Le charabia woke de l’interculturalisme

27 juin 2022

L’assimilation pure et simple des immigrants — au sens du renoncement à leur culture d’origine — est un appauvrissement, autant pour la société d’accueil que pour les personnes concernées.

Parmi les solutions de rechange à l’assimilation, il y a le multiculturalisme, la convergence culturelle, et l’interculturalisme.

Le multiculturalisme est simple; c’est une forme de tribalisme où on perpétue activement l’appartenance ethnique en tant que facteur identitaire.

De son côté, la convergence culturelle est le métissage culturel au sein d’un creuset où le français est la langue commune.

Mais qu’en est-il de l’interculturalisme ?

À plusieurs reprises, j’ai cherché à comprendre ce concept sans vraiment y parvenir.

Après avoir qualifié l’interculturalisme de « charabia woke sans queue ni tête », j’ai lancé sur Twitter le défi à quiconque d’expliquer en 128 caractères la différence entre le multiculturalisme et l’interculturalisme.


 
Ce défi a été relevé de manière brillante par Rémi Vachon. Effectivement, ce dernier résume assez bien le peu que j’en avais compris.

Mais son résumé contient une ambigüité; l’éléphant dans la pièce, c’est la place de l’anglais.

Que sont ‘la/les cultures locales’ ? Il est évident que les langues autochtones en font partie. Mais si on considère le français comme une culture locale —‘naturalisée’ après un demi-millénaire de présence française sur le territoire national — pourquoi en serait-il différemment de l’anglais, présent ici depuis des siècles.

Alors il y a deux possibilités.

Si l’anglais et le français font tous deux partie de la liste des langues locales que l’État doit valoriser, c’est qu’il n’y a pas de différence réelle entre le multiculturalisme et l’interculturalisme.

Par contre, si l’État valorise le français et les langues autochtones, mais considère l’anglais comme une langue étrangère, ne sommes-nous pas en présence d’un nationalisme ethnique qui se cache sous les traits vertueux de l’inclusivité et de l’anticolonialisme ?

Références :
Interculturalisme
Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes

Complément de lecture :
La convergence culturelle : communion et symbiose

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’immigration et l’extrême droite

7 juin 2022

Introduction

Dernièrement, un député du NPD m’expédiait un courriel dans lequel on pouvait lire ce qui suit :

Ça m’inquiète pas mal de voir des chroniqueurs politiques comme Mathieu Bock-Côté […] attiser la haine, la méfiance, la peur envers l’autre […et…] banaliser des mesures qui [attentent aux] droits et libertés […] des immigrants […].

Ce sont des propos poussés par […] l’extrême droite […qui…] prône une vision insulaire, tribale et repliée sur nous-mêmes […].

Implicitement, ce courriel visait un colloque organisé le lendemain par un parti politique rival du NPD au cours duquel Mathieu Bock-Côté fut conférencier.

Je connais Mathieu Bock-Côté de nom et de réputation. Mais j’ai très peu lu ses écrits.

Je me contenterai de parler du lien simpliste que ce député du NPD tisse entre l’extrême droite et la xénophobie.

Le refus de l’immigration

La Corée du Nord

Le pays le plus hostile à l’immigration est la Corée du Nord; aucun étranger ne peut y immigrer. Être autorisé à y séjourner temporairement à l’occasion d’un voyage est même extrêmement difficile.

Pourtant, ce pays renfermé sur lui-même est dirigé par un régime communiste, c’est-à-dire d’extrême gauche.

Soulignons également que ce pays cultive ‘la haine, la méfiance, la peur envers l’autre’. L’autre dont il est question ici est américain.

Le Japon

Le Japon représente un cas moins extrême. En dépit du vieillissement de sa population, ce pays exerce une politique discriminatoire envers les peuples voisins. Pour un Coréen ou un Chinois, réussir à immigrer au Japon est un défi colossal.

Cette discrimination est une constante de la politique nippone, peu importe l’idéologie du parti au pouvoir.

Le Canada

Ce n’est pas une coïncidence si les Canadiens à la peau très pigmentée forment moins de trois pour cent de la population canadienne.

De 1910 à 1967, la Loi de l’immigration était hostile à certains types d’immigrants, notamment ceux en provenance d’Afrique noire.

Encore aujourd’hui, le ministère fédéral de l’Immigration exerce une discrimination contre les jeunes Africains francophones qui veulent étudier au Québec.

Ce qui veut donc dire qu’en dépit du discours bienveillant du Parti libéral canadien à l’égard de l’immigration, la machine étatique fédérale se comporte de la même manière, peu importe l’idéologie de sa façade ministérielle.

Mais il y a plus. Alors que les médias canadiens se sont scandalisés de la politique de l’administration Trump de séparer aux frontières les jeunes enfants de leurs parents afin de punir les familles qui entraient illégalement aux États-Unis, le Canada a fait pareil… sans le dire.

La diabolisation de l’immigrant

Ce qui caractérise les politiciens ‘populistes’ hostiles à l’immigration, c’est leur manque de rectitude politique.

Or les mots comptent.

Lorsque les influenceurs d’une société (dont les politiciens ne sont qu’une partie) cassent du sucre à répétition sur le dos des immigrants, inévitablement ceux-ci, de même que les membres de leurs communautés ethniques déjà naturalisés, sont la cible d’actes haineux.

C’est automatique. L’attentat terroriste à la mosquée de Québec est la directe conséquence du discours des influenceurs radiophoniques de cette ville.

Aux États-Unis, les politiciens démocrates ont sévèrement critiqué les politiques migratoires de leurs adversaires républicains. Mais arrivé au pouvoir, Joe Biden a essentiellement perpétué les politiques ‘trumpiennes’.

Tout comme le Canada maintient ses politiques migratoires racistes, peu importe qui dirige le pays. Le discours officiel change, mais les habitudes demeurent.

L’exemple de l’hospitalité

La Pologne est un des moutons noirs de l’Union européenne.

Depuis des années, ce pays est en conflit ouvert avec Bruxelles pour les réformes judiciaires mises en œuvre par le parti populiste de droite au pouvoir, Droit et Justice (PiS).

La Pologne était également en conflit avec l’Ukraine qu’elle accusait d’avoir collaboré avec les nazis au ‘génocide’ de 100 000 Polonais dans la région ukrainienne de Volhynie en 1941.

Les Polonais d’aujourd’hui ont conservé un souvenir très pénible de l’époque où leur pays était sous domination russe.

Si bien que dès l’éclatement de la guerre russo-ukrainienne, les Polonais ont mis de côté ces vieilles rancunes et se sont associés aux souffrances du peuple ukrainien.

La majorité des Ukrainiens qui ont fui leur pays ont été accueillis en Pologne. Non pas sous la tente, dans des camps de réfugiés comme c’est généralement le cas, mais plutôt chez l’habitant.

Plus précisément, des centaines de milliers de Polonais ont pris leur voiture et se sont rués aux frontières pour choisir des gens au hasard parmi le lot des personnes qui arrivaient en Pologne.

Ils ont pris des femmes et des enfants épuisés par la marche. Des personnes aux yeux rougis qui descendaient des trains. Des inconnus souvent sales et couverts de sueur. Des types désespérés qui ont tout perdu.

Et c’est à des millions de ces gens-là que les Polonais offrent gratuitement le gite, la nourriture, des vêtements de rechange et sortent des placards quelques jouets qui pourraient aider les enfants à surmonter les traumatismes de la guerre.

Les jours où le nombre d’arrivants a dépassé le nombre de bons Samaritains, ceux qui n’ont pas été choisis trouvent place dans des centres d’hébergement d’urgence.

De son côté, le gouvernement polonais a débloqué une aide d’urgence de 1,6 milliard d’euros. Il a délivré des permis de travail. Il a ouvert les écoles aux enfants ukrainiens et a garanti à tous l’accès aux soins médicaux.

C’est pourtant le même gouvernement à qui on reprochait de refouler violemment les migrants irakiens, syriens ou afghans.

Évidemment, on peut reprocher aux Polonais leurs affinités sélectives. Mais qui sommes-nous pour en juger ?

Avons-nous vraiment fait mieux ? Nous qui accueillons les réfugiés ukrainiens au compte-goutte et dont les premiers sont arrivés ici 94 jours après de début de la guerre…

Conclusion

Au sujet de l’immigration, les politiciens ne sont que l’expression de l’inconscient collectif de leur peuple, un inconscient qui varie selon les circonstances.

Lorsqu’ils ne sont pas en phase avec leur électorat, ces politiciens ne sont pas élus.

Et lorsqu’ils le sont, leur autorité se buttent au pouvoir discrétionnaire des décideurs du ministère de l’Immigration.

Or ces derniers sont issus de la population du pays. Qu’ils le veuillent ou non, ils sont inconsciemment influencés par l’idéologie qui prévaut autour d’eux.

Si bien que la fonction publique des peuples racistes l’est toujours et les politiciens qui y sont élus sont habituellement les reflets de leur électorat.

Il en est de même des chroniqueurs.

Dans le cas de Mathieu Bock-Côté, j’ignore son idéologie. Mais il est certain qu’il ne jouirait pas toutes les tribunes qu’on lui offre s’il n’était pas en phase avec notre époque.

Références :
C’est quoi un parti de droite ou un parti de gauche ?
Communautés noires au Canada
L’accueil des réfugiés ukrainiens en Pologne, ou comment panser les plaies de l’Histoire
La façade ministérielle de l’État canadien
Le premier ministre polonais dénonce « le chantage » de Bruxelles, la Commission défend ses valeurs
L’unilinguisme anglais à Immigration Canada
Montréal accueille un premier vol de réfugiés ukrainiens
Plus de 182 enfants séparés de leurs parents à la frontière canadienne
Projet de loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français
Visas étudiants refusés : un rapport fédéral évoque de possibles « préjugés raciaux »

Complément de lecture : Immigration : l’illusion des prophéties

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Qu’est-ce qu’un Francophone ?

2 juin 2022

La langue maternelle

On peut définir un Francophone par quelqu’un né d’une mère francophone. C’est sur ce critère que Statistique Canada base ses principales analyses.

La majorité des citoyens canadiens sont adultes. Du coup, la langue maternelle reflète une appartenance linguistique ancienne.

Par exemple, une personne née voilà longtemps de parents francophones, mais qui, de nos jours, lit principalement des textes en anglais, voit des films en version anglaise, écoute de la musique anglaise et surtout, parle exclusivement anglais à la maison, n’est plus un Francophone.

Par nostalgie, elle peut encore se définir comme tel. Mais dans les faits, c’est un Anglophone fonctionnel (sauf peut-être lorsqu’il est en colère, alors que son vieux fond de français refoulé refait surface le temps d’un juron).

La première langue officielle apprise

L’anglais et le français sont les deux langues officielles du Canada.

Chez la majorité des néoQuébécois, la première langue apprise dans leur pays d’origine n’est ni le français ni l’anglais.

Par exemple, chez ceux d’origine algérienne, la langue maternelle est habituellement le berbère. À l’école, ils ont appris l’arabe. Et lorsqu’ils choisissent d’émigrer au Québec plutôt qu’ailleurs, c’est parce qu’ils parlent déjà une troisième langue, la nôtre.

Toutefois, même quand un parent parle déjà le français, il arrive que la connaissance de notre langue laisse à désirer chez son conjoint.

Puisque les néoQuébécois sont rémunérés pour assister aux classes de francisation, ces dernières sont très populaires.

Voilà pourquoi le français est très souvent la première langue officielle apprise, parfois très sommairement, puisque dans ces classes, il n’y a pas d’obligation de réussite.

Cela ne signifie pas que leur appartenance linguistique définitive sera le français.

Lors du dévoilement des résultats du recensement de 2016, Statistique Canada était heureux de souligner que la proportion des néoQuébécois qui choisissait de s’assimiler l’anglais était passée de 65 % à 60 %, une nouvelle jugée très positive.

En réalité, pour maintenir l’équilibre linguistique au Québec, la quotepart de l’anglais ne devrait être que de onze pour cent selon Michel Paillé, le plus important démographe du Québec.

La principale langue officielle utilisée à la maison

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La langue avec laquelle on choisit spontanément de s’exprimer dans l’intimité de sa famille est celle qui reflète le mieux son appartenance linguistique.

Voilà pourquoi le gouvernement de la CAQ, à juste titre, se fie à ce critère pour juger de la situation du français au Québec.

Il n’en fallait pas plus pour que les députés libéraux accusent le gouvernement de la CAQ de vouloir dicter la langue parlée à la maison.

Soyons clairs. Lorsqu’une famille décide que l’hébreu, le persan ou l’arabe (pour ne mentionner qu’eux) sera la langue parlée exclusivement dans la bulle familiale, cela n’a aucune importance.

Le français au Québec n’est menacé ni par l’hébreu, le persan ou l’arabe. Il est menacé par l’anglais.

Donc, on s’en moque de la langue non officielle parlée exclusivement à la maison.

Toutefois, dès qu’un parent néoQuébécois élève ses enfants en anglais, il en fait la première langue officielle apprise par eux. Il fait ainsi grossir les rangs de la communauté anglophone et contribue à l’anglicisation du Québec.

Il ne s’agit pas ici de lui interdire ce choix personnel. Toutefois, il faut tenir compte de l’ampleur de la prévalence domestique de l’anglais afin d’adopter les mesures législatives ou réglementaires qui y feront contrepoids. Puisque la pérennité du français au Québec est intimement liée à sa démographie.

Cela ne veut pas dire non plus qu’on doive planter des micros dans les chaumières (comme le suggère l’hystérie qui s’est emparée du caucus libéral à Québec), mais qu’il faut prendre note de l’anglisation de Montréal, confirmée de sondage en sondage, et y pallier dès maintenant.

Conclusion

Nous avons connu quinze ans d’immobilisme libéral à ce sujet, complétés par quatre ans d’immobilisme caquiste.

Maintenant que la CAQ est décidée d’adopter les mesures (malheureusement insuffisantes) prévues par la loi 96, ce n’est pas le temps des chichis sur les petits détails insignifiants ou de protester contre ce qui ne s’y trouve pas.

La loi 96 est un minimum en deçà duquel on ne peut pas descendre.

À ceux qui voudraient, au contraire, que le Québec en fasse moins pour protéger sa langue, soyez rassurés; les tribunaux se chargeront de dégriffer la loi 96 comme ils l’ont fait pour la Loi 101.

Complément de lecture :
Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96
La francisation des immigrants suffit-elle pour assurer la pérennité du français au Québec ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La loi 96 : le mythe de l’obligation d’apprendre le français en six mois

30 mai 2022

Dans la guerre de propagande que se livrent les adversaires de la loi 96 (qui vise à renforcer la Loi 101), un des mythes qu’on propage est que cette loi donnerait six mois aux néoQuébécois pour apprendre le français (évidemment, s’ils ne le parlent pas déjà).

À l’époque où la loi 96 était à l’étape d’un projet de loi, j’ai eu l’occasion de critiquer ses importantes insuffisantes. Elles sont toujours aussi béantes.

Mais l’obligation d’apprendre le français en six mois ne fait pas partie de mes griefs pour une raison toute simple; la loi 96 n’exige pas cela.

Rien dans cette loi n’oblige le néoQuébécois à s’adresser à l’État en français.

Ce que cette loi dit, c’est que six mois après leur installation chez nous, les néoQuébécois ne recevront leur correspondance de l’État qu’en français.

Libre à eux d’utiliser Google Translation, ou l’aide d’un parent ou d’un ami pour savoir ce que ça dit.

Le message est clair; au Québec, c’est en français que ça se passe.

Dès la loi adoptée, Québec Solidaire s’est empressé de préciser que même si elle a voté pour cette loi, elle prolongerait le délai pour apprendre le français à deux ou trois ans si elle formait le prochain gouvernement.

Cela prouve que Québec Solidaire n’a pas besoin d’avoir compris un texte de loi pour voter en sa faveur…

Pour les fins de la discussion, supposons que la loi 96 exigait cela et que ce délai était prolongé à trois ans. On ne ferait que différer le problème; après trois ans, on argumenterait que trois ans, c’est insuffisant. Et ainsi de suite.

Le Parti Québécois, qui a voté contre, possède la meilleure politique migratoire de toutes les formations politiques du Québec. S’il était élu, il ferait ce que le Royaume-Uni fait déjà.

Depuis des années, la connaissance préalable de la langue anglaise par tout requérant à l’immigration est un prérequis à l’acceptation de sa demande par la Grande-Bretagne.

En d’autres mots, le requérant doit savoir parler anglais avant de mettre le pied en sol britannique. Évidemment, cette exigence ne s’applique pas aux réfugiés, en raison de l’urgence de leur situation.

De manière conséquente, une personne qui a déjà obtenu la citoyenneté britannique ne peut pas faire venir son conjoint de l’Étranger si celui-ci ne parle pas l’anglais.

Depuis 2017, le Parti Québécois demande qu’aucun certificat de sélection ne soit délivré par le ministère québécois de l’Immigration à moins que le candidat et son conjoint aient démontré une connaissance intermédiaire ou avancée du français. Sinon, leur demande sera rejetée.

Voilà LA solution !

Références :
Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96
Immigrants’ spouses ‘must speak English before entering UK’
Le PQ et la francisation des immigrants
Peut-on réellement apprendre le français en six mois ?
Politique migratoire et lutte sanitaire
Québec solidaire rendrait inopérante la clause de six mois

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Étudiants étrangers : les préférences canadiennes

1 avril 2022

En 2017, Ottawa a autorisé 64 % des demandes de permis d’études d’étudiants étrangers au Québec et 69 % des demandes pour le reste du pays.

En 2021, le taux d’acceptation était descendu à 39 % au Québec et à 53 % pour le reste du pays.

Le réseau collégial québécois a été beaucoup plus impacté par cette diminution que le réseau universitaire.

Lorsqu’on étudie attentivement les données à ce sujet, on découvre que les chances d’être acceptés sont beaucoup plus grandes dans le cas des demandes qui proviennent de pays peuplés de gens à la peau pâle, contrairement aux demandes qui proviennent de pays habités par des gens à la peau sombre ou olivâtre.

Le taux d’acceptation des demandes concernant des étudiants d’Algérie, de la République démocratique du Congo, du Togo, du Sénégal ou du Cameroun est d’environ 20 %.

Par contre, les demandes faites de France, de Grande-Bretagne ou d’Allemagne sont presque toutes acceptées.

Le ministère fédéral de l’Immigration se défend des accusations de racisme en disant que depuis mars 2018, tout est décidé par ordinateur. En effet, depuis cette date, un système informatique, appelé Chinook, a été mis en place.

En somme, dit Ottawa, je n’y suis pour rien; c’est de la faute de l’ordinateur.

Sur quels algorithmes le logiciel se base-t-il ? C’est confidentiel. Quels sont les indicateurs de risque auxquels les fonctionnaires doivent répondre pour alimenter le système ? C’est confidentiel.

Les rapports générés par Chinook et les notes de travail des agents sont détruits. Dans le dossier du requérant, seuls sont conservés les documents échangés entre lui et le ministère fédéral de l’Immigration.

Ce qui est moins confidentiel, c’est le résultat.

Il y a deux jours, Radio-Canada révélait que le pourcentage des demandes acceptées par Ottawa était de 50 % pour les étudiants étrangers à l’université Laval et de 92 % (!!!) pour ceux à l’université McGill.

Il est courant que les diplômés étrangers les plus brillants fassent une demande d’immigration à la fin de leurs études que le Canada s’empresse, à juste titre, d’accepter.

Par conséquent, on doit réaliser que les politiques migratoires fédérales sont un des nombreux moyens utilisés par Ottawa de favoriser la colonisation anglaise au Québec et nuire au rayonnement international du Québec dans la francophonie.

Voilà le prix du fédéralisme.

Références :
Comment des étudiants étrangers francophones sont refusés par Ottawa
Rejet des étudiants francophones : le ministre du Travail du Québec interpellé

Paru depuis :
Visas étudiants refusés : un rapport fédéral évoque de possibles « préjugés raciaux » (2022-06-04)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La convergence culturelle : communion et symbiose

27 mars 2022


 
Entre 1978 et 1981, le gouvernement de René Lévesque dotait le Québec d’une politique de développement culturel axé sur la notion de ‘convergence culturelle’.

Cette politique définit la culture comme « un ensemble de manières de vivre qui répondent aux principaux besoins d’une collectivité. Celle-ci communique son empreinte à ce qui fait sa vie, qu’il s’agisse [du style architectural] de ses maisons, des nuances de sa langue, de la subtilité de ses lois et de sa jurisprudence, du génie de sa peinture ou des accents de son discours moral ou religieux.»

D’un côté, l’assimilation exige que les néoQuébécois renoncent à ce qu’ils sont. À l’opposé, le multiculturalisme exacerbe le tribalisme ethnique et racial. La convergence culturelle se situe entre ces deux extrêmes.

Elle est à la fois une communion à une langue nationale — le français — et une invitation à vivre en symbiose avec la culture d’ici, voire à l’enrichir de sa propre contribution.

La convergence culturelle pérennise le statut démographique majoritaire des locuteurs francophones au Québec et fait du métissage culturel, un moyen d’enrichissement de la culture nationale.

Pour caricaturer, le multiculturalisme, c’est Serge Fiori (ce Montréalais né d’un père italien) qui chante O’sole mio : la convergence culturelle, c’est Serge Fiori qui chante les chansons d’Harmonium.

Parce que les chansons d’Harmonium, ce ne sont ni de la musique italienne ni du néo-trad québécois : c’est de la culture québécoise moderne.

Dès le départ, notre culture fut un métissage des cultures française et autochtone, une hybridation rendue nécessaire par l’adaptation au territoire.

C’est ainsi que les armes à feu apportées par les colons français permettaient aux Autochtones de chasser plus efficacement alors que les canots et les raquettes autochtones permettaient aux coureurs des bois de parcourir plus facilement le territoire en vue d’y faire le commerce de la fourrure.

Même réciproque, la convergence demeure une adaptation asymétrique; elle exige que les néoQuébécois fassent des efforts d’adaptation culturelle plus grands que ceux consentis par la société d’accueil.

Au-delà de cette réserve, le principal défaut de la convergence culturelle, c’est qu’il n’est pas pertinent à tous les peuples du Québec.

Par exemple, l’intégration des immigrants n’est pas un problème pour les treize peuples autochtones du Québec. Par exemple, à peu près personne ne choisit d’émigrer de manière permanente au Nunavik.

Quant au peuple angloQuébécois, il paie le prix du multiculturalisme qu’il préfère; même si la majorité des néoQuébécois choisissent de s’assimiler à lui, sa croissance démographique est freinée par l’exode de ses membres qui partent ailleurs, n’éprouvant qu’un faible sentiment d’appartenance pour lui.

Du coup, ses institutions culturelles ne survivent que grâce au respirateur artificiel d’Ottawa.

En somme, la convergence culturelle n’est pertinente que pour le peuple francoQuébécois.

D’où la question : pourquoi la convergence culturelle devrait-elle être une politique nationale si elle ne concerne qu’un des quinze peuples qui habitent le territoire du Québec ?

C’est que, pour le Québec, ce peuple n’est pas un groupe ethnique parmi d’autres, comme ce à quoi voudrait l’astreindre le multiculturalisme canadien.

En raison du lien consubstantiel qui unit la langue française à la culture québécoise, et dans la mesure où l’identité québécoise n’a de sens qu’en raison de l’existence du peuple francoQuébécois, il est normal que l’État québécois fasse de la convergence la pierre d’assise de sa politique culturelle et s’assure ainsi que le français demeurera le principal véhicule de la culture d’ici.

Bref, dans le combat existentiel qui est le nôtre depuis des siècles, la convergence culturelle est un des meilleurs moyens d’assurer la pérennité de la culture française au Québec et de préserver le caractère unique du Québec dans le monde.

Références :
Immigration : l’illusion des prophéties
Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes
Les peuples autochtones du Québec
L’immigration et le français au Québec
L’intégration des immigrants en Grande-Bretagne
Vers une politique de la convergence culturelle et des valeurs québécoises

Complément de lecture :
Le charabia woke de l’interculturalisme (2022-06-27)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’incohérence migratoire de la CAQ

23 mars 2022

La nouvelle politique migratoire de la Coalition avenir Québec avait pour but d’arrimer l’immigration aux besoins du marché, ou plus exactement à l’évaluation technocratique des besoins du marché.

Malheureusement, les délais à l’immigration se calculent en années au fédéral. Ce qui fait que les compétences utiles que possède le requérant pourraient ne plus être celles recherchées lorsqu’il est finalement accepté au pays.

Dans les faits, cette politique se bute à l’imprévisibilité du futur dans un monde évoluant de plus en plus rapidement.

Même lorsque les fonctionnaires du ministère de l’Immigration abandonnent toute prétention à prédire l’avenir et se contentent d’accepter les candidats à l’immigration qui ont parfaitement réussi à trouver leur place au Québec, ils en sont incapables.

Un exemple nous est fourni aujourd’hui par le cas de Chemseddine Khafrabbi.

Arrivé au Québec en 2017, il a répondu trois ans plus tard à l’appel lancé par le gouvernement Legault pour pallier le manque de personnel observé dans nos hospices au cours de la première vague de la pandémie.

Il a réussi la formation nécessaire et depuis, il est préposé aux bénéficiaires dans une résidence pour ainés de Boucherville.

Son épouse est également préposée aux bénéficiaires.

Mais ni l’un ni l’autre n’étaient à l’œuvre dès la première vague puisque c’est un peu avant la deuxième qu’ils ont suivi la formation à ce sujet.

Ils ont travaillé dès le début de la 2e vague, en aout 2020, et toute la durée des 3e, 4e et 5e vagues.

Or les critères du ministère de l’Immigration sont formels; pour bénéficier du Programme spécial de régularisation des demandeurs d’asile, il faut avoir été là dès le jour un de la pandémie.

En conséquence, le gouvernement Legault a refusé de leur accorder un certificat de sélection.

Et puisque le fédéral ne se fait jamais prier pour expulser du Québec des requérants francophones — même parfaitement intégrés — l’Agence des services frontaliers du Canada les a informés de leur obligation de quitter le pays au plus tard le 16 avril prochain.

Références :
Immigration : expulsions et droits de la personne
Immigration : l’illusion des prophéties
Un « ange gardien » bientôt expulsé du Canada

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Engorgement migratoire à Ottawa : le prix du fédéralisme

17 février 2022

Radio-Canada révélait hier que 88 859 demandeurs du statut d’immigrant au Québec attendent qu’Ottawa décide de leur sort. Dans certains cas, leur attente dure depuis quelques années.

Il serait facile de croire que c’est la faute du Covid-19. Ce n’est pas le cas.

Les fonctionnaires du ministère fédéral de l’Immigration se divisent en deux groupes; il y a les agents régionaux et les fonctionnaires à Ottawa.

Les agents régionaux ont pour tâche de voir à ce que le dossier des demandeurs soit complet. Mais la décision finale à leur sujet est prise à Ottawa.

Le fond du problème, c’est que l’immense majorité des fonctionnaires à Ottawa sont des Anglophones unilingues.

Prétextant une difficulté à recruter du personnel, Immigration Canada recrute même des agents uniquement anglophones au Québec.

Lorsque le ministère publie des documents, ce sont des documents rédigés en anglais qu’on traduit grossièrement à l’aide de Google Translation ou d’autres logiciels analogues.

À la blague, je serais tenté de dire que si on offrait deux choses aux 88 859 demandeurs, soit la citoyenneté et un poste à Immigration Canada, Ottawa n’aurait aucune difficulté à trouver du personnel.

Malheureusement, les décideurs du sort des demandeurs ne comprennent pas les dossiers qu’on leur fait parvenir lorsqu’ils sont rédigés dans une autre langue que l’anglais.

Voilà pourquoi ça traine.

Évidemment, c’est un problème que nous n’aurions pas si le Québec était indépendant.

Par deux fois, de justesse, les Québécois ont décidé de vivre sous la tutelle d’Ottawa : on doit en assumer les conséquences.

Références :
Fautes, réponses en anglais : la langue française délaissée à Immigration Canada
Immigration Canada recrute des agents uniquement anglophones au Québec
Immigration : un arrimage chaotique
La façade ministérielle de l’État canadien
Près de 90 000 futurs Québécois attendent des réponses d’Immigration Canada

Paru depuis :
Visas étudiants refusés : un rapport fédéral évoque de possibles « préjugés raciaux » (2022-06-04)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Politique migratoire et lutte sanitaire

16 octobre 2021

La francisation différée

Depuis des années, la connaissance préalable de la langue anglaise par tout requérant à l’immigration est un prérequis à l’acceptation de sa demande par la Grande-Bretagne.

De manière conséquente, une personne qui a déjà obtenu la citoyenneté britannique ne peut pas faire venir son conjoint de l’Étranger si celui-ci ne parle pas l’anglais.

Depuis 2017, le Parti Québécois demande qu’aucun certificat de sélection ne soit délivré par le ministère québécois de l’Immigration à moins que le candidat et son conjoint aient démontré une connaissance intermédiaire ou avancée du français. Sinon, leur demande sera rejetée.

Jusqu’ici, la CAQ a ignoré cette demande. Le gouvernement de François Legault préfère accepter au Québec les personnes qui déclarent leur intention d’apprendre le français, quitte à demander naïvement à Ottawa de les expulser s’ils échouent à un examen de français trois ans après leur arrivée en sol québécois.

Bonne chance…

Ne pas voir plus loin que le bout de son nez

Le quotidien La Presse nous apprenait hier le bordel qui prévaut actuellement dans les écoles du Québec au sujet du dépistage du Covid-19.

Après seulement quelques semaines, la moitié des écoles sont déjà des lieux d’éclosion. Surtout au primaire, où le nombre d’éclosions est quatre fois plus élevé que l’an dernier à la même date.

Quant au nombre de cas chez les enfants de moins de dix ans, on en rapporte 120 nouveaux, en moyenne, chaque jour. C’est 600 par semaine… officiellement.

Mais ceci est une grossière sous-estimation. Car on manque de tests. Et on manque de préposés pour les effectuer. De plus — et là, tenez-vous bien — on manque même de formulaire de consentement.

L’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire a demandé au gouvernement que les formulaires d’autorisation remis aux parents soient traduits en plusieurs langues.

Parce que de nombreux parents ne parlent pas le français. Donc on veut des formulaires dans chacune des langues maternelles parlées à Montréal. Il y en a des dizaines.

Voilà donc que la politique migratoire de la CAQ se retourne contre elle.

Ce n’est plus le gouvernement québécois qui oblige les candidats à l’immigration de parler français; ce sont ces personnes, déjà admises sur le sol québécois, qui obligent le gouvernement de la CAQ à être polyglotte.

Et si ces néoQuébécois font obstacle à la lutte contre le Covid-19 à l’école, c’est bien malgré eux; ils ne comprennent tout simplement pas le français, voilà tout.

Accepter chez nous des gens sans exiger de leur part la connaissance préalable de la langue commune du Québec est une aberration.

Comment peut-on être à ce point stupide ?

Voyez ce que ça donne…

Références :
Immigrants’ spouses must speak English before entering UK
La moitié des écoles du Québec ont eu au moins un cas
La politique migratoire de la CAQ
Le PQ et la francisation des immigrants

2 commentaires

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une idéologie sectaire à Espace pour la vie

28 juin 2021



Préambule : Dans le texte qui suit, nous avons inversé la règle grammaticale selon laquelle le genre masculin l’emporte sur le genre féminin.

En d’autres mots, dans les lignes qui suivent, le genre féminin l’emporte sur le genre masculin.

La fondation Espace pour la vie a fait paraitre dernièrement dans Le Devoir un encart publicitaire intitulé : “ENGAGÉ.E.S. pour la vie”.

Ce bégaiement est la manière choisie par certaines intellectuelles pour s’opposer à la règle jugée offensante présentée en préambule. À leur avis, cette règle ‘invisibilise’ les femmes.

Ce texte-ci — qui applique la règle inverse — ‘invisibiliserait’ donc l’autre moitié de l’Humanité. À vous d’en juger.

À la suite de ma protestation contre ce parti-pris idéologique, Espace pour la vie m’a fait parvenir la réponse suivante (note : les caractères gras sont dans le texte original).

Bonjour monsieur Martel,

Nous avons pris connaissance du commentaire que vous nous avez fait parvenir le 16 juin à propos de votre avis sur l’utilisation du féminin générique.

Nous souhaitons vous informer que la diversité et l’inclusion sont au cœur des priorités de la Ville de Montréal. Les actions d’Espace pour la vie s’inscrivent alors dans cette perspective.

En vous remerciant pour l’intérêt que vous portez à l’égard du Jardin botanique et des autres institutions.

Cordialement,

Clément Coste
Régisseur
Approche client

Espace pour la vie
4101 rue Sherbrooke Est, Montréal, Québec H1X 2B1
T. 514 872-0612 | C. 514 516-1554

À la suite du vandalisme de la statue de John-A. Macdonald, l’administration de Valérie Plante a blâmé les manifestantes et annoncé qu’elle songeait à débourser un demi-million de dollars pour restaurer cet hommage rendu à ce premier ministre raciste qui a créé les politiques génocidaires canadiennes contre les peuples autochtones du pays.

Volteface trois ans plus tard; au nom de la diversité et de l’inclusion, la voilà maintenant qui instaure la mitraille de points (Engagé.e.s) comme moyen de favoriser l’inclusion sociale des personnes issues de la diversité. Voyez-vous le rapport ?

En France, le ministère de l’Éducation a banni la mitraille de points en s’appuyant sur l’avis d’expertes selon lesquelles la mitraille de points diminue la lisibilité du français et rend plus difficile son apprentissage.

Chez nous, plus du tiers des personnes immigrantes s’assimilent à l’anglais, une langue jugée plus facile à apprendre et offrant plus d’opportunités de réussite.

Tout ce qui complique l’apprentissage du français contribue donc à l’anglicisation de Montréal.

Le combat existentiel contre cette anglicisation exige la contribution de toutes les Québécoises, autant celles de sexe féminin que celles de sexe masculin.

Blâmée par le ministre québécois responsable de la Langue française, l’administration Plante s’est illustrée depuis quatre ans par son indifférence totale à ce sujet. Cela ne la regarde pas.

C’est sans doute ce qui explique qu’aujourd’hui les autrices et les dirigeantes d’Espace pour la vie ont décidé, par aveuglement idéologique, d’utiliser l’argent des contribuables à promouvoir la mitraille de points, nuisant d’autant à l’inclusion et la diversité qu’elles prétendent défendre.

C’est dommage.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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