Jonas dans la baleine — version moderne

13 juin 2021

Jonas est ce personnage biblique qui, gobé par un grand poisson, y séjournera durant trois jours avant que ce dernier le recrache sur le rivage.

Puisqu’il existe peu de grands poissons capables d’avaler tout rond un humain, la légende veut que ce grand poisson fût une baleine.

Hier, le quotidien The Guardian relatait le cas d’un plongeur gobé vendredi dernier par une baleine à bosse.

Au premier abord invraisemblable, ce fait divers a été jugé plausible par non seulement ce quotidien britannique, mais également par CNN et The New York Times.

Que s’est-il passé ?

D’après ce que j’ai compris, le scaphandrier Michael Packard et le batelier Josiah Mayo forment un duo qui pêche le homard manuellement au lieu de se servir de casiers comme le font nos Madelinots.

Alors qu’ils avaient recueilli jusque là une cinquantaine de kilos de homard près des côtes de Provincetown (au Massachusetts), le plongeur se trouvait à environ quinze mètres de profondeur quand tout à coup, il a été gobé tout rond par une jeune baleine à bosse.

Pendant 30 à 40 secondes, il s’est trouvé dans le noir le plus complet.

La technique de chasse des baleines à bosse est simple; ils ouvrent toute grande leur gueule au milieu d’un banc de poissons puis rejettent l’eau qu’ils filtrent au travers de leurs fanons.

La très mauvaise vue de ces baleines explique sans doute pourquoi Michael Packard a été gobé par erreur.

Ce qui l’a sauvé, c’est que ces cétacés ont un œsophage d’environ quarante centimètres de diamètre; ils ne peuvent pas avaler de grosses proies.

La langue épaisse de l’animal ayant repéré le scaphandrier, le cétacé s’est dirigé vers la surface de l’eau pour l’expulser. Les palmes encore aux pieds, le plongeur a été propulsé hors de l’eau puis recueilli aussitôt par son coéquipier.

Après un bref séjour à l’hôpital, le plongeur en est sorti complètement rétabli de ses émotions.

Références :
Jonas
‘My God, I’m in a whale’s mouth’: lobster diver on brush with hungry humpback

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une certaine discrimination sexuelle à Paris

14 décembre 2020
L’hôtel de ville de Paris

La ville de Paris vient d’être condamnée à payer une amende de 90 000 euros — près de 140 000$ — pour discrimination sexuelle à l’embauche.

Comment peut-on imaginer qu’une ville comme Paris, dirigée en plus par une femme depuis 2016, puisse commettre un tel méfait ?

C’est que la discrimination dont Paris a été reconnue coupable a été exercée contre des victimes inattendues : les hommes.

En 2018, sur seize postes de directeurs et de sous-directeurs, les autorités municipales ont choisi onze femmes et seulement cinq hommes.

Les procureurs de la République, zélés défenseurs des opprimés, se sont donc empressés de poursuivre les autorités municipales.

Dans l’ensemble de ses 53 000 employés, Paris compte 56 % de femmes, principalement dans des postes subalternes. Mais les hommes ont toujours eu la haute main sur les postes décisionnels, occupés par eux à 53 %.

Afin de rétablir l’équilibre au niveau des postes supérieurs, la ville voulait bien faire.

Mais voilà qu’à l’époque, la loi de transformation de la fonction publique limitait la discrimination positive; celle-ci ne pouvait pas dépasser 60 % en faveur du groupe sous-représenté.

Or ici, 69 % des postes ont été accordés à des femmes.

Depuis, le texte de cette loi a été modifié de manière à permettre n’importe quel écart du moment que cela n’aboutit pas au déséquilibre inverse parmi les emplois concernés.

En somme, la loi permet maintenant un rattrapage accéléré, ce qui n’était pas le cas en 2018. D’où la condamnation de la ville pour une offense qui n’existe plus…

Référence :
La Ville de Paris mise à l’amende pour avoir nommé trop de directrices

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Qatar Airways : un examen gynécologique inapproprié

29 octobre 2020
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Au classement des meilleurs aéroports internationaux, celui situé près de la capitale du Qatar, est un des mieux cotés.

L’an dernier, près de trente-neuf-millions de passagers y ont transité. C’est deux fois plus qu’à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Mais ces jours-ci, pandémie oblige, il est beaucoup moins fréquenté.

Le 2 octobre dernier, un bébé vivant, né prématurément, a été trouvé dans une des toilettes pour femmes de l’aéroport.

Inquiets à l’idée qu’on puisse prendre l’avion peu de temps après avoir accouché, les autorités sanitaires ont décidé de trouver la mère.

Pour ce faire, aucun avion n’a été autorisé à décoller.

Après trois heures d’attente, toutes les passagères d’un vol de Qatar Airways en direction de l’Australie ont été priées de quitter l’avion.

Une des passagères, convaincue que ce ne serait pas long, a laissé son enfant endormi aux soins du personnel de bord.

Une femme âgée, atteinte de problèmes de la vue, a également été priée de descendre.

À l’extérieur, sur le tarmac, deux ambulances les attendaient.

Dès qu’une femme pénétrait dans un de ces véhicules, les portes étaient fermées et verrouillées.

Une par une, on les a soumises à un examen gynécologique forcé, exécuté par une infirmière masquée.

Aucune d’entre elles n’a reçu d’explication et dans aucun cas on n’a cherché à obtenir leur consentement.

Cette recherche n’a pas réussi à trouver la mère.

Toutes ont été ramenées à leur avion, certaines en larmes.

Les femmes sur le point de quitter à bord d’une dizaine d’autres avions ont également été soumises à un tel examen.

Références :
Qatar’s airport strip-searching incident shocked Australia. Here’s what we know
Women on flight from Qatar to Australia reportedly internally examined on tarmac after premature baby found in Doha airport bathroom

Paru depuis :
Qatar says those behind search of Australian women at Doha airport committed ‘illegal actions’ (2020-10-30)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le meurtre de Rayshard Brooks

15 juin 2020

Introduction

Vendredi soir dernier, à Atlanta, des clients se plaignent qu’une voiture bloque la file des commandes à l’auto d’un Wendy’s.

Un policier arrive sur les lieux. Effectivement, un jeune ‘Noir’ est endormi au volant de sa voiture. Un deuxième policier le rejoint au bout de dix minutes.

Un peu plus d’une heure plus tard, le suspect est abattu par les policiers.

Que s’est-il passé entre les deux ?

Du réveil à la tentative d’arrestation

Lorsque le premier policier cogne à la vitre de l’automobile blanche, le conducteur dort d’un sommeil profond.

Même après que le policier ait ouvert sa portière et s’être adressé à lui à plusieurs reprises, le conducteur mettra plus d’une minute à se réveiller.

Encore confus, le conducteur se rendort et doit être réveillé de nouveau.

Mais après s’être garé à la demande du policier, le voilà réveillé pour de bon. Il déclare ne pas être armé et consent à la fouille corporelle.

Son haleine sent l’alcool. Pourtant son élocution est normale. Il ne montre pas de signe évident d’ébriété et la discussion est respectueuse.

Il a 27 ans. Il s’appelle Rayshard Brooks. Il est propriétaire du véhicule.

Il revient de la fête célébrant le 8e anniversaire de naissance d’une de ses trois fillettes, fête à l’occasion de laquelle il a consommé de l’alcool. Et il vient ici acheter la bouffe du repas du soir pour toute la famille.

À son arrivée, un deuxième policier, Garrett Rolfe, procède au test d’alcoolémie.

L’ivressomètre révèle qu’il a une alcoolémie de 108 mg %, ce qui est au-delà de la limite légale de 80 mg %.

À Montréal, les policiers auraient appelé un taxi, lui aurait demandé de rentrer à la maison et de revenir chercher son auto une fois sobre. Peut-être lui auraient-ils expédié une contravention par la poste.

Mais les deux policiers d’Atlanta voient les choses autrement; ils décident d’arrêter Rayshard Brooks pour ivresse au volant.

Strictement parlant, les policiers n’en ont pas la preuve.

Le suspect a bien une alcoolémie excessive. Mais alors qu’il ne circule plus sur la voie publique. Tout au plus, les policiers l’ont vu se garer tout près, à leur demande, dans un stationnement privé.

Avait-il une alcoolémie excessive en route vers le Wendy’s ? C’est possible, mais ce n’est pas certain.

Le seul devoir des policiers, c’est de s’assurer que le suspect ne prend pas la route dans l’état où il est. Ce n’est pas nécessairement de le placer en état d’arrestation.

Une tentative d’arrestation qui tourne au vinaigre

Au moment où les policiers allaient lui passer les menottes, nous sommes deux semaines après le décès de George Floyd, coopératif au moment de son interpellation, mais étranglé quand même après être devenu, une fois menotté, à la merci de ses bourreaux.

Rayshard Brooks panique alors et résiste à son arrestation.

Pendant que les deux policiers et lui sont tombés au sol et luttent au corps-à-corps, un des policiers tente d’activer son pistolet à impulsion électrique.

Rayshard Brooks frappe un des deux policiers, s’empare du Taser du premier policier arrivé sur les lieux et réussit à s’échapper.

L’agent Garrett Rolfe décharge son Taser sur Brooks, sans résultat apparent.

Dans sa fuite, Rayshard Brooks pointe le Taser quelque part derrière lui.

Voyant le suspect courir plus vite qu’eux, Garrett Rolfe sort son arme à feu et tire trois coups consécutifs dont deux atteignent mortellement le fuyard dans le dos.

Coup de pied de Garrett Rolfe à Rayshard Brooks agonisant

Encore sous l’effet de l’adrénaline, Garrett Rolfe déclare fièrement : « Je l’ai eu », puis frappe violemment du pied Rayshard Brooks, aggravant volontairement les dommages internes causés par ses deux coups de feu alors que Brooks est allongé au sol, agonisant.

Une aggravation des dommages internes qui a probablement contribué à rendre irréversible la descente de Rayshard Brooks vers la mort.

Analyse

L’incident a duré 75 minutes : 40 avant la tentative d’arrestation et 35 minutes après.

Rayshard Brooks a commis trois délits, tous trois survenus dans la seconde partie de cette affaire : il a volé un Taser, il a frappé un policier et il a résisté à son arrestation.

Trois délits qui ne sont pas punissables de la peine de mort.

Il s’agit également de trois délits qui n’auraient pas été commis si le suspect avait été traité à la manière montréalaise plutôt qu’américaine.

En vertu de la jurisprudence des États-Unis, le Taser n’est pas une arme létale.

Donc, à aucun moment, Rayshard Brooks ne représentait une menace mortelle pour les policiers. Conséquemment, il n’existe pas de justification légale pour son exécution.

S’il avait réussi à leur échapper, les policiers auraient pu demander des renforts, faire établir un périmètre dans les environs, utiliser des chiens renifleurs et effectuer une recherche assistée d’un hélicoptère…

Mais pourquoi faire appel à tous ces moyens ‘hollywoodiens’ ? Ils ont sa voiture blanche. Ils ont le numéro de sa plaque d’immatriculation. Ils connaissent son nom. Ils savent où il demeure.

Quelle était l’importance de tuer Rayshard Brooks avant qu’il leur échappe ?

Conclusion

Jusqu’à la fin de sa vie, une des trois fillettes de Rayshard Brooks pensera à la mort de son papa à chacun de ses anniversaires de naissance.

Un papa qui rêvait peut-être à elle, endormi paisiblement au volant de sa voiture, moins d’une heure avant de mourir.

Référence : What do we know about Rayshard Brooks?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand la pègre combat le Covid-19

13 juin 2020

M le maudit

Un de mes films favoris est ‘M le maudit’, le premier film parlant (et le préféré) du réalisateur allemand Fritz Lang, tourné en 1931.

Basé sur des faits réels, ce long-métrage raconte l’histoire d’un meurtrier d’enfants qui sème la terreur dans une ville allemande.

Sous la pression populaire, la police municipale décide d’effectuer toute une série de rafles qui perturbent les activités de la pègre.

Celle-ci se met donc également à la recherche du meurtrier (qu’elle finit par trouver) dans l’espoir de pouvoir de reprendre ses activités normalement.

Dans les favélas de Rio

Le Brésil est actuellement le deuxième pays le plus touché au monde par le Covid-19, derrière les États-Unis; la pandémie y a fait plus de quarante-mille morts.

Contrairement au Québec — où ce sont les ghettos de vieux qui ont été particulièrement touchés — au Brésil ce sont les milieux défavorisés qui ont été la cible de la pandémie.

Dans les favélas surpeuplées de Rio de Janeiro, tout le monde connait un parent ou un voisin qui a été atteint par le virus.

Si la mortalité du Covid-19 affecte surtout les personnes de plus de soixante ans, il frappe durement une partie des autres adultes.

Tout cela perturbe les activités des cartels de la drogue qui dictent leur loi dans les faubourgs de Rio.

Plusieurs des chefs et des hommes de main les plus expérimentés de la pègre ont été tués par la pandémie.

De plus, parmi la clientèle des revendeurs de drogue, quand un chef de famille perd son emploi ou décède du virus, toute la famille est réduite à la misère et devient incapable de se payer de la drogue.

Tout comme dans le film de Fritz Lang, la pègre a donc pris les choses en main.

Elle a d’abord imposé un couvre-feu sur tout le territoire qu’elle contrôle.

Puis elle a encouragé la fabrication artisanale de masques qu’elle paie au-delà du prix demandé afin de subventionner leur fabrication.

Sous la menace des armes, elle a réduit l’activité clandestine des petits débits de boissons, des maisons de jeux et de tous les lieux d’attroupement qui favoriseraient la propagation de l’épidémie.

Et elle distribue de la nourriture aux familles ruinées par le décès du pourvoyeur (habituellement le père).

Si bien que dans les favélas de Rio, les habitants sont majoritairement reconnaissants à la pègre d’avoir comblé le vide laissé par l’État brésilien.

Conclusion

Les êtres humains dépendent tous les uns des autres.

Même quand des collectivités sont laissées à elles-mêmes, une solidarité s’installe spontanément — motivée par de bonnes ou de mauvaises raisons — dont le résultat final est une amélioration des chances collectives de survie.

Références :
M le maudit
Rio cartels go from running drugs to pushing medication

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’hommage espagnol aux professionnels de la santé

17 mars 2020

 

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À l’heure convenue samedi soir dernier, des centaines de milliers d’Espagnols ont rendu hommage à leurs professionnels de la santé, eux qui demeurent à l’œuvre pour soigner les gens en dépit des risques qu’ils courent à s’exposer ainsi au Covid-19.

De leurs fenêtres ouvertes ou de leurs balcons, les Espagnols ont applaudi, sifflé, tapé sur des casseroles ou chanté en chœur pour les remercier.

Cet ‘applaudissement sanitaire’ a longuement résonné à 22h dans toutes les grandes villes du pays.


Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le petit rusé

8 février 2020

Le français est une langue précise. Or, pour communiquer efficacement, il faut s’exprimer clairement.

En mathématique, le verbe anglais To Find signifie ‘résoudre un problème’. Un sens que n’a pas le verbe Trouver.

Afin de vérifier la connaissance du théorème de Pythagore par ses élèves, au lieu de demander ‘Calculer la valeur de X’ ou ‘Trouver la valeur de X’ un professeur de géométrie a simplement demandé ‘Trouver X’.

Un de ses élèves a donné la réponse ci-contre.

Doit-on punir l’élève pour ne pas avoir fourni la réponse attendue de lui ou devrait-on le récompenser pour avoir répondu exactement à la question telle que (mal) posée ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mike Ward ou le harceleur public

3 décembre 2019

Pour ceux qui ne le savent pas déjà, Mike Ward est un humoriste francophone condamné deux fois pour avoir ridiculisé les divers handicaps d’un jeune de 22 ans atteint du syndrome de Treacher Collins.

Entre Mike Ward et Jérémy Gabriel, le véritable handicapé est le premier, sourd et aveugle aux décisions judiciaires rendues contre lui.

L’humoriste s’entête à se voir comme le défenseur de la liberté d’expression. Or ce n’est pas cela qui est en cause.

Sans viser personne en particulier, Mike Ward peut bien rire de tous les handicapés de la terre. Cela manque d’empathie, mais il a le droit d’en manquer.

Mais quand il ridiculise quelqu’un en particulier, il doit choisir avec discernement la victime de ses sarcasmes.

Il peut se moquer de la bouche croche d’un ex-premier ministre canadien. Mais pas de celle de son voisin, assisté social, qui serait traumatisé à vie d’être devenu publiquement son souffre-douleur.

Le sarcasme peut être une arme.

Ce qui lui est interdit, c’est de stigmatiser — littéralement, marquer de stigmates — une personne vulnérable comme le font les harceleurs contre leurs victimes.

Il ne peut pas immoler publiquement des personnes immensément plus faibles que lui sur l’autel de son talent à rendre sa cruauté amusante.

Répétant ses sarcasmes de spectacle en spectacle, Mike Ward est le modèle de l’adolescent égocentrique qui se trouve drôle en harcelant la tapette, la grosse puante et le Nèg’ de sa classe. De celui qui estime qu’il en a le droit parce qu’il est plus fort qu’eux. Et qui se glorifie en se percevant comme le héros de ses fantasmes.

Le meilleur conseil que je pourrais donner à Mike Ward, c’est de ne pas tenter de porter sa cause en appel, de s’excuser publiquement, et de composer pour Jérémy Gabriel un numéro où celui-ci viendrait se moquer de l’humoriste dans un de ses spectacles.

Ça, ça serait sympa.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Traite humaine et cannabis anglais

30 juillet 2019


 
En Angleterre, des milliers d’usines désaffectées, d’entrepôts inutilisés, et de maisons unifamiliales ‘abandonnées’ servent d’usines à cannabis.

Dans certains cas, la pègre utilise des maisons louées, mais transformées à l’insu de leurs propriétaires.

Environ 92 % des sites britanniques de production sont en Angleterre.

Chaque site est opéré par un jeune immigré.

Annuellement, des centaines d’adolescents vietnamiens sont ‘importés’ clandestinement en Angleterre pour y servir de main-d’œuvre à l’industrie illégale du cannabis.

Cette situation résulte d’un partenariat entre la pègre anglaise et la pègre vietnamienne. Cette dernière est chargée de recruter les mineurs et d’assurer le suivi en sol britannique.

Les victimes ne sont pas des enfants ordinaires. Ce sont des orphelins qui vivent dans la rue. Pour échapper à la misère, on leur offre un voyage vers l’Europe moyennant un prix qu’ils n’ont évidemment pas le moyen de payer, mais qu’ils pourront acquitter par versements.

Dans les faits, jamais ces jeunes n’arriveront à payer leur dette. Et cette dette — croissante en raison des intérêts — justifiera les menaces et les sévices dont ils seront l’objet.

Au départ d’un voyage maritime qui durera deux ou trois mois, on les entasse dans des conteneurs avec de la nourriture de base, et une quantité d’eau embouteillée qui s’avèrera rapidement insuffisante pour la traversée. Ce qui les obligera à boire leur urine ou à mourir déshydratés.

On les fait entrer clandestinement au Royaume-Uni par les ports contrôlés par la pègre.

Pour les ‘casser’, ils feront plusieurs mois de prostitution dans des bordels pour pédophiles.

Puis finalement, ils sont amenés dans l’usine à cannabis dans laquelle ils vivront.

Leur travail se résume à arroser les plants deux fois par jour. Chaque tournée prend de deux à trois heures. Le reste, c’est du temps libre.

Aux deux ou trois semaines, un locuteur vietnamien les appellera ou passera sur les lieux pour les menacer, leur réitérer de bien suivre les instructions, et pour s’informer que tout va bien.

Leur traitement variera selon le propriétaire des lieux.

Au pire, ils sont séquestrés dans des usines où jamais la lumière du jour ne pénètre, et où tout ce qu’ils ont à manger, ce sont des conserves de nourriture pour chien.

D’autres vivront leur solitude dans des lieux où, par exemple, ils disposeront d’une petite cuisine, d’un réfrigérateur plein, d’une minuscule télévision près de laquelle se trouve une pile de DVDs vietnamiens ou une console de jeux vidéos, un matelas au sol, ici un calendrier vietnamien au mur, là un autel bouddhiste, etc.

Dans bien des cas, les portes ne sont même pas verrouillées.

Alors pourquoi ne s’enfuient-ils pas ? Pourquoi n’utilisent-ils pas le téléphone pour appeler la police ?

Pour plusieurs raisons.

Premièrement, ces adolescents ne parlent pas anglais. Deuxièmement, dans leur pays d’origine, ils ont passé toute leur enfance à subir la répression d’une police corrompue qui s’acharnait sur eux en raison de leur vagabondage et des petits méfaits qu’ils commettaient pour survivre.

Mais surtout, ces enfants n’ont jamais connu autre chose que la méchanceté humaine. Or maintenant, ils ont un toit. Ils sont nourris. Ils n’ont jamais froid parce qu’il fait toujours chaud dans une usine à cannabis, même en hiver. Ils se sont fait une petite vie monotone. Même ceux qui mangent de la nourriture pour chien n’ont jamais été mieux traités de leur vie.

Quand ils sont découverts par la police, une partie d’entre eux seront accusés de complicité dans le commerce de la drogue et sont expulsés vers leur pays d’origine après avoir été abusés en prison.

Les autres seront pris en charge par les services sociaux. Beaucoup s’enfuient, persuadés que leurs créanciers les trouveront et les tueront s’ils ne retournent pas travailler pour eux afin payer leur dette.

Dans un cas, par exemple, les ravisseurs avaient entaillé superficiellement les parties génitales d’un adolescent qui avait tenté de s’enfuir en lui faisant croire qu’ils y avaient inséré un émetteur de géolocalisation qui leur permettrait de le retracer, peu importe où il se trouvait.

Références :
Enslaved on a British cannabis farm: ‘The plants were more valuable than my life’
Trafficked and enslaved: the teenagers tending UK cannabis farms

Parus depuis :
Lorry deaths: police face trust problem over appeal to Vietnamese migrants (2019-10-31)
Essex lorry deaths: two found guilty over manslaughter of 39 Vietnamese people (2020-12-21)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/25 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Code secret mohawk

31 janvier 2019

Les Mohawks vivent principalement à Akwasasne, une réserve autochtone située à cheval entre l’État de New York et deux provinces canadiennes (le Québec et l’Ontario).

Au Canada, la langue mohawk n’est plus parlée que par 2 500 personnes.

Pendant des décennies, les écoles qui leur étaient destinées punissaient les élèves autochtones qui parlaient une autre langue que l’anglais.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les locuteurs mohawks étaient suffisamment nombreux pour qu’on en retrouve dans des unités de l’armée américaine stationnées en Océanie et aux Philippines.

Leur présence fut une occasion de mettre au point le ‘Code mohawk’.

Celui-ci est un des codes secrets mis au point à partir des langues autochtones d’Amérique du Nord. Pour être choisie, une langue devait s’écrire avec l’alphabet occidental.

Le langage codé consistait simplement à traduire les messages secrets américains en langue autochtone, les rendant incompréhensibles à l’ennemi sans qu’il soit nécessaire d’encoder ces messages.

Dans le cas d’autres langues autochtons, le texte traduit était encodé, ce qui ajoutait une couche de protection. Celle-ci devenait nécessaire lorsque la connaissance de cette langue était répandue au point qu’il y avait un risque qu’un de ses locuteurs soit capturé par l’ennemi.

Pour le mohawk, on jugea ce risque insuffisant pour nécessiter l’encodage. Si bien que le texte écrit en ‘Code mohawk’ n’était qu’un texte traduit en mohawk.

Louis-Levi Oakes, d’Akwasasne, est le seul survivant des dix-sept Canadiens qui ont servi de traducteurs mohawks à l’armée américaine.

Le ‘Code mohawk’ détient le record d’être le seul code militaire jamais déchiffré par les forces ennemies.

Références :
Code talker
Le dernier protecteur du code mohawk
Louis Levi Oakes, le dernier Mohawk à parler le langage codé

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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