Publié le 3 novembre 2016 | Temps de lecture : 6 minutes
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Préambule : Ce diaporama s’adresse aux adultes. Il comporte des scènes de violence et de cruauté qui pourraient ne pas convenir aux personnes sensibles.
Depuis des siècles, la corrida fait partie des coutumes des peuples de la péninsule ibérique (Espagne et Portugal).
Cette coutume est aujourd’hui contestée par les groupes de défense des droits des animaux.
À Barcelone, l’esprit indépendantiste des Catalans les a amenés à bannir cette pratique sous le prétexte qu’il s’agissait-là d’une tradition barbare et ‘étrangère’ (lisez : ‘castillane’).
À sa manière, le Portugal a également tenté de répondre aux critiques adressées à la corrida traditionnelle.
À l’issue de cette remise en question, la pratique de la corrida au Portugal s’est sensiblement renouvelée. Mais soyons clairs : cela demeure un spectacle brutal (comme l’est la boxe) et un spectacle cruel (comme l’est le combat de coqs).
La corrida portugaise se distingue de trois manières importantes.
Premièrement, elle ne se termine plus par la mise à mort du taureau.
À l’issue de la corrida traditionnelle, les toréadors tuaient le taureau en lui plantant une épée au cœur.
En réalité, la plupart du temps, ils lui perçaient un poumon. L’animal perdait connaissance et il était achevé en coulisse.
Deuxièmement, aux toréadors et aux picadors, s’ajoute un nouveau type d’artisans : les matamores.
Les toréadors se mesurent toujours seul à seul au taureau, mais armés seulement de leur muléta, ce carré de tissu avec lequel ils provoquent la charge de l’animal. Ils n’infligent plus de blessures à celui-ci.
Le picador chevauche toujours sa monture. Mais les flancs de sa jument ne sont plus recouverts d’une longue couverture protectrice.
Ce cavalier est maintenant le seul à blesser le taureau. À l’issue des affrontements, l’animal est soigné et remis en forme puisqu’un animal fougueux est plus précieux que sa viande.
Quant aux matamores, ils forment une équipe dont le but est de maitriser le taureau à mains nues.
La troisièmement et dernière distinction de la corrida portugaise est que la hiérarchie de ces artisans est complètement bouleversée.
Autrefois auréolés de gloire, les toréadors sont déchus de leur statut de vedette. Ce sont maintenant des tâcherons dont le modeste rôle consiste à essouffler le taureau pour diminuer sa dangerosité quand ce n’est pas simplement de faire diversion lorsque celui-ci devient incontrôlable.
Dans la corrida traditionnelle, les picadors et leurs montures jouaient le rôle de ‘palissades mobiles’ destinées à contenir le taureau. Ce sont maintenant de véritables vedettes.
Leurs juments sont des bêtes exceptionnelles capables d’exécuter des pirouettes et des pas savants.
Ces bêtes agiles exécutent des feintes et des parades de manière spectaculaire. Leur vue n’est pas bloquée par des ornières : elles sont donc parfaitement conscientes du danger et y réagissent d’instinct.
De plus, les cavaliers doivent commander leur monture par le biais de l’inconfort du mors et non par le biais de la souffrance infligée par des piqures d’éperons (puisqu’il ne semble pas que leurs bottes en soient équipées).
Le statut de vedette du picador est confirmé par le fait qu’il est toujours le seul cavalier en scène, assisté de plusieurs subalternes que sont les toréadors.
Après voir planté avec succès un nombre déterminé de piques, le picador cède la place aux matamores.
Ces derniers forment un groupe de huit hommes à pied. Leur but est de maitriser l’animal à mains nues selon un protocole scrupuleusement respecté.
Le chef des matamores s’approche de l’animal. Il s’avance pas à pas, les mains sur les hanches. Il s’arrête. Il frappe le sol du pied pour provoquer l’animal. Si ce dernier ne réagit pas, le matamore fait quelques pas de plus. Et ainsi de suite jusqu’à ce que l’animal décide de foncer sur lui, à toute vitesse, la tête baissée.
À l’impact, le matamore saisit le cou de l’animal afin de ne pas être propulsé dans les airs.
Aveuglé par cet obstacle, l’animal poursuit généralement sa course jusqu’à l’endroit où sont les autres matamores. Ceux-ci l’agrippent par la tête tandis que l’un d’entre eux le saisit par la queue.
Pendant que les autres matamores quittent la piste, celui qui tire le taureau par la queue oblige l’animal à tourner sur lui-même jusqu’à l’étourdissement, puis quitte à son tour.
Ceci est le scénario idéal. Mais ce n’est pas toujours le cas.
Si le taureau réussit à se dégager de lui-même (en d’autres mots, sans avoir été dompté), les matamores doivent recommencer.
Il est fréquent qu’une équipe soit obligée de s’y prendre deux ou trois fois avant de réussir.
À moins, évidemment, d’avoir subi de très graves blessures lors de leur essai. De petites blessures ne suffisent pas à leur exempter cette épreuve.
On admire donc le courage du chef d’équipe. Après avoir été piétiné par l’animal en furie, l’uniforme sale et déchiré, le visage lacéré de coupures, il se doit donc d’affronter de nouveau le même animal en combat singulier.
Lorsque l’équipe réussit finalement à s’acquitter de son mandat et à quitter la piste dignement, on doit faire sortir le taureau.
À cette fin, on fait appel à un groupe de génisses. Elles portent au cou des cloches, de manière à attirer l’attention du taureau.
Obsédé par les génisses, le taureau ne voit pas les vachers. Ceux-ci font sortir les génisses suivies du taureau, et quittent en dernier la piste.
Voilà les caractéristiques de la corrida portugaise. Celle-ci est essentiellement une mise en scène du courage humain au cours de laquelle le bœuf sert de faire-valoir.
Dans le cas particulier du spectacle en vedette dans la vidéo, il s’agissait d’une corrida ‘antique’ au cours de laquelle ses artisans étaient costumés à la manière du XVIIIe siècle.
Publié le 23 octobre 2016 | Temps de lecture : 6 minutes
Introduction
Le culte de la crèche parmi les fidèles — et conséquemment, la commande religieuse de crèches d’Art — atteint son apogée au XVIIIe siècle.
Cette mode a été telle qu’elle a donné naissance à des traditions nationales.
C’est ainsi que les crèches napolitaines étaient le prétexte à la représentation de la vie de rue, avec la multitude des métiers de l’époque.
Les crèches baroques portugaises ont davantage le souci d’être des illustrations bibliques.
C’est Joaquim Machado de Castro qui devait devenir le porte-étendard de la tradition portugaise.
Il existe trois crèches de lui à Lisbonne; une à la cathédrale, une autre au Museu Nacional de Arte Antiga et son chef-d’œuvre, à la Basílica da Estrela.
Historique de la commande
Le roi Joseph Ier de Portugal (1714-1777) eut quatre enfants, toutes des filles.
Maria, princesse héritière, épouse en 1760 son oncle, le frère cadet du roi. D’une religiosité proche de la superstition, la jeune épouse redoute les conséquences de ce mariage très consanguin.
Elle promet à Dieu qu’elle élèvera, une fois devenue reine, une grande église si elle devait donner naissance à un héritier sain d’ici à son accession au trône.
Dès l’année suivante, en 1761, son vœu est exaucé; la princesse donne naissance à un premier fils, Joseph.
Maria attendra le 24 février 1777 pour devenir reine et ainsi pouvoir réaliser sa promesse.
Clochers et dôme de la Basilique de l’Estrela
Cette promesse, c’est la belle et grande Basílica da Estrela, dont la construction commencera en 1779 et sera complétée en 1790.
Le nom de cette église — en français basilique de l’Étoile — est une allusion à un hymne catholique à la Vierge. Ce chant grégorien a longtemps été populaire chez les peuples de pêcheurs. C’est d’ailleurs sur son air qu’a été composé l’hymne des Acadiens. Son titre latin est Ave Maris Stella, ce qui signifie Salut, Étoile de la mer.
Parmi toutes les œuvres d’art commandées dans le cadre de la construction de l’église, il y a cette crèche de Joaquim Machado de Castro (1731-1822).
Au moment de cette commande, ce dernier est déjà le plus célèbre sculpteur portugais de son temps. On lui doit notamment la statue équestre de Josée Ier sur la Praça do Comércio, réalisée en 1775.
Commandée en 1781 par la reine, cette crèche était destinée aux Carmélites déchaussées, dont le couvent est adjacent à la basilique. Entreposée au couvent, la crèche devait garnir la basilique durant de temps des Fêtes, au grand plaisir des fidèles.
Accessibilité de la crèche
Tombeau de la reine Maria Ire
De nos jours, cette crèche est accessible par un passage discret, derrière le tombeau de la reine Maria Ire de Portugal. Ce tombeau est situé dans le bras droit du transept de la basilique.
Vitrine de la crèche
On accède alors à une petite pièce au fond de laquelle une vitrine permet aux visiteurs d’admirer cette crèche.
Cette vitrine est à peine plus grande que la crèche. Ce qui fait qu’il est difficile de la photographier sans montrer le cadre de cet écrin et sans que les photos puissent éviter la diffraction optique du verre ancien.
La crèche de la Basílica da Estrela
Joaquim Machado de Castro et ses artisans mettront cinq ans à exécuter cette commande. C’est une des plus grandes crèches existantes au monde.
Détails de la crèche
Elle comprend 480 figurines en argile ou en terre cuite.
Ce foisonnement s’explique par le fait que cette crèche ne montre pas seulement la Nativité, mais couvre toute la ‘péri-Natalité’ de Jésus de Nazareth.
Dans ses parties supérieures, on y voit donc représentés le massacre des Innocents, la fuite en Égypte, etc.
Dans ce sens, cette crèche illustre parfaitement la tradition portugaise des crèches de Noël.
Comme toutes les peintures de l’époque, le Proche-Orient de la crèche est celui fantasmé par les artistes européens du temps. En particulier, la tenue vestimentaire des figurines n’a rien à voir avec les vêtements traditionnels des peuples de cette partie du monde.
La grotte dans laquelle la Sainte Famille s’est réfugiée est encadrée de colonnes corinthiennes en ruine. Tout comme le haut de certains maitres-autels baroques, la crèche est surmontée d’une nuée d’anges célébrant ici la Naissance du Christ.
Vers le haut, au centre
Au dessus de la Sainte Famille
L’adoration des mages et des bergers
Le massacre des saints innocents (vers le haut, à droite)
À la droite de la Sainte Famille
Encore plus à la droite de la Sainte Famille
Mère allaitante inquiète
Personnages du devant de la crèche
La crèche de la cathédrale de Lisbonne
À des fins de comparaison, voici deux photos de la crèche réalisée en 1766 par Joaquim Machado de Castro qui est exposée à la cathédrale de Lisbonne.
Crèche à la cathédrale de Lisbonne
Détails de la crèche de la cathédrale
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3e et 4e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1e photo) et PanLeica 25 mm F/1,4 (les autres photos)
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 31 mm
2e photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1600 — 25 mm
3e photo : 1/50 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 10 mm
4e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 8 mm
5e photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 2000 — 25 mm
6e photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 2500 — 25 mm
7e photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 2000 — 25 mm
8e photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
9e photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1250 — 25 mm
10e photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 2500 — 25 mm
11e photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1000 — 25 mm
12e photo : 1/40 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 25 mm
13e photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
14e photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
Publié le 21 juin 2016 | Temps de lecture : 6 minutes
Enseigne du parc de Vimy
Aperçu du parc
Maison de style anglais bordant le parc
Maison de style québécois bordant le parc
Introduction
Outremont est un quartier plaisant sur les hauteurs du mont Royal. Il tire son nom du fait qu’il est situé sur versant opposé par rapport au centre-ville.
C’est un quartier huppé où se trouvent des maisons spacieuses en pierre ou en briques sur des lots où abondent de grands arbres.
On y rencontre de nombreux parcs à l’anglaise.
Relativement plat, le parc de Vimy est de petites dimensions. Tout en étant plaisant, il est un des moins intéressants de l’arrondissement.
Depuis deux jours, ce parc est l’objet d’une vive controverse.
Sur recommandation de la Société d’histoire d’Outremont, l’arrondissement d’Outremont a obtenu la permission de la ville de Montréal de changer le nom du parc de Vimy en celui de parc Jacques-Parizeau.
La bataille de la crête de Vimy
Vers la fin de la Première Guerre mondiale, la bataille de la crête de Vimy — dans le Pas-de-Calais, en France — fut une des batailles décisives.
Après des assauts infructueux de troupes françaises et britanniques (qui avaient très peu affaibli les défenses allemandes), ce sont des troupes canadiennes qui prirent contrôle de ce promontoire stratégique, au prix de 3 598 morts et 7 104 blessés.
À l’époque, cette victoire fut présentée comme un symbole de la force de l’unité canadienne devant l’adversité. S’il est vrai que l’assaut fut donné par des unités composées d’anglophones et de francophones, en réalité, la proportion de soldats francophones fut relativement faible : la conscription au Canada, jusque-là facultative, était boudée des Québécois.
Rappelons que cette guerre est née de l’effet domino d’alliances militaires qui ont entrainé automatiquement l’entrée en guerre des pays européens sans autre motif qu’un fait divers; l’assassinat en Serbie de l’héritier de l’empire austro-hongrois et son épouse.
Les Québécois estimaient qu’il s’agissait d’une guerre stupide. Alors que pour les Anglophones canadiens, il était essentiel de défendre leur mère patrie, l’Angleterre, principal partenaire commercial du Canada à l’époque (devant les États-Unis).
Dans les faits, 70% des trente-mille soldats volontaires étaient des immigrants récents en provenance du Royaume-Uni; seulement neuf-mille volontaires étaient de naissance canadienne, dont environ mille du Québec.
Ce sont les pertes canadiennes occasionnées par cette bataille (le tiers des effectifs) qui ont convaincu le gouvernement fédéral d’imposer la conscription obligatoire, une décision controversée qui provoqua des émeutes au Québec.
Afin de faire oublier ces divisions, le gouvernement a toujours accordé une importance disproportionnée à cette bataille par ailleurs indéniablement stratégique.
En dépit de ces efforts, la rue et le parc de Vimy — tous deux à Outremont — sont les seuls exemples québécois de lieux nommés en l’honneur de cette bataille.
Jacques Parizeau
Diplômé de la London School of Economics, Jacques Parizeau fut le grand mandarin de l’État québécois dans les années 1960 et principal conseiller économique des premiers ministres Jean Lesage et Daniel Johnson.
Il fut ministre des Finances du Québec de 1976 à 1984 dans le gouvernement de René Lévesque et devient Premier ministre du Québec en 1994-1996.
Il joua un rôle-clé dans la nationalisation de l’électricité et dans la création de la Société Générale de financement (principal outil d’intervention de l’État dans le secteur industriel), du Régime des rentes du Québec (et de la Caisse de dépôt et placement qui en gère les fonds).
Bref, il est le grand responsable de la modernisation de l’économie québécoise. Grâce à lui, le Québec arriéré du début des années 1960 est devenu la quatrième province canadienne la plus riche quant au revenu par personne (retombé par la suite au neuvième rang canadien à l’issue de la décennie catastrophique du gouvernement libéral de Jean Charest).
La controverse
Pour Unity (un groupuscule radical anglo-québécois), le changement du nom du parc de Vimy n’est rien de moins qu’un affront aux soldats canadiens morts pour défendre nos droits et notre liberté au cours de la Grande Guerre (alors que ce n’étaient pas les enjeux de ce conflit).
D’autre part, selon ce groupuscule, le changement de nom honore ainsi un ‘traitre’ (un premier ministre indépendantiste) qui visait donc à briser l’unité canadienne.
C’est ainsi qu’une quinzaine de personnes ont manifesté hier soir devant l’hôtel de ville d’Outremont pour protester contre cette décision.
J’ai visité le parc de Vimy hier après-midi.
Aucune plaque commémorative n’y perpétue la mémoire de soldats d’Outremont morts à Vimy (s’il y en a eu).
Monument en l’honneur d’Alice Poznanska-Parizeau
Depuis 1996, un monument y rend hommage à la première épouse de M. Parizeau, l’écrivaine Alice Poznanska-Parizeau.
M. Parizeau a habité une trentaine d’années dans une propriété à proximité de ce parc. Son service funéraire fut célébré à l’église Saint-Germain-d’Outremont située tout près du parc.
Si ce gouvernement canadien abandonnait la nostalgie de son ancien statut colonial britannique et cessait de rendre hommage à nos conquérants, à leurs descendants, ou à des représentants canadiens de la monarchie britannique — ces derniers n’ayant jamais rien fait d’autre pour le Canada que de procéder à des premières pelletées de terre ou à couper des rubans — on ne serait pas rendu à compter sur des arrondissements montréalais pour rappeler des évènements historiques internationaux auxquels des soldats canadiens ont participé.
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
4e photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
5e photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
Publié le 2 juin 2016 | Temps de lecture : 12 minutes
Le septième arrondissement est un territoire de 4 km² situé sur la rive gauche et peuplé de 57 786 habitants (en 2011).
Il fait partie des quartiers huppés de la capitale; le prix du mètre carré y est le plus cher de la ville et le revenu familial moyen, le plus élevé.
On y trouve de nombreux ministères et ambassades, de même que de prestigieux musées.
La tour Eiffel
Haute de 324 mètres, la tour Eiffel y occupe la limite nord-ouest de l’arrondissement.
Dessinée par l’architecte et ingénieur Gustave Eiffel (à partir d’un croquis de Maurice Kœchlin), elle fut construite pour l’exposition universelle de Paris de 1889 célébrant le centenaire de la Révolution.
Ses quatre piliers indiquent la direction des points cardinaux. Elle pèse plus de dix-mille tonnes et chaque couche de peinture — dégradée en trois teintes de brun pour en accentuer la perspective — y ajoute 60 tonnes.
Le vent la fait osciller de 6 ou 7 cm; on a donc tort de s’appuyer sur sa structure afin d’y stabiliser la prise de photos de nuit.
Le musée du quai Branly
Les années impaires, le musée du quai Branly organise le long de la Seine, en face du musée, une exposition extérieure consacrée à la photo non occidentale (de 0:38 à 1:06). Le catalogue illustré s’acquiert sur place auprès d’une machine distributrice (à 0:53).
L’autre côté de la rue, le musée du quai Branly (de 1:07 à 1:56) est un des plus importants musées d’Art primitif au monde puisqu’il accueille annuellement entre 1,3 et 1,5 million de visiteurs.
Dessiné par l’architecte Jean Nouvel et ouvert depuis 2006, le musée est constitué principalement d’un édifice allongé sur pilotis, accompagné d’un parc à l’avant et d’un autre à l’arrière.
Le long de cette voie de circulation qu’est le quai Branly, une haute palissade de verre sert d’écran antibruit à l’Est (1:07) tandis qu’à l’Ouest le bâtiment Branly (qui abrite l’administration) a été décoré par le botaniste français Patrick Blanc, un pionnier de la mise au point des parois végétalisées (1:09).
À l’intérieur, les visiteurs empruntent une longue rampe sinueuse dont le sol est peint selon une couleur qui identifie le continent d’où proviennent les collections (à 1:33). Afin de protéger les fragiles pigments végétaux de nombreux objets exposés, les collections du musée sont plongées dans une pénombre relative.
Les Invalides
Après un aperçu du pont Alexandre-III (de 1:58 à 2:06), inauguré pour l’exposition universelle de 1900, nous voici devant hôtel des Invalides (de 2:09 à 4:29).
Celui-ci est un vaste complexe dont la construction fut ordonnée en 1670 par Louis XIV afin d’héberger les soldats devenus invalides.
Situé dans la banlieue parisienne de l’époque, il s’agit d’un édifice imposant qui symbolisait la reconnaissance du roi envers les soldats estropiés en défendant la Nation ou devenus nécessiteux en revenant du front.
En réalité, il s’agissait d’un lieu inconfortable, mal chauffé, dans lequel jusqu’à 4 500 pensionnaires s’entassaient et dormaient sur la paille.
De nos jours, il abrite divers musées, dont le musée de l’Armée (de 2:28 à 3:32), l’église Saint-Louis-des-Invalides et le dôme des Invalides.
L’ancien réfectoire de l’hôtel des Invalides porte le nom de Salle Vauban (de 2:29 à 2:40). Cette salle est décorée de peintures murales de Joseph Parrocel illustrant les guerres sous Louis XIV.
De nos jours, on y présente un défilé de cavaliers évoquant l’histoire de la cavalerie française de 1799 à 1870. Les cavaliers prennent place dans la plus grande des nombreuses vitrines du musée. Celle-ci mesure 33 mètres de long (2:29) et est étanche à l’air et aux poussières.
La partie sud des Invalides est constituée de deux églises siamoises. Il y a d’abord une église des soldats, appelée église Saint-Louis-des-Invalides, décorée des drapeaux ravis aux troupes ennemies (de 3:37 à 3:43).
En 1837, c’est dans cette église que le compositeur Berlioz créa son Requiem, nécessitant plus de 400 musiciens et choristes.
Le caveau de son sanctuaire renferme les cendres de Rouget de l’Isle, le compositeur de La Marseillaise.
Puis de l’autre côté d’une paroi vitrée aménagée derrière le chœur, une chapelle immense (située sous le dôme) était réservée à l’usage exclusif de la famille royale. C’est l’autre église siamoise dont il est question.
Cette chapelle royale n’existe plus. Conçue par Jules Hardouin-Mansart — peut-être le plus grand architecte de Louis XIV — et construite de 1677 à 1706, cette église est devenue un mausolée en hommage à Napoléon Bonaparte (de 3:45 à 4:23).
Au rez-de-chaussée, sous les coupoles des chapelles latérales de cette ancienne église, se trouvent les tombeaux du maréchal Lyautey (4:18), du maréchal Foch (4:20) et de deux frères de Bonaparte, soit Joseph Bonaparte (4:14) et Jérôme Bonaparte (4:16).
Au centre, dans la crypte aménagée sous le dôme des Invalides, repose depuis 1861 le corps de l’empereur dans un sarcophage de quartzite rouge (4:05). Comme les poupées russes, ce sarcophage renferme six cercueils successifs.
Sur les murs de cette crypte circulaire, des bas-reliefs rappellent aux visiteurs le legs de l’empereur (de 4:07 à 4:13).
L’Assemblée nationale
Sur notre chemin vers l’Assemblée nationale (de 4:36 à 4:41), nous rencontrons le ministère des Affaires étrangères et du Développement international (4:30).
À 4:33, il s’agit d’un monument à Aristide Briand, œuvre en 1937 de l’architecte Paul Bigot et des sculpteurs Paul Landowski (responsable du groupe du premier plan) et Henri Bouchard (responsable de l’arrière-plan), représentant la mère et l’enfant sous l’égide de la Paix.
L’édifice de l’Assemblée nationale a été construit de 1722 à 1728 pour la duchesse de Bourdon, fille de Louis XIV. À l’arrière, la façade néoclassique (dont on voit le fronton à 4:36) a été ajoutée en 1806 pour faire symétrie avec l’église de La Madeleine, au loin, de l’autre côté du pont de la Concorde.
Puis, à deux pas de là, se trouve la boutique de l’Assemblée nationale (4:43).
Le musée d’Orsay
De 4:48 à 5:41, voici le musée d’Orsay. À l’origine, il s’agissait d’une gare, construite par Victor Laloux de 1898 à 1900, reconvertie en musée en 1986.
Celui-ci offre un panorama de la création artistique de 1848 à 1914, des premières œuvres impressionnistes à l’Art nouveau. C’est un des plus beaux musées de Paris.
On peut y voir la plus importante collection d’œuvres impressionnistes et postimpressionnistes au monde.
On y trouve peu de peintres anglais. Rien de la Sécession viennoise. Mais ce qu’on y voit est d’une telle splendeur qu’on pardonne le parti-pris des collections présentées ici et qui sont le reflet de cette prétention parisienne d’être la capitale culturelle de l’Occident, ce qu’elle était effectivement.
Ouvert en 1900, l’ancien restaurant de l’hôtel d’Orsay est situé au premier étage du musée. Il vaut le détour pour sa décoration néorococo (de 5:03 à 5:27).
Construite de 1846 à 1857, cette dernière honore la deuxième épouse de Clovis, roi des Francs, qu’elle convertit au christianisme : par le baptême de son époux, Clotilde devenait donc, d’une certaine manière, la première ‘reine’ catholique de France.
C’est en 1896, lors du 14e centenaire du baptême de Clovis, que cette église fut élevée au rang de basilique mineure.
Première église néogothique de Paris, Sainte-Clotilde possède deux clochers qui culminent à 70 mètres. À l’extérieur, ses arcboutants sont purement décoratifs puisque son armature métallique assure à elle seule la solidité de l’édifice.
Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.
C’est une église en croix latine. La nef se compose d’abord d’un vaisseau central, de deux bas-côtés dépourvus de chapelles latérales.
Ces bas-côtés sont décorés de grands bas-reliefs néoclassiques illustrant les stations du Chemin de croix. Ils sont dus aux sculpteurs Jean-Jacques Pradier (ceux du bas-côté gauche, ex.: à 6:16) et de son élève Francisque Duret (ceux du bas-côté droit, ex.: à 6:13).
Au style agité du premier s’oppose la froideur du second. Duret est davantage connu pour son Saint Michel terrassant le démon qui décore la niche centrale de la fontaine Saint-Michel.
La chapelle Sainte-Clotilde est aménagée dans le transept gauche. On y trouve également le vitrail Le Sacré-Cœur, la Vierge et les anges (5:52) réalisé par les verriers Antoine Lusson et Édouard Bourdon. Au-dessus de ce vitrail, il s’agit d’une rosace d’Émile Thibaud (5:54).
À l’entrée du chœur, adossée à un des piliers, on trouve une Vierge à l’Enfant polychrome d’Henri-Joseph Triqueti (5:56).
L’ombrelle bicolore à la gauche de l’autel (5:50) est une décoration exclusive des basiliques. Il est à moitié ouvert lorsqu’il s’agit d’une basilique mineure et totalement déployé pour les basiliques majeures.
À l’entrée du déambulatoire de gauche, on trouve une sculpture représentant sainte Bathilde, épouse de Clovis II, par le sculpteur Michel-Louis-Victor Mercier, élève de Pradier (5:58).
Le début du déambulatoire est séparé du chœur par ce qu’on appelle une clôture du chœur. Celle de gauche illustre de baptême de Clovis à Reims et la mort de sainte Clotilde (6:02).
La chaire néogothique (6:14) a été dessinée par l’architecte Théodore Ballu.
Réalisée en 1859 par le facteur Aristide Cavaillé-Coll, l’orgue de la basilique a attiré de nombreux organistes, dont son premier titulaire, le compositeur César Franck.
L’église Saint-Thomas-d’Aquin
De 6:28 à 7:05, nous visitons l’église Saint-Thomas-d’Aquin, construite en 1683 d’après les plans de l’architecte Pierre Bullet. Derrière de chœur, la magnifique chapelle Saint-Louis (6:42) fut ajoutée en 1722.
Dépouillée à la Révolution de son décor autre que sculpté, l’église se garnira de nouveau d’œuvres d’Art au XIXe et XXe siècle grâce à des dons de la ville de Paris.
Dans le diaporama, nous découvrons :
• la nef (6:30)
• la coupole et le pendentif à saint Thomas-d’Aquin de Merry-Joseph Blondel
• la coupole de Merry-Joseph Blondel
• Le Christ enseignant (détail de la coupole)
• La Vierge en méditation (détail de la coupole)
• deux confessionnaux
• la chapelle Saint-Louis. Le maitre-autel est décoré de Saint Louis rendant la justice sous le chêne de Luc-Olivier Merson. Les peintures murales sont Merry-Joseph Blondel; à gauche, La Translation de l’Arche d’Alliance et à droite, Le Grand prêtre Aaron bénissant le peuple de Dieu
• la chapelle de la Vierge, décorée de la statue La Vierge à l’Enfant de Gilles Guérin.
• la chaire de 1814
• le vitrail L’Assomption de la Vierge créé en 1902 par Édouard Didron et Jean-Baptiste Anglade
• la toile Saint Thomas d’Aquin en extase de Jean André
• La Mort de Saphire devant saint Pierre, peinte en 1819 par François-Édouard Picot
• une station du Chemin de croix en bois doré
• Saint Étienne prêchant l’Évangile, peint en 1817 par Abel de Pujol
• la chapelle de Saint-Joseph, décorée de L’Éducation de Jésus (XVIIe siècle)
• Saint Louis recevant la couronne d’épines de Jean André
• l’orgue de 1771 de François-Henri Clicquot.
L’église Saint-François-Xavier
De 7:12 à 7:37, il s’agit de l’église Saint-François-Xavier, construite de 1861 à 1873.
La chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse
L’aspect actuel de cette chapelle très fréquentée date de 1930 (de 7:39 à 7:43). Elle est le lieu de deux apparitions présumées de la Vierge à sainte Catherine Labouré en 1830.
À la deuxième apparition, la Vierge aurait demandé que soit frappée une médaille illustrant la vision que sœur Labouré venait d’avoir, d’où le nom de cette chapelle.
Au Bon Marché
Premier grand magasin de Paris, le Bon Marché a été construit en 1869. Son squelette de métal permet le percement des murs par de grandes fenêtres qui y font entrer la lumière du jour.
Le vidéo donne un aperçu de la marchandise qu’on peut y trouver.
Le diaporama se termine pas une petite visite en infrarouge du square Bouricaut. Détails techniques : Le diaporama contient 240 photos et trois clips vidéo. Trois de ces photos sont à l’infrarouge (à l’aide d’un appareil Lumix GH1 doté d’un objectif Lumix 14-45 mm II). Tout le reste a été fait à l’Olympus OM-D e-m5.
En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (117 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (59 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (23 photos), le M.Zuiko 12 mm F/2,0 et le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (16 photos chacun), et l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (6 photos).
Publié le 8 avril 2016 | Temps de lecture : 13 minutes
Sans parcourir un circuit précis, ce diaporama comprend cinq parties.
Le long de la Seine
La première partie présente le bord de Seine de l’arrondissement, de l’Institut de France à la place Saint-Michel.
À sa mort, survenue en 1661, le cardinal Mazarin lègue les sommes nécessaires à la construction d’un collège dit des Quatre-Nations, destiné à l’instruction gratuite de soixante gentilshommes des quatre territoires annexés par la France au XVIIe siècle à la suite de deux traités de paix.
Construit de 1662 à 1688 par Louis Le Veau (un des plus grands architectes sous Louis XIV), le bâtiment (à 0:06) abrite de nos jours différentes académies, dont l’Académie française.
Plus à l’ouest se trouve la Monnaie de Paris. Sa vocation est de frapper la monnaie française, d’exposer des réalisations dans son musée, et d’héberger diverses expositions d’art contemporain comme celle en cours au moment de ma visite (de 0:10 à 0:43).
Place Saint-Michel
Cette première partie se termine par la place Saint-Michel.
Celle-ci est née avec le percement du boulevard Saint-Michel en 1855.
Sa fontaine a été conçue par l’architecte Gabriel Davioud en 1860. Encadrée de deux dragons cracheurs d’eau (ce qui plus sécuritaire que le feu), la statue Saint Michel terrassant le Diable est l’œuvre de Francisque-Joseph Duret.
Entre la Seine et le boulevard Saint-Germain
Originellement, l’officine Buly (de 0:55 à 0:58) était celle du parfumeur Jean-Vincent Bully, fondée en 1805. Il servit d’inspiration à Balzac pour le personnage principal du roman César Birotteau.
Fermée depuis la ruine de son propriétaire à la suite de la mise à sac de son entreprise lors de la Révolution de Juillet (en 1830), la marque fut reprise à plusieurs occasions.
L’officine a refait surface en 2014 sous le nom de Buly (avec un seul ‘L’, plus acceptable en anglais), en s’inspirant du catalogue et des formules du parfumeur.
Palais des études de l’École supérieure nationale des Beaux-Arts
L’École supérieure nationale des Beaux-Arts (de 1:00 à 1:24) occupe divers bâtiments, dont l’ancienne église du couvent des Petits-Augustins (dont on peut apercevoir la façade entre les deux bustes de la photo à 1:00).
Le Café de Fore (à 1:30) et Les Deux Magots (à 1:32) sont deux célèbres lieux de rencontre d’artistes et d’intellectuels parisiens depuis la Première Guerre mondiale.
De 1:36 à 2:11, nous visitons l’église Saint-Germain-des-Prés. Pour certains, ce serait la plus vieille église de Paris, un titre contesté par Saint-Julien-le-Pauvre.
L’Église actuelle fut construite de 990 à 1021 mais fut très remaniée depuis.
Après avoir découvert qu’au Moyen-Âge, les murs extérieurs et intérieurs de beaucoup d’églises étaient peints, on décida de décorer la nef de fresques et d’ornements. Hippolyte Flandrin peignit les fresques de 1842 jusqu’à sa mort en 1864 tandis qu’Alexandre Denuelle s’occupa de l’ornementation polychrome des murs. Le style choisi par ces artistes est de leur invention.
À 1:54, il s’agit du cénotaphe de Jean II Casimir Vasa, roi de Pologne, qui a abdiqué en 1608 après vingt ans de règne afin de devenir abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés. Ses restes y reposèrent de son décès en 1672 jusqu’à ce qu’ils soient transférés à Cracovie quatre ans plus tard.
À 1:57, cette plaque de 1923 célèbre le tricentenaire de la naissance de François de Montmorency-Laval. Celui-ci fut ordonné évêque en 1658 dans cette église. Par la suite, il devint le premier évêque de Nouvelle-France, puis déclaré saint par le pape François en 2014.
L’orgue actuel, de syle néoclassique, a été construit au début des années 1970 par le facteur Haerpfer-Erman (à 2:06).
Murale en grès émaillé au square Félix-Desruelles
Dans le square Félix-Desruelles, adjacent à l’église, on trouve cette murale Art nouveau — conçue par l’architecte Charles Risler et le sculpteur Jules Coutan — qui ornait originellement le Pavillon des manufactures françaises à l’exposition universelle de 1900.
À 2:53, il s’agit du restaurant Procope, le plus ancien café de Paris. Il fut fondé en 1686 par un gentilhomme de Palerme nommé Francesco Procopio dei Coltelli. D’illustres personnes — De La Fontaine, Voltaire, Rousseau, Beaumarchais, Balzac, Hugo, Verlaine, Diderot, d’Alembert, Benjamin Franklin, Robespierre et Danton — fréquentèrent cet établissement.
À 2:57, le restaurant Le Clou de Paris est au rez-de-chaussée du premier immeuble parisien en béton armé, construit en 1893 par l’architecte lyonnais Édouard Arnaud.
Aux alentours de Saint-Sulpice
De 3:18 à 3:22, le bâtiment de l’actuelle mairie du 6e arrondissement a été construit de 1847 à 1849 par les architectes Rolland et Leviconte.
À 3:40, la monumentale Fontaine Saint-Sulpice est mieux connue sous le nom de Fontaine des cardinaux. Érigée de 1843 à 1848 par Louis Visconti, elle est ornée des statues de quatre orateurs célèbres sous Louis XIV qui font face (presque parfaitement) aux points cardinaux. Ces évêques n’ont toutefois jamais été nommés cardinaux.
Église Saint-Sulpice
De 3:42 à 4:18, nous visitons l’église Saint-Sulpice. Construite de 1645 à 1780 selon les plans de l’architecte Christophe Gamard, c’est la 2e plus vaste église de Paris, après Notre-Dame. À l’époque, la paroisse comptait 125 000 personnes.
La façade se compose de deux péristyles superposés, le deuxième formant une loggia surmontée aux extrémités de tours latérales qui devaient, au départ, être identiques. De plus, cette façade devait être complétée d’un fronton triangulaire dont la construction fut abandonnée.
Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.
C’est une église en croix latine. La nef se compose d’abord d’un vaisseau central, de deux bas-côtés et de chapelles latérales.
Le transept est peu saillant; il est à peine plus large que le reste de l’église.
Puis suit le chœur, entouré d’un déambulatoire et de chapelles absidiales.
Les fenêtres sont hautes, essentiellement en verre blanc. En conséquence, cette église est assez bien éclairée, sauf pour ce qui est de la chapelle de la Vierge, située au fond de l’église.
Au Moyen-Âge, on estimait que la pénombre créée par les vitraux colorés était propice au recueillement des fidèles. Mais à la Contreréforme, plus précisément depuis le Concile de Trente en 1545, on voulait que les fidèles en prière puissent lire le missel.
Le style des vitraux de Saint-Sulpice — la plus importante collection de vitraux réalisés sous Louis XIV — se caractérise par l’utilisation du verre blanc, décoré d’une guirlande sur le pourtour et d’un médaillon au centre.
On trouve dans cette église plusieurs des chefs-d’œuvre de l’art religieux à Paris.
Sa chapelle axiale a été conçue par l’architecte Charles de Wailly dans les années 1770. L’Assomption de François Lemoyne décore sa coupole (à 3:50).
Le Combat de Jacob avec l’Ange, d’Eugène Delacroix
En entrant à droite, la première des chapelles latérales est la chapelle des Saint-Anges. Celle-ci est décorée de trois œuvres originales d’Eugène Delacroix (de 3:51 à 3:55), soit Le Combat de Jacob avec l’Ange (mur de gauche), Saint Michel terrassant le dragon (au plafond) et Héliodore chassé du Temple (mur de droite). L’artiste a mis six années, de 1855 à 1861, pour les créer.
Au plafond, il s’agit d’une toile marouflée. Toutefois les deux autres peintures ont été réalisées à l’huile et à la cire directement sur le mur. Conséquemment, il est impossible de les détacher de leur support.
De 3:57 à 4:00, il s’agit de la décoration de la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Du côté gauche, on peut y voir la statue de Jean-Baptiste, en marbre, par Louis-Simon Boizot. À droite, c’est le monument funéraire du curé Languet de Cergy réalisé de 1756 à 1758 par René-Michel Slodtz.
En 1719, c’est ce curé énergique qui mettra sur pied la loterie qui permettra de relancer la construction de l’église, interrompue depuis presque quarante ans. En 1745, il reste encore la façade à compléter, mais au moins l’église n’est plus ouverte à tous les vents et en proie aux intempéries comme c’était le cas depuis des décennies.
De 4:02 à 4:06, on voit la décoration de la chapelle Saint-Denis. À 4:06, il s’agit de la peinture murale Saint Denis et ses compagnons conduits au supplice créée en 1859 par Félix Jobbé-Duval.
C’est dans la chapelle Saint-Vincent-de-Paul qu’on trouve Saint Vincent de Paul assis tenant des petits enfants (à 4:08), une statue d’Émilien Cabuchet réalisée en 1856.
Chaire de l’église
Plutôt que d’être adossé à une colonne, la chaire néoclassique créée en 1788 par Charles de Wailly semble suspendue dans l’espace. En réalité, elle s’appuie sur ses escaliers. Sa forme triangulaire est une allusion à la Sainte Trinité.
Aux trois coins de ce monument, on trouve la représentation dorée des trois vertus théologales; la Foi (à gauche, sculptée par Louis-François Guesdon), la Charité (sur l’abat-voix, de Jacques-Edme Dumont), et l’Espérence (à droite, de Louis-François Guesdon).
L’orgue de Saint-Sulpice est de renommée internationale. Il fut construit par Cliquot en 1781 et amélioré par Aristide Cavaillé-Coll de 1857 à 1861. Son buffet fut dessiné en 1781 par Jean-François Chalgrin.
À 4:56, on voit Le Centaure, une sculpture de 1985 par l’artiste français modestement appelé César.
Aux alentours du Jardin du Luxembourg
Jardins du Luxembourg
Après une promenade sur le boulevard Saint-Germain, nous apercevons à 5:29 l’entrée du Palais du Luxembourg (où siège le Sénat français).
À sa droite, sur la rue de Vaugirard, on trouve (de 3:30 à 3:33) l’entrée de l’ancienne chapelle du Couvent des filles du Calvaire, construite en 1625.
À 5:36, il s’agit de la Fontaine de Médicis, créée vers 1630 par l’ingénieur florentin Tommaso Francini à la demande de la régente Marie de Médicis (veuve d’Henri IV).
Le centre du monument est décoré d’un groupe de trois personnages mythologiques sculptés par Auguste Ottin en 1866.
Il s’agit de Polyphème surprenant Galatée dans les bras d’Acis. Au centre, en se penchant, le cyclope Polyphème (en bronze) découvre Galatée (dont il est amoureux) dans les bras d’Acis. Les amants sont en marbre blanc. De nuit, cette sculpture est féérique.
De chaque côté, le dieu Pan et la déesse Diane sont témoins de la scène dans leurs niches respectives.
De 5:45 à 6:08, on voit Le Marchand de Masques de Zacharie Astruc, créé en 1883.
Il présente à sa base des effigies de dix artistes français : Jean-Baptiste Camille Corot, Jules Barbey d’Aurevilly, Alexandre Dumas fils, Hector Berlioz, Jean-Batiste Carpeaux, Gabriel Fauré, Eugène Delacroix, et Honoré de Balzac. Au bout du bras gauche, le garçon dresse celui de Victor Hugo. À l’origine, trois autres masques étaient suspendus à son bras droit : Léon Gambetta (un homme politique), Charles Gounod et Théodore de Banville.
À 6:18, il s’agit de la Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, de Gabriel Davioud, construite de 1867 à 1874.
Un peu plus au sud, à la limite des 5e et 6e arrondissements, on trouve (à 6:25) un monument renfermant les cendres de l’explorateur Francis Garnier. Ce monument, orné de son buste, est dû au sculpteur Denys Puech.
En remontant l’avenue de l’Observatoire, on rencontre successivement l’Institut d’Art et d’Archéologie (et sa superbe frise en terre cuite, de 6:26 à 6:29), la Faculté de pharmacie (de 6:30 à 6:33), et l’École nationale d’administration (à 6:35).
En retraversant les Jardins du Luxembourg à l’Est, on arrive au Musée du Luxembourg (à 6:49).
Détail de la façade de l’église Notre-Dame-des-Champs
C’est dans cette partie du 6e qu’on rencontre l’église néoromane Notre-Dame-des-Champs (de 7:35 à 7:54). Œuvre de l’architecte parisien Léon Ginain, elle fut érigée de 1867 à 1878.
La nef se compose d’un vaisseau central flanqué de bas-côtés, sans chapelles latérales.
À 7:38, le tympan du portail central est décoré du bas-relief La Vierge et l’Enfant Jésus de Gabriel-Jules Thomas. La Vierge assise nous présente Jésus pendant que des enfants leur offrent des produits des champs, plus précisément du blé (à gauche) et des raisins (à droite), une allusion aux Saintes Espèces.
À la croisée du transept, un autel de messe a été érigé. Au-dessus de lui, une croix moderne (due au père Jacques Mérienne et exécutée par l’artiste Joël You) est suspendue sur une plaque transparente (à 7:40).
Au fond de l’église, le voute de la chapelle de la Vierge est décorée d’une grande composition de Joseph Aubert intitulée Le Triomphe universel de Marie (à 7:42).
Son chemin de croix est constitué de quatorze grisailles de style limousin sur fond de cuivre émaillé, créées vers 1878 par l’artiste Frédéric de Courcy. Chaque station est encadrée d’ornements gravés dans la pierre et dorés (à 7:44).
Sous les hautes fenêtres claires du vaisseau central, vingt-deux toiles marouflées illustrent la vie de la Vierge (à 7:46). Elles furent peintes entre 1891 et 1907 par Joseph Aubert.
Le peintre s’est efforcé de renouveler le sujet à la suite de ses voyages en Égypte et en Palestine. Contrairement à la Vierge triomphante représentée sur la voute de la chapelle qui lui est consacrée, la Vierge des toiles de la nef la représente comme une femme ordinaire de Galilée, revêtue d’une robe brodée à la poitrine, portant une ceinture en tissus, un voile et un bandeau, caractéristiques des femmes de Bethléem à la fin du XIXe siècle.
Peint par Félix-Henri Giacomotti, Le repos de la Sainte Famille décore la chapelle Saint-Joseph située dans le transept de gauche (à 7:48).
Le repos de la Sainte Famille, de Félix-Henri Giacomotti
Cette œuvre possède la particularité étonnante de montrer saint Joseph langeant l’Enfant Jésus. Père et Fils sont entourés de Marie et de quatre archanges. Ces dernières sont soit émerveillées par la beauté de l’Enfant-Jésus ou admiratives de l’implication de saint Joseph dans le partage des tâches domestiques (selon la lecture plus ou moins moderne qu’on fait de cette œuvre).
Saint Denis élève à la Sainte Vierge son plus ancien autel au lieu qui s’appellera Notre-Dames-des-Champs est le titre bavard d’un des deux vitraux qui décorent la chapelle de la Vierge (à 7:50).
L’orgue de 1877 est de Cavaillé-Coll. Il fut restauré Schwenkedel en 1973 et Fosseart en 2004.
Détails techniques : Le diaporama contient 217 photos et trois clips vidéo. Deux de ces photos sont à l’infrarouge (à l’aide d’un appareil Lumix GH1 doté d’un objectif Lumix 14-45 mm II). Tout le reste a été fait à l’Olympus OM-D e-m5.
En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (180 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (14 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (14 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (3 photos) et l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (2 photos).
Publié le 3 avril 2016 | Temps de lecture : 10 minutes
Préambule
En 1607, Marguerite de Valois, épouse répudiée d’Henri IV, fait débuter à Paris la construction d’un palais auquel une chapelle hexagonale fut ajoutée l’année suivante. Celle-ci était surmontée d’un dôme à lanterne.
Après la destruction de ce palais, survenue quelques années plus tard, il ne subsista que ce lieu de prière, appelé chapelle des Louanges.
En 1617, on l’incorpora à l’église du couvent des Petits-Augustins qu’on construisait de manière contigüe. Si bien que celle-ci devint une chapelle latérale faisant partie de la nouvelle église, dont elle était une structure en saillie.
Abandonnée depuis, l’église de ce couvent fait partie aujourd’hui des bâtiments de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts.
Pour certains, cette chapelle palatiale est le premier lieu de prière surmonté d’un dôme à Paris.
Cela est exact. Mais cela ne fait pas de l’ancienne l’église du couvent des Petits-Augustins, la première église à dôme tel qu’on l’entend aujourd’hui; ce mérite revient à l’église Saint-Joseph-des-Carmes.
Construction de Saint-Joseph-des-Carmes
Dôme à lanterne de l’église, vu de la Tour Montparnasse
Le 7 juillet 1613, le jour de la Saint-Élie, Marie de Médicis — deuxième épouse d’Henri IV et régente du royaume depuis l’assassinat de celui-ci en 1610 — pose la première pierre de l’église Saint-Joseph-des-Carmes. Il s’agissait d’un édifice en forme de croix latine surmontée d’un dôme.
Les Carmes dont il est question sont des religieux dont l’Ordre fut fondé à la fin du XIIe siècle par des ermites sur le mont Carmel, en Palestine. Officiellement, leur patron est le prophète Élie. Mais ils vouent un culte particulier à saint Joseph.
Au XVIe siècle, cet Ordre contemplatif donnera naissance à une communauté encore plus rigoureuse appelée Ordre des Carmes déchaux (ou déchaussés, c’est-à-dire sans chaussettes), dont les membres marchaient donc pieds nus dans leurs sandales.
La première messe de leur nouvelle église fut célébrée en 1620, le jour de la fête de la Saint-Joseph. C’était la première église parisienne qui lui était dédiée, et la seconde en France.
L’obéissance des religieux leur fit accepter le contraste saisissant entre la vie de pauvreté voulue par la règle du Carmel et la magnificence de l’église que la régente leur offrit.
Présentation de l’église
Façade de l’église
La façade de style baroque romain est relativement austère. À l’origine, les murs extérieurs du bâtiment étaient enduits de plusieurs couches de chaux de Senlis. Poli à la brosse, ce revêtement brillant portait le nom de Blanc des Carmes.
Les niches de la façade hébergent quatre statues. Tout en haut, la Vierge et l’enfant. En bas, juste au-dessus de l’entrée, saint Joseph (auquel l’église est consacrée). Entre les deux, à gauche, sainte Thérèse d’Avila (réformatrice de l’Ordre du Carmel) et à droite, un évêque barbu dont de je n’ai pas trouvé l’identité.
Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.
Nef de l’église
La nef est composée d’un vaisseau central dépourvu de bas-côtés. Avant le transept, les murs latéraux de la nef sont percés de quatre grandes ouvertures qui donnent accès à autant de chapelles latérales richement décorées.
Chœur de l’église
La partie inférieure du maitre autel est ornée d’un bas-relief en marbre attribué à Évrard d’Orléans (mort en 1357). Il représente la Cène, en marbre blanc (sauf le calice du Christ, les mains et les visages des personnages, qui sont bruns). Ce bas-relief provient de l’église abbatiale cistercienne de Maubuisson (dans le département de Val-d’Oise).
La porte du tabernacle est décorée d’un agneau couché. Ce tabernacle est surmonté d’un crucifix placé à l’entrée d’un arc de triomphe supportant un dôme à la surface duquel alternent des gerbes de blé et des grappes de raisins (une allusion aux saintes espèces).
Devant l’autel baroque se trouve un autel de messe moderne dessiné par Philippe Kaeppelin.
En 1624, Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, offrit le tableau La Présentation de Jésus au temple de Quentin Varin (vers 1570-1634) que l’on peut voir au-dessus de l’autel. Ce peintre maniériste fut le maitre de Nicolas Poussin.
Originellement, cette toile était encadrée très simplement. Mais dès la réception de ce don, Pierre Séguier, protecteur des carmes (et qui deviendra chancelier de France l’année suivante) passe une commande au sculpteur Simon Guillain (1581-1658) en vue de la création d’un retable — en forme de frontispice comportant quatre colonnes corinthiennes en marbre noir — destiné à servir d’écrin à la toile de Quentin Varin.
Confisqué à la Révolution, puis récupéré au XIXe siècle, c’est un des rares retables du XVIIe siècle encore à son emplacement d’origine.
Tambour de la coupole et deux pendentifs
Située à la croisée du transept, la coupole a été peinte en 1663 par le Liégois Walthère Damery (1614-1678). Elle représente le monde céleste au moment de l’enlèvement du prophète Élie dans un char de feu. C’est un des premiers exemples de coupole en trompe-l’œil conservée à Paris.
Représenté également en trompe-l’œil sur le tambour qui supporte cette coupole, le monde terrestre observe la scène avec stupéfaction. Élisée, disciple du prophète, attrape au vol le manteau blanc qu’Élie aurait laissé tomber au cours de son ascension. Ce serait à l’exemple du prophète que les carmes portent depuis une cape blanche à capuchon.
Coupole, tambour et les quatre pendentifs
Également de Walthère Damery, les quatre pendentifs que l’on peut voir sur la photo ci-dessus représentent successivement Saint Jean de la Croix (à 1h, fondateur de l’Ordre des Carmes déchaux), Sainte Thérèse touchée par l’Amour Divin (à 4h, il s’agit de la réformatrice de l’Ordre), Saint Simon Stock recevant le scapulaire par la Vierge (à 7h, c’est un des premiers généraux de l’Ordre) et La Vision de sainte Thérèse (à 11h).
Chapelle du bras gauche du transept
Logée dans le bras gauche du transept, la chapelle de la Vierge fut aménagée en 1663. Ses éléments — dont la superbe Vierge et l’Enfant-Jésus en marbre blanc — ont été sculptés par Antonio Raggi (1624-1686), un élève du Bernin, d’après (dit-on) les dessins de son maitre.
Cette photo nous laisse également entrevoir le riche pavement de l’église, refait en marbre polychrome en 1711.
Vitrail du transept de gauche
Le vitrail situé dans le haut du bras gauche du transept date de 1863. Il a été créé par Claudius Vavergne (1815-1887). Il s’intitule La Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique.
Chapelle Saint-Jacques
Une des deux chapelles latérales à gauche est la chapelle Saint-Jacques. Elle rend hommage à saint Jacques le Majeur, à saint Louis et à saint Dominique.
Restaurée en 2013, cette chapelle fut commanditée en 1635 par Jacques d’Estampes, seigneur de Valençay, qui la dédia à son saint patron, à celui de sa femme Louise de Joigny et à celui de son fils Dominique.
Quelques années plus tôt, Rubens, aidé d’une multitude de ses élèves, avait créé le vaste Cycle de Marie de Médicis, aujourd’hui au Louvre, mais qui décoraient originellement deux ailes du Palais du Luxembourg.
Ces toiles avaient été peintes en Flandre, dans l’atelier de Rubens.
La décoration ici de la chapelle Saint-Jacques a été créée sur place et constitue donc le plus grand ensemble mural réalisé en France par un Flamand.
Chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes
En face se trouve la chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes.
À l’origine, cette chapelle célébrait le couronnement de la Vierge. De sa décoration baroque initiale, seule la voute subsiste. Elle fut créée vers 1640 par le peintre lorrain Claude Déruet (~1588-1660).
Cette chapelle rend maintenant hommage aux 115 carmes déchaux qui furent massacrés le 2 septembre 1792 dans le jardin adjacent à l’église. Créé au premier tiers du XXe siècle, le reste de la décoration (assez sobre en raison du sujet) est constitué de marbre polychrome et de lambris en bois de couleur taupe, rehaussés de dorure.
La toile au-dessus de l’autel est intitulée La Vierge apparait aux religieux massacrés en septembre 1792, peinte vers 1926-1929 par l’abbé Paul Buffet dans le style pictural nabi.
Orgue
Au-dessus de la sortie, l’orgue repose sur une tribune relativement sobre. L’instrument a été créé en 1902 par le facteur Didier, puis fut profondément modifié en 1971 par la manufacture Beuchet-Debierre. Une deuxième restauration en 1992 fut effectuée par le facteur vosgien Bernard Dargassies.
Cet orgue bloque la lumière qui pénétrait originellement par la façade, orientée vers le sud. Cette orientation était responsable de l’éblouissement de la nef par temps ensoleillé.
Cette clarté intérieure répondait alors à la brillance du revêtement de Blanc des Carmes de la façade, et à la blancheur de la cape des carmes déchaux.
Méconnue de nombreux visiteurs et même de citoyens de Paris, l’église Saint-Joseph-des-Carmes est un lieu de culte de dimension modeste mais qui mérite d’être visité en raison de sa décoration superbe. Au cours de mon voyage à Paris en 2015, j’y ai assisté à la messe en semaine, et cette expérience m’a beaucoup plu.
Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (9e et 10e photos) et objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e, 7e et 11e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (3e et 6e photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (4e et 5e photos), et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (1re et 8e photos)
1re photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 100 — 75 mm
2e photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 7 mm
3e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 12 mm
4e photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2000 — 25 mm
5e photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 25 mm
6e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
7e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 13 mm
8e photo : 1/400 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
9e photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
10e photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm
11e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 14 mm
Publié le 28 mars 2016 | Temps de lecture : 5 minutes
Introduction
On ne peut pas être véritablement québécois si on n’a jamais mangé dans une cabane à sucre.
Hier, le jour de Pâques, des membres de ma famille se sont réunis à la cabane Dupuis, située à Saint-Jacques-de-Montcalm.
Il est à noter qu’au Québec, on appelle dîner le repas du midi, alors que dans les pays francophones d’Europe, on appelle plutôt ce repas le déjeuner.
Le Temps des sucres
Au printemps, lorsque la température commence à s’élever, la sève migre des racines vers le sommet des arbres. C’est cet apport nourricier qui permettra aux branches de donner naissance aux premiers bourgeons quelques semaines plus tard.
Cette sève — qui contient deux à trois pour cent de sucre — est différente de celle, amère, qui nourrit l’érable durant de reste du printemps et de l’été. Voilà pourquoi on lui donne le nom particulier d’eau d’érable.
Et la période durant laquelle cette eau peut être récoltée s’appelle le Temps des sucres. L’apparition de ces bourgeons annonce la fin du Temps des sucres.
La récolte de l’eau d’érable
Les acériculteurs utilisent un entailloir dont la mèche est de 1,1 cm pour entailler les érables et y créer un trou incliné de quelques centimètres de profondeur.
Traditionnellement, un chalumeau de métal assurait la collecte de l’eau d’érable. Celui-ci était doté d’un bec verseur et d’un crochet qui permettait d’y suspendre un seau dans lequel l’eau s’accumulait.
L’acériculteur parcourrait son domaine en vidant les seaux dans un ou plusieurs barils de bois à la queue-leu-leu sur des traineaux tirés par des chevaux.
Même si les seaux étaient légèrement évasés afin d’éviter que le gonflement de l’eau lors de sa congélation ne les fende, ce risque n’était pas complètement éliminé. Conséquemment les seaux devaient être vidés au moins une fois par jour.
De nous jours, afin de réduire les couts de main-d’œuvre, on utilise des chalumeaux de plastique reliés à des tubulures en polyéthylène coloré bleu. L’eau d’érable s’écoule donc d’elle-même.
La coloration des tubulures vise à protéger l’eau (et ses précieux antioxydants) des rayons du soleil.
Lorsque cette technologie était naissante, on devait s’assurer que les tubulures étaient en pente, de manière à ce que l’eau s’écoule par gravité.
De nos jours, ces tubulures sont semi-rigides et soumises à une pompe qui applique une légère succion, ce qui achemine automatiquement l’eau vers la cabane à sucre où elle sera filtrée avant d’être bouillie.
La quantité d’eau d’érable recueillie représente environ cinq pour cent de la sève totale provenant des racines, ce qui ne nuit pas à la croissance de l’arbre.
La cabane à sucre
À la cabane Dupuis, les visiteurs pénètrent par la chambre d’ébullition. Celle-ci est dominée par une grande marmite en acier inoxydable chauffée au bois. La vapeur d’eau s’échappe par une ouverture au sommet de cette chambre.
Il faut faire évaporer trente à quarante litres d’eau d’érable pour obtenir un litre de sirop.
Cette transformation nécessite de grandes quantités de combustible. On peut utiliser le gaz naturel mais beaucoup de cabanes à sucre utilisent le bois.
Celui-ci est entreposé dans un pavillon indépendant afin d’éviter qu’un incendie dans la chambre d’ébullition détruise également les stocks de bois.
Après avoir traversé la chambre d’ébullition, le visiteur pénètre dans une salle à gauche de laquelle se trouve la cuisine. Au fond, une deuxième salle est l’endroit où nous avons décidé de nous attabler.
Le repas
Les visiteurs se servent de la soupe aux pois à partir de soupières métalliques cylindriques déposées près d’eux.
Puis une serveuse utilise un charriot à deux plateaux pour nous apporter différents mets (identifiés ci-dessus). Chaque met est apporté en double et déposé à chaque bout de la table.
Plusieurs récipients de sirop d’érable sont à notre disposition. On peut donc, selon son gout, déguster ces mets arrosés ou non de sirop.
Comme dessert, on a le choix entre des pets-de-nonne et/ou de la tarte au sucre.
Une friandise supplémentaire attend les visiteurs à l’extérieur de la cabane; il s’agit de la tire d’érable sur neige.
Un préposé verse des rubans de sirop à la surface de bacs de neige. Au contact de celle-ci, le sirop se transforme en bonbon mou.
On fait adhérer la tire à un bâtonnet de bois qu’on roule sur le ruban afin d’en faire une sucette (qu’on appelle ‘suçon’, par pudeur, au Québec).
Voilà donc, en résumé, une visite typique de cabane à sucre au Québec.
Publié le 27 janvier 2016 | Temps de lecture : 2 minutes
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Pour le visiteur qui désire photographier les habitants d’un pays, Cuba a ceci de particulier; les gens y aiment se faire prendre en photo.
Partout ailleurs en Occident, les citoyens sont de plus en plus soucieux de leur image publique. Souvent ils sont les vedettes de leur page Facebook : et comme les idoles de la musique pop, ils veulent contrôler la diffusion des images qu’on prend d’eux.
Pas à Cuba. Coupés jusqu’à tout récemment du reste du monde, les Cubains voyaient dans l’appareil photo du visiteur, le moyen d’accéder à une célébrité relative, possiblement limité à son cercle de parents et d’amis invités à visionner ses photos de voyage ou, qui sait, au monde entier.
C’est ainsi que sur la rue Monserrate de La Havane, cette fillette m’a arrêté afin que je la photographie.
Et comme il m’arrive parfois d’expérimenter différentes choses à l’ordinateur pour rien, simplement pour m’amuser, voici récemment ce que cela a donné.
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 25 mm
Publié le 13 janvier 2016 | Temps de lecture : 8 minutes
Sans parcourir un circuit précis, ce troisième diaporama nous fait visiter la partie du 5e arrondissement au sud des rues Cujas (et son prolongement vers l’ouest, soit la rue Clovis), de même qu’à l’ouest de la rue Linné (et son prolongement vers le sud, soit la rue Geoffrot-St-Hilaire).
Cette promenade de six minutes fait une large place à la vie de quartier, en dépit du fait que six sites se distinguent : le Panthéon, les arènes de Lutèce, et quatre lieux de culte (la Grande mosquée de Paris, l’église Saint-Médard, l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas et l’église Val-de-Grâce).
Le Panthéon
En remerciement pour sa guérison, Louis XV ordonna en 1744 la construction d’une église consacrée à sainte Geneviève, la patronne de Paris.
Le site choisi était le sommet d’une lente dénivellation appelée ‘montagne’ Sainte-Geneviève.
Puisque l’église devait être gigantesque, on vérifia si le terrain était en mesure de supporter une telle charge (à elle seule, la coupole pèse 17 000 tonnes).
Or on découvrit que ce terrain était miné par une centaine de puits qui avaient été creusés par les potiers gallo-romains pour en extraire l’argile. Il fallut donc les remblayer et solidifier le tout.
Cela retarda le projet, déjà lent en raison des difficultés de financement et de son ambition.
Débuté en 1758, l’édifice fut complété en 1790.
Mais voilà, la France avait changé de régime politique.
D’église, l’édifice devint en 1791 une nécropole aux grands hommes français.
En 1806, Bonaparte lui redonne sa vocation religieuse : seule la crypte demeura une nécropole.
En 1830, la monarchie de Juillet en décide autrement; ce sera exclusivement une nécropole… jusqu’au Second Empire en 1851 qui décida du contraire.
Finalement, le Panthéon obtiendra sa vocation définitive de nécropole en 1885, sous la Troisième République.
Après avoir sculpté de nouveaux frontons à chaque changement d’affectation, le fronton actuel (à 0:12) a été sculpté en 1837 par Pierre-David d’Angers.
Après 1837, on ne se donne plus la peine de changer le fronton… au cas où. Même chose pour la croix en pierre au sommet du lanternon depuis 1873.
Si cela redevient une église, elle a sa croix. Si c’est le contraire, le fronton y est déjà.
À l’intérieur, on ne trouve pas de mobilier liturgique. Mais les éléments décoratifs reflètent parfois son ancienne vocation religieuse, parfois sa vocation civile.
Au centre de l’édifice, on peut voir le pendule de Foucault (0:27). C’est à l’aide de cet instrument scientifique que Léon Foucault fit la démonstration publique irréfutable, en 1851, de la rotation terrestre.
À 0:41, dans l’abside de l’ancienne église, se trouve le monument La Convention nationale de François Sicard, surmontée de la mosaïque dorée Le Christ enseignant à l’ange gardien de la France les destinées de la patrie d’Ernest Hébert, le tout devant la fresque Vers la Gloire (à 0:43) d’Édouard Detaille.
Dans la crypte (de 0:45 à 0:55), on peut voir, entre autres, les tombes de Voltaire, de Victor Hugo, de Jean-Jacques Rousseau, et de Léon Gambetta.
Vers l’arrière du Panthéon, sur la rue de la Contrescarpe, on aperçoit (à 1:11) les vestiges de l’enceinte du roi Philippe Auguste (1180-1223).
Les arènes de Lutèce
Construites au premier siècle de notre ère et mis à jour vers 1880, les arènes de Lutèce (de 1:27 à 1:56) étaient un amphithéâtre gallo-romain pouvant accueillir dix mille spectateurs.
On y présentait des joutes nautiques, des combats de gladiateurs et des représentations théâtrales.
La Grande mosquée de Paris
Afin de rendre hommage aux 70 000 Musulmans morts pour la France au cours de la Première Guerre mondiale, on décida en 1922 d’édifier la première mosquée de l’Hexagone.
Conçue par l’architecte Maurice Tranchant de Lunel, la mosquée fait partie d’un complexe qui comprend également une bibliothèque, un hammam, un café, un restaurant de même qu’une salle d’étude et de conférence (de 2:00 à 2:38).
Son portail est inspiré de celui de l’université marocaine d’Al Quaraouiyine et son minaret de 33m de hauteur s’inspire de celui de la mosquée tunisienne de Zitouna.
Elle s’organise autour d’un grand patio verdoyant.
La décoration d’inspiration maghrébine de la salle de prières comprend des coupoles dont chacune est décorée différemment.
L’église Saint-Médard
Notre visite de cette église est précédée de la vue (de 3:03 à 3:08) de la maison située en face de cette église, au 134 rue Mouffetard.
En 1929, le rez-de-chaussée de cet édifice était occupé par une boucherie. À la demande du propriétaire, le peintre italien Eldi Gueri réalisa une fresque en sgraffite représentant des scènes champêtres. Il est à noter que dans le guide Le Routard 2015, on écrit plutôt que cette fresque aurait été exécutée par un dénommé Adhigeri (Eldi Gueri?) au XVIIe siècle. Comme quoi l’histoire de Paris se prête à toutes les légendes…
La technique du sgraffite connut un immense succès en Italie et à Prague à la Renaissance, et un regain d’intérêt en Belgique au cours de l’Art nouveau.
Beaucoup d’églises chrétiennes sont en forme de croix latine. Sans transept, l’église de Saint-Médard est plutôt en forme… de robot.
La façade et les trois premières travées — qui correspondent aux jambes de ce robot — datent du milieu du XVe siècle. Presque tout le reste (en orange sur le schéma ci-contre) fut construit entre 1562 et 1620. Seuls le cou et la tête datent du XVIIIe siècle.
C’est comme si, en anticipant l’agrandissement projeté de l’ensemble de l’église, on avait reconstruit en plus large et plus haut le chœur et son déambulatoire dans l’espoir de refaire le début de la nef ultérieurement, ce qui ne fut jamais fait.
Les vitraux du haut de l’abside (à 3:15) sont de 1640 alors que les autres sont du XIXe et du XXe siècle. Ainsi, ceux qu’on voit de 3:21 à 3:25 ont été exécutés à la fin du XIXe siècle par Louis-Charles-Marie Champigneulle.
La chaire (à 3:19) date de 1718.
À 3:29, le bas-relief réalisé par Verrebout en 1888-1889 est intitulé Saint Michel archange apparaissant à sainte Jeanne d’Arc.
À 3:37, la partie supérieure du retable est la toile La mort de sainte Catherine d’Alexandrie, peinte en 1870 par Pierre-Paul Pommayrac. Le triptyque inférieur est anonyme et date du XVIe siècle. À droite, la sculpture de saint Antoine de Padoue a été créée en 1942 par de Marthe Baumel-Schwenck.
À 3:39, il s’agit d’une toile anonyme de 1617 intitulée L’Annonciation et les prophètes.
À 3:41, l’autel de cette chapelle absidiale est surmonté par la toile Sainte Geneviève de Charles Eisen, peintre à ses heures, mais surtout un des plus illustres graveurs de son temps.
Le buffet d’orgue fut exécuté en 1644-1646 par Germain Pilon. L’instrument lui-même, réalisé entre 1765 et 1767, est de François-Henri Clicquot.
De 3:56 à 4:26, nous remontons la rue Mouffetard, une des plus vieilles de Paris.
L’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas
Sur un terrain qui, des siècles plus tôt, appartenait à des religieux originaires du village toscan d’Altopascio (un nom signifiant ‘haut plateau’ ou ‘haut pas’), l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas (de 4:42 à 5:02) fut construite de 1630 à 1685 sur les plans de l’architecte Daniel Gittard, un élève de Louis Le Vau.
C’est une église élégante d’une grande sobriété. Ce qui met d’autant plus en relief le décor actuel de la chapelle de la Vierge, créé en 1868 par le décorateur Auguste-Barthélemy Glaize.
L’église Val-de-Grâce
Cette magnifique église à dôme (de 5:06 à 5:39) a fait l’objet d’une description détaillée sur ce blogue, à laquelle les lecteurs intéressés sont invités à se référer en cliquant sur ceci.
Le diaporama se termine par un aperçu du boulevard de Port-Royal, qui délimite le sud du 5e arrondissement.
Détails techniques : Le diaporama contient 144 photos et six clips vidéo pris à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.
En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (107 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (16 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (12 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (6 photos) et l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (3 photos).