Une fête des châtaignes à l’automne ?

6 octobre 2021

À Prague

Une des nombreuses choses qui m’avaient plu lors mon voyage à Prague en 2008, c’était que ses parcs étaient plantés de pommiers.

À l’automne, la couleur rouge de leurs fruits décorait les espaces verts de la capitale.

Puisque ces arbres matures dataient de l’ère soviétique, cela signifie que malgré les inconvénients — ces pommes au sol qui attirent la vermine — l’avantage de nourrir gratuitement la population à l’automne avait prévalu.

À Paris



 
À l’automne 2003, au lendemain de mon arrivée à Paris, j’avais été au Bazar de l’Hôtel de Ville me procurer des adaptateurs pour mes appareils électriques.

En sortant de ce magasin à grande surface, j’avais aperçu un vendeur de rue qui offrait des marrons chauds. C’est ainsi que j’apprenais deux choses; que ‘marron’ n’était pas seulement une couleur et que les marrons, ça se mangeait.

Le jeune vendeur les faisait rôtir sur le couvercle troué et renversé d’une poubelle chauffante.

Par curiosité, je lui en avais acheté. Il me les avait servis dans un cône de papier journal.

Tout en marchant sur la rue de Rivoli vers l’Est, puis sur la rue Saint-Antoine qui la prolonge, j’écaillais avec soin les marrons afin de ne pas rien laisser tomber par terre.

Cet aliment avait bon gout. Comme une noisette pâteuse au gout sucré.

Si bien qu’à chacun de mes voyages ultérieurs à Paris, j’ai voulu retrouver ce plaisir que j’avais découvert dans la capitale française.

Au Portugal

Vendeur de marrons à Lisbonne
Vendeur de marrons à Porto

En voyage à Lisbonne puis à Porto, j’ai réalisé que cette coutume existait également dans de nombreuses autres villes européennes.

Sauf que dans ces deux villes portugaises, les marrons sont vendus couverts de cendre blanche cancérigène.

À Montréal

Cet après-midi, je suis retourné au cimetière Notre-Dame-des-Neiges pour y prendre d’autres photos et en rapporter des marrons.

Parce qu’au cours de mes trois visites précédentes, j’ai observé que ce cimetière est planté de très nombreux marronniers.

Malheureusement, leurs graines — les marrons au sens strict du terme — sont amères et toxiques.

En effet, le mot ‘marron’ est à la fois le nom exact des noix toxiques du marronnier, et le surnom que portent les grosses châtaignes (le fruit du châtaignier) qui leur ressemblent beaucoup, mais qui sont comestibles.

Si bien que le 1,6 kg de marrons que j’ai rapporté du cimetière servira à nourrir les écureuils de mon quartier puisqu’ils semblent résistants à leurs effets toxiques (si j’en juge par le fait que les écureuils du cimetière s’en régalent).

D’où la suggestion suivante.

La fête des châtaignes

Nous sommes actuellement en campagne électorale municipale et les partis se cherchent des promesses afin de séduire les électeurs.

Le châtaignier commun, originaire d’Europe, ne peut s’adapter aux rigueurs de l’hiver québécois.

Pourquoi ne pas mandater le Jardin botanique de Montréal de créer un cultivar apte à vivre au Québec ?

Une fois qu’on en aura testé sa résistance au chancre du châtaignier et à d’autres maladies, il suffirait d’abattre tous les marronniers du cimetière Notre-Dame-des-Neiges et leur substituer ces nouveaux châtaigniers et ainsi donner naissance à une nouvelle fête familiale montréalaise.

Cette fête se déroulerait tous les automnes. On viendrait en famille ramasser les millions de châtaignes au sol et les ramener à la maison pour les apprêter.

Ce beau grand cimetière se transformerait donc en parc qui s’égaierait le temps d’une saison du rire des enfants.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Denis Coderre et la statue de John-A. Macdonald

1 octobre 2021
Monument à sir John-A. Macdonald (statue enlevée depuis)

C’est par accident que Denis Coderre est devenu maire de Montréal en 2013. Il a été élu parce que Mélanie Joly, Richard Bergeron et lui ont presque également divisé les votes. Plus précisément, il fut élu avec seulement 32,1 % du suffrage.

Ces jours-ci, on se demande s’il veut réellement être réélu ou simplement faire parler de lui.

Sa dernière promesse farfelue, celle d’hier, est de restaurer la statue de John-A. Macdonald, ce premier ministre à qui on doit les politiques génocidaires du Canada.

Décapitée dans les années 1990, éclaboussée de peinture rouge à plusieurs reprises depuis vingt ans, cette statue fut finalement jetée de son socle le 29 aout 2020.

Précisons que la promesse de M. Coderre s’accompagne du souhait qu’elle soit accompagnée d’une plaque explicative. Selon La Presse, ses mots exacts furent :

“On ne déboulonnera pas le passé, mais on devrait avoir des plaques explicatives. On devrait avoir des centres d’interprétation où on apprend l’histoire.”

Oui, oui, on devrait… Il faudrait… Ce serait mieux si…

Cela ressemble à cette promesse de Justin Trudeau, faite en 2019, d’acheter un pipeline en contrepartie de planter deux-milliards d’arbres. On a acheté le pipeline. Mais apparemment, on a manqué d’argent pour planter les arbres…

Restaurer la statue de Macdonald représente une dépense de plus d’un demi-million de dollars. Car restaurer l’art pompier coute cher. De plus, à moins de protéger la statue restaurée 24 heures par jour par une brigade de policiers, il est à parier qu’elle ne vivra pas plus de six mois.

La question fondamentale à se poser est la suivante : en quoi la restauration de cette statue correspond-elle à un besoin des Montréalais ? En d’autres mots, combien de Montréalais se lèvent le matin en se disant : ‘Ah mon Dieu, j’aimerais tellement voir aujourd’hui la statue de Macdonald.

D’ici la date du scrutin, le 7 novembre 2021, il est encore temps pour M. Coderre de se ressaisir et de nous parler de ce qu’il compte faire pour améliorer la vie des Montréalais.

Références :
Denis Coderre entend réinstaller la statue de John A. Macdonald
La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone
Nettoyer la statue de Macdonald, un gaspillage des fonds publics

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


REM de l’Est : à moitié redondant, éphémère et laid

14 septembre 2021


 
Une redondance partielle

Le Réseau express métropolitain (ou REM) comprend deux parties.

Ici en rouge, le REM de l’Ouest relie au Sud la ville de Brossard, puis traverse perpendiculairement trois lignes de métro avant de se ramifier en trois branches dans l’Ouest de l’ile de Montréal.

Ce faisant, il relie de vastes territoires très mal desservis jusqu’ici par le transport en commun, abstraction faite des lignes d’autobus.

D’ouest en Est sur la carte ci-dessus, le REM de l’Est (ici en cyan) commence en s’insérant entre les lignes orange et verte du métro, puis suit de près la ligne verte jusqu’au boulevard de l’Assomption pour enfin se ramifier en deux branches, l’une vers le Nord, l’autre vers l’extrémité Est de l’ile de Montréal. (Note : on cliquera sur l’image pour l’agrandir).

Entre le centre-ville et la station de métro Honoré-Beaugrand, le REM de l’Est parcourt 12 km à moins de 500 m de la ligne verte du métro.

De plus, la branche du REM de l’Est qui se dirige vers le Nord suit parallèlement le SRB (Service rapide par bus) du boulevard Pie-IX dont elle est distante de 1,75 km.

Or le SRB Pie-IX est actuellement en construction au cout de 650 millions$. Une fois terminé, ne rend-il pas cette partie du REM moins utile ?

Selon les études de marché effectuées en vue de la création du REM de l’Est, la grande majorité des utilisateurs du REM viendrait des autres services de transport collectif.

Au lieu de favoriser l’abandon de l’automobile, le REM de l’Est ne fait que cannibaliser la clientèle des autres modes rapides de transport en commun.

Le béton, un matériau fragilisé par les sels de voirie

Les Romains ont construit des édifices en béton qui tiennent encore debout, deux-mille ans plus tard. Mais, semble-t-il, ils ont emporté leur recette avec eux.

En l’an 2000, le viaduc du Souvenir s’effondrait avant même d’être complété. La ville de Laval eut plus de chance avec le viaduc de la Concorde puisqu’il fallut attendre trente longues années avant qu’il ne s’effondre de lui-même en 2006.

En 2011, les paralumes (ou brise-lumières) en béton du tunnel Ville-Marie se sont effondrés sur la chaussée de cette autoroute urbaine.

L’échangeur Turcot, construit en 1967, était tellement dégradé quarante ans plus tard qu’on a cru bon le refaire à neuf.

En 2020, le ministère des Transports du Québec annonçait un gigantesque chantier de réfection et de modernisation de toute la partie surélevée de l’autoroute Métropolitaine.

À la place, au cout très conservateur de 700 millions$ du kilomètre, deux prolongements du métro — l’un de 7,5 km vers le Nord et le second de 10 km vers l’Est — couteraient la somme totale de 12,25 milliards de dollars, soit davantage que le cout estimé du REM de l’Est. Mais cela ne serait pas à refaire à tout bout de champ.

Une laideur urbaine

Dans l’axe Est-Ouest, la ville de Montréal ne possède que trois longues rues qu’on peut qualifier d’élégantes; le boulevard Saint-Joseph, la rue Sherbrooke et le boulevard René-Lévesque.

Autrefois, le boulevard Crémazie s’ajoutait à cette courte liste. Mais traversé par l’autoroute Métropolitaine depuis 1960, il est réduit depuis au rang de voie de desserte.

Peu importe les fantaisies décoratives qu’on ajoutera au REM de l’Est, ce train aérien ‘déviergera’ à la fois le boulevard René-Lévesque et la portion orientale de la rue Sherbrooke.

En moins de dix ans, ses piliers seront couverts de graffitis.

Et on regrettera pendant longtemps la stupidité des Montréalais qui, au premier quart du XXIe siècle, ont laissé leur ville être enlaidie par des gestionnaires de portefeuilles financiers à qui l’État a confié les pleins pouvoirs sur l’urbanisme de la métropole.

Références :
Échangeur Turcot
En mémoire aux victimes des viaducs du Souvenir et de la Concorde
L’autoroute Métropolitaine sera reconstruite sur 5 kilomètres
La Vérif : 5,9 ou 10 milliards pour la ligne de métro rose de Valérie Plante?
Peut-on encore croire CDPQ Infra ?
REM de l’Est : « encore une entourloupette », croit Gérard Beaudet
REM de l’Est – La science de la planification des transports a-t-elle été bafouée ?
REM : Québec paierait 3 fois l’investissement de la Caisse, selon une étude
Tunnel Ville-Marie : Sam Hamad et Anne-Marie Leclerc doivent démissionner
Valérie Plante veut des « preuves »

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une tour Montparnasse à Montréal ?

4 septembre 2021

Introduction

Paris est une des plus belles villes au monde. Elle doit sa cohérence au fait qu’elle vit sous la dictature d’urbanistes qui y régissent, entre autres, la hauteur des édifices.

Mais il y a une exception.

Dans le Paris intramuros, l’unique gratte-ciel est la tour Montparnasse. À l’époque de sa construction, c’était l’immeuble de bureaux le plus haut d’Europe.

Un demi-siècle après son inauguration, cette haute tour noire minimaliste est encore le monument le plus détesté de Paris.

Vue de Paris, de la tour Montparnasse

Ses propriétaires affirment néanmoins que leur tour offre la plus belle vue de Paris. Ce qui est vrai puisque c’est le seul endroit de Paris duquel on ne la voit pas.

Le paysage unique de Montréal

Contrairement à la croyance populaire, le mont Royal n’est pas un volcan éteint. Il s’agit d’une colline de magma solidifié, demeurée souterraine pendant des millions d’années, et que l’érosion des glaciers a progressivement révélée.

Sa partie visible fait 4 kilomètres d’est en ouest, et 2,5 kilomètres du nord au sud.

Fondée sur la rive sud de l’ile, la métropole canadienne s’est développée vers le nord en contournant cette haute colline. Si bien que le mont Royal, demeuré boisé, est responsable de l’unicité du paysage montréalais.

La Croix du mont Royal

La nuit, la croix lumineuse qui surplombe sa sombre silhouette contribue à cette unicité.

Dans le but de préserver celle-ci, la ville interdit la construction d’édifices qui dépassent la hauteur du mont Royal, soit 232,5 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le flou artistique de Denis Coderre

Émile Coderre est un ex-maire de Montréal qui tente un retour en politique municipale.

Plus tôt cette année, il proposait d’abolir cet interdit afin de lutter contre l’étalement urbain et d’avoir un centre-ville de ‘classe mondiale’.

Devant le tollé suscité par sa proposition, l’aspirant à la mairie persiste et signe. Il soutient qu’il faut sortir du dogmatisme et avoir un vrai débat à ce sujet.

Malheureusement Denis Coderre est en retard. Le débat est clos; la ville de Montréal s’est dotée d’un plan directeur en 1992.

À l’époque, M. Coderre avait 29 ans. Il habitait Montréal et s’intéressait déjà à la politique. Avant l’adoption de ce plan d’urbanisme, il a eu l’occasion de donner son avis, de présenter un mémoire, de faire valoir sa thèse. Mais il ne l’a pas fait.

Bien plus. Si le plan directeur était une erreur, il a eu l’occasion d’en débattre lorsqu’il était maire de la ville, de 2013 à 2017. Quatre années au cours desquelles il s’est prononcé sur tout et sur n’importe quoi. De la dernière partie de hockey au fait divers le plus insignifiant.

Bref, il a eu quatre ans pour susciter ‘un vrai débat’ au sujet de la densification urbaine de Montréal. Apparemment, le sujet ne l’intéressait pas.

Il se réveille au moment où l’Institut de développement urbain du Québec — un organisme qui fait du démarchage au nom des promoteurs immobiliers — veut remettre en question la hauteur maximale des gratte-ciels de la ville.

Si cet organisme s’active, c’est que derrière lui, quelqu’un veut construire une tour Montparnasse à Montréal. Autrement on n’en entendrait pas parler.

Et si on veut construire une telle tour, ce n’est pas pour y créer des bureaux alors que les entreprises découvrent les vertus du télétravail. C’est pour offrir des appartements en copropriété.

Des condos qu’on pourra vendre à des gens prêts à payer une fortune pour avoir un pied-à-terre à Montréal. Surtout si la vue est imprenable sur la ville. Que l’édifice défigure le paysage, who cares ?

Bref, M. Coderre fait partie de ces politiciens populistes dont la véritable allégeance est à une toute petite minorité de possédants qui se servent de lui pour berner le peuple.

Références :
Denis Coderre veut « avoir un débat sain » sur la densité de Montréal
Les gratte-ciel seront-ils autorisés à dépasser le mont Royal ?
Tour Montparnasse : la métamorphose du monument le plus détesté de Paris

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs PanLeica 8-18 mm (1re photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e photo)
1re photo : 1/1000 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 13 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le banc de la discorde

29 juin 2021
Deux bancs jumelés sur la rue Sainte-Catherine


Avant-propos du 30 juin 2021 : Le texte suivant est la deuxième version, légèrement modifiée, d’un texte paru la veille.

 
Michel Dallaire est un des plus importants designers industriels du Québec.

Après avoir travaillé sous la direction de Jacques Guillon à concevoir le mobilier des logements d’Habitat 67, il ouvre son propre cabinet et accumule les succès.

On lui doit notamment la torche des Jeux olympiques de Montréal, le mobilier de la Grande Bibliothèque, les vélos en libre-service Bixi, le mobilier urbain du Quartier international, et les bancs publics de l’arrondissement Ville-Marie (déclinés en plusieurs versions apparentées depuis).

Certaines de ses œuvres font partie de la collection permanente de musées de design ou d’Art contemporain.

Mais voilà, les temps changent. Si appréciées autrefois, certaines de ses créations ne sont plus dans l’air du temps, notamment ses bancs publics.

Au parc Cabot, situé en face de l’ancien forum, les travailleurs sociaux se sont plaints que les accoudoirs de ces bancs empêchent les mendiants de s’y étendre pour dormir.



 
L’administration Plante s’est donc empressée d’ordonner qu’on modifie les bancs afin de les rendre plus ‘inclusifs’; conséquemment, on a repoussé les accoudoirs et les pieds (qui vont ensemble dans les modèles simples) vers le bout des bancs.

Le designer avait prévu des accoudoirs là où il les avait mis pour servir d’appui aux personnes âgées et aux personnes handicapées qui veulent se relever. De plus, sur un banc public sur lequel les accoudoirs ne sont qu’aux extrémités, les autres ont moins tendance à s’y assoir une fois que quelqu’un est déjà là.

Évidemment, si la ville avait demandé à M. Dallaire de concevoir un lit public à itinérant, il aurait créé quelque chose de complètement différent.

Il aurait sans doute prévu un toit pour les protéger des intempéries et quelque chose pour leur servir d’oreiller, de même qu’un casier suspendu sous le banc pour entreposer leurs effets personnels et protéger ceux-ci du vol durant leur sommeil.

Mais on lui a demandé un banc. Donc il a fait un banc.

Alors récapitulons.

L’administration Plante a chassé les itinérants qui campaient dans l’est, le long de la rue Notre-Dame, pour les forcer à dormir dans des refuges fermés où le risque d’attraper le Covid-19 est beaucoup plus élevé. En pratique, ce risque est nul au grand air.

Puis elle fait modifier des bancs publics afin de permettre aux itinérants chassés de la périphérie de venir dormir dans le centre-ville. Quelle idée originale…

Montréal est probablement la seule ville au monde qui favorise le peuplement de son centre-ville par des mendiants.

On sait que les chambres de commerce font pression auprès de l’administration Plante afin qu’elle contribue à revigorer le centre-ville, déserté en raison de la pandémie et du télétravail.

Mais à moins de donner des coupons aux itinérants pour leur permettre de manger dans les restaurants luxueux du centre-ville, de faire de même pour leur permettre de renouveler leur garde-robe dans les boutiques chics qu’on y trouve, il est à craindre qu’un plan de relance économique basé sur le pouvoir d’achat des itinérants soit voué à l’échec.

L’administration Plante veut favoriser la diversité et l’inclusion. Ce qui est très bien. Mais elle ne tient compte que de la diversité identitaire (ethnique et sexuelle), sans tenir compte de la diversité sociale.

Les élus de l’administration Plante sont des gens qui ont réussi. Ce sont des nouveaux riches, obnubilés par la technologie (trottinettes électriques) et les concepts à la mode.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de travailleurs manuels, d’ouvriers à faible revenu et de pauvres dans l’administration Plante ? Parce que cette administration est composée de bourgeois propres, beaux et souriants, animés de belles intentions, qui conçoivent la ville dans leur lorgnette de parvenus sans culture et sans expérience de la vie.

Références :
Histoires de bancs publics
Michel Dallaire
Montreal removes Cabot Square bench that deterred passersby from sitting for too long

Paru depuis :
Démantèlement d’un autre campement de fortune sur la rue Notre-Dame (2021-07-14)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (2e photo) + multiplicateur de focale MC-20 (3e photo)
1re photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 38 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 80 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une idéologie sectaire à Espace pour la vie

28 juin 2021



Préambule : Dans le texte qui suit, nous avons inversé la règle grammaticale selon laquelle le genre masculin l’emporte sur le genre féminin.

En d’autres mots, dans les lignes qui suivent, le genre féminin l’emporte sur le genre masculin.

La fondation Espace pour la vie a fait paraitre dernièrement dans Le Devoir un encart publicitaire intitulé : “ENGAGÉ.E.S. pour la vie”.

Ce bégaiement est la manière choisie par certaines intellectuelles pour s’opposer à la règle jugée offensante présentée en préambule. À leur avis, cette règle ‘invisibilise’ les femmes.

Ce texte-ci — qui applique la règle inverse — ‘invisibiliserait’ donc l’autre moitié de l’Humanité. À vous d’en juger.

À la suite de ma protestation contre ce parti-pris idéologique, Espace pour la vie m’a fait parvenir la réponse suivante (note : les caractères gras sont dans le texte original).

Bonjour monsieur Martel,

Nous avons pris connaissance du commentaire que vous nous avez fait parvenir le 16 juin à propos de votre avis sur l’utilisation du féminin générique.

Nous souhaitons vous informer que la diversité et l’inclusion sont au cœur des priorités de la Ville de Montréal. Les actions d’Espace pour la vie s’inscrivent alors dans cette perspective.

En vous remerciant pour l’intérêt que vous portez à l’égard du Jardin botanique et des autres institutions.

Cordialement,

Clément Coste
Régisseur
Approche client

Espace pour la vie
4101 rue Sherbrooke Est, Montréal, Québec H1X 2B1
T. 514 872-0612 | C. 514 516-1554

À la suite du vandalisme de la statue de John-A. Macdonald, l’administration de Valérie Plante a blâmé les manifestantes et annoncé qu’elle songeait à débourser un demi-million de dollars pour restaurer cet hommage rendu à ce premier ministre raciste qui a créé les politiques génocidaires canadiennes contre les peuples autochtones du pays.

Volteface trois ans plus tard; au nom de la diversité et de l’inclusion, la voilà maintenant qui instaure la mitraille de points (Engagé.e.s) comme moyen de favoriser l’inclusion sociale des personnes issues de la diversité. Voyez-vous le rapport ?

En France, le ministère de l’Éducation a banni la mitraille de points en s’appuyant sur l’avis d’expertes selon lesquelles la mitraille de points diminue la lisibilité du français et rend plus difficile son apprentissage.

Chez nous, plus du tiers des personnes immigrantes s’assimilent à l’anglais, une langue jugée plus facile à apprendre et offrant plus d’opportunités de réussite.

Tout ce qui complique l’apprentissage du français contribue donc à l’anglicisation de Montréal.

Le combat existentiel contre cette anglicisation exige la contribution de toutes les Québécoises, autant celles de sexe féminin que celles de sexe masculin.

Blâmée par le ministre québécois responsable de la Langue française, l’administration Plante s’est illustrée depuis quatre ans par son indifférence totale à ce sujet. Cela ne la regarde pas.

C’est sans doute ce qui explique qu’aujourd’hui les autrices et les dirigeantes d’Espace pour la vie ont décidé, par aveuglement idéologique, d’utiliser l’argent des contribuables à promouvoir la mitraille de points, nuisant d’autant à l’inclusion et la diversité qu’elles prétendent défendre.

C’est dommage.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Denis Coderre a-t-il du cœur ?

28 avril 2021

Comme dans bien d’autres villes, on trouve à Montréal des vagabonds qui squattent des habitations abandonnées ou qui dorment sous les ponts, sur des bouches d’aération qui évacuent l’air chaud du métro, le long des trottoirs du centre-ville, et çà et là sur des terrains vagues.

Depuis 2010, l’été venu, certains itinérants campent sur des terrains inoccupés le long de la rue Notre-Dame.

En ce début de printemps, leur nombre est encore restreint. Il devrait augmenter avec la saison chaude en raison de la crise du logement et de la difficulté de recueillir des aumônes dans un centre-ville déserté, en raison de la pandémie, par ceux qui normalement y travaillent.

L’ex-maire Denis Coderre a décidé de faire un retour sur la scène municipale dans l’espoir de remplacer celle qui lui a succédé, soit Valérie Plante.

Mais c’est mal parti.

Plus tôt cette semaine, l’ex-maire a annoncé son intention d’interdire le campement de la rue Notre-Dame. Sa solution ? Acheter des maisons de chambres (ou les louer à long terme) afin d’y loger les campeurs de la rue Notre-Dame.

Cette relocalisation serait associée à des mesures d’accompagnement destinées à les aider ‘à s’en sortir’.

Mais est-ce bien ce que ces gens veulent ?

Il existe déjà des refuges pour sans-abris. L’hiver, ceux-ci s’y réfugient afin d’être épargnés des rigueurs du climat.

L’été, une minuscule proportion des six-mille itinérants de Montréal — ceux qui ont les moyens d’avoir une tente — campent le long de la rue Notre-Dame. C’est la manière de vivre qu’ils ont choisie.


 
Ceux-ci se débrouillent par leurs propres moyens, sans dépendre des contribuables si ce n’est de l’occupation d’un terrain public.


 
Un bon samaritain (Guylain Levasseur) s’occupe de recueillir pour eux des dons et des aliments fournis par des épiceries du quartier.

Au grand air, leur risque d’attraper le Covid-19 est presque inexistant, contrairement à celui auquel ils seraient exposés dans les ghettos dans lesquels M. Coderre veut les contraindre.

La solution de M. Coderre consiste donc à imposer sa conception bourgeoise de la vie en société. Une conception où la pauvreté des autres doit être cachée parce que jugée offensante aux yeux d’une élite bienpensante.

Références :
Campements de fortune : Denis Coderre accuse Valérie Plante d’« inaction »
Coderre prône l’implantation de maisons de chambres
Les itinérants-campeurs de la rue Notre-Dame

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le marécage du multiculturalisme canadien

25 janvier 2021

L’impureté du sang

En tant qu’Atikamek (un des onze peuples autochtones du Québec), Alexandra Lorange signait dans La Presse un texte collectif accusant d’appropriation culturelle la pièce Kanata, présentée à Paris en décembre 2018.

Récipiendaire d’une bourse réservée aux étudiants autochtones, Mme Lorange était coresponsable d’un cours féministe et anticolonial intitulé Femmes autochtones du Québec : débats et enjeux, enseigné à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).

Mais en février 2020, un groupe d’étudiants a fait scandale en accusant la militante de n’avoir aucun ancêtre autochtone avant la 12e génération de sa lignée. Selon eux, le plus récent ancêtre autochtone de Mme Lorange est Marguerite Pigarouiche, née en 1646.

En raison de la dilution excessive de son sang, la militante a été congédiée de l’UQÀM. Officiellement pour des raisons académiques.

La rectitude raciale

Inconveniant Indian (ou L’Indien malcomode) a remporté le prix du meilleur film canadien à la dernière édition du Festival international du film de Toronto.

Au Canada anglais, sa réalisatrice, Michelle Latimer, est depuis vingt ans une tête d’affiche des œuvres autochtones. Or selon certaines critiques, il s’agit ici de son meilleur long métrage.

Alors qu’on songeait à choisir ce film pour représenter le Canada aux Oscar, voilà que la chaine de nouvelles CBC News révélait qu’il fallait remontrer au XVIIe siècle pour trouver des parents autochtones à Michelle Latimer.

Comme une œuvre soudainement perçue comme dégénérée, son film a été retiré du circuit de distribution par le producteur, l’Office national du film du Canada.

Une multiculturaliste pure et dure

Parmi plus d’une centaine de candidats, Mme Bochra Manaï vient d’être choisie par l’administration Plante pour occuper la fonction de Commissaire à la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques à Montréal.

Dès l’annonce de sa nomination, le premier ministre du Québec a déploré ce choix.

Sans exagérer (ou si peu), Mme Manaï affirme que le Québec est devenu rien de moins qu’une référence pour les suprémacistes et les extrémistes du monde entier…

De plus, la loi 21 — qui interdit le port de signes religieux par les employés de l’État en position d’autorité — serait une loi raciste.

Mais ce n’est pas tout. Selon la nouvelle commissaire, toute critique du wahhabisme — l’idéologie haineuse de l’Arabie saoudite — est également du racisme. Selon Mme Bochra Manaï :

Les détracteurs du terme islamophobie évoquent l’idée qu’il est possible de « critiquer » l’islam, sans pour autant « détester » les musulmans. Or, cette hostilité qui s’exprime à l’encontre de l’islam comme religion semble directement liée au rejet des musulmans eux-mêmes.

Dans un texte paru dans Huffpost en 2015, Mme Manaï nie même qu’un imam puisse contribuer à la radicalisation de ses fidèles. Selon elle :

Formule magique, s’il en est, qui voudrait que la conversion théologique constitue la voie royale vers la violence politique.

Mais comment donc Al-Qaida recrute-t-elle ses djihadistes si ce n’est par le biais des imams inféodés à son idéologie ? De plus, on se demande pourquoi des gens sont assassinés à la suite d’une fatwa émise contre eux…

Conclusion

Au printemps de 2020, ce qui a fait la force du mouvement Black Lives Matter, c’est qu’il a fait alliance avec une multitude de gens, principalement jeunes, qui exprimait leur indignation face à ce qu’il découvrait; un pays où des gens sont tués simplement parce qu’ils ont la peau ‘trop’ pigmentée.

Si on avait exigé que seules les ‘Noirs’ aient le droit de s’en plaindre, ce mouvement n’aurait pas eu l’impact qu’il a eu.

Plutôt que de promouvoir l’égalité de tous les citoyens aux yeux de l’État, le multiculturalisme exacerbe la tendance naturelle au repli ethnique et renforce le sentiment d’appartenance à sa tribu.

Comme en Inde, on aboutit donc à une série de castes régies par des tabous, dont celui d’accomplir des tâches réservées aux gens d’une caste différente de la sienne.

Se porter à la défense des peuples autochtones est donc interdit aux metteurs en scène (ex.: Robert Lepage), aux enseignants universitaires (ex.: Alexandra Lorange) et aux cinéastes (ex.: Michelle Latimer) qui n’appartiennent pas à la caste ou à la tribu appropriée.

Concrètement, voilà l’effet du multiculturalisme canadien. Celui-ci n’est rien d’autre que l’expression du tribalisme des sociétés anglo-saxonnes.

Références :
Alexandra Lorange perd son poste à l’UQAM
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
Art dégénéré
Héritage autochtone contesté de Michelle Latimer : l’ONF retire son film
La crise identitaire de Michelle Latimer
L’authenticité, notre plus grand atout
Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes
Le prosélytisme de l’Arabie saoudite
Le quiproquo de la radicalisation
Les peuples autochtones du Québec
L’inquiétante intolérance de la nouvelle commissaire antiracisme
Montréal: la conseillère Marie-Josée Parent se retire du dossier de la réconciliation
POL4105 – Femmes autochtones du Québec : Débats et enjeux
Prendre congé de la gauche identitaire
Remise en doute des origines d’une militante autochtone; des chefs dénoncent
Un professeur émérite de l’Université McGill s’attire l’ire d’étudiants

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le manque de jugement de l’avocate Wong

25 novembre 2020

L’avocate Cathy Wong est conseillère municipale. En plus, elle est la présidente du Conseil municipal de la ville de Montréal.

Hiérarchiquement, elle est donc la deuxième personne d’importance après la mairesse Valérie Plante.

Marvin Rotrand est un conseiller municipal qui représente l’arrondissement de Snowdon depuis 1982.

Le 17 novembre dernier, ce dernier présentait une motion visant à inciter les partis politiques municipaux à présenter davantage de candidats issus des minorités visibles aux prochaines élections, prévues dans un an.

Tout en appuyant sa motion, Mme Wong en a profité pour accuser publiquement M. Rotrand de s’accrocher à son poste depuis 28 ans, empêchant ainsi des candidats issus des minorités visibles de lui succéder et ainsi d’être élus.

C’est que M. Rotrand n’appartient pas à la formation politique de Mme Wong. Pour donner une chance au parti municipal de cette dernière de s’emparer enfin du château fort de Snowdon, Mme Wong veut que M. Rotrand dégage.

Au lieu de voir en M. Rotrand un allié dans sa volonté de faire une plus grande place aux personnes issues des divers groupes ethniques qui composent la métropole, l’avocate Wong s’est abaissée à de la vulgaire partisanerie politique.

Voilà le fond de cette histoire.

M. Rotrand est réélu depuis des décennies parce qu’il est aimé de ses concitoyens et, présumons-le, parce qu’il fait du bon travail pour les gens de son quartier.

Sa longévité au Conseil municipal est le résultat du choix démocratique de ses électeurs. Bref, M. Rotrand mérite le respect.

Critiquée sur les médias sociaux, Mme Wong joue maintenant à la victime. En réalité, la victime est son collègue de Snowdon. Des deux, c’est elle l’agresseur en position d’autorité. Pas lui.

Dire à un collègue qu’il est là depuis trop longtemps et qu’il doit dégager, cela est discourtois et indigne d’une personne qui occupe la présidence du Conseil municipal.

Mme Wong doit donc des excuses publiques à M. Rotrand. Le temps trop long qu’elle y met trahit son entêtement.

D’où la question : à un an des élections municipales, ne serait-il pas prudent pour la mairesse de Montréal de confier la présidence du Conseil municipal à quelqu’un capable de plus de maturité politique ?

Quant à nous, électeurs montréalais, les principaux critères qui devraient nous guider l’an prochain dans le choix de nos dirigeants, c’est leur compétence à gérer les affaires publiques et leur dévouement envers nous.

Le reste n’a pas d’importance.

Références :
Le néo-racisme multiculturel du NPD
L’invention des races humaines
Marvin Rotrand
Marvin Rotrand, trop blanc pour Cathy Wong

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Horaire de la collecte des ordures pour les nuls

1 juin 2020
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Dans plusieurs arrondissements de Montréal, l’horaire de la collecte des ordures ménagères a changé.

Dans le graphique publié par la ville de Montréal, on a coloré en cyan et en rouge les endroits où ces changements ont lieu.

La légende en bas à droite parle des collectes prévues le matin ou le soir alors qu’en haut à gauche, on parle de collecte de jour et de soir.

En français, le jour peut durer 24 heures. Ou il peut signifier l’intervalle de temps entre le lever et le coucher su soleil.

Pour plus de clarté, lorsqu’on veut lui donner ce deuxième sens, il est préférable de parler de ‘journée’.

Le mot ‘matin’ est précis et ne porte pas à confusion.

Pour la collecte de soir, on doit déposer ses ordures à l’endroit approprié entre 16h et 19h ce soir-là. C’est clair.

Mais pour la collecte de jour, on doit sortir ses ordures en 19h et 7h. Mais de quel jour parle-t-on ?

Doit-on sortir ses ordures entre la veille à 19h et le lendemain à 7h ou les sortir entre ce soir-là à 19h et le lendemain à 7h ?

Après avoir téléphoné à la mairie de l’arrondissement, on apprend que le texte ‘il faut déposer vos ordures ménagères entre 19h et 7h’ devait se lire ainsi : ‘il faut sortir ses ordures ménagères entre 19h la veille de la collecte et 7h le matin du jour prévu pour cette collecte.

Une fois qu’on le sait, c’est clair.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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