‘Shame!’ ou l’expression du mépris

6 juillet 2018

Introduction

C’est sous les huées et aux cris de ‘Shame!’, que les personnes venues assister au spectacle SLĀV ont été prises à partie récemment par des jeunes anglophones devant le Théâtre du Nouveau Monde.

Indépendamment de savoir qui a tort et qui a raison, on doit se demander qu’est-ce qui motive un groupe majoritairement blanc à dénoncer violemment une ‘appropriation culturelle’ alors que, dans ce cas-ci, cela ne les concerne pas ?

L’explication simpliste, qu’on lit partout ces jours-ci, c’est qu’il agit de ‘gauchistes extrémistes’ auxquels on attache trop d’importance.

Au contraire, je pense que l’agressivité des protestataires repose sur quelque chose de plus profond et qu’il y aurait tout lieu de s’en inquiéter.

Le formatage des esprits

Ceux qui participent à des forums de discussion les choisissent en fonction des sujets qu’ils abordent.

Dans le cas des forums d’idées, ils sont une occasion de rencontrer des alter ego, c’est-à-dire des personnes avec lesquels il est facile d’établir une communion d’esprit.

L’intervenant est incité à adopter l’opinion dominante du groupe par l’attribution de ‘J’aime’. Ceux-ci correspondent à une rétroaction positive comme l’est la friandise donnée au caniche méritoire.

Or ces médias sociaux sont autopurificateurs. Dès qu’un intervenant publie un point de vue anticonformiste, la confrontation des idées n’est pas perçue comme stimulante mais plutôt comme une agression qui met en péril l’harmonie de la meute.

Sous les propos désobligeants, les insinuations malveillantes et les insultes, le déviant quittera finalement les lieux au grand soulagement de tous.

Et ceux qui auront le plus efficacement attaqué l’intrus seront perçus comme des héros.

Résultat : le forum de discussion, au lieu d’être une occasion d’élargir son esprit, devient un moyen d’ancrer ses préjugés.

Il est significatif que l’action militante des protestataires contre SLĀV ait pris forme sur les médias sociaux.

Le mépris envers les francoQuébécois

À juste titre, les jeunes angloQuébécois estiment qu’ils ont le droit d’être servis en anglais. Mais ils sont nombreux à oublier que leur droit de parler leur langue n’a plus préséance lorsque ce sont eux qui servent un client francophone.

Le Parti libéral est au pouvoir au Québec de manière presque continue depuis seize ans. Au cours de cette période, il n’a rien fait pour défendre et promouvoir le français au Québec.

Si bien qu’un nombre croissant de jeunes angloQuébécois ont perdu de vue leur statut minoritaire au Québec et se considèrent plutôt comme membre de la majorité anglophone du pays (ce qui est également vrai).

Ces jeunes ont entendu ad nauséam les propos regrettables tenus au soir d’une défaite référendaire. Au point d’ignorer à quel point tous les Québécois — y compris eux — sont redevables au premier ministre qui les a prononcés.

Ils ont lu tout le mal qu’on peut en dire du projet de Charte de la laïcité du PQ (auquel je me suis moi-même opposé).

Et ils ont appris avec horreur la nouvelle de l’attentat terroriste antimusulman de Québec.

Bref, depuis leur enfance, on leur décrit le peuple francoQuébécois comme consanguin, arriéré, xénophobe et raciste.

Dans leur esprit, la défense du français au Québec est associée à une lutte tribale contre le progrès.

Pour eux, l’extinction du peuple francoQuébécois est inévitable. Et dès que nous y serons résignés, la voie de la modernité deviendra plus harmonieuse pour tous.

À mon avis, c’est ce mépris profondément ancré qui explique la haine de ces jeunes anglophones contre les spectateurs francophones du TNM.

Le choix des mots est significatif : ‘Shame!’ se traduit littéralement par ‘Honte à vous’. Mais en réalité, il signifie ‘Je vous estime honteux, c’est-à-dire méprisables’.

L’agression n’est pas survenue à n’importe quel moment. On n’a pas défilé contre le TNM en matinée ou dans l’après-midi; on a choisi délibérément le moment précis où les abonnés se présentent pour le spectacle.

Certains spectateurs ont dû pénétrer au TNM sous escorte policière. Ce genre d’intimidation est inacceptable.

Derrière les spectateurs du TNM, c’est tout le peuple francoQuébécois qui est visé par le crachat des protestataires.

Conclusion

Si on m’apprenait que des idéologues fédéraux monitorisent les écrits publiés sur ce blogue, je leur adresserais le message amical suivant : retenez bien les chiens enragés qui tentent de nous intimider dans notre vie privée et notamment lorsque nous nous rendons au théâtre accompagnés d’un être cher. Ce n’est pas vrai que nous allons nous laisser traiter ainsi chez nous.

Nous avons encore de travers dans la gorge la constitution que vous nous avez imposée et qui nous empêche de mettre en application une laïcité minimaliste parfaitement acceptable aux yeux de la plupart des pays occidentaux.

Ceux à qui vous avez affaire, ce n’est plus de pauvres paysans illettrés traumatisés par une conquête militaire et le pillage de soldats anglais. Ce sont des citoyens parfaitement capables de former leur propre pays si vous les poussez à bout.

Sur le même sujet :
La controverse au sujet de SLĀV (2018-06-27)
Appropriation culturelle et néonazisme (2018-07-08)


Annexe : Le dénigrement par The Montreal Gazette :
Opinion: SLĀV: Whose songs are these to sing? (2017-11-30)
Dunlevy: Jazz fest cancels SLĀV, but questions remain (2018-07-04)
Jazz fest review: SLĀV misses the mark, and precious opportunity (2018-07-04)
Jazz Fest: SLĀV isn’t cultural appropriation, singer Bonifassi says (2018-07-04)
Dunlevy: SLĀV director Robert Lepage just doesn’t get it (2018-07-06)
Opinion: Why SLĀV’s cancellation was the right decision (2018-07-06)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’OTAN et les élections québécoises

5 juillet 2018

Tout se tient.

En 2014, le gouvernement Harper s’est engagé à doubler les dépenses militaires du pays d’ici 2024.

C’est ainsi que le budget de la Défense passera de 1% à 2% du Produit intérieur brut canadien. En clair, c’est une dépense récurrente de quinze-milliards$ par année.

Comme le défunt contrat des chasseurs F-35, il est à prévoir qu’il s’agira pour le Canada d’acheter du matériel militaire américain pour lequel notre pays n’obtiendra que très peu de retombées économiques.

Pour une famille de quatre personnes, cela équivaut annuellement à 2 000$ de taxes et d’impôts supplémentaires. Et ce, alors que le risque de guerre mondiale est nul (la force militaire américaine étant cinq à dix fois supérieure à celle de la Russie).

Selon toutes les apparences, le gouvernement Trudeau entend respecter les engagements pris par le gouvernement Harper à ce sujet. Cela changera profondément la nature du Canada.

Puisque les États-Unis viennent de réduire substantiellement l’impôt des entreprises, l’État canadien n’aura pas d’autres choix que de diminuer le filet de protection sociale qui constitue une caractéristique fondamentale du pays.

Quel est donc le rapport avec les élections québécoises ?

Peu importe le parti qui remportera les prochaines élections provinciales, celui-ci devra renoncer à une bonne partie de ses projets lorsque le fédéral lui coupera progressivement les vivres d’ici 2024.

D’où la stupidité aberrante de toutes ces promesses de réduction de taxes par les partis de droite du Québec plutôt que de l’investir dans la réfection des écoles et des hôpitaux pendant que nous en avons encore les moyens.

Les compressions devenues nécessaires dans notre système de santé arriveront à un bien mauvais moment.

Le faible taux de chômage actuel au Québec s’explique par la mise à la retraite des babyboumeurs (ce qui rend leurs emplois disponibles à d’autres).

Mais dans cinq ou dix ans, débutera leur perte d’autonomie. D’où l’explosion des couts que leur état de santé requerra.

Un nombre croissant d’entre eux devront être placés dans des centres d’hébergement qui sont déjà en décrépitude et que nous n’auront pas restaurés, préférant profiter de réductions de taxes promises par certains politiciens.

En manque d’argent, peut-être regrettons-nous alors notre négligence à nous intéresser au gaspillage militaire du pays quelques années plus tôt…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les services gouvernementaux à visage découvert : la perte des illusions

4 juillet 2018

Introduction

Selon la loi 62 du gouvernement Couillard, adoptée le 18 octobre 2017, toute demande et toute prestation de service gouvernemental doit s’effectuer à visage découvert.

En matière de laïcité, cette loi correspond au plus petit dénominateur commun de tous les partis politiques du Québec. On peut souhaiter que la législation soit plus exigeante. Mais on ne peut pas vouloir moins.

Voilà pourquoi je suis d’accord avec cette loi. Toutefois, j’ai toujours soutenu que cette loi était anticonstitutionnelle.

C’est ce que confirme le jugement rédigé en anglais rendu le 29 juin dernier par le juge Marc-André Blanchard de la Cour supérieure du Québec.

Une gifle pour les fédéralistes québécois

La Canadian Constitution de 1982 a été adoptée par les provinces anglophones du Canada à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

C’est une constitution ethnique qui reflète l’idéologie dominante au pays et à laquelle le Québec doit se soumettre.

Les idéologues qui l’ont rédigée voulaient consacrer la suprématie absolue des droits individuels afin de bloquer les dispositions les plus importantes de la Loi 101. En effet, cette dernière proclamait la préséance de certains droits collectifs — ceux nécessaires à la pérennité de la langue française au Québec — sur certains droits individuels, notamment celui de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

En consacrant la suprématie absolue des droits individuels, ces idéologues n’ont pas su prévoir la montée de l’intégrisme islamique, résultat des sommes colossales que la dictature saoudienne consacre à sa promotion.

Si bien que, par exemple, le port du niqab sur la voie publique est un droit constitutionnel au Canada, mais ne l’est pas ni en France, ni en Belgique, et ni en Allemagne. Et ce n’est même pas un droit constitutionnel au Maroc, pourtant pays musulman.

En raison de cette constitution dysfonctionnelle, toutes les formes de laïcité préconisées par les partis politiques du Québec sont anticonstitutionnelles. Même le parti le moins exigeant à ce sujet (le Parti Libéral du Québec) devra céder devant l’ordre constitutionnel canadian.

L’accommodement raisonnable le plus pernicieux exigé du peuple francoQuébécois, c’est d’être constamment en deçà de ce qu’il aspire à être dans le but de se soumettre à l’idéologie de l’ethnie angloCanadienne, imposée par le biais d’une camisole de force constitutionnelle.

Voilà le prix du fédéralisme.

Dans ce sens, la décision du tribunal est une gifle — infligée en anglais, s’il-vous-plaît — à ceux qui croient toujours que le Québec peut mettre en application la plus rudimentaire des laïcités tout en demeurant au sein du Canada.

L’espoir en la clause dérogatoire

L’ultime espoir des fédéralistes québécois, c’est dans le recours à la clause dérogatoire de la constitution.

On ne doit pas se faire trop d’illusion à ce sujet.

La Canadian Constitution, c’est du Common Law et non du droit civiliste. Son interprétation peut varier selon les époques, selon les juges et selon la météo.

Autrefois, les Canadiennes n’étaient pas des personnes au sens constitutionnel du terme. Puis elles le sont devenues en 1929. Et ce, en vertu de la même constitution.

Lorsqu’un mot du texte constitutionnel signifie le contraire du sens qu’il a dans le dictionnaire, c’est que les juges en ont décidé ainsi. Tout simplement.

Autre exemple. Le texte de la constitution ne nous oblige qu’à traduire les lois québécoises après leur adoption et à les publier dans les deux langues. Mais surprise; la Cour suprême du Canada a estimé que l’adoption dans les deux langues était une exigence constitutionnelle ‘implicite’; c’est écrit nulle part mais c’est ça qui est ça.

Ce n’est donc qu’une question de temps pour que la Cour suprême décrète que pour invoquer la clause dérogatoire, il faut convaincre cette cour — composée majoritairement de juges qui appartiennent à l’ethnie dominante du pays — du bien fondé de cette démarche.

Cela verrouillerait complètement la camisole de force constitutionnelle imposée au Québec par l’ethnie angloCanadienne en 1982.

Conclusion

La décision du juge Marc-André Blanchard est une victoire pour les Indépendantistes.

Il prouve que la seule façon pour le Québec de définir sa propre conception de la laïcité et de la vivre, c’est en devenant un pays indépendant.

Références :
À visage découvert, ou l’ordre canadien
Le projet de loi libéral au sujet de la neutralité de l’État (dernière partie : les quiproquos)
Loi 62 (Québec)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


À quelques mois des élections québécoises…

1 juillet 2018

Ces jours-ci, les formations politiques procèdent à leurs dernières assemblées d’investitures et peaufinent leur programme électoral.

Pendant ce temps, des centaines de bénévoles sollicitent des dons en vue de financer les différentes campagnes électorales.

Depuis le début de l’année, 19 773 de ces dons ont permis d’amasser près de deux-millions de dollars.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Le Parti québécois possède plus de membres que toutes les autres formations politiques réunies. On ne sera donc pas surpris qu’il ait recueilli à lui seul 42,2% des sommes versées cette année.

Le Parti libéral se classe au deuxième rang quant aux sommes réunies (près d’un demi-million).

Mais c’est Québec Solidaire qui occupe le deuxième rang quant au nombre de donateurs : 4 131, soit davantage que le Parti libéral (3 641) et bien plus que la Coalition Avenir Québec (2 331).

Présentement, ce sont les partis de droite (CAQ et PLQ) qui mènent majoritairement dans les sondages. Mais ce sont les partis de gauche (PQ et QS) dont les sympathisants sont les plus motivés à voir gagner leur formation politique.

Si les donateurs aux partis de droite sont moins nombreux, ils sont toutefois plus fortunés et/ou plus généreux; plus un parti est à droite, plus grande est la proportion des dons élevés qu’il reçoit.

C’est ainsi que les dons d’au moins 100$ représentent 88,7% du total pour la CAQ, 71,0% pour le PLQ, 50,2% pour le PQ et 46,7% pour QS.

En moyenne, un don pour la CAQ est de 129,02$, 115,62$ pour le PLQ, 85,08$ pour le PQ et 72,58$ pour QS.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le derrière miraculeux de la ministre

7 juin 2018

 

 
Dans un texte publié le 7 mars dernier, je suggérais que la meilleure manière de lutter contre le protectionnisme américain, c’est d’en tirer parti.

Par exemple, lorsque l’administration Trump impose une surtaxe de 10% sur notre aluminium, il suffit d’aller voir nos alumineries, d’obtenir les noms de leurs meilleurs clients américains et de proposer à ces derniers de délocaliser une partie de leur production au Québec, celle destinée au marché international.

Ils jouiront ici de tous les avantages qu’ils ont déjà aux États-Unis mais, en plus, d’une matière première —  l’aluminium — 10% moins chère qu’aux États-Unis, d’un tarif d’électricité probablement le plus économique en Amérique du Nord, d’une main-d’œuvre qualifiée qu’ils peuvent compléter, si nécessaire, de l’Étranger (alors que les frontières américaines se ferment à l’immigration).

Le 31 mai dernier, à l’Assemblée nationale du Québec, le député péquiste Nicolas Marceau interrogeait Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

Le député cherchait à savoir les mesures concrètes qu’entendait employer le gouvernement Couillard pour contrer les effets du protectionnisme de Donald Trump.

Dans la première de ses trois réponses, la ministre parle des nombreuses rencontres auxquelles elle a assisté et proclame son intention de défendre bec et ongles les intérêts des travailleurs des secteurs de l’acier et de l’aluminium.

Sans douter des intentions de la ministre, le député veut connaitre les mesures concrètes qu’entend adopter le gouvernement.

Dans sa deuxième réponse, la ministre réaffirme sa volonté de tout mettre en œuvre pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de perte d’emplois.

Revenant à la charge, le député insiste pour aller au-delà des bonnes intentions et demande de savoir précisément ce que la ministre compte faire.

C’est alors que la ministre révèle l’arme secrète qu’elle hésitait à divulguer jusque là; elle va s’assoir avec les travailleurs.

Parce qu’il faut le dire : la ministre Anglade règle les problèmes en s’assoyant.

Les Américains voulaient taxer notre bois d’œuvre. La ministre s’est assisse et cette intention est devenue réalité. Sans qu’elle n’ait eu besoin d’intervenir. Comme par magie.

Une chaine américaine de matériaux de construction voulait acheter Rona, un fleuron de l’économie québécoise. La ministre s’est assise et contre toute attente, c’est plutôt Rona qui a été vendu à cette chaine américaine.

De la même manière, Loblaws voulait acheter les épiceries Provigo. La ministre est demeurée assise et miraculeusement c’est Provigo qui a été vendu à Loblaws.

Une entreprise ontarienne voulait acheter les Rôtisseries St-Hubert. La ministre n’a pas hésité à s’assoir et c’est au contraire St-Hubert qui a été vendu à cette entreprise ontarienne. Qui l’eut cru ?

Contrairement à la volaille des rôtisseries, la ministre a une réputation de dure à cuire.

Après de tels succès, celle-ci aurait pu se reposer sur ses deux lauriers. Mais le meilleur s’en venait.

Après que le gouvernement Couillard ait investi 1,3 milliard$ dans la CSeries de Bombardier, celle-ci a été acquise gratuitement par Airbus sans que la ministre ait eu besoin de se lever de son siège.

Dans toute l’histoire du Québec, jamais personne n’a fait autant avec si peu d’effort.

Et de triomphe en triomphe, la ministre passe pour invulnérable.

Même Donald Trump en personne ne pourrait pas la graber par le poucis puisqu’assise, cela est impossible. Il s’agit donc d’une stratégie défensive réfléchie, soigneusement adaptée au protectionnisme américain.

En conséquence, les travailleurs de l’acier et de l’aluminium peuvent être rassurés; la ministre défendra leurs intérêts jusqu’au bout et n’hésitera pas à s’assoir pour eux s’il le faut.


Annexe : Transcription des réponses de la ministre
Note : Les caractères gras sont de nous.

• Première réponse :

Nous n’avons pas évidemment attendu aujourd’hui pour agir sur le dossier de l’aluminium et de l’acier.

Il y a déjà plusieurs semaines que nous avons rencontré les présidents d’entreprises, les représentants, pour nous assurer d’avoir une cohérence dans la manière de défendre les intérêts du Québec.

On parle de quoi ? On parle de plus de 30 000 travailleurs dans ce domaine. Tant dans l’acier que dans l’aluminium. 30 000 travailleurs. Et nous avons dit dès le départ que nous allions défendre leurs intérêts bec et ongles.

Nous avons rencontré les leadeurs du secteur. Lundi de cette semaine, lundi qui s’en vient, nous avons à nouveau une rencontre en marge du G7 pour discuter des enjeux.

Et nous avons dit dès le départ que nous allions (…) défendre les intérêts avec les Américains et présenter notre position.

Il faut se rappeler la chose suivante : la décision, qui est prise par les Américains, ne dessert ni les intérêts américains ni les intérêts québécois.

Il fait le rappeler systématiquement et c’est ce que nous allons continuer à faire.

D’autre part, Raymond Chrétien [ex-ambassadeur du Canada aux États-Unis] a été nommé sur ce dossier particulier. À partir du moment où nous avons su qu’il y avait un enjeu, Raymond Chrétien a été nommé pour nous assurer de développer en détail l’argumentaire que nous allons avoir auprès des Américains pour la suite des choses.

• Deuxième réponse :

Dans les dossiers concernant les négociations avec les États-Unis, jamais nous n’avons laissé les travailleurs québécois tomber. Jamais. Au contraire.

Tant dans le bois d’œuvre, tant dans le dossier de l’aérospatiale, nous avons défendu les intérêts des travailleurs.

Alors, nous allons tout mettre en œuvre pour faire en sorte qu’il n’y ait d’emplois qui soient perdus. Au contraire, qu’on continue d’exporter.

Je vous rappelle que malgré les situations aujourd’hui qui varient aux États-Unis, on constate que les exportations continuent d’augmenter sur le marché américain.

Donc nous allons continuer à utiliser la technique qui fait en sorte que, jusqu’à présent, l’économie du Québec se porte bien.

• Troisième réponse :

Lorsque l’on dit qu’on fait des choses concrètes, on l’a fait encore une fois dans les dossiers du bois d’œuvre. On l’a fait dans les dossiers de l’aérospatiale.

Nous allons nous assoir avec les travailleurs et nous assurer de représenter les intérêts avec… Premièrement, les représenter auprès des Américains. Mais deuxièmement de nous assoir et de faire en sorte qu’il n’y ait pas de perte d’emplois, qu’il y ait quoi que ce soit qu’on soit capable de protéger. D’avoir un plan de match qui va faire en sorte qu’on va défendre les intérêts des travailleurs jusqu’au bout.


 

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trans-Mountain vs Énergie-Est

3 juin 2018

Introduction

Trans-Mountain est le nom de ce pipeline que la pétrolière américaine Kinder Morgan veut construire pour acheminer le pétrole albertain vers l’océan Pacifique.

Afin de désenclaver ce pétrole — dont le seul débouché actuel se trouve vers les États-Unis — le gouvernement canadien veut lui permettre l’accès à d’autres marchés d’exportation, notamment en Asie.

Cet objectif est évidemment partagé par les provinces de l’Ouest (où l’industrie pétrolière canadienne est installée). Il est également appuyé par les institutions financières ontariennes; celles-ci ont massivement investi dans les sables bitumineux et sont impatientes d’obtenir un retour maximal de leurs investissements.

La Colombie-Britannique et les pipelines

Le projet de Trans-Mountain soulève beaucoup d’opposition parmi les citoyens de Colombie-Britannique.

Ce combat suscite de la sympathie chez nous, particulièrement auprès des Québécois qui ignorent que nos amis britannocolombiens étaient majoritairement d’accord avec les pipelines jusqu’au jour où il a été question qu’ils passent chez eux.

Le projet concurrent d’Énergie-Est devait traverser tout le Québec sans y créer d’emplois permanents et soumettait des centaines de plans d’eau québécois à un risque environnemental considérable.

Jusqu’à ce que ce projet soit abandonné parce que trop couteux, 54% des citoyens de Colombie britannique étaient d’accord avec la construction de ce pipeline.

De la même manière, l’opposition des maires de la région montréalaise au passage d’Énergie-Est ne recueillait la sympathie que de 48% des gens de Colombie-Britannique.

Il faut toutefois préciser que si Énergie-Est était supporté par toutes les provinces anglophones du pays, c’est en Colombie-Britannique que cet appui était le moins enthousiaste. On peut même dire que c’était un appui mou.

Il serait donc injuste de leur porter rancune pour si peu. Mais on doit avoir tout cela à l’esprit, sinon la devise du Québec ne serait pas ‘Je me souviens’.

Le spectre d’Énergie-Est

Puisque le pipeline Trans-Mountain dresse entre elles les provinces de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, le fédéral a décidé de trancher la question et d’investir dans ce projet.

Déjà, le maire de Moncton et les dirigeants de la raffinerie d’Irwing au Nouveau-Brunswick crient à l’injustice et réclament que le fédéral ressuscite également le projet Énergie-Est.

Malheureusement pour eux, une fois Trans-Mountain construit, on n’aura pas besoin d’un pipeline semblable à Énergie-Est avant 2030.

En somme, au risque de manquer de rectitude politique, on peut affirmer que Trans-Mountain est, dans l’immédiat, une protection pour le Québec.

Par ailleurs, le combat des Britannocolombiens est de nature à révéler ce qui nous attend en 2030 si la consommation mondiale de pétrole justifie qu’on ressuscite Énergie-Est.

Les pouvoirs constitutionnels d’Ottawa

Selon la Canadian Constitution de 1982, les gouvernements provinciaux sont les intendants régionaux du gouvernement central canadien.

Ottawa possède les pouvoirs économiques les plus importants tandis que les provinces assurent des services de proximité (santé, éducation, réseau routier provincial, etc.).

Par le biais de leurs représentants provinciaux aux discussions constitutionnelles de 1982, les citoyens de la Colombie-Britannique ont consenti à cette concentration inouïe de pouvoirs à Ottawa. Voilà que maintenant cela se retourne contre eux.

Le transport interprovincial de marchandise (dont celui du pétrole) est un domaine de compétence exclusif du gouvernement canadien.

Ce dernier possède donc tous les pouvoirs constitutionnels qui lui sont nécessaires pour imposer le passage de Trans-Mountain en Colombie-Britannique.

De plus, le gouvernement Harper a modifié la loi de manière à ce que toute action citoyenne qui aurait pour effet de nuire à la construction d’infrastructure pétrolière réponde dorénavant à la définition d’un acte terroriste.

Le gouvernement Trudeau invoque l’intérêt national pour accroitre l’acceptabilité sociale à ce projet. Mais cela n’est pas nécessaire. Intérêt national ou non, la Colombie-Britannique devra capituler devant Ottawa.

Une leçon pour le Québec

Le sort qui attend les Britannocolombiens, c’est qui attend les Québécois à l’avenir. Selon les prévisions, le pipeline Trans-Mountain ne suffira plus au-delà de 2030.

Beaucoup de Québécois — notamment parmi nos amis fédéralistes — surestiment les pouvoirs des provinces au sein de la fédération canadienne. Même si la jurisprudence à ce sujet est déjà éloquente, une confrontation très médiatisée entre la Colombie-Britannique et Ottawa permettra d’ouvrir bien des yeux.

De plus, très peu de Québécois se rappellent de la violence des expropriations de Mirabel et du parc national de Forillon, dans les années 1970.

Dans ce dernier cas, l’État a donné aux 225 familles expropriées — presque tous fermiers qui vivaient en parfaite autarcie — une somme moyenne équivalente à 30 000$ d’aujourd’hui en échange pour leur maison, leurs bâtiments et leur terre.

Dans le cas de l’expropriation qui sera nécessaire au passage de Trans-Mountain, on ignore qui procèdera aux expropriations.

L’évaluation pourrait être faite par des fonctionnaires et cela prendra une éternité. Non pas parce que les fonctionnaires sont lents de nature, mais parce que le néolibéralisme a entrainé l’atrophie de la fonction publique des États.

Sinon, l’évaluation pourrait être faite par les pétrolières elles-mêmes. Dans ce cas, celles-ci offriront une bouchée de pain aux expropriés afin de maximiser leurs profits.

Des histoires déchirantes inonderont nos écrans de télévision et les médias sociaux.

La seule manière de nous soustraire à la répétition éventuelle de ce drame au Québec, c’est de faire l’indépendance d’ici là et de nous séparer du pétro-État canadien.

Le référendum de 2022 sera notre dernière chance. Et cette dernière chance ne nous sera pas offerte si le PQ n’est pas porté au pouvoir en octobre prochain.

Conclusion

S’il est vrai que la production de pétrole influence sa consommation par son effet indirect sur les prix, il faut réaliser que les gaz à effet de serre sont essentiellement causés par la consommation d’hydrocarbures et non leur production.

Quand la production d’une ressource est à l’origine de quelques unes des plus grandes fortunes du monde et que cette ressource est un enjeu géostratégique de première importance, il est enfantin de penser qu’on peut s’y opposer par des pétitions…

La seule manière de combattre l’industrie pétrolière, c’est en changeant nos habitudes de vie.

Le pouvoir des pétrolières, on l’accroit chaque fois qu’on fait le plein d’essence ou qu’on préfère acheter des aliments qui viennent de l’autre bout du monde.

Références :
Expropriation de Forillon: 45 ans plus tard
Most say governments will agree to new emissions targets, less convinced Canada will meet them
Réseau d’oléoducs Trans Mountain
2 inconvenient facts make Energy East pipeline revival unlikely

Trans-Mountain vs Énergie-Est
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bilan économique du gouvernement Couillard

31 mai 2018
Le Petit pain de Gérard Sénécal (1940)

Le produit intérieur brut

En 2014 — la première année où Philippe Couillard est devenu premier ministre — la croissance du Produit intérieur brut (PIB) a été de 1,3% au Québec, comparativement à 2,5% pour l’ensemble du Canada.

En 2015, ce fut respectivement 1,1% et 1,2%.

En 2016, ce fut encore sous la moyenne canadienne, soit 2,2% vs 2,6%.

Mais en 2017, la croissance du Québec fut des poussières au-dessus de celle du Canada; 3,1% vs 3,0%.

Bref, depuis l’accession au pouvoir de Philippe Couillard, l’économie québécoise s’est accrue sous la moyenne canadienne; 7,7% vs 9,3%.

Cette différence de 1,6%, rapportée à notre croissance de 7,7%, cela signifie que l’économie du Canada s’est accrue 20,8% plus rapidement que celle du Québec.

Cela n’est-t-il pas le cas depuis des décennies ?

En fait, au cours des seize ans de régime libéral, la croissance économique du Québec n’a dépassé la moyenne canadienne que quatre fois, toujours par une marge minime de 0,1%.

Voilà pourquoi on pense que cela est normal.

Toutefois, au cours de neuf des dix années qui ont précédé l’arrivée au pouvoir du premier ministre Jean Charest — en d’autres mots, sous les gouvernements péquistes de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry — c’était le contraire; la croissance économique du Québec était supérieure à la moyenne canadienne.

Conséquemment, le gouvernement fédéral avait réduit le montant de la péréquation auquel le Québec avait droit.

La richesse individuelle

Le revenu disponible par personne (RDPP) est le salaire moins l’impôt.

Sous le gouvernement péquiste de Bernard Landry, le RDPP au Québec était au 4e rang canadien. Sous Jean Charest, il est tombé au 7e rang vers 2005. Et à la fin de son régime, nous étions rendus au 9e rang.

Peut-on faire pire ? Évidemment.

Sous Philippe Couillard, on est tombé au dernier rang canadien. Seuls les peuples autochtones du Canada sont plus pauvres que nous.

En montants absolus, le RDPP s’est accru sous le gouvernement Couillard. Mais il a augmenté davantage partout ailleurs au Canada. Voilà pourquoi nous sommes tombés au dernier rang.

Ceci étant dit, on doit préciser que le RDPP ne comprend pas les tarifs. Lorsqu’un gouvernement n’augmente pas les impôts mais augmente une multitude de tarifs (permis de conduire, garderies, électricité, etc.), cela appauvrit les citoyens sans que cet appauvrissement ne se reflète sur le RDPP.

Le taux de chômage

Ces jours-ci, le taux de chômage au Québec est le plus bas depuis trente ans. Il est même inférieur à celui de l’Ontario.

Pourtant, le gouvernement Couillard n’a pas créé un nombre record d’emplois; d’autres firent mieux.

Entre mars 1999 et juin 2002, le gouvernement péquiste a créé 311 600 emplois, soit une moyenne de plus de 100 000 par année.

La promesse de Philippe Couillard d’en créer 250 000 en quatre ans — promesse qui sera probablement réalisée de justesse — n’était donc pas extravagante.

Alors comment se fait-il qu’avec une création ‘normale’ d’emplois, le taux de chômage soit aussi bas ?

Il a baissé pour deux raisons. Premièrement en raison de la mise à la retraite des babyboumeurs. Ceux-ci forment la plus importante tranche démographique de la population québécoise.

En prenant leur retraite, non seulement laissent-ils leurs emplois à d’autres, mais ces personnes exercent une pression sur la fourniture de soins de santé en raison de leur vieillissement.

L’immigration soutenue en Ontario depuis des décennies a fait en sorte que l’importance démographique des citoyens de plus de 65 ans y est moindre. L’écart avec le Québec est inversement proportionnel à celui des taux de chômage entre les deux provinces.

La deuxième raison qui explique le bas taux de chômage au Québec en comparaison avec celui de la province voisine, c’est que les gouvernements libéraux ont transformé le Québec en paradis du cheap Labor.

Normalement, dans un marché libre, lorsqu’une ressource devient rare, son prix augmente. Or au Québec, nous avons une rareté de la main-d’œuvre associée au RDPP le plus faible au pays. Ce paradoxe ne peut s’expliquer que par le fait que les emplois créés ont principalement été des emplois près du salaire minimum.

Le laisser-faire économique

La fuite des sièges sociaux

À l’époque où le dollar canadien valait plus que la devise américaine, certaines entreprises québécoises ont fait l’acquisition de compagnies étrangères, notamment américaines.

Mais depuis le retour à la normale, plusieurs fleurons de l’économie québécoise sont devenus propriétés étrangères : Rona, Rôtisseries Saint-Hubert, Provigo, etc. Tout cela dans l’indifférence totale du gouvernement Couillard, se réjouissant de l’ouverture du marché québécois au grand capital international.

La délocalisation de la construction navale canadienne

À l’époque du gouvernement Charest, lorsque la marine canadienne a décidé d’accorder des contrats qui attendront soixante-milliards$, ceux-ci avaient pour effet (sinon pour but) de délocaliser la construction navale canadienne du Québec vers deux autres provinces.

Les gouvernements Charest et Couillard n’ont pas protesté, se contentant d’accorder quelques contrats de traversiers afin de soutenir minimalement l’emploi de ce chantier maritime.

Secteur automobile ontarien vs Bombardier

Passons sous silence les 13,7 milliards$ qu’a couté le sauvetage de l’industrie automobile au cours de la Grande récession puisqu’il est antérieur au gouvernement Couillard.

En juillet 2015, Ottawa annonçait un investissement de 58 millions$ dans Toyota Canada.

En mars 2017, Ottawa accordait un don de 100 millions$ à un centre de recherche de Ford Canada.

Mais Bombardier se contentera d’un prêt remboursable de 372,5 millions$, dont les 248 millions$ — les deux tiers — iront au programme d’avions d’affaires Global 7000, construit en Ontario.

Un prêt remboursable signifie qu’au final, après remboursement, le fédéral n’aura rien déboursé.

Au lieu de blâmer le fédéral pour sa tiédeur à soutenir le projet industriel canadien le plus important des vingt dernières années (la CSeries), Philippe Couillard s’est contenté de prétendre que Bombardier n’avait pas besoin de l’argent d’Ottawa puisque l’aide de 1,3 milliard$ de Québec suffisait.

Depuis ce temps, la part majoritaire qu’Airbus a obtenue de la CSeries sans rien débourser a fait en sorte que le pourcentage détenu par l’État a été dilué d’autant. Si bien que l’investissement du gouvernement Couillard a perdu les deux tiers de sa valeur et la CSeries est passée sous contrôle européen.

Conséquemment, la technologie acquise par ce constructeur ne sera pas appliquée à l’avenir sur des modèles de plus en plus gros construits au Québec, mais sera probablement incorporée aux modèles européens d’Airbus. En d’autres mots, sans créer d’emplois au Québec.

L’intention d’aider Bombardier était bonne. Le moyen d’y parvenir — résultant en une perte de près de 900 millions$ pour les contribuables — est évidemment de l’amateurisme économique.

Bell Helicopter : des milliards$ de retombées perdues

En février 2018, Ottawa a saboté le contrat de vente d’hélicoptères civils québécois au gouvernement philippin. En réaction, la ministre de l’Économie du Québec n’a rien trouvé de mieux à dire que le Québec veut bien exporter, mais pas à n’importe quel prix…

Précisons que ce contrat devait rapporter des retombées économiques de l’ordre de deux à cinq-milliards$ pour l’économie québécoise.

Le dédommagement des pétrolières à Anticosti

En 2008, le gouvernement Charest oblige Hydro-Québec à céder ses droits d’exploration pétrolière à des compagnies privées pour une bouchée de pain.

Deux ans plus tard, Pétrolia annonce la découverte de l’équivalent de quarante-milliards de barils de pétrole à Anticosti.

On accuse le gouvernement libéral d’avoir vendu la poule aux œufs d’or.

Pour en avoir le cœur net, le gouvernement Marois s’engage à investir 56,7 millions$ afin de fixer une fois pour toutes le potentiel pétrolier de l’ile. En contrepartie, les Québécois obtenaient une part appréciable des profits d’une éventuelle exploitation si celle-ci devait s’avérer rentable.

Mais Philippe Couillard a préféré déchirer cette entente, exposant l’État à des poursuites pour rupture de contrat.

C’était la main tendue aux pétrolières amies pour qu’elles se sortent du marécage financier d’Anticosti avec des dizaines de millions$ en poche.

Effectivement, le gouvernement Couillard a versé à certaines pétrolières davantage que leur valeur capitalisée. En d’autres mots, il aurait été plus économique d’acheter la compagnie…

Ces millions$ ont servi à nous faire croire que le Parti libéral avait ‘sauvé’ Anticosti de la méchante sorcière péquiste alors qu’en réalité, l’aventure pétrolière de l’ile débute avec Jean Charest.

Comme quoi la propagande n’a pas de prix quand c’est les autres qui la paient.

Conclusion

À l’arrivée au pouvoir des Libéraux, il y a seize ans, le budget du Québec était équilibré, la croissance économique était supérieure à la moyenne canadienne et la balance commerciale du Québec était excédentaire.

Depuis, le budget de l’État est redevenu équilibré (après avoir cessé de l’être sous Charest). Cela est bien.

Toutefois, le déficit de la balance commerciale du Québec est catastrophique (proportionnellement le triple de celui des États-Unis), la croissance économique est insatisfaisante (en moyenne, 20,8% plus élevée au Canada) et le Québec est devenu la province la plus pauvre du pays.

En dépit de cet appauvrissement relatif, le gouvernement Couillard se contente sans rechigner de la péréquation qu’Ottawa a la bonté de lui verser.

En 2016-2017, le fédéral a donc donné 2 573$ à chaque citoyen de l’Ile-du-Prince-Édouard, 2 259$ à celui du Nouveau-Brunswick, 1 822$ à chaque Néoécossais, 1 328$ à chaque Manitobain, et 1 206$ à chaque Québécois, ce qui est mieux que rien…

Bref, avec un tel bilan, il est évident que le Parti libéral du Québec est un gestionnaire incompétent de l’économie québécoise.

Références :
Bilan économique de Jean Charest
CSeries: l’aide d’Ottawa pas nécessaire dans l’immédiat, dit Couillard
La Vérif : Couillard avait promis 250 000 emplois, où en sommes-nous?
Croissance économique du Québec en 2014
Croissance économique du Québec en 2015
Croissance économique du Québec en 2016
Croissance économique du Québec en 2016
La Davie et le petit pain fédéraliste
Le Québec, paradis de l’exploration pétrolière
Le sabotage de la vente d’hélicoptères québécois par le ministre fédéral François-Philippe Champagne
Les miettes fédérales à Bombardier
Les usines de Toyota Canada obtiendront une mise à niveau de 1,4 milliard de dollars
Le vieillissement s’accélère au pays, voyez comment en graphiques
Notre investissement de 1,3 G$ dans la C Series en chute libre
Ottawa accorde 100 millions en subventions au secteur automobile ontarien
Péréquation : le Québec a-t-il une obligation morale d’approuver Énergie Est?
Une aide de 100 millions pour Toyota d’Ottawa et de l’Ontario

Bilan économique du gouvernement Couillard
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ottawa finance la demande d’annulation de toutes les lois du Québec

21 mai 2018

Introduction

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, l’ordre professionnel des avocats du Québec (appelé le Barreau) et sa branche montréalaise ont déposé le vendredi 13 avril dernier une requête destinée à faire invalider toutes les lois du Québec. Rien de moins.

Alors qu’on imagine très bien la profession juridique jouant le rôle de pilier de l’ordre établi, voilà que leur ordre professionnel souhaite l’instauration du chaos qui résulterait de l’abolition de toutes les lois civiles de la province.

Seul le Code criminel, de compétence fédérale, demeurerait en vigueur.

Mais quel est donc le problème qui nécessiterait un remède aussi draconien ?

Un processus qui serait vicié

Le Barreau estime que les lois actuelles du Québec ont été adoptées selon un processus qui n’a pas été suffisamment bilingue.

Selon l’article 133 du British North America Act — la loi britannique qui a servi de constitution au Canada de 1867 à 1982 — les débats entourant l’adoption d’une loi au Québec peuvent se dérouler en français ou en anglais, au choix de chaque parlementaire. De plus les lois du Québec doivent être imprimées et publiées dans ces deux langues.

La traduction française de cet article n’exige pas cela des projets de loi, mais uniquement des lois elles-mêmes. En effet, c’est seulement après qu’un texte soit devenu loi qu’il devient obligatoire de l’imprimer et de le publier dans les deux langues officielles du Canada.

La version anglaise de l’article 133 est encore plus explicite puis que la seule chose que le parlement québécois est tenu d’imprimer et de publier dans les deux langues, c’est un Act of Parliament. Or ce terme anglais ne s’applique pas à un projet de loi (appelé Bill) mais à une loi (Law), une fois celle-ci adoptée.

Nulle part est-il écrit qu’une loi québécoise doit même être adoptée dans les deux langues.

Mais la Charte de la langue française va plus loin. Son article 7 exige que les projets de loi soient imprimés, publiés, adoptés et sanctionnés à la fois en français et en anglais.

Mais cet article ne précise pas à partir de quand il doit en être ainsi.

Dans le processus d’adoption des lois du Québec, leur version française est généralement celle qui est soumise à l’attention des parlementaires et la version anglaise apparait à la toute fin du processus d’adoption.

De plus, il est fréquent qu’on découvre des erreurs de traduction après la publication d’une loi. C’est ainsi que lors de la révision du Code civil, on a apporté des milliers de corrections mineures à la version anglaise afin de la concilier avec la version française.

Le Barreau estime que la version anglaise de plusieurs lois n’est pas l’œuvre du législateur, mais plutôt le fruit de l’interprétation à postériori qu’en ont fait les traducteurs de l’Assemblée nationale. Il réclame donc l’invalidation de toutes les lois du Québec.

À l’appui de sa thèse, le Barreau présente deux jugements opposés relatifs à l’utilisation d’un téléphone portable au volant. Un jugement basé sur la version anglaise et l’autre sur la version française.

Une contestation contestable

En réalité, dans le cas dont nous venons de parler, cette contradiction ne serait pas survenue si on avait respecté les directives de la Cour suprême du Canada au sujet de l’interprétation des lois.

Celle-ci a invité explicitement les tribunaux inférieurs à interpréter le sens des lois (dont celles du Québec) à la lumière des faits historiques, juridiques et parfois même politiques ayant entouré ou mené à leur adoption.

Ce qui signifie qu’il faut tenir compte des débats à l’Assemblée nationale et en commission parlementaire.

Même si, théoriquement, les deux versions (française et anglaise) ont la même valeur juridique, que fait-on lorsqu’ils se contredisent ? Eh bien l’article 8 de la Charte de la langue française qui précise que dans ce cas, le texte français prévaut.

De toute évidence, le juge francophone qui s’est basé sur la version anglaise n’a pas tenu compte de l’article 8 de la Charte.

La faiblesse de l’argumentation du Barreau ne l’empêche pas d’aller de l’avant.

Un sondage réalisé auprès d’un échantillon de 125 lecteurs de la revue spécialisée Droit Inc a révélé que 19,2% d’entre eux approuvent la démarche du Barreau et que 80,8% s’y opposent.

Un certain nombre d’avocats ont obtenu la convocation — le jeudi 24 mai prochain  — d’une assemblée générale spéciale afin de discuter de cette question.

Que vient faire le fédéral là-dedans ?

Le Barreau entend consacrer une somme d’un demi-million de dollars à sa contestation juridique. Cette somme est financée à 25% par le gouvernement fédéral, par le biais du Programme de contestation judiciaire (PCJ).

Le PCJ dépend du ministère du Patrimoine canadien dont la titulaire est Mélanie Joly. Ce fonds est géré par l’Université d’Ottawa.

Il serait facile pour le fédéral de s’en laver les mains et de soutenir que l’appui du PCJ à cette cause est une décision prise indépendamment de lui par l’Université d’Ottawa.

Mais comme le tocsin de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois annonçait le début de la Saint-Barthélemy, à moins d’une semaine de l’Assemblée générale spéciale du Barreau, la ministre a publié dans Le Devoir un plaidoyer demandant d’aller plus loin en matière de bilinguisme sans toutefois faire allusion à la demande d’invalidation des lois du Québec qu’elle finance en sous-main.

On peut se demander si cette intervention publique de la commanditaire de cette contestation ne serait pas une manière détournée d’appeler en renfort les magistrats nommés par le fédéral et les avocats qui espèrent l’être afin qu’ils soutiennent le Barreau du Québec, sévèrement critiqué par ses membres.

Sur l’utilité de se tenir debout

Il est ironique de penser que l’article 55 de la Canadian Constitution de 1982 oblige le gouvernement fédéral à traduire dans les meilleurs délais toutes les dispositions du British North America Act de 1867 qui sont encore valides de nos jours.

Adoptés évidemment en anglais par le Parlement de Londres au XIXe siècle, ces articles ont été traduits depuis. Mais cette traduction n’est pas officielle parce qu’elle n’a jamais été adoptée par le parlement canadien comme l’exige depuis 36 ans la constitution actuelle…

Certains citoyens du Québec croyaient qu’en portant au pouvoir un gouvernement provincial à plat ventre devant Ottawa, on prévenait les querelles fédérales-provinciales.

Avec cette attaque frontale où le fédéral finance — en partie, grâce à nos taxes — l’abolition de toutes nos lois, on doit réaliser que plus on rampe devant Ottawa, plus on nous traite comme des vers de terre.

Et pendant ce temps, le gouvernement Couillard est silencieux, probablement pour ‘ne pas faire le jeu des séparatistes’ (l’argument ultime pour justifier sa lâcheté).

Jeudi prochain, on ne comptera donc finalement que sur des avocats de bonne foi — autant indépendantistes que fédéralistes — pour contrer l’assaut des apôtres de la bilinguisation du Québec, cette étape intermédiaire avant notre dissolution dans le grand magma anglophone de l’Amérique du Nord.

Références :
Article 133 du British North America Act de 1867
Charte de la langue française
Demande d’invalidation des lois: le Barreau se défend
La façade ministérielle du gouvernement fédéral
Langues officielles: il faut aller plus loin
La version française de la Constitution, toujours pas officielle après 28 ans
Le Barreau veut faire invalider les lois du Québec
Les barreaux veulent invalider les lois québécoises !
7,5 millions de dollars pour le Programme d’appui aux droits linguistiques de l’Université d’Ottawa

Post-Scriptum : À l’occasion de l’Assemblée générale spéciale du 24 mai 2018, par un vote de 52,5 %, les membres du Barreau du Québec ont demandé à leur ordre professionnel d’abandonner ses démarches juridiques en vue de l’invalidation des lois du Québec.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le ‘Test des valeurs’ de la CAQ : distinguer entre la connaissance et l’allégeance

18 mai 2018

L’immigration est un des thèmes récurrents de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Alors que le Québec manque de main d’œuvre pour soutenir son développement économique, ce parti politique veut réduire le nombre annuel d’immigrants. Et on croit que la venue d’un nombre jugé excessif d’étrangers créerait un risque de perversion de nos valeurs.

Dans ce contexte, la politique migratoire de la CAQ joue un rôle capital dans son programme électoral.

Dans celui-ci, la CAQ se propose d’imposer la réussite d’un Test des valeurs à tout immigrant et cela, trois ou quatre ans après son accueil chez nous.

Elle compte sur la menace d’une expulsion du pays pour motiver les immigrants à la réussite. Une expulsion qui, doit-on le préciser, ne dépendrait pas d’un gouvernement de la CAQ.

Cet examen serait un test de connaissance et non un serment d’allégeance. En d’autres mots, il ne s’agirait pas d’un engagement solennel à y adhérer.

Il est donc illusoire d’imaginer qu’un tel test protègerait la société québécoise de la ‘perversion’ causée par l’accueil de gens différents de nous; on peut savoir ce que sont les valeurs québécoises sans avoir la moindre intention de s’y conformer.

Dans le texte ‘Le serment d’allégeance aux valeurs du pays’, je suggérais que soit modifié le serment que l’immigrant doit prêter lors de la cérémonie de naturalisation, c’est-à-dire lors de l’étape ultime qui lui permet de devenir citoyen canadien.

Ce serment ne peut être exigé que par Ottawa.

Si la CAQ veut que le gouvernement québécois ait le pouvoir de l’imposer, il lui faudra réaliser l’indépendance du Québec (ce qui n’est pas dans son programme politique, je crois).

Au sein du Canada, il ne reste plus à la CAQ que le pouvoir d’exiger la connaissance de valeurs dites québécoises.

Mais pour exercer ce pouvoir limité, elle doit le faire avant l’émission d’un certificat de sélection. C’est-à-dire avant que le requérant mette les pieds au Québec.

Une fois en sol québécois, la CAQ ne peut rien exiger. Cette impuissance est le prix du fédéralisme.

En effet, l’appartenance au Canada se paie par la soumission de la CAQ à un ordre constitutionnel adopté en 1982.

Celui-ci condamne tout gouvernement provincial à n’être que l’intendant régional du gouvernement canadian. Parce que c’est ce que veut l’ethnie dominante du pays.

Pour masquer cette impuissance, le chef de la CAQ a commis l’imprudence de se comporter comme ce magicien qui sort de son chapeau des lapins pour épater un public affamé d’émerveillement.

Son parti contribue à une psychose antimigratoire alors que sa politique à ce sujet, clé de voute de son programme électoral, est son talon d’Achille. Et c’est précisément parce que cette faille met en péril sa crédibilité que ses adversaires s’acharnent à ce sujet.

À quelques mois des élections, la CAQ pourrait in extremis apporter les changements nécessaires à son programme électoral.

À défaut de cela, ce parti enfourchera une picouille — sa politique migratoire actuelle — comme cheval de bataille de son combat contre l’immigration. De toute évidence, la CAQ risque de payer cher ce choix de monture.

En faisant la promotion de mesures coercitives qu’elle ne peut réaliser qu’après l’indépendance du Québec, la CAQ suscite des espoirs qui ne peuvent trouver leur aboutissement que si ses sympathisants portent au pouvoir une autre formation politique…

Tout un paradoxe !
 
 
Pour consulter les textes de ce blogue consacrés à la politique québécoise, veuillez cliquer sur ceci.

Le ‘Test des valeurs’ de la CAQ : distinguer entre la connaissance et l’allégeance
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’appartenance inutile du Canada à l’OTAN

16 mai 2018
Le ministre canadien de la Défense, M. Harjit Sajjan

Une promesse non tenue

Le 25 juin 1968, Pierre-Elliott Trudeau — de père de l’actuel premier ministre du Canada — était élu pour la première fois à la tête du gouvernement canadien.

Les deux engagements qui avaient dominé sa campagne électorale furent ses promesses de faire du Canada une société juste et de retirer le Canada de l’OTAN.

Grâce aux 155 députés libéraux élus sur les 263 que comptait alors la Chambre des Communes, M. Trudeau Père avait toute la latitude pour réaliser ses promesses.

Ce deuxième grand engagement n’eut jamais de suite. On présuma à l’époque que cela faisait partie d’une stratégie de négociation dont on ignorait les dessous.

Mais techniquement, ce scrutin était une élection référendaire. Même cinquante ans plus tard, le gouvernement canadien est toujours lié par le mandat qu’il a reçu des Canadiens (même si la majorité d’entre eux sont morts entretemps).

Doubler les dépenses militaires

En septembre 2014, les pays membres de l’OTAN se sont entendus pour augmenter leurs budgets militaires de manière à ce qu’en 2024, le niveau de leurs dépenses atteigne un minimum de deux pour cent de leur produit intérieur brut (PIB).

Par conséquent, lorsqu’on laisse entendre que le Canada est tenu de respecter ses engagements internationaux, on dit n’importe quoi.

Il ne s’agit pas d’un critère d’appartenance à l’OTAN, mais d’un engagement volontaire du Canada. Un engagement auquel notre pays pourrait renoncer aussi facilement que Donald Trump se retire de l’Accord de Paris sur le climat ou qu’il remet en question l’ALÉNA.

Conséquences économiques

Présentement, le risque de guerre mondiale est nul. Il l’est à court et à moyen terme. La force militaire des États-Unis est de cinq à dix fois plus puissante que celle de la Russie.

L’an dernier, le produit intérieur brut de la Russie était de quatre-trillions$. Celui des États-Unis était de 19,36 trillions$. Presque cinq fois plus.

L’OTAN a tendance à exagérer la menace russe pour justifier son existence.

De la même manière, les gazouillis belliqueux de Donald Trump servent à entretenir une psychose qui a pour but de promouvoir la vente d’armement américain.

Sur les 250 milliards$ de dépenses fédérales, la majorité de cette somme est incompressible.

Pour accroitre les dépenses militaires de quinze-milliards$ — un pour cent du PIB de plus — le choix de l’État fédéral sera entre :
• hausser de beaucoup la fiscalité des particuliers (puisqu’entretemps on aura diminué celle des entreprises) ou
• effectuer des coupures draconiennes dans les postes budgétaires autres que celui de la Défense nationale.

Pensez que quinze-milliards$, c’est environ cinq-cents dollars de plus d’impôts à payer pour chaque homme, femme et enfant du pays. Ou deux-mille dollars pour une famille moyenne de quatre personnes. Et ce, chaque année, tant et aussi longtemps que le Canada fait partie de l’OTAN.

Ce qui incitera la droite canadienne à soutenir que les contribuables sont trop taxés et qu’on doit mettre fin à un État-providence ruineux…

La machine invisible de l’État canadien

Augmenter les dépenses militaires, peu importe le contexte, cela est typique d’un gouvernement de droite.

Il est donc normal que le gouvernement Harper ait pris cet engagement en 2014.

Mais pourquoi est-il maintenu par un gouvernement libéral qui se veut de centre-gauche ?

Parce que ce gouvernement élu n’est que l’interface ministérielle d’une machine étatique qui est la véritable détentrice du pouvoir.

La direction militaire du pays est formée d’experts, de meneurs d’hommes et de gens déterminés.

Ceux-ci rédigent les rapports qui guident les ‘décideurs’ publics. Ce sont eux qui, en coulisse, menacent de démissionner si on ne tient pas compte de leur point de vue. Et quand on les remplace, c’est du pareil au même.

Bref, en dépit des orientations politiques des différents partis politiques qui se sont succédé à la tête de l’État depuis cinquante ans, ceux-ci semblent se comporter comme à la belle époque où ils étaient financés par une caisse occulte à laquelle le complexe militaro-industriel pouvait contribuer significativement.

La permanence des orientations de l’État est une preuve supplémentaire que la machine de l’État fédéral est formée de grands mandarins qui exercent le pouvoir dans l’ombre, animés par leur propre conception de l’intérêt national.

Références :
Doubler les dépenses militaires et la dénaturation du Canada
Être payé pour apprendre le français, puis démissionner
Les États-Unis et la Corée du Nord
Russia
Service et OTAN: Mélenchon détaille son programme de défense
Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français
United States

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8 — 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 75 mm

L’appartenance inutile du Canada à l’OTAN
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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