le Québec sous-évalue le plomb dans l’eau (2019-10-16)
Plomb dans l’eau: des milliers de garderies échappent à tout contrôle (2019-11-14)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes :0

Laissez un commentaire »

| Éducation, Environnement, Pollution | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le sort des piles au lithium mortes

9 août 2019
BMW i8 hybride

Un demi-siècle de mise au rebut

On peut recycler le papier, le verre, et la majorité des plastiques. Voilà pourquoi il est possible d’acheter du papier recyclé et des produits de consommation vendus dans des contenants de verre ou de plastique recyclé.

Qu’en est-il des piles au lithium ?

Depuis leur mise en marché en 1970, il s’est vendu des dizaines de milliards de piles au lithium.

Un demi-siècle plus tard, est-il possible d’en acheter qui soient non seulement rechargeables, mais également recyclées ? Non. Pourquoi pas ?

Il n’existe pas de barrière technologique qui empêche ces piles d’être recyclées. Malgré cela, seulement 10 % des piles au lithium mises au rebut le sont, les 90 % restantes sont incinérées ou enfouies avec les déchets domestiques.

Lors d’essais en laboratoire, on peut extraire 95 % du cobalt, du nickel et du cuivre, et s’en servir pour fabriquer des piles neuves.

Si on exclut les piles des voitures électriques — trop récentes pour avoir donné naissance à une industrie du recyclage — pourquoi recycle-t-on si peu les milliards de piles qui alimentent nos petits appareils électriques autonomes depuis 50 ans ?

C’est que leur composition est en constante évolution.

La course au progrès

Dans les laboratoires de recherche d’un fabricant de piles au lithium, si on découvre que l’ajout d’une partie par million de molybdène augmente la durée des piles, on ajoutera du molybdène à la première occasion.

Quelque temps plus tard, si on découvre qu’un peu plus de cadmium ou de manganèse augmente encore plus la durée, on en augmentera leur teneur. Et ainsi de suite.

Prendre un lot de piles mortes, en extraire le contenu et purifier parfaitement chacun de ses ingrédients chimiques, cela n’est rentable que lorsqu’il s’agit d’extraire des métaux précieux qui seront utilisés pour fabriquer des appareils électroniques dispendieux.

Mais tout séparer pour ensuite faire l’inverse, c’est-à-dire tout mélanger de nouveau, cela n’est pas rentable quand il s’agit de fabriquer des piles neuves bon marché.

Ce qui pourrait être rentable, c’est d’homogénéiser le contenu d’une grande quantité de piles, d’en faire l’analyse et d’ajouter les ingrédients qui se trouvent en quantité insuffisante.

Malheureusement, cela n’est simple qu’à la condition que tout ce qui distingue les vieilles recettes des nouvelles, ce soient des ajouts. Qu’arrive-t-il lorsque le fabricant s’est rendu compte qu’un ajout était une erreur, corrigée depuis ?

Retirer un ingrédient en trop, cela rend toute l’opération non rentable.

Voilà pourquoi personne ne vend des piles recyclées.

Les piles de voitures électriques

En Europe, un constructeur automobile qui souhaite commercialiser un véhicule électrique doit s’assurer qu’il existe une filière de collecte et de recyclage de ses piles sur le territoire de commercialisation.

En France, la Société nouvelle d’affinage des métaux (SNAM) assure la collecte, le recyclage et la traçabilité des piles au lithium en fin de vie que les fabricants lui feront parvenir.

En Amérique du Nord, il n’existe aucune exigence quant au recyclage des piles des voitures électriques.

La désinformation des médias québécois

Au Québec, le danger des piles au lithium est un sujet tabou.

Récemment, une Hyundai Kona EV non branchée a explosé dans le garage d’une résidence de l’Ile-Bizard, dans l’ouest de Montréal.

Les articles publiés par Radio-Canada à ce sujet se terminent par la phrase : « Environ 6 000 voitures à essence prennent feu en moyenne chaque année au Canada

Cela suggère que l’explosion d’une voiture est une chose normale.

En réalité, les voitures à essence peuvent exploser à la suite d’une collision, lorsqu’on y met le feu, ou lorsqu’une bombe est placée à bord. Autrement, cela n’arrive jamais.

Mettez mille voitures à essence au gros soleil dans n’importe quel stationnement du Québec et aucune d’entre elles n’explosera spontanément.

Cette infantilisation fait en sorte que toute critique à l’égard des voitures électriques est perçue comme une attitude réactionnaire face au progrès.

Autre conséquence : aucun parti politique du Québec n’a l’intention d’obliger le recyclage des piles des voitures électriques et personne n’a pensé à imposer une consigne pour motiver les propriétaires à ramener aux concessionnaires les véhicules électriques en fin de vie.

Il serait temps d’y penser…

Références :
Hyundai enquêtera sur l’explosion d’une de ses voitures électriques à Montréal
La ‘batterification’ des transports
Le défi de recycler la batterie d’une voiture électrique
Les limites pratiques du recyclage des batteries au lithium
Récupération par voie hydrométallurgique des métaux à partir des déchets de piles mélangées
Recyclage des batteries
SNAM recyclera les batteries Honda
Vers le recyclage des batteries de véhicules électriques

Paru depuis :
Une Tesla prend feu avec le conducteur à bord (2021-07-02)

Sur le même sujet :
Métaux rares: le côté sombre de la transition énergétique (2019-11-14)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 5 — Nombre de votes :2

Un commentaire

| Environnement, Pollution | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les traces de médicaments dans l’eau potable

25 mars 2013

60 Millions de consommateurs et la fondation France Libertés, publient aujourd’hui une étude qui révèle la présence de traces de pesticides et de médicaments dans environ le cinquième des eaux embouteillées disponibles en France. Précisons que cette étude ne remet pas en cause leur potabilité puisqu’il ne s’agit que de traces infimes.

Le porte-parole déclarait : « C’est ce qui est très perturbant (…) Parce que normalement, on ne devrait pas retrouver ces traces-là (…) Quel est le plus beau symbole de pureté que l’eau minérale (…) Même de symbole de pureté là, il est maintenant touché par les polluants d’origine humaine. »

Depuis 1977, la présence de polluants dans l’eau potable est bien documentée, principalement à partir d’études réalisées en Grande-Bretagne : à l’époque, ce sont les sources approvisionnant la capitale britannique en eau potable qui faisaient l’objet de l’attention des chercheurs.

Ceux-ci avaient découvert que cette eau contenait des traces d’à peu-près tous les médicaments couramment utilisés, dans des proportions variables. C’est ainsi qu’avec une consommation normale d’eau du robinet, un Londonien de 70 ans aura consommé involontairement entre 4 et 16 grammes d’acétaminophène (appelé paracétamol en Europe) dans sa vie, soit l’équivalent de quatre à seize doses maximales de cet analgésique.

De manière générale, plus un médicament est utilisé, plus on en retrouve des traces importantes dans l’environnement. Toutefois, la présence dans l’eau potable sera influencée de manière déterminante par la solubilité du produit dans l’eau.

Il serait rassurant de se dire que depuis les études de ces pionniers, la situation a beaucoup évoluée. Autrefois, les médicaments étaient jetés aux égouts ou dans des sites d’enfouissement alors qu’aujourd’hui le public a pris l’habitude de rapporter les médicaments périmés à sa pharmacie pour être finalement incinérés.

Parce qu’elle n’est pas comparative, l’étude française ne nous dit pas si la situation a évoluée, mais seulement que le problème demeure. Et dans la mesure où les techniques d’analyse se perfectionnent plus rapidement que les méthodes de filtration des usines d’épuration, il est prévisible qu’on trouvera encore longtemps des résidus de médicaments dans nos eaux potables.

Contrairement aux produits chimiques industriels, les aliments et les médicaments sont généralement biodégradables. Toutefois, si les principaux nutriments (glucides, protéines et lipides) sont finalement dégradés par notre métabolisme en de petites molécules (eau, gaz carbonique, acide urique, sels minéraux, etc.), ce n’est généralement pas le cas des médicaments.

Les médicaments sont l’objet d’une transformation partielle. Celle-ci peut être très superficielle — visant à ajouter un radical destiné à augmenter la solubilité dans l’eau afin de faciliter le rejet dans l’urine — ou d’une dégradation qui ne rend pas jusqu’au niveau du gaz carbonique et de l’eau.

Conséquemment, l’immense majorité des médicaments sont rejetés partiellement transformés. Dans tous les cas, lorsque nos enzymes ne sont pas capables de les détruire complètement, les enzymes des microorganismes de la nature sont capables de faire le reste.

Même les médicaments jugés « non-biodégradables » par certains chercheurs, ne le sont que parce que la période d’analyse qu’ils ont choisie est trop courte. Contrairement aux plastiques et autres produits industriels, tous les médicaments sont biodégradables, certains plus lentement que d’autres.

Les médicaments périmés contribuent de manière insignifiante à la présence de substances médicamenteuses dans l’environnement. Plus de 99% des quantités retrouvées proviennent donc les selles et des urines de personnes soignées à l’aide de ces produits.

Les techniques d’épuration des eaux usées et les procédures de filtration des municipalités ont été conçues pour éviter la propagation des épidémies par le biais de l’eau potable. Le chlore détruit les bactéries pathogènes, tandis que le sable et d’autres substances filtrantes assurent la transparence de l’eau potable. Ces techniques, qui datent du XIXe siècle, n’ont jamais été conçues pour éliminer les polluants industriels. Ils éliminent les grosses molécules et laissent passer les petites (dont la très grande majorité des médicaments).

Or de plus en plus d’eaux embouteillées — particulièrement celles parfumées — ne sont que des eaux du robinet ozonisées, purifiées, édulcorées et parfumées. Quant à celles tirées des nappes phréatiques, elles sont parfois contaminées par ce qui suinte des sites d’enfouissement et, en montagne, des fosses septiques de ceux qui y vivent.

Et comme nous sommes à une époque où les États réduisent leur taille sous la pression de leurs créanciers, il ne faut pas s’attendre à ce que les municipalités mettent au point des moyens nouveaux et sophistiqués (donc coûteux) d’épuration des eaux potables qui seraient destinés à débarrasser l’eau de tous ses polluants.

En somme, la seule manière d’éliminer les médicaments de notre environnement, c’est de cesser d’en produire et d’en consommer, ce qui n’arrivera jamais.

Quant aux pesticides et insecticides (dont je n’ai pas parlés), on doit savoir qu’en cas d’interdiction, leur présence dans l’environnement peut être décelable plus d’une décennie après. Raison de plus pour s’y prendre tôt.

Références :
Des pesticides trouvés dans une bouteille d’eau sur cinq
Des traces de pesticides et de médicaments retrouvées dans des bouteilles d’eau
Richardson ML et Bowron JM. The fate of pharmaceutical chemicals in the aquatic environment. J. Pharm. Pharmacol. 1985, 37: 1-12.

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes :0

4 commentaires

| Environnement, Pollution | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Gaz à effet de serre et transport en commun

14 avril 2012

Le Québec vise pour 2020 une réduction de 20% des gaz à effet de serre (GES) sous le niveau de 1990. À lui seul, le transport génère 40% des émissions de GES de la région métropolitaine.

Puisque le secteur industriel est déjà sous le niveau de 1990, si on veut atteindre les objectifs que Québec s’est donnés pour 2020, cela doit absolument passer par un investissement dans les transports en commun.

Comment se répartit ce 40% des GES générés par le transport ? Une tranche de 19,2% (soit 48% du 40%) est causée par les camions, 14,4% (soit 36% du 40%) par les automobiles, 5,6% (soit 14% du 40%) par le transport hors route (maritime, ferroviaire et aérien) et seulement 0,8% (soit 2% du 40%) par les autobus.

Les GES émis par le transport ont augmenté de 29,6% entre 1990 et 2006, entre autres à cause de la popularité des véhicules utilitaires et des mini fourgonnettes.

Pour la période 2012-2018, le gouvernement du Québec entend débourser 16,5 milliards$ pour améliorer le réseau routier (82%) et 2,9 milliards$ (18%) dans les infrastructures terrestres du transport en commun (ce qui exclut le métro).

La Communauté métropolitaine de Montréal estime que d’ici 2020, elle a besoin de 10,3 milliards$ seulement pour la remise en état des infrastructures et le renouvellement des flottes.

De plus, il lui faudrait 8,9 milliards$ supplémentaires destinés aux nouveaux projets qui lui permettraient d’atteindre l’objectif gouvernemental d’augmenter de 40% l’utilisation du transport en commun.

Ces sommes ne tiennent pas compte des 4 milliards$ destinés à compléter les projets entamés, comme le train de l’Est (dont les coûts seront certainement revus à la baisse).

Références :
Mobilité durable – Montréal est à l’heure des choix
Transport en commun – À 82 municipalités de s’entendre pour financer un réseau en nécessaire expansion

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes :0

Laissez un commentaire »

| Environnement, Pollution | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Pollution atmosphérique : London, Montréal et Londres

9 avril 2012

London, Ontario

La région de London est la plus polluée de l’Ontario. Annuellement, 160 332 tonnes de polluants, dont 8 050 tonnes de substances toxiques, y sont crachées par année, sans compter ceux que le vent apporte des industries américaines.

Au 2e rang ontarien, on trouve la région de Toronto avec 57 987 tonnes de polluants dont 5 750 tonnes de substances toxiques.

La liste des polluants est assez longue et comprend notamment des gaz à effet de serre et des gaz qui contribuent aux pluies acides. Toutefois, si on ne considère que les produits chimiques, dans l’ensemble des Grands Lacs, le Canada rejette annuellement dans l’atmosphère :
 • Xylène est ses isomères : 2 056,9 tonnes
 • Toluène : 1 906,6 tonnes
 • Benzène : 309,1 tonnes
 • Formaldéhyde : 208,5 tonnes
 • Plomb : 42,0 tonnes
 • Arsenic : 12,8 tonnes
 • Total de tous les produits chimiques : 32 583,6 tonnes

Montréal

Il y a peu d’industrie lourde dans la région montréalaise. La pollution qu’on y trouve provient principalement de la combustion de l’essence par les véhicules et de la pollution apportée par le vent en provenance des grands lacs.

Pourtant, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Montréal est la deuxième grande ville canadienne où la pollution atmosphérique est la plus importante, tout juste derrière Sarnia, en Ontario. Comment expliquer cela ?

Il faut préciser que le palmarès de l’OMS ne tient pas compte de la composition chimique du « smog », mais se base exclusivement sur la concentration des particules en suspension dans l’air.

Dans le cas de Montréal, environ 30% de cette pollution est apportée par le vent en provenance de Toronto et autant des zones industrielles américaines du Midwest américain.

Pour ce type précis de pollution, la qualité de l’air à Montréal se compare avantageusement à celle de nombreuses autres villes à travers le monde.

Concentration — en microgrammes par mètre cube d’air ambiant — des particules de 2,5 microns ou moins :
 • Ottawa : 5,2
 • Toronto : 7,1
 • Québec : 7,3
 • Stockholm : 10,6
 • Montréal : 11,2
 • Sarnia : 11,4
 • New York : 12,7
 • Londres : 13,5
 • Zurich : 14,7
 • Copenhague : 14,8
 • Salzburg : 16,7
 • Prague : 17,3
 • Rotterdam : 17,9
 • Rome : 19,7
 • Berlin : 20,8
 • Paris : 22,9
 • Beijing : 121 particules de 10 microns ou moins
 • Bombay : 132 particules de 10 microns ou moins

Globalement, la pollution serait à l’origine de plus de 4 000 décès chaque année au Canada, dont 1 500 dans la région de Montréal.

Londres, Grande-Bretagne

Au Royaume-Uni, la pollution cause annuellement 29 000 morts, dont 4 300 seulement pour la capitale britannique (soit autant que tout le Canada).

Selon un comité gouvernemental, la pollution atmosphérique serait un facteur contributif, parmi d’autres, dans le décès de 200 000 personnes dans ce pays en 2008. Les coûts sur le système de santé seraient de l’ordre de 12,7 à 27 milliards$ par année.

Depuis la révolution industrielle, basée en Angleterre sur la force motrice libérée par la combustion du charbon, Londres a toujours été une ville polluée. Aussi récemment que les années 1940, environ 90% de la production électrique du Royaume-Uni provient du charbon, le pétrole fournissant le reste.

Même de nos jours, ce pays dépend du charbon de manière appréciable. En 2007, la production d’énergie se partageait entre le pétrole à 38%, le gaz naturel à 37,7%, le charbon à 16,7%, l’énergie nucléaire à 5,8% et les énergies renouvelables à seulement 1,8%.

Depuis quelques années, on s’est employé à soulager la circulation automobile dans le centre de Londres. Indirectement, cela a eu des répercussions positives au niveau de la pollution. Mais la qualité de l’air et elle-même constitue une priorité secondaire des divers gouvernements en Angleterre, ces dernières étant préoccupées à réduire les déficits publics.

Parmi les mesures mises en œuvre afin de réduire la pollution à Londres, la plus farfelue a consisté en l’application d’un enduit collant sur la chaussée de plusieurs voies rapides dans le but de séquestrer les particules en suspension. Avec un succès très limité.

Normalement la pluie lave l’air d’une partie de sa pollution. Mais le mois dernier, un système de haute pression a recouvert le nord-ouest de l’Europe. Ce système a fait en sorte que la pluie a été rare. De plus, l’air pollué des centres industriels s’est accumulé et a circulé en vase clos au-dessus des Pays-Bas, de la Belgique, du nord de la France, et du Royaume-Uni. Si bien que les taux londoniens les plus élevés de pollution atmosphérique depuis trois ans y ont été enregistrés le mois dernier.

On doit donc prévoir la possibilité que les athlètes canadiens qui participeront aux Jeux olympiques de Londres aient à performer, comme les autres participants, en dépit des inconvénients des lieux, comme cela fut le cas aux Jeux olympiques de Beijing en 2004.

Références :
Air quality: A followup report
Données de l’Organisation mondiale de la Santé
Énergie au Royaume-Uni
London air pollution worst in Ontario
Pollutionwatch: UK experienced top levels of air pollution in March
Protecting the Great Lakes – St. Lawrence River Basinand Drinking Water Sources
Qualité de l’air à Londres de 1993 à 2012
Qualité de l’air : Montréal au deuxième rang des villes canadiennes les plus polluées
Qualité de l’air – Montréal mal classée au bilan de l’OMS
Which mayoral candidate will tackle London’s air pollution?

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes :0

Laissez un commentaire »

| Environnement, Pollution | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


%d blogueurs aiment cette page :