Le colonialisme économique ‘canadian’

16 décembre 2018

Introduction

Sous la plume de son chroniqueur Konrad Yakabuski, Le Devoir publiait hier un texte qui présentait les Québécois comme des parasites vivant au crochet des provinces riches du Canada. Et ce, par le biais des transferts de péréquation.

À l’époque des gouvernements péquistes de Jacques Parizeau, de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, le Québec s’était haussé au quatrième rang des provinces canadiennes quant au revenu disponible par personne.

À juste titre, le fédéral avait alors réduit les sommes versées au Québec à titre de péréquation.


Déficit commercial du Québec, de 1981 à 2012, en milliards de dollars
Balance_commerciale_30_ans

 
Le Québec connaissait alors des surplus commerciaux et l’équilibre de ses finances publiques.

Mais au cours des seize ans de gouverne libérale, le Québec a glissé progressivement jusqu’à l’avant dernier rang canadien (sous Jean Charest), pour finalement atteindre la queue sous Philippe Couillard.

En effet, la croissance économique du Québec a été en deçà de la moyenne canadienne douze des seize années au cours desquelles le Parti libéral a été au pouvoir.

Cet appauvrissement n’est pas lié directement à l’incompétence des divers ministres libéraux de l’Économie — dont Dominique Anglade — mais indirectement à leur passivité face au colonialisme du gouvernement fédéral canadien.

On ne voulait pas critiquer Ottawa par crainte d’alimenter l’indépendantisme québécois.

De quoi avait-on peur de parler ?

L’industrie aéronautique québécoise vs l’industrie automobile ontarienne

En 2009, le plan de sauvetage de l’industrie automobile ontarienne a consisté essentiellement en des prêts remboursables de 13,7 milliards$ consentis à GM et Chrysler, alors au bord de la faillite.

À l’époque, l’industrie aéronautique québécoise, durement frappée par la récession, n’a pas bénéficié d’un plan de sauvetage analogue.

En juillet 2015, on annonçait un prêt de cent millions$ pour Toyota Canada dont 57,8 millions$ d’Ottawa.

En mai 2016, la même compagnie recevait une subvention — c’est-à-dire un don — de 200 millions$, en bonne partie payée par le fédéral.

En 2017, lorsque Bombardier s’est retrouvé à court de liquidités après avoir investi plus de 5,4 milliards$ en R&D, le fédéral a consenti un prêt remboursable (donc au final, rien du tout) de 372,5 millions$, dont 248 millions$ — les deux tiers — à la condition que Bombardier maintienne ses activités en Ontario (où sont construits ses avions d’affaires Global 7000).

Ce prêt représente 3% des sommes consacrées au sauvetage de l’industrie automobile ontarienne.

Après ce prêt chiche, Ottawa accordait un don de 100 millions$ à un centre de recherche de Ford Canada.

En octobre 2018, le fédéral radiait le prêt consenti à Chrysler lors de la Grande Récession. Ce prêt et ses intérêts représentent la somme de 2,6 milliards$.

En février de cette année, Ottawa provoquait l’annulation d’un contrat québécois de vente d’hélicoptère civils aux Philippines représentant des retombées économiques de 2,7 milliards$ pour l’économie québécoise.

La délocalisation de la construction navale canadienne

À ce travail de sape s’ajoute la délocalisation de la construction maritime canadienne du Québec vers deux autres provinces.

Décidée en 2011 à la faveur d’un contrat de vingt milliards$ — porté à plus de 60 milliards$ avec les dépassements de couts — cette délocalisation ne laisse au Québec que des miettes.

On la justifie par une succession de motifs fuyants. La dernière raison officielle est que ‘le Québec ne fait pas partie de la stratégie maritime du Canada’ (sic).

Le Québec n’est pas la seule province dans ce cas. L’Alberta et la Saskatchewan n’en font pas partie parce qu’elles n’ont pas accès à la mer. L’Ontario parce qu’il n’y a pas de chantier maritime.

Le Québec, lui, n’en fait pas partie parce que l’État canadien en a décidé ainsi.

Ceci n’est pas nouveau. Depuis des décennies, l’armée canadienne refuse de donner au Québec sa juste part des contrats militaires du pays.

Ce qui est nouveau, c’est qu’on ne s’en cache plus; cette discrimination est maintenant reconnue officiellement. En effet, en jargon technocratique, ‘le Québec ne fait pas partie de la stratégie maritime du Canada’ signifie ‘nous ne voulons pas accorder de contrats au Québec’.

Le sauvetage de Bay Street

Lors de la Grande récession, l’aide accordée aux banques canadiennes a atteint 114 milliards$.

De cette somme, rien ne fut accordé aux Caisses populaires Desjardins sous le prétexte que celles-ci ont une charte québécoise, et non fédérale.

En d’autres mots, cette aide ne servit qu’à aider les banques ontariennes de Bay Street.

La part de ce sauvetage ontarien qui fut payée par le Québec correspond à une bonne partie de ce que notre province a reçu en péréquation durant la première décennie de ce siècle.

L’industrie laitière québécoise

À chaque nouveau traité de libre-échange, l’industrie laitière québécoise sert de monnaie d’échange pour sauver l’industrie pétrolière albertaine et l’industrie automobile ontarienne.

Lac-Mégantic

Au cout d’environ un milliard$, la tragédie de Lac-Mégantic est la pire catastrophe environnementale de l’histoire canadienne. Elle a été causée secondairement par le laxisme d’Ottawa (qui a préféré remettre la sécurité des Canadiens entre les mains d’aventuriers).

Avant cette tragédie, le fédéral payait la totalité des dommages causés par les catastrophes survenues au Canada anglais dans ses domaines exclusifs de compétence constitutionnelle.

Mais à Lac-Mégantic, le fédéral a décidé d’en payer seulement la moitié. « Nos règles ont changé » disait M. Harper. Évidemment.

L’industrie pétrolière

Les Québécois paieront leur juste part de l’achat du vieux pipeline Trans-Mountain (au prix de 4,5 milliards$), sans compter les frais qui seront occasionnés par l’augmentation de sa capacité.

À cela s’ajoute un plan, annoncé ce mois-ci, de 1,6 milliard$ pour redynamiser le secteur pétrolier et gazier du Canada.

Mélange d’investissements, de subventions et de prêts, ce plan représente à lui seul quatre fois le montant du prêt remboursable offert pour sauver Bombardier de la faillite (un prêt qui, une fois remboursé, n’aura rien couté au fédéral).

L’industrie forestière

En plus de sa mollesse à s’opposer aux tarifs douaniers de Trump sur le bois d’œuvre, Ottawa a accordé une aide de 75 millions$ pour lutter contre l’épidémie de la Tordeuse des bourgeons de l’épinette dans l’Est du Canada.

Toutefois, seules les provinces maritimes seront éligibles. En effet, le programme concerne exclusivement celles-ci alors qu’aucun autre programme d’aide n’est prévu pour notre province. Pourtant, l’aire dévastée au Québec est à elle seule supérieure à celle des quatre provinces maritimes réunies.

Cette subvention fédérale donne un avantage compétitif à l’industrie forestière des maritimes contre celle du Québec.

La mise sous tutelle d’Hydro-Québec

La partie 2 du projet de loi C-69 s’intitule Loi sur la Régie canadienne de l’énergie. Ce projet de loi devrait être adopté par le Sénat canadien d’ici quelques jours.

Son article 355 interdit l’exportation d’électricité sauf conformément à un permis émis par le fédéral.

En clair, Ottawa veut mettre Hydro-Québec sous tutelle. La société continuera de fonctionner comme avant sauf que toutes ces grandes décisions devront dorénavant recevoir l’autorisation du fédéral.

Concrètement, pour Hydro-Québec, cela veut dire des délais supplémentaires et l’obligation de traduire en anglais les milliers de pages d’études et de documents techniques destinés à être soumis au Canadian Energy Regulator. Parce que si la fonction publique fédérale est à 92% unilingue anglais à Ottawa, imaginez à Calgary…

Bien plus : l’organisme situé à Calgary pourra faire pression pour que le gouvernement québécois facilite la réalisation de projets pétroliers albertain au Québec en retardant nos projets hydroélectriques. Ce sera donnant-donnant.

Le sabotage judiciaire

En plus de saboter l’économie du Québec, Ottawa a cherché à paralyser son système judiciaire.

Plus tôt cette année, le fédéral tentait de faire invalider toutes les lois du Québec par le biais d’une cause intentée par les dirigeant fédéralistes du Barreau du Québec (cause financée en sous-main par Ottawa).

Cette catastrophe judiciaire n’a été évitée que par une assemblée générale extraordinaire convoquée par des avocats membres de cette corporation professionnelle.

On peut imaginer le cout astronomique d’une paralysie totale des tribunaux — plus aucune loi provinciale n’étant valide — si l’opération hostile d’Ottawa avait réussi.

Tout ceci est tellement énorme qu’on a peine à croire que la machine de l’État canadien puisse à ce point haïr le Québec qu’elle est prête à y déclencher l’anarchie judiciaire, heureusement évitée de justesse.

Conclusion

Le fédéral est l’héritier du pouvoir colonial britannique. Mais contrairement aux autres pays colonisateurs, ses colonies ne sont pas sous les Tropiques; elles sont, à l’interne, encastrées dans son territoire.

Ce sont une constellation de réserves indiennes régies par un apartheid juridique visant à leur extermination et le Québec à qui on siphonne 50 milliards$ de taxes et d’impôts en contrepartie de 9 à 13 milliards$ de péréquation à la condition de se tenir tranquille.

En dressant la liste des dépenses d’Ottawa au Québec, même en y incluant la péréquation, on arrive à une somme inférieure à ce que les contribuables québécois versent au fédéral. Cela signifie que la péréquation, au fond, c’est notre argent que nous redonne le fédéral en nous faisant croire qu’il nous fait l’aumône.

Références :
Le biais du fédéral : industrie automobile ontarienne vs industrie aéronautique québécoise
Foresterie : le biais fédéral
La Davie et le petit pain fédéraliste
Lait : Trudeau capitule
La lourde responsabilité du gouvernement Harper dans la catastrophe de Lac-Mégantic
Le parasite
Le sabotage de la vente d’hélicoptères québécois par le ministre fédéral François-Philippe Champagne
Les miettes fédérales à Bombardier
Ottawa finance la demande d’annulation de toutes les lois du Québec
Ottawa verse 1,6 milliard de dollars pour redynamiser le secteur pétrolier et gazier
Ottawa veut mettre Hydro-Québec sous tutelle
Pétrole et péréquation: le chemin sera long
Un gouvernement de trop

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pouvoir de l’uniforme

14 décembre 2018

 

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On oblige le policier ou le soldat à porter un uniforme qui l’identifie comme détenteur des pouvoirs répressifs de l’État. Ce qui, évidemment, facilite sa tâche en imposant le respect.

Dans beaucoup de pays, l’uniforme permet au citoyen de savoir à quel type d’agent de la paix il a affaire : responsables de la circulation, policiers, gendarmes, gardien de prison, etc. Cela révèle l’étendue des pouvoirs dont cette personne est investie.

Et dans une mêlée sur le champ de bataille, l’uniforme permet au soldat de distinguer instantanément l’ami de l’ennemi.

Une des raisons qui expliquent que la moitié des diplômés universitaires en Iran soient des femmes, c’est que depuis la Révolution dans ce pays (à forte tradition patriarcale), les pères acceptent volontiers que leurs enfants partent étudier au loin à Téhéran, convaincus que le port du voile protègera la virginité de leurs filles.

Au Québec, il y a à peine quelques décennies, les femmes arrivaient à la messe du dimanche la tête voilée et leurs maris, tout endimanchés. De nos jours, les prêtres sont heureux de dire la messe devant n’importe qui.

Le pourvoir du vêtement est indéniable lorsqu’on observe le déchainement des opinions dès qu’il est question du port du voile islamique en Occident.

Le clip vidéo ci-dessus, réalisé par le quotidien Le Monde explique comment le gilet jaune — ce vêtement peu couteux que tout automobiliste français doit avoir dans son véhicule — est devenu un symbole de ralliement et un symbole identitaire. Comme le port du carré rouge l’était lors de la grève étudiante de 2012 au Québec.

Jusqu’à ce que la France se sépare de ses colonies du Maghreb, au début des années 1960, leurs représentants au Parlement français n’hésitaient pas à porter des tuniques berbères et des turbans blancs.

L’abbé Félix-Adrien Kir — qui donna son nom à une boisson célèbre — fut le dernier prêtre élu à l’Assemblée nationale française. De 1945 à 1967, il siégeait en portant la soutane catholique.

Il en est autrement au Québec. En 1961, Claire Kirkland-Casgrain fut la première femme élue au parlement québécois. Avant cette date, les parlementaires étaient des hommes, tous habillés comme des avocats puisque dans l’immense majorité des cas, c’étaient précisément des avocats.

Quant à ceux qui ne l’étaient pas, s’habiller comme eux était une manière de les rassurer et de signifier l’intention de prêter implicitement allégeance à leur clan. Parce que si l’habit ne fait pas le moine, il indique la classe sociale ou la tribu à laquelle on voudrait appartenir.

En quête de crédibilité, les femmes qui ont été élues depuis ont adopté le tailleur sobre puisque le port d’un vêtement criard est jugé signe de vulgarité et de mauvais gout.

Tout cela a dernièrement été remis en question par deux députés de Québec Solidaire.

La députée Catherine Dorion s’est présentée en gaminet, chaussée de bottes Doc Martens. Précisons que ce gaminet a été conçu et réalisé au Québec.

Cela contraste avec ces complets de couturiers italiens portés par la presque totalité de leurs adversaires politiques. Des complets assemblés par des ouvrières recevant un salaire de misère quelque part au Tiers-Monde. Comme quoi les plus belles roses poussent dans le fumier.

Quant à son collègue, Sol Zanetti, il s’est présenté vêtu sobrement, mais chaussé d’espadrilles blanches. Quel scandale !

Pour moi, le vrai scandale, c’est quand un ministre des Finances se procure inutilement des souliers neufs — comme le veut la tradition britannique — pour présenter un budget décrétant… des mesures d’austérité.

Pendant des années, les politiciens ont cru ce président de firme de sondage Léger qui ne cesse de répéter que les Québécois ‘haïssent la chicane’. Au contraire, on réalise maintenant qu’on ne peut attirer l’attention médiatique qu’en suscitant la controverse.

Donald Trump aux États-Unis, Berlusconi en Italie, Maxime Bernier au Québec, carburent à la controverse. Et leurs succès politiques ont pour assise l’audience qu’ils se sont créée par les énormités qu’ils ont écrites.

La controverse relative au gaminet de Mme Dorion et aux espadrilles blanches de M. Zanetti est une controverse futile. Tout comme le refus de prêter publiquement allégeance à la reine d’Angleterre, cette controverse ‘abonne’ les journalistes aux polémiques suscitées par QS; ils savent dorénavant où le scandale nait.

Ces controverses donnent à QS une visibilité que le PQ n’a jamais pu obtenir en dépit d’un programme électoral à des années-lumière de celui, médiocre et simpliste, de n’importe quelle autre formation politique québécoise.

On ne peut faire l’indépendance d’un peuple sans créer de controverse. Les appels à éviter la chicane sont des appels au conformisme; ils ont réussi à étouffer la voix du PQ. Mais QS est plus sauvage. Comme un poulain qu’on n’a pas encore dompté.

QS semble avoir compris que ni le port de la cravate par le député ni le port du tailleur Armani par l’élue ne sont des signes de respect pour le peuple. Ce n’est pas en se déguisant comme des avocats que les députés de QS ‘prouvent’ leur allégeance aux gens qu’ils représentent; ils le prouvent par les idées qu’ils défendent.

On pourra épiloguer longuement sur cette stratégie de provocation. Mais un jour, il faudra bien revenir à l’essentiel, tant chez les personnes scandalisées que chez ceux qui suscitent leur indignation…

Références :
Le corps d’une femme
Le paravent des vêtements
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Marie-Claire Kirkland-Casgrain

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les premiers pas du gouvernement Legault

13 décembre 2018

Depuis son élection, le 1er octobre dernier, le gouvernement Legault a annoncé quelques mesures dont la réduction du nombre d’immigrants, l’uniformisation des taxes scolaires, le resserrement de l’encadrement de la vente du cannabis, et le bannissement des signes religieux portés par les personnes dotés des pouvoirs coercitifs de l’État de même que par les enseignants.

Ces mesures réalisent certaines de ses promesses électorales.

Plusieurs journalistes rappellent au premier ministre que son gouvernement majoritaire a été porté au pouvoir par une minorité des électeurs et lui conseillent de revenir sur ces décisions avec lesquelles ils ne sont pas d’accord.

Si le premier ministre les écoutait, ces mêmes journalistes seraient peut-être les premiers à reprocher à sa formation politique d’être comme ces ‘vieux partis’ qui sont prompts à revenir sur leurs promesses une fois élus.

Donc, le premier ministre a raison d’être inflexible. D’autant plus que toutes ses mesures jouissent d’un large appui populaire.

À titre d’exemple, les deux tiers des Québécois — sympathisants de la CAQ ou non — veulent hausser l’âge minimal pour acheter du cannabis.

On peut être contre cette décision, mais on doit reconnaitre que ce n’est pas la fin du monde; les jeunes adultes devaient s’approvisionner jusqu’ici auprès de la pègre et ils continueront de le faire tant que le gouvernement ne changera pas d’idée.

De plus, on doit se rappeler la nature de la Démocratie; c’est le pouvoir du peuple. Pas le pouvoir des experts. Pas le pouvoir des intellectuels. Même pas le pouvoir de la logique.

La majorité du peuple veut que l’âge minimal soit haussé. Et la CAQ réalise sa volonté. Où est le problème ?

Ceux qui estiment qu’il s’agit-là d’une mauvaise décision — je suis du nombre — n’ont qu’à convaincre le peuple et la CAQ suivra.

Il n’y a pas de mal à ce que le gouvernement Legault soit à l’image du peuple (épousant même ses contradictions), et en accomplissant sa volonté.

Je préfère de beaucoup un gouvernement qui prend des décisions imparfaites, voire qui commet des erreurs sans importance, plutôt qu’un gouvernement qui laisse trainer les dossiers comme ce fut le cas sous les Libéraux.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Québec, patrie continentale des Francophones

26 novembre 2018

Précarité du français dans les provinces anglophones du Canada

Le 15 novembre dernier, le gouvernement ontarien décidait d’éliminer le poste de Commissaire aux services en français — une mesure atténuée depuis — et rompait sa promesse de financer la création d’une université française en Ontario.

De plus, il annulait la subvention de 2,9 millions$ que devait recevoir une nouvelle salle dédiée au théâtre francophone à Ottawa.

Au Nouveau-Brunswick, le nouveau gouvernement conservateur songe sérieusement à abolir le bureau du Commissariat aux langues officielles de cette province.

Au Manitoba, l’éducation en français dans cette province relève dorénavant d’un unilingue anglais, alors que cela relevait autrefois d’un sous-ministre adjoint francophone.

Dans une cause au sujet du sous-financement d’une commission francophone en Colombie-Britannique, le gouvernement de cette province invoque présentement que l’obliger à respecter l’article 23 de la Canadian Constitution serait un gaspillage des fonds publics en raison de l’assimilation inéluctable de la communauté francophone de cette province.

Le prix de l’unité canadienne

Dans les années 1960 et 1970, la force du mouvement indépendantiste était une menace sérieuse à l’unité canadienne.

Lors du référendum québécois de 1980, le vote favorable à ‘souveraineté’ a recueilli 40,44% des suffrages. Au référendum de 1995, cet appui avait grimpé à 49,42%.

Pour contrer le désir de nombreux Québécois de faire du Québec un pays indépendant, on a investi des sommes considérables afin que les Francophones québécois se sentent chez eux partout au Canada.

Cet investissement était jugé comme étant le prix à payer pour l’unité canadienne.

Mais les politiques à ce sujet se sont limitées à un bilinguisme de façade, plus précisément, au service à la clientèle du gouvernement fédéral.

Ce bilinguisme superficiel a été accepté au Canada anglais dans la mesure où il ne faisait pas obstacle à la volonté assimilatrice des provinces anglophones et qu’il ne nuisait pas aux chances de réussite d’un unilingue anglais dans la fonction publique fédérale.

Dans les faits, la machine interne de tous les gouvernements du pays est unilingue.

Autrement dit, à l’exclusion de l’interface qui interagit avec le citoyen, la machine étatique fonctionne presque exclusivement en français à Québec et presque exclusivement en anglais partout ailleurs.

C’est ainsi qu’à Ottawa, on exerce une discrimination à l’embauche à l’égard des unilingues francophones — ils sont plus d’un million au Québec — alors que n’importe quel unilingue anglophone peut y faire carrière.

Les postes destinés aux fonctionnaires bilingues sont fréquemment attribués à des fonctionnaires unilingues anglophones sous promesse d’apprendre le français… un jour.

Et il n’est pas rare qu’un Anglophone quitte le poste ‘bilingue’ qu’il occupait depuis des années sans jamais avoir appris notre langue ni fait d’efforts sérieux pour l’apprendre.

En mars dernier, un fonctionnaire fédéral au bureau montréalais du Bureau du surintendant des institutions financières a intenté une poursuite contre son employeur en raison du fait que tous les rapports destinés à Ottawa — où la fonction publique est à 92% unilingue anglaise — devraient obligatoirement être rédigés en anglais brimant ainsi son droit de travailler en français.

Les politiques canadiennes en matière de bilinguisme sont un succès dans la mesure où les francoCanadiens n’y voient que du feu. Mais dans les faits, il s’agit d’un façadisme destiné à faire illusion.

L’importance de la mobilisation francoOntarienne

À l’émission Tout le monde en parle d’hier soir, il était édifiant de voir le militantisme de cette délégation francoOntarienne vouée à la défense de ses institutions et ses droits.

Cette vaillance contraste avec l’apathie de très nombreux Québécois qui jugent normal qu’on exige à l’embauche la connaissance de l’anglais même lorsque cela n’est pas strictement nécessaire.

Conséquemment, le million de Québécois unilingues français sont des citoyens de seconde zone, ici même au Québec, alors que l’unilingue anglais est maitre chez lui partout au Canada.

Même les partis indépendantistes (le PQ et la CAQ) n’osent pas défendre le droit des Francophones de travailler dans leur langue. Imaginez qu’on refuse ce droit à l’Allemand unilingue dans son pays, ou à l’Italien unilingue dans le sien…

Le fait qu’une partie importante du peuple francoQuébécois soit stigmatisé chez lui est la preuve la plus éloquente de ce colonialisme canadian qui fait en sorte que les Québécois ont honte d’être ce qu’ils sont.

Les francoOntariens sont donc un exemple pour nous tous.

Conclusion

Le Québec est le seul endroit sur le continent américain où un Francophone devrait se sentir chez lui.

Partout ailleurs, il est en milieu hostile.

Maintenant que les Québécois veulent être Canadiens à n’importe quel prix — même au prix de politiques et de dépenses fédérales ouvertement discriminatoires pour le Québec — qu’est-ce qui justifie les couts supplémentaires et l’inefficacité du bilinguisme ?

Le retour des politiques ouvertement assimilatrices est la conséquence directe de cette perception au Canada anglais selon laquelle le mouvement indépendantiste est à l’agonie et que tout gouvernement fiscalement responsable doit mettre fin à des dépenses devenues superflues.

Références :
Front commun pour la pérennité des communautés de langues officielles
La Colombie-Britannique inquiète les francophones hors Québec
La restructuration au Bureau de l’éducation française inquiète la communauté francophone
Les concessions de Doug Ford visent-elles vraiment à calmer les Franco-Ontariens?
L’orangisme est de retour
Une autre coupe francophone: la Nouvelle Scène en danger
Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bombardier coupe de 2 500 postes au Québec

14 novembre 2018

Introduction

Des cinq-mille emplois que Bombardier abolira à travers le monde d’ici un an et demi, la moitié seront éliminés au Québec.

En raison de l’importante pénurie actuelle de main-d’œuvre au sein de l’industrie aéronautique québécoise, les analystes prédisent que les employés licenciés devraient trouver facilement un emploi ailleurs.

Bref, ce n’est pas une catastrophe. Toutefois, il y a quelque chose d’anormal dans tout cela.

À la fin de 2015, le gouvernement Couillard a investi 1,3 milliard$ dans Bombardier.

Depuis, Airbus a mis la main gratuitement sur la CSeries et la moitié des employés remerciés par Bombardier à travers le monde sont au Québec.

Les contribuables, en ont-il eu pour leur argent ?

La survivance ou le progrès

En 2015, après avoir investi cinq-milliards$ en recherche et développement, Bombardier s’est retrouvé à court de liquidités. En d’autres mots, au bord de la faillite.

En raison de l’importance primordiale de l’industrie aéronautique dans l’économie du Québec, le gouvernement Couillard n’avait pas d’autre choix que de soutenir ce constructeur.

Toutefois, lorsqu’il est nécessaire d’aider une compagnie à genoux, on peut se permettre d’être exigeant.

Dans le texte Le derrière miraculeux de la ministre, j’ai eu l’occasion de ridiculiser l’incompétence de l’ex-ministre de l’Économie du Québec.

Son ‘sauvetage’ de Bombardier en est un exemple supplémentaire.

Le seul objectif du gouvernement Couillard fut de se protéger de l’accusation de ne rien faire.

Au lieu d’être un moyen de consolider une stratégie industrielle, le but de l’investissement de 1,3 milliard$ était politique, voire bassement électoral; perpétuer le présent le plus longtemps possible.

Est-ce que cet investissement protégeait les emplois chez Bombardier en 2015 ? Oui, en 2015. Les protégeaient-ils à l’avenir ? Non, comme on peut le voir aujourd’hui. Empêchait-il les dirigeants de Bombardier de se graisser la patte aux frais des contribuables ? Pas vraiment.

À l’époque, l’État se trouvait en position de force. On aurait pu exiger de Bombardier que la majorité des emplois créés à l’avenir par la CSeries le soient au Québec. Il n’a pas osé le faire. Trop peureux.

En raison de pressions de l’administration Trump, Bombardier investira environ 300 millions$US pour la construction d’une chaine de montage de la CSeries à Alabama, aux États-Unis, où devraient travailler entre 400 et 500 personnes.

De plus, rien n’empêche Bombardier de faire construire une partie de ses avions de l’autre côté de l’Atlantique si la demande européenne le justifie.

Conclusion

Pour que se développe l’économie du Québec, il ne suffit pas de vouloir conserver les emplois actuels; il faut en développer de nouveaux.

Évidemment, on peut se demander pourquoi créer de nouveaux emplois alors que présentement, les entreprises peinent à combler les milliers d’emplois vacants.

L’économie de tout pays est perpétuellement en mouvement. Il faut savoir délaisser les occupations anciennes pour embrasser des secteurs industriels novateurs qui font appel à une plus grande expertise.

Pendant des années, le Parti libéral du Québec a prétendu être un bon gestionnaire économique alors que la croissance du Québec à été en deçà de la moyenne canadienne douze des seize ans au cours desquelles il a été au pouvoir.

Le cas de Bombardier est une illustration parfaite de son incompétence. Au lieu que les investissements majeurs de Bombardier en R&D soient un prélude à l’essor fulgurant de ce fleuron qu’est l’industrie aéronautique, tout au plus serons-nous heureux qu’elle ne périclite pas.

Références :
Bombardier abolit 5000 postes et vend son programme d’avions Q Series
C Series: Bombardier réalise des progrès pour sa ligne d’assemblage en Alabama
Québec investit 1 milliard $US dans Bombardier

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La droite et la laïcité

3 novembre 2018

Nature de la droite

En gros, un parti de droite est celui qui promet la prospérité économique et/ou l’amélioration de la société par le biais de l’enrichissement des riches.

Ces partis profitent des périodes de surplus budgétaire pour accorder des réductions de taxes aux riches et/ou abaisser le taux d’imposition des entreprises.

Cette réduction de la marge de manœuvre de l’État fait en sorte que, par la suite, le moindre ralentissement économique obligera tout gouvernement à réduire ses dépenses, ce qui signifie imposer des frais pour les services qui étaient gratuits ou obliger la population à aller au privé afin de les obtenir.

C’est par ce jeu de bascule cyclique qu’on déplace la richesse de la poche des pauvres vers celle des riches.

En somme, pour distinguer les partis de droite des partis de gauche, il suffit de se poser la question : où va l’argent ?

Mais puisque les partis de droite sont toujours ceux qui enrichissent le 1% au dépens du 99%, comment peuvent-ils convaincre les citoyens ordinaires de voter pour eux ?

Le moyen utilisé est la guerre interne du peuple.

Celle-ci consiste à dresser les citoyens les uns contre les autres :
• les travailleurs contre les assistés sociaux (ces derniers, lorsqu’ils ne sont pas des fraudeurs, seraient néanmoins des boulets économiques)
• les Chrétiens contre les Musulmans (ceux-ci soupçonnés de sympathies terroristes)
• les féministes de chiffon contre les femmes musulmanes (accusées d’être les porte-étendards de l’Islam politique)
• les citoyens contre les immigrants (accusés de nous envahir et pervertir nos valeurs fondamentales)
• et, de manière générale, les contribuables contre tous ceux qui crèveraient de faim (au sens propre ou figuré) sans le secours de l’État.

Les gens qui adhèrent à leur cause ne sont pas nécessairement de droite. Mais en jouant sur l’égoïsme inné dans chacun d’entre nous, sur les préjugés et une méfiance naturelle à l’égard de ce qui ne nous est pas familier, ces partis peuvent susciter l’adhésion d’une proportion suffisante de la population pour être portés au pouvoir.

Le cas du voile islamique

Un des thèmes les plus ‘payants’ de la droite au Québec est la crainte que le fondamentalisme musulman, symbolisé dit-on par le voile islamique, fasse reculer chez nous les acquis du féminisme et de la laïcité.

Voile_islamique
 
On connaît le pourcentage de Canadiennes musulmanes qui portent l’une ou l’autre des tenues vestimentaires associée à l’Islam. Toutefois, ces données ne sont pas valables pour le Québec.

Les Musulmans qui s’installent au Québec proviennent essentiellement de pays limitrophes de la Méditerranée. Ce sont des pays où le français est une langue seconde ou tierce (après le berbère et/ou l’arabe).

Lorsqu’elles sont voilées, les Musulmanes de ces pays revêtent généralement le hijab et le chador. Il est à noter les Musulmanes qui y sont vêtues à la manière occidentale sont beaucoup moins nombreuses qu’elles l’étaient il y a quelques décennies essentiellement en raison de l’influence saoudienne sur le clergé sunnite.

Par contre, les provinces anglophones accueillent davantage de gens provenant de pays du Moyen-Orient — au sens français du terme — où le voile islamique intégral est porté fréquemment.

Cas extrême, la banlieue torontoise de Peace Village est un ghetto pakistanais où vivent plus de cinq-mille femmes portant le niqab.

Au Québec, les personnes les plus hostiles au port du voile sont originaires de pays où elles ont assisté à la montée de l’intégrisme religieux. Le recul important des droits des femmes a accompagné la généralisation du port du voile, devenu nécessité sociale même pour celles qui ne sont pas musulmanes.

Ces personnes angoissent à la vue des Québécoises musulmanes qui portent le voile et y voient les signes précurseurs de ce qu’elles ont vécu dans leur pays d’origine.

Dans ces pays, les Musulmans forment l’immense majorité de la population. De ce fait, ces pays constituent un terreau immensément plus fertile à la généralisation des formes les plus rigoureuses de l’Islam qu’ici, où ils ne forment qu’une infime minorité.

Les Cassandre du recul de la laïcité sous les assauts du wahhabisme répandent une crainte excessive qui fait le jeu de la droite québécoise en dépit du fait que les plus célèbres d’entre elles — Fatima Houda-Pepin, Djemila Benhabib et Nadia Alexan — n’en font pas partie.

En réalité, dans un pays démocratique, il est impossible qu’une minorité impose sa volonté à la majorité.

Tout au plus, cette minorité peut-elle imposer le respect et obtenir des accommodements dits raisonnables.

Loin de correspondre à une ‘musulmanisation’ de la société québécoise, les accommodements accordés aux Québécois musulmans ne sont que des exceptions à des règles qui empêchent leur pratique religieuse ou l’expression de leur foi. En somme, ils se résument à vivre et laisser vivre.

Laïcité : la France vs l’Autriche

La laïcité républicaine

On dit souvent que la loi française de 1905 bannissait le port de signes religieux au sein des institutions publiques du pays. Cela est inexact.

C’est la Loi sur l’interdiction de signes religieux à l’école, adoptée en 2004 par un gouvernement de droite, qui interdit le port de signes religieux ostentatoires dans les écoles, les collèges et les lycées publics.

Le qualificatif ostentatoire est important parce qu’il permet d’interdire sélectivement le voile musulman sans affecter, par exemple, les pendentifs chrétiens, plus discrets.

En 2010, la Loi sur la dissimulation du visage, adoptée par un autre gouvernement de droite, interdit le niqab et la burka dans l’espace public mais permet le foulard islamique et le chador. Cette loi, toujours en vigueur, est très peu appliquée.

Cette portée nouvelle donnée à la laïcité républicaine fut étendue en 2016 à la tenue musulmane de plage (le burkini), interdite par les villes de Nice, de Cannes et d’une trentaine d’autres villes dirigées par des mairies de droite avant que cette mesure ne soit invalidée par les tribunaux français.

Ces mesures antimusulmanes ont séduit de nombreux électeurs, tant à droite qu’à gauche.

Mais les penseurs de gauche n’ont pas cessé de critiquer ces mesures pour deux raisons.

Premièrement, en raison de leur caractère discriminatoire et xénophobe.

Et deuxièmement, parce qu’une loi qui s’attaque aux victimes présumées — et non à leurs agresseurs — est une loi mal faite.

En retour, ce qui explique l’accusation récurrente adressée par la droite aux idéologues de gauche d’être complices de l’Islam politique.

L’exemple autrichien

En février 2015, l’Autriche a adopté une loi destinée à éviter des dérives islamistes en réduisant notamment l’influence étrangère sur les mosquées et sur l’enseignement religieux dans ce pays.

D’un côté, cette loi élargit les droits des pratiquants de religion musulmane. Mais d’autre part, les imams devront être formés en Autriche grâce à un cursus théologique à l’université. Il leur faudra également maîtriser la langue du pays.

De plus, les frais de fonctionnement des institutions confessionnelles, y compris les salaires, ne pourront plus être financés depuis l’Étranger.

Dans la mesure où cette loi ne concerne que l’Islam, elle est évidemment discriminatoire.

Mais à la différence des lois françaises, la loi autrichienne ne s’attaque pas aux femmes, mais plutôt au financement de la prédication des formes les plus rigoureuses de l’Islam, dont le wahhabisme, qui sont précisément celles qui ordonnent aux femmes de revêtir le voile intégral.

Conclusion

Peut-on croire sérieusement qu’il suffit de bannir le voile islamique (intégral ou non) pour faire obstacle à l’intégrisme islamique ?

C’est en libérant l’imanat sunnite de l’emprise saoudienne et en bloquant les sites web étrangers qui en font la promotion qu’on s’attaque au port du voile intégral.

Quant aux formes anodines du voile islamique (hijab et chador), ceux qui veulent fermer le marché de l’emploi aux Québécoises musulmanes qui les portent font le jeu des islamistes qui, eux-mêmes, estiment que la place d’une femme est dans la cuisine ou à changer des couches.

Rien n’est plus contraire à l’interprétation rigoureuse de l’Islam que de travailler dans un environnement mixte — c’est-a-dire où se côtoient des hommes et des femmes — comme c’est le cas du marché de l’emploi au Québec.

C’est précisément en donnant à ces femmes l’opportunité de travailler qu’on leur accorde l’autonomie financière qui leur permet de se libérer d’un conjoint dominateur, si c’est le cas.

Qu’elles soient vêtues à l’occidental ou non, les Québécoises musulmanes sont des pionnières en train d’inventer leur manière bien à elles de concilier leur foi avec la vie en Occident.

Elles ont tout mon respect.

Et si ce regard bienveillant est intolérable aux yeux d’une poignée d’idéologues de la droite québécoise, ceux-ci doivent savoir que les gens comme moi feront toujours obstacle à leurs entreprises de dresser le peuple contre lui-même.

Références :
La gauche se trompe lourdement sur la laïcité
La laïcité républicaine
L’Autriche adopte une nouvelle loi pour encadrer l’islam
Les services à visage découvert et les droits constitutionnels
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Pascal Bruckner ou la victimisation illusoire
Port du voile en hausse parmi les musulmanes au Canada
Résumé de géopolitique mondiale (2e partie et fin)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le biais du fédéral : industrie automobile ontarienne vs industrie aéronautique québécoise

23 octobre 2018

Introduction

Lors de la Grande Récession, le Canada a décidé de soutenir son industrie automobile, durement affectée, comme le faisaient les États-Unis.

Cette décision était justifiée puisque des milliers d’emplois étaient alors en péril.

Et pour contrer les accusations de favoritisme à l’égard de l’Ontario — où est située cette industrie — le gouvernement canadien s’est dit tout aussi déterminé à soutenir l’industrie aéronautique, elle aussi affectée, mais située principalement au Québec.

Au-delà des paroles, la chronologie des faits

En 2009, le plan de sauvetage de l’industrie automobile ontarienne a consisté essentiellement en des prêts remboursables de 13,7 milliards$ consentis à GM et Chrysler, alors au bord de la faillite.

À l’époque, l’industrie aéronautique québécoise n’a pas bénéficié d’un plan de sauvetage analogue.

En juillet 2015, on annonçait un prêt de cent millions$ pour Toyota Canada dont 57,8 millions$ d’Ottawa.

En mai 2016, la même compagnie recevait une subvention — c’est-à-dire un don — de 200 millions$, en bonne partie payée par le fédéral.

Au début de 2017, après avoir investi 5,4 milliards$ en recherche et développement pour la CSeries, Bombardier s’est retrouvé à court de liquidités. En d’autres mots, au bord de la faillite.

Bombardier a donc cogné à la porte du gouvernement canadien. Pour Ottawa, c’était l’occasion de réaliser sa promesse d’aider également l’industrie aéronautique québécoise.

Le fédéral a d’abord exigé que la famille Bombardier-Beaudoin abandonne le contrôle qu’elle exerçait — par le biais d’actions privilégiées — afin que des investisseurs rapaces de Bay Street s’emparent de la compagnie pour une bouchée de pain puisque le prix des actions de Bombardier était à son plus bas.

Face au refus des dirigeants du constructeur, le fédéral a consenti à un prêt remboursable de 372,5 millions$, dont 248 millions$ — les deux tiers — à la condition que Bombardier maintienne ses activités en Ontario (où sont construits ses avions d’affaires Global 7000).

Ce prêt de 372,5 millions$ représente moins de 3% des sommes consacrées au sauvetage de l’industrie automobile ontarienne. En somme, des miettes.

Après ce refus d’aider significativement notre industrie, Ottawa accordait en mars 2017 une subvention — encore un don — de 102,4 millions$ à Ford Canada.

Par contre, en février 2018, le fédéral bousillait un contrat de vente d’hélicoptères civils représentant des retombées économiques de 2,7 milliards$ pour le Québec.

Et voilà qu’hier, on append que le fédéral va radier le prêt consenti à Chrysler dans le cadre du plan de sauvetage de l’industrie automobile lors de la Grande Récession. Ce prêt et ses intérêts représentent la somme de 2,6 milliards$.

En effaçant cette dette, le fédéral transforme rétroactivement le prêt à Chrysler en subvention.

Conclusion

Du strict point de vue du développement économique, l’impôt payé par les contribuables québécois sert principalement à édifier l’État pétrolier canadien; un pays qui produit des voitures à essence en Ontario et qui extrait du pétrole dans l’ouest canadien.

Jamais notre tour vient de recevoir notre juste part des impôts que nous payons au fédéral autrement que sous forme d’une péréquation qui vise — tel l’os jeté au chien — à nous faire tenir tranquille.

Ce retour d’ascenseur, il n’arrive jamais parce qu’Ottawa n’est qu’un gouvernement colonial à la tête d’un État pétrolier.

Plus tôt le Québec passera de colonie canadienne à pays indépendant, plus tôt notre argent servira à construire le premier État post-pétrolier de l’Amérique du Nord.

Références :
Andrew Scheer promet de relancer Énergie Est
Bombardier: de l’aide pour un avion construit en Ontario
Le gouvernement libéral radie un prêt de plus de deux milliards consenti à Chrysler
Les miettes fédérales à Bombardier
Les usines de Toyota Canada obtiendront une mise à niveau de 1,4 milliard de dollars
Ottawa accorde 100 millions en subventions au secteur automobile ontarien
Peut-on comparer l’aide à Bombardier à celle du secteur de l’automobile? Épreuve des faits
Une aide de 100 millions pour Toyota d’Ottawa et de l’Ontario

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Laïcité et droits constitutionnels

21 octobre 2018

Introduction

Les moyens répressifs de l’État sont la police, l’armée, les tribunaux et les prisons.

Leur but est de faire en sorte que les citoyens respectent l’ordre établi, un ordre protégé par un encadrement législatif dont le socle est la constitution du pays.

En défendant le respect des lois, la profession juridique est donc le gardien de l’ordre établi.

Aussi n’est-on pas surpris de voir plus de soixante-dix juristes s’indigner de l’intention du nouveau gouvernement québécois d’invoquer la clause dérogatoire de la constitution afin d’instituer une laïcité à la québécoise. Une laïcité qui, autrement, serait anticonstitutionnelle.

Pour les protestataires, les droits constitutionnels sont sacrés. Conséquemment, le recours à la clause dérogatoire pour les suspendre est un abus de pouvoir intolérable.

Les droits fondamentaux

Les avocats ne sont pas les seuls à croire que rien n’est plus sacré qu’un droit constitutionnel.

Pourtant, grâce à l’internet, chaque citoyen peut découvrir que certains droits constitutionnels au Canada ne le sont pas dans d’autres pays démocratiques.

Pour prendre un exemple précis, le port du niqab est un droit fondamental au Canada. Pourtant, des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, et la France ont adopté des législations bannissant le port du niqab. Des législations qui furent validées par les plus hautes instances juridiques européennes.

Dans ces pays, la pratique religieuse est un droit fondamental lorsqu’il s’exerce dans la sphère domestique. Dans ce sens, ces pays respectent leurs obligations internationales.

Voile_islamique
 
Il y a moins d’une semaine, l’Algérie interdisait le port du niqab aux employés de sa fonction publique. Le Maroc interdit déjà la vente de la burka.

Pourquoi le Canada fait-il bande à part ?

La Canadian Constitution de 1982 a été adoptée par les provinces anglophones du Canada à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

Les idéologues qui l’ont rédigée voulaient consacrer la suprématie absolue des droits individuels afin de bloquer les dispositions les plus importantes de la Loi 101. En effet, cette dernière proclamait la préséance de certains droits collectifs — ceux nécessaires à la pérennité de la langue française au Québec — sur certains droits individuels, notamment celui de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

En vertu de cette constitution illégitime, toutes les formes de laïcité préconisées par les partis politiques du Québec sont anticonstitutionnelles. Même le parti le moins exigeant à ce sujet (le Parti libéral du Québec) doit céder devant l’ordre constitutionnel canadian.

L’accommodement raisonnable le plus pernicieux exigé du peuple francoQuébécois, c’est d’être constamment en deçà de ce qu’il aspire à être dans le but de se soumettre à l’idéologie de l’ethnie dominante du pays, imposée par le biais d’une camisole de force constitutionnelle.

Voilà le prix du fédéralisme.

En matière de laïcité, la question à se poser est simple : voulons-nous capituler devant un ordre constitutionnel étranger ou invoquer une clause dérogatoire qui nous donne une idée de la liberté dont nous jouirions en nous affranchissant de l’État pétrolier canadien…

Références :
Algérie : Le niqab “interdit” sur les lieux de travail
Denmark passes law banning burqa and niqab
La CEDH juge «nécessaire» l’interdiction du voile intégral dans l’espace public
La laïcité républicaine
L’Allemagne interdit le voile intégral dans la fonction publique
Le Danemark veut interdire le voile intégral dans les lieux publics
Le Maroc interdit la fabrication et la vente de la burqa
Neutralité religieuse : un juge suspend l’application de l’article clé de la loi
Signes religieux et neutralité de l’État
Sondage: les Canadiens et les Québécois favorables au projet de loi 62
Zunera Ishaq, who challenged ban on niqab, takes citizenship oath wearing it

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’allégeance à la reine et les périls du PQ

18 octobre 2018

Pour tout peuple conquis, rien n’est plus révélateur de son assujettissement que d’être obligé de prêter allégeance à ses conquérants ou à leurs descendants.

Dans un commentaire publié par Le Devoir en 2015, j’avais déclaré que je n’hésiterais pas à revêtir le niqab — ce vêtement féminin qui ne laisse visibles que les yeux de celle qui le porte — si j’avais l’obligation de prêter serment à la reine d’Angleterre.

C’est un peu ce qu’ont fait hier les nouveaux députés de Québec Solidaire (QS).

En vertu de la Canadian Constitution, tout nouvel élu doit prononcer le serment suivant afin de pouvoir siéger à l’Assemblée nationale :

Je, (nom du député), jure que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II.

À cela, une loi adoptée en 1982 sous le gouvernement de René Lévesque a fait ajouter :

Je, (nom du député), déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j’exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la constitution du Québec.

Après s’être entendus avec le secrétaire général de l’Assemblée nationale (devant qui le serment doit être prêté), les députés de QS ont juré fidélité à la reine, en privé, dans une salle adjacente au Salon rouge.

Puis, en public dans le Salon rouge, ils ont déclaré leur loyauté à la population du Québec.

Autrefois, les députés péquistes avaient l’habitude de compléter le texte du serment par des ajouts qui en ridiculisaient la teneur. On ignore ce qu’ils ont fait cette fois-ci.

Dans un texte récent, je me réjouissais d’avance de la surenchère que se livreraient QS et le PQ pour rallier les Québécois à la cause indépendantiste.

La séance d’assermentation d’hier a donné une idée — anodine, il est vrai — de cette nouvelle rivalité.

Non seulement le PQ doit-il craindre que QS lui glisse le tapis sous les pieds mais il aurait bien tort de présumer qu’un gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) sera aussi servile à l’égard du gouvernement fédéral que le gouvernement invertébré de Philippe Couillard.

On doit se rappeler que le méfiance à l’égard d’Ottawa — sous forme d’une vague hostilité à l’égard des ‘Anglais’ — fait partie de l’ADN du peuple francoQuébécois.

Or le Québec profond a voté caquiste. Il serait raisonnable de penser que la députation caquiste se fasse l’écho de ce ressentiment, ce qui compliquera les efforts péquistes de se faire une nouvelle clientèle électorale.

Au-delà de cette compétition à trois, on doit réaliser que la défaite cuisante du PQ aux dernières élections, loin d’annoncer la fin du mouvement indépendantiste, dresse la table pour son renouveau.

Références :
Le serment d’allégeance selon les députés péquistes
Québec solidaire prête serment à la reine en cachette

Sur le même sujet :
Un conseiller municipal autochtone refuse de prêter serment à la reine et abandonne son siège (2018-12-03)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Québec Solidaire est là pour rester

5 octobre 2018

Tourner la page de la convergence souverainiste

Ils sont nombreux les sympathisants du Parti Québécois (PQ) qui imputent la déconfiture électorale de leur parti au refus de Québec Solidaire (QS) de créer des alliances électorales destinées à éviter la division du vote indépendantiste.

La question de savoir si ce reproche est justifié ou non est sans importance; la sagesse est l’art d’accepter ce qu’on ne peut pas changer.

À l’époque où le PQ entamait cette tentative de rapprochement, les intentions de vote au Québec se répartissaient comme suit : Parti libéral (31%), PQ (30%), Coalition Avenir Québec (25%), et QS (10%).

Le 26 avril 2016, j’écrivais sur le site du quotidien Le Devoir :

Le vote fédéraliste est beaucoup plus éparpillé (entre le PLQ et la CAQ) que le vote indépendantiste (monopolisée par le PQ).

L’idée derrière cette obsession à vouloir fusionner les partis indépendantistes, c’est cette présomption voulant que le PLQ serait invincible et qu’il gouvernera un Québec à perpétuité à moins (qu’on aille) gratter les fonds de tiroir indépendantistes au profit du PQ.

 
En somme, au lieu de se cannibaliser, j’étais d’avis que les partis indépendantistes devaient se lancer à la conquête beaucoup plus payante du vote fédéraliste.

Plutôt que d’y travailler, le PQ a poursuivi ses pourparlers diplomatiques qui se sont soldés par un échec en mai 2017, à peine un an et demi avant le scrutin.

Et cette suggestion de partir à la conquête des fédéralistes, c’est ce qu’a fait la CAQ avec le résultat qu’on sait.

QS et les Millénariaux

Depuis des années, les sondages révèlent que les jeunes adultes québécois sont fédéralistes. Au point que certains analystes n’hésitent pas à conclure que l’indépendance du Québec est un rêve limité à la génération vieillissante des babyboumeurs.

En réalité, les Millénariaux sont des fédéralistes mous. En tablant sur leurs préoccupations environnementales, QS est passé d’un appui populaire de 10% à 16%.

Il était frappant de constater à quel point la salle dans laquelle les partisans de QS s’étaient réunis pour entendre les résultats du scrutin était presque exclusivement peuplée de Millénariaux.

Au cours du porte-à-porte dans ma circonscription (Hochelaga-Maisonneuve), j’avais effectivement constaté la très grande popularité de QS parmi les jeunes adultes de mon quartier.

Il serait présomptueux de croire que QS a converti tous ces jeunes à la cause indépendantiste. Mais ce parti a leur oreille. C’est déjà ça.

Exposés aux arguments de QS en faveur de l’indépendance, je crois que ces jeunes seront à l’origine d’un renouveau du mouvement indépendantiste au Québec.

Et le jour où la nation québécoise aura de nouveau à se prononcer sur son avenir, il sera facile de conclure un mariage de raison entre les partis indépendantistes, unis à travailler à faire triompher la liberté.

Suivre l’exemple de QS

Manon Massé ne craint pas d’affirmer que si jamais le prix du pétrole rendait rentable la construction d’un pipeline traversant le Québec, seule l’indépendance permettrait d’empêcher un tel projet.

Au dernier congrès du PQ, j’ai créé un malaise en déclarant publiquement que le PQ se tirait dans le pied en faisant croire qu’on pouvait avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.

Je faisais alors référence au bluff d’une résolution du programme du PQ qui laissait croire qu’un gouvernement péquiste disposerait des moyens d’empêcher la construction d’un pipeline destiné à traverser le Québec.

Le PQ doit donc réviser son programme et présenter aux Québécois deux choses : ce qu’il peut faire en dirigeant un gouvernement provincial compétent et, en parallèle, le projet de société beaucoup plus ambitieux qu’il compte réaliser une fois le Québec indépendant.

Le pouvoir ou ‘la cause’

Au sein du PQ, décider l’ordre des priorités entre prendre le pouvoir ou promouvoir ‘la cause’, c’est comme décider de ce qui est arrivé en premier : la poule ou l’œuf.

En faisant du porte-à-porte au cours de la campagne électorale, j’ai rencontré de nombreux indépendantistes désabusés.

Lorsqu’on s’attarde à discuter avec eux, on réalise que lorsqu’ils disent ne plus croire à ‘la cause’ indépendantiste, ce qu’ils veulent réellement dire c’est qu’ils ont cessé de croire que l’indépendance du Québec puisse être réalisée par le PQ.

La source de cette désespérance (et non de ce désespoir), c’est qu’ils jugent que le PQ a souvent oublié sa raison d’être une fois arrivé au pouvoir, alors qu’il était accaparé par les tâches reliées à la gestion de l’État.

Dans le quartier populaire d’Hochelaga-Maisonneuve, le PQ puise sa force dans les familles ouvrières, dans les petits salariés d’âge mûr et dans les assistés sociaux.

Ce n’est qu’une question de temps pour que l’idéologie anticapitaliste de QS vienne gruger l’électorat du PQ, ce que QS n’a pas fait réellement jusqu’ici.

Le plus grave péril qui guette le PQ, c’est que QS pille le programme du PQ en matière d’immigration, de défense du français et de transport collectif. Trois domaines où le programme de QS est faible et où les propositions du PQ, très supérieures, peuvent facilement s’intégrer au programme politique de QS.

Chassé de ses terres, le PQ doit partir à la conquête des fédéralistes mous tout en affermissant la virulence de sa critique à l’égard du régime colonial canadian. Cela aura pour effet de d’attire au PQ de nouveaux adeptes tout en ramenant au bercail ceux qui l’ont abandonné.

Conclusion

Depuis sa création, le Parti Québécois a révolutionné le Québec en adoptant les mesures suivantes :
• la loi 101,
• les garderies publiques,
• la loi de protection des consommateurs,
• le zonage des terres agricoles,
et bien d’autres mesures dont on ne pourrait plus se passer aujourd’hui.

Si le PQ a pu faire tout cela en disposant des pouvoirs limités que lui laisse la Canadien Constitution, peut-on imaginer ce qu’il pourrait accomplir en disposant de tous les pouvoirs d’un État souverain et en récupérant les dizaines de milliards$ d’impôts que nous versons plutôt inutilement au fédéral ?

Toutefois, il ne suffit pas de proposer le rêve pour qu’une nation choisisse de s’assumer à titre de pays.

Le moteur des révolutions, c’est le sentiment d’injustice.

Voilà pourquoi le PQ ne doit pas craindre d’affronter la controverse en faisant inlassablement le procès du gouvernement colonial canadien.

Et c’est en semant le ressentiment au sein du peuple francoQuébécois tout en lui offrant un moyen de s’en sortir que le PQ guidera la nation québécoise vers l’indépendance.

D’ici là, le PQ doit cesser de voir QS comme un parti ennemi.

À trop entendre la propagande fédéraliste répéter que la cause indépendantiste est perdue, certains Péquistes en sont venus à croire que du fait même de son existence, QS leur dérobe les rares Indépendantistes encore en vie.

Au contraire, si on considère les millions de Québécois fédéralistes comme un vaste domaine à conquérir, il est heureux que deux partis rivaux tentent, chacun à sa manière, de les rallier à la même cause.

Références :
Convergence : Un échec cuisant pour Jean-François Lisée
Élections générales québécoises de 2018
La sainte citation
Le PQ évoque «l’urgence» de s’unir contre les libéraux
Les textes de la série ‘Le prix du fédéralisme’
Pétrole et élections : un rendez-vous manqué avec le destin
Sondage de novembre 2016

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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