Le PQ et l’affirmation indépendantiste de QS

18 novembre 2019

Introduction

Plusieurs choses distinguent Québec Solidaire du Parti Québécois. La principale est l’audace.

Qualifiant la Canadian Constitution de ‘torchon colonial’, QS a décidé samedi dernier qu’elle foutrait le bordel — l’expression est de moi — dans la fédération canadienne dès qu’elle prendrait le pouvoir à Québec.

Les Nationalistes courtisés par la CAQ

Issu du Mouvement Souveraineté-Association, le PQ a toujours été une coalition regroupant des gens qui attachaient une importance inégale à l’une ou à l’autre, soit la souveraineté politique et à l’association économique avec le reste du Canada.

Même le mot ‘souveraineté’ comportait une ambigüité puisqu’il ne veut pas dire exactement la même chose qu’indépendance.

Dans les faits, pour les avoir côtoyés, je ne doute pas des convictions indépendantistes des dirigeants du PQ.

Mais au niveau des membres et des sympathisants, ce parti a toujours regroupé à la fois des Indépendantistes qui souhaitent la sécession du Québec d’une part, et d’autre part des Nationalistes qui veulent simplement que le gouvernement du Québec dispose plus de pouvoir au sein du Canada.

Ces derniers ne craignaient pas l’option indépendantiste du PQ puisque ce parti s’engageait à consulter le peuple à ce sujet. Il suffisait de voter ‘non’ à un référendum pour que le PQ n’insiste pas et se contente d’être un bon gouvernement provincial.

Ces Nationalistes sont maintenant courtisés par le gouvernement de François Legault. Celui-ci se présente à eux comme une solution de remplacement au PQ, capable lui aussi de réclamer et d’obtenir plus de pouvoirs d’Ottawa.

En somme, depuis son élection, la CAQ tire sous le tapis du PQ afin de lui ravir sa clientèle la moins chaude à l’idée de provoquer la sécession du Québec.

Les Indépendantistes ‘ardents’ courtisés par QS

En plus de certains Nationalistes, la coalition péquiste comprend aussi des Indépendantistes ‘ardents’ et d’autres qui veulent promouvoir l’indépendance, mais sans faire de vagues, de manière positive, en évitant de créer de la chicane à ce sujet.

Ces deux groupes ont longtemps coexisté harmonieusement, partageant le même idéal, mais avec des moyens différents.

L’adoption du texte de refondation du PQ bouscule cette alliance puisque cette charte politique est une camisole de force qui enferme l’idéologie péquiste dans le ‘positivisme’ et consacre le triomphe des Indépendantistes mous qui en contrôlent déjà l’appareil interne depuis des années.

À la suite de son congrès de samedi — au cours duquel son option indépendantiste s’est affirmée considérablement — QS courtise maintenant les Indépendantistes purs et durs : ceux qui sont toujours membres du PQ et ceux qui avaient perdu tout espoir que le PQ réalise leurs vœux.

Le message de QS est simple : si vous voulez vraiment l’indépendance du Québec, ne perdez plus votre temps au PQ. Venez chez nous, vous y êtes les bienvenus.

Or il s’adonne que le PQ a une dette de deux-millions de dollars et que ses donateurs les plus assidus sont précisément des personnes caractérisées par une profonde ferveur indépendantiste.

En effet, la grande majorité de ceux qui donnent annuellement au PQ la contribution maximale permise par la loi ne donnent pas cet argent pour le PQ, mais pour ‘la cause’.

En d’autres mots, ces gens ont l’indépendance tatouée sur le cœur.

Puisque QS conteste le monopole du PQ sur la cause indépendantiste, ces donateurs se poseront inévitablement la question de savoir lequel de ces deux partis constitue le meilleur véhicule politique de réaliser leur idéal.

Même les membres qui ne voudront pas quitter le PQ seront tentés de le priver de leurs dons pendant quelque temps afin de l’inciter à revenir à la ferveur révolutionnaire de ses débuts.

C’est ainsi que QS glisse le tapis sous les pieds du PQ. Et ce, après que la CAQ ait fait pareil auprès d’une autre partie de sa clientèle électorale.

En attaquant de manière frontale le régime colonial canadien, QS fait du PQ une victime collatérale de cet affrontement.

La myopie du PQ

Lors de l’adoption de son texte de refondation, le PQ s’est peinturé dans le coin.

Dans son désir obsessionnel de ‘susciter l’adhésion’, de ‘bâtir des consensus’ et d’en arriver à ‘des décisions rassembleuses’,
le PQ se présente non pas comme un parti de combattants pour l’indépendance, mais un parti de pleutres, prêts à prendre la fuite au moindre affrontement avec les forces fédéralistes.

Menacé de manière existentielle par QS, si le PQ commet l’erreur de critiquer l’idéologie virile de QS face à l’ordre colonial canadien, il apparaitra comme le parti de la division au sein des forces indépendantistes alors que l’ennemi, en principe, est à Ottawa.

Conclusion

Au PQ, le succès récent du Bloc Québécois fait rêver. Malheureusement, le PQ n’a pas encore réalisé qu’il n’a plus le monopole de la cause indépendantiste.

S’il est vrai que le PQ est le vaisseau amiral du mouvement indépendantiste, alors les dirigeants de QS en sont maintenant les corsaires, déterminés à en piller le trésor; ses plus ardents donateurs.

Ce sabordage devrait faire réaliser l’imprudence stratégique d’avoir adopté, six jours plus tôt, un texte de refondation qui condamne le PQ à la redondance politique, dépecé d’un côté par la CAQ et de l’autre par QS.

Références :
Le texte de ‘refondation’ du PQ : le paroxysme de l’insignifiance
Québec solidaire résolument indépendantiste
QS se dit en mesure de rendre «attirant pour toutes les générations» le mouvement indépendantiste

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’abandon de l’enquête à la Société immobilière du Québec

15 novembre 2019

 

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Introduction

C’est le gouvernement de Jean Charest qui a nommé un certain nombre de collecteurs de fonds du Parti libéral à la direction de la Société immobilière du Québec (SIQ).

En 2010, des faits troublants quant à la gestion du parc immobilier de la SIQ ont justifié l’ouverture d’une enquête par l’Unité permanente anti-corruption (UPAC).

Neuf ans plus tard, après un contrôle de qualité sur l’ensemble des dossiers qui trainent, l’UPAC a estimé, dans ce cas-ci, que les conditions n’étaient pas réunies pour aller de l’avant et pour demander qu’une plainte soit portée devant les tribunaux.

Soulignons que l’UPAC ne déclare pas que son enquête prouve l’innocence des accusés ni qu’elle les croit coupables mais que ses preuves sont insuffisantes à en faire la preuve.

Elle affirme simplement que les conditions n’étaient pas réunies pour lui donner l’assurance raisonnable de l’emporter dans l’éventualité où des accusations seraient portées devant les tribunaux.

Ce qui peut signifier que son contrôle de qualité a révélé des vices de forme qui plombent l’enquête à ce sujet et qui assombrissent considérablement ses chances de l’emporter.

Une issue prévisible

Si la classe politique du Québec se dit surprise et déçue par l’abandon des procédures à ce sujet, cela ne me surprend pas.

Dans le texte intitulé ‘La démission du commissaire de l’UPAC et la soupe chaude’, j’écrivais il y a un an :

Je m’attends donc à ce que tous les dossiers qui trainent à l’UPAC depuis des années connaissent dans les prochains mois un grand déblocage en raison du changement de gouvernement. Un déblocage qui sera stoppé net quand toutes ces causes seront abandonnées pour vice de forme.

Qu’est-ce qui justifiait cette sombre prédiction ?

La leçon du cas de Guy Ouellette

L’article 10 de la Canadian Constitution exige qu’en cas d’arrestation, tout citoyen soit informé des motifs qui la justifie dans les plus brefs délais.

À l’époque de l’arrestation du député Guy Ouellette, l’UPAC affirmait que l’opération visait à sécuriser des éléments de preuve. Toutefois, l’UPAC s’est obstinée à cacher quelles étaient précisément les actions criminelles qu’aurait commises Guy Ouellette dans cette affaire.

Ce déni de ses droits constitutionnels constituait un vice de forme qui rendait impossible toute condamnation devant les tribunaux (en supposant que le député ait été fautif). D’où l’abandon des procédures huit mois plus tard.

Mais dans le cas du député, le but de l’arrestation n’était pas de le faire condamner, mais de le museler en l’empêchant de se défendre d’une accusation dont il ignorait la nature et de le rendre inapte à siéger à toute commission parlementaire devant laquelle l’UPAC pourrait être convoquée, l’ancien patron de l’UPAC et lui étant à couteaux tirés.

Le fiasco de l’affaire Ouellette aurait dû faire soupçonner à la classe politique québécoise que les méthodes de l’UPAC étaient au moins occasionnellement illégales, voire anticonstitutionnelles.

Mais les députés ont préféré l’aveuglement et par conséquent, expriment aujourd’hui leur surprise… feinte ?

Conclusion

L’impuissance totale de l’UPAC à faire sanctionner la corruption sous le gouvernement de Jean Charest — contrairement à son bilan remarquable contre la corruption municipale — vient du fait qu’un ‘verrou libéral’ a plombé toutes les enquêtes relatives au Parti libéral du Québec en y ajoutant des vices de forme qui, au final, rendent impossible la condamnation des coupables.

L’abandon de l’enquête au sujet de la SIQ sous le motif vague d’un vice de qualité en est le signe annonciateur.

On doit donc s’incliner devant le génie machiavélique de ce ‘verrou libéral’, dont on me permettra de taire le nom.

Pour terminer, je tiens à préciser que je n’ai jamais eu confiance dans l’ancien commissaire de l’UPAC (nommé par le gouvernement de Jean Charest). Toutefois, le nouveau commissaire, nommé à l’unanimité par l’Assemblée Nationale, jouit de ma confiance la plus totale.

Sa décision d’abandonner cette enquête (et les autres abandons qui suivront) est la conséquence inéluctable de ce qui s’est passé avant lui. Il n’y est pour rien.

Références :
La démission du commissaire de l’UPAC et la soupe chaude
Les abus de pouvoir de l’UPAC
L’UPAC ferme son enquête sur la Société immobilière du Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Catherine Dorion et le respect des institutions

13 novembre 2019

Introduction

À la suite d’une plainte logée par le Parti Libéral du Québec, on a interdit jeudi dernier l’accès à l’Assemblée nationale de la députée Catherine Dorion qui s’y était présentée revêtue d’un coton ouaté.

Selon le règlement, les députés doivent y siéger en ‘tenue de ville’.

Le conformisme vestimentaire

Pendant des décennies, les parlements du Canada étaient composés presque exclusivement d’avocats. S’habiller comme l’un d’eux était donc la norme.

De nos jours, au Congrès américain, on n’y trouve plus autant d’avocats qu’autrefois. Mais, à ma connaissance, tous ceux qui y siègent sont des millionnaires.

Adhérer aux codes vestimentaires et aux manières de cette classe sociale est le moyen de s’y faire accepter.

À sa manière, le règlement de l’Assemblée nationale du Québec est une façon d’obliger les députés à se soumettre au conformisme vestimentaire des possédants.

Le respect et la dignité

Fondamentalement, ce n’est pas manquer de respect au parlement d’y représenter le peuple à son image.

Que le député plombier y soit habillé comme un plombier, cela n’est pas plus irrespectueux pour l’institution que pour un banquier d’y porter son habit de travail.

Ce qui est irrespectueux, c’est d’y manquer de dignité.

Pour un parlementaire, la pire indignité, c’est d’utiliser son influence pour piller le Trésor public au profit de ceux qui ont contribué à la caisse électorale de son parti.

À l’époque du gouvernement libéral de Jean Charest, la corruption qui y prévalait — et qui est demeurée impunie à ce jour — était une offense à la dignité de l’État.

Or de nos jours, ce sont les représentants de ce même parti — tels les sépulcres blanchis de la Bible — qui s’offensent de l’indignité de la députée Catherine Dorion.

Il me semble qu’il y a un écart de gravité dans la faute — vestimentaire pour l’une et éthique pour ses accusateurs — que ces derniers ne semblent pas avoir mesuré.

Référence : L’accès au Salon bleu refusé à Catherine Dorion

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le test indépendantiste du Parti Québécois

12 novembre 2019

Il existe de nombreuses raisons de faire l’indépendance du Québec. Parmi celles-ci, certaines sont des arguments en or, c’est-à-dire des arguments incontestables qu’aucun Fédéraliste ne peut réfuter.

Parmi ceux-ci, il y a l’argument selon lequel l’indépendance est le seul moyen d’éviter le passage d’un pipeline canadien au travers du territoire québécois.

En effet, le transport interprovincial de marchandises est de compétence constitutionnelle exclusive du fédéral. Les provinces n’ont aucun pouvoir à ce sujet.

Pour l’agriculteur québécois, perdre une certification bio durement acquise si jamais un pipeline traverse ses champs, voilà un argument solide. Mais au contraire, lui dire que grâce à l’indépendance, le Québec pourra s’assoir à la table des Nations, c’est une chose dont il peut se passer.

Donc dans l’idéologie péquiste, il y a du mou et du dur.

Le recours à l’argument solide du pipeline (ou le refus de l’utiliser) est un des moyens faciles de vérifier la sincérité du ‘virage’ indépendantiste du PQ.

Depuis des années, le PQ nie l’impuissance du Québec face à l’ordre pétrolier canadien.

Le PQ soutient que s’il était au pouvoir, il réussirait — grâce aux pouvoirs normatifs d’un gouvernement provincial — à faire indirectement ce qu’il ne peut pas faire directement; bloquer le passage d’un pipeline transcanadien au Québec.

En plein congrès du PQ, j’ai fait scandale en déclarant que le PQ se tire dans le pied en faisant croire aux Québécois qu’ils peuvent avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.

Or justement, un pipeline canadien doit traverser le Québec d’ici 2030, alors que les capacités combinées des pipelines Keystone (vers les États-Unis) et Trans-Mountain (vers l’océan Pacifique) seront devenues insuffisantes à exporter tout le pétrole canadien, dont les capacités d’extraction sont constamment en croissance.

À cette fin, le Parti conservateur promet la création d’un ‘couloir énergétique’ traversant le Québec. Le Parti libéral fédéral évite le sujet, mais fera pareil parce que les investisseurs de Bay Street l’exigent. Tout simplement.

Si le PQ continue d’éviter d’utiliser cet argument en or, c’est que le nouveau PQ est exactement comme l’ancien; un parti qui parle d’indépendance parce que c’est bon pour la collecte de fonds, mais un parti qui, de nos jours, est devenu peureux à l’idée même de la faire.

Références :
Le PQ et Énergie-Est
Le texte de ‘refondation’ du PQ : le paroxysme de l’insignifiance
Pétrole et élections : un rendez-vous manqué avec le destin
Pétrole traversant le Québec : l’anesthésie péquiste

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Immigration : un arrimage chaotique

11 novembre 2019

Les besoins éphémères

Depuis plus d’un an, le gouvernement caquiste répète inlassablement son intention d’arrimer l’immigration aux besoins du marché. Et ce, à l’aide d’un système informatique appelé Arrima.

L’assise fondamentale de ce système est la conviction qu’on peut évaluer précisément les besoins du marché.

Effectivement, on peut évaluer les besoins actuels du marché en compilant les emplois disponibles.

Toutefois, la manière la plus efficace de combler de tels besoins est par le biais des permis de travail.

On le fait déjà pour les travailleurs saisonniers. Il suffit de généraliser les programmes à ce sujet.

Ce moyen est plus rapide parce que le candidat n’a pas à décider de recommencer sa vie au Québec, d’abandonner parents et amis à l’Étranger, et de quitter le sol où ses ancêtres sont ensevelis.

Si les règles sont claires, le travailleur temporaire sait qu’il retournera chez lui lorsqu’on n’aura plus besoin de lui ici.

Par contre, si on veut combler des besoins actuels par le biais de l’immigration, non seulement les délais administratifs s’allongent, mais dès que les besoins du marché changent après qu’un candidat ait obtenu la citoyenneté canadienne, on aura ‘arrimé’ un immigrant à des besoins qui se seront avérés finalement éphémères.

Besoins du marché vs politique migratoire

Voilà pourquoi une politique migratoire doit aller bien au-delà d’une simple compilation d’emplois disponibles.

Et c’est là que les choses se compliquent.

Tout ce qui existe peut être mesuré. Et ce qui existera peut-être fait partie du domaine des prédictions.

Le ministère de l’Immigration possède-t-il l’expertise interne qui lui est nécessaire pour prédire les besoins futurs du marché ?

La réponse à cette question nous est fournie par l’amateurisme dont il a fait preuve en réformant le Programme de l’expérience québécoise.

Rappelons qu’en vertu de ce programme, tout étudiant ayant terminé ses études avec succès au Québec pouvait obtenir facilement le statut de résident permanent.

Du jour au lendemain, le gouvernement a décidé de restreindre ce privilège qu’à ceux qui étudient dans des domaines qui, selon lui, sont arrimés aux besoins du marché.

Le cas le plus absurde est le cas du baccalauréat en Sciences domestiques — qui apparait dans la liste du ministère — un programme aboli depuis des décennies et qui visait à donner autrefois une formation rigoureuse aux femmes qui se destinaient à devenir les ‘reines du foyer’.

Mais comment le gouvernement Legault en est-il arrivé là ?

Il semble que les fonctionnaires du ministère de l’Immigration se soient basés sur l’édition de 2018 de l’État d’équilibre du marché du travail. Il s’agit d’un rapport annuel publié par le ministère du Travail dont l’édition de 2018 a été préparée à partir de données remontant à l’année précédente.

En somme, le talon d’Achille de cette politique migratoire, c’est qu’elle sera toujours basée sur des prédictions anciennes au sujet des besoins anticipées du marché.

Toute la rigueur présumée d’une politique basée sur les besoins du marché s’avère donc être un mirage qui s’évanouit au contact de la réalité concrète du fonctionnement de l’État et de l’imperfection de la nature humaine.

Une alternative humaniste

Depuis 2001, la réforme éducative québécoise repose à la fois sur l’apprentissage des connaissances et sur l’acquisition de compétences jugées importantes au XXIe siècle : la pensée critique, la communication, la collaboration, la créativité, l’innovation, la facilité numérique et technologique, l’apprentissage continu, la flexibilité et l’adaptabilité, la citoyenneté, et l’esprit d’initiative.

On qualifie de transversales les compétences qui, une fois acquises, pourraient être appliquées dans n’importe quel autre domaine.

Depuis près de deux décennies, tous les enseignants du Québec évaluent l’acquisition de compétences transversales chez leurs élèves. Or évaluer cela chez un candidat à l’immigration ou chez un écolier, c’est pareil.

Le système Arrima consacre la suprématie des marchés. Il repose malheureusement sur une illusion; l’aptitude à prévoir rigoureusement les besoins futurs d’une économique dont le rythme de transformation s’accélère.

Plus pertinente, une politique migratoire humaniste consacre la suprématie de l’être humain.

En effet, ce dont le Québec a besoin, ce sont des citoyens capables d’affronter l’avenir, de s’y adapter et de réussir leur vie dans un monde en évolution. Or ce monde sera de plus en plus imprévisible.

Les compétences valorisées par notre politique migratoire devraient être les mêmes que celles inculquées par notre système éducatif à nos propres enfants.

De manière à ce que rien ne distingue l’aptitude à réussir du citoyen né au Québec de celui qui est venu s’y installer plus tard dans son existence.

Références :
Fonction publique : coupe-t-on encore dans le gras ?
Immigration : la liste de formations du gouvernement Legault pleine d’incohérences
Immigration : l’illusion des prophéties
Les vieux arguments de François Legault
Tellement contre-productif!

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Écrit par Jean-Pierre Martel


RONA : l’audace des traitres

3 novembre 2019

L’histoire d’une trahison

Après avoir échoué à acheter RONA en 2012, la compagnie Lowe’s était revenue à la charge avec une offre à peu près identique en 2016, offre qui fut acceptée.

La différence, c’était que le dollar canadien valait 1,05$US en 2012 et 0,75$US en 2016. De plus, RONA avait procédé à un rachat de ses actions. Donc Lowe’s en avait moins à acheter.

Conséquemment, même si le prix offert par action passait de 14,50$ à 24$, le montant total (en argent américain) était à peu près le même.

La valeur boursière (c’est-à-dire spéculative) de l’entreprise avait baissé, ce qui rendait la même offre plus intéressante pour les actionnaires.

Mais ce qui a fait toute la différence, c’est que l’américaine graissait la patte des membres du Conseil d’administration de RONA sous forme d’indemnités de départ. Dont 4,1 millions$ pour le président de l’époque.

Or, entre 2012 et 2016, le Conseil d’administration de RONA était devenu composé majoritairement d’Ontariens pour qui la défense d’un fleuron de l’économie québécoise ne voulait rien dire.

L’achat avait été facilité par le gouvernement Couillard qui avait permis (ou ordonné ?) qu’Investissement-Québec se départisse de sa minorité de blocage.

La ministre libérale de l’économie de l’époque, Dominique Anglade déclarait :

« Ce qui est important pour nous c’est que les emplois soient maintenus au Québec, que les fournisseurs québécois puissent profiter de cette transaction pour exporter et profiter des marchés étrangers et que le siège social soit maintenu au Québec. (…)
Mon rôle sera de m’assoir avec le PDG de l’organisation dans les prochaines semaines et de m’assurer que tout ce qui est présenté sur papier sera respecté.»

Ce que le gouvernement Couillard négligeait de dire, c’est que les fleurons font partie du patrimoine économique d’un pays.

De la même manière que les États interdissent l’exportation d’œuvres d’Art qui représentent la quintessence du génie national, tout politicien qui reste les bras croisés face à l’acquisition étrangère de fleurons économiques fait acte de trahison puisqu’il remet le contrôle d’un secteur de son économie à l’hégémonie d’intérêts étrangers.

Les victimes collatérales

À l’époque de la vente de RONA, Pierre-Karl Péladeau (du PQ) et François Legault (de la CAQ) prévoyaient que Lowe’s ne tiendrait pas ses promesses et que peu à peu, de plus en plus de produits américains se retrouveraient sur les tablettes des anciens magasins RONA.

Depuis, le siège social canadien est demeuré à Boucherville. Mais les véritables décisions se prennent maintenant en Caroline du Nord. D’où l’annonce récente de la suppression d’une soixantaine d’emplois à Boucherville.

Invité à réagir à ces mises à pied, le premier ministre François Legault a déclaré 

« Je ne veux pas commencer à lancer des séries de boycottages, […] mais moi j’essaie d’acheter québécois, dans des magasins québécois.»

En somme, plutôt que de dire que ces licenciements découlent de l’absence de stratégie industrielle des gouvernements Charest et Couillard, le premier ministre souligne qu’il préfère favoriser l’émergence de nouveaux géants de la distribution de matériaux de construction qui soient strictement québécois.

Voilà ce qui est une politique intelligente.

Mais l’opposition libérale ne l’entend pas ainsi. Elle accuse le premier ministre de nuire à l’économie du Québec en soulignant que les marchands affiliés à Lowe’s sont des Québécois et que de nombreux produits offerts dans leurs magasins sont produits au Québec.

Depuis Donald Trump, il est évident que même les alliés militaires des États-Unis sont considérés comme des ennemis dont il faut saper l’économie.

Or dans toute guerre commerciale, il y a des victimes collatérales. Les marchands Lowe’s et Home Depot situés au Québec sont du nombre.

Les réseaux de distribution des matériaux de construction sont des vases communicants. Quand les consommateurs délaissent une chaine au profit d’une autre, la première doit licencier du personnel parce que ses ventes baissent alors que la seconde fait le contraire parce que ses ventes augmentent.

En invitant les Québécois à délaisser les chaines américaines au profit des réseaux québécois de distribution — Canac ou Patrick Morin, par exemple — François Legault défend les intérêts québécois, trahis par ses prédécesseurs libéraux.

Les vertus du nationalisme économique dans ce cas-ci

Lowe’s et Home Depot sont deux grandes multinationales qui délocalisent leurs profits dans des paradis fiscaux.

Leurs centres de décision sont situés à l’étranger : cette distance représente un handicap pour des producteurs québécois qui veulent leur offrir leurs produits et qui, en plus, doivent le faire en anglais.

Ce n’est pas le cas des chaines vraiment québécoises.

Les sites web de ces dernières ont été conçus au Québec, ce qui favorise l’expertise d’ici dans ce domaine.

Et lorsque ces distributeurs québécois ont du succès, leurs patrons, devenus immensément riches, exercent leur mécénat au Québec.

Voilà pourquoi le nationalisme économique est sain; ne dit-on pas que charité bien ordonnée commence par soi-même…

Conclusion

Depuis plus d’une semaine, il ne se passe pas une période de questions à l’Assemblée nationale sans que l’opposition libérale tente de placer le premier ministre dans l’embarras pour avoir exprimé son nationalisme économique.

Dans leur lutte aveugle contre le nationalisme québécois sous toutes ses formes, le Parti libéral du Québec n’a de cesse que de trahir les intérêts du Québec.

Au contraire, c’est par le nationalisme économique et par la bienveillance des politiques préférentielles de l’État que nous reconstruirons, au fil des décennies, ce qu’a détruit ce parti hypocrite.

Dans ce processus de reconquête économique, il sera donc normal que les franchisés québécois de chaines américaines périclitent au profit de franchisés québécois de chaines québécoises.

Références :
Dans un livre-choc, l’ex-PDG de RONA, Robert Dutton, se vide le cœur pour le Québec inc
Des fournisseurs québécois touchés par la vente à Lowe’s
Jacques Daoust contre la vente de RONA: Couillard dit ne pas avoir été impliqué
La vente de Rona : une bonne affaire pour le Québec?
Le derrière miraculeux de la ministre
Legault et Fitzgibbon veulent encourager les quincailleries d’ici
Pourquoi Lowe’s ferme-t-il des magasins Rona?
Québec n’empêchera pas l’achat de Rona
Vente de Rona: plus de 40 millions pour les patrons

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Halloween et bonbons au cannabis

14 septembre 2019

Montréal, le 11 septembre 2019

Mme Danielle McCann
Ministre de la Santé et des Services sociaux
1075 chemin Sainte-Foy
Québec G1S 2M1

Madame la ministre,

Le 31 octobre prochain, à l’occasion de l’Halloween, de nombreux enfants rapporteront à la maison des friandises obtenues d’inconnus.

Or deux semaines plus tôt, les produits dérivés du cannabis auront fait leur apparition au Canada.

Même si votre gouvernement s’y oppose, la jurisprudence semble indiquer que le gouvernement du Québec ne pourra pas interdire ce que le fédéral permet.

Dans tous les cas, n’importe qui pourra en obtenir par la poste ou en ramener à l’occasion d’un voyage dans une province voisine.

Au Colorado, la commercialisation des produits dérivés du cannabis a entrainé une augmentation de 150% des admissions hospitalières pour cause d’empoissonnements pédiatriques au THC.

Serait-il possible que votre ministère, directement ou par l’intermédiaire des centres antipoisons, fasse une campagne destinée à inviter les parents à redoubler de prudence à l’occasion de l’Halloween en raison du contexte nouveau créé par la légalisation des produits dérivés du cannabis.

Merci, madame la ministre, de l’attention que vous porterez à cette lettre.

Jean-Pierre Martel, blogueur

Paru depuis :
Inspectez les sacs d’Halloween de vos enfants, plaide une mère qui y a trouvé du pot (2019-11-01)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un plan B au texte de ‘refondation’ du PQ

6 septembre 2019

J’ai publié hier mon appréciation négative au sujet du texte de ‘refondation’ du Parti Québécois.

Ai-je une solution de remplacement à proposer ?

Oui, la voici.

Le texte de trois pages devrait être remplacé par une seule phrase, simple, claire et précise :

Les deux objectifs du Parti Québécois sont de réaliser l’indépendance du Québec et de défendre le peuple francoQuébécois.

Le reste, on n’en parle pas parce que cela n’est pas distinctif.

J’entends déjà deux objections.

Première objection.

Défendre le peuple francoQuébécois, c’est bien. Mais qu’en est-il des peuples autochtones du Québec ?

Un gouvernement du Parti Québécois sera juste et équitable pour tous les citoyens et tous les peuples du Québec. Sans distinction. Tout en manifestant un biais acceptable en démocratie pour la majorité francophone de la population.

Mais dans l’esprit de tous, en tant que formation politique, le PQ devra être résolument le Parti des francoQuébécois.

Deuxième objection.

Ne craint-on pas que le PQ soit accusé de nationalisme ethnique ? Bien oui. Et après ? Le Parti Libéral est bien le ‘Parti des Anglais’ et cela ne le dérange pas. Il assume.

Et bien, assumons.

Quotidiennement, le PQ doit se rappeler que le moteur des révolutions, c’est le sentiment d’injustice.

Au Québec, il y a des millions de francoQuébécois qui sont unilingues. Ceux-ci connaissent bien quelques mots d’anglais. Mais leur connaissance rudimentaire de cette langue les empêche de postuler à des postes bilingues.

Chaque fois que le bilinguisme est exigé inutilement, ils sont victimes d’une discrimination à l’embauche. Ici même dans leur propre pays.

Or il est aussi normal d’être unilingue français au Québec qu’il est normal pour un Allemand d’être unilingue en Allemagne. Ou pour un Italien d’être unilingue en Italie.

Sans que cela soit écrit explicitement, la version originale de la Loi 101 prescrivait l’unilinguisme français au Québec.

Le PQ doit donc revenir à ses origines.

S’il hésite à être le Parti des francoQuébécois, le pire qui pourrait lui arriver, c’est que la CAQ le devienne à sa place.

À bon entendeur, salut !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le texte de ‘refondation’ du PQ : le paroxysme de l’insignifiance

5 septembre 2019

Introduction

À la suite de la cuisante défaite électorale subie l’an dernier, le PQ s’est engagé dans un exercice de remise en question de ses orientations politiques.

Le texte de ‘refondation’ — qui sera soumis aux congressistes dans quelques semaines — était très attendu.

Ce document de trois pages vient d’être publié par Le Devoir.

Analyse du texte

Du strict point de vue littéraire, c’est un texte bien.

Il est clair. Les arguments se suivent logiquement et l’ensemble est cohérent.

Le texte est formé de 674 mots. Les 278 premiers mots établissent ce qui suit.

Les trois premiers paragraphes découlent d’un patriotisme convenu; ils auraient pu être écrits par n’importe quel politicien fédéraliste.

C’est alors qu’on arrive au cœur du document, soit la liste des valeurs fondamentales du PQ renouvelé :
• la liberté,
• la justice et l’équité,
• le nationalisme, et
• la protection de l’environnement.

Dans son désir obsessionnel de ‘susciter l’adhésion’, de ‘bâtir des consensus’ et d’en arriver à ‘des décisions rassembleuses’, on fera la promotion de valeurs qui ne permettent pas au PQ de se distinguer des autres formations politiques du Québec.

En réalité, dès qu’un parti sécessionniste renonce à choquer l’opinion publique, voire à simplement susciter la controverse, il se coupe les ailes.

S’il est vrai qu’une partie des Québécois sont des indépendantistes purs et durs, il existe une proportion encore plus grande de fédéralistes tout aussi convaincus qui ne peuvent qu’être scandalisés par un discours qui s’attaque au Canada qu’ils aiment.

Conséquemment, être soucieux de ne pas faire de vague tout en affirmant que son ‘action politique se concentrera sur la fondation d’un pays’ (le Québec) est un oxymore.

Pour tous les peuples qui aspirent à l’indépendance, le chemin qui mène à la liberté est un combat contre l’adversité.

La seconde partie du texte, composée de 396 mots, est une profession de foi selon laquelle la meilleure manière de concrétiser ces quatre valeurs serait l’indépendance.

Le texte a raison de dire, en résumé, que si le Québec avait tous les pouvoirs d’un pays souverain et disposait de tout l’argent envoyé à Ottawa, il pourrait faire plus.

Mais cette idéologie positive échoue depuis des décennies à convaincre une majorité de Québécois de voter pour l’indépendance. Pourquoi ? Parce que ceux-ci estiment qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

Normalement, ce texte de ‘refondation’ devrait être la charte politique du PQ. Or ce texte mièvre est en fait une camisole de force idéologique.

En se limitant à n’être qu’un beau discours et en évitant de recourir également à la critique frontale de l’État colonial canadian, il prive le PQ d’un argumentaire qui suffirait à convaincre les voix qui lui manque pour rallier une majorité de Québécois à l’indépendance.

Pour terminer, les deux derniers paragraphes sont de la même inspiration que le début du texte, mais en plus pompeux.

Le cliché du ‘Parti de la chicane’

Pendant des années, le PQ ne s’est pas défendu de l’accusation libérale d’être le ‘Parti de la chicane’.

En réalité, c’est sous un gouvernement libéral, plus précisément au cours du Printemps érable, qu’on crevait des yeux, cassait des dents, fracturait des mâchoires et provoquait des commotions cérébrales.

Aussi controversé que soit un référendum, une consultation populaire au Québec n’a jamais tué personne.

Tel un enfant dévoré par la culpabilité, le PQ promet maintenant qu’il ne recommencera plus.

Cette reconnaissance par le PQ — dans un texte fondateur en plus — que les accusations libérales sont fondées est pathétique.

L’âge des révoltes

Pour qu’un parti suscite l’enthousiasme, il doit être en phase avec son époque.

Pendant des années, ici comme ailleurs, on a cru au mirage du néolibéralisme.

Selon la théorie du ruissèlement, plus les riches s’enrichissent, plus cette richesse finit par atteindre les gens ordinaires.

Or partout en Occident, les peuples se soulèvent parce qu’ils réalisent que le néolibéralisme ne tient pas ses promesses.

Aux États-Unis, le pouvoir d’achat du travailleur moyen stagne depuis des décennies. Parallèlement apparaissent des objets technologiques (ex.: téléphones multifonctionnels) de plus en plus couteux que réclament leurs enfants.

Désespérée, une partie importante de l’électorat américain soutient un président instable, menteur, misogyne et raciste, dont l’équilibre psychologique est douteux.

En Grande-Bretagne, on a voté pour le Brexit afin de protester contre l’immigration en provenance de l’Europe continentale et par ressentiment contre la cupidité de l’élite financière du pays.

La France est confrontée à la révolte des gilets jaunes.

En Italie et en Europe de l’Est, les partis populistes incarnent la colère du peuple.

Quant au président Bolsonaro du Brésil, on a toujours l’impression, les rares fois qu’il sourit, que le visage est sur le point de lui craquer.

Bref, au lieu de critiquer le colonialisme économique d’Ottawa contre le Québec — ce qui susciterait inévitablement la controverse — le PQ préfère devenir la version Peace & Love du discours nationaliste de la CAQ.

Conclusion

Les Québécois qui sont devenus adultes depuis le début de ce millénaire — et qui n’ont donc connu, essentiellement, que des gouvernements libéraux — ne savent pas que le PQ a déjà été un parti révolutionnaire.

Ce parti a instauré des politiques radicales, nées presque toutes dans la controverse :
• la Charte de la langue française,
• la création des centres de la petite enfance (CPE),
• la création du ministère de l’Environnement,
• la création de l’assurance médicaments,
• la loi sur l’équité salariale,
• la création de la Régie du logement,
• la protection de la vocation des terres agricoles,
• la signature de la Paix des Braves avec les peuples autochtones,
• le rétablissement de la paix sociale lors de la grève étudiante de 2012,
• la loi antibriseurs de grève,
• la loi limitant le financement des partis politiques,
• la fermeture des centrales nucléaires.

Et j’en passe.

Avec son texte de ‘refondation’ de couleur pastel, le PQ aspire à devenir la version aseptisée de ce qu’il a déjà été; une formation politique bourgeoise qui se fond dans le bleu poudre des murs de l’Assemblée nationale.

Ce texte de ‘refondation’, aussi lisse et insignifiant qu’une publicité de cosmétique, rappelle l’époque joyeuse où l’électorat choisissait ses dirigeants politiques à la blancheur de leurs dents.

Le PQ doit être en phase avec le temps présent et ne pas hésiter à créer la controverse en ouvrant les yeux du peuple, de même qu’en lui disant ce qu’il a peur d’entendre. Apparemment, ce sera pour une autre fois.

Avec ce texte de ‘refondation’ accueilli dans l’indifférence générale, le PQ s’enfonce dans la redondance politique.

J’espère qu’il se réveillera avant qu’il ne soit trop tard.

Référence : La déclaration du Parti québécois

Sur le même sujet : Un plan B au texte de ‘refondation’ du PQ

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Crise des médias, démocratie et décentralisation

30 août 2019

La logique du déclin

En Occident, les quotidiens et les hebdomadaires sont des entreprises capitalistes victimes du capitalisme.

L’affaiblissement des États — mis en concurrence les uns contre les autres par la mondialisation — a provoqué l’émergence du capitalisme sauvage.

Or la dynamique du capitalisme sauvage, c’est que les gros mangent les petits. Sa finalité est donc la disparition des petits au profit de la croissance monopolistique des gros.

Dans le cas des médias nationaux, les subsides de l’État ne sont que des solutions temporaires qui ne changent rien au problème.

C’est la prédation des revenus publicitaires par les géants du numérique qui menace la survie des créateurs de contenu journalistique.

Au Québec, cette crise occidentale a pris une acuité particulière en raison de l’imminence de la faillite d’un groupe de presse.

Les accommodements

Au lieu de contester un ordre établi qui entraine inexorablement leur disparition, les médias se sont contentés pendant des années de s’en accommoder.

Lorsqu’on observe attentivement le contenu des articles publiés dans nos quotidiens, on remarquera que la très grande majorité d’entre eux ne sont que des reproductions de dépêches d’agences de presse. Ce qui leur évite de rémunérer des journalistes.

Au Québec, l’immense majorité des nouvelles internationales sont rédigées par l’Agence France Presse, détenue partiellement par l’État français.

Si les médias privilégient cette agence plutôt que les autres, c’est que ses dépêches sont en français, ce qui fait épargner les frais de traduction.

Peu importe le quotidien québécois que vous lisez, c’est la même propagande occidentale que vous y trouverez.

Dans le cas des nouvelles pancanadiennes, le relai est passé à l’agence Presse canadienne. Le monopole de celle-ci n’est pas absolu, mais demeure prédominant.

Nos journaux se sont accommodés du déclin de leurs revenus en devenant des intégrateurs de dépêches, complétés des textes de quelques chroniqueurs et éditorialistes.

Exceptionnellement, on peut y lire les articles remarquables de journalistes d’enquête comme Alexandre Shields (au Devoir) et d’autres à La Presse.

Quant à Radio-Canada, son site web bénéficie du travail des créateurs de contenu de ses émissions télévisées.

En somme, tous les quotidiens privés, devenus perroquets d’agences de presse, pourraient ne publier qu’une seule page recto verso si toutes les nouvelles internationales et nationales étaient monopolisées ailleurs. Et on serait tout aussi bien (ou mal) informés.

Subventionner ou non les grands médias, cela ne change rien de fondamental; devenus les béni-oui-oui de l’ordre établi, ils ont eux-mêmes construit leur insignifiance et leur inutilité relative.

Le cas particulier des médias locaux

Pendant des siècles, les nouvelles et les potins s’apprenaient sur le parvis de l’église, à l’issue de la messe dominicale.

Avec la diminution de la pratique religieuse, les médias régionaux sont devenus un outil indispensable à l’exercice de la démocratie locale.

Mais depuis quelques années, les petits commerçants ont découvert les avantages du commerce électronique et ont commencé à détourner une partie de leur budget de publicité vers l’internet où règnent les géants du numérique.

Conséquemment, les médias régionaux vivotent ou cessent leurs opérations les uns après les autres.

À l’examen des diverses missions de l’État, leur disparition ne concerne aucun ministère autre que le ministère du Développement régional.

En effet, l’appui de l’État ne s’inscrit que dans une politique d’occupation du territoire.

On s’imagine souvent que puisque l’Humanité s’accroit, quand des Humains s’installent quelque part, leur nombre ne peut qu’augmenter.

On ignore que des centaines de villages québécois n’ont connu aucun développement économique important depuis des décennies. Ils sont souvent ‘dans leur jus’ tel qu’ils ont toujours été de mémoire d’homme.

Dans quelques cas, le gouvernement doit ordonner la fermeture de quelques villages en déclin démographique parce qu’on ne peut plus y justifier la fourniture de certains services essentiels comme le déneigement des routes ou le maintient en bonne condition de certaines infrastructures municipales.

Voilà pourquoi le déploiement de l’internet en région et l’appui aux médias locaux — pour ne citer que ces deux exemples — découlent d’une politique d’occupation du territoire.

Sous-estimée dans l’esprit populaire, l’occupation du territoire est un exercice de souveraineté; un peuple prend possession d’un territoire en l’occupant.

Dans le cas précis de l’appui de l’État aux hebdomadaires locaux, cela ne peut pas être décidé par des fonctionnaires à Québec puisque ceux-ci ignorent généralement les réalités sur le terrain.

Voilà pourquoi, la dépossession des pouvoirs détenus par des instances régionales ou l’abolition de ces structures au nom de l’efficience est une sottise.

Le soutien aux médias régionaux va de pair avec la décentralisation des pouvoirs l’État québécois. Le premier est impossible sans l’autre.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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