L’hiver, les piétons et la police montréalaise

20 février 2019

Les trottoirs dangereux

À la suite d’une vérification policière au cours de laquelle Lateef Martin a refusé de répondre aux questions d’un patrouilleur, le policier lui a remis une contravention pour avoir circulé dans la rue Messier.

Celle-ci est une rue secondaire du Plateau-Montréal, déserte au moment des faits (1h30 du matin).

Pour ne pas s’enliser dans une discussion sur les circonstances qui entourent cette affaire, limitons-nous à l’infraction reprochée.

L’article 452 du Code de la sécurité routière exige que les piétons empruntent les trottoirs lorsqu’ils existent. Ce qui est le cas le long de la rue Messier.

Peut-on reprocher à un policier de faire respecter la loi ? Oui, on le peut.

Contrairement à ce qu’on pense trop souvent, le rôle d’un policier n’est pas de faire respecter la loi; son rôle est de protéger la population, notamment par l’application de la loi. Nuance.

L’article 7 de la Canadian Constitution se lit comme suit :

Chacun a le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité.

Le droit fondamental à l’intégrité physique signifie, pour un piéton, le droit de marcher dans la rue lorsque celle-ci est moins dangereuse que les trottoirs.

Or ces derniers le sont toujours lorsque la ville consacre des ressources insuffisantes à leur déglaçage.

Une ville ne peut donc pas à la fois invoquer des conditions climatiques rigoureuses pour justifier son impuissance à garantir la sécurité des gens et les sanctionner pour des comportements qu’ils n’auraient pas si la ville accomplissait son travail correctement.

Cette attitude répressive est d’autant plus inacceptable que les comportements jugés ‘fautifs’ découlent de l’exercice d’un droit constitutionnel.

Ces jours-ci, les trottoirs de Montréal sont très mal déglacés.

En fin de semaine dernière, je me suis justement rendu sur le Plateau-Montréal où j’ai vu, quelques pas devant moi, un jeune homme tomber paf! sur le dos alors qu’il marchait sur le trottoir de la rue Mont-Royal.

À sa place, je me serais probablement fracturé une vertèbre ou déplacé la colonne vertébrale.

Plus tard ce soir-là, je suis rentré chez moi en circulant dans la rue secondaire qui mène chez moi parce que ses trottoirs étaient aussi glacés que ceux de la rue Mont-Royal.

Attendre pour rien au froid

Les piétons ont le devoir de traverser une rue de manière sécuritaire; ils le peuvent en tout temps lorsque la voie est libre.

Mais ils perdent ce droit aux intersections où la circulation est régie par des feux de circulation.

À ces intersections, les piétons ont l’habitude d’attendre — immobiles l’hiver à -40°C — même lorsque la rue qu’ils s’apprêtent à traverser est complètement déserte.

La raison officielle est qu’on a placé des feux de circulation à ces intersections justement parce qu’elles étaient dangereuses. Mais on oublie d’ajouter qu’elles ne le sont pas 24h par jour, sept jours par semaine.

À Montréal, les automobilistes ne peuvent pas tourner à droite sur un feu rouge. Conséquemment, seules les automobiles circulant sur la rue à traverser représentent une menace pour les piétons. S’il y en a pas d’autos, il n’y a pas de danger.

Ce qui motiverait les piétons à patienter inutilement, ce serait de leur indiquer le temps qu’il leur reste à attendre.

À La Havane, dès que les feux de circulation changent, un compte à rebours s’affiche au bénéfice des piétons et des automobilistes. Comme on peut le voir de 3:18 à 3:23 dans ce diaporama.

Au feu vert, la personne handicapée sait le temps qui lui reste pour traverser la rue. Au feu rouge, le piéton pressé sait combien il lui reste à patienter.

À Laval — une ville particulièrement hostile aux piétons — les feux de circulation peuvent mettre jusqu’à une dizaine de minutes avant de changer. Imaginez-vous, immobile, par un froid sibérien.

À Montréal, les feux de circulation n’affichent que les dernières secondes du compte à rebours : parfois, c’est aussi peu que les six dernières secondes. Et ce, uniquement sur feu vert. Jamais aux feux rouges.

À l’intersection de certaines rues, les piétons qui s’approchent de l’intersection n’ont aucune idée du temps qui leur reste.

Feux à l’intersection de Pie-IX et d’Hochelaga

Ils sont maintenus dans l’ignorance parce que le compte à rebours qui leur est destiné est masqué par le compte à rebours destiné aux piétons qui déambulent sur la rue perpendiculaire (voir photo).

C’est seulement lorsqu’il arrive à l’intersection, directement en face du feu de circulation, que le piéton découvre le peu de temps qui lui reste pour traverser la rue, favorisant l’adoption soudaine de comportements dangereux.

Il suffirait d’inverser l’orientation des feux destinés aux piétons pour corriger ce problème. Cela dure depuis des mois.

Conclusion

Nos décideurs publics veulent favoriser l’utilisation du transport en commun sans jamais tenir compte des intérêts de ceux qui l’empruntent autrement que par l’idée qu’ils s’en font.

On tiendra compte des représentations des associations d’automobilistes et celles des porte-paroles des cyclistes. Mais comme personne ne défend les intérêts des piétons…

Lorsqu’un grand chantier urbain vient bouleverser la circulation d’un quartier, on prendra soin de minimiser les désagréments pour les automobilistes et les cyclistes. Mais on n’hésitera pas à imposer aux piétons de grands détours inutiles parce personne ne se met à leur place.

En bons gestionnaires du budget qui leur est attribué, nos administrateurs publics épargnent sur le déglaçage des trottoirs tout en obligeant les piétons de les emprunter quand même, au risque de leur intégrité physique.

On imposera des amendes aux piétons qui traversent aux feux rouges sous le prétexte qu’ils représentent la moitié des victimes de la route. Or on ne cherchera jamais à comprendre pourquoi ils le font ni comment on peut faciliter l’observance de la règlementation municipale en l’adaptant aux besoins des gens.

Tout cela est la manifestation d’un déficit démocratique. À ne nommer que de simples gestionnaires à des postes décisionnels, nos dirigeants cessent de se voir comme des serviteurs du peuple et on atomise la société en réduisant le citoyen au rang de simple client de services municipaux, voire comme une vulgaire poche d’argent.

Références :
Il reçoit une contravention pour avoir marché dans la rue à cause de la glace
La police cible les piétons
Montreal man contesting ticket for walking on street to avoid icy sidewalk
Nombre record de pannes dans le métro : les conséquences du laisser-faire

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

3 commentaires

| Politique municipale, Sécurité | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Analyse de la victoire de Valérie Plante à la mairie de Montréal

7 novembre 2017

Introduction

Pour la première fois, les Montréalais ont élu une femme pour occuper le poste de premier magistrat de la ville.

Si beaucoup de personnes voient dans cette élection, les signes d’une évolution des mentalités, je crois que l’élection de Mme Plante tient essentiellement à ses qualités personnelles et au programme politique qu’elle défendait, mais très peu à son sexe.

Depuis 375 ans, il n’y a eu que deux femmes qui furent candidates à la mairie de Montréal. Les Montréalais auraient peut-être déjà élu une mairesse s’il en avait eu davantage l’occasion. Ailleurs, d’autres Québécois l’ont déjà fait, précisément parce qu’ils le pouvaient.

Ce qui, évidemment, n’enlève rien au caractère historique de la victoire de Mme Plante.

Denis Coderre, un maire superficiel

Denis Coderre était un maire sympathique et un habile communicateur. Son excellent flair politique le protégeait de son impulsivité.

Face à l’intimidation syndicale, il a su faire preuve d’un courage remarquable.

Mais il avait une opinion sur tout et s’éparpillait dans toutes les directions. Plus précisément, il ne sentait pas le besoin d’en connaitre davantage sur un sujet municipal dès qu’il se savait capable de vendre sa position en 140 caractères. En deux mots, c’était un maire qui ne connaissait pas ses dossiers.

Sa volteface au sujet de l’éclairage urbain à DEL a été révélatrice de sa superficialité.

Contrairement aux apparences, Denis Coderre n’était pas à l’écoute de ses citoyens. Sous l’œil des caméras, il distribuait généreusement les poignées de main : mais dans les faits, il ne répondait aux lettres du citoyen ‘ordinaire’ que par des accusés-réceptions automatisés.

Je n’ai écrit qu’une seule fois à son prédécesseur, Michael Applebaum, au sujet des dangers sécuritaires du festival Juste pour rire.

Au nom du maire Applebaum, la directrice des communications m’avait répondu avoir transmis mon courriel au responsable de la sécurité de l’arrondissement. Et l’été suivant, ce festival était chassé du Quartier des spectacles (sans que j’aie la certitude que ma lettre y était pour quelque chose).

Voilà un exemple de ce que doit faire un gouvernement de proximité.

Une campagne désastreuse

Au cours de la campagne électorale qui a opposé Coderre à Plante, la course de la Formule E d’une part, et le projet de ligne rose du métro d’autre part, ont dominé l’actualité.

Au point que le maire sortant s’est lui-même caricaturé comme un défenseur du transport individuel (même électrique) alors que sa rivale incarnait la défense du transport en commun.

Sous les administrations Tremblay et Coderre, la qualité du service en métro s’est considérablement dégradée. Le manque de fiabilité du métro fait en sorte que beaucoup d’utilisateurs sentent le besoin d’arriver plus tôt que nécessaire au travail. Au cas où…

D’autres doivent trouver en catastrophe un taxi dès qu’une panne importante se produit. Tout cela représente des frais.

De leur côté, les automobilistes sont confrontés à la multitude des cônes orange dans nos rues. Et même si la grande majorité d’entre eux sont très attachés à leur véhicule, ils rêvent que les autres abandonnent le leur, ce qui faciliterait leurs propres déplacements.

Donc même ceux qui n’utilisent jamais le métro ont avantage à son amélioration.

En s’enlisant au sujet de la Formule E et en attaquant le projet de ligne rose de sa rivale, Denis Coderre a donné au transport en commun une importance démesurée parmi tous les sujets susceptibles d’être discutés au cours de cette élection.

Si bien que sa campagne a été un rappel constant d’une des principales lacunes de son administration (même si, techniquement, le transport en commun ne relève pas uniquement de l’autorité de la ville).

Dans un tel contexte, la victoire de Mme Plante était prévisible.

Références :
Insatisfaction croissante sur la 747: la faute aux chantiers, dit la STM
La navette du 747 : un service pourri
Métro de Montréal : les statistiques de la désinformation
Métro : les statistiques ne doivent pas nous aveugler
Près de mille interruptions de service en 2011 dans le métro de Montréal

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Politique municipale | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Métro de Montréal : les statistiques de la désinformation

20 juin 2017
Station Place des Arts

Depuis des années, les dirigeants de la Société de transport de Montréal (STM) refusent d’admettre le manque de fiabilité du métro.

Il y avait 794 interruptions de service en 2006, 980 en 2011, et 923 en 2016. En moyenne, c’est près de trois par jour.

En 2011, les porte-paroles de la STM justifiaient l’augmentation de 23% des pannes (en comparaison avec 2006) en expliquant que le prolongement du métro vers Laval avait augmenté de 29% la taille du réseau.

Statistiquement, cela faisait moins d’interruptions par kilomètre parcouru, plus précisément seulement 1/25e de panne par mètre du réseau.

Comme quoi on peut tout faire dire aux statistiques.

Il est normal que du matériel roulant tombe en panne. Mais j’ai eu l’occasion de prendre le métro à Barcelone, Berlin, Paris, Prague, Shanghai et Vienne, et je n’ai rencontré aucune panne au cours des trois à six semaines que j’ai passées dans chacune de ces villes.

Au contraire, il ne se passe pas une semaine sans que cela m’arrive à Montréal. La dernière fois, c’était cette panne d’une vingtaine de minutes, hier vers 14h.

Plus grave encore, les interruptions de plus d’une heure ont augmenté de 52% depuis l’an dernier, passant de 17 en 2015 à 26 en 2016.

Les porte-paroles de la STM font remarquer les pannes sont attribuables, dans la moitié des cas, à un facteur humain — une personne malade, quelqu’un sur la voie, un autre qui retient les portes — et non uniquement à des problèmes techniques.

Depuis qu’on a rendu presque impossible le suicide en se jetant du pont Jacques-Cartier, j’ai toujours pensé que les tentatives de suicide dans le métro avaient augmenté.

Les statistiques officielles suggèrent que ce n’est pas le cas. Mais je n’ai pas réussi à me convaincre que les suicidaires renoncent à s’enlever la vie lorsqu’on les prive d’un des moyens de le faire.

Dans tous les cas, il est clair qu’un certain nombre de personnes se jettent sur la voie afin de se suicider.

Métro de Shanghai

Le moyen de prévenir cela existe. Il est simple. C’est de faire comme à Paris, Zurich et Shanghai (ci-dessus), et de dresser entre les quais et les rails une paroi vitrée dont les portes ne s’ouvrent qu’à l’arrêt du train.

Mes dirigeants de la STM s’y refusent en déclarant que cela couterait trop cher.

Mais trop cher par rapport à quoi ? A-t-on calculé les millions d’heures-personnes perdues par les usagers qui sont prisonniers du métro en panne à chaque année ?

Non. Mais ce qu’on a calculé, c’est que la durée totale des interruptions enregistrées en 2016 (soit 183 heures) ne représente que 0,6% du temps de fonctionnement du métro.

Combien de centaines de milliers de personnes ont été affectées durant ces 183 heures ? Combien de dizaines de millions d’heures-personnes ont été perdues ?

Ça, on ne sait pas. Mais l’ignore-t-on parce que cela est impossible à calculer ou parce qu’on ne veut pas se donner la peine de faire ce calcul ?

On sait précisément à quels moments du jour surviennent ces pannes. On sait grosso modo, combien de personnes sont dans le métro à tout heure du jour. Donc il est très facile de calculer le nombre d’heures-personnes perdues à attendre la reprise du service.

La perte de productivité des travailleurs en retard au travail et les frais de taxi représentent des dépenses qui reviennent d’année en année alors que la construction d’un mur de protection est une dépense qui n’est pas récurrente.

On ne peut pas à la fois refuser de prendre les mesures qui s’imposent, et se disculper du manque de fiabilité du métro en blâmant les usagers.

La STM fait valoir que 97,5% des utilisateurs du métro arrivent à destination à l’heure. Elle oublie de dire que le manque de fiabilité du métro est chronique et qu’une partie des usagers partent au travail plus tôt que nécessaire au cas où ils seraient retardés par une panne.

Si la STM connait le pourcentage de gens qui arrivent à l’heure en dépit des pannes, c’est qu’elle leur a demandé. C’est qu’elle a fait un sondage qui lui a permis de le savoir. Leur a-t-elle demandé combien, en moyenne, ils dépensent en taxi parce qu’ils ne peuvent pas attendre le retour en service du métro ?

Ah, ça non plus, on ne sait pas. Comme c’est étrange; tout ce qu’on sait, ce sont les données qui permettent à la STM de justifier son laxisme.

Bref, de la désinformation.

En réalité, les dirigeants de la STM évitent de mettre dans l’embarras leurs patrons, ces autorités municipales qui refusent de leur donner les moyens d’améliorer la fiabilité du métro. Donc, on nie le problème pour protéger son job.

En retour, les autorités municipales justifient leur refus d’y consacrer les sommes nécessaires en citant les dirigeants de la STM qui affirment qu’il n’y a pas de problème ou s’il y en a un, c’est de la faute des usagers.

Tout se tient.

Comme je l’écrivais il y a cinq ans, le métro est beaucoup plus qu’un simple moyen de transport à Montréal : c’est une vitrine de l’expertise québécoise en matière de transport en commun.

Près d’un million de touristes visitent la métropole du Canada chaque année. Parmi eux, il y a des décideurs publics qui pourraient un jour avoir à adopter un devis de Bombardier pour la construction d’un métro dans leur ville. Quel intérêt verront-ils à lui accorder le contrat quand notre métro est si loin de susciter l’admiration et l’envie ?

Références :
Les arrêts de service du métro de Montréal à la hausse
Peut-on se fier au métro de Montréal ?
Près de mille interruptions de service en 2011 dans le métro de Montréal

Paru depuis :
Métro de Montréal: vers un record de pannes (2017-11-24)

Détails techniques : Panasonic GH1, objectifs Lumix 20 mm F/1,7 (1re photo) et Lumix 14-45 mm (2e photo)
1re photo : 1/40 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm
2e photo  : 1/30 sec. — F/3,5 — ISO 125 — 14 mm

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

3 commentaires

| Politique municipale | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Welcome to English-speaking Illegals

25 février 2017

C’est à l’unanimité que les élus montréalais ont adopté dernièrement une résolution désignant Montréal ville refuge (ou ville sanctuaire).

Cette mesure vise à offrir gratuitement des services aux immigrants illégaux sans qu’ils aient à craindre l’expulsion du pays.

C’est ainsi que les policiers appelés sur les lieux d’une dispute impliquant des sans-papiers rétabliront l’ordre en évitant de les dénoncer aux services canadiens de l’immigration.

Strictement parlant, la résolution municipale a peu d’impact.

Concrètement, cela permet aux sans-papiers de profiter de cliniques de vaccination offertes par la Ville sans avoir à s’inquiéter. Cette mesure se justifie par le fait que personne n’a intérêt à ce que les sans-papiers soient des vecteurs d’épidémies.

Toutefois, la ville ne peut pas obliger un propriétaire à louer un logement à quelqu’un contre lequel il n’a aucun recours s’il s’enfuit sans payer le loyer en souffrance ou après avoir endommagé son appartement.

Même chose en garderie. Les parents déboursent quotidiennement 8$ pour chaque enfant. Toutefois, le cout réel est d’environ 35$ (le reste est assumé par les contribuables). Que ces garderies soient privées ou non, il est douteux qu’elles acceptent d’accueillir à perte des enfants d’une famille se trouvant illégalement au pays alors que déjà elles ne suffisent pas à la demande.

Présentée comme de la désobéissance civile face aux politiques migratoires du président Donald Trump, le maire est demeuré vague au sujet de l’attitude qu’adopteraient les forces policières dans les cas de délits mineurs, comme le vol à l’étalage. Jusqu’où ira la solidarité avec les sans-papiers ?

Ce sera du cas par cas, répondent les élus municipaux.

Il est certain que cela est injuste pour ceux qui choisissent d’immigrer au Canada légalement et qui doivent parfois attendre des années avant que leur demande soit acceptée.

Puisque les sans-papiers n’ont pas de numéro d’assurance sociale, ils ne peuvent que travailler au noir, au risque d’y être exploités.

De plus, ce travail au noir donnera vraisemblablement naissance à des réseaux clandestins d’embauche qui pourraient être infiltrés par le monde interlope si ce marché s’avère lucratif et si les organismes de défense des sans-papiers peinent à les aider à ce sujet.

Plus inquiétante est l’intention du maire Coderre — avouée le 21 février dernier en entrevue au Téléjournal — de se prévaloir des dispositions de la loi 121 pour accorder gratuitement tous les services sociaux aux sans-papiers, notamment la gratuité scolaire et des soins médicaux.

Je serais surpris que l’État québécois ne ramène pas le maire à la réalité dans ses grands élans de générosité avec l’argent des autres.

S’il est vrai que les immigrants illégaux sont soumis aux taxes sur la consommation, ils ne paient pas d’impôts. Or ce sont nos impôts qui paient la très grande majorité du cout des mesures sociales dont nous bénéficions.

L’intention des élus municipaux de tout offrir gratuitement n’est rien d’autre que de l’irresponsabilité fiscale puisqu’on demande aux contribuables d’assumer le financement de services dispensés à des gens qui n’en paient pas leur juste part.

Plus grave encore est l’effet de cette générosité sur l’équilibre linguistique de Montréal.

Les millions d’illégaux menacés d’expulsion par Donald Trump sont essentiellement des latinoAméricains qui se sont anglicisés au cours de leur séjour aux États-Unis.

Selon des estimations grossières, il y aurait 200 000 immigrants illégaux à Toronto. Combien y en a-t-il à Montréal ? Personne ne le sait.

Sans en tenir compte, les recensements de Statistique Canada révèlent que 60% des néoQuébécois choisissent de s’angliciser.

Ajoutez aux 50 000 néoQuébécois que nous accueillons annuellement, une cohorte de seulement dix ou quinze milles sans-papiers en provenance des États-Unis — sur les onze millions menacés d’expulsion et attirés par la générosité de nos élus — et la proportion de néoQuébécois qui décideront de vivre au Québec en anglais augmentera substantiellement, annulant ainsi les millions$ dépensés à la francisation des néoQuébécois.

L’Histoire ne retient jamais les vertus des peuples qui ont eu la stupidité de ne pas assurer leur survivance.

Bref, tant que ‘Montréal, ville refuge’ est un concept publicitaire bon chic bon genre sans conséquence concrète, il est bien difficile de s’y opposer.

Toutefois, dès qu’il s’agit d’une mesure fiscalement irresponsable et inquiétante du point de vue linguistique, on est en droit de critiquer l’angélisme de nos dirigeants municipaux.

Références :
De la parole aux actes
Entrevue du maire Coderre au Télé-Journal
Montréal ville refuge : la déclaration adoptée, des gestes concrets réclamés
Ville refuge : les ratés de Toronto

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Immigration, Langue française, Politique municipale, Sociologie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Pour un agrandissement de la Place des festivals

29 juin 2014
Foule déjà présente une demie-heure avant le début d’un spectacle

Parfois, au Festival de jazz de Montréal, il y a tellement de monde que la foule dépasse la capacité maximale de la Place des festivals, pourtant la plus vaste de la ville. Conséquemment, une partie de l’assistance ne peut voir ni la scène, ni les écrans géants prévus pour permettre à tous d’observer en gros plans les artistes en vedette.

Cela est une très mauvaise chose. Les retombées économiques du festival proviennent non seulement de ceux qui paient pour assister aux spectacles en salle, mais aussi des touristes qui viennent à Montréal profiter de sa programmation gratuite.

Pour l’instant, une telle situation est inhabituelle. Mais elle est appelée à se produire de plus en plus souvent au fur et à mesure que s’accroit la réputation de Montréal en tant que haut lieu du plaisir estival. On doit donc envisager sérieusement l’agrandissement de cette place.

Or celle-ci est limitée à l’est le Musée d’Art contemporain, au nord par le boulevard De Maisonneuve, et au sud par la rue Sainte-Catherine. Conséquemment, la seule manière d’agrandir cette place, c’est vers l’ouest.

Place des festivals

Je propose donc la disparition de la rue Balmoral et du talus qui borde la place (à gauche sur la photo ci-dessus). Seul demeurerait le trottoir qui longe cette rue à l’ouest, mais dont le niveau serait abaissé à celui de la place.

Durant la journée, des sièges seraient disponibles, entre autres, au bénéfice des parents dont les enfants s’amusent sous les jets d’eau de la place. Ces sièges seraient rangés au début de la soirée en prévision des spectacles à venir.

Le plus vaste espace de rassemblement de Montréal deviendrait donc purement minéral, comme c’est le cas à Paris (la Place de la Concorde), à La Havane (la Place de la Révolution), et à Beijing (la Place Tien’anmen).

Plus ambitieux serait l’érection d’une série surélevée de croissants concentriques disposés en gradins. Cette structure rappellerait l’anneau surélevé qu’on a construit dans le quartier de Pudong, à Shanghai.

Anneau piétonnier à Pudong, vu des airs
Anneau piétonnier, vu du rez-de-chaussée
Point de vue de l’anneau piétonnier

À sa pleine capacité, cet arc de cercle serait réservé exclusivement à des activités de restauration. En d’autres mots, à l’exclusion d’une promenade le long de sa partie externe, les gradins devraient être suffisamment larges pour qu’on y place des tables et des chaises au bénéfice des festivaliers qui voudront y boire ou y manger. Chacun de ces gradins serait limité par une cloison de verre destinée à éviter que le personnel ne trébuche en assurant le service aux personnes attablées.

D’ici à ce que cet arc de cercle soit complètement loué à des restaurants et des brasseries, on devait y installer des sièges payants. On y aurait, sinon la meilleure vue, du moins l’endroit le plus confortable pour assister aux spectacles, ce qui justifierait qu’on paie pour y être. Les revenus ainsi générés serviraient à rentabiliser les coûts de construction de cette structure.

Celle-ci serait traversée de canalisations destinées à l’alimentation électrique, à l’approvisionnement en eau potable et à l’évacuation des eaux usées. Pour cette raison, cet arc de cercle devrait être légèrement incliné, afin de faciliter la vidange des eaux et éviter le gel et la rupture des canalisations l’hiver.

Toutefois, contrairement à la place elle-même, qui descend du nord vers le sud, cet arc de cercle devrait être légèrement incliné dans le sens contraire, créant ainsi un effet de perspective qui le rendrait encore plus spectaculaire.

À deux endroits, on accéderait à cette structure par le biais d’un ascenseur (réservé aux handicapés et aux parents accompagnés d’enfants en poussette), et par le biais d’un large escalier (réservés aux autres festivaliers).

Ces deux accès seraient situés au début de l’arc (au nord-ouest de la place, un peu au sud du boulevard De Maisonneuve), et sa fin (immédiatement au sud du Musée d’Art contemporain).

Finalement, on devrait favoriser la croissance de lierre sur les piliers et la paroi inférieure de la structure de manière à la végétaliser et à contribuer ainsi à l’abaissement de la température ambiante. Les jours de canicule, les festivaliers qui trouveraient refuge sous cette structure bénéficieraient de son ombre bienfaisante et de la fraîcheur des fontaines à proximité.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 40-150 mm R (la 1re photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (la 2e photo). Appareil Panasonic GH1 et objectif Lumix 14-45 mm (les autres photos)
1re photo : 1/800 sec. — F/4,0 — ISO 3200 — 40 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 24 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/9,0 — ISO 320 — 22 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/4,0 — ISO 100 — 14 mm
5e  photo : 1/125 sec. — F/3,5 — ISO 100 — 14 mm

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

3 commentaires

| Politique municipale, Urbanisme | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Pour une harmonisation des noms des rues de Montréal

31 janvier 2013

Presque toutes les grandes villes du monde sont nées de la fusion de villages qui, en grandissant, sont devenus adjacents. Au fur et à mesure du développement urbain, cette fusion est rarement volontaire.

Règle générale, ces villages combattent le plus longtemps possible pour conserver leur autonomie. Mais ils se résignent par décision des gouvernements supérieurs ou lorsque leurs finances sont à ce point désastreuses qu’ils n’ont pas d’autres choix que de demander l’aide de voisins prospères qui imposent alors leur condition : la fusion.

Lors de la fusion des municipalités de l’île de Montréal — imposée par le Parti Québécois et atténuée par la suite par le Parti libéral — on a fait de grands efforts pour harmoniser les rues de la nouvelle ville de Montréal. Mais il reste du travail à faire.

J’aimerais signaler le cas de la rue Maguire, située au nord du Plateau Mont-Royal, dans un quartier qu’on appelle Mile-End.

En mars 1876, cette rue a été nommée en l’honneur du médecin francophone Henri-Daniel Maguire, fils de Charles-B. Maguire et de Marie-Justine Casgrain (qui épousera en seconde noces du docteur Pierre Beaubien après le décès de son premier mari).

Toutefois, si vous prenez un taxi et demander d’être conduit sur la rue Maguire et que vous prononcez le nom de cette rue correctement — c’est-à-dire à la française — le chauffeur pourrait confondre ce nom avec celui d’une autre rue qui lui ressemble phonétiquement : la rue Marquis, à Ville St-Laurent. Mais cela est une faible possibilité.

Il est toutefois probable qu’il se trompera et vous amènera à la rue McGill, beaucoup plus connue, située à quelques km plus au sud, sur l’emplacement crée par la démolition des murs de fortification de Montréal et baptisée en l’honneur du fondateur de l’université du même nom. En effet, les numéros civiques de la rue Maguire correspondent à ceux des bâtiments construits dans la partie sud de la rue McGill, dans le Vieux-Montréal.

C’est cette erreur couteuse, commise récemment par un chauffeur de taxi, en pleine tempête de neige, qui a fait tripler le coût du trajet assumé par une collègue de travail qui a alors préféré payer plutôt que de s’engueuler avec ce chauffeur intimidant.

Si le chauffeur entend mal le numéro civique que vous lui donnez parce que la radio qui le met en contact avec le répartiteur de sa flotte de taxis fonctionne à tue-tête, il pourrait vous amener un peu moins loin, sur l’élégante mais courte avenue McGill collège, au centre-ville de Montréal.

Afin d’éviter la confusion, vous pourriez faire comme la majorité des chauffeurs de taxis (qui croient que Maguire est un nom écossais ou irlandais) et le prononcer à l’anglaise, soit « Ma goût hâ heure ». Mais vous n’êtes pas au bout de vos peines; la Rue Magloire, à Ville St-Laurent, est phonétiquement très similaire à la rue Maguire prononcée à l’anglaise.

Je suggère donc que certaines de ces rue soient renommés afin d’éviter la confusion et protéger les Montréalais et les touristes des arnaques devenues fréquentes dans l’industrie du taxi de Montréal depuis quelques années.

Référence : Toponymie Montréal – Origine du nom des rues de Montréal

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Un commentaire

| Politique municipale | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Corruption : allégations vs preuves

7 octobre 2012
Hôtel de ville de Montréal

Une allégation est simplement une affirmation, qu’elle soit étayée par des preuves ou non.

Lorsqu’un journaliste présente le résultat d’une enquête qu’il a effectuée, il est rare que les témoignages recueillis l’étaient sous serment. On pourrait lui avoir menti. De plus, personne ne jure que les photos ou les vidéos compromettantes montrées n’ont pas été truquées. Bref, ce journaliste pourrait avoir été induit en erreur.

Pour pallier à cela, les journalistes sérieux ne publient que les informations qui ont été corroborées par deux sources indépendantes.

Lorsque c’est le cas, ces reportages suffisent à me convaincre. Mais pour les tribunaux, ils n’ont aucune valeur juridique et ne sont donc que des allégations.

Un juge n’acceptera comme preuve que le témoignage présenté devant lui par une personne assermentée. Dans certaines circonstances, il pourra accepter la déclaration solennelle (habituellement écrite) d’une personne qui ne peut assister au procès.

Depuis quelques jours, certains quotidiens continuent de qualifier d’allégations les propos accusateurs d’un témoin assermenté à la Commission Charbonneau. En réalité, ce ne sont pas que des allégations : juridiquement, ce sont des preuves.

Mais il y a preuve et preuve. Par exemple, si un motard et sa compagne délurée jurent catégoriquement qu’ils non pas tué leur bébé et que toutes les traces de sang retrouvées par les experts médicaux sur les murs de la chambre de leur enfant proviendrait de l’agneau dépecé dans cette pièce en vue d’un méchoui, le juge aura tendance à croire plutôt les experts légistes et le témoignage des voisins qui ont entendu l’enfant crier durant le meurtre.

En somme, en présence de preuves contradictoires, un juge donnera préséance aux témoignages les plus crédibles.

Dans le cas du témoignage de l’ex-entrepreneur Lino Zambito, ce dernier n’est pas un enfant de coeur; malgré la sympathie qu’il inspire, on doit se rappeler qu’il a participé au système de corruption mis en place à Montréal.

Mais dans la mesure où son témoignage confirme et précise les nombreuses allégations déjà entendues de la part des journalistes d’enquête les plus crédibles du Québec, le public peut raisonnablement croire que tout ceci est vrai.

Mais pour la juge Charbonneau, ce témoignage devient la vérité lorsqu’il n’est contredit par personne ou lorsque les preuves qui le contredisent sont moins fiables.

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| corruption, Politique municipale | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le maire Gérald « 3% » Tremblay doit démissionner

2 octobre 2012
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Dans un billet publié le 18 février 2011, soit il y a un an et demi, j’écrivais : « En cautionnant l’espionnage du vérificateur général de la ville (dont il a transmis le dossier à la Sécurité du Québec, reconnait-t-il), le maire Tremblay fait la démonstration évidente que ce qui l’intéresse, ce n’est pas de s’attaquer à la corruption mais plutôt aux accusations de corruption. L’important pour son administration, ce n’est pas d’être honnête mais simplement de sembler l’être. Bref, de la pure hypocrisie.»

On apprenait hier à la Commission Charbonneau, qu’un système généralisé de corruption à l’hôtel de ville de Montréal fait en sorte que les entrepreneurs doivent verser une redevance de 3% au parti municipal de Gérald Tremblay — en plus du 2,5% versé à la mafia — pour les contrats qu’ils obtiennent de la ville de Montréal.

Confronté à ces révélations, le maire de Montréal déclare avoir la conscience tranquille.

Si Gérald Tremblay veut éviter qu’on se rappelle de lui comme le maire qui a quitté l’hôtel de ville les menottes aux mains, il aurait intérêt à démissionner maintenant plutôt que de s’acharner à nier l’évidence.

Lorsqu’un élu ne voit rien de répréhensible à être financé comme la pègre, c’est qu’il est temps qu’il quitte ses fonctions afin de protéger la respectabilité du poste qu’il occupe.

Références :
Allégations de corruption : Tremblay a « la conscience en paix »
La mafia finançait-elle le parti de Tremblay?
Le parti du maire Tremblay récupérait 3 % de la valeur des contrats accordés, selon Zambito

Paru depuis :
Et la corruption?

Détails techniques de la photo : Canon Powershot G6 — 1/25 sec. — F/2,0 — ISO 400 — 7,2 mm


Post-Scriptum : Monsieur Gérald Tremblay a finalement remis sa démission comme maire de Montréal le 5 novembre 2012, soit un mois après la publication du texte ci-dessus.

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

3 commentaires

| Politique municipale | Mots-clés : , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Occupons Montréal au chaud

5 février 2012
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Jeudi dernier, la chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Montréal accusait l’administration municipale de permettre à plusieurs employés d’une firme privée de gestion de projets, de travailler en permanence dans les bureaux de la Ville, d’avoir accès aux ordinateurs de la municipalité et de rédiger des sommaires décisionnels, c’est-à-dire les documents sur lesquels les élus se basent pour prendre des décisions et approuver l’octroi de contrats.

Cette accusation de copinage me semblait tellement invraisemblable que j’avais décidé de ne pas en parler, convaincu qu’un démenti officiel rétablirait les faits.

Mais depuis, un des dirigeants de cette firme a confirmé qu’au cours des derniers mois, de trois à cinq de ses employés travaillaient dans les locaux de la Ville — à la demande de la municipalité, a-t-il précisé — à des fins de « coordination ».

L’information a été confirmée également par le Président du comité exécutif, M. Michael Applebaum. Ce dernier juge tout à fait normal que des firmes externes s’installent dans les locaux de la Ville et que leurs employés préparent et rédigent les dossiers destinés à aider les élus à prendre leurs décisions.

En conférence de presse, M. Applebaum s’est livré à une attaque en règle contre la chef de l’opposition, accusant celle-ci de ne rien comprendre au fonctionnement de la ville.

Cette dernière n’est pas la seule : moi non plus, je ne comprends pas.

De nos jours, les télécopieurs, les logiciels de messagerie électronique ou de vidéo-conférence, permettent aux gens de travailler de concert sans proximité physique. Quelle est cette idée de permettre à une entreprise avec laquelle on entretient une relation contractuelle de venir camper en permanence dans ses locaux de l’Hôtel de ville ?

Le salaire des employés municipaux sont déterminés par des conventions collectives rigides. Lorsqu’une firme de gestion possède des antennes dans les bureaux mêmes de l’Hôtel de ville, elle est en mesure d’écrémer la municipalité de ses employés les plus brillants en leur offrant de meilleurs salaires. Elle peut prendre connaissance des arguments de ceux qui contestent à l’interne ses rapports. Elle peut même connaitre les noms de ceux qui sont réticents au renouvellement de son contrat avec la ville. En somme, elle pousse à la clandestinité les employés municipaux qui sont en désaccord avec elle.

Plutôt que d’abattre une pluie d’injures contre la chef de l’opposition, j’inviterais les dirigeants municipaux à nous expliquer les mesures qu’ils ont entreprises afin d’éviter qu’au nom de la coordination, l’hospitalité ne se transforme en copinage suspect ou que tout ne dérive vers la relation incestueuse.

Références :
Mainmise du privé sur des projets de Montréal?
Montréal juge «mensongères» les allégations de Louise Harel
Montréal trouve normal que le privé s’installe dans ses locaux
Prête-noms: Applebaum demande à Harel de démissionner
Vision Montréal exige une enquête sur les liens entre la Ville et une firme privée

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Un commentaire

| Politique municipale | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Gérald Tremblay : marionnette ou manipulateur ?

12 avril 2011
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Les acteurs

Jacques Bergeron. C’est le Vérificateur général de la ville. Son rôle est l’équivalent de celui de Mme Sheila Fraser au gouvernement fédéral. En 2009, Jacques Bergeron révélait le scandale des compteurs d’eau. Depuis, le maire de la ville et lui sont en guerre ouverte.

Claude Dauphin. Maire de l’arrondissement de Lachine. Il est également le président du Conseil municipal de Montréal et membre d’Union Montréal, le parti municipal du maire Tremblay.

Louis Roquet. Depuis janvier 2010, Louis Roquet est Directeur général de la ville. Il est au sommet de la pyramide hiérarchique de tous les employés municipaux. Son salaire est deux fois plus élevé que celui du maire Tremblay.

Pierre Reid. C’est le Contrôleur général de la ville de Montréal. Il ne faut pas confondre le poste de Vérificateur général avec celui de Contrôleur général. Dans les faits, le Contrôleur général est un super-espion qui relève directement de Louis Roquet.

Les faits

Il y a deux mois, nous apprenions que Pierre Reid (le super-espion) avait épié les courriels de Jacques Bergeron (l’ennemi du maire) pendant dix mois prétextant une mystérieuse plainte anonyme qui n’a pas été rendue publique et dont personne ne peut prouver l’existence.

Depuis ce temps, le maire Tremblay répète qu’aucun élu — seulement des employés municipaux — n’a été épié par Pierre Reid (le super-espion) et qu’aucun de leurs courriels n’avait été consulté.

Hier, on apprenait que Pierre Reid (le super-espion) avait épié les courriels de Claude Dauphin, le maire de Lachine. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a soutenu que cet espionnage avait été autorisé par la police provinciale, ce que la SQ nie catégoriquement.

Or un policier doit obtenir l’autorisation d’un juge — sur présentation d’un affidavit détaillé — pour pouvoir espionner légalement des courriels. Dans le cas des courriels du maire de Lachine ces précautions n’ont pas été prises, ce qui rend cet espionnage illégal (ce que devrait savoir Gérald Tremblay qui est avocat de formation).

De plus, le maire Tremblay a également demandé au maire de Lachine de quitter la présidence du Conseil municipal de Montréal compte tenu des faits « troublants » découverts au cours de l’enquête de Pierre Reid (le super-espion). Le dossier à ce sujet aurait été transmis à la SQ en mars 2010. La SQ ne confirme pas que les « preuves » contre le maire de Lachine aient justifié l’ouverture d’une enquête. Il n’est donc pas permis de dire que le maire de Lachine soit sous « enquête policière ».

Hier, Pierre Reid (le super-espion) a été démis de ses fonctions par le maire Tremblay. Je n’ai pas très bien compris s’il a été congédié ou simplement muté ailleurs dans la fonction publique municipale.

À mon avis, les regards devraient maintenant se tourner vers Louis Roquet, le supérieur hiérarchique de Pierre Reid.

On se rappellera qu’alors que Jacques Bergeron (le Vérificateur général de la ville) enquêtait sur les contrats de téléphonie totalisant une somme de 100 millions$ accordés à TELUS, Louis Roquet avait fait couler le rapport confidentiel du Vérificateur en faisant parvenir secrètement une copie de ce rapport à TELUS.

Dans le cas de l’espionnage illégal des courriels de Claude Dauphin, que savait Louis Roquet ? L’ex-espion s’est-il adressé directement à la SQ, sans permission de son supérieur, afin de demander qu’on enquête sur Claude Dauphin ?

De plus, il y a quelques jours, alors que Pierre Reid était encore en fonction, le maire de Montréal déclarait : « Moi, j’ai l’assurance (que Pierre Reid, le super-espion) n’a pas le droit (d’épier les élus). C’est ça qui est important. Et on me dit qu’il ne l’a pas fait. Partant de là, je me fie à ce qu’on me dit et on n’enquêtera pas sur les élus. » C’est qui ça, le « on » de « on me dit » ? Est-ce son plus haut fonctionnaire, Louis Roquet, le supérieur hiérarchique de l’ex-espion ?

Comment se fait-il que le maire Tremblay se contente de demander au directeur général, Louis Roquet, de mettre en place de nouvelles règles de conduite ? Un acte illégal a été commis, son responsable a été congédié, mais est-il le seul responsable ? Comment le saura-t-on si pour le maire, le dossier se ferme avec le congédiement de Pierre Reid ? Pourquoi son attention se porte-il exclusivement contre le maire de Lachine et les faits « troublants » qui l’accableraient ?

Au-dessus de Pierre Reid (l’ex-espion), il n’y avait que deux supérieurs : Louis Roquet et le maire Tremblay. Tant que le scandale s’arrête à Pierre Reid, l’intégrité du maire ne peut être remise en question puisque Louis Roquet lui sert de caution.

Il serait donc utile de savoir qui a transmis le dossier du maire de Lachine à la SQ : est-ce Pierre Reid (l’ex-espion) ou le Directeur général de la ville. Il est certain qu’un dossier d’une telle importance ne peut être transmis verbalement. Il a donc été transmis par écrit. Qui est le signataire de la plainte et peut-on rendre publique la lettre de présentation du dossier ?

Au pire, si c’est le maire Tremblay lui-même, comment a-t-il pu signer une dénonciation aussi grave sans se rendre compte que celle-ci repose sur l’interception illégale de courriels du maire de Lachine ? Signe-t-il aveuglément n’importe quoi ?

Références :
Le désaveu
L’opposition réclame la tête du contrôleur général
Louis Roquet revient à l’Hôtel de Ville
Montréal – La SQ nie avoir suggéré d’espionner Dauphin
Un informaticien a reçu le mandat d’enquêter sur les conseillers municipaux

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Politique municipale | Mots-clés : , , , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


%d blogueurs aiment cette page :