La Havane – El Prado

Publié le 7 juillet 2013 | Temps de lecture : 10 minutes

 
Introduction

Large de 200 mètres, le quartier du Prado est situé entre la Vieille ville et le quartier de Centro. Il comprend trois rues principales orientées nord-sud; la promenade Martí, la rue Agramonte et la rue Monserrate.

La plus importante est la première. On la surnomme El Prado et c’est ce surnom qui donne son nom au quartier.

La promenade Martí (ou El Prado)

El PradoNommée en l’honneur du poète national cubain José Martí, cette voie de circulation de 1,3km se divise en deux parties.

Au sud, il s’agit d’une large rue au centre de laquelle on peut stationner sa voiture. La partie plus au nord est composée de deux rues circulant en sens opposés, séparées par une promenade bordée d’arbres.

À son extrémité sud, on trouve la Fuente de la India (ou Fontaine de l’Indienne, au sens d’autochtone d’Amérique). Réalisée en 1831 par le sculpteur italien Giuseppe Gaggini, elle représente symboliquement l’épouse du chef Habaguanex qui régnait sur la ville à l’arrivée des Espagnols et duquel la ville tire son nom actuel.

Haute de 3m, elle fut taillée en marbre de Carrare, le plus blanc et le plus cher au monde. Son importation par le Conte de Villanueva déclencha un engouement pour ce matériau luxueux dont on trouve de nombreux exemples dans ce quartier : en plus de cette statue, celles de José Martí et du maréchal Máximo Gómez, les parquets du Capitolin, du Gran Teatro, du Palacio de los Matrimonios et de tous les bancs publics qui bordent la promenade du Prado.

À proximité se trouve l’hôtel Saratoga dont nous apercevons l’intérieur de style mauresque de 0:14 à 0:21.

Le Capitolio (1929) est une réplique du Capitole américain. Jusqu’à la révolution cubaine en 1959, c’était le siège du parlement (Sénat et Chambre des représentants). Il abrite maintenant le ministère des Sciences, de la Technologie et de l’Environnement. Normalement accessible au public, l’édifice était en rénovation au moment de ma visite.

À l’intérieur, sous la coupole, se dresse la troisième plus grande sculpture intérieure au monde, œuvre d’Angelo Zanelli (1879–1942). Celui-ci est également le créateur des deux sculptures Art Déco qui ornent de part et d’autre le grand escalier du Capitolio (0:40).

À l’Étranger, il est toujours imprudent de photographier ou de filmer des policiers dans l’exercice de leurs fonctions. Depuis quelques années, j’ai l’habitude de photographier tout et n’importe quoi. Voici donc, de 0:45 à 1:10, une arrestation effectuée devant le Capitolio. Si ma mémoire est bonne, les blessures de l’homme arrêté ne sont pas causées par des policiers mais plutôt par une autre personne à l’origine du conflit.

Ce bref clip vidéo est probablement un bon indice de la qualité des rapports humains entre Cubains, pendant les moments de crise.

En face du Capitolio, on trouve notamment le gymnase Kid Chocolate (à 1:14), dont le nom fait référence au surnom professionnel du boxeur cubain Eligio Sardiñas Montalvo, champion du monde des poids super-plumes de 1931 à 1933.

Plus loin, à droite, se trouve le Parc Central qui s’étend sur deux quadrilatères de long et d’un quadrilatère de large. Depuis le milieu du XIXe siècle, les alentours de ce parc constituent le cœur de la capitale cubaine.

Sur son côté ouest, s’élève le Gran Teatro de La Habana (1915) dessiné par l’architecte belge Paul Belau (à qui on doit également le Palais présidentiel, que nous verrons plus loin). Le Grand Théâtre est le lieu du plus grand festival de ballet au monde, qui se tient à l’automne, aux deux ans.

Si la capitale cubaine est devenue, après le Bolchoï, un tel lieu d’excellence, c’est grâce à l’ex ballerine et chorégraphe Alicia Alonso (à 5:10). À cause de son handicap — elle est partiellement aveugle depuis l’âge de 19 ans — Mme Alonso a fondé sa propre troupe de ballet dès 1948. Aujourd’hui totalement aveugle et âgée de 92 ans, elle dirige encore le Ballet Nacional de Cuba et assiste à ses représentations (à 1:58).

À 2:55, nous voyons une statue de José Martí située au milieu du Parc Central. Érigée à peine dix ans après le décès du poète, c’est le plus ancien monument en son honneur sur le millier qu’on dénombre de nos jours sur l’île. Il est l’œuvre du sculpteur cubain José Vilalta Saavedra (1862-1912). Son dévoilement en 1905, s’est fait en présence de la mère de l’écrivain, de sa veuve et de sa sœur.

Toujours à l’ouest du Parc Central, nous visitons l’Hôtel d’Angleterre (de 2:56 à 3:11) qui, au moment de sa construction en 1875, était le premier hôtel de luxe de la capitale. Parmi les clients prestigieux qui y ont séjourné, on compte la tragédienne Sarah Bernhardt. Celle-ci visita la capitale cubaine en 1887 pour y donner une série de douze représentations à guichet fermé là où se trouve maintenant le Gran Teatro (à la suite d’une tournée triomphale en Amérique du Sud).

Nous sommes habitués à ce que les feux de circulation indiquent aux piétons le nombre de secondes qu’il leur reste pour traverser. Ceux de La Havane indiquent aussi le nombre de secondes restant à attendre au feu rouge (de 3:28 à 3:33).

La rue Neptuno délimite le côté nord du Parc Central et marque le début de la promenade du Prado. De 3:34 à 3:43, nous voyons l’intérieur du restaurant « Au coin Prado et Neptuno », un restaurant aperçu précédemment en arrière-fond de la vidéo au sujet des feux de circulation.

De l’autre côté de la rue, occupant tout le côté nord du Parc Central, se trouve l’immeuble principal de l’hôtel Iberostar Parque Central (de 3:47 à 3:55). C’est le meilleur endroit en ville pour se connecter sur l’internet, en dépit de la lenteur du réseau cubain.

De 4:42 à 5:42, nous visitons le Palacio de los Matrimonios, terminé en 1914 d’après les plans de l’architecte Luís Dediot. Comme son nom l’indique, c’est l’endroit idéal pour célébrer un mariage. Sa salle de réception sert également à des concerts. Son plafond est décoré des armoiries des principales villes d’Espagne puisqu’à l’origine, l’édifice était le siège du Club espagnol de la Havane.

Près de son extrémité nord (à 6:25), la promenade Martí rend hommage à un autre poète cubain, Juan-Clemente Zenea (1846-1871).

Quelques pas plus loin, à la toute fin de l’avenue, une rotonde rappelle (à 6:29) l’exécution en 1871 de huit étudiants accusés faussement d’avoir profané la tombe d’un journaliste espagnol. Ce monument, réalisé en 1921 par le sculpteur cubain José Vilalta de Saavedra, est situé sur le lieu exact de l’exécution et comprend une partie du mur de pierre devant lequel les condamnés ont été fusillés.

La rue Agramonte

De 6:35 à 7:19, nous visitons le Palacio del Centro Asturiano, inauguré en 1928. C’est un des deux pavillons du Musée national des Beaux-Arts. Celui-ci est consacré à l’art international. On y trouve la plus importante collection d’objets en terre cuite (peintes en noir, à la grecque) d’Amérique latine, don des Comtes de la Lagunella.

Les trésors du musée reflètent les goûts des collectionneurs espagnols ou cubains. Conséquemment, l’Art espagnol y occupe une place de choix, notamment une représentation exceptionnelle de toiles de Velázquez. L’Art des Pays-Bas et de Flandres (longtemps possessions espagnoles) est également bien représenté.

L’Art allemand est surtout présent par des toiles de l’époque Biedermeier. D’Angleterre — longtemps ennemi de l’Espagne — on trouve quelques œuvres mineures de grands peintres.

Le musée accueille également des expositions temporaires, comme cette exposition remarquable consacrée à la peinture traditionnelle chinoise. Cette visite se termine par le café du musée, somptueusement décoré de céramique.

À 7:36, au loin, derrière la voiture bleue et beige, on entrevoit l’hôtel Plaza, construit en 1909. On retrouve de nouveau cet hôtel en arrière-fond de 7:46 à 7:48. Le savant Albert Einstein, la danseuse Isadora Duncan et le frappeur Babe Ruth y ont séjourné (ce dernier à la suite No 216).

De 7:54 à 8:07, c’est un aperçu de l’autre pavillon du Musée des Beaux-Arts, soit celui consacré à l’Art cubain.

Érigé de 1913 à 1920 d’après les plans des architectes Paul Belau et Carlos Maruri, le Palais présidentiel (de 8:08 à 8:49) est devenu le pavillon principal du Musée de la Révolution. Dans cet édifice, histoire et propagande révolutionnaire sont intimement liées.

C’est par lui qu’on accède à un deuxième bâtiment, le Mémorial Granma. Sous haute surveillance militaire, ce dernier est un écrin qui protège le yacht qui transporta Fidel Castro et ses 81 compagnons — dont le Dr Che Guevara — du Mexique à Cuba, en 1956. Cette odyssée marque le début de la Révolution cubaine.

Sur le terrain qui entoure le mémorial sont disposés des artéfacts qui font office de reliques révolutionnaires, notamment les preuves du soutient américain à l’invasion ratée de la Baie des cochons.

Devant le Palais présidentiel, on peut voir (à 9:10), un segment de la muraille qui encerclait la Vieille Havane et qui fut abattue en 1863 pour faciliter l’expansion urbaine.

La rue Agramonte se termine par un carrefour giratoire au centre duquel on a érigé en 1935 un monument à la gloire du général Máximo Gómez. Œuvre du sculpteur italien Aldo Gamba (1881-1944), cette statue équestre est en marbre blanc de Carrare, orné de quelques statues en bronze.

À l’ouest de ce monument, on trouve le Palacio Velasco, construit en 1912 (de 9:41 à 9:46) qui, de nos jours, héberge l’ambassade d’Espagne.

La rue Monserrate

De 10:10 à 10:29, nous visitons l’annexe moderne de l’hôtel Iberostar Parque Central, situé derrière (c’est-à-dire au nord) du bâtiment qui donne sur le Parc Central. Cette annexe est reliée au bâtiment principal par un passage souterrain.

La vidéo se termine par une photo du Musée des Beaux-Arts (à 10:31) et du Palais présidentiel (à 10:33), tels que vus du mirador de l’Edificio Bacardi (dont nous avons parlé dans une vidéo précédente).

Conclusion

Au total, ce diaporama montre 252 photos et dix vidéoclips, pour une durée de plus de dix minutes. Tout comme mes autres diaporamas consacrés à la capitale cubaine, il démontre que les attraits touristiques de l’île ne sont pas limités au sable et aux palmiers de ses stations balnéaires.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

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Écrit par Jean-Pierre Martel


En me promenant dans le Vieux

Publié le 3 juillet 2013 | Temps de lecture : 3 minutes

Au cours du Festival de musique Montréal baroque, je me suis promené dans le Vieux-Montréal et j’en ai rapporté les photos suivantes.

Ancien édifice de la Bourse (1903-1904)

L’architecte américain George Browne Post a conçu l’édifice
de la Bourse de Montréal immédiatement après avoir réalisé celui de la Bourse de New York (sur Wall Street, en 1901-1903). Donc rien d’étonnant à ce que ces deux bâtiments néo-classiques aient un air de parenté.

De nos jours, cet édifice est occupé par le Centaur Theater.

Portail de l’édifice de la Banque Royale (1926-1928)

Au moment de sa construction en 1926-1928, l’édifice de la Banque Royale est le gratte-ciel le plus élevé de Montréal. Comparé aux sièges sociaux des banques rivales, celui de la Banque Royale est relativement sobre et imposant, en contraste avec son portail à deux tambours orné de bronze.

Plafond de la salle des guichets

À l’intérieur, les aires publiques de cette banque respirent le luxe.

Édifice de la Merchants’ Bank (1870-1873)

L’édifice de la Merchants’ Bank a été construit de 1870 à 1873. De 2000 à 2002, il sera entièrement rénové pour donner naissance à un hôtel cinq étoiles, Le St-James.

La maison François-Benoît (1849)
Intérieur d’un restaurant
Pierogis (raviolis polonais), choucroute et crème sure au Stash Café

Si la rue St-Jacques est la rue de la finance, la rue St-Paul est plutôt celle du commerce au détail : restaurants, galeries d’Art et boutiques de mode ou de souvenirs. Les immeubles qui la bordent sont en général un peu plus anciens que ceux situés sur la rue St-Jacques.

Par exemple, le restaurant Stash Café est situé dans l’immeuble Julien-Perrault, construit en 1831.

Maison Silvain-Laurent dit Bérichon (1810)

Située au 221 de la rue du Saint-Sacrement, la maison Silvain-Laurent dit Bérichon a retrouvé un éclat nouveau depuis qu’on lui a retiré en l’an 2000 le crépi qui la laidissait.

Détails techniques : Panasonic GF1, objectif Lumix 20 mm F/1,7 (la troisième photo) et Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35 mm F/2,8 (les sept autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 17 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 21 mm
3e  photo : 1/30 sec. — F/1,7 — ISO 400 — 20 mm
4e  photo : 1/200 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 17 mm
5e  photo : 1/200 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 35 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/2.8 — ISO 500 — 23 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 23 mm
8e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 22 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


En marge du festival de musique baroque 2013

Publié le 1 juillet 2013 | Temps de lecture : 2 minutes
Casa de Matéo (XIXe siècle)
Évier de toilette de la Casa de Matéo

Au cours de l’édition 2013 du Festival de musique Montréal baroque, les concerts gratuits avaient lieu principalement au restaurant mexicain Casa de Matéo, situé au 438 St-François-Xavier, dans un édifice construit au XIXe siècle.

Détail de la façade de la Banque Molson (1866)
Édifice de la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal (1870)
Toiture de l’édifice London and Lancashire (1898)

Tous les spectacles payants du festival avaient lieu plutôt au Théâtre St-James. Des balcons du théâtre, on peut apercevoir les édifices suivants :
 • la Banque Molson (la première banque du Canada),
 • le siège social de la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal (occupé de nos jours par LHotel Montréal),
 • le siège social canadien de la compagnie d’assurances London and Lancashire, présentement en rénovation.

Portail de l’édifice Canada Life (1894)

Adjacent, l’édifice de la compagnie d’assurance-vie Canada Life — aujourd’hui transformé en co-propriétés résidenteilles appelées Le St-Régis — est décoré d’un splendide portail Néo-Renaissance.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150 mm R (la cinquième photo) et objectif Lumix 12-35 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 15 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 18 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 35 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 29 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 53 mm
6e  photo : 1/160 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 26 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Théâtre St-James

Publié le 27 juin 2013 | Temps de lecture : 3 minutes
Extérieur du Théâtre St-James

L’édifice situé au 265 ouest de la rue Saint-Jacques fut construit de 1907 à 1909 afin d’abriter le siège social québécois de la banque CIBC (Canadian Imperial Bank of Commerce), qui l’occupa jusqu’en 2010.

À l’origine, il ne s’agissait pas seulement d’un immeuble corporatif puisqu’on pouvait également y effectuer des transactions. En raison de la proximité du port, sa clientèle comprenait de nombreux armateurs.

Des locaux avaient même été loués à la compagnie maritime White Star Line, qui y vendait des billets pour les croisières à bord de ses différents traversiers, dont le Titanic.

L’immeuble abrite une immense salle de guichets, cinq chambres fortes, de nombreux bronzes, des marbres et une collection de toiles. Au total, il offre 0,3 km² de surface habitable.

Salle principale

La salle des dépôts et des retraits, d’une superficie de 930 mètres carrés, possède une hauteur de plus de vingt mètres.

De leurs bureaux situés à l’étage, les officiers de la banque pouvaient surveiller le bon déroulement des opérations par le biais de grandes fenêtres (ornées de balcons) percées dans un côté de cette salle.

Au sous-sol, les coffrets de sécurité permettaient de protéger des voleurs et du fisc, les bijoux, les titres de propriété et l’argent comptant.

Après sa reconversion en salle de spectacle et en salle de réception, l’édifice porte maintenant le nom de Théâtre St-James.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150 mm R (la troisième photo) et objectif Lumix 12-35 mm F/2,8 (les quatorze autres photos)
  1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 12 mm
  2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
  3e  photo : 1/50 sec. — F/4,4 — ISO 6400 — 58 mm
  4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 29 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 35 mm
  6e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 22 mm
  7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 26 mm
  8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 23 mm
  9e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
10e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 19 mm
11e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 23 mm
12e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 23 mm
13e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 19 mm
14e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 15 mm
15e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 17 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Éloge du flou

Publié le 2 juin 2013 | Temps de lecture : 3 minutes

À la suggestion d’un photographe canadien dont le pseudonyme est FrankS009, je me suis procuré le livre « Within the Frame » de David duChemin.

En feuilletant ce livre, j’ai été surpris de voir que plusieurs des photos qui l’illustrent sont floues. Non pas quelles soient des exemples de photos ratées mais, au contraire, des clichés réussis en dépit d’un bougé au moment de la prise.

L’effet d’une sonnette

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Ce qui m’a rappelé le cas de la photo ci-dessus, que j’ai renoncé à inclure dans un de mes diaporamas après une très longue hésitation. On y voit un vélo-taxi qui, en klaxonnant, non seulement attire l’attention d’un groupe de jeunes Cubains au retour de l’école, mais surprend également votre humble serviteur en train de les photographier.

En dépit de son bougé (plus évident lorsque la photo est agrandie), il s’agit d’une photo qui parle, qui raconte une histoire. La composition asymétrique mais parfaitement équilibrée de l’image, le jeu des mains, le naturel des attitudes croquées sur le vif, tout contribue à me faire aimer cette image.

Mais, persuadé qu’elle susciterait une controverse, et compte tenu que le diaporama contenait déjà près de 300 photos nettes, celle-ci a été disqualifiée, à mon grand regret.

Les amoureux de Shanghai

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Lors d’une chaude soirée de septembre 2010, j’ai surpris un couple d’amants en train de s’embrasser sur la voie publique à Shanghai. Mais avec un temps d’exposition d’une demi-seconde, pour une photo prise tout en marchant, c’était inévitable; la photo était floue.

Mais quel éclat dans les couleurs. Et ce tourbillon de lumières qui exprime si bien l’ivresse d’un baiser. Quant au flou, il voile de poésie une démarche essentiellement voyeuriste.

Objectivement, il s’agit d’une photo ratée. Parce que le flou est à la photographie ce que l’apostasie est à la religion.

Mais en regardant ces deux photos, je ne peux m’empêcher de me rappeler ces mots d’Henri Cartier-Bresson : « La netteté est une préoccupation bourgeoise », si loin de nos obsessions modernes…

Détails techniques :
1re photo : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35 mm F/2,8 — 1/200 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 16 mm
2e  photo : Panasonic GH1, objectif Lumix 20 mm F/1,7 — 1/2 sec. — F/1,7 — ISO 800 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Havane – Puertas y ventanas

Publié le 25 mai 2013 | Temps de lecture : 2 minutes

 
Puertas y ventanas signifie « Portes et fenêtres » en espagnol.

Comme son nom l’indique, cette vidéo met en vedette des portes et des fenêtres de la Vieille Havane. Non pas les plus belles du quartier mais majoritairement, certaines des plus modestes de la ville.

Mon intention de départ était de réaliser un diaporama dans lequel défileraient rapidement les formes géométriques — des carrés et des rectangles — correspondant aux portes et fenêtres photographiées. Le tout devait s’intituler Abstracción cubana.

Mais au moment de l’assemblage des photos, le diaporama n’était pas aussi abstrait qu’anticipé.

Et surtout, la grille métallique ajoutée à la plupart des portes et fenêtres donne la fausse impression que la Vieille Havane est une immense prison dans laquelle chaque maison est un cachot.

En réalité, les Cubains — tout comme n’importe quel Nord-Américain — ne quitte pas son logis sans en verrouiller l’accès.

La grille métallique ajouté aux portes et aux fenêtres est une solution ingénieuse qui permet de bloquer l’accès au domicile tout en permettant l’aération en l’absence de son occupant.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Havane – Les rues nord-sud de la Vieille ville

Publié le 17 avril 2013 | Temps de lecture : 6 minutes

 
En septembre 2012, lorsque je pris la décision de passer les trois semaines de mes vacances annuelle dans la capitale cubaine, mon intention était de visiter de fond en comble le quartier de la Vieille Havane, inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité.

Mais après plus d’une semaine à parcourir toutes les rues est-ouest et à visiter toutes les attractions touristiques rencontrées sur ma route, j’ai dû renoncer à mon intention de visiter également les rues qui leur sont perpendiculaires. Sinon je n’aurais plus eu de disponibilité pour voir les autres quartiers touristiques de la capitale.

Ce diaporama présente donc 205 photos et quatre vidéos prises de manière incidente dans les rues traversant la Vieille Havane dans le sens nord-sud.

De 1:07 à 1:17, on voit le somptueux édifice Art déco, construit en 1930 pour héberger le siège social de la compagnie de rhum Bacardí. Œuvre des architectes Rafael Fernández-Ruenes, Esteban Rodríguez-Castell et José Menéndez, c’était le plus haut gratte-ciel de la capitale au moment de son inauguration.

L’intérieur et l’extérieur de cet édifice ont conservé leur décoration d’origine. Sa façade est décorée de granit bavarois et norvégien, de bronzes et des reliefs géométriques en céramique (dont des nus de Maxfield Parrish). Son mirador est surmonté du symbole de la compagnie, soit une chauvesouris. Signalons que la faune cubaine contient à elle seule plus de variétés de cet animal que dans tous les pays d’Amérique du Nord réunis.

De 3:32 à 3:40, il s’agit d’un ancien palais, construit en 1780 pour Don Matteo Pedroso, le maire de la ville. Cet édifice est devenu le Palais de l’Artisanat. Une suite de boutiques s’y trouvent, au rez-de-chaussée et à la mezzanine, autour d’un charmant patio (c’est-à-dire d’une cour intérieure à ciel ouvert).

À deux endroits de la vidéo, on présentera le même lieu tel que vu normalement, puis en infrarouge. L’ensemble des photos infrarouges de La Havane font l’objet d’un diaporama spécifique.

À 3:46, c’est la caserne de la police nationale révolutionnaire cubaine. Construite au XXe siècle dans un style imitant la Forteresse de la Force Royale (construite de 1558 à 1577), cette bâtisse est fermée au public.

Le palais construit par le colonel Rafael O’Farrill y Herrera dans la deuxième moitié du XIXe siècle loge de nos jours un hôtel à son nom (de 3:47 à 3:52). Sa famille avait fait fortune dans le commerce des esclaves et la culture de la canne à sucre.

De 3:56 à 4:06, c’est la Galerie Victor Manuel, située sur la Place de la Cathédrale.

À 4:26, nous apercevons le parc écologique Hans-Christian Anderson, planté d’herbes médicinales.

À 4:33, il ne s’agit pas d’une statue mais d’un amuseur de rue personnifiant le Chevalier de Paris : la véritable statue est devant l’église St-François d’Assise.

De 4:34 à 4:43, nous visitons un tout petit musée situé à l’arrière du Palais municipal de la Place d’Armes.

Successivement, nous avons un aperçu de la Maison du bonsaï (de 4:45 à 4:48) et du Musée du chocolat (de 4:49 à 5:59). Dans ce dernier cas, en dépit du fait qu’on y présente l’histoire et le mode de fabrication de cet aliment, il s’agit principalement d’un restaurant où on sert des tasses de chocolat (délicieuses). On y vend aussi des morceaux de chocolat pour apporter.

De 5:05 à 5:50, c’est le Musée archéologique. Au rez-de-chaussée, on présente des pièces trouvées lors de fouilles effectuées sur l’île cubaine, alors qu’à l’étage, on présente des œuvres provenant du reste de l’Amérique latine. Le musée occupe deux anciens palais contigus dont le second était décoré de fresques rococo.

De 5:53 à 6:06, nous voyons l’immense Séminaire St-Carles et St-Ambroise, construit derrière la Cathédrale St-Christophe et dont le patio est probablement le plus beau de la capitale.

De 6:08 à 6:25, c’est le restaurant La Giraldilla. Situé au deuxième et dernier étage d’un immeuble, il offre une vue splendide du Castillo de la Real Fuerza, dont la construction s’étala de 1558 à 1577. En 1632, une girouette — appelée Giraldilla — fut ajoutée au sommet de la tour de l’espérance de ce complexe militaire. Si cette girouette est la première statue de bronze coulée à La Havane, la forteresse est le plus important exemple d’architecture Renaissante à La Havane.

De 6:30 à 6:43, c’est un aperçu des œuvres à la Maison de la peinture vénézuélienne. Ce centre culturel témoigne des liens économiques importants entre Cuba et le Venezuela (fournisseur de pétrole à prix d’amis).

De 6:44 à 6:51, nous voyons l’ancienne Chambre des représentants. Au rez-de-chaussée, son atrium est entouré de pièces dont chacune est réservée aux représentants d’une province du pays.

À 6:53, c’est le tramway Mambí (du nom que portaient les soldats qui ont combattu l’Espagne durant la guerre d’indépendance de 1895-1898). De fabrication canadienne, ce train était autrefois le moyen de transport présidentiel pour visiter le pays. Ayant conservé sa décoration d’origine, c’est maintenant une attraction touristique.

De 7:01 à 7:19, nous apercevons la Maison des Arabes, installée dans une maison construite en 1688. Elle présente des expositions sur le thème des cultures arabe et musulmane.

De 7:28 à 7:48, nous visitons l’église St-François-de-Paule. Construite vers 1670, cette église de style baroque espagnol fut endommagée lors d’une tornade en 1730. Ses vitraux, son mobilier et sa décoration intérieure sont modernes, sauf pour un étonnant triptyque (de style flamand), placé à la gauche de l’autel.

De 7:52 à 8:18, nous avons un aperçu du Centre culturel San José, une immense foire artisanale ouverte quotidiennement dans des anciens hangars du port.

À 8:21, il s’agit de la Cathédrale orthodoxe Notre-Dame-du-Kazan (du nom de la capitale de la république du Tatarstan), qui a ouvert ses portes en 2008.

La vidéo se termine par l’ancienne Maison de la Douane (de 8:22 à 8:26). Construite en 1911, cette dernière porte maintenant le nom de Terminal Sierra Maestra : il est occupé par des bureaux de l’autorité portuaire.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Constellation des grands Montréalais

Publié le 7 avril 2013 | Temps de lecture : 2 minutes
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
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La Chambre de commerce du Montréal métropolitain est une association, vieille de près de deux siècles, regroupant 7 000 propriétaires ou cadres d’entreprise.

En 1988, elle met sur pied l’Académie des grands Montréalais dans le but de souligner l’apport de différentes personnes à l’essor de Montréal dans quatre secteurs d’activité, soit économique, scientifique, culturel et social. C’est à l’automne que seront choisis les quatre lauréats de chaque année.

Et plutôt que de faire graver leurs noms sur un tableau d’honneur que seuls les visiteurs de son siège social pourraient consulter, la Chambre de commerce a eu l’idée de demander au collectif de designers montréalais gsmprjct° de créer une murale destinée à être placée dans un espace public.

Cette murale métallique, inaugurée le 22 novembre 2012, est la « Constellation des grands Montréalais ». Elle est située près de la sortie sud-ouest du Palais des congrès de Montréal.

Bleutée — une couleur attendue pour une constellation — la murale tire son chatoiement de vitraux multicolores qui s’y reflètent. Présentement, elle est percée de 122 points lumineux. Chacune de ces « étoiles » représente un Grand Montréalais.

En pointant l’une ou l’autre de ces étoiles à l’aide d’un téléphone multifonctionnel, on accède à une page web qui fournit des précisions relatives à la contribution de l’académicien à la renommée de la ville.

Références :
Académie des Grands Montréalais
Au Palais des congrès – Une Constellation pour de grands Montréalais
Chambre de commerce du Montréal métropolitain
Hommage aux Grands Montréalais

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 28 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 29 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Passer le temps avec Nik

Publié le 27 mars 2013 | Temps de lecture : 1 minute
Résultat No 1
Résultat No 2

Hier, je me suis procuré des modules d’extension pour Photoshop de l’éditeur Nik Software. Et pour les apprendre, quel meilleur moyen que de partir à l’aventure et de tenter un peu n’importe quoi.

On peut voir ci-dessus le résultat final à partir des deux photos ci-dessous, un peu fades à mon goût. Ce qui en a résulté ne gagnera pas un prix Nobel mais c’était amusant.

Première image de départ
Deuxième image de départ

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8
1re photo : 1/100 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 23 mm
2e photo  : 1/200 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 22 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fenêtre et le gardien de sécurité

Publié le 26 mars 2013 | Temps de lecture : 3 minutes

Carnavalet
 
Il y a tellement de choses intéressantes à voir à Paris qu’on ne peut pas tout visiter. Ayant décidé d’y passer mes trois semaines de vacances à l’automne de 2003, j’avais choisi d’ignorer le Musée Carnavalet, dédié à l’histoire de la capitale française.

Mais à la fin d’une journée d’octobre, j’étais dans le Marais (il s’agit d’un quartier autrefois marécageux), la lumière commençait à baisser et un jour de semaine à 17h, il est un peu tard pour entreprendre la visite de quoi que ce soit.

Mais je passais à côté de ce musée. C’était gratuit. Il était ouvert encore une heure. Alors pourquoi ne pas y faire un tour…

D’un pas alerte au début — mais qui se ralentit dès que je compris l’intérêt de ce musée — je passais devant des toiles représentant des endroits de Paris que j’avais visités. C’était fascinant de voir dans quelle mesure la capitale française avait peu (ou beaucoup) changée au cours des siècles.

Fouquet MuchaEt toutes ces boiseries et lambris d’intérieurs luxueux sauvés du pic des démolisseurs ou des rénovateurs zélés (dont les comptoirs Art nouveau de la bijouterie Fouquet dessiné par Alphonse Mucha, ci-contre), ces portraits de personnages illustres qui y ont habités, etc.

Bref, c’était beaucoup plus intéressant que ce que j’avais imaginé.

Quand tout à coup, je passe devant une fenêtre au travers de laquelle je vois une cour extérieure charmante, celle qu’on voit au début du texte. Puisqu’il est permis de photographier dans ce musée, je sors mon Canon Powershot G6, l’appareil que j’utilisais à l’époque.

FenêtreProfitant de l’absence de gardien, j’approche lentement mon appareil de la fenêtre ci-contre. Je dépose délicatement l’objectif métallique sur le verre et au moment précis où j’appuie sur le déclencheur, j’aperçois du coin de l’œil un gardien qui s’approche de moi rapidement.

Aussitôt, j’imagine ce gardien élever le ton et me dire quelque chose du genre : « Monsieur ! Cette fenêtre est du ixième siècle. Elle est classée monument national. Mme de Sévigné, elle-même aimait s’y appuyer pour contempler le soir couchant. Comment pouvez-vous… »

Alors que dans ma tête tourbillonnent les justifications que je pourrais invoquer, je suis étonné d’entendre le gardien s’excuser puis, alors que je me recule, m’ouvrir sans que je le demande cette fenêtre pour me permettre de prendre une meilleure photo.

Évidemment, je m’exécute aussitôt et, ravis, je remercie le gardien de mon plus beau sourire.

L’année suivante, j’étais revenu dans ce musée afin de remettre à ce gardien les photos que j’avais prises de Paris un an plus tôt. Mais je ne l’ai pas trouvé.

En repensant à ce fait divers, je me suis toujours demandé : si j’étais gardien de sécurité au Musée des Beaux-Arts de Montréal et qu’un touriste américain me demandait de lui ouvrir une fenêtre afin de lui permettre de photographier la rue Sherbrooke, serais-je aussi accommodant ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel