Le Parti libéral du Québec et la laïcité

Publié le 25 avril 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Adoptée l’an dernier, la Loi sur la laïcité de l’État (ou loi 21) interdit le port de signes religieux par les fonctionnaires en position d’autorité et les enseignants du secteur public.

Dans une entrevue accordée il y a quelques jours, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) a rappelé que dans l’éventualité où sa formation était portée au pouvoir, elle refuserait de renouveler la protection accordée à la cette loi par l’invocation de la clause dérogatoire.

L’importance de la clause dérogatoire

La Canadian Constitution a été adoptée par le fédéral et les provinces anglophones à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec ne fut pas invité.

Les idéologues qui l’ont rédigée voulaient consacrer la suprématie absolue des droits individuels afin de bloquer les dispositions les plus importantes de la Loi 101.

En effet, la Loi 101 proclamait la préséance de certains droits collectifs — ceux nécessaires à la pérennité de la langue française au Québec — sur certains droits individuels, notamment sur celui de s’assimiler au groupe linguistique de son choix, clé de voute de l’anglicisation du Québec.

C’est l’adoption de la Loi 101 par le Québec qui a créé l’urgence pour le Canada de se doter d’une nouvelle constitution.

Celle-ci était également une occasion de protéger le pays de dangers qui n’existaient pas lors de l’adoption de la constitution de 1867, nommément l’influence laïque européenne.

Voilà pourquoi cette nouvelle constitution consacre le multiculturalisme anglo-saxon comme valeur fondamentale du pays. Ce faisant, elle hisse au rang de droit constitutionnel le droit de porter des parures à caractère religieux, c’est-à-dire des breloques et des bouts de chiffon.

Ces ‘caprices constitutionnels’ sont ici des droits au même titre que le droit à la vie, le droit à la santé, etc.

Au contraire, la loi 21 interdit le port de ces parures aux représentants de l’État en position d’autorité. Et ce, uniquement dans l’exercice de leurs fonctions.

Logiquement, l’État québécois est laïque et veut donc que ses représentants reflètent la neutralité religieuse de l’État. Pour l’ethnie dominante du pays, cela est inacceptable.

Les interdits de la loi 21 sont ceux qu’on trouve déjà dans des lois analogues adoptées par de nombreuses démocraties européennes. Des interdits déjà validés par leurs plus hautes instances juridiques.

Cette conformité de la loi 21 aux normes internationales quant aux droits de la personne ne change pas le fait qu’elle est contraire aux dispositions de la Canadian Constitution.

Heureusement, cette dernière prévoit une mesure d’exception; c’est la clause dérogatoire. Celle-ci permet à une assemblée législative de protéger une loi jugée dans l’intérêt public, mais qui, autrement, irait à l’encontre d’une disposition constitutionnelle.

En somme, invoquer la clause dérogatoire rend toute loi conforme au droit canadien. Cette protection n’est valable que pour cinq ans.

Un effet de la prise du pouvoir par le PLQ

Élu, le PLQ s’abstiendrait de renouveler cette protection, laissant les tribunaux invalider la loi 21 à l’échéance des cinq ans prévus.

Cette prise de position n’est pas nouvelle; à l’époque où elle était candidate à la chefferie du PLQ, Mme Anglade avait déjà annoncé ses couleurs.

En s’y opposant, le PLQ veut la soumission du Québec à la camisole de force constitutionnelle que lui a imposée l’ethnie dominante du pays en 1982.

À l’exclusion de quelques chefs plus nationalistes, le Parti libéral du Québec a toujours été le cheval de Troie de l’impérialisme culturel canadian. Sa décision de laisser les tribunaux invalider la laïcité québécoise n’est donc pas une surprise.

Références :
Anglade prête à défendre le français à tout prix… mais pas la loi sur la laïcité
Course libérale : Dominique Anglade ôterait la disposition de dérogation de la loi 21
Laïcité et droits constitutionnels
Laïcité : juges contre démocratie
Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Néolibéralisme et crises sanitaires

Publié le 18 mars 2021 | Temps de lecture : 7 minutes

La fragilisation du système de santé

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est une organisation internationale qui encourage la libéralisation économique par les moyens du libre-échange et de la concurrence afin de favoriser l’innovation et les gains de productivité.

À cette fin, elle publie des études comparatives qui permettent de distinguer les pays qui ont le mieux réussi à s’acquitter de leurs missions au plus faible cout possible.

Grâce au libre-échange, on croyait qu’il n’était plus nécessaire de maintenir des stocks stratégiques d’équipement de protection; il suffisait de commander de nouveaux masques produits à l’autre bout du monde si jamais on en avait besoin.

De plus, sous l’influence de l’OCDE, on a réduit le ratio du nombre de lits par million d’habitants et on a institué de nouveaux modèles de gestion des établissements de Santé.

Dans l’optique néolibérale, le capital est ce qu’on investit dans la construction des édifices et l’achat d’équipement. Le salaire des employés est une dépense comme le sont les frais de chauffage. Quant aux employés eux-mêmes, il s’agit d’une commodité au même titre que le mobilier… sauf que les humains sont capables de locomotion, ce qui nous dispense de les soulever pour les déplacer d’un étage à l’autre.

Dans les hospices (qu’on appelle CHSLD au Québec), on a réduit au plus strict minimum le nombre d’employés afin de maximiser leur productivité.

Et lorsque surviennent des vacances (grossesses, démissions, congés de maladie, vacances annuelles, etc.), on fait appel à des agences privées pour boucher temporairement les trous.

Ce modèle a été adopté par toutes les provinces canadiennes, poussées à cela par la diminution des transferts en Santé d’Ottawa.

Mais grâce à la réforme du ministre Barrette — réalisée par ses ajoints, dont le Dr Horacio Arruda — c’est au Québec que cette intégration entre le public et le privé a été la plus poussée.

Si bien qu’au début de la pandémie au Covid-19, certaines provinces ont été capables d’interdire les mouvements de personnel d’un établissement à l’autre alors que le Québec a voulu… mais n’a pas pu.

Il n’a pas pu parce que l’intégration entre le public et le privé est telle que sans les agences, le système s’effondre.

Une lutte sanitaire néolibérale

Au tout début de la pandémie, le premier ministre a pris la sage décision de confier la lutte sanitaire à des experts.

Mais il a commis deux erreurs.

La première aura été de confier aux mêmes personnes tous les aspects de cette crise, qu’il s’agisse de ses aspects médicaux ou de ses aspects logistiques.

La deuxième a été de confier cette lutte au Dr Arruda.

Bien que doté d’un diplôme en médecine, celui-ci n’exerce plus cette profession depuis des années, devenu gestionnaire spécialisé de notre réseau de santé.

Or sa carrière a été marquée sous le signe de l’austérité et de la recherche du résultat avec le moins d’investissements publics.

Si bien que dès le début de cette pandémie, la Santé publique a dévoilé sa stratégie sanitaire; laisser se développer l’immunité ‘naturelle’, ce qui veut dire laisser les citoyens l’attraper.

Quand les gens chargés de nous protéger d’une épidémie préfèrent au contraire qu’on l’attrape, on a un problème.

Au sein de la droite américaine, influente au sein du gouvernement actuel, vouloir combattre une pandémie, c’est comme vouloir arrêter le vent.

C’est aux États-Unis qu’on trouve la grande majorité des experts sanitaires de la planète. Sous l’administration Trump, on a systématiquement ignoré leurs avis; on a déconseillé le port du masque, on a peu testé, peu recherché les foyers de propagation et, de manière générale, laissé la pandémie faire des victimes.

Au Québec, on a fait pareil.

L’objectif des autorités sanitaires du Québec a donc été de favoriser la contagion jugée inévitable au sein de la population tout en empêchant le système hospitalier d’être débordé.

Et pour minimiser le risque de poursuites judiciaires, on a préconisé la distanciation sociale seule et le lavage des mains, c’est-à-dire les deux mesures les moins efficaces contre cette pandémie.

Tout ce qui aurait permis aux gens de se protéger efficacement (le port du masque et le recours à des purificateurs d’air de type HEPA, par exemple) a été déconseillé. Conséquemment, le nombre des hospitalisés a augmenté.

Et lorsque les hôpitaux s’approchaient du point de saturation, on a confiné.

À l’opposé du lavage des mains et de la distance sanitaire seule, le confinement est très efficace pour arrêter la propagation de l’infection. Pour une raison évidente; on ne peut attraper un microbe auquel on n’est pas exposé.

Mais dès que beaucoup de lits devenaient libres, on déconfinait sans chercher à éteindre les foyers résiduels d’infection. Ce qui aurait permis d’éradiquer la pandémie.

Et comme on baissait la garde, la contamination revenait de plus belle.

Partout en Occident, ce fut pareil.

Si bien que tous les pays riches d’Occident ont lamentablement échoué à protéger leur population contre cette pandémie. Alors qu’en Extrême-Orient et en Océanie, d’autres pays ont brillamment réussi en plaçant la protection de leurs citoyens au sommet de leurs priorités.

En voulant maintenir l’activité économique à tout prix, les pays occidentaux sont allés de confinements en déconfinements prématurés, si bien que d’un confinement-surprise à l’autre, beaucoup de petites entreprises n’ont pas survécu.

Selon le ministre de l’Économie et de l’Innovation, les mesures sanitaires ont poussé à la faillite seize-mille entreprises québécoises, ce qui représente 56 % de toutes les faillites au Canada.

À 80 %, les entreprises disparues sont des restaurants et des bars. Elles comptent pour six pour cent des entreprises du Québec (qui sont au nombre de 250 000).

À cela s’ajoute un nombre inconnu (mais probablement considérable) de petites ou moyennes entreprises qui éprouvent des difficultés financières qui menacent leur survie.

Tous les dirigeants politiques aiment annoncer des investissements de milliards de dollars. Mais ce qu’on oublie trop souvent, c’est que l’économie québécoise repose essentiellement sur la petite ou moyenne entreprise.

Ce qui emploie la majorité d’entre nous, ce sont des épiceries, des restaurants, des pharmacies, des salons de coiffure, des quincailleries, etc. Ce sont eux qui nous font vivre.

La gestion catastrophique de cette crise sanitaire — contre laquelle aucun pays riche d’Occident n’était préparé, mais qui fut pire ici qu’ailleurs — a causé non seulement une hécatombe qui prive nos sociétés de talents, mais a également brisé les vies de milliers de petits entrepreneurs qu’on associe à tort au ‘1 %’ alors qu’ils font partie, comme nous, du ‘99 %’.

Références :
Apprendre à vivre sous la menace du Covid-19 : les non-dits de nos gouvernements
Au Québec, la grippe saisonnière est plus à craindre que le coronavirus, dit le Dr Arruda
Covid-19 : ‘aplatir la courbe’ ne suffit pas
Covid-19 : la cigale québécoise
Covid-19 : l’utilisation ‘judicieuse’ des masques
Covid-19 : oui aux ventilateurs, non aux purificateurs HEPA ?
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
Qu’attend Québec pour imposer le masque?
Voyage au Maroc : le Dr Arruda s’est absenté 12 jours au début de la crise

Parus depuis :
Les entreprises québécoises inquiètes pour leur avenir (2021-04-03)
La stratégie du «zéro COVID-19» a été plus payante que le «vivre avec» (2021-05-07)
Dépistage chez les travailleurs essentiels — Une méthode « sûre, acceptable et peu coûteuse », conclut l’étude (2021-06-15)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : les trois premiers mois de la vaccination au Québec

Publié le 14 mars 2021 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Le 14 décembre 2020, il y a donc trois mois, une première personne au Canada était vaccinée contre le Covid-19.

Sous l’œil des caméras de tout le pays, Gisèle Lévesque, 89 ans, recevait la première de ses deux doses du vaccin de Pfizer/BioNTech. Prévue trois mois plus tard, sa deuxième dose lui a finalement été administrée le 5 mars dernier.

Un mauvais présage

Dès le départ, les autorités sanitaires du Québec ont choisi d’espacer de trois mois les deux doses du vaccin de Pfizer alors que ce dernier a été homologué pour être utilisé à raison de deux doses espacées de trois semaines et non de trois mois.

Dans l’hospice où demeure Mme Lévesque, sur les 230 résidents, 202 ont accepté d’être vaccinés, tout comme 125 membres du personnel.

Le 14 janvier 2021, soit un mois plus tard, Radio-Canada rapportait : “ La COVID-19 continue de se propager au CHSLD Saint-Antoine, malgré l’opération de vaccination de la mi-décembre. (…) Depuis décembre, 37 résidents du CHSLD Saint-Antoine sont décédés de la maladie et 95 travailleurs de l’établissement l’ont contracté…” …soit 76 % du personnel.

De toute évidence, cette première séance de vaccination fut un évènement super-propagateur. On ne saura jamais si le virus a été apporté par les équipes de vaccination ou par les journalistes invités à couvrir l’évènement.

Mme Lévesque contracta le Covid-19 deux semaines après avoir reçu sa première dose : heureusement, elle y survécut.

Immunité modeste et immunité robuste

Au moment de la mise en marché de son vaccin, Pfizer soutenait qu’il protégeait 89 % des vaccinés après une première dose et 95 % des vaccinés après leur deuxième dose.

En se basant sur cette différence minime, la Santé publique a décidé de différer l’administration de la deuxième dose afin de vacciner le maximum de personnes avec les vaccins disponibles.

Toutefois, cette décision ne tenait pas compte du fait que le fabricant qualifiait de modeste l’immunité conférée par une première dose et de robuste celle résultant d’une deuxième dose.

Depuis, les résultats des campagnes de vaccination démontrent qu’on obtient une réponse immunitaire robuste dès la première dose du vaccin de Pfizer chez ceux qui ont déjà contracté l’infection puisque dans leur cas, le vaccin sert de rappel (comme la deuxième dose chez ceux qui n’ont jamais contracté l’infection).

De plus, dans une autre étude réalisée auprès de douze-mille vaccinés, celle-ci a démontré que le vaccin de Pfizer prévient 57 % des infections symptomatiques dès la première dose et 88 % après la deuxième dose.

Si une dose vaccin protège à 57 %, cela veut dire que la vaccination échoue dans le reste, soit 43 % de ceux qui ne reçoivent qu’une seule dose.

Qu’en est-il de l’expérience atypique du Québec ?

À part une étude très mal faite dont nous avons parlé sur ce blogue, la Santé publique n’a publié aucune donnée à ce sujet.

Quel est le pourcentage d’échec vaccinal au Québec ? On ne sait pas. Combien de vaccinés ont attrapé l’infection d’une manière suffisamment sévère pour être hospitalisés ? On l’ignore. Et quel est le pourcentage des vaccinés qui sont morts quand même du Covid-19 ? On l’ignore aussi.

Bref, si la Santé publique effectue un suivi de sa campagne de vaccination, elle est demeurée complètement opaque à ce sujet.

Ce qui n’augure rien de bon.

Par contre, lorsque la vaccination s’effectue conformément à la science, les études scientifiques ont démontré qu’aucun décès et aucune hospitalisation ne résulte de l’échec de la vaccination.

En d’autres mots, les personnes chez qui la vaccination échoue peuvent de nouveau attraper le Covid-19. Toutefois, ils l’attraperont sans s’en rendre compte ou de manière tellement faible qu’ils ne sentiront pas le besoin de se rendre à l’urgence d’un hôpital.

Ceci étant dit, une fois le vaccin administré à des millions de personnes, on pourrait se rendre compte que la probabilité d’effets graves à la suite d’un échec vaccinal n’est pas totalement nulle. Toutefois, on peut présumer que ces cas seront rarissimes.

Une vaccination à pas de tortue

La population américaine est de 330 millions d’habitants. Au moment où ces lignes sont écrites, 107 millions de doses du vaccin de Pfizer et de Moderna ont été administrées aux États-Unis.

Plus précisément, dix pour cent des gens y ont reçu une seule dose, et un autre dix pour cent ont reçu leur deuxième dose (et sont donc complètement vaccinés). En d’autres mots, un cinquième des Américains sont vaccinés, dont la moitié de ceux-ci, parfaitement.

Le président Biden s’est fixé comme objectif de faire en sorte que tous les habitants du pays qui le veulent soient vaccinés au 4 juillet prochain (le jour de la Fête nationale américaine).

Avant même que le Canada éprouve des difficultés d’approvisionnement en vaccins, les autorités sanitaires du Québec avaient comme objectif de vacciner 650 000 personnes d’ici la fin du mois de mars.

À ce jour, 648 663 doses de vaccin ont été administrées au Québec. Depuis le 5 mars, Mme Gisèle Lévesque fait partie des rares personnes qui ont reçu leur deuxième dose.

Pour atteindre l’immunité grégaire, 70 % de la population québécoise doit être complètement immunisée au virus.

Au rythme de 650 000 vaccins en trois mois, l’immunité grégaire sera atteinte dans vingt-huit mois, c’est-à-dire dans plus de deux ans, s’il suffit de recevoir une seule dose pour l’atteindre. S’il en faut deux, il faudra patienter plus de quatre ans… si l’immunité conférée dure aussi longtemps. Sinon, il faudra recommencer et vacciner perpétuellement.

Calcul détaillé

Le calcul est simple. En trois mois, administrer 650 000 doses, cela correspond à une moyenne mensuelle de 217 000 injections. C’est le rythme actuel de la campagne ‘massive’ (sic) de vaccination du Québec.

Pour atteindre l’immunité grégaire, il faut que 70 % des Québécois soient complètement immunisés au Covid-19. Or 70 %, c’est six-millions de personnes.

Divisons six-millions d’injections d’un vaccin à une dose ou douze-millions d’injections d’un vaccin à deux doses par le rythme actuel de vaccination et cela prendra respectivement 27,6 mois et 55,3 mois.

C’est un rythme sept à quatorze fois plus lent qu’aux États-Unis, sans parler d’Israël et de la Grande-Bretagne.

Conclusion

À moins d’accélérer la cadence de manière substantielle, le Québec aura donc été soumis à l’alternance incessante des confinements et des déconfinements lorsque surviendront les prochaines élections québécoises, prévues en octobre 2022.

D’une fois à l’autre aura augmenté le nombre des personnes exaspérées par les mesures sanitaires.

Pendant ce temps, aux États-Unis, les restaurants, les cinémas, et les endroits de villégiature seront noirs de gens souriants et décontractés célébrant l’éradication de la pandémie en sol américain.

Peut-être y a-t-il là matière à inquiétude pour nos dirigeants politiques.

En effet, l’heure des explications approche…

Références :
COVID-19 : Gisèle Lévesque devient la première personne vaccinée au Canada
Covid-19 : vaccination vs immunisation
Données de vaccination contre la COVID-19 au Québec
La première vaccinée du Canada a contracté la COVID-19
Sept résidents vaccinés du Centre Maimonides contractent la COVID-19
Single Pfizer vaccine shot provides strong protection for those who’ve had Covid-19, UK studies suggest
UK study finds one dose of Pfizer/BioNTech vaccine reduces risk of infection by 72%

Parus depuis
La moitié des soignants de première ligne ne sont toujours pas vaccinés dans le Grand Montréal (2021-03-17)
Même vaccinée, une femme de 50 ans est sous oxygène à cause d’un variant (2021-04-08)
St. Mary’s Hospital installs air purifiers in ER after staff outbreak (2021-05-07)
Mourir en attendant sa deuxième dose (2021-05-25)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Doit-on interdire l’accès à la magistrature aux avocats québécois unilingues français ?

Publié le 10 mars 2021 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Dans tous les pays du monde, le droit d’être jugé dans sa langue est un droit fondamental.

Mais ce n’est pas le cas au Canada. Dans notre pays, la primauté est accordée au droit discrétionnaire du juge de s’exprimer (oralement ou par écrit) dans la langue de son choix.

Le premier alinéa de l’article 19 de la Canadian Constitution de 1982 prescrit :

Chacun a le droit d’employer le français ou l’anglais dans toutes les affaires dont sont saisis les tribunaux établis par le Parlement [fédéral] et dans tous les actes de procédure qui en découlent.

Cela signifie que devant tous les tribunaux fédéraux, les parties peuvent être francophones, les preuves qu’ils présentent peuvent être rédigées en français, mais finalement, le juge est libre de rendre son jugement en anglais.

L’inverse (un jugement en français dans une cause en anglais) est également possible. Mais cela n’arrive jamais.

En 2013, la juge Karen Kear-Jodoin, nommée par Ottawa à la Cour Supérieure du Québec, a rédigé un jugement en anglais dans une cause où tous les avocats étaient francophones, à la suite d’un procès qui s’était déroulé exclusivement en français, et où l’accusé était unilingue français.

Après que son avocat eût protesté contre ce jugement rédigé dans une langue que son client ne comprenait pas, cet avocat a été condamné par le comité de discipline de son Ordre professionnel pour son refus de soutenir l’autorité des tribunaux.

Le droit constitutionnel du juge de s’exprimer dans sa langue a donc préséance sur le droit fondamental de l’accusé d’être jugé dans la sienne.

Cette primauté est un reliquat du passé colonial du pays.

Historique

En 1760, aucun juge de la Nouvelle-France récemment conquise n’était familier avec le Common Law. C’est pourtant le cadre juridique anglais qui s’appliquait dorénavant dans les affaires criminelles de la colonie.

Le nouveau pouvoir colonial fut donc obligé de nommer urgemment des juges anglais pour traiter des affaires criminelles courantes.

Voilà pourquoi le conquérant a imposé à ses nouveaux sujets le droit du juge de rendre ses décisions en anglais puisque ces nouveaux juges ne parlaient pas français.

Chez un peuple conquis militairement — comme ce fut notre cas en 1760 — tout jugement rendu dans la langue du conquérant est une offense aux yeux du conquis et le rappel de son assujettissement.

De constitution en constitution, cette situation perdure depuis.

La croisade d’une juge fédéraliste

La Commission Bastarache a révélé que pendant qu’il était au pouvoir, le Parti libéral du Québec (PLQ) ne permettait l’accès à la magistrature qu’aux avocats dont l’allégeance politique était libérale.

En 2016, Julie Rondeau a été nommée juge en chef de la Cour du Québec par le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Ces jours-ci, cette juge fédéraliste a quitté son devoir de réserve pour critiquer publiquement les réticences du ministre de la Justice du Québec à donner suite à sa suggestion d’exiger la connaissance de l’anglais comme condition pour être nommé juge.

Le Québec est la seule province canadienne où les procès (autant civils que criminels) se déroulent dans n’importe laquelle des deux langues officielles du pays.

Personne au Québec ne conteste le droit d’un angloQuébécois d’être jugé dans sa langue. Cela ne veut pas dire qu’on doive imposer le bilinguisme à tous les juges du Québec.

À Montréal, 100 % des avocats sont bilingues. Donc tous les juges montréalais le sont.

Mais dans les régions où presque personne ne parle anglais, doit-on exiger la connaissance parfaite de la langue de Shakespeare alors que seulement un ou deux procès en anglais s’y déroulent par année ?

Il serait normal que parmi les juges nommés dans cette région, l’un d’eux soit attitré aux causes en anglais.

Mais qu’on impose le bilinguisme à tous les juges au cas où quelqu’un devrait y être jugé en anglais, c’est comme exiger que tous les employés d’un restaurant situé dans un village reculé du Québec soient bilingues sous le prétexte qu’un jour, un touriste américain pourrait s’y présenter.

Une justification tirée par les cheveux

La juge en chef de la Cour du Québec estime que la maitrise des deux langues officielles est essentielle dans certaines régions, notamment dans le Grand Montréal.

Comme on l’a vu précédemment, cela n’est qu’un prétexte puisque dans les cours de juridiction provinciale, tous les juges montréalais le sont déjà.

Lorsqu’un juge n’est pas vraiment bilingue, c’est qu’il s’agit d’un juge anglophone nommé par Ottawa dans un des tribunaux de sa juridiction.

On invoque également le cas concret d’une juge incapable de présider un procès en anglais dans le Grand-Nord du Québec.

La juge dont il s’agit est Denise Descôteaux. Cette avocate a accédé à la magistrature en 2016 grâce au gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Or dans son cas, le ministère de la Justice avait simplement donné suite à une recommandation du juge en chef de la Cour du Québec, recommandation faite à la suite d’un appel de candidatures où le bilinguisme était exigé.

En somme, la Cour du Québec a induit en erreur le ministre de la Justice. Plutôt que de le reconnaitre, la juge en chef estime que ce cas prouve la nécessité d’étendre l’exigence du bilinguisme à la grandeur du Québec alors que dans ce cas-ci, cela n’aurait rien changé puisque le bilinguisme était déjà requis.

Trouvez-vous ça logique ?

Conclusion

Selon le recensement de 2016, sur les 8 066 560 de Québécois, 4 032 640 étaient unilingues français. En somme, c’est un Québécois sur deux.

Ce que veut la juge fédéraliste Julie Rondeau, c’est d’instituer une discrimination à l’embauche à l’égard de tous les avocats québécois dont la maitrise de l’anglais est imparfaite.

Par ailleurs, le ministre de la Justice est également responsable de la protection de la langue française. À cet effet, il s’est engagé à présenter une réforme de la Loi 101 qui vise à mettre fin à l’anglicisation de Montréal.

On devine facilement que s’il devait consentir à cette discrimination à l’embauche, sa crédibilité comme défenseur du français sera sérieusement compromise…

Références :
Bilinguisme des juges : différend entre le ministre de la Justice et la Cour du Québec
Bras de fer sur le bilinguisme des juges
Être condamné dans une langue qu’on ne comprend pas
Le bilinguisme des juges mal évalué
Le bras de fer entre Jolin-Barrette et la Cour soulève des questions
L’utilité de la Commission Bastarache
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

Paru depuis :
Multiplication des postes de juges bilingues depuis 15 ans au Québec (2022-03-02)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le nouveau PQ et le Covid-19

Publié le 7 mars 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Lors de l’exercice de réflexion devant mener à la ‘refondation’ du Parti Québécois, j’ai qualifié le projet de Charte politique du PQ de paroxysme de l’insignifiance.

À l’obsession de ne pas faire de vagues, j’opposais l’avis que pour tous les peuples qui aspirent à l’indépendance, le chemin qui mène à la liberté est un combat contre l’adversité.

Au lieu d’en arriver coute que coute à des décisions ‘rassembleuses’, j’affirmais que par son essence même, la promotion de l’indépendance provoque toujours une polarisation de l’opinion publique. Cela est vrai en Catalogne, en Écosse, et évidemment au Québec.

Bref, on ne peut pas faire avancer l’idée de l’indépendance en demeurant sagement dans son coin.

Vaccination et souveraineté

Israël est un pays de 8,9 millions d’habitants, soit environ autant que le Québec.

Au moment où ces lignes sont écrites, 57 % de sa population a reçu au moins une dose du vaccin de Pfizer : 43 % sont complètement vaccinés et 13 % sont en attente de leur deuxième dose.

Au Royaume-Uni, 32 % des gens ont reçu la première de leurs deux doses du vaccin d’AstraZeneca et 1,6 % ont reçu les deux.

Le taux de vaccination dans ce pays est six fois supérieur à celui qui prévaut dans le marché commun européen (où seulement 5,5 % des gens ont reçu une première dose).

Selon le premier ministre Boris Johnson, il s’agit là d’un avantage du Brexit; n’étant pas plombé par la lenteur de la bureaucratie de Bruxelles, son pays a commandé ses vaccins plusieurs mois avant le reste de l’Europe.

De son côté, le Canada est au 43e rang mondial à ce sujet.

En tant que province canadienne, le Québec n’est pas libre d’acheter des vaccins; les fabricants ne vendent qu’à des pays ou des groupes de pays.

Notre province n’est pas libre non plus d’homologuer un vaccin comme le Sputnik-V, dont l’efficacité a été prouvée le mois dernier par une importante étude publiée dans The Lancet.

Même si les choses sont en train de s’améliorer, le Québec est encore lié aux difficultés d’approvisionnement d’Ottawa.

Une occasion ratée

Si le Parti Québécois reprochait publiquement l’appartenance au Canada d’être un obstacle à la vaccination rapide des Québécois, cette déclaration susciterait la controverse.

Il est à noter que la cible d’un tel reproche doit être précisément l’appartenance du Québec au Canada. Dès qu’on rend responsable un chef d’État, son gouvernement, ou sa formation politique, on abaisse l’argumentaire indépendantiste au niveau de la politique partisane. Et alors le message dérape.

Même en prenant soin d’éviter cet écueil, on accuserait le PQ de semer la discorde. On lui rappellerait qu’en temps de guerre, on évite de tirer dans le dos de nos généraux.

Et la presse fédéraliste se dirait outragée par de tels propos.

En raison de ce tollé généralisé, il est probable que les sondages révèleraient une chute des intentions de vote pour le PQ.

Mais une fois la poussière retombée, une partie des Québécois réaliseraient que cela est l’évidence même.

Un Québec souverain est libre de protéger ses frontières plutôt que de subir le laxisme d’Ottawa envers les voyageurs contagieux.

De plus, l’hécatombe survenue dans nos hospices sous-financés est la conséquence directe de la diminution des transferts fédéraux en matière de santé.

Si Ottawa préfère investir dans l’édification de l’État pétrolier canadien, un Québec indépendant pourrait allouer à la santé les sommes colossales qu’on verse malgré nous au financement étatique des énergies fossiles.

Par contre, si un Québec indépendant recevait au goutte-à-goutte les vaccins dont il a besoin, ce serait de sa faute et non celle d’Ottawa.

Voilà ce que j’aurais aimé entendre de la bouche du nouveau PQ. Du concret. Et de l’actuel.

Références :
Europe’s unified vaccination strategy is splintering as countries turn to Israel, China and Russia for help
Le Canada piétine au 43e rang mondial
Le texte de ‘refondation’ du PQ : le paroxysme de l’insignifiance
L’Europe a-t-elle déjà perdu la course aux vaccins?
Sputnik V COVID-19 vaccine candidate appears safe and effective

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Masques et nationalisme économique

Publié le 6 mars 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

Je ne doute absolument pas de la détermination du gouvernement québécois actuel à favoriser les entreprises d’ici.

Mais il y a des décisions qui me semblent incohérentes.

Le masque N99 de Dorma Filtration

L’entreprise montréalaise Dorma Filtration a conçu le premier masque N99 entièrement fabriqué au Canada.

Plus performant que les masques N95, il peut bloquer 99 % des particules de Covid-19.

Son filtre amovible, fait au Québec, peut être retiré afin de permettre au masque d’être lavé jusqu’à trente fois (et même être stérilisé) avant d’être mis au recyclage.

Fait de polymère transparent, ce masque confortable a passé brillamment tous les tests de Santé Canada.

Mais d’octobre 2020 à janvier 2021, sa fabrication a été bloquée par la CNESST, un organisme gouvernemental québécois.

Pourquoi ?

La CNESST exige que tout appareil de protection respiratoire soit approuvé par l’Institut national de Santé des États-Unis. Cela évite à la CNESST de constituer sa propre expertise dans ce domaine.

Malheureusement, l’organisme américain, débordé par la pandémie, a interrompu sa certification de produits étrangers afin de se concentrer sur les produits américains.

Il a fallu que ce scandale soit révélé par le chroniqueur Yves Boisvert (de La Presse) pour que le masque soit finalement approuvé par Québec le 15 janvier dernier.

Des masques à fenêtre faits au Québec

Les masques à fenêtre permettent aux enfants de voir les mouvements de la bouche de leurs éducatrices. Inversement, ils permettent aux professeurs de voir la mimique faciale de leurs élèves et ainsi, mieux déceler leurs difficultés à l’apprentissage.

Entreprise Prémont, de Louiseville, est la première entreprise canadienne à produire des masques à fenêtre répondant aux normes de Santé Canada.

Contrairement aux masques N99 dont nous venons de parler, ceux-ci ne sont pas réutilisables.

Afin d’équiper les garderies du Québec, le gouvernement a accordé un premier contrat, d’une valeur d’un demi-million de dollars, à Entreprise Prémont.

Toutefois, la compagnie québécoise a perdu le second, d’une valeur de quatre-millions$. Celui-ci a été accordé à un importateur québécois de masques faits en Chine.

À l’unité, les masques chinois sont cinq cents plus économiques (1,40 $ au lieu de 1,45 $). En contrepartie, ils sont de qualité moindre puisqu’ils ne répondent qu’à la classe 1 de Santé Canada alors que les masques québécois répondent à la classe 2.

Normalement, pour à peine 3 % de plus, on ne devrait pas hésiter à équiper nos garderies de ce qu’il y a de mieux.

Compte tenu du fait que les employés d’Entreprise Prémont paient leurs impôts au Québec, on se demande comment on peut justifier cette économie de bouts de chandelle.

Références :
Des masques de Chine choisis au détriment de ceux d’une entreprise de Louiseville
Les premiers masques transparents répondant aux normes de Santé Canada fabriqués en Mauricie
La CNESST approuve le masque N99
Un filtre 100 % régional pour les premiers masques N99 canadiens
Un masque québécois testé, approuvé, louangé… mais bloqué

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Glyphosate : le ministre Lamontagne rit de nous

Publié le 8 décembre 2020 | Temps de lecture : 3 minutes
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Pour la première fois cet été, une centaine de producteurs de blé du Québec ont empoisonné leurs céréales au glyphosate (le Roundup™ de Monsanto) avant de les récolter.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’un accident; c’est volontairement que ces agriculteurs ont agi ainsi. Leur but était d’arrêter la croissance de leur blé et de simplifier sa récolte.

Contrairement au maïs québécois, principalement destiné à l’alimentation du bétail, le blé québécois est essentiellement destiné à l’alimentation humaine.

Apparue en Saskatchewan dans la deuxième moitié de la décennie précédente, l’utilisation controversée du glyphosate en prérécolte a entrainé la chute des exportations canadiennes de blé vers l’Italie, passant d’un million de tonnes en novembre 2017 à 290 000 tonnes en aout 2018.

Dans l’Ouest canadien, cette pratique est devenue tellement commune qu’il est difficile de trouver du blé récolté normalement qui ne soit pas contaminé par du glyphosate aspergé sur des champs voisins. Si bien que même le blé bio de Saskatchewan trouve difficilement preneur auprès des producteurs de pâtes en Italie.

L’utilisation des défoliants en pré-récolte n’a pas été homologuée au Canada. Avant que cette pratique ne se généralise au Québec, il serait important de sévir contre elle.

Au contraire, grâce aux démarches de l’industrie agrochimique, l’assurance récolte du Québec a remboursé cet été l’achat des herbicides et les couts de pulvérisation en prérécolte du glyphosate et du Diquat (un herbicide interdit en Europe en raison de sa toxicité).

Le 1er décembre dernier, à la période de questions orales de l’Assemblée nationale du Québec, la députée Émilie Lessard-Therrien (de Québec Solidaire) a cherché à savoir la position du ministère de l’Agriculture à ce sujet.

C’est le sourire aux lèvres que le ministre André Lamontagne a refusé à trois reprises de condamner cette pratique, préférant accompagner nos agriculteurs.

Rappelons que c’est ce même ministre qui, en janvier 2019, était tout fier d’annoncer le congédiement de Louis Robert — l’agronome le plus respecté du Québec — au grand plaisir de l’industrie agrochimique dont le ministre Lamontagne est le plus dévoué serviteur.

À la suite du tollé que ce congédiement avait provoqué, le premier ministre lui-même s’en était excusé et conséquemment, Louis Robert avait retrouvé ses fonctions.

Ceci étant dit, que se soit au sujet de son combat contre l’arsenic dispersé par les cheminées de la Fonderie Horne sur la ville de Rouyn-Noranda ou au sujet des pesticides dans nos assiettes, la députée Lessard-Therrien mérite nos remerciements.

Références :
Des résidus de glyphosate dans les bières allemandes et suisses
La corruption généralisée des agronomes québécois
Le glyphosate plein l’assiette
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate
Merci à l’agronome Louis Robert

Paru depuis :
Cancers liés au Roundup — Bayer perd de nouveau en appel (2021-08-10)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’engouement collégial pour l’anglais

Publié le 30 novembre 2020 | Temps de lecture : 4 minutes

Tout en respectant le droit des angloQuébécois à l’enseignement dans leur langue, la Loi 101 prescrit l’unilinguisme français au Québec.

Selon cette loi, l’école publique française est ouverte à tous. Par contre, l’école publique anglaise est réservée aux angloQuébécois; ceux-ci y ont droit en vertu de la constitution du pays.

Ceci étant dit, à leurs frais, les parents québécois peuvent envoyer leurs enfants à l’école privée de leur choix.

Mais aussi révolutionnaire que fût la Loi 101 en 1977, celle-ci n’impose cet unilinguisme qu’au primaire et au secondaire.

Pourquoi les rédacteurs de la Loi 101 se sont-ils abstenus d’imposer l’unilinguisme français à l’ensemble du système scolaire québécois ?

Peut-être ont-ils jugé qu’après s’être imprégné de français toute sa vie, l’adolescent québécois avait peu de chance de remettre en question son appartenance linguistique en poursuivant ses études au niveau collégial et/ou universitaire.

Au-delà du secondaire, si un étudiant francophone voulait poursuivre ses études en anglais mais était empêché de le faire au collégial par une loi, cela ne ferait que différer sa décision au moment d’aller à l’université. Ce qui reviendrait un peu au même.

Depuis l’adoption de la Loi 101, les choses ont évolué.

De 1995 à 2018, le pourcentage de cégépiens qui poursuivent leurs études en anglais dès le collégial a augmenté substantiellement, passant de 14,9 % à 19 % dans l’ensemble du Québec.

À Montréal, c’est évidemment pire; cette proportion est de 40 %. Au point que depuis 2001, les angloQuébécois sont minoritaires dans leurs propres cégeps.

Avec ses huit-mille étudiants, le Collège Dawson est non seulement devenu le plus gros lycée anglophone de Montréal; c’est le plus fréquenté du Québec, toutes langues confondues.

Voilà pourquoi le projet d’agrandissement du Collège Dawson — subventionné par Québec à hauteur de 50 millions$ — suscite la controverse.

La question qu’il faut se poser est la suivante : pourquoi tant d’adolescents francophones tiennent-ils à ce point à étudier en anglais ?

La réponse est évidente : à l’embauche, l’anglais est exigé dans 40 % des entreprises du Québec. Et ce, même lorsque cela n’est pas nécessaire. Une proportion qui grimpe à 63 % à Montréal.

Tant que la connaissance de l’anglais est jugé nécessaire non seulement pour réussir, mais simplement pour gagner sa vie, on devra considérer la motivation d’une bonne partie des cégépiens d’apprendre l’anglais comme étant parfaitement légitime.

Toute tentative de l’État de s’opposer à une volonté populaire aussi répandue est vouée à l’échec.

Conséquemment, si le gouvernement québécois désire sérieusement assurer la pérennité du français, il devra fonder sa politique linguistique sur l’unilinguisme français au travail. Un unilinguisme généralisé à l’ensemble du territoire national. Sauf lorsque la connaissance de l’anglais est strictement nécessaire.

Voilà exactement ce que voulait Camille Laurin, le père de la Loi 101.

Références :
Incapable d’être servi en français
L’enseignement en anglais a le vent dans les voiles
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

Parus depuis :
Ottawa verse des millions pour des programmes d’enseignement en anglais au Québec (2020-12-21)
Quand il faut parler anglais pour travailler à Montréal (2021-03-10)
Augmentation des résidents non permanents dans les écoles anglaises (2021-03-19)
Une vision pour demain (2021-03-20)
La maîtrise du français, nouvel enjeu de management (2021-10-25)
« Nous courons vers l’assimilation », disent des profs en faveur de la loi 101 au cégep (2022-04-09)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Alerte au lot KX9F7 du vaccin antigrippal Flulaval Tetra

Publié le 26 novembre 2020 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Normalement, les vaccins antigrippaux ont des effets secondaires mineurs; principalement de la fièvre, des courbattures, de la fatigue et parfois une légère congestion nasale.

En fait, ils donnent une grippe miniature, nous évitant d’attraper une vraie grippe, celle qui pourrait vous clouer au lit et, dans le cas des personnes âgées, compromettre leur survie.

Qu’il s’agisse d’une grippe ou des effets de la vaccination, le coupable est l’interféron, une substance intermédiaire sécrétée lors de l’activation du système immunitaire.

En somme, les effets secondaires habituels des vaccins sont la preuve qu’ils fonctionnent.

Mais il arrive que certains vaccins soient nocifs chez une infime partie de ceux qui les reçoivent. Même si cela est rare, on juge cela inacceptable parce que les vaccins sont administrés à des personnes saines. Or en médecine, le but n’est jamais de rendre malade des personnes en santé.

Un lot suspect

Le 14 novembre dernier, les autorités sanitaires du Nouveau-Brunswick ont rapporté trois cas d’effets secondaires graves au cours de la semaine qui a suivi l’administration de doses tirées du lot KX9F7 du vaccin Flulaval Tetra du fabricant GSK.

Une personne a développé le syndrome de Guillain-Barré. Une deuxième, une myélite transverse aigüe. Et la dernière, une paralysie de Bell.

Ces rapports ont déclenché une enquête de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) dont les conclusions seront attendues prochainement.

Selon le principe de précaution, cinq provinces canadiennes ont suspendu la vaccination à partir de fioles appartenant à ce lot d’ici la fin de l’enquête de l’ASPC.

Ces provinces sont le Manitoba, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et la Saskatchewan.

La Colombie-Britannique ne l’a pas fait parce qu’aucune des doses de Flulaval Tetra qu’elle a achetées ne provient de ce lot.

L’exception québécoise

Des 2,3 millions de doses de ce vaccin achetées par Québec, 7 % (160 000 doses) sont issues du lot KX9F7. De ce nombre, environ 18 046 ont déjà été utilisées. Il reste donc 142 000 doses à administrer de ce lot.

Plutôt que d’imiter les autres provinces, c’est-à-dire de suspendre la vaccination avec le lot KX9F7 et de poursuivre pour l’instant avec les 2,1 millions de doses de Flulaval Tetra provenant d’autres lots, la Santé publique du Québec a décidé de continuer à écouler son stock de KX9F7 avant qu’on découvre si ce lot a quelque chose d’anormal.

Conclusion

Si vous devez prochainement être vaccinés, il serait prudent de demander à voir la bouteille du vaccin qu’on s’apprête à vous injecter.

Si elle est tirée du lot en question, revenez vous faire vacciner une autre semaine, lorsqu’on sera passé à un autre lot de Flulaval Tetra.

Dans un autre ordre d’idée, on voit mal comment le Dr Arruda et son équipe seront capables de vaincre la résistance éventuelle d’une partie de la population à recevoir un vaccin contre le Covid-19 quand, dans ce cas-ci, ces responsables sanitaires n’ont aucun scrupule à poursuivre l’administration d’un vaccin antigrippal potentiellement dangereux.

Références :
Avis destiné au Service Info-Santé
Nova Scotia recalls some flu vaccines after 3 ‘adverse events’ in New Brunswick
Québec continuera d’utiliser un lot de vaccins antigrippaux retiré par cinq provinces

Postscriptum du 27 novembre : L’Agence de la Santé publique du Canada a annoncé aujourd’hui qu’aucune relation de cause à effet n’a pu être établie entre les injections et les effets indésirables signalés.

Rassurées, les cinq provinces (dont le Nouveau-Brunswick) qui avaient suspendu l’utilisation de ce lot de vaccin ont donc repris son administration.

Référence : Les vaccins antigrippaux retirés par cinq provinces sont sécuritaires, tranche Ottawa

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les lois asymétriques du marché

Publié le 7 novembre 2020 | Temps de lecture : 3 minutes

En raison de la pandémie, des centaines de milliers d’emplois ont été supprimés temporairement ou de manière permanente dans les industries du tourisme, de la restauration, des arts vivants, etc.

Pourtant, on peine à trouver des préposés pour aider les travailleurs en établissement de Santé.

Le gouvernement québécois a imputé ces difficultés à la générosité ‘excessive’ des mesures fédérales d’aide aux travailleurs affectés par la pandémie.

Même en offrant un salaire horaire de 20 $, pas assez de personnes ont offert leurs services.

Toutefois, une chose m’intrigue.

Que fait le gouvernement lorsque le prix de l’essence augmente à la pompe ? Il répond que c’est la loi du marché; lorsque la demande dépasse l’offre, il est normal que le prix de l’essence augmente.

Parce que les lois du marché sont indiscutables; elles sont comme les Dix commandements du Capitalisme qu’un Moïse aurait rapporté voilà longtemps de la Montagne sacrée des investisseurs.

Ça, je comprends.

Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est pourquoi c’est différent quand il s’agit du ‘jus de bras’ des travailleurs.

C’est quoi la différence entre l’essence de pétrole et le jus de bras ?

Pourquoi un travailleur en hospice, ça ne vaut pas plus de 20 $ de l’heure, mais que pour le pétrole, il faut débourser autant d’argent que les pétrolières peuvent en obtenir ?

Si les préposés en hospice étaient des automates qui fonctionnaient à l’essence, est-ce que l’État se dirait « C’est assez; je ferai le plein de mes préposés quand le prix de l’essence redescendra à un niveau ‘raisonnable’.»

Non, il paierait le prix demandé parce que c’est la loi du marché. La loi du marché n’a pas de clause dérogatoire; on débourse ce qui est exigé.

Si insuffisamment de gens veulent travailler à 20 $, la loi du marché exige qu’on offre plus. Et si ce n’est pas assez, on offre davantage. Et on fait cela jusqu’à ce que la demande rencontre l’offre. C’est ça, la loi du marché.

Évidemment, on peut offrir davantage en spécifiant que ce taux horaire généreux est valable tant que dureront les mesures d’aide du fédéral, mais qu’il retombera à XX $ de l’heure par la suite.

Quand viendra le temps de porter secours à la grande industrie, pensez-vous sérieusement qu’on va dire qu’un patron de compagnie, ça ne vaut pas plus que ‘tant’ de l’heure ?

Faisons pareil pour le labeur de nos travailleurs.

Pour lutter adéquatement contre cette pandémie, on a besoin de bras. Donc payons ce qui est nécessaire. Nos vies en dépendent… bien plus que du pétrole.

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Écrit par Jean-Pierre Martel