L’âge des révoltes

Publié le 14 novembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes


Avant-propos : On trouvera ci-dessous l’opinion que j’ai émise dans le cadre d’une courte discussion relative au texte Analyse sur la zone euro – Les marchés sont-ils responsables de la chute des gouvernements?, paru dans l’édition de fin de semaine du quotidien Le Devoir.


Extrait du texte : «Si on veut soustraire les États au pouvoir des marchés, il faut arrêter de s’endetter. Ce pouvoir, on leur a donné en s’endettant massivement.»

Il faudrait savoir ce qu’on veut. On ne peut pas demander aux États d’investir des centaines de milliards afin de sauver le système financier, de sauver de la faillite des géants industriels comme GM, stimuler l’économie et, dès que cela est fait, reprocher aux États de s’endetter.

Une partie non-négligeable de la dette actuelle des gouvernements occidentaux — plus du tiers dans le cas de La France — provient des plans de relance économique réclamés à grands cris par les investisseurs qui craignaient un autre crash boursier comme celui de 1929.

Conclusion : Oui au filet de sécurité étatique pour les investisseurs : non au filet de sécurité étatique pour le peuple. Réduisons les impôts aux riches et coupons dans les mesures sociales.

Un tel discours a fait son temps. Nous sommes entrés dans l’âge des révoltes. Les économies occidentales sont en déclin (déficit commerciaux colossaux), les gouvernements sont forcés d’adopter des mesures d’austérité qui appauvrissent leur propre population, alors que les spéculateurs s’en donnent à cœur joie en sapant l’économie mondiale.

Parus depuis :
Émeutes de 2011 en Angleterre (2011)
Printemps arabe (2011)
Tirs de balles de plastique : attend-on de tuer quelqu’un ? (2012-05-08)
Gilets jaunes: sous les radars (2019-01-25)
The ‘risk to democracy’ in Chile isn’t from protesters. It’s from Piñera and the 1% (2019-10-24)
Les manifestations au Liban sont « un moment de vérité pour le Hezbollah » (2019-10-25)
Analyse — Le monde entier descend dans la rue (2019-10-25)
Protests rage around the world – but what comes next? (2019-10-25)
Les racines de la révolte au Liban et ses perspectives (2019-10-29)
Une exigence planétaire : reconquérir la démocratie (2019-11-08)
L’homme qui a vu venir notre crise de l’information (2020-11-02)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Inégalités sociales aux États-Unis de 2000 à 2010

Publié le 14 septembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Adapté de USA Today, le graphique ci-contre illustre l’évolution du revenu familial moyen (en dollars de 2010), depuis dix ans.

Après avoir atteint un sommet en 1999, le revenu familial moyen est actuellement à son niveau le plus bas depuis 1996. Depuis un an, il a chuté de 2.3%. Cette chute est plus accentuée chez les Noirs que chez les Blancs (excluant les Latinos) : 3,2% vs 1,3%.

Dans ce pays, 46,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté — fixé à 22 314$US pour une famille de quatre personnes — soit 14,1% de la population américaine : c’est le plus haut niveau depuis 1993. Le taux de pauvreté atteint 22% chez les jeunes de 15 à 18 ans, contre 13,7% chez les 18 à 64 ans et 9% pour les 65 ans et plus.

Quant au taux de chômage, il est officiellement aux alentours de 9%. Toutefois, si on tient compte des chômeurs découragés qui ont cessé de chercher un emploi et ceux qui travaillent à temps partiel à défaut de pouvoir dénicher un emploi à plein temps, le taux ajusté de chômage atteindrait les 16,2%.

C’est au Mississippi qu’on trouve la plus grande proportion de pauvres, soit 22,7%. Cet État est suivi par la Louisiane, le District de Columbia (c’est-à-dire la capitale américaine), la Géorgie, le Nouveau-Mexique et l’Arizona. À l’opposé, le New Hampshire est l’État qui compte la plus petite proportion de pauvres, soit 6,6%.

Finalement, 49,9 millions d’Américains vivent sans assurance-maladie, un record depuis plus de 20 ans. Cette hausse est principalement attribuable à la perte d’emplois qui comprenaient une couverture santé.

Références :
Poverty at 15.1%; its highest level since 1993
Les inégalités de revenu progressent plus vite au Canada qu’aux États-Unis
Plus de 46 millions de pauvres en 2010

Parus depuis :
L’écart des revenus se creuse encore, selon la Fed (2014-09-06)
Les inégalités ont encore crû aux États-Unis en 2015 (2016-07-02)
États-Unis – La classe moyenne goûte enfin à la reprise (2016-09-14)
Why and How Capitalism Needs to Be Reformed (2019-04-05)
Le Canada offre plus de chance de vivre le rêve américain que son voisin (2020-01-21)
Are You Willing to Give Up Your Privilege (2020-06-25)

Sur le même sujet :
Au Québec, l’enrichissement profite à tous
L’enrichissement profite à tous – Tout le Canada traîne de la patte

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Dettes nationales par pays européen

Publié le 7 septembre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

En 2010, les déficits courants les plus élevés (en pourcentage du PIB) ont été observés en Irlande (-32,4%), en Grèce (-10,5%), au Royaume-Uni (-10,4%), en Espagne (-9,2%), au Portugal (-9,1%), en Pologne (-7,9%), en Slovaquie (-7,9%), en Lettonie (-7,7%), en Lituanie (-7,1%) et en France (-7,0%).

Les plus faibles déficits ont été enregistrés au Luxembourg (-1,7%), en Finlande (-2,5%) et au Danemark (-2,7%). L’Estonie (0,1%) a enregistré un léger excédent public en 2010 tandis que la Suède (0,0%) a été en équilibre. Au total, vingt-et-un pays de l’UE ont enregistré une amélioration de leur solde public en 2010 par rapport à 2009 et six, une détérioration.

On trouvera ci-dessous un tableau de la dette des pays européens par rapport à leur PIB. À la fin de 2010, les pays les moins endettés ont été l’Estonie (5,8%), la Bulgarie (17,5%), le Luxembourg (20,4%), la Suède (36,8%), la Lituanie (38,2%), la Roumanie (38,6%), la République tchèque (40,7%) et la Slovénie (45,5%).

Des niveaux d’endettement compris entre 50% et 100% du PIB se retrouvent aux Pays-Bas (64,4%), à Chypre (66,8%), à Malte (68,0%), en Espagne (68,2%), en Autriche (72,1%), au Royaume-Uni (79,5%), en Hongrie (82,6%), en France (85,5%), en Allemagne (81,5%), et en Belgique (99,7%).

Les pays européens les plus endettés sont le Portugal (103,3%), l’Irlande (107,0%), l’Italie (120,1%), l’Islande (130,1%) et la Grèce (165,4%).

De 2007 à 2010, la dette accumulée est passé de 59,0% à 80,0% dans l’Union européenne : dans la zone euro (c’est-à-dire des pays qui ont adopté l’euro comme monnaie), elle est passée de 66,2% à 85,1%.

Ces augmentations s’expliquent par les mesures entreprises par les différents états pour sauver leur système bancaire et stimuler leur économie.

Note : Dans le tableau ci-dessous, l’Islande et la Suisse sont au bas parce que ces pays ne font partie ni de la zone euro, ni de l’Union européenne.


Produit intérieur brut (en milliards d’euros) et dette accumulée (en % du PIB) par pays, en 2010

Pays PIB Dette accumulée
• Allemagne 2,499 81,5%
• Autriche 284 72,1%
• Belgique 352 99,7%
• Bulgarie 36 17,5%
• Chypre 17 66,8%
• Danemark 234 46,5%
• Espagne 1,063 68,2%
• Estonie 14 5,8%
• Finlande 180 49,0%
• France 1,948 85,5%
• Grèce 230 165,4%
• Hongrie 98 82,6%
• Irlande 154 107,0%
• Italie 1,549 120,1%
• Lettonie 18 44,7%
• Lituanie 27 38,2%
• Luxembourg 42 20,4%
• Malte 6 68,0%
• Pays-Bas 591 64,4%
• Pologne 335 56,7%
• Portugal 172 103,3%
• République tchèque 150 40,7%
• Roumanie 121 38,6%
• Royaume-Uni 1,663 79,5%
• Slovénie 36 45,5%
• Slovaquie 66 43,4%
• Suède 878 36,8%
Union européenne 12 281 80,0%
Zone euro 9 204 85,1%
     
• Canada 1,147 83,5%
• États-Unis 10,685 69,4%
• Islande 10 130,1%
• Suisse 382 52,4%
• Japon 3,978 208,2%


Références :
Déficit public de la zone euro et de l’UE27
L’Islande risque à nouveau la récession économique
Liste de pays par dette publique

Sur le même sujet :
Les incendiaires
Quelques dettes nationales

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les incendiaires

Publié le 20 août 2011 | Temps de lecture : 3 minutes
© 2008 — Wikipedia

Existe-t-il un moyen de réduire le risque d’un prêt ? Oui, en contractant une assurance anti-défaut de paiement (« Credit Default Swap » ou CDS).

Depuis 2008, plus précisément depuis la faillite colossale de Lehman Brothers, les CDS — jusque-là essentiellement limités à l’assurance des dettes des entreprises — se sont développés pour les États. Déjà, on dépense des dizaines de milliards de dollars en CDS : ces sommes croissent rapidement au fur et à mesure que grandissent les inquiétudes sur la solvabilité des États.

Ce qui contribue à leur popularité, c’est qu’on peut acheter un CDS sur la dette d’un État sans même posséder de titres de cette dette. Tout comme on peut acheter une assurance automobile sans avoir d’auto.

Si l’assurance-automobile sans auto est stupide, l’assurance-solvabilité-étatique est parfaitement logique car en réalité, les assurés ne parient pas sur la faillite de cet État ; ils parient sur les occasions d’affaires que la spéculation boursière pourrait créer pour eux.

En d’autres mots, on achète un CDS dans l’espoir de le revendre lorsque son prix augmentera. Entretemps, on a donc tout intérêt à colporter les rumeurs de faillite concernant les pays au sujet desquels on détient des CDS.

Puisque les « petits ménés suiveux » croiront plus facilement aux possibilités de faillite d’un pays comme la France (comparativement au risque des États-Unis), l’assurance anti-faillite française a plus de chance d’augmenter de valeur (et de rapporter à ceux qui en auront acheté) que l’assurance-faillite américaine.

Voilà pourquoi il existe pour 23 milliards$ de CDS contre une faillite éventuelle de la France et 17 milliards$ contre celle de l’Allemagne (deux pays cotés AAA) comparativement à 5,6 milliards$ contre celle des États-Unis (un pays coté AA+ et plus endetté que la France et l’Allemagne).


Dettes nationales en pourcentage du produit intérieur brut


 
On comprend donc pourquoi certains milieux financiers semblent tout faire pour déstabiliser le marché de la dette de certains États.

En Europe, on prend conscience de l’importance de prendre des mesures énergiques contre la spéculation. Aux États-Unis — un pays encore dominé par les voix prônant le laisser-faire de l’État — on est loin d’une réflexion sur les moyens de prévenir la répétition des ravages récents du néo-libéralisme.

Référence :
Les spéculateurs parient sur la faillite américaine

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les pénuries de médicaments

Publié le 7 août 2011 | Temps de lecture : 8 minutes


 
De nos jours, les pharmaciens doivent butiner d’un fabricant à l’autre afin de s’approvisionner en médicaments. Les ruptures de stock sont tellement importantes qu’un site web leur est maintenant consacré. Par conséquent, il est fréquent que le nom et l’aspect des médicaments remis au patient varient légèrement d’un mois à l’autre.

À une fréquence beaucoup moindre, ces pénuries se produisaient aussi il y a plusieurs années. Autrefois, la pénurie n’affectait qu’un seul fabricant : les pharmaciens n’avaient qu’à se procurer le même produit auprès d’une autre compagnie pour éviter que leurs patients ne se retrouvent à manquer d’un médicament essentiel.

Ce qui est nouveau maintenant, c’est que les pénuries concernent parfois la totalité des fabricants d’un médicament. En d’autres mots, il arrive qu’un médicament soit introuvable chez tous les fabricants et tous les grossistes du Québec.

Dans un premier temps, les pharmaciens empruntent le produit de collègues. Toutefois, lorsqu’ils ont épuisé les stocks des pharmacies des alentours, les pharmaciens savent que le produit est devenu tellement rare partout au Québec qu’ils ne se donnent même plus la peine de le chercher.

Si bien que c’est le patient lui-même qui est pris à téléphoner dans une multitude de pharmacies à la recherche d’un fond de bouteille encore disponible, miraculeusement, quelque part.

Comment en sommes-nous rendus là ?

Sous l’administration de G.W. Bush, les compagnies pharmaceutiques cherchaient un moyen de transférer la fabrication de médicaments vers des pays où les coûts de la main-d’œuvre sont moindres. Mais les règlements de la FDA (la régie américaine des médicaments) obligeaient les douaniers à placer en quarantaine les cargaisons importées jusqu’à ce que les analyses prouvent que les médicaments sont conformes aux normes américaines.

À la suite des pressions de l’industrie, la FDA effectue maintenant des inspections afin de vérifier les procédures et le fonctionnement d’usines situées à l’étranger. Lorsque ces usines répondent aux critères de la FDA, elles sont considérées comme si elles étaient situées en sol américain. Dès lors, le passage aux douanes de leur production devient une simple formalité.

Le résultat, c’est qu’une partie importante des médicaments que nous consommons viennent de Chine ou d’Inde. Non seulement les comprimés ou capsules viennent de ces pays mais la matière première qui a servi à leur fabrication vient également de ces deux pays.

Il suffit donc d’un problème d’approvisionnement — causé par un conflit inter-ethnique ou inter-religieux, une catastrophe naturelle locale, un conflit ouvrier ou des bris mécaniques — pour provoquer une pénurie de médicaments partout à travers le monde.

Particularités canadiennes

Tout comme pour les produits alimentaires, le gouvernement canadien n’exige pas que les étiquettes des médicaments vendus au Canada précisent le lieu d’origine. Que vous payiez une fortune pour un médicament de marque ou beaucoup moins pour une copie, ce pays d’origine est un secret qu’aucune compagnie ne rend public.

Par conséquent, lorsque votre médecin veut initier un nouveau traitement, il est inutile de lui demander de vous prescrire un médicament fabriqué au Canada ; ni votre médecin, ni votre pharmacien ne sont en mesure de vous dire d’où provient ce que vous prenez. S’ils le savaient, les patients canadiens pourraient se protéger d’une partie de ces pénuries. Mais tout comme leurs patients, ces professionnels sont impuissants.

Avec la complicité du gouvernement canadien, le message l’industrie c’est : « Prenez vos pilules et laissez faire le reste (qui ne vous regarde pas). Si jamais le médicament est l’objet d’une pénurie, vous vous arrangerez avec vos troubles.»

Particularité québécoises

Plus tôt cette année, les gouvernements ontarien et québécois ont décrété une baisse à 25% (en d’autres mots, une réduction de 75%) du prix des copies de médicaments. Un tel décret serait normal dans un pays totalitaire ou à économie dirigée. Pour des raisons que je n’ai pas comprises, l’industrie n’a pas contesté la constitutionnalité douteuse de ce moyen simpliste d’abaisser les coûts de notre système de santé.

Le résultat, c’est que les pénuries de médicaments se sont multipliées. Entre nous, qu’est-ce qui oblige une compagnie de produire à perte ? Rien. Donc la compagnie qui juge que produire à 25%, ce n’est pas assez rentable à son goût, n’a qu’à prétexter la pénurie et concentrer sa production sur ce qui est profitable même à 25% de l’ancien prix.

Autre facteur contributif, le marché du médicament au Québec n’est pas un marché libre. Il est entravé par une série d’ententes commerciales.

En 2007, le groupe Jean Coutu s’est porté acquéreur de la compagnie pharmaceutique Pro Doc : c’est donc elle qui approvisionne dorénavant les pharmacies Coutu. À l’époque de la transaction, l’Ordre des pharmaciens (dirigée alors par un concessionnaire Jean Coutu) n’y avait vu ni conflit d’intérêts, ni même apparence de conflit d’intérêts.

Pour ne pas être en reste, diverses chaines et bannières du Québec ont conclu des ententes avec d’autres fabricants qui leur garantissent des prix concurrentiels. Le résultat de ces ententes, c’est que même si un grand nombre de fabricants sont inscrits au formulaire provincial comme sources d’approvisionnement d’un médicament, dans les faits, à peine quelques-unes d’entre eux en fabriquent (ou font fabriquer à l’étranger) en grande quantité.

Parce que les autres fabricants ne récoltent que les miettes, ils n’ont pas la capacité de prendre la relève dans les cas de pénurie parce qu’ils n’entreposent ni la matière première, ni le produit fini en quantité suffisante. De plus, ils sont soumis aux délais de livraison importants lorsqu’ils font fabriquer leurs médicaments à l’autre bout du globe. Ils sont donc totalement incapables de répondre à une demande soudaine.

Conclusion

Les pénuries actuelles de médicaments ne sont pas le fruit du hasard : elles sont les conséquences inéluctables de décisions prises par l’industrie et les gouvernements de nos pays.

Le jour où l’approvisionnement en médicaments sera jugé aussi stratégique que l’approvisionnement en pétrole, les gouvernements seront davantage soucieux d’établir des règles qui garantissent à leurs citoyens l’accès ininterrompu en médicaments essentiels à leur vie.

Articles parus depuis :
Un chercheur dénonce le manque de transparence de Santé Canada (2012-09-11)
Médicaments: la pilule amère de la mondialisation (2013-09-07)
Pourquoi les pénuries de médicaments ont été multipliées par vingt en dix ans (2019-08-22)
Médicaments vendus au Canada: le malaise chinois (2019-11-23)
Médicaments essentiels : « Une possibilité très réelle de pénurie » (2020-04-03)
COVID-19 : produire localement pour éviter les pénuries de médicaments (2020-04-28)
Coronavirus : pourquoi la France a tant de mal à se fournir en médicaments (2020-05-03)
Après la photo, Kodak se lance en pharmacie (2020-07-29)
Des médicaments indiens qui rendent malade (2023-05-21)
Emmanuel Macron veut relocaliser en France la production de 50 médicaments prioritaires (2023-06-13)
Un médicament sur cinq en rupture de stock (2024-01-06)
Pénuries de médicaments : l’Assemblée nationale instaure une obligation de stocks planchers (2024-03-01)
Le paracétamol made in France, enjeu de souveraineté (2024-07-29)
Pénuries d’amoxicilline pédiatrique : le gouvernement affûte son plan hivernal (2024-07-30)
Dans un contexte de pénurie de médicament en France, une dizaine de laboratoires condamnés à verser 8 millions d’euros pour ne pas avoir constitué de stocks (2024-09-24)
Pénurie de psychotropes : « Le temps presse face au risque d’abandon des malades mentaux » (2025-04-15)
Familiprix lance sa marque maison de médicaments génériques… mais refuse d’en parler publiquement (2025-11-25)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les voitures de luxe en Chine

Publié le 26 juin 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

L’époux d’une cliente me demandait hier soir :
Sais-tu pourquoi les Chinois achètent des voitures ?
Pour se transporter ?
Non, pour afficher leur statut social. C’est pourquoi la majorité des voitures en Chine sont des voitures de luxe.

J’avais des doute quant à savoir si la majorité des véhicules en Chine étaient des voitures de luxe. Toutefois, après quelques minutes de réflexion, j’ai apporté la nuance suivante.

Chez nous, la majorité des acheteurs de voitures font partie de la classe moyenne. Donc les modèles qui se vendent le plus sont ceux que peuvent se payer les acheteurs de cette classe sociale.


   En Chine, la classe moyenne est beaucoup moins importante. Il y a un immense prolétariat (paysans et ouvriers) qui n’ont les moyens que d’avoir un vélo ou d’utiliser les transports en commun. Il y a une multitude de petits commerçants : ceux-ci peuvent se payer un scooter ou une voiture compacte abordable. Et il y a les riches (un faible pourcentage de la population) qui ont les moyens de se payer une voiture, peu importe le prix.

En revenant à la maison, j’ai passé en revue rapidement mes photos : les voitures de luxe sont loin d’être la majorité mais j’avoue que lorsqu’on voyage en Chine, on est surpris d’en voir autant.

Concrètement, on peut s’en faire une idée en voyant cette vidéo, réalisée à Shanghai.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Droite prédatrice et la ruine des peuples

Publié le 6 juin 2011 | Temps de lecture : 3 minutes
© 2008 — Wikipedia

Avant-propos : Voici une réplique que j’ai publiée sur le site de Radio-Canada en réponse à un commentaire relatif à la victoire de la Droite aux élections portugaises.

Réflexion2000 écrit :

…la Gauche et les syndicats avaient pris le pouvoir au Portugal,
en Grèce, en Espagne, en Irlande et partout ça a été le même
résultat de désolation…en moins de 5 ans !

La récession actuelle qui frappe l’Occident est le résultat de la déréglementation et du laissez-faire des États envers les milieux financiers.

Le facteur déclenchant de cette crise a été l’éclatement d’une bulle immobilière aux États-Unis. Mais sa cause profonde a été ces centaines de milliards de produits financiers — presque totalement dépourvus de valeur — vendus frauduleusement par des dirigeants de Wall Street.

Ces derniers savaient que leurs produits étaient toxiques mais on soigneusement évité d’en informer leur clientèle. De plus, ils ont obtenu le silence complice de leurs employés grâce à un généreux système de bonus.

Cette fraude, immense, a contaminé tout le système financier Occidental.

Ainsi, ce ne sont pas les syndicats qui ont mené l’Islande à la faillite : ce sont ses banquiers.

Quant à l’Irlande voisine, dont le produit intérieur brut s’est dramatiquement contracté de 15% en trois ans, ce pays paie aujourd’hui pour le beau party néo-libéral qu’il s’est offert pendant quelques années.

Lors de l’éclatement de la crise économique actuelle, qui dirigeait les États-Unis ? Le Parti républicain, au pouvoir depuis 2001. Qui dirigeait la Grande Bretagne ? Un Parti travailliste appliquant des politiques de droite depuis 1997. En Grèce ? Le Parti conservateur qui, entre 2005 et 2009, avait fait de ce pays le cinquième plus important acheteur d’armes au Monde.

Bref, ce ne sont pas des mesures sociales qui ont ruiné ces pays ; c’est plutôt le gaspillage sans limite de milieux financiers totalement dépourvus de scrupules.

D’autre part, qui sont les pays émergents ? La Chine et le Brésil, entre autres, deux pays totalement imperméables au néo-libéralisme qui a dévasté l’Occident.


Dettes nationales en pourcentage du produit intérieur brut


 
Quant à la crise des devises, c’est le résultat d’un assaut spéculatif dirigé par les agences de notation visant à déstabiliser des gouvernements gauchistes en Grèce, au Portugal et en Espagne. Or deux de ces trois pays sont moins endettés que l’Italie et la France (dirigés par des gouvernements de Droite). Les gouvernements de la péninsule ibérique sont même moins endettés que les États-Unis, un pays qu’on ne peut pas qualifier d’État-Providence.

Ici même au Québec, la croissance économique de la province a été supérieure à la moyenne canadienne pendant neuf des dix dernières années du gouvernement Landry du Parti québécois (rappelez-vous : le Fédéral diminuait, à juste titre, les transferts de péréquation au Québec) alors que cette croissance est redevenue pour de bon sous la moyenne canadienne dès la première année du gouvernement néo-libéral actuel.

Bref, la crise financière et la crise des devises sont toutes deux causées par une Droite prédatrice — qui réclame toujours plus énergiquement l’appauvrissement des citoyens à son profit — et non à cause des méchants syndicats.

Références :
Portugal : La droite l’emporte largement aux législatives
Le déclin de la Grèce
Le « Power Trip » des agences de notation

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Payer pour l’annuaire téléphonique

Publié le 3 juin 2011 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Contrairement aux Pages jaunes, les annuaires téléphoniques ordinaires ne comportent que très peu de publicité. Conséquemment, ils ne sont pas rentables.

Il est beaucoup plus simple de taper « XYZ est, rue Sherbrooke Montréal » dans le moteur de recherche de Google que d’avoir à tourner les pages d’un annuaire. Conséquemment, ils sont de moins en moins utilisés. La dernière fois que j’ai consulté les Pages blanches, c’était il y a plusieurs années.

Ils ne sont utiles qu’aux personnes qui n’ont pas d’ordinateur ou qui n’ont pas encore découvert les bénéfices de l’internet. Mais d’une manière ou d’une autre, c’est nous tous qui payons pour l’impression de ces bouquins généralement inutiles.

Or ceux-ci représentent des tonnes de papier. Dans le meilleur des cas, ces annuaires finiront dans des bacs de recyclage. Mais il y a une solution encore plus respectueuse de l’environnement : c’est d’en imprimer moins.

C’est pourquoi il serait sage de cesser la distribution systématique des Pages blanches et de réserver ces imprimés qu’à ceux qui voudront payer pour en obtenir un exemplaire.

Référence :
Phone-book delivery disappearing

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Norvège, championne de l’hydroélectricité

Publié le 30 mai 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Les Norvégiens disposent d’un des niveaux de vie parmi les plus élevés au monde. Cette prospérité, la Norvège la doit à ses richesses naturelles, dont le pétrole et le gaz naturel.

À lui seul, le secteur pétrolier compte pour la moitié des exportations du pays; la Norvège est le 14e plus important producteur — et le 9e plus important exportateur — de pétrole au Monde. Quant au gaz naturel, la Norvège se classe au deuxième rang des pays exportateurs.

Afin de dissuader sa consommation intérieure (et de maximiser ses exportations), la Norvège taxe le pétrole destiné à ses citoyens au point qu’il y est le plus cher d’Europe : le litre d’essence sans plomb s’y vend — en dollars canadiens — 2,52$ alors qu’il est de 2,20$ en Allemagne et de 2,23$ en France.

Conséquemment, l’automobile électrique y fait fureur. De plus, l’électricité est y produite principalement à partir de la force motrice des eaux.


Pourcentage de l’hydrolique dans la production nationale d’électricité

Références :
Anonyme, Quelles énergies propres en 2020 ?, La Revue, 2011; 12: 52.
Norvège
Norway
Prix de l’essence: quand on regarde leur gazole, on se console

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’augmentation du prix du pétrole : inévitable et nécessaire

Publié le 13 mai 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

Imbibée de l’idéologie néo-libérale, l’administration Bush soutenait que l’État n’avait pas à intervenir pour favoriser l’économie d’énergie : au fur et à mesure, disait-elle, que le pétrole deviendra rare, son prix augmentera : automatiquement, cela incitera le public à en consommer moins.

Derrière ce laisser-faire officiel — illustré par le refus de ratifier tout engagement international à ce sujet — se cachait une politique agressive destinée à maintenir bas le prix de pétrole afin d’éviter la restructuration industrielle qu’aurait nécessité un accroissement substantiel du prix des énergies fossiles.

Les États-Unis ont d’abord tenté de déstabiliser le gouvernement d’Hugo Chávez du Venezuela (troisième producteur de pétrole au monde en 2001, devenu le onzième en 2010). Sans succès.

Alors que les réserves pétrolières de l’Irak — les 2e ou 3e plus importantes au Monde — étaient sous-utilisées en raison de l’embargo international de l’ONU contre le régime de Saddam Hussein, l’administration Bush déclencha la guerre contre ce pays (sous de faux prétextes) afin de rendre disponibles ces réserves et inonder le marché mondial. Nouvel échec : en 2008, la production irakienne a retrouvé son niveau du temps de l’embargo, avec 2,4 millions de barils/jour, et à peine plus (2,9 millions prévus) à la fin de cette année.

Les États-Unis sont confrontés à une dure réalité : leur économie est saignée à blanc par un gigantesque déficit commercial dont le tiers est représenté par l’importation de carburant fossile.

Déficit commercial des États-Unis :
• 2004 : 56 milliards $US
• 2005 : 726 milliards $US
• 2006 : 759 milliards $US
• 2007 : 815 milliards $US
• 2008 : 696 milliards $US
• 2009 : 381 milliards $US
• 2010 : 498 milliards $US

En plus de subventionner l’achat d’automobiles par les Américains — les véhicules utilitaires énergivores, plus chers, étant l’objet d’une plus importante subvention — le gouvernement des États-Unis verse annuellement une subvention de deux milliards aux pétrolières. Sans cette subvention, le prix de l’essence augmenterait, ce qui diminuerait la consommation.

C’est en Norvège (pourtant pays producteur de pétrole) qu’on trouve l’essence la plus chère d’Europe. Conséquemment, l’automobile électrique y fait fureur.

Si on veut modifier profondément les habitudes des consommateurs, il faut que cela fasse mal. Malheureusement, la croissance des prix du pétrole depuis une décennie a été insuffisante à empêcher la mode des tanks familiaux que sont les véhicules utilitaires.

Cela doit changer. Le sort de l’humanité dépend de notre respect pour la fragile planète que nous habitons. Conséquemment, on ne se mettra pas à s’apitoyer parce que le litre de pétrole transporté par bateau du Moyen-Orient et raffiné au pays est devenu un peu plus cher que le litre d’eau extraite et embouteillée ici même.

Bref, le prix du pétrole augmentera à l’avenir et c’est une excellente chose.

Références :
Économie des États-Unis
Hugo Chávez
Les pétrolières défendent leurs avantages fiscaux à Washington
Prix de l’essence: quand on regarde leur gazole, on se console
Saddam Hussein
USA: le déficit commercial se creuse
Venezuela

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Écrit par Jean-Pierre Martel