Le Cinquième arrondissement de Paris (1re partie)

Publié le 3 janvier 2016 | Temps de lecture : 7 minutes

 
Le sujet de cette vidéo, c’est la partie du cinquième arrondissement qui voisine la Seine. Sont en vedette : l’église Saint-Séverin, l’église Saint-Julien-le-Pauvre, l’Institut du monde arabe et le Jardin des plantes.

Plus précisément, le territoire visité est celui qui s’étend au nord du boulevard Saint-Germain, et à l’Est des rues Jussieu, Linné et Geoffroy-St-Hilaire.

L’église Saint-Séverin

De 0:36 à 1:33, nous visitons l’église Saint-Séverin. Essentiellement, cette église fut construite du début du XIIIe siècle jusqu’en 1520. C’est une des plus belles églises de style gothique flamboyant à Paris.

Originellement, on y pénétrait par la tour-clocher (0:36)

En 1839, on lui ajouta un portail (0:40) provenant de l’église médiévale de Saint-Pierre-aux-bœufs détruite en 1837. Deux siècles plus tôt, en 1648, c’était dans cette église aujourd’hui disparue que s’était marié Frontenac, filleul du roi Louis III et futur gouverneur de Nouvelle-France.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
La nef comprend un vaisseau central flanqué de part et d’autre d’un collatéral et d’un bas-côté. Chacune de ces parties est séparée des autres par une rangée de piliers.

Autour du chœur, un double déambulatoire prolonge les collatéraux et les bas-côtés sans l’interruption d’un transept. Les piliers des déambulatoires sont en forme de palmier. Juste derrière le chœur, le pilier central possède la particularité d’être torsadé (0:55).

Le vaisseau central possède trois niveaux (0:45); un rez-de-chaussée, un triforium, et des fenêtres hautes.

Saint-Séverin possède une des plus riches collections de vitraux historiques de Paris, mariant le Moyen-Âge, le XIXe siècle et l’époque contemporaine.

Les plus anciens, des XIVe et XVe siècles, se rencontrent dans les fenêtres hautes de l’église (0:49). La grande rosace de la façade date également de cette époque.

Les vitraux du triforium et du rez-de-chaussée ont été réalisés par Émile Hirsch au XIXe siècle, à l’exception de ceux des chapelles absidiales qui furent achevés en 1969 par Jean Bazaine.

Le buffet de l’orgue a été sculpté en 1745 par François Dupré et Jean-François Fichon. Toutefois, l’instrument lui-même date de 1964.

De 1:34 à 1:37, il s’agit de l’ancien cimetière de l’église, devenu jardin.

En janvier 1474, la faculté de médecine de Paris ne disposait pas encore d’amphithéâtre. C’est dans la galerie d’arcades entourant ce cimetière qu’on procéda à la première extraction de calculs rénaux au monde.

Le patient était un condamné à mort auquel on avait promis la grâce s’il survivait à l’opération. Dans le cas contraire, le cimetière était là, prêt à recevoir sa dépouille. Cette proximité révélait le peu d’optimisme des chirurgiens chargés de l’opération. En dépit de tout, l’opération fut une réussite totale.

L’église Saint-Julien-le-Pauvre

Construite vers 1165, Saint-Julien-le-Pauvre est, avec Saint-Germain-des-Prés, la plus vieille église de Paris (de 1:58 à 2:11).

C’est une église sans transept, formée d’un vaisseau central et de deux bas-côtés.

On compte plus d’une centaine de colonnettes décoratives le long des parois de l’église. Les trois quarts de celles-ci sont situées dans le chœur. Chaque colonnette possède un chapiteau distinctif (2:09).

La cloison ornée d’icônes qui barre de chœur — cloison qu’on appelle iconostase (2:02) — indique que cette église est vouée au rite orthodoxe, plus précisément dans ce cas-ci, au rite grec melkite catholique (sous la dépendance du patriarche d’Antioche).

Au cours des siècles qui ont suivi la construction de cette église, le tissu urbain de Paris s’est considérablement densifié. Si bien qu’au début du XVIIe siècle, l’église était complètement enclavée dans un pâté d’immeubles, et accessible seulement par une ruelle.

Afin de la dégager, on en détruisit en 1651 deux travées afin de créer une cour devant l’entrée : la façade actuelle, très banale, date de ce temps.

L’Institut du monde arabe

De 3:09 à 3:51, cet édifice est un des chefs-d’œuvre de l’architecture contemporaine.

Dans les années 1970, Paris est victime d’une série d’attentats terroristes. Afin d’améliorer les relations entre la France et les pays arabes, l’État français décide de créer un musée voué à la promotion de la culture arabe. Ce musée qui devait être financé par un partenariat conclu entre la France et une vingtaine de pays arabes.

Construit de 1981 à 1987, ce musée ouvre ses portes à la fin novembre 1987.

Les moucharabiehs sont des grillages de bois posés aux fenêtres qui sont destinés à protéger du soleil et du regard les occupants du logis. Inspiré des moucharabiehs, la façade sud de l’IMA (dessinée par Jean Nouvel) est composée de plus d’un millier d’iris qui s’ouvrent et se ferment électroniquement selon l’ensoleillement.

Depuis deux décennies, si certaines cellules photoélectriques sont devenues défectueuses, la grande majorité d’entre elles sont encore fonctionnelles.

La bâtisse héberge des salles d’exposition, une salle de spectacle, une bibliothèque, un restaurant, des bureaux administratifs et un magasin.

Au neuvième étage, son restaurant gastronomique offre une vue spectaculaire de Paris (3:50).

Traversés par la route de la soie, beaucoup de pays arabes se sont illustrés dans les arts textiles. C’est ainsi que de nombreux tissus sont appelés de noms qui rappellent ceux de villes qui les ont rendus célèbres.

Gaze vient du nom de la ville palestinienne de Gaza. Le damas (avec une minuscule) est aussi le nom de la capitale syrienne. La mousseline vient du nom de Mossoul, deuxième ville d’Irak. Le baldaquin est une déformation de Bagdad (où on produisait de lourdes soieries ornant les ciels de lit… à baldaquin).

Bref, le musée possède une collection remarquable de tissus qui illustrent la supériorité de la civilisation arabe sur la nôtre avant la Renaissance.

Puisque ces tissus sont parfois rangés pour faire place à des expositions temporaires (comme celle de 3:52 à 4:16), le meilleur temps pour apprécier les collections permanentes du musée est entre deux expositions temporaires.

Le Jardin des plantes

De 4:39 à 6:06, nous visitons le Jardin des plantes.

Ce parc comprend un remarquable musée d’histoire naturelle (de 4:40 à 5:17), un jardin botanique agréable (de 5:24 à 5:57) et un jardin zoologique.

C’est l’écrivain et botaniste Bernardin de Saint-Pierre (à 5:58, auteur de Paul et Virginie) qui, à la Révolution, y fonda le premier zoo public de France (et le deuxième plus ancien au monde) et ce, à partir des animaux de la ménagerie royale de Versailles.

Divers

À 2:25, on voit l’amphithéâtre de l’ancienne faculté de médecine (achevé en 1745).

De 4:17 à 4:37, il s’agit du Square Tino Rossi, un parc de sculptures aménagé le long de la Seine, près de l’Institut du monde arabe.


Détails techniques : Le diaporama contient 177 photos et deux clips vidéo.

Les 174 photos en couleur ont été prises à l’aide d’un appareil OM-D e-m5.

En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (110 photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (45 photos), M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (17 photos), M.Zuiko 75 mm F/1,8 et M.Zuiko 40-150 mm R (une photo chaque).

Les trois photos infrarouges ont été réalisées à l’aide d’un appareil Panasonic GH1 équipé d’un objectif Lumix 14-42 mm II.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Paris

Un commentaire

| Photos de France, Photos de Paris, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église Saint-Paul-Saint-Louis (1627-1641)

Publié le 29 décembre 2015 | Temps de lecture : 8 minutes

Préambule

L’église Saint-Paul-Saint-Louis fut la première église française que j’ai visitée. C’était en octobre 2003, au début de mon premier voyage en Europe.

Je m’étais acheté des marrons grillés — servis dans un cornet de papier journal — auprès d’un vendeur ambulant, au sortir d’un grand magasin de la rue de Rivoli.

Tout préoccupé à éviter que les morceaux d’écorce ne tombent par terre, j’avais effectué une longue marche, sans m’en rendre compte, jusqu’à la rue Saint-Antoine (un prolongement vers l’Est de la rue de Rivoli).

L’église Saint-Paul-Saint-Louis s’y trouvait, les portes grandes ouvertes.

Il suffisait de lever les yeux pour admirer la richesse de sa façade. Et il suffisait de les baisser pour voir des mendiants assis sur ses marches ou étendus sur son parvis.

Même si j’ai vu depuis à Paris et à Prague des églises encore plus belles, celle-ci demeurera toujours la première qui m’ait émerveillé.

Histoire

Fondée 1534 par un gentilhomme espagnol venu à Paris pour y étudier, la Compagnie de Jésus migre à Rome en 1537 afin d’y obtenir la reconnaissance papale.

Une fois celle-ci obtenue, les prêtres jésuites se tournent principalement vers l’enseignement et s’établiront dans différents pays. Ils ne retourneront à Paris qu’en 1561.

Le 27 décembre 1594, un ex-élève des Jésuites tente d’assassiner Henri IV. Par amalgame, les Jésuites sont accusés d’avoir inspiré son acte. L’ordre est banni de France de 1594 à 1603.

Mais en 1603, Henri IV choisit un prêtre jésuite, Pierre Coton, comme prédicateur. Ce dernier deviendra son confesseur en 1608.

Dès 1603, il convainc le roi de révoquer l’expulsion des Jésuites de France.

Résultat : deux décennies plus tard, la chapelle Saint-Louis, adjacente au siège social de la communauté à Paris, est devenue trop petite.

Son remplacement par une nouvelle église est une occasion de marquer la réussite sociale de l’ordre religieux. Et puisque de nombreux nobles ont élu domicile dans le quartier, on décide d’en faire un lieu de culte dont la décoration ostentatoire est susceptible de les éblouir.

C’est Louis XIII lui-même qui pose la première pierre, le 7 mars 1627. Une fois complétée, la première messe de l’église fut dite par le cardinal de Richelieu en présence de la famille royale.

Architecture

Au moment de son inauguration en 1641, l’église Saint-Louis-des-Jésuites devenait le troisième lieu de culte à dôme de Paris, après l’église Saint-Joseph-des-Carmes (1613-1620) et l’église du couvent des filles de la Visitation (1632-1634). Cette dernière est située à 450m, sur la même rue.

L’église Saint-Louis-des-Jésuites fut réalisée par trois architectes jésuites : Étienne Martellange (qui crée les plans et conduit les travaux jusqu’en 1629), François Derand (qui lui succède et s’occupe principalement de la façade et de la coupole), alors que Charles Turmel s’occupe de la décoration intérieure.

Façade de l’église

La façade actuelle est presque identique à ce qu’elle était originellement.

Seuls quelques petits détails décoratifs ont disparu à la Révolution. Au milieu de la façade, le sceau de la Compagnie de Jésus a été remplacé par une horloge dont les aiguilles sont en attente de dorure. Et les trois statues actuelles datent du XIXe siècle.

Détail de la façade

Au dernier niveau, on trouve une statue de Saint Louis, œuvre d’Eugène-Louis Lequesne (1815-1887), en remplacement de celle d’origine. Il est à noter que l’église porte les noms de Saint-Paul-Saint-Louis depuis la destruction en 1799 de l’église Saint-Paul-des-Champs, située à proximité (voir la gravure au début du texte).

Les deux statues du premier étage représentent Sainte Catherine — à gauche, d’Auguste Préault (1809-1879) — et Sainte Aure, à droite, d’Antoine Étex (1808-1888).


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

Aperçu de l’intérieur de l’église

L’intérieur est relativement lumineux, éclairé par des fenêtres translucides plutôt que par des vitraux.

Chaire

En empruntant l’allée principale vers le chœur, on rencontre la chaire, adossée au pilier situé juste avant le transept. La chaire d’origine, disparue à la Révolution, a été remplacée par celle-ci en 1806.

Tambour, coupole et lanterneau

La croisée du transept est surmontée d’un dôme. Les pendentifs qui supportent le tambour et la coupole représentent les quatre évangélistes (aux quatre coins de la photo ci-dessus).

Grisaille représentant Saint Louis

La coupole repose sur un tambour percé de fenêtres et décoré de grisailles peintes en 1873 par Paul-Joseph Blanc. Ce sont quatre représentants de dynasties françaises; Clovis (roi mérovingien), Charlemagne (roi carolingien), et Robert II le Pieux (roi robertien), et Saint Louis (roi capétien).

À la différence de nombreuses églises, ce n’est pas la coupole qui est peinte, mais plutôt son lanterneau.

À la croisée du transept

Sous la coupole, le maitre-autel moderne est décoré d’un bronze doré de François Anguier (1604-1669) intitulé Les Pèlerins d’Emmaüs.

Derrière le chœur, l’abside est décorée de toiles représentant les quatre évangélistes, peintes par Henri de Caisne (1799-1852).

Selon le Grand Dictionnaire géographique historique et critique d’Antoine-Augustin Bruzen de La Martinière (publié en 1732), le chœur de l’église était dominé originellement par un retable monumental à trois étages qui rappelait la façade de l’église.

Décoré de colonnes de marbre noir dont les chapiteaux corinthiens étaient en bronze doré, ce retable de marbre blanc était surmonté d’un crucifix qui montait presque jusqu’à la voûte. Au centre de chacun de ses étages se trouvait une toile qui était remplacée alternativement par d’autres, selon les périodes de l’année.

Sous les arcades donnant accès aux chapelles situées de chaque côté du chœur — appelées chapelles absidiales — deux anges d’argent drapés de vermeil étaient suspendus, présentant à Dieu les cœurs embaumés de Louis XIII (arcade de gauche) et de son fils Louis XIV (arcade de droite).

L’église ayant été saccagée à la Révolution, puis pillée en 1831 et en 1871, tout ce décor a disparu. Le maitre-autel actuel date de 1836.

Bas-côté de gauche

Surmontés d’une tribune, les bas-côtés sont des galeries qui franchissent quatre portes (ou ‘passages’) tapissées de boiseries qui traversent autant de piliers.

Chapelle du Sacré-Cœur

En empruntant le bas-côté gauche, après la troisième de ces portes, on atteint la chapelle du Sacré-Cœur, aménagée dans le bras gauche du transept. La statue du Sacré-Cœur fut sculptée par Jean-Marie Bonnassieux (1810-1892).

Entrée de la sacristie et chapelle absidiale de gauche

Après la quatrième porte, nous voici devant l’entrée de la sacristie et devant la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, dont l’autel est surmonté de la statue intitulée La Vierge des douleurs de Germain Pilon (1528-1590), un des plus importants sculpteurs de la Renaissance française.

Chapelle de la Vierge

En empruntant le bas-côté droit, on atteint au transept la chapelle de la Vierge (1828).

À gauche et à droite de son autel, se trouvent les sculptures allégoriques en plâtre La Religion instruisant un jeune Américain (1745) de Nicolas-Sébastien Adam (1705-1778) et L’Ange de la Religion fouettant l’idolâtrie (1745) de Jean-Joseph Vinache (1697-1754).

Chapelle absidiale de droite

Au fond du bas-côté droit est situé un autel sobre, surmonté d’un crucifix.

Orgue

En nous dirigeant vers la sortie de l’église, on admirera l’orgue. Il date de 1871. Les tourelles de son buffet sont surmontées de Saint Paul, entouré de deux anges musiciens.

Arrière de la nef

De chaque côté de la sortie principale, on peut voir les statues de Saint Paul (à gauche sur la photo) et de Saint Pierre (à droite), au-dessus des bénitiers en coquillage offerts par Victor Hugo.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (7e, 10e et 12e photos), objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (4e et 13e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
 1re photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
 2e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
 3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 600 — 12 mm
 4e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 400 — 25 mm
 5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 18 mm
 6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 40 mm
 7e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 320 — 8 mm
 8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 12 mm
 9e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 12 mm
10e photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 8 mm
11e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 15 mm
12e photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm
13e photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 400 — 25 mm
14e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 12 mm

2 commentaires

| Architecture, Photos de France, Photos de Paris, Photos de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Photos du temps des fêtes

Publié le 27 décembre 2015 | Temps de lecture : 1 minute
Boule à neige, à la Place Ville-Marie
La veille de Noël à la cathédrale du Christ de Montréal
La Fée des étoiles chez Victoria’s Secrets
Guirlandes de papier à la Maison Ogilvy

Le Temps des fêtes est une période de réjouissances qui, traditionnellement, commençait la veille de Noël pour se terminer à la fête des Rois, le 6 janvier.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix Leica 42,5mm F/1,2
1re photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 42,5 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
4e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm

2 commentaires

| Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église de Val-de-Grâce (1645-1667)

Publié le 8 décembre 2015 | Temps de lecture : 10 minutes

La naissance d’un dauphin

En 1638, Anne d’Autriche — une princesse espagnole en dépit de son titre — est l’épouse de Louis XIII. Elle a 36 ans. Après 23 ans de mariage, elle n’a toujours pas donné d’héritier au roi de France.

Mariée à celui-ci en 1615 en vertu d’une entente matrimoniale entre l’Espagne et la France, sa nuit de noces fut un désastre.

Elle et le roi n’ont que quatorze ans. Aucun d’eux n’a d’expérience sexuelle. Mais la reine mère — qui assure la régence depuis le décès d’Henri IV en 1610 — ne veut pas qu’on puisse remettre en question cette union dynastique.

Dans la chambre nuptiale, dans des circonstances demeurées obscures, on interviendra afin de s’assurer que la mariage soit consommé dès cette nuit-là.

Traumatisé, le jeune roi portera longtemps rancune à sa mère. Mais surtout, il ne s’approchera plus de son épouse pendant les quatre années suivantes.

À la suite de cette première expérience humiliante, au fil des années, la sexualité de Louis XIII se développera vers un attrait exclusif à l’égard de courtisans de sexe masculin.

Le roi passe la nuit très rarement dans la chambre de la reine, et lorsque c’est le cas, c’est dans le seul but de tenter d’assurer la pérennité de la dynastie par la conception d’un héritier.

Après plusieurs fausses couches, à la surprise générale, la reine donne finalement naissance à un bébé masculin le 5 septembre 1638. Cet héritier règnera à partir de 1643 sous le nom de Louis XIV.

Une réalisation parsemée d’embuches

Au cours de la longue période où elle est délaissée, la reine avait promis à Dieu qu’elle ferait construire une église si elle devait donner un héritier au royaume.

Son choix se porte sur l’abbaye de Val-de-Grâce, en construction depuis 1624 et qui, plusieurs fois, lui a servi de refuge contre les intrigues de la cour.

Avec le décès de Louis XIII en 1643, la reine assure la régence avec l’appui de Mazarin et jouit d’un accès privilégié aux finances du royaume.

Elle achète différents lots qui agrandissent considérablement la superficie de Val-de-Grâce.

De plus, elle confie en 1645 à l’architecte François Mansart le soin de construire un temple magnifique qui complétera l’abbaye.

Mais François Mansart est un perfectionniste, jamais satisfait de ce qu’il est en train de faire.

Relevé de ses fonctions un an plus tard en raison notamment de ses hésitations, François Mansart passe le flambeau à Jacques Lemercier qui conserve les plans de son prédécesseur, n’apportant que des modifications mineures.

Toutefois, de 1648 à 1651, la révolte du parlement de Paris et d’une bonne partie de la noblesse contre le pouvoir royal (soit la Fronde), retarde les travaux. Ceux-ci ne reprendront qu’en 1655.

Entretemps, l’architecte Lemercier décède. Pierre Le Muet est chargé de l’achèvement des travaux.

Celui-ci agrandira le monastère mais poursuivra telle quelle la construction de l’église. Il sera assisté de 1665 à 1667 par Gabriel Le Duc.

L’église Val-de-Grâce est finalement complétée en 1667, vingt-deux ans après la pose de la première pierre et un an après le décès d’Anne d’Autriche (qui y sera inhumée).

Les antécédents

Les premières églises à dôme de Paris furent :
• l’église Saint-Joseph-des-Carmes (1613-1620),
• l’église du couvent des filles de la Visitation (1632-1634),
• l’église Saint-Louis-des-Jésuites (1627-1641), et
• la chapelle de la Sorbonne (1635-1642), propriété du cardinal de Richelieu.

En 1667, l’église de Val-de-Grâce devenait la cinquième.

Description de l’église

Façade de l’église de Val-de-Grâce, en 2003

L’église de Val-de-Grâce a pour thème la Nativité.

Sa façade à deux étages est de style baroque romain. Elle présente en avancée un portique surmonté d’un fronton triangulaire.

Celui-ci porte la dédicace (en latin) : « À Jésus naissant et à sa mère la Vierge », une allusion à la naissance de Louis XIV et à la régente, commanditaire de l’œuvre, en tant que mère.

Les sœurs du Val-de-Grâce étant des Bénédictines, de part et d’autre de ce portique, on trouve des niches qui honorent les deux saints patrons de la communauté; Saint Benoît (à droite) et Sainte Scholastique (à gauche).

Ces sculptures ont été réalisées par François-Théodore Devaulx (1802-1870) en remplacement de celles — en marbre blanc et sculptées par François Anguier — qui honoraient les mêmes saints et qui décoraient originellement la façade de l’église.

Aperçu de l’intérieur
Maitre-autel à baldaquin et coupole

Lorsqu’on pénètre dans cette église, le maitre-autel et son somptueux baldaquin en marbres polychromes attirent immédiatement l’attention. Ils sont l’œuvre de Pierre Le Muet, élève du Bernin.

Autel

Immédiatement au-dessus du tabernacle, on a placé les personnages de la crèche, en marbre de carrare, rappelant le thème de la Nativité.

Il s’agit là d’une copie du chef-d’œuvre de Michel Anguier.

L’original, créé pour Val-de-Grâce, fut transféré en 1805 dans la chapelle de la Vierge de l’église Saint-Roch de Paris. Bien plus tard, le curé de Saint-Roch ayant refusé de rendre la crèche à Val-de-Grâce en dépit de la demande de Napoléon III, on décida d’en sculpter une copie identique qui se trouve donc à Val-de-Grâce en remplacement de l’original.

Couronnement du baldaquin

Ce baldaquin est surmonté d’un couronnement en bois doré, œuvre de Michel Anguier. Les rubans que déploient les angelots portent des citations du Gloria in excelsis Deo (c’est-à-dire Gloire à Dieu au plus haut des cieux). Ils expriment la reconnaissance à Dieu pour la naissance de Louis XIV.

Fresque de la coupole

Au-dessus du chœur, la coupole repose sur un tambour percé de fenêtres. Cette coupole est décorée d’une fresque de Pierre Mignard intitulée La Gloire des Bienheureux.

Au sein d’une nuée d’environ deux cents personnages sacrés, au centre de laquelle se trouve la Sainte Trinité, on distingue (ci-dessus à 8h) la reine Anne d’Autriche agenouillée, portant une cape en hermine brodée de fleurs de lys dorés, offrant l’église de Val-de-Grâce à Dieu, réalisant ainsi sa promesse.

Pendentif de Saint Marc

Les quatre pendentifs à la rencontre des arcs qui supportent la coupole représentent les quatre évangélistes (ici Saint Marc, symbolisé par le lion à ses pieds).

Orgue

À gauche du chœur, dans un espace clôturé par une grille dorée, se trouve un orgue de Cavallé-Coll conçu entre 1851 et 1853 et destiné à l’église Sainte-Geneviève. En 1885, cette dernière devint le Panthéon. On transféra l’orgue, devenu inutile, à l’église de Val-de-Grâce.

Avant que cet orgue y soit aménagé, cet espace portait le nom de Chapelle Sainte-Anne (la patronne de la reine). C’est là qu’étaient placés de nombreux monuments au cœur de princes et princesses de la famille royale de France.

Au moment de l’embaumement, le cœur était prélevé, puis placé dans un monument spécial (une urne scellée reposant sur un socle ou sur une sculpture) appelé monument au cœur.

Souvent accompagné d’un message d’affection du défunt, ce monument était destiné à être exposé publiquement.

L’église Val-de-Grâce accueillit plusieurs de ces monuments au cœur.

Après la Révolution, ils ont été profanés puisque leur contenu possédait une valeur marchande. En effet, dans le milieu artistique, les cœurs momifiés, réduits en poudre et mélangés à des huiles et des pigments, avaient la réputation de conférer un glacis extraordinaire aux toiles peintes à l’aide de ces mélanges.

De l’autre côté du chœur, en face l’espace où est logée l’orgue, se trouve le Chœur des religieuses. C’est là que les religieuses, assises sur des stalles, prenaient place afin d’écouter la messe.

Elles étaient séparées du chœur proprement dit par une grille dorée qui les dissimulait partiellement du regard des curieux

On accédait au Chœur des religieuses directement à partir du monastère, sans passer par l’extérieur.

Voûte

La lumière naturelle qui inonde cette église provient d’une série de grands vitraux transparents aménagés immédiatement sous sa voûte richement décorée par Philippe de Buyster.

Allégories de l’Humilité et de la Virginité

De chaque côté du vaisseau central, les piliers sont séparés par des arcades décorées d’allégories représentant dix-huit vertus (l’abnégation, la bonté, la charité, l’espérance, la justice, etc.). Elles furent sculptées par Michel Anguier, responsable (rappelons-le) de la crèche du chœur et du couronnement du baldaquin.

Dans la photo ci-dessus, l’Humilité (à gauche) repousse un ange qui lui présente les lauriers de la Gloire et rejette à ses pieds les attributs du pouvoir (sceptre et couronne). À droite, la Virginité, un lys au bras et un agneau à ses pieds, indique du doigt la voie du salut.

Pour terminer, signalons que le riche pavage en marbre polychrome de l’église est de Nicholas Pasquier.

Dôme de l’église

Originellement, les bandes verticales en relief du dôme étaient décorées d’or, comme seront celles du dôme de l’hôtel des Invalides (dont la construction débutera en 1670). On imagine l’émerveillement des gens de l’époque devant la splendeur et la nouveauté de l’édifice.

De nos jours, l’église de Val-de-Grâce représente le plus bel ensemble conventuel français du XVIIe siècle et la plus importante contribution d’Anne d’Autriche au patrimoine architectural de la capitale.

Elle exprime finalement le talent et la maitrise des artisans français de l’époque.

Détails techniques : Appareils Canon Powershot G6 (1re photo) et Olympus OM-D e-m5 (les autres photos), hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (3e photo) et objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e, 5e, 8e et 10e photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (4e, 6e et 7e photos), M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (9e photo) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (11e photo)
  1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 100 — 7,1 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 12 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 22 mm
  6e  photo : 1/100 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
  7e  photo : 1/200 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 12 mm
  9e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
10e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 40 mm
11e  photo : 1/2500 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm

2 commentaires

| Photos de France, Photos de Paris, Photos de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Temple du Marais (1632-1634)

Publié le 6 décembre 2015 | Temps de lecture : 4 minutes

L’Ordre de la Visitation Sainte-Marie a été fondé en 1610 à Annecy, une ville française située près de la frontière suisse.

À l’origine, les religieuses de cette communauté avaient comme tâche principale de visiter les malades et les pauvres afin de les réconforter.

Trois d’entre elles arrivent à Paris en 1619. Après plusieurs déménagements nécessités par l’accroissement de leurs effectifs, elles acquièrent en 1629 un hôtel particulier situé près de la Bastille.

Grâce à la générosité de leurs mécènes, elles y construisent d’abord un monastère puis, de 1632 à 1634, une église.

L’architecte de celle-ci était François Mansart (1598-1666), membre d’une prolifique famille d’architectes dont le plus connu est son petit-neveu, Jules Hardouin-Mansart.

Temple du Marais
Détail de la façade du temple du Marais

Après l’église Saint-Joseph-des-Carmes (1613-1620), l’église du couvent des filles de la Visitation (qu’on appelle de nos jours Temple du Marais), fut la seconde église à dôme de Paris.

Mais contrairement à la première — qui est une église en croix dont la croisée du transept est surmontée d’un dôme — l’architecte de cette église-ci fit preuve d’une plus grande audace.

À l’examen des plans, on peut voir qu’il s’agit d’une rotonde — c’est à dire d’un espace circulaire surmonté d’un dôme — autour de laquelle d’articulent un vestibule rectangulaire au nord, un autel elliptique du côté opposé, et deux chapelles latérales arrondies, peu profondes, respectivement en est et en ouest.

Entre ces espaces, disposés en ‘X’ autour de la rotonde et séparés d’elle par des portes ou des grilles se trouvent trois autres chapelles et une sacristie (en plus d’une autre sacristie, plus à l’arrière, complètement séparée de la rotonde).

Intérieur du temple du Marais

De la rotonde, on accède à l’autel en montant six marches aux coins arrondis. Cet autel est surmonté d’une coupole elliptique assez basse, dont on entrevoit le pourtour richement décoré sur la photo ci-dessus.

Coupole du temple du Marais

Pour ce qui de la coupole de la rotonde, celle-ci mesure treize mètres de diamètre.

Alors que ses fenêtres sont surmontées d’un chérubin, le pourtour du lanterneau est décoré de huit cartouches sur lesquels sont gravés (en latin) : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté ».

Selon les sources, à la Révolution, l’église fut transformée en club révolutionnaire ou en entrepôt de livres. Toute la décoration intérieure (autre que sculptée) fut détruite.

En 1803, l’ancienne église de la Visitation Sainte-Marie, devenue propriété de l’État depuis la Révolution, redevint un lieu de culte. Celui-ci fut attribué à l’Église réformée sous le nom de « Temple Sainte-Marie », renommé « Temple du Marais » en 1992.

Au cours de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, une barricade fut dressée à deux pas du temple. Pour cette raison, son extérieur fut sérieusement endommagé. Mais l’intérieur ne fut pas atteint.

La restauration entreprise quelques années plus tard permit de redonner au temple son lustre d’autrefois.

Détails techniques des photos en couleur : Olympus OM-D e-m5, hypergone 8 mm F/1,8 (3e photo), objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re et 2e photos)
1re photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 250 — 8 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 10 mm

Un commentaire

| Architecture, Photos de France, Photos de Paris, Photos de voyage | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Une soirée à l’hypergone

Publié le 5 septembre 2015 | Temps de lecture : 2 minutes

Depuis le 28 aout dernier, j’assiste quotidiennement au Festival des films du monde. En fait, j’y passe mes après-midis et mes soirées.

Profitant d’une projection au cinéma Impérial, j’en ai profité pour emporter mon appareil afin de photographier la scène de cet ancien théâtre.

Et comme je n’avais rien de prévu à l’issue du film, je me suis promené au centre-ville afin d’y prendre quelques photos à l’aide d’un hypergone (appelé fisheye en anglais).

Voici ce que j’en ai rapporté.

Scène du cinéma Impérial
Moto en vitrine sur la rue Sainte-Catherine
Les Ailes de la mode
Place Ville-Marie
Le Gesù
Place Desjardins
Place des festivals
Place des festivals
Place des festivals

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8mm F/1,8
1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 40 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 500 — 8 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 250 — 8 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2000 — 8 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 250 — 8 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
9e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm

Laissez un commentaire »

| Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mystère des vitraux de la cathédrale du Christ de Montréal

Publié le 17 juillet 2015 | Temps de lecture : 6 minutes
Façade de la cathédrale du Christ
Cathédrale du Christ, vue de côté

Située au centre-ville actuel de Montréal — entre les magasins Eaton et La Baie — la cathédrale anglicane du Christ fut construite de 1857 à 1859 selon les plans de l’architecte Frank Wills, né en Angleterre en 1822 et décédé aux États-Unis en 1856, soit avant le début de la construction de l’église. Au décès du concepteur, la réalisation de ses plans fut assurée par son collègue Thomas Scott (1826 – 1895).

À l’époque, la grande rue commerciale de Montréal était la rue Saint-Jacques. C’est beaucoup plus tard que la rue Sainte-Catherine lui a ravi ce titre.

Au milieu du XIXe siècle, la rue Sainte-Catherine traversait les nouvelles banlieues huppées de la ville en pleine expansion.

Et pour desservir les fidèles anglicans du quartier — peuplé principalement de riches marchands écossais — on construisit un temple sur le modèle des églises gothiques de la campagne anglaise du XIVe siècle.

Architecturalement, il s’agit d’un édifice cruciforme d’une grande élégance et d’une parfaite cohérence stylistique.

Toutefois, il est orné d’un ensemble hétéroclite de vitraux. Sans ordre apparent, on trouve des représentations de scènes de la Vie du Christ (Nativité, Baptême, Dernière Cène, Résurrection), des personnages du Nouveau Testament représentés individuellement, des anges, des saints qui ont vécu bien après Jésus de Nazareth, et des allégories.

Sur l’internet, on trouve très peu d’information à leur sujet si ce n’est que certains seraient l’œuvre de l’écrivain et décorateur britannique William Morris, chef du mouvement Arts & Crafts (précurseur de l’Art Nouveau).

Toutefois, la très grande majorité des vitraux de la cathédrale du Christ honorent la mémoire de paroissiens décédés entre 1871 et 1927, soit après la fin de la construction de l’église et même après le décès de William Morris, survenu en 1896.

Pour expliquer tout cela, mon hypothèse est la suivante.

Au Moyen-Âge, les plans des grandes cathédrales gothiques prévoyaient un certain nombre de chapelles latérales qui restèrent longtemps vides. Mais peu à peu, au fil des siècles, des nobles firent élever dans les espaces prévus à cet effet, des chapelles ou plus rarement des monuments destinés à rappeler la mémoire d’un proche décédé.

Puisque cela se fit sur plusieurs siècles, ces chapelles latérales ont des styles divers (gothiques, renaissance, néo-classiques) qui reflètent l’époque où elles furent construites.

Revenons à la cathédrale du Christ. On peut donc penser qu’originellement, ses fenêtres étaient en verre transparent. La fenestration de ce temple étant parcimonieuse, l’absence de coloration du verre ne devait pas produire un éblouissement tel qu’il aurait pu nuire au recueillement des fidèles.

Mais au fil des années, on permit à de riches paroissiens d’honorer la mémoire d’un être disparu en commanditant un vitrail à son nom. C’est ainsi que la décoration de ce temple fut complétée de la même manière que les grandes cathédrales gothiques, c’est-à-dire par des ajouts de styles divers.

Si on suppose que les vitraux ont été commandés peu de temps après le décès du paroissien disparu, on devrait s’attendre à ce que les vitraux datant d’une même décennie aient une similitude stylistique qu’on ne retrouverait pas entre des vitraux commandés à des époques très différentes. C’est effectivement le cas.

Classés en ordre chronologique du décès du paroissien, voici quelques vitraux provenant de cette cathédrale. Lorsqu’on rend hommage à plusieurs personnes, le vitrail est classé selon l’année du dernier disparu.

Scènes de l’enfance du Christ (à la mémoire de William Walker Howard, décédé en 1871)
Détail d’une allégorie de la Charité (à la mémoire de Sophia MacRae, décédée en 1872)
Scènes du Nouveau Testament (à la mémoire de William Sutherland Jr, décédé en janvier 1873)
Détail du vitrail précédent
Scènes de la Bible créées par les verriers londonniens Ward and Hughes (à la mémoire de Mary Fulford-Drummond, décédée en octobre 1873)
Détail d’un vitrail à la mémoire de Jane Dardson, décédée en 1876
Saint George et Saint Alban (à la mémoire de Laura Gilson Parmenter et John Kerry, décédés respectivement en 1893 et en 1896)
Vitrail à la mémoire de Ferdinand MacCulloch et Maria-Louisa Robertson, décédés respectivement en 1888 et en 1901
Saint Joseph et Saint Jean (à la mémoire de Frederick-Julius Steen, décédé 1903)
Détail de Saint Joseph
Zaccharie et Élizabeth (à la mémoire de Samuel Elsdale Molson et Agnes Molson, décédés respectivement en 1893 et en 1904)
Allégories de la Justice et de la Miséricorde (à la mémoire de James Duncan Adams et Jessie Watson, décédés respectivement en 1890 et en 1906)
Détail d’un vitrail à la mémoire d’Angus-William Hooper, Georges Robertson-Hooper et Maud Gillman, décédés respectivement en 1909, en 1926 et en 1927

Références :
Arts & Crafts
Des vitraux d’importation anglaise…
William Morris

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les 1re, 2e, 8e et 9e photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
  3e  photo : 1/250 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  4e  photo : 1/400 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  5e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  6e  photo : 1/400 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  7e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  8e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 28 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 32 mm
10e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 75 mm
11e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
12e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
13e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
14e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 75 mm
15e  photo : 1/250 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm

Laissez un commentaire »

| Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Mots-clés : , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les vitraux de la salle du Conseil municipal

Publié le 11 juillet 2015 | Temps de lecture : 2 minutes

Parce que filmées à hauteur d’homme, les entrevues réalisées dans la salle du Conseil municipal de Montréal ne montrent jamais les vitraux qui la décorent.

On peut donc suivre les actualités pendant des décennies tout en ignorant l’existence de ces vitraux.

Mercredi dernier, en passant devant l’hôtel de ville, j’y suis entré pour la première fois. La porte de la salle du conseil était ouverte.

Façade de l’hôtel de ville

Conçu par les architectes Henri-Maurice Perrault et Alexander Cowper-Hutchison, l’hôtel de ville de Montréal fut construit de 1872 à 1878.

Ravagé par un incendie en 1922, on n’en conserva que les murs extérieurs; tout l’intérieur fut refait.

Salle du Conseil municipal de Montréal

En 1926, aux fenêtres de la salle du conseil, on ajouta cinq verrières — créées par le Montréalais John-Patrick O’Shea (1868 – 1935) — qui rappellent cinq facettes de la vie dans la métropole canadienne au début du XXe siècle, soit (de gauche à droite)  la religion, l’agriculture, les activités portuaires, l’industrie, et la finance.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8mm F/1,8
1re photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 100 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm

Laissez un commentaire »

| Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La cuisine de rue à Montréal

Publié le 9 juillet 2015 | Temps de lecture : 3 minutes

Longtemps bannie en raison de la réputation de salubrité douteuse qui pesait contre elle, la cuisine de rue est permise par la ville depuis 2013. Cette année, 35 permis ont été délivrés.

Pour éviter que les cantines mobiles s’agglutinent aux endroits les plus achalandés — et donc les plus payants — les places limitées sont attribuées alternativement aux divers entrepreneurs. Cela évite également les accusations de favoritisme qui auraient pu, autrement, être adressées à la ville.

Puisque la clientèle des cantines mobiles est principalement constituée des personnes qui travaillent à proximité, cette rotation évite également la monotonie puisque le menu de chaque cantine varie peu (ou pas du tout) au cours d’une saison.

Pour les entrepreneurs, l’exploitation d’une cantine mobile signifie l’achat d’un camion, le percement d’un guichet, l’aménagement d’une cuisine répondant aux critères exigeants de la ville, et l’utilisation de cette cantine seulement quelques mois par année. C’est donc un investissement risqué.

Cantine mobile Ô soeurs volantes

Ma première expérience fut à l’occasion d’un concert gratuit donné à la Place Phillips dans le cadre du Festival Montréal baroque.

Autour de la cantine des Soeurs volantes se pressaient ouvriers, secrétaires et hommes d’affaires.

Boulettes de porc et salade

J’ai donc essayé ces boulettes de porc (12$, soit environ 8,75 euros). C’était plutôt bien (quoiqu’une partie des frites étaient calcinées).

Cantine mobile Le Super truck

Hier, au menu du Super Truck stationné au parc Dorchester, bâtonnet (sic) de macaroni frits (sic), flanc de porc croustillant, super sandwich (au poulet de grain), et cornet de salade.

Cantine mobile Cuisine polonaise authentique

Pendant ce temps, à la Place d’Armes, Les aliments Pyza opéraient la cantine Cuisine polonaise authentique.

Assiette polonaise

J’ai donc essayé l’assiette polonaise à $12 (soit environ 8,75 euros). Les pierogis — c’est-à-dire les raviolis polonais — étaient bons et la saucisse, délicieuse.

Paru depuis : Bonne note pour la cuisine de rue à Montréal (2015-09-27)

Sur le même sujet : Paris roule désormais pour les “food trucks”

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les deux premières photos) et hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
3e  photo : 1/3200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
4e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 100 — 8 mm
5e  photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm

Laissez un commentaire »

| Nourriture, Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Prière

Publié le 8 juillet 2015 | Temps de lecture : 1 minute
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Achevée en 1517 à Paris, la chapelle de la Vierge est la seule partie de l’église St-Gervais-St-Protais où il est interdit de photographier.

Hier, en travaillant sur les photos prises dans cette église l’automne dernier, j’ai trouvé celle-ci.

A-t-elle été prise avant qu’on m’ait prévenu de l’interdiction de photographier ? Avais-je remarqué au premier plan cette priante suppliant la Vierge ? Je ne me rappelle plus.

J’aime les photos qui racontent une histoire, qui disent quelque chose. Celle-ci montre que parfois, la photographie documentaire peut être aussi expressive qu’une mise en scène. À la différence que dans ce cas-ci, tout est sincère et vrai.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/6,3 — ISO 5000 — 18 mm

2 commentaires

| Photos de France, Photos de Paris, Photos de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel