Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes

27 décembre 2020

Introduction

Dans son édition de février 2015, le bimestriel La Revue publiait une entrevue accordée par le poète syrien Ali-Ahmad Saïd-Esber.

À la question : « Que reprochez-vous aux (sociétés) arabes ?», celui-ci répondait :

D’abord une culture fondée sur une conception du pouvoir liée à l’argent et à la tribu (…).

Les Arabes n’ont pas réussi à créer un seul État de citoyenneté. Seulement des régimes basés sur des alliances tribales où la valeur de l’individu ne se définit pas par ses qualités intrinsèques mais par sa couleur ethnique et religieuse, et par sa relation avec le zaïm [NDLR – mot qui signifie chef charismatique ou leader politique].

La logique intérieure de la vie arabe est une logique fondée sur l’appartenance. C’est un monde habité par une peste sociologique et ethnique.

À la manière des sociétés arabes vues par le poète syrien, il suffit de syntoniser la télévision américaine pour être frappé par l’importance accordée aux divers groupes ethniques qui composent ce pays.

L’importance ethnique

Au Québec et en France, dès qu’un nouveau chef de gouvernement annonce la composition de son Conseil des ministres, on y évalue la compétence des titulaires et la place faite aux femmes.

Le reste (l’ethnie, la religion, voire l’orientation sexuelle) est jugé secondaire.

Aux États-Unis, la place des femmes est également prise en considération. Mais ce qui retient surtout l’attention, c’est la nomination de ministres issus de divers groupes ethniques; première femme Autochtone à occuper tel poste, premier Latino-Américain ou premier ‘Noir’ à occuper tel autre poste, et ainsi de suite.

Avec ses 328 millions d’habitants, les États-Unis sont suffisamment populeux pour qu’on puisse y trouver des gens compétents au sein de n’importe quel groupe ethnique.

Mais l’accent porté à l’ethnie contribue à enraciner son importance en tant que facteur identitaire. C’est ainsi que les études ont démontré que les entrepreneurs américains issus de divers groupes ethniques privilégient les liens d’affaires avec leurs semblables.

L’importance de la pigmentation de la peau

Chez nos voisins du Sud, on distinguait autrefois les ‘Noirs’ et les ‘Blancs’ : depuis l’abolition officielle de la discrimination raciale, les unions interethniques ont fait en sorte qu’on parle de plus en plus des ‘Black and Brown people’ (des gens Noirs ou Bruns).

En vertu de la même logique, on peut anticiper qu’il sera bientôt question des ‘Black, Brown and Beige people’. Et finalement, des ‘Black, Brown, Beige and Off-White people’. Parce qu’on réalise très vite qu’aux États-Unis, on perd le statut de ‘Blanc’ dès qu’on n’est pas ‘pure-race’.

Quand la ‘race’ sert de paravent à la pauvreté

Au sujet du Covid-19, la télévision américaine rapporte parfois les taux de mortalité selon la race; chez les ‘Blancs’, les ‘Noirs’ et les Latino-Américains. Mais jamais ou presque selon le revenu familial.

Or il n’existe aucune preuve que les ‘Noirs’ et les Latino-Américains souffrent d’une vulnérabilité intrinsèque (c’est-à-dire génétique) au virus.

S’ils sont plus atteints, c’est en raison de leur condition sociale; appartements surpeuplés, promiscuité intergénérationnelle, de même que l’éloignement des cliniques où ils pourraient être diagnostiqués précocement, des pharmacies où ils pourraient se faire vacciner, et des épiceries offrant des aliments frais (d’où l’obésité et le diabète prédisposant à la pandémie).

Dans ce pays dominé par la droite ou l’extrême droite, on juge préférable de ne pas parler de l’influence de la pauvreté sur les taux de mortalité au Covid-19. Car cela alimenterait le discours de ceux qui réclament plus de justice sociale.

En mettant l’accent sur l’effet de la ‘race’, cela fait qu’on n’y peut rien; si les ‘Noirs’ et les Latino-Américains sont plus atteints, c’est parce que Dieu les a faits ainsi…

L’assimilation idéologique du Québec

Comme une ile entourée par un océan d’Anglophones, le Québec est à la frontière de ce tribalisme auquel nous sommes exposés par le biais de l’énorme influence culturelle et politique de nos voisins.

L’appropriation culturelle

On se rappellera de la controverse au sujet des pièces SLĀV et Kanata, accusées d’appropriation culturelle.

Appliqué aux arts de la scène, ce concept consiste à interdire aux créateurs québécois d’aborder des sujets sensibles — le KKK, l’esclavagisme noir américain, les réserves indiennes, les pensionnats autochtones — qui correspondent aux squelettes que le colonialisme anglo-saxon cache dans ses placards.

Colliger des données selon la ‘race’

En juin dernier, le Nouveau Parti démocratique (NPD) réclamait que le gouvernement fédéral punisse le Québec en raison de son refus de compiler des données au sujet du Covid-19 en fonction des ‘races’ et des origines ethniques.

Lorsque l’Institut national de Santé publique lance une campagne de sensibilisation dans l’arrondissement de Montréal-Nord, il ne le fait pas parce qu’on y trouve des ‘Noirs’, mais parce que le nombre de cas y est plus élevé qu’ailleurs.

Et les masques qu’on y distribue gratuitement ne sont pas donnés exclusivement aux minorités ‘visibles’, mais à tous puisque la contagion affecte tous les pauvres du quartier, peu importe la pigmentation de leur peau.

Concrètement, ce que demandait le NPD, c’est qu’en remplissant des questionnaires à ce sujet, on estime à quelle ‘race’ appartient la personne qu’on évalue. Ce qui contribue à entretenir ce concept fallacieux.

En effet, le racisme ne consiste pas à observer une différence de pigmentation de la peau, mais à y attacher une importance particulière.

L’exemple de McGill

Dans une lettre publiée récemment dans le quotidien Le Devoir, le professeur Martin Drapeau de l’université McGill écrit :

…voici que cette année, nos programmes comptent introduire une nouvelle échelle (…) pour favoriser l’admission d’étudiants issus de groupes dits minoritaires et adhérant à une définition de la « justice sociale » selon laquelle toute minorité est de facto opprimée.

Ce dont il s’agit, ce n’est pas d’une politique de discrimination positive en faveur de groupes ethniques victimes jusqu’ici de discrimination à l’admission, mais d’une politique favorisant le multiculturalisme, perçu comme un idéal en soi au sein de la communauté universitaire.

En réalité, qu’elle soit positive ou non, la discrimination a toujours fait partie de l’ADN de McGill.

Au cours de la première moitié du XXe siècle, dans chaque faculté, l’admission des étudiants de ‘race juive’ (comme on disait à l’époque) était contingenté; la majorité des étudiants y devait être de ‘race britannique’.

Hier comme aujourd’hui, la discrimination ethnique à McGill découle du même tribalisme qui, selon l’époque, donne des résultats différents, voire opposés.

Conclusion

Les États-Unis et le Canada sont nés de l’épuration ethnique des Autochtones par des colons européens.

De manière générale, l’appartenance ethnique est la fondation sur laquelle sont édifiées les sociétés anglo-saxonnes; ce sont des sociétés inégalitaires au sein desquelles chacun doit demeurer à sa place.

Lorsqu’un ‘Noir’ accède à la présidence américaine, il provoque immédiatement l’explosion du nombre de milices d’extrême droite partout à travers le pays. Des milices qui se donnent la mission de rétablir la suprématie violente de la ‘race blanche’.

Ce tribalisme est omniprésent. Dans ce pays, même l’antiracisme perpétue involontairement l’importance démesurée attachée à la pigmentation de la peau.

Strictement parlant, ce n’est pas la faute des peuples anglo-saxons; ceux-ci sont nés dans ce tribalisme qui les accompagne toute leur vie. Au point qu’ils ne le voient plus.

Lorsqu’on examine l’évolution du Québec depuis le dernier référendum, on constate que pour l’élite anglophone du Canada, il ne suffit pas que le Québec renonce à faire son indépendance politique; il lui faut ensuite abandonner ses valeurs républicaines (dont sa conception de la laïcité) et adopter l’idéologie raciste de nos colonisateurs.

De manière à ce que l’idée même de société distincte soit vide de sens, parallèlement à la bilinguisation de Montréal, étape intermédiaire vers l’extinction irréversible du peuple francoQuébécois.

Défendre ce que nous sommes, ce n’est pas seulement défendre le français. C’est défendre les idéaux de la Civilisation occidentale à laquelle nous appartenons contre le tribalisme barbare qui nous entoure.

Références :
Adonis (poète)
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
Diversité ou discrimination? le cas universel de McGill
Le néo-racisme multiculturel du NPD
L’invention des races humaines

Paru depuis :
Des organisations « pas suffisamment noires » écartées d’un programme fédéral (2021-01-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Plus de 182 enfants séparés de leurs parents à la frontière canadienne

13 décembre 2020

Parmi toutes les mesures antimigratoires adoptées par nos voisins du Sud, la plus controversée est sans doute celle qui a consisté à prendre en otage les enfants d’immigrants afin de punir leurs parents d’avoir traversé illégalement la frontière américaine.

C’est ainsi qu’aux frontières de ce pays, plus de 2 300 enfants et adolescents ont été détenus séparément entre le 5 mai et le 9 juin 2018.

Dans un pays profondément raciste comme les États-Unis, il est imprudent de confier la vie d’étrangers vulnérables aux soins des forces de l’ordre de ce pays.

Effectivement, quelques-uns de ces enfants sont décédés alors qu’ils étaient sous la garde des services frontaliers américains, dont une fillette de sept ans, morte de soif.

Au Canada, cette pratique est évidemment interdite. Du moins, officiellement.

Selon une directive émise en 2017, les douaniers canadiens ne doivent pas séparer les familles ni les emprisonner, sauf dans des cas exceptionnels.

En dépit de cette directive, seulement au Québec, en 2019, 182 enfants ont été séparés d’un parent détenu à des fins d’immigration.

Compte tenu du fait que la population canadienne est le dixième de celle des États-Unis, cela signifie que le Canada fait pareil… sauf que — Dieu merci — aucun enfant n’en est mort jusqu’ici.

À Laval, le Centre de surveillance de l’immigration est en réalité une prison à immigrants.

Le 10 décembre dernier, Radio-Canada rapportait le cas d’un père de famille brésilien arrivé au Québec, dix jours après son épouse enceinte.

Parce qu’il est arrivé au pays sans papier, cet homme n’a pu faire la preuve de sa paternité à l’égard d’un garçon de quatre ans et d’une fillette de deux ans qui l’accompagnaient.

En dépit des pleurs du père et de ceux des enfants qui lui criaient ‘Papai’, il n’est pas venu à l’esprit des douaniers que cet homme pouvait dire la vérité. Conséquemment, ceux-ci ont décidé de séparer ces trois personnes et de transférer les enfants à la Protection de la jeunesse.

Celle-ci n’a rien trouvé de mieux à faire que de confier les deux enfants à deux familles d’accueil différentes.

Références :
Séparé de ses enfants à la frontière par l’Agence des services frontaliers
Un cinquième enfant migrant est mort aux États-Unis depuis décembre
Une fillette meurt de soif en détention aux États-Unis

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Rapatriement des terroristes canadiens de Syrie : l’humanisme niais du Devoir

7 octobre 2020

Introduction

Sous le titre ‘Pour que justice soit rendue’, le quotidien Le Devoir publie aujourd’hui une chronique qui réclame le rapatriement des terroristes canadiens de Syrie afin qu’ils soient jugés ici.

Les limites de la justice

En droit criminel, il vaut mieux innocenter cent coupables que de condamner un seul innocent.

Voilà pourquoi un tribunal ne condamnera un accusé que s’il ne subsiste plus, dans l’esprit du juge, aucun doute raisonnable quant à sa culpabilité.

C’est ce qui explique l’incapacité intrinsèque du système judiciaire de punir les coupables de certains crimes à caractère sexuel lorsque la parole d’une victime (généralement une femme) s’oppose au témoignage du coupable (généralement de la même classe sociale que le juge).

Malgré cela, il arrive parfois que l’on condamne à tort un innocent. Le 26 septembre dernier, l’émission Josélito au cœur du monde en présentait trois exemples, dont celui — à faire pleurer les roches — d’Aaron Faucher-Laprise.

Beaucoup plus souvent rencontre-t-on la situation inverse.

Un des plus importants homicides de l’histoire du Québec fut celui de 47 personnes à Lac-Mégantic en 2013.

Après avoir échoué à faire condamner trois employés subalternes — boucs émissaires dans cette histoire — les avocats de la poursuite ont renoncé à accuser les vrais coupables, soit les dirigeants de la compagnie ferroviaire. Bref, personne n’a été condamné pour cette tragédie.

La corruption sous le gouvernement libéral de Jean Charest est un autre cas où personne n’a été condamné, grâce à la complicité probable de la DPCP et à celle évidente de l’UPAC.

Des questions sans réponse

Peut-on croire sérieusement qu’il sera possible de réunir les preuves irréfutables de crimes commis par les terroristes canadiens en Syrie alors que les témoins et les survivants de leurs méfaits vivent à des milliers de kilomètres d’ici ?

Comment un tribunal pourrait-il faire respecter un ordre de venir témoigner au Québec quand notre pays n’entretient plus aucune relation diplomatique avec le gouvernement officiel de Syrie ?

Les vols internationaux ayant été suspendus dans presque tous les pays en raison de la pandémie, est-on certain de pouvoir faire témoigner des victimes par vidéoconférence alors que l’aviation canadienne a gracieusement contribué à détruire 98 % des infrastructures syriennes, dont l’accès à l’internet ?

Par-dessus tout, comment peut-on condamner par erreur quiconque s’est rendu en Syrie pour servir de mercenaire à Daech ?

Conclusion

La seule manière d’assurer aux terroristes canadiens un procès juste et équitable, c’est qu’ils soient jugés dans le pays où auraient été commis les méfaits dont on les accuse. En effet, c’est là que se trouvent ceux qui pourraient leur fournir un alibi ou témoigner en leur faveur.

La guerre en Syrie a fait plus de 350 000 morts, dont 175 000 femmes. Les survivants d’actes terroristes dans ce pays ont droit de connaitre la vérité eux aussi.

Au sujet des djihadistes canadiens, plaider leur rapatriement en invoquant un humanisme de peccadille est une manière détournée d’obtenir leur libération à l’issue d’un procès bâclé où on n’aura ni la preuve de leur culpabilité ni la preuve de leur innocence.

Or un seul djihadiste canadien qui rentre au pays pour y commettre un attentat terroriste est un djihadiste de trop.

Références :
Pour que justice soit rendue
Syrie : Terroristes à donner

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Écrit par Jean-Pierre Martel


CHSLD : l’ivresse du pouvoir à Ottawa

26 septembre 2020

La mortalité causée par le Covid-19

Au Québec, les quatre cinquièmes des décès survenus le printemps dernier en raison du Covid-19 sont survenus dans des résidences pour vieillards.

À des degrés divers, ce fut également le cas dans les autres provinces canadiennes et dans tous les pays européens où prévaut l’idéologie néolibérale.

Cette idéologie prescrit le désinvestissement des États dans leur filet de protection sociale afin de favoriser leur compétitivité économique.

Au fil des décennies, le gouvernement canadien a réduit son aide financière aux provinces au chapitre de la Santé. Conséquemment, les provinces ont réagi en diminuant le financement de leurs établissements de Santé, notamment de leurs hospices.

Jusqu’à cette année, leur sous-financement chronique avait passé inaperçu. Mais il a suffi d’une crise sanitaire mondiale pour que tout tourne à la catastrophe.

D’autre part, une étude épidémiologique récente a révélé qu’environ 247 voyageurs internationaux sont à l’origine des soixante-dix-mille cas et des six-mille morts au Québec.

Il aurait suffi qu’Ottawa ferme les frontières du pays une semaine plus tôt pour que des centaines de Québécois — peut-être des milliers — aient la vie sauve.

Évidemment, on aime insinuer que les personnes décédées sont surtout des vieillards qui seraient morts quand même quelques jours plus tard s’ils n’avaient pas été fauchés par la pandémie.

Malheureusement, la vérité est que, dans probablement la majorité des cas, leur espérance de vie a été amputée de quelques années.

En sabrant ses transferts en Santé vers les provinces et en tardant à fermer les frontières du pays, Ottawa porte une lourde responsabilité dans le bilan humain de la pandémie au Canada.

L’occasion fait le larron

En raison des lacunes révélées lors de la pandémie, les provinces canadiennes se proposent de réinvestir massivement dans leurs hospices avec l’aide du gouvernement fédéral.

Profitant de l’occasion, le gouvernement fédéral leur a fait savoir que son aide ne serait pas inconditionnelle et qu’il entend les soumettre au respect de normes fédérales qu’il entend adopter.

Hier, à la reprise des travaux parlementaires, le premier ministre du Canada a déclaré qu’il se refuse à envoyer des chèques en blanc aux provinces. Des chèques en blanc ?

À l’entendre, il serait facile d’oublier qu’il parle de notre argent et non du sien. Quand l’impôt et les taxes payés par les contribuables passent de la poche d’un gouvernement à celle d’un autre, cela demeure notre argent.

Et plus cet argent passe d’une poche à l’autre sans paperasserie administrative, plus cet argent est utilisé là où il le faut, c’est-à-dire à prodiguer des soins.

Or les entités gouvernementales les plus compétentes au pays pour s’occuper de Santé, ce sont les provinces.

Si le gouvernement fédéral avait vraiment à cœur la santé des Canadiens, il n’aurait pas laissé toutes grandes les portes du pays à une pandémie mortelle.

Des questions

Dès l’élection d’un parti conservateur à Ottawa, voulons-nous que l’aide médicale à mourir en CHSLD cesse d’être financée à ceux qui en ont le droit parce que cela est contraire aux valeurs morales du nouveau gouvernement fédéral ?

Voulons-nous que les fonctionnaires du Québec découvrent qu’il est préférable de rédiger en anglais les rapports exigés par Ottawa en raison du fait que les fonctionnaires fédéraux travaillent dans cette langue ?

Étant donné que le Québec est la seule province qui a mis sur pied un réseau de garderies publiques, si le Québec veut se doter d’un réseau d’hospices qui ne cadre pas avec les critères pancanadiens, est-ce que nos vieillards en seront privés au motif qu’une telle mesure dévie des normes canadians dictées par un gouvernement qui ne connait rien en Santé ?

Conclusion

L’accommodement raisonnable le plus pernicieux exigé du peuple francoQuébécois, c’est d’être constamment en deçà de ce qu’il aspire à être dans le but de se soumettre aux dictats de l’ethnie dominante du pays.

La seule manière de nous libérer de cette tutelle, c’est de créer une société meilleure, en rupture avec l’État pétrolier canadien : en somme, c’est de faire l’indépendance du Québec.

Autrement, peu à peu, le gouvernement du Québec se transforme en intendant régional du pouvoir central d’Ottawa.

Quand mes ancêtres ont bravé les mers au XVIIe siècle afin de s’établir dans ce coin-ci du monde et d’y créer une société nouvelle, je ne crois pas que c’était pour en arriver à ça…

Références :
Aperçu du fonctionnement interne de l’État canadien
247 voyageurs ont introduit la COVID-19 au Québec
La COVID-19 détectée dans des vols intérieurs et internationaux au Canada
Le néo-racisme multiculturel du NPD
Ottawa a exempté une milliardaire américaine de l’obligation de la quarantaine
Presque 70 vols commerciaux avec des cas confirmés de COVID-19 dans les dernières semaines
Transferts en santé : Trudeau refuse d’envoyer des « chèques en blanc » aux provinces

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les origines honteuses de la Confédération canadienne

4 septembre 2020

Prétendre que le Canada soit né en 1867, c’est chercher à faire oublier que l’histoire du Canada remonte à la Renaissance.

À cette époque, la Nouvelle-France comprenait trois parties  l’Acadie, le Canada et la Louisiane.

En gros, ce Canada originel correspondait à la vallée du Saint-Laurent.

Se développant vers l’ouest et vers l’est au cours des siècles, le Canada en est venu à s’étendre d’un océan à l’autre et correspondre au Canada d’aujourd’hui, définitif depuis l’annexion volontaire de Terre-Neuve en 1949.

Voilà donc comment s’explique l’expansion territoriale du Canada.

« Retournez-donc en France si vous n’êtes pas contents » m’a-t-on dit un jour en anglais alors que je critiquais le pays.

Ce à quoi j’ai répondu que mon ancêtre (Honoré Martel) est arrivé au Canada en 1665 et que mes racines dans ce coin-ci du monde sont plus profondes que n’importe quel Anglophone canadien à l’exception des Autochtones.

Mais si on coupe à la profondeur de 1867 les racines des Canadiens dont les ancêtres sont au pays depuis des siècles, on supprime toute légitimité particulière à la présence autochtone, française et celte (irlandaise) au Canada.

Le mythe de la naissance du pays en 1867 s’accompagne de la glorification des pères de la Confédération canadienne, au premier rang desquels John-A. Macdonald.

Depuis deux semaines, je n’en reviens pas d’entendre des bouffons prêcher la nécessité de dépenser un demi-million de dollars pour restaurer l’hommage rendu à ce tyran.

Les Autochtones d’ici sont des Canadiens. Lorsqu’ils prennent l’avion, leur passeport indique qu’ils sont de citoyenneté canadienne. C’est ce qu’Ottawa reconnait officiellement.

Conséquemment, John-A. Macdonald est le seul premier ministre qui ait travaillé à l’extermination de centaines de milliers de Canadiens.

Et on devrait lui élever un monument ? Mais pourquoi pas lui donner une médaille avec ça…

Voici ce qu’en dit plutôt l’historien Serge Bouchard :

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La verrue du cimetière Saint-Antoine

31 août 2020
Statue de John-A. Macdonald avant sa destruction

Introduction

Une des nombreuses formes gouvernementales adoptées par le Canada au cours de son histoire fut le Dominion du Canada, créé en 1867 par une loi britannique.

Le tout premier de ses premiers ministres fut John-A. Macdonald. C’est principalement sous sa gouverne que s’est accomplie l’expansion territoriale du pays d’un océan à l’autre.

Voilà pourquoi on lui a longtemps voué un culte — à titre de ‘père’ de la Confédération — qui justifiait l’érection de monuments à son honneur d’un bout à l’autre du pays.

Père pour les uns, tyran pour les autres

Le ‘nouveau’ Canada qu’a édifié Macdonald est né du vol par Ottawa des territoires occupés par les Autochtones, le don des terres confisquées à des colons européens, le confinement des Autochtones dépossédés dans de vastes camps de concentration (régis par un apartheid juridique), et l’adoption de politiques génocidaires qui visaient leur extermination physique ou culturelle.

En 2013, le professeur James Daschuk de l’Université du Manitoba publiait la thèse universitaire intitulée ‘La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone’.

Faisant aujourd’hui école, ce livre est un accablant réquisitoire qui accuse John-A. Macdonald d’avoir voulu exterminer par la famine les Amérindiens des Prairies.

Corriger les erreurs du passé

Les monuments ne racontent pas l’histoire; c’est le rôle des livres d’histoire.

Les monuments qui représentent quelqu’un lui rendent hommage. Or il est normal qu’un hommage injustifié soit remis en question. En pareil cas, détruire un monument, ce n’est pas détruire l’histoire; c’est retirer un hommage non mérité.

L’histoire, elle, est irrévocable.

Dans la foulée du mouvement Black Lives Matter, la statue montréalaise dédiée à Macdonald a été détruite il y a deux jours.

Les réactions

Les touristes

Ce monument ne portait pas de plaque explicative. Seulement le nom ‘MACDONALD’.

Sa destruction attristera sans doute les nombreux touristes américains qui croyaient que les Canadiens honoraient ainsi la mémoire du fondateur d’une chaine de restauration rapide, persuadés que la trainée de peinture rouge qui éclaboussait sa statue faisait allusion à l’excellent ketchup qui garnit ses hamburgers…

Au Québec

La mairesse de Montréal a déploré cet acte de vandalisme. Quant au premier ministre du Québec, il a déclaré : « Il faut combattre le racisme, mais saccager des pans de notre histoire n’est pas la solution.»

Mme Plante et M. Legault ignorent sans doute que l’aménagement de ce monument (et de la place tout autour) a nécessité la profanation du cimetière Saint-Antoine.

C’est sous le sol de cette place qu’on trouve les sépultures de cinquante-mille Montréalais francophones, enterrés là de 1799 à 1854.

En 1854, l’actuel cimetière sur le mont Royal lui a succédé comme cimetière municipal. On avait débuté le transfert de dépouilles lorsqu’on s’est rappelé que parmi celles-ci, il y avait les morts de l’épidémie de choléra de 1832.

Pour des raisons sanitaires, on a interrompu ce transfert, laissant là des dizaines de milliers de dépouilles, alors qu’on poursuivait l’aménagement du parc urbain qu’on avait projeté de faire pour célébrer le Dominion du Canada.

Dès lors, plus aucun de leurs descendants ne pouvait se faire ensevelir à côté de leurs ancêtres ni se recueillir sur leurs tombes.

C’est donc l’aménagement du Square Dominion (devenu Place du Canada) et l’érection du monument à Macdonald qui correspond à l’oblitération d’un pan de notre histoire puisque presque plus personne ne se souvient de ce cimetière.

Au Canada

De son côté, le nouveau chef du Parti conservateur du Canada a déclaré que notre pays n’existerait pas sans Macdonald.

C’est probablement ce qu’il a appris à l’école.

En réalité, le Canada est né à la Renaissance. La Nouvelle-France comprenait alors trois parties : l’Acadie, le Canada — qui correspondait, en gros, à la vallée du Saint-Laurent — et la Louisiane.

Au fil des siècles, s’étendant vers l’ouest et vers l’est, le Canada en est venu à couvrir son territoire actuel (définitif depuis l’annexion volontaire de Terre-Neuve en 1949).

Mais il est vrai que l’expansion territoriale du Canada s’est opérée principalement sous Macdonald, grâce à la dépossession sanglante des Autochtones par ce tyran.

Conclusion

Il arrive que des peuples soient plus sages que leurs dirigeants.

On ne rend pas hommage à un chef d’État génocidaire. Les Allemands l’ont bien compris. Je ne vois pas pourquoi on devrait agir autrement au Canada.

Lorsque les pouvoirs publics demeurent sourds au gros bon sens, il est acceptable que les citoyens se substituent à eux.

Je remercie donc ceux qui ont supprimé la verrue du cimetière Saint-Antoine et j’espère qu’on en profitera pour s’excuser du manque de jugement des élus municipaux colonisés qui ont choisi au XIXe siècle de profaner les tombes de cinquante-mille de nos ancêtres pour glorifier ce gars-là.

Références :
Ce cimetière sur lequel les Montréalais marchent tous les jours
Épidémie de choléra à Québec en 1832
La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone
Nettoyer la statue de Macdonald, un gaspillage des fonds publics
Place du Canada (Montréal)
Une statue déboulonnée, des divisions ravivées


Postscriptum : Après les avoir avisés de la parution d’un texte, je ne publie jamais les réponses automatisées que je reçois de décideurs publics.

Toutefois, lorsqu’il s’agit d’une réponse personnalisée, je me fais un devoir de la publier.

En réponse à mon texte, voici le message reçu de M.  Kargougou au nom de la mairesse de Montréal.

 
Bonjour Monsieur Martel,

Au nom de la mairesse de Montréal, madame Valérie Plante, nous vous remercions d’avoir pris le temps de nous écrire concernant le déboulonnement de la statue de John A. Macdonald.

Comme vous le mentionnez dans votre billet, la mairesse déplore fermement les actes de vandalisme sur la statue de John A. Macdonald. De tels gestes ne peuvent en effet être acceptés ni tolérés. Cela étant dit, nous tenons à préciser que nous entendons vos revendications. Comme vous, nous souhaitons réfléchir au rôle de mémoire collectif des monuments et des statues. Sachez que la Ville de Montréal a amorcé une réflexion pour mieux nous outiller et nous guider sur ces questions. Un cadre de reconnaissance/commémoration, qui prendra en compte les divers points de vue qui ont jalonné notre histoire, est en voie de réalisation afin de favoriser la commémoration de valeurs plus universelles.

En ce qui a trait plus précisément à l’avenir de la statue de l’ancien premier ministre du Canada, le bureau d’art public s’occupe actuellement de sa conservation. Il est de notre responsabilité comme administration publique de prendre soin de tous les éléments constitutifs de notre collection d’art, par égard pour les artistes qui les ont créés. En consultation avec les experts en patrimoine à la Ville, nous prendrons le temps d’analyser la suite à donner pour le monument.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur Martel, nos meilleures salutations.

Régis Kargougou pour :

Katherine Fortier
Responsable du soutien aux élus

Bureau de la correspondance de la mairesse de Montréal
mairesse.montreal.ca

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le ministre François-Philippe Champagne, paillasson de l’Arabie saoudite

14 août 2020

Le deuxième échec du Canada à se faire élire au Conseil de sécurité de l’ONU est l’illustration de la perte d’influence de notre pays dans le monde.

C’est ainsi que le Canada est impuissant à obtenir la libération de Raïf Badawi que son épouse, réfugiée au Québec, réclame depuis huit ans.

Il faut dire que le Canada n’a pas essayé très fort.

En 2016, lorsque l’Arabie saoudite a décidé d’acheter pour 14 milliards$ de chars d’assaut canadiens, la dictature saoudienne achetait également le silence d’Ottawa.

À la décharge du Canada, précisons bien d’autres pays auraient fait pareil.

Mais très peu de pays auraient poussé la servilité aussi loin que l’a fait le gouvernement fédéral et son ministre actuel des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne.

Au sujet de Raïf Badawi, le ministre ne rate jamais une occasion de dire qu’il est en discussion avec le ‘gouvernement’ (sic) d’Arabie saoudite et qu’il a bon espoir qu’il sera libéré par ’Sa Majesté’ (sic) le prince ben Salmane.

Jusqu’ici l’Arabie saoudite a reçu la moitié des chars qu’elle a achetés. Mais elle a accumulé un retard de quatre-milliards de dollars dans ses paiements.

Or le gouvernement canadien est garant de la dictature saoudienne auprès du constructeur ontarien; si l’Arabie saoudite refuse de payer la note, celle-ci sera épongée par les contribuables canadiens.

En avril dernier, le ministre Champagne annonçait à la Chambre des Communes que son gouvernement aurait renégocié certaines clauses de ce contrat afin de pallier l’éventualité d’un défaut de paiement.

Mais dans la mesure où le contrat ‘amélioré’ est tout aussi secret que sa version précédente, personne n’est en mesure d’en juger.

Dans un autre ordre d’idée, on apprenait plus tôt ce mois-ci que Saad al-Jabri, un Saoudien réfugié à Toronto, a fait l’objet le 15 octobre 2018 d’une tentative d’assassinat par le même commando de tueurs qui avait réussi, treize jours plus tôt, à démembrer Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien d’Istanbul.

Voyageant à bord du même avion, les membres de ce commando ont semblé suspects aux yeux des douaniers canadiens qui, conséquemment, leur ont refusé l’entrée au pays.

Prétendant venir au Canada en simples touristes, les tueurs saoudiens ont été incapables de justifier la panoplie d’instruments médico-légaux de dissection — en anglais : forensic tools — qu’ils transportaient dans leurs bagages.

Seul le diplomate qui les chaperonnait a pu poursuivre sa route grâce au passeport diplomatique qui garantit son impunité.

Contrairement à la Turquie — qui a fait payer chèrement au prince ben Salmane le démembrement à la tronçonneuse de Jamal Khashoggi — le Canada a choisi de taire ce grave incident à ses frontières.

C’est seulement deux ans plus tard, par le biais d’une plainte civile déposée le 7 aout par Saad al-Jabri à Washington, qu’on apprend ce complot raté.

Bien plus, le ministre Champagne n’a pas cru bon retirer l’accréditation au Canada du diplomate compromis dans cette affaire.

Celui-ci demeure libre d’essayer d’établir des contacts avec des tueurs à gages canadiens pour terminer ‘le travail’ inachevé.

Précisons que lorsqu’un pays décide d’expulser un diplomate, il n’est jamais tenu de justifier sa décision.

Quand Chrystia Freeland, l’ex-ministre des Affaires étrangères du Canada, avait réclamé la libération de Samar Badawi, sœur de Raïf, cela avait froissé la dictature saoudienne. Celle-ci avait aussitôt expulsé l’ambassadeur canadien en Arabie saoudite.

Dans l’affaire Saad al-Jabri, le ministre Champagne a préféré se taire et continuer de lécher les bottes de la dictature saoudienne.

En deux mots, le Canada fait pitié.

Doit-on se surprendre que les membres de l’ONU aient préféré élire au Conseil de sécurité des pays qui se tiennent debout…

Références :
Deuxième échec du Canada à se faire élire au Conseil de Sécurité de l’ONU
Face aux Saoudiens, Trudeau plaide l’impuissance
Grève de la faim: le ministre Champagne inquiet pour Raif Badawi
Lawsuit from Saad al-Jabri against Mohammed ben Salmane
Le prince saoudien est accusé de complot pour tuer un ex-espion à Toronto
Le sabotage de la vente d’hélicoptères québécois par le ministre fédéral François-Philippe Champagne
Liberals announce new ‘improved’ arms deal with Saudi Arabia, but say rights concerns remain
Meurtre au consulat : du fait divers aux ressorts d’une crise internationale
Organigramme du commando (en anglais)
Raif Badawi
Saad bin Khalid Al Jabry
Un ex-espion saoudien exilé au Canada dans la ligne de mire de l’Arabie saoudite?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ottawa, nid de corruption

25 juillet 2020

Introduction

UNIS (en anglais WE Charity) est un organisme de bienfaisance mandaté — sans appel d’offres — par le gouvernement Trudeau pour gérer un programme fédéral d’aide financière totalisant plus de 900 millions de dollars destinés à encourager le bénévolat étudiant en lien avec la pandémie au Covid-19.

Annulé en raison de la controverse, UNIS aurait eu la responsabilité de distribuer des bourses allant de 1 000$ à 5 000$ aux étudiants qui font du bénévolat. Et il devait payer 12 000$ par enseignant afin de recruter et gérer ces étudiants.

Même si UNIS est un organisme de bienfaisance sans but lucratif, cela ne veut pas dire que ses dirigeants travaillent gratuitement.

Si le scandale n’avait pas éclaté, UNIS aurait empoché 43,5 millions en frais de gestion pour administrer ce fonds

En 2018, Graig Kielburger, le cofondateur d’UNIS, recevait une rémunération de 125 173$. Mais avec un pactole de 43,5 millions$, a-t-on prévu des mécanismes qui empêcheront les dirigeants d’UNIS de s’en mettre plein les poches ?

Ce qui est certain, c’est qu’en confiant la gestion de ce fonds à un organisme privé, cela soustrayait automatiquement cette gestion à la Loi fédérale d’accès à l’information (comme c’est le cas du Programme de contestation judiciaire, administré par l’université d’Ottawa).

Le ministre des finances pris la main dans le sac

Lorsque vous et moi voulons prendre l’avion, il faut payer d’avance. Mais pas les membres du cabinet Trudeau.

En 2017, alors que Bill Morneau était ministre des Finances,
sa famille et lui ont effectué deux voyages (au Kenya et en Équateur) qui ont occasionné des déboursés de 52 000$.

Convoqué par le comité des Finances, Bill Morneau s’est rappelé in extremis qu’il avait oublié de rembourser UNIS pour ces voyages.

Le 22 juillet 2020, avec trois ans de retard, il a posté un chèque de 41 366$ pour régler la note, juste avant sa convocation devant le comité.

Quand un organisme fait un cadeau personnel de plus de 40 000$ au ministre des finances d’un pays, et paie 300 000$ à la mère et au frère de Justin Trudeau pour qu’ils prononcent des conférences promotionnelles en faveur d’UNIS, et qu’en retour, cet organisme reçoit sans appel d’offres un contrat de 900 millions$, cela porte un nom; c’est de la corruption.

D’autant plus que ni Bill Morneau ni Justin Trudeau n’ont pas cru bon de se retirer des discussions du Conseil des ministres lorsque ce contrat gouvernemental a été accordé, en dépit de leurs conflits d’intérêts évidents.

Une corruption répandue

À Ottawa, Bill Morneau n’est pas le seul parlementaire corrompu.

L’ex-président de la Société des ponts fédéraux a été accusé d’avoir accepté pour 1,5 million$ de pots-de-vin de la part de SNC-Lavalin.

En aout 2005, le Devoir révélait que la nomination à la magistrature fédérale se faisait après consultation d’une liste d’avocats partisans du Parti libéral du Canada.

Selon le ministre fédéral actuel de la Justice, David Lametti, cette consultation n’affecte aucunement l’issue du choix effectué par le Conseil des ministres.

Vraiment ? On se demande pourquoi on se donne la peine de consulter la liste des avocats ‘amis’ avant de procéder à une nomination si cela est inutile…

En réalité, à Ottawa, on ne peut pas s’acheter un poste de juge. Mais en contribuant à la caisse au Parti libéral, cet investissement augmente vos chances de le devenir.

Dans un autre ordre d’idées, l’émission The Fifth Estate révélait en 2017 que le juge Randall Bocock (de la Cour de l’impôt), de même que le juge Denis Pelletier (de la Cour d’appel fédérale), avaient participé à Madrid à un cocktail financé par un cabinet d’avocats spécialisé dans la fraude fiscale destinée à tromper le fisc canadien.

En d’autres mots, des juges fédéraux responsables de lutter contre l’évasion fiscale acceptent des faveurs de cabinets qui aident les riches canadiens à frauder le fisc sous le couvert du secret professionnel.

À la suite de ces révélations, le juge Bocock s’est récusé dans une cause qu’il avait pourtant accepté d’entendre et dans laquelle l’accusé était justement défendu par ce cabinet d’avocats.

Le député conservateur Pierre Poiliève et son épouse ont profité de 11 705 $ de voyages payés par le gouvernement de Taïwan. Quant à la députée NPD Ruth-Ellen Brosseau, elle a fait un voyage de 11 705 $ en Israël, gracieuseté d’intérêts israéliens.

Au total, c’est plus de 600 000$ en voyages gratuits qui ont été payés par des gouvernements étrangers à des parlementaires fédéraux. Le tout de manière parfaitement légale parce que rien ne s’y oppose.

Bill Morneau est un multirécidiviste

En octobre 2017, plus de deux ans après son élection, le ministre des Finances possédait toujours des dizaines de millions de dollars d’actifs qu’il avait négligé de placer dans une fiducie sans droit de regard, comme l’exige la loi.

En novembre 2017, il était condamné à payer une amende symbolique (200$) pour avoir oublié de déclarer une luxueuse villa en France qu’il s’était acheté pour son usage personnel, mais avec l’argent d’une de ses sociétés.

Faire payer une dépense personnelle par une de ses compagnies (pour qui cette dépense sera déductible d’impôt) est une fraude fiscale très répandue. Violer la loi de l’impôt est déjà inacceptable de la part de n’importe quel élu; imaginer quand le violeur est ministre des Finances…

Conclusion

À Ottawa, des fonctionnaires fédéraux se font corrompre. Des députés fédéraux se font corrompre. Des ministres fédéraux se sont corrompre. Des sénateurs se font corrompre. Et même des juges se font corrompre.

Cela est compréhensible; l’État canadien représente des dizaines de milliers de personnes et les êtres humains sont imparfaits.

Ce qui est anormal, c’est la réaction de l’État canadien à la corruption.

Quand ce sont des juges, le Conseil de la magistrature n’y voit pas d’objection. Quand ce sont des parlementaires (députés, ministres et sénateurs), le gouvernement n’y voit pas d’objection.

Depuis toujours, le champion des conflits d’intérêts est le parti de Justin Trudeau.

Le Parti libéral du Canada est corrompu pour les mêmes raisons que le Parti libéral du Québec l’a été sous Jean Charest.

La commission Charbonneau a révélé que l’assujettissement des ministres à rapporter 100 000$ par année à la caisse du Parti libéral du Québec (PLQ) s’est soldé par un vaste pillage du Trésor public.

Ce système permettait à des entrepreneurs de gonfler le cout des contrats d’infrastructures moyennant le paiement d’une modeste contribution à la caisse du PLQ.

L’obligation de rapporter annuellement 100 000$ créait une relation d’assujettissement du ministre à la caisse du Parti libéral du Québec plutôt qu’à la nation. La contribution de l’entrepreneur était d’autant plus appréciée que sans elle, le ministre se trouvait relégué au rang de simple député.

Justin Trudeau a mis en place un système semblable; en vue de la récente campagne fédérale, chaque député libéral sortant devait générer 51 000$ de financement politique.

Dans le cas précis du ministre Morneau, celui-ci est un pourri; il n’a plus la crédibilité pour demander aux contribuables de payer leur juste part d’impôt alors qu’il a violé à de multiples reprises les règles élémentaires d’intégrité politique.

Références :
Affaire UNIS : le ministre Morneau rembourse plus de 40 000 $ en frais de voyages
Corruption fédérale : les voyages forment la vieillesse
Corruption : le ‘verrou’ libéral
Inside The “Cult” Of Kielburger
Juges et cocktails commandités : le Conseil de la magistrature n’y voit pas de problème
Le Bloc menace de faire tomber les libéraux
Les «affaires» Bill Morneau: les scandales collent à la peau du ministre des Finances du Canada
Réforme de la nomination des juges de la Cour suprême – La transparence rendra-t-elle la sélection moins partisane?
Trudeau comparaitra devant un comité, Morneau rembourse 41 000$
Trudeau demande 51 000$ à chaque député
UNIS administre un généreux programme fédéral pour les élèves et les professeurs

Parus depuis :
Sélection des juges à Ottawa : « matière à scandale » (2020-10-20)
De nombreux signes d’ingérence dans la nomination des juges (2020-10-31)
Sélection des juges : Ottawa blâmé par le principal regroupement d’avocats au pays (2020-11-09)

Post-Scriptum : Bill Morneau a finalement remis sa démission à titre de ministre des Finances du Canada le 17 aout 2020, soit trois semaines après la publication du texte ci-dessus.

Référence :
Le ministre Bill Morneau annonce sa démission

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Deuxième échec du Canada à se faire élire au Conseil de Sécurité de l’ONU

18 juin 2020

Introduction

Pendant soixante ans, le Canada a été membre du Conseil de sécurité de l’ONU, obtenant six mandats consécutifs d’une décennie chacun.

Mais ses deux dernières tentatives ont été infructueuses.

Explications.

L’aide internationale

Lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les libéraux fédéraux reprochaient au gouvernement conservateur d’avoir diminué l’aide humanitaire du Canada.

Au lieu d’y consacrer 0,7 % du revenu national brut, comme le recommande l’ONU, le Canada y consacrait 0,32 %.

Arrivé au pouvoir, les libéraux de Justin Trudeau ont diminué encore davantage cette contribution, la faisant passer à 0,27 %.

La politique étrangère

En raison de l’intégration économique des pays d’Amérique du Nord, la politique étrangère du Canada a toujours été proche de celle de nos voisins du sud.

Celle du gouvernement Harper a été du simple couper-coller.

Arrivé au pouvoir en novembre 2015, le gouvernement Trudeau n’a pas eu l’occasion de réorienter notre politique étrangère puisque treize mois plus tard, Donald Trump s’installait à la Maison-Blanche.

Depuis, le Canada en est rendu à exprimer ses blâmes à l’égard des États-Unis par de longs silences…

La politique étrangère du Canada est une catastrophe :
• Le Canada s’est brouillé avec la Chine avec l’affaire Huawei, perdant ainsi le vote de la majorité des pays africains à l’ONU.
• Il s’est immiscé dans les affaires intérieures de l’Ukraine, indisposant la Russie.
• Il s’est mis les pays arabes à dos avec un alignement aveugle en faveur de la guerre coloniale d’Israël en Palestine.
• Il a bombardé la Syrie, perdant ainsi le vote de ce pays à l’ONU, de même que celui de l’Iran, allié du gouvernement officiel de la Syrie.
• Il a indisposé l’Inde à l’occasion d’une visite officielle en affichant de manière ostentatoire ses ministres sikhs au sein de la délégation canadienne et en invitant à une réception un individu reconnu coupable de tentative de meurtre contre un ministre indien en visite au Canada en 1986.
• Justin Trudeau a froissé le roi belge, en visite au Canada pour une semaine à la tête d’une délégation de 200 personnalités issues du monde des affaires et du monde universitaire accompagnées de sept ministres parmi les plus influents du gouvernement belge. Trudeau a refusé de les rencontrer manquant ainsi gravement aux devoirs de sa charge. Le Canada a poussé l’insulte jusqu’à déployer à Ottawa le drapeau allemand à la place du drapeau belge pour accueillir le couple royal.
• Les reproches qu’adresse le Canada à certains pays au chapitre des doits de la personne sont perçus comme un paternalisme moral offensant compte tenu des politiques racistes qu’entretient le Canada à l’égard de ses peuples autochtones.

Conclusion

Depuis l’effondrement de l’URSS, nous sommes passés d’un monde bipolaire — caractérisé par la rivalité entre les blocs occidental et soviétique — à un monde unipolaire dominé par le pays le plus belliqueux de toute l’histoire de l’humanité (selon l’avis de l’ex-président Jimmy Carter), soit les États-Unis.

Élire le Canada au Conseil de sécurité de l’ONU, c’est donner une deuxième voix à la délégation américaine, en plus de son droit de véto.

L’échec du Canada à se faire élire au Conseil de sécurité est le reflet de sa perte d’influence dans le monde en raison de sa politique étrangère catastrophique.

Afin de protéger l’économie canadienne des mesures protectionnistes intempestives que pourrait adopter Donald Trump, le Canada a choisi de ne pas attirer son attention en faisant le mort.

C’est un choix qui se défend. Mais il y a un prix à tout. Et dans ce cas-ci, le prix de la soumission canadienne aux velléités internationales américaines, c’est son purgatoire hors du Conseil de sécurité de l’ONU.

Références :
Aide internationale : le Canada affirme être de retour, mais les chiffres indiquent une vérité alternative
Fin d’un voyage mouvementé de Trudeau en Inde
Gifle diplomatique pour Monsieur Harper
L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain
Le Canada échoue à obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU
Pas de rencontre entre le roi des Belges et Trudeau
Une visite du roi des Belges à la lueur des étoiles… et avec le mauvais drapeau

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le néo-racisme multiculturel du NPD

10 juin 2020

C’est en 2004 qu’on a fait la preuve scientifique que les races n’existent pas.

Depuis le séquençage du génome humain cette année-là, on sait qu’un ‘Blanc’ typique et un Noir ‘pure race’ ont en commun entre 99,5% et 99,9% de leurs chromosomes. Or cette proportion est la même entre deux membres d’une même ‘race’.

Le racisme ne consiste pas à distinguer des différences de pigmentation de la peau entre deux personnes, mais à y attacher une importance démesurée.

Les États-Unis trainent un lourd passé de ségrégation raciale dont ils n’arrivent pas à se libérer. Même quand ses citoyens croient lutter contre le racisme, ils perpétuent involontairement cette importance démesurée.

Alors on ne parle pas de race, mais de personnes ‘racisées’, ce qui revient au même.

Dans ce pays, il n’est pas étonnant qu’on ait senti le besoin de colliger des données relatives aux taux d’infection et de mortalité au Covid-19 selon la ‘race’. Ces données ont révélé, sans surprise, que les personnes considérées comme ‘Noires’ étaient davantage victimes du Covid-19.

Lorsqu’on est persuadé que la vulnérabilité aux infections dépend de caractéristiques physiques inhérentes à l’individu, on est probablement moins motivé à entreprendre la lutte contre les inégalités sociales, cause véritable des taux d’infection différents.

Au Québec, l’Institut national de Santé publique ne compile pas de données en fonction des ‘races’ ni des origines ethniques.

Lorsqu’on lance une campagne de sensibilisation dans l’arrondissement de Montréal-Nord, on ne le fait pas parce qu’on y trouve des ‘Noirs’, mais parce que le nombre de cas y est plus élevé qu’ailleurs.

Et les masques qu’on y distribue gratuitement ne sont pas donnés exclusivement aux minorités ‘visibles’, mais à tous puisque la contagion affecte tous les pauvres du quartier, peu importe la pigmentation de leur peau.

Certains ne le voient pas ainsi. Le député néo-démocrate Matthew Green souhaite que le gouvernement fédéral force les provinces à colliger des données au sujet des décès au Covid-19 dans les ‘communautés racialisées’ (sic).

Concrètement, en remplissant le questionnaire, l’employé de la Santé publique devrait évaluer quel choix de réponses raciales définit le mieux la personne devant lui ou, si c’est cette dernière qui répond elle-même, elle devra préciser à quelle race elle appartient.

Bref, on entretient le concept de la race.

Le député Matthew Green devrait se mêler de ses affaires et éviter de nous forcer à adhérer au néo-racisme multiculturel de sa formation politique.

Dans les milieux défavorisés, la promiscuité est plus grande que dans des milieux aisés.

La raison en est simple; les personnes riches ont les moyens d’habiter une résidence spacieuse alors que les gens pauvres ont tendance à louer des appartements trop petits parce qu’ils n’ont pas les moyens d’en louer de plus grands.

Si on devait colliger des données au sujet du taux d’infection au Covid-19 selon les milieux socio-économiques, on découvrirait que la pandémie fait davantage de victimes au sein des milieux défavorisés.

Peut-on croire sérieusement qu’une personne à la peau foncée qui habite une luxueuse maison à Outremont est plus à risque d’attraper le Covid-19 que son voisin à la peau claire ? Ou à l’inverse, que deux mendiants au centre-ville de Montréal ont des risques différents d’être atteints de la pandémie selon la couleur de leur peau ?

Colliger des données selon les ‘communautés racialisées’ favorise les stéréotypes. Par exemple, que les ‘Noirs’ ou les ‘Latinos’ sont plus contagieux (donc plus dangereux) que les autres.

Je n’arrive pas à comprendre comment les milieux qui se disent de gauche peuvent être à ce point aveugles pour ne pas réaliser que le multiculturalisme est le nouveau visage du racisme anglo-saxon.

Références :
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
COVID-19 : les provinces devraient-elles colliger des données sur l’ethnicité?
L’invention des races humaines
Plaidoyer pour recueillir les données sur la COVID-19 liées à l’ethnicité

Complément de lecture :
Des organisations « pas suffisamment noires » écartées d’un programme fédéral (2021-01-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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