Au sujet du Mali

3 mai 2019


 
Le quotidien Le Devoir publie ce matin un plaidoyer en faveur du maintien d’une présence militaire canadienne au Mali.

Ce plaidoyer est écrit par Louis de Lorimier. Encore récemment, celui-ci occupait le poste d’ambassadeur canadien au Mali.

L’auteur souligne l’importance de sécuriser cette région du monde où sévissent des groupes terroristes. Il implore le gouvernement canadien de revenir sur sa décision d’interrompre après un an sa participation à la mission des Casques bleus de l’ONU au Nord-Mali.

On trouvera ci-dessous le commentaire que j’ai publié en réponse au texte de M. de Lorimier.


Le mirage d’un ex-ambassadeur
 
Les problèmes sécuritaires du Mali tirent leur origine du renversement en Libye de Kadhafi par l’OTAN.

À cette occasion, la Grande-Bretagne et la France, au nom de l’OTAN, ont déversé des millions de dollars d’armes qui, une fois Kadhafi assassiné, se sont dispersés dans la nature au fur et à mesure que les mercenaires-amis sont rentrés dans leurs pays respectifs.

C’est ainsi que des tribus nomades, armées lourdement par l’OTAN, ont vendu leurs armes aux plus offrants, dont des milices islamistes du Mali.

Permettez-moi, monsieur l’ex-ambassadeur, de vous poser deux questions.

En tant que membre de l’OTAN, le Canada a-t-il vu plus loin que le bout de son nez en votant en faveur du renversement par les armes du dictateur libyen ?

D’où vient cette manie de nous faire croire que nous avons le devoir de réparer les pots cassés par nos alliés ?

La guerre est couteuse. Le meilleur moyen d’inciter des pays producteurs de pétrole — la Libye en faisait partie — à produire au maximum, c’est d’y foutre le bordel.

Les guerres provoquées par les pays producteurs d’armements visent à maintenir bas le prix des hydrocarbures.

Et ce prix bas, c’est ce qui fait perdurer des habitudes de consommation qui sont en train de détruire la planète.

Je ne vous cacherai pas que je suis de plus en plus ulcéré de lire des plaidoyers en faveur des ‘missions’ canadiennes à l’étranger au cours desquels le Canada n’est que le complice des guerres prédatrices de l’Occident.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La technologie, talon d’Achille de la démocratie américaine

26 avril 2019

Un pays peut-il se présenter comme un modèle de démocratie lorsqu’une partie importante de ses citoyens exercent leur droit de vote sur des machines sujettes à l’erreur et aux bris mécaniques, vulnérables à la piraterie, et dont personne ne peut garantir le bon fonctionnement ?

C’est le cas des États-Unis.

Au début des années 2000, le vote à l’aide d’écrans tactiles a été testé dans un petit nombre d’États afin de réduire le cout des dépenses électorales.

À l’époque, l’informatique dématérialisée n’avait pas été créée. Le vote dit ‘électronique’ s’effectuait donc sur des machines à voter.

Brevetées, ces machines sont conçues et fabriquées par des entreprises privées. Le code source de leurs logiciels est secret.

Depuis 17 ans, les machines à voter se sont répandues dans douze États américains. Elles servent lors de référendums d’initiative citoyenne et lors des élections locales ou nationales.

Au cours des années, de nombreuses lacunes ont été corrigées. Toutefois, les machines de première génération, vendues depuis dix-sept ans, souffrent d’une conception déficiente :
• leur bon fonctionnement n’est validé par aucune firme de vérification indépendante,
• elles ne remettent aucun reçu ‘garantissant’ à l’électeur que son vote a été enregistré correctement à partir de l’écran tactile, et
• elles ne fournissent aucun de moyen de vérifier où elles en étaient rendues au moment d’une panne.

Est-ce mieux dans les États où les électeurs votent sur papier ?

Dans ces États, les résultats sont compilés sur des ordinateurs fonctionnant sous Windows™. Or des vérifications ont révélé que sur ces appareils, on n’a pas installé de mise à jour sécuritaire depuis des années.

Bref, l’infrastructure électorale des États-Unis souffre de lacunes sévères, peu importe la technologie utilisée.

Si Donald Trump avait perdu de justesse l’élection présidentielle de 2016, est-on certain qu’il aurait eu la noblesse de reconnaitre la victoire d’Hillary la malhonnête (‘crooked Hillary’), selon ses propres mots ?

Puisqu’il était impossible de recompter des dizaines de millions de votes effectués sur des écrans tactiles, qu’aurait-on fait si le multimillionnaire égocentrique avait plutôt refusé de reconnaitre le résultat du scrutin ?

Ce n’est pas la seule menace qui plane sur le système électoral américain.

Afin d’éviter que des puissances étrangères ne faussent le résultat d’un scrutin aux États-Unis, l’Académie nationale des Sciences américaine recommandait récemment que tous les électeurs votent sur des bulletins en papier destinés à être lus par des lecteurs optiques et compilés par des machines. Les bulletins eux-mêmes seraient conservés dans l’éventualité d’un recomptage. Quant à ces machines, l’Académie déconseille leur connexion directe à l’internet ou par le biais d’un réseau.

Évidemment, les fabricants des anciennes machines à voter proposent aujourd’hui de nouveaux modèles, de seconde génération, qui répondent parfaitement aux normes les plus sévères, disent-ils. Au premier coup d’œil, les nouveaux modèles semblent répondre aux exigences de l’Académie.

Sur certains d’entre eux, le vote se fait encore par le biais d’un écran tactile. Mais la machine remet à l’électeur une confirmation sur papier. L’électeur dépose ensuite la confirmation dans une urne qui sera rouverte en cas de contestation.

D’autres systèmes reposent sur l’utilisation de deux machines complémentaires. L’électeur vote d’abord sur l’écran tactile d’une machine qui ne fait qu’imprimer lisiblement son bulletin de vote. L’électeur présente ensuite ce bulletin imprimé à une deuxième machine qui numérise et enregistre son choix. Le bulletin est ensuite déposé dans une urne.

Dans un cas comme dans l’autre, certains indices laissent croire que beaucoup d’électeurs ne se donnent pas la peine de vérifier si la confirmation ou le bulletin imprimé est conforme à leur choix.

Dans le système à deux machines, le premier appareil ne fait pas qu’imprimer lisiblement le choix de l’électeur; il imprime également un code zébré qui — lui seul — sera lu par la deuxième machine. Or l’électeur n’a aucun moyen de savoir si ce code (incompréhensible) correspond à ce qu’il peut lire en clair sur son bulletin imprimé.

Des chercheurs universitaires se sont procuré des machines à voter afin de vérifier leur vulnérabilité à la piraterie. Leurs résultats ont provoqué la décertification des machines à voter de Virginie. Les fabricants de ces machines ont répliqué par des menaces de poursuite envers tous ceux qui s’opposent à leurs intérêts.

Alors que les autorités américaines tentent de renforcer la protection du système électoral contre des cyberpirates opérant de l’Étranger, on découvre une menace encore plus pernicieuse provenant de l’intérieur même des États-Unis.

Cette menace est reliée à l’opacité qui entoure la propriété des entreprises qui fabriquent et vendent les machines à voter. Ces entreprises sont souvent issues de montages financiers complexes.

En 2015, ByteGrid (le principal fournisseur de machines à voter au Maryland) a été acquis par une société ayant des liens d’affaires avec un oligarque russe.

Or il y a deux catégories d’oligarques russes : les amis de Vladimir Poutine, et ceux qui sont en prison…

C’est seulement trois ans après cette acquisition inquiétante que les responsables des élections au Maryland en ont été informés par le FBI. Depuis, la maison-mère russe s’est départie de ses intérêts dans ByteGrid.

D’autre part, les agences de renseignements américains ont découvert que parmi les entreprises ciblées par les douze agents russes expulsés l’an dernier des États-Unis, se trouvaient les éditeurs des logiciels qui font fonctionner les machines à voter.

Dans un cas précis, des pirates russes ont réussi à installer un logiciel malveillant sur le réseau d’un des fabricants de ces machines.

Pour réussir, une puissance hostile n’a pas besoin de prendre le contrôle du système électoral des États-Unis; il lui suffit de jeter le doute sur son bon fonctionnement.

Une fois le doute installé dans l’esprit des électeurs, on vient de saper la légitimité de la classe politique américaine…

Références :
America’s new voting machines bring new fears of election tampering
Securing the Vote: Protecting American Democracy
Russia is aiming to interfere in US midterm elections, warns CIA chief
‘They think they are above the law’: the firms that own America’s voting system
Why US elections remain ‘dangerously vulnerable’ to cyber-attacks

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une nouvelle constitution pour Cuba

23 décembre 2018
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En remplacement de la constitution cubaine de 1976, l’Assemblée nationale de ce pays adoptait, le dimanche 22 juillet dernier, un projet de constitution destiné à être soumis à une vaste consultation populaire.

Du 13 aout au 15 novembre 2018, 8,9 millions de personnes y ont participé sous forme de 130 000 débats locaux. Puisque Cuba compte onze-millions d’habitants, on peut dire qu’à peu près tous les Cubains adultes y ont pris part.

De plus, dans toutes les écoles du pays, les jeunes ont été invités à présenter leur vision du Cuba de demain, celui qui sera régi par cette constitution.

De cette consultation a surgi 783 174 demandes d’amendements — ajouts, modifications, et retraits — dont beaucoup ont été rejetés par les assemblées elles-mêmes tandis que d’autres ne se sont pas rendus au fil d’arrivée puisque c’étaient des doublons surgis des quatre coins du pays.

Au total, 760 corrections majeures ont été apportées au projet de constitution, affectant 134 de ses 224 articles, soit 60% du texte.

Après deux jours de débat, le texte définitif a été adopté hier à l’unanimité par le Parlement cubain.

Il reconnait d’autres formes de propriété que celle de l’État, permettant ainsi la légalisation des petites et moyennes entreprises privées.

À l’heure actuelle, l’entrepreneuriat privé emploie officiellement 591 000 personnes, soit 13% de la population active.

Cette version définitive doit être soumise à l’adoption finale par le peuple lors d’un référendum qui sera tenu le 24 février prochain.

À titre comparatif, rappelons que le Canada a connu deux constitutions depuis la confédération. Celle de 1867 était une loi du Parlement britannique. Quant à la constitution actuelle (datée de 1982), elle fut adoptée par l’ethnie dominante du pays à la suite d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec ne fut pas invité.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8 — 1/400 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 35 mm

Références :
Cuba ouvre la voie à la propriété privée avec un projet de nouvelle constitution
Cuba vote sa nouvelle Constitution qui reconnaît le marché
Le Parlement cubain adopte la nouvelle Constitution qui reconnaît le libre marché

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain

19 décembre 2018


 
Introduction

La compagnie Huawei est le deuxième fabricant mondial de téléphones multifonctionnels, derrière Samsung (mais devant Apple).

Le 1er décembre dernier, la citoyenne chinoise Meng Wanzhou a été arrêtée à l’aéroport de Vancouver à la demande du ministère de la Justice américaine (DoJ). Mme Wanzhou est directrice financière de Huawei et deuxième personne en importance dans la hiérarchie de cette compagnie.

Le premier ministre Justin Trudeau admet avoir été informé au préalable de cette arrestation, mais affirme n’y avoir joué aucun rôle. Strictement parlant, les autorités policières ont simplement obéi à une demande d’extradition émise par les États-Unis.

Depuis ce temps, trois Canadiens ont été arrêtés en Chine, en représailles, semble-t-il, à l’arrestation au Canada de Mme Wanzhou.

Les motifs de l’arrestation de Mme Wanzhou

Depuis 1977, la loi intitulée Foreign Corrupt Practices Act habilite les États-Unis, par le biais du DoJ, à poursuivre toute entreprise étrangère qui violerait une loi américaine. Et ce, même lorsque cette entreprise ne possède aucune succursale aux États-Unis et que le ‘délit’ a été commis dans un pays étranger.

Il suffit que l’entreprise effectue de l’Étranger une transaction facturée en dollars américains, qu’elle ait un site web hébergé sur un serveur américain ou qu’elle possède une adresse de courriel offerte par un service américain de messagerie.

Huawei est visé par des allégations selon lesquelles sa succursale Skycom (basée à Hong Kong) aurait tenté de vendre (ou aurait vendu) pour deux millions$US d’équipement informatique à une compagnie iranienne en 2010.

La Chine ne pouvant se procurer des ordinateurs haut de gamme, elle ne peut vendre à l’Iran que des ordinateurs bas ou milieu de gamme. De plus, on doit noter ici qu’il s’agit d’une vente (ou d’une tentative de vente) de deux-millions de dollars et non de deux-milliards.

Bref, les États-Unis cherchent des puces à Huawei.

La compagnie chinoise n’aurait violé ni une loi canadienne ni un embargo décrété par l’ONU, mais plutôt un embargo décrété unilatéralement par les États-Unis contre l’Iran.

Ne pouvant arrêter Mme Wanzhou aux États-Unis — un pays qu’elle évite soigneusement — les autorités américaines ont piégé la dirigeante chinoise à Vancouver (où Mme Wanzhou possède une résidence secondaire).

Une demande d’extradition est un processus qui peut prendre des mois ou des années avant d’aboutir, en raison des nombreuses possibilités d’appel. La décision finale reviendra au ministre fédéral de la Justice (qui ne sera pas tenu de la justifier).

Lors des attentats du 11 septembre 2001 à New York, le seul avion autorisé à quitter le sol américain ce jour-là fut celui qui ramenait vers l’Arabie saoudite des membres de la famille d’Oussama ben Laden (l’ex-chef d’Al Qaida). Ils étaient venus à Washington pour assister à un colloque d’investisseurs. Leur départ s’est fait au grand dam des autorités policières américaines qui auraient voulu les interroger.

Si Justin Trudeau avait invoqué la raison d’État pour imiter George-W. Bush, il aurait certainement provoqué la colère passagère de Donald Trump, mais il aurait évité une crise diplomatique qui ne peut se résoudre qu’en une capitulation canadienne à l’une ou l’autre des superpuissances qui s’affrontent.

En prétextant le désir de protéger les tribunaux canadiens de toute ingérence politique, M. Trudeau feint d’ignorer que la décision finale au sujet de l’extradition de Mme Wanzhou ne sera pas prise par les tribunaux, mais par son ministre de la Justice.

Le 12 décembre dernier, Donald Trump lui-même déclarait qu’il n’hésiterait pas à intervenir auprès du DoJ afin de faire retirer la demande d’extradition américaine s’il le jugeait approprié.

D’où la question : Est-il possible que toute cette affaire ne soit qu’un écran de fumée ? Plus précisément, est-il possible que les États-Unis tentent d’inféoder les pouvoirs répressifs de l’État canadien à la guerre économique qu’ils livrent à la Chine ?

Le fond de l’affaire

L’hégémonie économique des États-Unis repose en bonne partie sur leur supériorité technologique.

L’émergence rapide de la Chine à titre de géant de la téléphonie mobile repose essentiellement sur la piraterie de brevets occidentaux.

Une piraterie facilitée par des compagnies américaines qui n’hésitent pas à faire fabriquer des téléphones haut de gamme en Chine, donnant à ce pays l’occasion de découvrir tous les secrets de leur fabrication.

Afin de redonner aux compagnies occidentales une avance technologique, les États-Unis et leurs alliés tentent de mettre au point un nouveau standard de téléphonie (le 5G) dont le débit serait 100 fois plus rapide que de 4G.

En septembre 2018, l’opérateur China Telecom a testé à Shenzhen un réseau 5G ‘lent’ (seulement dix fois plus rapide que le 4G).

L’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis interdisent à leurs opérateurs téléphoniques d’offrir des téléphones de marque Huawei qui accèderaient à de futurs réseaux 5G.

Mais le Canada a autorisé un partenariat entre Huawei et Telus. Non seulement Huawei fabrique des téléphones haut de gamme, mais c’est le plus important fabricant d’équipement pour des réseaux de téléphonie mobile. On voit donc l’intérêt d’une telle association.

Toutefois cela suscite la crainte des services de renseignements. Ceux-ci accusent la Chine de chercher à pirater cette technologie.

Jusqu’ici, le Canada a fait la sourde oreille aux craintes américaines.

En plaçant le Canada en situation conflictuelle avec la Chine au sujet de Huawei, les États-Unis rendent toxique toute association commerciale avec ce concurrent chinois de l’américaine Apple.

Cela ne sera pas suffisant pour empêcher la Chine d’accéder pleinement à la technologie 5G, mais cela la retardera. C’est déjà ça.

Quant à la saga judiciaire canadienne, elle constitue un risque.

Si les tribunaux canadiens devaient reconnaitre le principe de l’extraterritorialité des lois américaines, le Canada s’en mordra les doigts le jour où ce sera une compagnie canadienne qui sera ciblée par les Américain parce qu’elle leur fait de l’ombre.

Concrètement, la reconnaissance de ce principe par le Canada signifie que non seulement notre pays extradera ceux qui se sont enfuis au Canada dans le but d’échapper à la justice américaine, mais également ceux n’ont jamais mis les pieds aux États-Unis —  et conséquemment, qui n’y ont jamais commis de crime — mais qui ont fait dans n’importe quel pays du monde des choses interdites par les Américains.

Le véritable enjeu de l’affaire Huawei, c’est la souveraineté du Canada. Un enjeu qui est d’abord et avant tout politique. Mais un enjeu qui devient juridique lorsque les dirigeants du Canada s’en remettent aux tribunaux pour défendre l’intérêt national.

Pour régler immédiatement cette crise, le ministre de la Justice du Canada n’a qu’à déclarer que notre pays ne reconnait pas le principe de l’extraterritorialité des lois américaines et conséquemment, ne peut donner suite à des demandes d’extradition basées directement ou indirectement sur ce principe.

Autrement, le Canada consentirait implicitement à avoir un statut analogue à celui de la France libre du maréchal Pétain…

Conclusion

Depuis quelques temps, le monde est entré en régression.

L’affaire Huawei rappelle cette époque où, parfois, un petit royaume servait de champ de bataille à des puissances hégémoniques.

Dans ce cas-ci, on a un petit pays, vassal d’un plus grand, qui se trouve dans la tourmente.

Son impétueux voisin lui ordonne de participer à un rapt.

Au final, l’unique but de ce rapt, c’est de ne libérer la captive que sur paiement d’une rançon colossale payée par Huawei à l’État américain (par l’intermédiaire de son bras juridique).

Bref, l’affaire Huawei n’est qu’une triste histoire de brigands modernes.

Références :
Affaire Huawei: le Canada coincé entre le marteau chinois et l’enclume américaine
5G
Huawei
Huawei affair reveals superpowers’ imperial rules of engagement
Huawei CFO Meng Wanzhou’s arrest: What you need to know
La directrice financière de Huawei libérée sous caution
La directrice financière de Huawei soupçonnée de fraude par les États-Unis
L’extraterritorialité du droit américain, instrument de guerre économique
Ottawa confirme l’arrestation d’un troisième Canadien en Chine
Quand la fuite de la famille Ben Laden passait par Genève: le récit du vol qui embarrasse Bush
Trump says he would intervene in Huawei case

Parus depuis :
L’affaire Huawei touche à la rivalité stratégique entre la Chine et les Etats-Unis (2018-12-20)
Chine: nouveau procès pour un Canadien accusé de trafic de drogue (2018-12-29)
Le droit américain est devenu une arme de répression et de dissuasion massives (2019-01-21)
Des accusations «politiques» (2019-01-29)
Trump perd une bataille dans sa guerre contre le chinois Huawei (2019-02-18)
Comment la 5G est devenue un enjeu géopolitique (2019-05-07)

Détails de la photo : Droits appartenant à Luckybusiness. Photo distribuée par la banque d’images Onepixel.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La cotisation britannique à l’Union européenne

16 janvier 2018


 
Le 31 octobre dernier, l’Office national des statistiques de Grande-Bretagne rendait public le montant dû en 2016 par le gouvernement britannique à Bruxelles pour l’appartenance du pays à l’Union européenne.

Il ne s’agit pas d’une somme cumulative due en raison d’arriérés ni d’un bilan qui serait négatif des avantages et des inconvénients de l’appartenance au marché commun. Ce n’est que de la cotisation annuelle de 2016 due par cet état membre à l’Union.

En raison de sa population et de la taille de son économie, la contribution brute du pays est de 32,3 milliards$ canadiens (21,2 milliards d’€).

Pénalisé par la politique agricole commune de l’Union, le pays reçoit depuis 1984 un rabais dont ne bénéficie aucun autre membre de l’Union.

Estimé à 8,5 milliards$ (5,6 milliards d’€), ce rabais porte la contribution ‘semi-brute’ du pays à 23,8 milliards$ (15,7 milliards d’€).

Toutefois, Bruxelles verse en retour 7,5 milliards$ (5,0 milliards d’€) à Londres en vertu de différents programmes.

Par exemple, il reçoit 613 millions$ du Fonds européen de développement régional et 4,1 milliards$ du Fonds européen d’orientation et de garantie agricole, soit des sommes que le gouvernement de Londres distribue ensuite aux acteurs privés du développement régional et aux agriculteurs du pays.

Ce qui fait que la contribution nette du gouvernement à l’Union est, en principe, de 16 milliards$ (11,0 milliards d’€).

Toutefois, cela ne tient pas compte des sommes versées directement au secteur privé britannique (c.-à-d. sans l’être par l’intermédiaire de l’État), par exemple aux universités du pays. Ces sommes représentent un autre 2 milliards$ (1,3 milliard d’€).

Finalement, le ‘billet’ pour appartenir au marché commun européen représente 14 milliards$ (15,8 milliards d’€), soit 1 % du budget de l’État britannique.

Références :
Accord de Fontainebleau
Fonds européen d’orientation et de garantie agricole
The UK contribution to the EU budget


© 2010 — Carte de Google Maps (modifiée)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un symbole anti-Trump

21 août 2017

Donald Trump est le 45e président des États-Unis.

C’est en février dernier que l’artiste américain Mike Mitchell a créé ce symbole graphique. Il est composé du nombre 45 rayé par une barre oblique (comme sur les avis d’interdiction).

Depuis le soutien implicite de Trump aux suprémacistes blancs, ce symbole se répand comme une trainée de poudre sur les médias sociaux.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pour le retrait de l’Arabie saoudite de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies

4 mai 2017


 
Avant-propos : Le texte qui suit est la deuxième version d’un texte paru plus tôt aujourd’hui sous un titre erroné.

Dans sa première version, ce texte déclarait que le Canada était membre du Conseil économique et social de l’ONU, soit l’organisme responsable de la nomination de l’Arabie saoudite à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies.

Cela est inexact : le Canada en a démissionné en 2014. Il n’a donc pas participé à l’élection de l’Arabie saoudite, contrairement à ce que j’affirmais plus tôt.

Je m’en excuse.


 

Le 19 avril 2017, l’Arabie saoudite a été élue membre de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CCF). Cette commission est le principal organe intergouvernemental mondial dédié exclusivement à la promotion de l’égalité des sexes.

Pourtant, selon le Forum économique mondial sur les inégalités sexuelles, la dictature saoudienne occupe un des derniers rangs mondiaux à ce sujet.

Très justement, dans une lettre publiée aujourd’hui dans Le Devoir, des intellectuels québécois rappellent que lors de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, l’Arabie saoudite s’était abstenue de voter à l’ONU sous le motif de l’incompatibilité de son régime politique avec le principe d’égalité entre les femmes et les hommes garantie par cette déclaration.

La misogynie est très répandue en Asie. Mais l’Arabie saoudite se distingue par le fait que c’est le seul pays sur Terre qui exporte et promeut sa misogynie par le biais du wahhabisme.

Selon les documents officiels de l’Arabie saoudite, ce pays a dépensé environ 70 milliards de dollars américains entre 1975 et 2002 à la promotion de son idéologie haineuse.

L’élection de ce pays à la CCF est donc un scandale; c’est la démonstration du pouvoir corrupteur de l’argent, même à l’ONU.

S’il devait se prononcer à ce sujet, le Canada sera tenté de protester du bout des lèvres, comme il l’a fait dans sa défense pitoyable de Raïf Badawi.

Cette mollesse se justifiera ici par la crainte de mettre en péril les emplois créés par l’achat saoudien de blindés canadiens.

De plus, le Canada a l’ambition de retrouver le siège prestigieux qu’il occupait autrefois au Conseil de sécurité de l’ONU.

Or grâce à ses pétrodollars, l’Arabie saoudite contrôle un certain nombre de votes qui pourraient s’avérer précieux si le scrutin à ce sujet devait être serré.

La diplomatie canadienne ne voudra donc pas indisposer l’Arabie saoudite puisqu’une victoire au Conseil de sécurité lui apportera plus de gains politiques au sein d’une population canadienne présumée stupide et manipulable que le discrédit à son égard que pourraient tenter de susciter quelques féministes dont on oubliera vite l’indignation.

Afin de lutter contre une stratégie diplomatique qui trahit les valeurs fondamentales d’égalité des sexes, j’invite tous les lecteurs de ce blogue à écrire au premier ministre du Canada, M. Justin Trudeau pour exiger que le Canada entame une offensive diplomatique destinée à obtenir le retrait de l’Arabie saoudite de la Commission de la condition de la femme de l’ONU.

Le droit des femmes à l’égalité a préséance sur les ambitions vaniteuses du Canada d’occuper un siège au Conseil de sécurité.

Conséquemment, tous les mouvements féministes au pays se doivent d’entreprendre une action concertée dans le but de forcer la main du gouvernement Trudeau.

Sans un vaste élan de solidarité et un appel au respect de la dignité des femmes, ce gouvernement s’aplatira devant la dictature saoudienne.

C’est donc le temps d’agir.

Références :
Commission de la condition de la femme
L’Arabie saoudite ne peut défendre les droits des femmes à l’ONU
Le prosélytisme de l’Arabie saoudite
Saudi Arabia’s election to UN women’s commission draws ire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’élection de Trump : l’erreur des sondages

18 décembre 2016

La victoire électorale de Donald Trump a été une surprise pour presque tous les analystes politiques. Ces derniers se basaient sur les sondages d’opinion, unanimes à prédire la victoire d’Hilary Clinton.

Effectivement, celle-ci a obtenu deux à trois-millions de votes de plus que son adversaire. Pourtant, elle a perdu cette élection en raison d’un système électoral vicié.

En premier lieu, il est vicié par le rôle joué par le Collège électoral. Celui-ci est le verrou mis en place au XVIIIe siècle par les élites révolutionnaires pour se protéger, en cas de besoin, de l’immaturité politique du peuple américain (dans lequel ils n’avaient pas confiance).

Deuxièmement, il est vicié par une multitude de mesures adoptées pour enrayer la démocratie américaine. Sans ces mesures, l’écart entre les deux candidats aurait été encore plus grand et la victoire de Mme Clinton plus certaine.

À la lecture de la section intitulée ‘Ending Voter Suppression’ du livre ‘Our Revolution’ de Bernie Sanders, on apprend quelques-uns des moyens utilisés par les Républicains pour faire obstacle à tous ceux qui ont tendance à voter contre eux.

Sous le prétexte de lutter contre la fraude (à peu près inexistante), certains États exigent la présentation d’une pièce d’identité sur laquelle apparait la photo du détenteur. Cette carte est émise par l’État.

Invoquant l’austérité, l’Alabama a raréfié les bureaux où les Noirs se présentaient afin d’obtenir cette carte, ce qui complique leurs démarches afin de l’obtenir.

Dans les États où cette exigence s’applique, on a calculé que cela fait perdre aux candidats démocrates 8,8% de leurs appuis et aux candidats républicains 3,6%.

Au Québec, l’inscription sur les listes électorales se fait automatiquement lors des recensements. Aux États-Unis, il faut s’inscrire.

En éliminant le vote anticipé et la possibilité de s’enregistrer sur place lors du scrutin, les Républicains ont rendu plus compliqué l’exercice du droit de vote pour les catégories de citoyens négligents dans l’exercice de leurs devoirs civiques, les jeunes et les pauvres notamment.

De plus, on a diminué le nombre de bureaux de vote et de préposés à la votation dans les quartiers ‘noirs’.

Le résultat, c’est qu’à l’élection de 2012 (on n’a pas les données pour 2016) le temps d’attente pour voter dans les quartiers ‘blancs’ a été de 11,6 minutes alors qu’il a été de 23,3 minutes dans les quartiers ‘noirs’.

Dans des cas extrêmes, il faillait attendre six ou sept heures pour voter.

Contrairement au Canada où la loi oblige l’employeur à permettre à ses employés d’exercer leurs devoirs civiques, toute élection américaine qui a lieu à un autre moment que lors d’un congé ou d’un jour férié rend l’exercice du droit de vote impossible aux Américains qui cumulent plusieurs emplois pour joindre les deux bouts.

Au Canada, on estime que l’incarcération seule est la punition du condamné. Dans certains États américains, on a ajouté à cette punition la suppression de leur droit de vote.

Ce droit n’est pas automatiquement restauré lorsqu’une personne sort de prison; l’ex-prisonnier doit s’inscrire.

Cela ne peut se faire qu’après avoir effectué un certain nombre de démarches préalables comme avoir trouvé un domicile.

Le résultat est qu’environ 13% des Noirs américains (dont ceux qui ont été emprisonnés pour des délits mineurs) sont privés du droit de vote. Cela représente deux-millions de citoyens.

Voilà pourquoi la prédiction des résultats du scrutin est toujours très hasardeuse aux États-Unis lorsque les candidats sont presque nez à nez.

Croire que l’écart entre le vote et les sondages s’explique par la volatilité du choix des indécis est simpliste. Cet écart s’explique plutôt par le fait qu’on répond aux sondages beaucoup plus facilement qu’on y vote.

Les Américains aiment proclamer que leur pays est un modèle de démocratie. On conviendra qu’il s’agit-là d’un modèle très améliorable…

Références :
Élection de Trump: la colère d’un grand électeur
Le mensonge des statistiques
Our Revolution: A Future to Believe In

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le décès de Fidel Castro et la diplomatie canadienne

28 novembre 2016

Lors du décès d’un chef d’État étranger, une des tâches du premier ministre est d’exprimer des regrets. Sincères ou non, c’est son devoir.

Au décès du roi Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, en 2015, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, écrivait que le roi Abdallah était un ardent défenseur de la paix au Moyen-Orient.

En réalité, sous la dictature de ce tyran, l’Arabie saoudite était la plaque tournante du terrorisme international, finançait la guerre en Syrie et persécutait sa minorité chiite, de même ses dissidents politiques (dont Raïf Badawi).

En Grande-Bretagne, le premier ministre David Cameron était même allé plus loin. Ne craignant pas le ridicule, il avait prédit qu’on retiendrait du monarque décédé ses efforts pour la paix et pour la compréhension interreligieuse. Bref, n’importe quoi.

À la suite de l’hommage sincère de Justin Trudeau à Fidel Castro, ses propos élogieux ont soulevé la colère des milieux de Droite du Canada et des États-Unis.

L’affinité de Justin Trudeau pour le leadeur cubain peut s’illustrer par la photo ci-contre, où la ressemblance entre les deux chefs d’État est frappante.

Quelle ne fut donc pas ma surprise en lisant hier que Justin Trudeau reconnaissait que Fidel Castro était un dictateur.

Disons-le franchement : par définition, le communisme est la dictature du prolétariat.

Reste à savoir si, dans un régime communiste, c’est le peuple qui est le dictateur ou si les dictateurs sont plutôt ceux qui exercent le pouvoir en son nom.

Une telle distinction est académique. Ce qui m’importe, ce sont les résultats.

Comparé aux États-Unis, Cuba possède un taux de mortalité enfantine plus faible, une espérance de vie plus longue et un taux d’alphabétisation plus élevé.

Les forces policières cubaines sont beaucoup moins militarisées que leurs équivalentes américaines. Conséquemment jamais personne n’est tué au cours d’une arrestation à Cuba. Même quand cette personne est de race noire…

De plus, le taux d’incarcération y est infiniment plus faible car les États-Unis ont celui le plus élevé au monde.

En contrepartie, la liberté d’expression politique à Cuba est absente et on peut y voir une pauvreté généralisée (sans toutefois qu’on puisse parler de misère).

Certains vous diront que rien n’est plus précieux que la liberté d’expression. En tant que blogueur, je serais mal placé pour minimiser l’importance d’une telle liberté.

Toutefois, dans la préséance des divers droits et besoins humains, il m’apparait évident que le droit à la vie et le droit à la santé ont préséance sur le droit à la dissidence.

Bref, en dépit de tous les défauts du régime totalitaire cubain, une plus grande proportion de Cubains se sentaient aimés de Fidel Castro que la proportion d’Américains qui sentent de l’empathie à leur égard de la part de Donald Trump.

Références :
Le roi Abdallah d’Arabie saoudite est mort
Saudi Arabia’s King Abdullah dies at 90
Trudeau reconnaît que Fidel Castro était un dictateur

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Écrit par Jean-Pierre Martel


César Trump

18 novembre 2016
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Trump arrive à Washington comme Jules César est entré à Rome.

À la grande crainte des Sénateurs romains, ce dernier, égocentrique et ambitieux, a traversé le Rubicon auréolé de ses victoires en Gaule.

Trump arrive à Washington, là où l’attendent des dizaines et des dizaines de Brutus.

Il a d’immenses pouvoirs en matière de politique étrangère mais il est soumis au congrès pour faire passer son agenda politique.

Et tout comme la présidente du Brésil (destituée par une caste politique corrompue), Trump n’a de choix que de faire la carpette devant ceux sur lesquels il a craché durant sa campagne électorale. Est-ce bien dans son tempérament ?

Ses placards renferment des dizaines de Monica Lewinsky et des centaines de magouilles commerciales plus ou moins légales, bref de la matière juteuse à une cause de destitution à laquelle tout le monde songe.

Dans les sombres soubassements du pouvoir, on entend déjà le bruit des meules qui aiguisent les poignards.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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