Recycler le plastique : de belles paroles…

9 juin 2022

De 1980 à 2021, l’utilisation du plastique aux États-Unis s’est accrue de 263 %, soit de 27 kg à 99 kg par personne.

Depuis que la Chine a fermé en 2017 ses frontières à la plupart des déchets de plastique américain, les usines de ‘recyclage’ ne font que les trier. À l’issue de quoi 85 % sont expédiés à des sites d’enfouissement, 10 % sont incinérés, et seulement 5 % sont réellement envoyés au recyclage.

En plus, le tiers de ce qui est envoyé au recyclage est rejeté car fabriqué de polytéréphthalate d’éthylène. Résultat : environ trois pour cent du plastique américain réellement recyclé.

De leur côté, les Canadiens génèrent annuellement 3,2 millions de tonnes de déchets de plastique, soit 86 kg par personne.

En 2020, Ottawa a dévoilé son plan Zéro déchet plastique, une cible ambitieuse dont l’atteinte est prévue dans la semaine des trois jeudis, soit d’ici 2030.

Contrairement à ce que son nom suggère, ce plan ne prévoit pas le recyclage à 100 % des déchets de plastique, mais seulement que la totalité du plastique utilisé par l’industrie sera recyclable (et non recyclé).

Mais le sera-t-il ? Mystère…

À l’heure actuelle, 86 % du plastique canadien se retrouve dans des sites d’enfouissement. Comme aux États-Unis. Or tout objet enfoui qui n’est pas biodégradable est un polluant, peu importe qu’il ait pu être recyclable ou non avant d’être enterré. Donc Ottawa rit de nous.

Pour recycler 90 % de notre plastique, il faudrait construire plus de 160 centres de tri et usines de recyclage au pays. Et ce, au cout de huit milliards$. Une dépense qui, malheureusement, n’est pas prévue dans le plan fédéral.

Paroles, paroles, paroles, chantait Dalida.
Bien voyons, ma chérie.
Paroles, paroles, paroles.
Je te jure…

Références :
Ceci n’est pas un plan « zéro déchet plastique »
US is recycling just 5% of its plastic waste, studies show

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Nickel : la science a le dos large

11 avril 2022

Introduction

Dans son épisode intitulé ‘Atmosphère tendue’, l’émission Découverte de Radio-Canada traitait hier soir de la décision du gouvernement Legault de hausser de cinq fois la limite maximale de nickel que pourra contenir l’air du port de Québec.

Cette nouvelle norme entrera en vigueur le 28 avril prochain.

Rappel historique

Il y a plus d’une décennie, des analyses effectuées sur la poussière qui se déposait sur le quartier ouvrier de Limoilou (situé près du port) révélaient que cette poussière contenait du nickel, un métal dont les sels sont cancérigènes.

En 2013, Yves-François Blanchet — l’actuel chef du Bloc Québécois à Ottawa — était ministre de l’Environnement dans le gouvernement péquiste de Pauline Marois.

Le ministre Blanchet avait fait adopter une norme maximale de 14 nanogrammes de nickel par mètre cube d’air. C’était la norme la plus sévère au monde. On était l’époque où les gouvernements étaient fiers de dire qu’ils protégeaient leur population.

Mais cette époque est révolue.

La recherche sur Google

À la demande des ‘acteurs économiques’ (c’est-à-dire de la minière Glencore), le gouvernement actuel a accepté de revoir cette norme.

Quatre experts ont été consultés. Dont principalement, Michèle Bouchard, vice-doyenne à la recherche de l’École de santé publique du Québec et détentrice d’un doctorat en toxicologie de l’environnement.

À l’émission Découverte, celle-ci déclarait :

« L’évaluation qui a été faite, c’est au meilleur des connaissances en fonction des données de la littérature, en utilisant mon expertise et celle de mon équipe.»

En somme, l’étude de Mme Bouchard n’est pas une étude toxicologique effectuée sur l’animal ni une étude clinique; c’est une simple revue de la littérature. Au sens large, on peut dire que c’est une ‘étude’.

Mais les vraies études publiées dans la littérature sont essentiellement des recherches payées par l’industrie pour répondre à des exigences gouvernementales.

Or il faut savoir qu’en Occident, ces études relèvent de la propriété intellectuelle. En d’autres mots, l’industrie est propriétaire de ces études et rien ne l’oblige à les rendre publiques.

C’est ce qui explique que la majorité des études sur lesquelles se base le fédéral pour homologuer les pesticides autorisés au Canada sont des études secrètes.

En somme, l’industrie ne publie que les études qui lui conviennent. Et c’est sur cela que Mme Bouchard s’est basée.

Dans le cas du nickel transbordé au port de Québec, il s’agit de la pentlandite, un sulfure de fer et de nickel. Or il n’existe qu’une seule étude toxicologique publiée à son sujet.

Toutes les autres concernent le sulfate de nickel, extrait ailleurs à travers le monde.

Si le gouvernement Legault voulait hausser la norme québécoise à la demande de la minière Glencore, il aurait dû exiger que cette dernière lui fasse la démonstration de l’innocuité de la pentlandite.

Ce qu’il n’a pas fait.

Toujours à l’émission Découverte, Maurice Moreau, à titre de ‘chef, environnement’ de Glencore, déclarait :

« Notre objectif, c’est zéro émission. Et ç’a toujours été notre but depuis qu’on opère ici à Québec.»

On ne peut que se réjouir d’entendre cela. D’où la question suivante : n’aurait-il pas été préférable de rendre la norme encore plus sévère afin de la rapprocher de l’objectif ‘zéro émission’ que souhaite tant l’industrie ?

Conclusion

Les opérations de Glencore au Québec occasionnent très peu de retombées économiques.

En contrepartie de droits miniers qui représentent environ deux pour cent de la valeur du minerai, Glencore en extrait autant qu’elle veut; elle n’a qu’à payer le salaire de ses mineurs.

Dès que cela est fait, elle s’empresse d’exporter son minerai hors du Québec pour lui faire subir l’essentiel de son raffinage, créant ainsi le moins d’emplois possible chez nous.

En somme, les seules retombées au Québec, c’est la poussière cancérigène sur Limoilou…

Ceci étant dit, augmenter de cinq fois la limite maximale de nickel dans l’air ne signifie pas que les familles de Limoilou en respireront cinq fois plus. L’augmentation sera bien supérieure.

Dans leur empressement à vouloir boycotter la Russie (3e producteur mondial de nickel), les minières occidentales se préparent à augmenter substantiellement l’extraction de ce métal.


 
Voilà pourquoi, le prix du nickel atteint des sommets sur les marchés internationaux. Anticipant les profits records de la minière, les spéculateurs ont fait augmenter sa valeur capitalisée.

Pour justifier l’abaissement des normes environnementales, la CAQ n’a même pas l’excuse de vouloir protéger des emplois en péril.

Au contraire, la minière s’apprête à opérer au maximum de sa capacité afin de s’enrichir le plus vite possible grâce à la guerre russe en Ukraine.

On doit donc en conclure que la CAQ, en bon gouvernement de droite, sacrifie la santé de son peuple afin de maximiser les profits d’un voyou corporatif.

Références :
Davantage de poussière cancérigène sur Québec, grâce à la CAQ
Le prix du nickel ballonné par le conflit en Ukraine
Nickel
Nickel : pour protéger l’environnement, il faut le polluer, selon la CAQ
Pollution dans l’air – « Si on veut des batteries, il faut du nickel », dit Charette

Paru depuis :
Le nickel connaît un nouveau boom à Sudbury (2022-04-12)

Complément de lecture :
Horacio Arruda a empêché la diffusion de données sur le cancer à Rouyn-Noranda (2022-06-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Promettre la carboneutralité dans la semaine des trois jeudis

9 avril 2022

Vous souvenez-vous lorsque le premier ministre Justin Trudeau promettait, en 2019, de faire planter deux-milliards d’arbres en contrepartie de l’investissement fédéral dans la construction du pipeline Trans Mountain ?

Trois ans plus tard, le gouvernement fédéral ignore combien de graines ont été plantées en vue d’atteindre cet objectif. Au moins 800 000 croit-on, soit 0,04 % de la quantité promise.

Pour Ottawa, il ne s’agit pas d’une promesse brisée puisqu’il a déjà réalisé la moitié de sa promesse en achetant le pipeline.

C’est seulement que l’autre moitié a pris du retard…

Depuis plusieurs années, nos gouvernements (autant fédéral que provinciaux) promettent de réduire substantiellement la production de gaz à effet de serre (GES).

Mais la cible est toujours plus éloignée; ce sera en 2030, en 2040, voire en 2050.

Cela équivaut à dire : « Sauver la planète exige de grands bouleversements et de grands sacrifices qui pourraient me rendre impopulaire. Voilà pourquoi je vous promets que les gouvernements qui me succèderont d’ici 2030, 2040 ou 2050 réaliseront la promesse que je vous fais aujourd’hui.»

Par rapport au niveau de 2005, le Canada s’est engagé à réduire ses GES de 40 % d’ici 2030.

En 2015, lorsque M. Trudeau a pris le pouvoir, le Canada produisait 723 mégatonnes d’équivalent de CO₂. En 2019, il en produisait 730, soit encore plus.

Cette production a diminué au cours du confinement pandémique de 2020 pour repartir à la hausse avec la reprise de l’économie. Bref, ce n’est pas sérieux; en comparaison avec 2005, les émissions canadiennes ont reculé d’environ 1,2 %.

Dans son nouveau plan climatique, dévoilé plus tôt cette semaine, le gouvernement fédéral établit des cibles plus indulgentes à l’égard du secteur des transports et celui de la production des hydrocarbures que pour le reste de l’économie.

Pourtant ces deux secteurs sont les principaux responsables des GES au pays. Ils comptent pour 26 % des émissions canadiennes.

Dans leur cas, la cible sera une réduction de 38 % sans qu’on sache très bien comment y parvenir.

Cette cible, sera-t-elle atteinte ?

Pour en juger, signalons que le fédéral vient d’autoriser Bay du Nord, un mégaprojet de soixante puits pétroliers au large de Terre-Neuve. Celui-ci devrait produire entre 300 millions et un milliard de barils de pétrole sur trente ans.

Ottawa assure que le projet deviendra carboneutre d’ici 2050.

Veut-on rire de nous ?

La seule manière pour ce projet de devenir carboneutre dans trente ans, c’est qu’il épuise son gisement d’ici là.

En conclusion, il est de plus en plus évident que la seule manière de sauver la planète est de renverser ces systèmes politiques hérités du XIXe siècle. Dans le fond, lorsqu’ils sont majoritaires, nos gouvernements ne sont qu’une succession de dictatures affairistes dont la durée est limitée à 4 ou 5 ans.

On peut présumer qu’un pays où serait assurée la participation directe du peuple aux affaires de l’État ne pourrait pas faire pire que cette vieille monarchie constitutionnelle héritée d’une autre époque, régie par une constitution illégitime, qu’est le Canada.

Références :
La Vérif : combien d’arbres ont été plantés sur les 2 milliards promis?
Le pétrole et les transports n’auront pas à respecter la cible climatique du Canada
Ottawa donne son aval à Bay du Nord, un projet pétrolier controversé
Rapport accablant du commissaire à l’environnement
Trudeau promet de planter deux milliards d’arbres

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Nickel : pour protéger l’environnement, il faut le polluer, selon la CAQ

19 février 2022

En 2013, Yves-François Blanchet — l’actuel chef du Bloc Québécois à Ottawa — était ministre de l’Environnement dans le gouvernement péquiste de Pauline Marois.

Depuis des années, les habitants du quartier ouvrier de Limoilou se plaignaient que le port de Québec laissait s’échapper une poussière qui se déposait en grande quantité sur les voitures stationnées et donc, une poussière qu’ils respiraient.

Des analyses avaient révélé que cette poussière, c’était du nickel, un métal dont les sels sont cancérigènes.

En provenance des gisements du Nord-du-Québec et du Labrador, le minerai brut de nickel transite par le port de Québec avant d’être acheminé à l’Étranger pour y être raffiné. Ce qui crée très peu d’emplois ici.

Le ministre Blanchet avait fait adopter une norme maximale de 14 nanogrammes de nickel par mètre cube d’air. C’était la norme la plus sévère au monde. On était l’époque où les gouvernements étaient fiers de dire qu’ils protégeaient leur population.

Mais cette époque est révolue.

En décembre dernier, le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) annonçait son intention de hausser de cinq fois la teneur maximale permise du nickel dans l’air.

La CAQ veut ainsi augmenter la profitabilité de l’industrie minière aux dépens de la santé des Québécois.

Pour convaincre la population de l’à-propos de cette mesure, les relationnistes de la CAQ ont trouvé un argument en or. Le voici.

Pour lutter contre les changements climatiques, il faut utiliser moins d’énergies fossiles. Pour ce faire, il faut électrifier les transports. Pour les électrifier, il faut des piles électriques. Or le nickel est essentiel à la fabrication des piles.

Tout cela semble très logique. Mais on peut se demander en quoi les tonnes de poussières qu’on déversait sur Limoilou étaient utiles à la fabrication des piles.

Ne peut-on pas répliquer au ministre que plus on envoie du nickel dans l’air, moins il en reste pour fabriquer des piles ?

En effet, le nickel utile, c’est celui dans les piles, pas celui qu’on respire.

Pour la CAQ, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs; pour aider l’industrie à produire des piles à plus faible cout, on va réduire nos exigences environnementales.

En somme, les ouvriers de Limoilou devront se sacrifier pour aider la planète.

Il s’agit d’une nouvelle version de cette vieille histoire des mineurs qui doivent renoncer à leur santé pour le bien de leur patron.

Parce qu’entre nous, ce n’est pas la planète qui profitera de l’abaissement de nos exigences; on ne protège pas l’environnement en le polluant.

Ce que vise la CAQ, en bon gouvernement de droite, c’est de sacrifier la santé des familles de Limoilou sur l’autel de la rentabilité économique de minières multinationales.

Références :
Davantage de poussière cancérigène sur Québec, grâce à la CAQ
Pollution dans l’air – « Si on veut des batteries, il faut du nickel », dit Charette

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Peut-on sauver la planète sans rien sacrifier ?

26 octobre 2021

Il y a bien des années, la chanteuse britannique Petula Clark chantait son grand succès ‘Tout le monde veut aller au Ciel, mais personne ne veut mourir’.

C’est là le nœud de la crise environnementale.

On connait les coupables; ce sont les autres.

Le piéton blâme l’automobiliste quand ce dernier achète un lourd véhicule utilitaire.

Celui qui choisit de s’installer à la campagne pour y élever sa famille est blâmé pour les longs trajets en auto qu’il effectue pour aller et revenir du travail.

Les agriculteurs blâment les citoyens urbanisés pour leur entêtement à manger hors saison des fruits et des légumes produits à l’autre bout du monde.

Le vieillard blâme la manie des jeunes de renouveler trop fréquemment leur garde-robe et leur gamme de produits électroniques (téléphones, tablettes et ordinateurs).

En contrepartie, les jeunes blâment les retraités pour les voyages qu’ils effectuent à l’Étranger, notamment afin de séjourner dans leur résidence secondaire pendant de longs mois.

Et personne ne veut transformer son mode de vie.

Pour sauver la planète, c’est simple; il faudrait (idéalement) cesser de consommer. Sinon, consommer préférablement des produits biodégradables.

Il faudrait se nourrir d’aliments de base produits dans son potager ou, à défaut, chez le producteur le plus près.

Il faudrait acheter un nouveau vêtement seulement lorsque celui qu’on porte est usé à la corde. Et en choisir un fabriqué avec des fibres naturelles.

Il faut laisser sur le bord de la rue ou donner à des organismes de charité les objets encore fonctionnels qui peuvent être utiles à d’autres.

Les magasins d’objets d’occasion devraient être fréquentés par tout le monde. Et non seulement s’adresser aux nécessiteux.

Il faudrait effectuer ses achats localement. Oui, on pourrait acheter en ligne. Mais pour des objets produits à proximité, et vendus par une boutique d’ici plutôt que d’ailleurs.

Il faut accepter de payer un peu plus cher pour des biens de qualité. Par exemple, éviter l’achat de ce sofa pas cher dont le faux cuir se fendillera dans deux ans et qu’on devra alors jeter.

Il faudrait travailler près de son domicile. Si on obtient un emploi dans une ville éloignée, il faudrait y déménager. Et non réclamer la construction d’une route plus rapide pour s’y rendre plus vite.

Il faudrait éviter d’acheter la nouvelle version d’un logiciel si cette version ne fonctionne que sous un système d’exploitation incompatible avec son ordinateur actuel.

Il faudrait accepter comment Dieu (ou la Nature) nous a créé plutôt vouloir nous conformer, par des moyens cosmétiques ou chirurgicaux, aux canons de beauté qu’on veut nous imposer.

Il faudrait que l’urbanisme des villes d’Amérique du Nord ressemble à celui des villes anciennes d’Europe, avec leur multitude de commerces de proximité, plutôt que d’être obligé de prendre la voiture pour acheter un litre de lait.

Il faudrait limiter la croissance de la population mondiale. Paradoxalement, il faudrait augmenter la densité urbaine puisqu’un réseau de transport en commun efficace n’est rentable que lorsqu’on atteint une certaine densité de population.

Il faudrait que le raccord d’une nouvelle maison au réseau municipal d’égouts et d’eau potable soit à la charge de son propriétaire et non à la charge des autres citoyens. Et ce, afin de lutter contre l’étalement urbain.

Il faudrait éviter de faire la guerre sauf pour se défendre d’envahisseurs ou pour protéger un ordre mondial gravement menacé.

Bref, pour sauver la planète, il faudrait vivre différemment.

Et si nous vivions différemment, une bonne partie de l’économie mondiale s’effondrerait parce reposant sur une consommation effrénée destinée à combler des besoins artificiels.

Sommes-nous prêts à en payer le prix ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Santé Canada = Pesticides Canada

30 juillet 2021

Introduction

La semaine dernière, à la demande de Bayer/Monsanto, Ottawa annonçait son intention de tripler la teneur maximale de glyphosate autorisée dans le blé. Cela correspond à 150 fois la limite permise à l’époque où ce défoliant était mis en marché.

Mais on n’arrête pas le progrès. Or pour le gouvernement canadien, le progrès, c’est toujours plus de pesticides dans notre diète. En fait, il suffirait d’ajouter des protéines et quelques vitamines au RoundUp™ pour en faire un aliment complet, semble-t-il…

Le progrès étant toujours en marche, c’est maintenant au tour du géant des pesticides Syngenta et des cultivateurs de Colombie-Britannique (par l’intermédiaire d’Agriculture Canada) de faire connaitre leur volonté de faire hausser les normes élastiques de Santé Canada au sujet des framboises et des gros bleuets dits ‘sauvages’.

Les petits fruits, le régal des ravageurs

Les petits fruits sont principalement composés d’eau et de glucides. Ils sont aimés des oiseaux frugivores, des mammifères, des insectes, et d’innombrables microorganismes.

Et pour protéger les récoltes de la convoitise de ces deux dernières catégories de ravageurs, les cultivateurs utilisent des pesticides. De plus en plus de pesticides.

Chaque printemps, The Environmental Working Group publie sa liste des 46 fruits et légumes les plus contaminés par des pesticides. Cette année, les bleuets sont au 16e rang (en hausse d’un rang en comparaison avec l’an dernier) et les framboises au 22e rang (inchangé).

Précisons que dans le cas des bleuets, il s’agit des gros bleuets comme ceux cultivés en Colombie-Britannique, et non des petits bleuets ‘sauvages’ du Québec et du Nouveau-Brunswick.

Une consultation bidon

Contrairement à la consultation relative à la hausse des taux limites pour le glyphosate, Santé Canada a maintenus secrets les motifs invoqués par Syngenta et les producteurs de Colombie-Britannique pour justifier leur demande de tripler la limite maximale permise du métalaxyl (un fongicide) et du sulfaxaflore (un insecticide).

Il est donc impossible de réfuter les arguments des demandeurs puisqu’ils nous sont inconnus.

De plus, il faut savoir que contrairement aux exigences imposées à l’industrie pharmaceutique à la suite du scandale du thalidomide, l’industrie agrochimique n’est pas tenue de révéler toutes les études de toxicité en sa possession. Un producteur de pesticide est libre de maintenir secrètes les études qui ne lui conviennent pas.

Puisque ces études ont été financées par l’industrie, celle-ci estime qu’elle en est propriétaire et interdit à Santé Canada d’en révéler le contenu tout en l’invitant à se baser sur elles pour prendre ses décisions.

C’est donc à dire à quel point il est presque impossible de lutter contre un adversaire aussi insaisissable que l’industrie agrochimique.

Dans le cas du RoundUp™, on sait que dès le départ, Santé Canada a accepté le principe proposé par Mosanto selon lequel tout ingrédient du produit qui n’est doué de propriétés défoliantes est présumé inoffensif.

On ne sait donc rien de la toxicité des produits extrêmement chimiques qui accompagnent le glyphosate dans la recette du RoundUp™ et il y a lieu de croire que c’est la même chose pour les produits impliqués ici.

La ministre de l’Agriculture du Canada et le premier ministre ont fait savoir qu’ils jugent important d’obtenir l’avis du public, mais qu’en bout de compte, la décision d’Ottawa serait basée ‘sur la science’.

On sait d’avance que les citoyens qui participeront à cette consultation seront presque unanimement opposés à ce qu’on augmente la quantité de produits chimiques dans leur diète, mais que leurs arguments seront jugés irrationnels.

Par opposition, ce que les mandarins de Santé Canada appellent ‘la science’, ce seront l’ensemble des études secrètes soumises par l’industrie.

Conclusion

Dans les pays qui se prétendent démocratiques, on devrait s’attendre à ce que le peuple soit souverain.

Malheureusement, dans le cas des résidus de pesticides dans notre diète, nous ne sommes pas libres de décider de notre niveau d’exposition à ces produits chimiques.

La volonté (en théorie absolue) du peuple est soumise au tribunal de hauts fonctionnaires de Santé Canada qui s’érigent en juges paternalistes de ce qui est bien pour nous.

Cette infantilisation du peuple découle de la conception de l’État que se font les mandarins de la fonction publique fédérale.

Dans tous les ministères fédéraux à vocation économique — y compris ceux qui ont une incidence indirecte à ce sujet comme Santé Canada — ces mandarins se conçoivent comme les gestionnaires suprêmes du marché intérieur canadien.

En effet, l’idéologie néolibérale a perverti les démocraties parkementaires en faisant en sorte que l’État n’est plus l’instrument de la souveraineté du peuple, mais une entreprise de services dont les contribuables sont de simples clients.

Même en élisant un autre gouvernement, cela ne changerait rien. Au Canada, n’importe quel gouvernement constitue la façade ministérielle d’une machine étatique animée par sa propre conception de l’État.

Dans un pays qui possède une longue tradition constitutionnelle, le rapport entre le pouvoir judiciaire, le pouvoir politique et celui détenu dans les faits par les mandarins de la fonction publique est presque immuable.

Cela est une protection contre les dérives autoritaires d’un chef d’État. Par contre, le pouvoir du peuple demeure celui qu’il était au XIXe siècle; celui de choisir périodiquement ses dirigeants politiques à la suite de quoi il doit assumer passivement les conséquences, heureuses ou malheureuses, de ce choix.

La seule manière d’établir un assujettissement permanent du pouvoir politique à la volonté populaire, c’est en faisant table rase des vieilles démocraties parlementaires héritées du XIXe siècle et de créer un nouvel État construit sur des bases nouvelles.

C’est ce que permet l’indépendance du Québec. Celui-ci n’est rien d’autre qu’une occasion de nous affranchir de l’État pétrolier canadien et d’ériger un État digne du XXIe siècle; écologique, juste, laïque, républicain, et voué au bonheur du peuple.

Références :
Encore et toujours plus de glyphosate
La façade ministérielle de l’État canadien
Le thalidomide et le MER/29
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate
Pesticides dans les petits fruits : l’identité des demandeurs dévoilée
Pesticides : Ottawa veut permettre plus de résidus dans les bleuets sauvages
Shopper’s Guide to Pesticides in Produce™

Postscriptum du 5 aout 2021 : À la suite du tollé provoqué par cette annonce, le gouvernement canadien a renoncé pour l’instant à toute hausse de pesticides avant une revue complète du processus décisionnel à ce sujet.

Référence :
Ottawa suspend tous les projets de hausse des limites de pesticides dans les aliments

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les légumineuses canadiennes, elles aussi, empoisonnées au glyphosate

29 juillet 2021

Il y a deux ans, lorsque j’ai appris que le blé canadien était tué au glyphosate avant d’être récolté — une pratique agricole non autorisée mais sur laquelle le gouvernement canadien ferme les yeux — ma réaction avait été de purger mon garde-manger de toutes les pâtes et les céréales qui s’y trouvaient et de les remplacer par des produits bios.

La semaine dernière, à la demande de Mosanto/Bayer, Santé Canada annonçait son intention de hausser les teneurs permises de glyphosate dans les céréales et les légumineuses vendues au pays.

Doit-on comprendre qu’au Canada, on empoisonne également les légumineuses au défoliant afin de simplifier leur récolte ?

Pour en avoir le cœur net, j’ai tenté de faire germer quelques-uns des pois chiches dont je me sers pour fabriquer mon houmous maison.

Ceux-ci, au lieu de germer, ont simplement pourri. Or des graines incapables de germer, ce sont des graines mortes.

Comme je l’ai fait il y a deux ans pour mes pâtes alimentaires, j’ai purgé ce matin mon garde-manger de la provision de pois chiches en vrac que je possédais et j’ai acheté deux kilos de pois chiches bios (à 4,99$ du 454g).

Ceux-ci sont importés de Turquie.

Je sais, il est plus écologique d’acheter localement. Mais que voulez-vous ? Quand le gouvernement de son propre pays préfère obéir aux intérêts des géants de l’agrochimie mondiale plutôt qu’à la volonté populaire, que faire ?

Références :
Encore et toujours plus de glyphosate
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate

Paru depuis :
Cancers liés au Roundup — Bayer perd de nouveau en appel (2021-08-10)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Encore et toujours plus de glyphosate

22 juillet 2021

Introduction

Jusqu’à mardi dernier, les Canadiens pouvaient se prononcer sur l’intention d’Ottawa de hausser les limites maximales de glyphosate — l’ingrédient actif du RoundUp™ de Mosanto/Bayer — dans les céréales et les légumineuses produites au Canada ou importées au pays.

La ‘norme’ du blé

Hausser la teneur en glyphosate permise dans le blé, cela se répercute sur le pain, toute la boulangerie, les pâtes alimentaires et certaines bières. Soit les fondements de notre alimentation.

Au moment où le glyphosate a été commercialisé, la ‘norme’ canadienne était de 0,1 partie par million (ppm) ou cent milligrammes de glyphosate par tonne de blé.

Au fur et à mesure qu’on utilisait le glyphosate à tort et à travers, le gouvernement canadien normalisait les abus en haussant les teneurs maximales permises.

C’est ainsi que les taux permis ont augmenté de cinquante fois pour passer de 0,1 à 5,0 ppm, notamment en raison de la maturation chimique du blé, c’est-à-dire de l’habitude d’empoisonner le blé afin de hâter sa récolte.

Au lieu de réduire les graines ainsi récoltées en farine, si on les semait, rien ne pousserait tellement ce blé est empoisonné.

Ottawa veut maintenant tripler la limite maximale permise dans le blé pour la faire passer à 15,0 ppm.

Cette limite est de 10 ppm en Europe. Cela signifie que si un agriculteur européen se trompe en mesurant son glyphosate et que son blé est interdit dans son pays, les assiettes des consommateurs canadiens lui serviront de poubelles. Au grand plaisir des importateurs canadiens qui pourront obtenir ce blé à bon prix.

Pour l’instant, les agriculteurs canadiens se réjouissent qu’Ottawa les laisse libres d’utiliser trois fois plus de glyphosate. Mais ils seront les premiers à se plaindre lorsque le blé jugé dangereux ailleurs sera l’objet de dumping sur le marché canadien.

Des normes qui ne veulent rien dire

À l’heure actuelle, les teneurs maximales permises de glyphosate varient de 0,5 ppm dans l’asperge à 200 ppm dans la luzerne.

Non pas que le glyphosate soit différent et moins dangereux dans la luzerne, mais parce que ce défoliant est inoffensif pour la luzerne génétiquement modifiée vendue au Canada. Et comme cet OGM en contient beaucoup, on en permet plus.

En réalité, les normes canadiennes n’obéissent à aucune logique. Ce sont des normes de complaisance adoptées pour rassurer les consommateurs.

Dès qu’on découvre que plus d’un pour cent des aliments dépassent les normes permises, on s’empresse de hausser ces dernières pour pouvoir dire que l’immense majorité des aliments respectent les normes.

Et plus on hausse les normes avant que l’abus soit généralisé, plus on permet à l’abus de se développer sous le couvert d’une norme plus permissive.

On ne s’étonnera donc pas que Mosanto/Bayer soit à l’origine de la demande de révision des normes. C’est ce que le quotidien La Presse révèle ce matin.

On peut présumer que cette compagnie a découvert une manière d’augmenter le rendement de la culture des céréales et des légumineuses en les empoisonnant avec encore plus de glyphosate.

Le fond du problème

Dès le départ du processus d’homologation du RoundUp™, Mosanto a fait accepter par les autorités sanitaires le principe que tout ingrédient dépourvu de propriétés défoliantes est présumé inoffensif.

Pulvérisé sur le feuillage des mauvaises herbes, le glyphosate y glisserait comme de la pluie s’il n’était pas accompagné d’additifs extrêmement chimiques qui forcent les feuilles à se laisser traverser lorsque ce poison est pulvérisé sur elles.

Car le glyphosate tue une plante après avoir été absorbé par ses feuilles et non bu par ses racines. S’il fallait compter sur le glyphosate qui mouille le sol, il en faudrait beaucoup plus. Ce qui serait contraire… aux normes actuelles.

La raison fondamentale pour laquelle celles-ci sont de plus en plus permissives, c’est que les autorités règlementaires sont convaincues depuis longtemps de l’absence de toxicité du glyphosate.

Il y a bien eu des études indépendantes qui suggèrent que le glyphosate est un cancérigène probable. Mais à l’opposé, il existe un très grand nombre d’études réalisées par le fabricant qui prouvent le contraire.

Parce qu’il a payé pour ces études, Mosanto estime qu’elles lui appartiennent. Du coup, il en interdit la publication.

Complices, les autorités règlementaires acceptent de les prendre en considération sans en révéler le contenu. Ce qui rend totalement opaque le processus d’homologation.

Malgré cela, des fuites ont révélé qu’une partie de ces études ont été rédigées par des employés de Mosanto/Bayer et signées par des médecins corrompus.

Et puisqu’une autre corruption, celle au sein du gouvernement fédéral, est un sujet tabou, il se pourrait qu’on apprenne un jour que Mosanto/Bayer distribue les faveurs à des hauts fonctionnaires qui préfèrent se plier à sa volonté plutôt qu’à celle du peuple.

D’ici là, il nous faudra accepter que de plus en plus de céréales et de légumineuses soient empoisonnées au glyphosate; c’est le prix du fédéralisme canadien.

Précisons que la maturation chimique des récoltes par ce défoliant est interdite en Italie, en Autriche, en Belgique, et en République tchèque, c’est-à-dire dans un pays où on consomme beaucoup de pâtes et dans trois autres dont l’importance démographique se compare à celle du Québec. Bref, des pays sans doute plus à l’écoute de leur population.

Références :
Glyphosate
Glyphosate – À n’y rien comprendre
Ottawa, nid de corruption
Roundup : condamnation de Monsanto confirmée en appel en Californie
Santé Canada veut autoriser plus de pesticide glyphosate sur des aliments

Paru depuis :
Cancers liés au Roundup — Bayer perd de nouveau en appel (2021-08-10)

Postscriptum du 5 aout 2021 : À la suite du tollé provoqué par cette annonce, le gouvernement canadien a renoncé pour l’instant à toute hausse de pesticides avant une revue complète du processus décisionnel à ce sujet.

Référence :
Ottawa suspend tous les projets de hausse des limites de pesticides dans les aliments

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Verdir le désert californien : la fin des illusions

24 juin 2021

Hydrologie du sud de la Californie

Situé au sud-ouest des États-Unis, à la frontière mexicaine, le sud de la Californie possède un climat semi-désertique.

Si on exclut quelques hauts plateaux frais et le versant ouest des chaines côtières du Pacifique — où se condense l’humidité de l’océan — tout l’arrière-pays est aride.

C’est là qu’on trouve notamment la vallée de la Mort, l’endroit le plus sec et le plus chaud d’Amérique du Nord.


 
Dans la plupart des vallées qui s’étirent entre les chaines montagneuses côtières, la végétation ne comprend normalement que des touffes de broussailles; les arbres peu nombreux qu’on y voit de nos jours sont le fruit de l’irrigation humaine.

La guerre de l’eau

En 1850, en pleine ruée vers l’or, la Californie ne comprenait que 92 597 habitants.

La construction du chemin de fer entre 1870 et 1890 et le développement minier à la même époque feront passer la population californienne à près de 1,5 million de personnes en 1900.

Pour alimenter en eau cette population croissante, on détourna d’abord quelques rivières.

Afin d’amortir les couts importants de ces ouvrages, les dirigeants politiques augmentèrent leurs revenus fonciers en encourageant la création de vastes domaines agricoles.

Or justement, grâce à ces travaux, l’eau abondait. Quant aux terres à développer, elles s’étendaient à perte de vue,


 
Mais pendant qu’on verdissait de vastes territoires arides en les fertilisant et en les arrosant généreusement, la consommation d’eau à des fins agricoles augmentait. D’autant plus qu’en climat chaud et sec, l’arrosage des champs s’accompagne d’une forte évaporation.

Et plus secteur agricole se développait, plus il réclamait de l’eau afin de créer ou de maintenir les emplois.

Pensez que la culture des amandes — la Californie en est le plus important producteur mondial — nécessite plus d’un gallon d’eau par amande.



 
Au fil des décennies, on détourna d’autres rivières, on créa d’immenses réservoirs (parmi les plus importants au monde) et on achemina l’eau sur des distances de plus en plus longues.

De nos jours, le système hydraulique intégré de Californie distribue 49 km³ d’eau par année (ou 49 milliards de mètres cubes d’eau).

Quotidiennement, c’est l’équivalent de 3,5 m³ d’eau par personne. Exprimé autrement, ce sont les deux tiers du contenu d’une piscine hors terre de cinq mètres de diamètre chaque jour par famille de deux parents et de deux enfants.

Pourtant, comme nous le verrons plus loin, ce n’est pas la consommation personnelle qui est la principale cause de la consommation d’eau en Californie.

Cette consommation dépasse la quantité d’eau résultant de la fonte des neiges et des pluies. Si bien que les réservoirs californiens seront à sec dans quelques années si la tendance (qui dure déjà depuis presque une décennie) se maintient.

Selon Wikipédia, la consommation urbaine et industrielle d’eau n’y représente que 11 % de la consommation totale.

Ce qui fait que même si les Californiens cessaient totalement de se laver, cessaient d’utiliser de l’eau pour cuire leurs aliments, cessaient de boire, n’arrosaient plus leur pelouse et cessaient d’utiliser leur piscine — chacune de ces choses n’ayant aucune chance de se réaliser — la Californie ne pourrait pas renverser la tendance à l’assèchement de ses réservoirs.

Comme les sept plaies d’Égypte, la Californie est frappée par une suite ininterrompue de calamités; incendies incontrôlables lors de ‘la saison des feux de forêt’ (sic), agrumes atteints par la maladie, amandiers desséchés par manque d’eau, etc.

Les premières années de cette longue sècheresse, on a imposé des limites à l’utilisation de l’eau. Mais par ailleurs, on a accordé des dérogations aux secteurs industriel et agricole au nom de la protection de l’économie.

Maintenant que l’ensemble de la population risque d’être privée d’eau potable si le niveau des réservoirs continue de baisser, on révoque les passe-droits agricoles avec comme conséquence l’abandon, les unes après les autres, des cultures les plus gourmandes en eau.

Conclusion

La crise hydraulique californienne se résume en une phrase; la nature reprend ses droits.

Pendant un siècle, quelques-uns des plus brillants ingénieurs américains ont mis leur talent à vouloir dompter la nature. Ils y ont presque réussi.


 
Mais après avoir construit des ouvrages pharaoniques destinés à verdir le désert, il aura suffi d’une hausse minuscule de la température du globe pour donner raison à ces scientifiques du climat qui sonnent en vain l’alarme depuis des années.

Comme c’est toujours le cas, on donne finalement raison aux cassandres de ce monde quand il est déjà trop tard pour arrêter le cours de leurs sombres prédictions.

Références :
Aqueduc de Los Angeles
Californie
Démographie de la Californie
La Californie est à sec
Ruée vers l’or en Californie
Water in California

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e photo) et PanLeica 8-18 mm (les autres photos)
1re photo : 1/1600 sec. — F/3,3 — ISO 200 — 11 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 18 mm
4e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 14 mm
5e  photo : 1/2000 sec. — F/3,0 — ISO 200 — 9 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les canards en riziculture biologique

30 décembre 2020
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Afin d’assurer la santé de leurs champs, certains riziculteurs comptent sur des milliers d’ouvriers qui, du matin au soir, travaillent bénévolement pour eux.

Depuis des siècles, les canards sont utilisés pour débarrasser les rizières des mauvaises herbes, des escargots et des autres ravageurs.

Jeunes, ils suivent spontanément les sillons à la recherche de petits escargots et d’insectes. En piétinant le lit de la rizière, ils contribuent à y oxygéner l’eau. Et en troublant l’eau, cela bloque partiellement la lumière nécessaire à la croissance des mauvaises herbes.

Et c’est sans compter sur le fait que leurs fientes engraissent le sol.

Adultes, ils sont encore plus efficaces contre les mauvaises herbes. Ils les broutent sélectivement puisque les plans de riz contiennent trop de cellulose. Or les oiseaux, contrairement aux ruminants, n’ont pas de dents.

S’il leur arrive de piétiner des plants de riz, ces derniers se redressent dans les heures qui suivent.

Bien nourrie, une cane adulte pond un œuf par jour. Si bien que la vente d’œufs et de viande de canard (engraissés gratuitement), de même que l’économie de produits chimiques, compensent en bonne partie la baisse de productivité (environ -20 %) de la riziculture bio.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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