Le mirage de la théorie du ruissèlement

20 décembre 2020

À qui profite l’enrichissement des riches ?

Une des assises fondamentales du néolibéralisme est la théorie du ruissèlement.

Selon cette théorie économique, plus l’État favorise l’enrichissement des riches, plus ceux-ci démarrent de nouvelles entreprises et font augmenter l’activité économique.

Et par le biais des emplois ainsi créés, cette richesse profite à l’ensemble de la société.

C’est sous les règnes de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan (dans les années 1980) que la théorie du ruissèlement est devenue un dogme parmi les milieux conservateurs.

En réalité, personne n’en a jamais fait la démonstration. Ce qui n’empêche pas les milieux conservateurs de proclamer la réussite (en réalité fictive) des politiques fiscales de Reagan et de Thatcher.

En 2015, le Fonds monétaire international a effectué une étude qui concluait :

“…l’augmentation de la part du revenu des pauvres et de la classe moyenne augmente la croissance économique, tandis qu’une augmentation de la part du revenu des 20 % supérieurs entraine une croissance plus faible.”

Enrichir le peuple profite à tous

Les adversaires du néolibéralisme soutiennent, au contraire, que nous vivons dans une société de consommation. Or le moteur de la consommation, ce sont les dépenses du peuple.

Plus ce dernier s’enrichit, plus il consomme. Et plus il consomme, plus des entrepreneurs s’affairent à répondre à cette demande. Ce qui crée de l’emploi, et contribue à la prospérité des entreprises et de leurs propriétaires.

Depuis plusieurs décennies, la croissance modeste des revenus des familles est accaparée à l’achat de produits technologiques dispendieux (téléphones multifonctionnels, tablettes, ordinateurs portables, etc.). Ce qui fait que le pouvoir d’achat pour tout le reste stagne.

Dans un contexte de stagnation de l’économie, une nouvelle entreprise ne peut réussir qu’aux dépens d’entreprises rivales. Les emplois créés en raison de la réussite de la première sont annulés par la suppression d’emplois chez les autres.

Si bien que si on accorde des réductions fiscales aux riches, la seule source assurée d’enrichissement devient la spéculation boursière, c’est-à-dire acheter à la hausse les actions déjà détenues par d’autres actionnaires. Bref, on ne fait qu’encourager l’économie futile et non l’économie réelle.

Comme un papier buvard reliant pauvres et riches, la théorie de la capillarité économique soutient que l’enrichissement du peuple finit par profiter aux riches.

Qu’en est-il vraiment ?

On peut donc opposer la théorie de la capillarité économique à la théorie du ruissèlement.

Dans les faits, laquelle s’avère fondée ?

C’est à répondre à cette question que se sont consacrés des chercheurs de la London School of Economics and Political Science. Leur rapport vient d’être publié.

Chez dix-huit pays membres de l’OCDE, les chercheurs ont étudié l’effet des réductions de la charge fiscale consenties aux riches au cours des 50 dernières années sur différents indicateurs économiques.

Leur rapport est dévastateur; de 1965 à 2015, les réductions de taxes et d’impôt pour les riches ont entrainé un accroissement des disparités économiques, et ont exercé un effet nul sur la croissance économique et sur le chômage.

Références :
Classes et couches sociales
La “théorie du ruissellement”, fable des années 1980
The Economic Consequences of Major Tax Cuts for the Rich
Théorie du ruissellement

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Glyphosate : le ministre Lamontagne rit de nous

8 décembre 2020
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Pour la première fois cet été, une centaine de producteurs de blé du Québec ont empoisonné leurs céréales au glyphosate (le Roundup™ de Monsanto) avant de les récolter.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’un accident; c’est volontairement que ces agriculteurs ont agi ainsi. Leur but était d’arrêter la croissance de leur blé et de simplifier sa récolte.

Contrairement au maïs québécois, principalement destiné à l’alimentation du bétail, le blé québécois est essentiellement destiné à l’alimentation humaine.

Apparue en Saskatchewan dans la deuxième moitié de la décennie précédente, l’utilisation controversée du glyphosate en prérécolte a entrainé la chute des exportations canadiennes de blé vers l’Italie, passant d’un million de tonnes en novembre 2017 à 290 000 tonnes en aout 2018.

Dans l’Ouest canadien, cette pratique est devenue tellement commune qu’il est difficile de trouver du blé récolté normalement qui ne soit pas contaminé par du glyphosate aspergé sur des champs voisins. Si bien que même le blé bio de Saskatchewan trouve difficilement preneur auprès des producteurs de pâtes en Italie.

L’utilisation des défoliants en pré-récolte n’a pas été homologuée au Canada. Avant que cette pratique ne se généralise au Québec, il serait important de sévir contre elle.

Au contraire, grâce aux démarches de l’industrie agrochimique, l’assurance récolte du Québec a remboursé cet été l’achat des herbicides et les couts de pulvérisation en prérécolte du glyphosate et du Diquat (un herbicide interdit en Europe en raison de sa toxicité).

Le 1er décembre dernier, à la période de questions orales de l’Assemblée nationale du Québec, la députée Émilie Lessard-Therrien (de Québec Solidaire) a cherché à savoir la position du ministère de l’Agriculture à ce sujet.

C’est le sourire aux lèvres que le ministre André Lamontagne a refusé à trois reprises de condamner cette pratique, préférant accompagner nos agriculteurs.

Rappelons que c’est ce même ministre qui, en janvier 2019, était tout fier d’annoncer le congédiement de Louis Robert — l’agronome le plus respecté du Québec — au grand plaisir de l’industrie agrochimique dont le ministre Lamontagne est le plus dévoué serviteur.

À la suite du tollé que ce congédiement avait provoqué, le premier ministre lui-même s’en était excusé et conséquemment, Louis Robert avait retrouvé ses fonctions.

Ceci étant dit, que se soit au sujet de son combat contre l’arsenic dispersé par les cheminées de la Fonderie Horne sur la ville de Rouyn-Noranda ou au sujet des pesticides dans nos assiettes, la députée Lessard-Therrien mérite nos remerciements.

Références :
Des résidus de glyphosate dans les bières allemandes et suisses
La corruption généralisée des agronomes québécois
Le glyphosate plein l’assiette
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate
Merci à l’agronome Louis Robert

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| 2018-202X (années Legault), Agriculture, Économie, Environnement, Politique québécoise, Pollution | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le glyphosate plein l’assiette

2 décembre 2020


 
Les céréales sont à la base de l’alimentation humaine. Ils sont tellement importants que le gouvernement canadien n’a jamais autorisé la commercialisation de blé transgénique au pays.

En février 2019, l’émission La semaine verte nous apprenait que les agriculteurs de la Saskatchewan utilisaient le glyphosate (le Roundup™ de Mosanto) en prérécolte.

Puisque le glyphosate est mortel pour le blé (ce dernier n’étant pas transgénique), que vient faire le glyphosate dans la culture de cette céréale ?

C’est qu’aucun champ n’est parfaitement plat. Après la pluie, certaines parties du champ demeurent détrempées plus longtemps. Et les plantes qui y poussent murissent plus lentement.

Pour ne pas avoir à attendre après les ‘retardataires’, on tue tous les plants à l’herbicide. Ils sèchent en quelques jours. Puis on les récolte.

Si le blé n’était pas réduit en farine, il serait impossible de semer ses grains; ils sont empoisonnés au glyphosate.

Apparue en Saskatchewan, cette technique agricole s’est répandue au Québec cet été.

Non seulement est-elle pratique pour l’agriculteur, mais elle aussi très économique; l’assurance récolte du Québec — payée à 60 % par les contribuables — rembourse l’achat des herbicides et les couts de pulvérisation.

C’est ainsi que 99 agriculteurs québécois ont obtenu dernièrement un remboursement moyen de 1 047 $ pour l’achat de pesticides et les couts de pulvérisation. Aucune demande n’a été refusée par le ministère de l’Agriculture.

Le remboursement concerne non seulement le glyphosate (cancérogène probable selon l’OMS), mais également l’épandage du Diquat (un herbicide interdit en Europe en raison de sa toxicité).

On invoque des raisons climatiques particulières cette année. Mais qu’on ne s’y trompe pas; cela n’est qu’un prétexte. L’an prochain, on invoquera d’autres raisons.

La décision de rembourser l’épandage de glyphosate en prérécolte a été prise à la suite des représentations de Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec.

Celui-ci est également un lobbyiste enregistré dont les démarches visent officiellement à libéraliser l’utilisation des pesticides.

Puisqu’au Québec, on ne peut acheter de pesticide que sur ordonnance d’un agronome, de plus en plus d’agriculteurs achètent ces produits sur l’internet.

Ceux qui continuent de s’approvisionner au Québec obtiennent facilement une ordonnance à ce sujet en raison de la corruption généralisée des agronomes québécois (dont l’Ordre professionnel aurait dû être mis sous tutelle il y a bien longtemps).

Autrefois, il suffisait d’acheter du pain fait avec de la farine de blé du Québec (comme ceux de la boulangerie St-Méthode) pour éviter de consommer du pain fait avec du blé empoisonné au glyphosate.

Depuis que les agriculteurs d’ici sont tombés dans la facilité, la manière de consommer du pain sain est soit de le faire soi-même à partir de farine bio ou d’acheter du pain bio (comme ceux que vend Première Moisson).

Incidemment, leur pain intégral au levain est chaudement recommandé (à 6,29$ la miche de 625 g).

Références :
Du glyphosate dans nos aliments
La corruption généralisée des agronomes québécois
L’argent des Québécois a payé l’usage controversé de pesticides
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate
Notre pain contaminé par les herbicides

Détails de la photo : Droits appartenant à Matt Gibson. Photo distribuée par la banque d’images OnePixel.

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| Agriculture, Économie, Environnement | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’État doit-il sauver les compagnies aériennes ?

22 mai 2020

Introduction

En raison de la pandémie au Covid-19, tous les grands transporteurs aériens sont menacés de faillite.

Pour l’instant, le transport de marchandises leur assure un peu de revenus. S’ils font également du transport régional, celui-ci n’est rentable qu’au prix de la violation des règles les plus élémentaires de la distanciation sociale entre les passagers.

Beaucoup d’entre eux sont considérés, a tort, comme des fleurons nationaux; Air Canada pour le Canada, KLM pour les Pays-Bas, Lufthansa pour l’Allemagne, et ainsi de suite.

En réalité, ces entreprises ne sont nationales que de nom. Leurs actionnaires viennent de partout à travers le monde. Elles pratiquent l’évasion fiscale; leurs profits sont donc délocalisés dans des paradis fiscaux avant d’être dispersés aux actionnaires. Leurs dirigeants, grassement payés, font partie du jetset ayant œuvré d’un continent à l’autre.

On considère ces entreprises comme des fleurons parce qu’ils maintiennent leur siège social au pays (moyennant d’importantes déductions fiscales). Parce qu’ils transitent par un aéroport au pays : Toronto pour Air Canada, Paris pour Air France, Zurich pour Swiss Air, etc. Et parce que leurs ateliers de réparation sont également situés au pays.

À qui profite le sauvetage ?

Pendant que leurs avions sont cloués au sol, leurs ateliers de réparation ne fonctionnent pas. Ils ne paient pas de taxe d’aéroport. Leur personnel est au chômage forcé mais bénéficie des divers plans d’aide aux travailleurs.

Que ces compagnies fassent faillite ou non, pour l’instant, cela ne change rien pour leurs employés.

La seule différence, c’est que les actionnaires maintiennent la valeur de leur investissement et les dirigeants continuent de toucher les millions de dollars de rémunération.

Après avoir bénéficié de prêts garantis par l’État, si une compagnie décide de faire faillite quand même, ce sont les contribuables qui se trouvent, finalement, à payer la note.

Comme l’a fait Chrysler Canada, effaçant une dette de deux-milliards$ obtenue en vertu du plan canadien de sauvetage de l’industrie ontarienne de l’automobile en 2007.

Nous, Canadiens payons des taxes en retour de quoi l’État canadien nous protège.

Eh bien, les compagnies qui préfèrent payer leurs impôts dans des paradis fiscaux doivent s’adresser aux gouvernements de ces pays s’ils ont besoin d’un plan de sauvetage.

Tough Love

Selon l’idéologie néolibérale qui prévaut en Occident depuis les années 1980, le capitalisme doit servir de modèle aux États.

Or que ferait n’importe quel investisseur privé s’il était à la place de nos gouvernements ?

Il laisserait les compagnies aériennes moisir dans leur jus. Il attendrait qu’elles soient au bord de la faillite et les achèterait pour une bouchée de pain. Il les mettrait en veilleuse jusqu’à la fin de la pandémie. Et il les revendrait avec de juteux bénéfices dès que les vols internationaux reprendraient de nouveau.

Évidemment, les grands perdants seraient les spéculateurs à travers le monde qui perdraient leur mise. Dont font partie les fonds de placement qui gèrent nos fonds de pension. Mais puisque leur portefeuille d’actifs est très diversifié, leurs pertes seraient minimes.

Une transition écologique

L’époque actuelle constitue une occasion unique de rebâtir nos économies sur des bases nouvelles.

Supposons qu’un petit nombre de compagnies aériennes soient nationalisées au creux de leur valeur et que beaucoup d’autres soient abandonnées, c’est-à-dire laissées à elles-mêmes faire faillite.

Et après ?

À la reprise des vols internationaux de passagers, le nombre réduit de transporteurs et leur capacité insuffisante entraineront une nette majoration des prix.

Depuis des années, on sait que le transport aérien est une cause importante de pollution. En dépit de cela, le tourisme de masse se développe inexorablement. Il en est ainsi parce que voyager est de plus en plus abordable. Au point d’être accessible à des centaines de millions de personnes qui, évidemment, en profitent.

Cette accessibilité économique est due à l’apparition de transporteurs à rabais et à des plateformes de location de type Airbnb.

La seule manière de réduire la pollution causée par le tourisme international, c’est de rendre celui-ci onéreux. Il n’y a pas d’autres moyens.

Ce qui ne veut pas dire que les gens cesseront de voyager. Mais ils le feront localement, sur de plus courtes distances, en polluant moins.

Conclusion

Selon l’adage, tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir.

D’abord et avant tout, cette pandémie est une catastrophe humaine. C’est aussi une période de grandes difficultés économiques pour des milliers de petits entrepreneurs dans les domaines du tourisme, de la restauration, de la culture, etc.

Par contre, d’autres — centres de jardinage, épiceries, ateliers de couture, quincailleries — font des affaires d’or. Tout comme les thanatologues, évidemment.

Bref, les bouleversements actuels sont une occasion d’accélérer la transition vers une économie plus verte. Ce qui veut dire, entre autres, laisser s’effondrer certains secteurs de notre économie.

Il faut abandonner l’idée qu’on peut traverser cette pandémie sans que personne en sorte perdant.

Références :
Coronavirus : Les compagnies aériennes font la loi
Les compagnies aériennes, voyous corporatifs
Pétition pour exiger le remboursement des billets d’avion


Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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| Économie, Politique canadienne | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Délocalisation de la production des médicaments et géopolitique

27 février 2020

C’est bien connu; les enfants qui toussent le font sans se soucier de la propagation de leurs microbes.

Lundi dernier, une famille dont le bébé toussait a été expulsée d’un avion en partance pour Paris à la suite de la plainte d’une autre passagère.

Pendant ce temps, des millions de voyageurs à travers le monde diffèrent leurs vacances, préférant voir comment l’épidémie de Covid-19 évoluera.

Représentant 290 compagnies aériennes (qui assurent 82 % du trafic aérien mondial), l’Association internationale du transport aérien estime que ses membres perdront 27,8 milliards$ en 2020.

À cela s’ajoutent les pertes des autres partenaires de l’industrie touristique; hôtels, restaurants, agences de voyages, etc.

Aujourd’hui, on apprend que l’Arabie saoudite interdira temporairement l’entrée sur son territoire à tous les pèlerins étrangers et que le Japon craint pour la tenue des Jeux olympiques qu’elle doit accueillir cet été.

En provoquant la mise en quarantaine de villes entières, le Covid-19 perturbe l’approvisionnement en matières premières et en produits finis.

Ces jours-ci, les indices boursiers fléchissent légèrement en raison des incertitudes que fait planer le coronavirus sur l’économie mondiale.

Basée sur de faibles données scientifiques, la rumeur se répand aujourd’hui selon laquelle la chloroquine (un vieux médicament contre la malaria) serait efficace contre le Covid-19.

Indépendamment de la véracité de cette rumeur, imaginons qu’un médicament déjà commercialisé depuis longtemps apparaisse soudainement comme le seul traitement efficace et peu couteux contre le coronavirus.

En pareil cas, il y a de très bonnes chances que ce médicament soit fabriqué exclusivement en Chine ou en Inde.

Le Canada a perdu la presque totalité de sa capacité de produire des ingrédients actifs et des médicaments finis, laissant son industrie pharmaceutique délocaliser sa production en Chine ou en Inde afin de réaliser des économies d’échelle.

En conclusion à un texte paru en 2011, j’écrivais :

Le jour où l’approvisionnement en médicaments sera jugé aussi stratégique que l’approvisionnement en pétrole, les gouvernements seront davantage soucieux d’établir des règles qui garantissent à leurs citoyens l’accès ininterrompu en médicaments essentiels à leur vie.

Références :
COVID-19 : l’antimalaria chloroquine, une piste très préliminaire
Jeux de Tokyo et COVID-19 : trop tôt pour s’alarmer, dit l’OMS
L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain
L’épidémie du COVID-19 coûterait 30 milliards au secteur aérien
Les marchés prennent la mesure de la propagation
Les pénuries de médicaments
Microsoft n’atteindra pas certains objectifs financiers en raison du COVID-19
Terres rares : l’arme secrète de Pékin dans sa guerre commerciale contre Washington ?
Un bébé tousse? Qu’on l’expulse de l’avion!

Paru depuis :
Plus d’un million de masques retenus en Inde (2020-03-30)

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| Économie, Géopolitique, Politique internationale, Sécurité | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Blocus ferroviaire : quand l’État prend le parti de compagnies étrangères contre ses propres citoyens

23 février 2020

Le cas de Ben’s Deli vs la Maison Manuvie

La Maison Manuvie est une tour de 28 étages qui se dresse au 900 ouest du boulevard de Maisonneuve, à Montréal.

À l’origine, les promoteurs avaient l’intention de construire leur édifice sur le boulevard de Maisonneuve, mais du côté est de la rue Mansfield.


 
Le terrain convoité était celui de Ben’s Deli, un restaurant célèbre pour ses sandwichs à la viande fumée. Le décor de ce restaurant n’ayant pas été rafraichi depuis des décennies, on avait bon espoir d’acheter l’édifice pour une bouchée de pain.

Mais les promoteurs se sont heurtés à l’entêtement de la propriétaire, Jean Kravitz, veuve du dernier des trois fils du fondateur du restaurant, Ben Kravitz.

Note : en anglais, Jean est un prénom féminin (qu’on prononce comme des pantalons en denim).

Le restaurant et son terrain valaient environ 2,5 millions$. Même après avoir offert quatre fois plus, Mme Kravitz ne voulait rien entendre.

En conséquence, les promoteurs se sont rabattus sur le terrain de l’autre côté de la rue pour y ériger leur tour.

Quant au restaurant, ce fut peine perdue; il devait fermer ses portes en raison d’un conflit syndical, un an près l’échec des négociations avec la société immobilière.

Autochtones Wet’suwet’en vs le Coastal GasLink


 
Coastal GasLink est un gazoduc de 670 km qui doit traverser d’est en ouest la plus occidentale des provinces canadiennes.

Son promoteur est TC Energy, associé à l’hollandaise Royal Dutch Shell, la malaysienne Petronas, la coréenne Korea Gas Corporation, la japonaise Mitsubishi et PetroChina.

Sur la côte canadienne du Pacifique, les Wet’suwet’en constituent un peuple autochtone dont il ne reste plus que 3 450 personnes.

Le territoire qu’ils occupent est situé sur le passage du gazoduc.

De 2012 à 2014, pour l’ensemble du projet, TC Energy a patiemment obtenu l’appui de tous les dirigeants officiels des peuples autochtones concernés, y compris ceux des Wet’suwet’en.

Seuls se sont opposés les chefs traditionnels du peuple Wet’suwet’en. Et ce en dépit de 120 rencontres et de 1 300 échanges téléphoniques ou par courriel.

Jugeant trop couteuses les modifications exigées par ces derniers, la compagnie a décidé d’aller de l’avant.

Dès le début des travaux sur leur territoire, les Wet’suwet’en y ont fait obstacle.

Or il faut savoir que l’ex gouvernement Harper a fait modifier la loi canadienne de manière à ce que toute action citoyenne qui vise à nuire à la construction d’un oléoduc soit considérée comme un acte terroriste.

Conséquemment, les tribunaux de la province ont émis deux injonctions contre les Wet’suwet’en, la première en 2018 et l’autre l’année suivante.

Au début de cette année, la police fédérale (la RCMP) a procédé à des arrestations. Ce qui a mis le feu aux poudres et qui a incité, plus tôt ce mois-ci, d’autres peuples autochtones à bloquer le transport ferroviaire au pays.

Des milliers d’entreprises comptent sur ce mode de transport pour leur approvisionnement et/ou pour acheminer leur production.

Pour l’instant, l’économie canadienne n’est pas totalement paralysée. Mais cela arrivera inévitablement si cette crise persiste.

Un conflit artificiel

Par sa Loi sur les Indiens, Ottawa s’est donné un rôle de fiduciaire à l’égard des Autochtones du pays.

Dans l’exercice de ce rôle, le fédéral s’est généralement comporté cavalièrement, ignorant que tout fiduciaire doit faire preuve d’une loyauté absolue envers son commettant.

Cette crise aurait pu être évitée et pourrait se résoudre instantanément; il suffirait à Justin Trudeau d’affirmer son appui au droit des Autochtones de disposer à leur guise du territoire qu’ils occupent. Ce qui signifie le droit de refuser d’en céder le droit de passage à des intérêts privés.

Qu’il s’agisse de la propriétaire du Ben’s Deli, ou de n’importe qui d’entre nous, personne n’est obligé de céder un bien convoité ni d’avoir à justifier son refus… sauf lorsqu’on est Autochtone.

Respecter l’état de droit

En vertu des lois coloniales du Canada, l’agrandissement territorial d’une réserve indienne est d’une extraordinaire complexité juridique.

Comme a pu le constater Grégoire Gollin lorsqu’il a voulu vendre soixante hectares de terrain aux Mohawks d’Oka. Ce que ces derniers étaient prêts à accepter.

Au contraire, amputer du territoire autochtone a été facilité par l’adoption en 2012 de la loi fédérale C-45 par le gouvernement Harper.

C’est en réaction à cette loi qu’est né le mouvement Idle No More. Ce militantisme fait qu’aujourd’hui, les Mohawks dressent des barricades d’un bout à l’autre du pays afin d’appuyer les Wet’suwet’en.

Au Canada, les Autochtones sont juridiquement des mineurs. Comme les Canadiennes l’ont été pendant des décennies.

Voilà pourquoi tout transfert testamentaire de biens entre Autochtones doit être approuvé par le ministre des Affaires indiennes.

Dans le cas de Coastal GasLink, l’accord des dirigeants élus de la communauté Wet’suwet’en suffit à justifier le passage du gazoduc sur leur territoire selon les promoteurs.

Comme si l’accord des élus municipaux aurait suffi à obliger la veuve Kravitz à céder le Ben’s Deli aux promoteurs immobiliers de la tour Manuvie.

TC Energy n’a eu grand peine pour obtenir toutes les autorisations provinciales et gagner ses demandes d’injonction.

Les appels qu’on entend ces jours-ci au sujet du ‘respect de l’état de droit’ sont très précisément des appels à la soumission au droit colonial canadien (appelé ‘droit autochtone’).

On oublie généralement que le droit international a préséance sur le droit colonial canadien.

Le Canada est signataire de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Or celle-ci stipule l’obligation de respecter le droit à un consentement libre, préalable et éclairé aux projets de ressources.

Le Canada a adopté cette déclaration, mais n’a pas incorporé ses dispositions à aucun de ses textes de loi.

L’appel hypocrite à la négociation

Depuis le début du blocus ferroviaire, le gouvernement fédéral a laissé pourrir la situation.

Alors que les pertes économiques s’accumulent pour les entreprises, alors que des milliers de Canadiens subissent des mises à pieds temporaires, les messages haineux se multiplient sur l’internet.

Il y a quelques jours, sur les ondes d’une radio montréalaise, le conseiller politique d’un ex premier ministre canadien a émis le souhait que les agents de sécurisé des compagnies ferroviaires soient équipés d’armes plus puissantes pour faire entendre raison aux Autochtones qui bloquent pacifiquement les voies ferrées du pays.

Cette montée de l’intolérance est le résultat voulu de la manipulation de l’opinion publique exercée par les stratèges fédéraux afin de faire plier, indirectement, les Wet’suwet’en.

Résultat : les analystes, les chroniqueurs et les éditorialistes blâment l’intransigeance des chefs héréditaires des Wet’suwet’en et répètent comme des perroquets les appels à la négociation lancés par le premier ministre canadien.

En réalité, une telle ‘négociation’ n’aurait qu’une seule issue satisfaisante; la capitulation des Wet’suwet’en.

Tant que les discussions n’arriveraient pas à cette finalité, on parlerait d’impasse des négociations. Donc, à la fin, ce qu’on attend des Wet’suwet’en, c’est réellement leur capitulation aux intérêts de la compagnie.

Se sacrifier au nom du progrès

Il est normal que l’État utilise son droit d’expropriation pour réaliser des projets publics d’infrastructure : parcs, autoroutes, aéroports, hôpitaux, écoles, etc.

Au contraire, dans ce cas-ci, on a affaire à un projet privé qui n’a de collectif que ses retombées économiques. Tout comme c’était le cas de la construction de Maison Manuvie à Montréal.

Comment aurait-on jugé l’intervention publique du maire de Montréal pour que Mme Kravitz vende son restaurant plutôt que de s’entêter à nuire au développement économique de la métropole ?

L’entêtement, c’est celui de TC Energy. Que cette dernière fasse passer son gazoduc ailleurs, un point c’est tout.

Tant que les Humains choisissent d’utiliser des machines qui carburent au pétrole et au gaz, il est normal que des pétrolières cherchent à satisfaire notre besoin d’hydrocarbures.

Par contre, ce qui est inacceptable, c’est qu’un chef d’État demande à ses propres citoyens de se sacrifier afin que soient maximisés les profits de multinationales.

La population canadienne en otage

L’opposition des Wet’suwet’en viendrait d’une dizaine de chefs héréditaires. Leur nombre n’a pas plus d’importance que le nombre des héritiers de Ben Kravitz.

TC Energy, Shell, Petronas, Korea Gas, Mitsubishi et PetroChina ont accepté de financer le projet de gazoduc Coastal GasLink sans, évidemment, en décider des moindres détails; on voit mal la Shell demander que le gazoduc passe par ici alors que Mitsubishi préfèrerait qu’il passe plutôt par là.

Bref, ces compagnies ont accepté un package deal proposé par TC Energy. Et au sein même de cette dernière, le conseil d’administration a probablement entériné l’accord obtenu par un petit nombre de cadres supérieurs.

Et si cette poignée de cadres a choisi de faire passer le gazoduc en territoire autochtone, c’est tout simplement parce que ça coute moins cher.

La rumeur veut qu’il en aurait couté 800 millions$ de plus pour passer chez les ‘Blancs’.

Comment un premier ministre du Canada peut-il demander à ses propres citoyens de se sacrifier aux désirs d’entreprises étrangères qui ont décidé qu’un gazoduc passerait là et pas ailleurs ?

Cette trahison n’est ‘normale’ que dans la mesure où elle s’inscrit dans la tradition coloniale du Canada à l’égard de ses peuples autochtones.

Quant aux inconvénients pour l’économie québécoise, c’est ça le prix du fédéralisme.

Références :
Blocus ferroviaire et réactions réactionnaires
Canada police prepared to shoot Indigenous activists, documents show
Coastal GasLink Pipeline
Droit autochtone canadien
La fin d’une époque
Le Canada doit stopper trois projets, dont Trans Mountain, exhorte un comité de l’ONU
Le propriétaire des terrains à Oka critique l’approche d’Ottawa
Le restaurant Ben’s ferme ses portes
Luc Lavoie suggère «un coup [de pistolet] entre les deux yeux» des Autochtones
Mouvement Idle No More
Nation Tsilhqot’in c Colombie-Britannique : bonne décision, mauvaises raisons
Une solution intimement liée au territoire

Parus depuis :
Les convulsions (2020-03-01)
Des experts remettent en question le recours à ces injonctions (2020-03-02)
Trois ans chez les Wet’suwet’en (2020-03-04)

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| Économie, Environnement, le prix du fédéralisme, Politique canadienne, Racisme, Sociologie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Pourquoi ne pas étatiser l’industrie du ‘recyclage’ ?

29 janvier 2020

Introduction

À la fin de 2018, la Chine fermait ses frontières aux déchets importés.

C’est là qu’on a appris que le fruit de nos collectes sélectives était simplement expédié à l’Étranger.

Le résultat est que 95 % du papier que nous croyons recycler ne l’est pas; il est envoyé en Asie pour y être enfoui ou brulé.

En 2018, le taux de recyclage du plastique n’était que de 25 %. Quant au verre, c’était peu.

La faillite du recyclage privé

Nos élus ont décidé de confier à l’entreprise privée le soin de recycler ce qui pouvait l’être.

Mais contrairement au ramassage de la neige ou des ordures, le recyclage exige une expertise qui n’est pas à la portée de n’importe quel entrepreneur.

Recycler, ce n’est pas seulement séparer différents matériaux recyclables. Pour qu’on puisse parler de recyclage, il faut qu’une substance renaisse sous forme d’un nouveau produit. C’est ça, le recyclage.

Or notre industrie du recyclage n’en est pas une; c’est simplement une industrie de triage des déchets imputrescibles.

Depuis trente ans, cette industrie produit des agglomérats de basse qualité dont seule une petite partie trouve preneur, le reste ne répondant pas aux besoins de l’industrie.

Il faut donc exporter ce qui est refusé ici. Et quand les pays étrangers eux-mêmes n’en veulent pas, la situation est sans issue.

À coup de subventions, on a incité des compagnies de triage à s’établir au Québec. Puis on a créé vainement des programmes d’aide visant à augmenter la qualité des matériaux issus de cette industrie.

On est rendu maintenant à éponger leurs déficits d’opération quand ce n’est pas à les sauver de la faillite.

Bref, l’industrie du triage au Québec est actuellement dans un état catastrophique.

D’où la question : ne devrait-on pas faire table rase et repartir à neuf ?

Le triage à l’européenne

Au Québec, la collecte des produits recyclables est calquée sur le modèle de la collecte des ordures ménagères.

Au jour de la collecte, on passe devant votre domicile afin de vider le contenu de votre bac de recyclage dans un immense camion où tout est jeté pêlemêle et compacté.

Lorsqu’il est plein, le camion vient porter sa cargaison dans un centre de tri où on s’affaire à démêler ce qui a été mélangé et broyé dans le camion de la collecte.

Et on s’étonne de la contamination croisée des divers produits collectés…

À Montréal, les usines de tri appartiennent à la ville. Mais elles sont opérées par des entreprises privées qui jugent plus rentable de trier grossièrement le fruit de leur collecte et d’expédier le tout à l’autre bout du monde.

Et comme cela leur couterait plus cher de faire les choses correctement, nos villes ferment les yeux afin de confier la tâche au plus bas soumissionnaire.

En Europe, c’est simple.

Bacs de recyclage à Vienne

En quittant son domicile, le citoyen apporte les items à recycler — la bouteille de vin vide de la veille, le quotidien lu de ce matin, etc.— pour jeter cela dans l’un ou l’autre des gros bacs de recyclage spécialisés qui se trouvent dans le fond de la cour de son immeuble (à Helsinki) ou sur son chemin vers le travail (à Porto, à Vienne, et ailleurs).

Périodiquement, des camions font la tournée des gros bacs à papier pour amener leur contenu directement dans l’usine de recyclage du papier.

Le contenu des gros bacs à contenants de plastique est vidé dans d’autres camions pour être livré à l’usine de transformation du plastique.

Et ainsi de suite.

Fini le triage de ce qui n’aurait jamais dû être mélangé. Et bienvenue aux matières non contaminées recherchées par les usines de transformation.

En somme, on ferme les usines sales de triage et on livre directement la matière pure à l’usine spécialisée qui en a besoin.

Une nouvelle grappe industrielle

Partout sur la planète, on souhaite se doter de solutions durables à la gestion des rebuts.

Le Québec possède un solide réseau de chercheurs universitaires aptes à relever n’importe quel défi technologique.

De plus, une multitude de jeunes entrepreneurs sont déjà à l’œuvre à mettre au point des moyens capables d’augmenter nettement la pureté des matériaux obtenus à partir de la collecte des objets recyclables et d’élargir la gamme de ce qui peut être réutilisé.

D’autre part, incapables de s’approvisionner au Québec, nos industriels importent des tonnes de matériaux recyclables de bonne qualité afin de créer des produits de consommation recyclés.

Le recyclage véritable exige la mise en œuvre de moyens dignes d’un choix de société.

Ce qui veut dire la nationalisation de l’industrie du triage pour les mêmes raisons que le Québec a nationalisé l’hydroélectricité; parce que l’industrie était incapable de faire son job correctement.

De plus, il faut donner au ministère de l’Environnement les ressources humaines qui lui manquent pour réunir tous les intervenants de cette industrie afin de créer une véritable grappe industrielle destinée à exporter ses brevets et son expertise à l’ensemble du monde.

Bref, la cause environnementale ne doit pas être perçue simplement comme une menace à contrer, mais également comme une occasion d’enrichissement collectif.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’industrie langagière au Québec

15 janvier 2020

En 2012, Price Waterhouse évaluait à 33 milliards$ le marché mondial de la traduction. Un marché dont le Canada représente le dixième et dont Montréal est une des capitales mondiales.

De nos jours, seulement au Québec, on estime ce marché à 2,5 milliards$. Il emploie six-mille traducteurs, dont le tiers est membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés.

C’est sur cette industrie que s’appuient la postsynchronisation des films américains et la traduction en français des succès de librairie étrangers.

De la même manière, l’obligation imposée aux entreprises cotées en bourse d’offrir leurs prospectus en français crée de l’emploi pour les traducteurs du Québec

Mais la traduction se fait aussi dans le sens inverse. Le rayonnement culturel du Québec hors de la francophonie serait impossible sans la traduction de nos films, romans et manuels scolaires.

L’usage de l’anglais n’étant pas aussi universel qu’on le présume souvent, la traduction des manuels de l’utilisateur dans d’autres langues favorise l’exportation de produits de consommation fabriqués ici.

Le Québec influence même les législateurs étrangers en offrant une traduction de son Code civil en espagnol et en mandarin. À sa manière, le Québec contribue ainsi à la promotion de la démocratie et de l’État de droit dans un grand nombre de pays.

Ce rayonnement culturel et économique est facilité par la présence chez nous de néoQuébécois polyglottes.

L’activité des traducteurs étant indissociable de celui des terminologues et des correcteurs, cette symbiose explique le succès d’éditeurs de logiciels comme Druide Informatique, dont le correcteur d’épreuve Antidote est le meilleur au monde.

De la même manière, la reconnaissance vocale et l’analyse du langage sont les mamelles de l’intelligence artificielle. C’est qui explique les investissements massifs consentis chez nous dans ce domaine et qui ont fait de Montréal et de la ville de Québec des pôles majeurs de l’intelligence artificielle.

Référence : Montréal : capitale de la traduction

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Prix de l’électricité en Amérique du Nord

10 janvier 2020


 
Au 1er avril 2019, aucune grande ville nord-américaine n’offrait un tarif résidentiel d’électricité plus avantageux que celui du Québec.

Exprimés avant taxes, ces prix sont en dollars canadiens, par tranche de cent kWh.

Référence :
Comparatif des prix de l’électricité dans les grandes villes nord-américaines

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les poches percées de la classe moyenne

29 décembre 2019

En Amérique du Nord, tous les partis politiques ‘sérieux’ suivent la même recette pour séduire l’électorat.

Cette recette consiste à promettre l’instauration d’une série de nouvelles mesures ciblant une multitude de groupes particuliers. Et si on fait la somme de ces groupes particuliers, on obtient à peu près tout le monde.

Mais qui dit ‘nouvelles mesures’ dit ‘nouvelles dépenses’.

Puisqu’ils promettent également une réduction des taxes et des impôts, comment ces promesses seront-elles financées ?

C’est simple; par la rationalisation des finances publiques. Pas n’importe laquelle; celle qu’on effectue sans diminution de la qualité des services offerts à la population.

Il suffisait d’y penser…

Mais comment choisir un parti politique plutôt qu’un autre ? En analysant soigneusement les friandises qu’ils nous offrent.

Mais surtout, on doit distinguer diminution de taxes et diminution de taxes. Ce n’est pas pareil.

Les diminutions de taxes du Parti libéral du Canada favorisent les gens comme vous et moi alors que celles des Conservateurs ciblent les gens riches… C’est du moins ce que nous dit la propagande libérale.

Mais les Libéraux oublient de parler de la théorie du ruissèlement. Ce que n’oublient pas de faire les Conservateurs.

Ceux-ci affirment que l’argent qu’on place dans la poche des riches ruissèlera le long de leurs cuisses pour atteindre les gens prosternés à leurs pieds. C’est à dire vous et moi.

C’est la théorie du ruissèlement.

Mais les choses sont-elles aussi tranchées entre Libéraux et Conservateurs ?

Les baisses d’impôt du gouvernement Trudeau consenties depuis 2016 à la ‘classe moyenne’ représentent une diminution de revenus de 3,5 milliards$ par année pour l’État canadien.

C’est beaucoup. Pourtant, la plupart des gens de la classe moyenne n’ont pas vu cet argent passer. Où donc est-il allé ?

Le quiproquo provient du fait qu’on surestime les revenus de la classe moyenne. Conséquemment, on se trompe au sujet de ceux qui en font partie.

En 2017, selon Statistique Canada, le revenu annuel moyen au pays était de 46 700$. Toutefois, le revenu médian était d’environ 35 000$.

Cela signifie que la moitié des Canadiens gagnent annuellement moins que 35 000$ et l’autre moitié gagnent plus.

C’est donc à dire que la classe moyenne occupe une zone de part et d’autre de 35 000$ de revenus par année et non de 46 700$. Ce qui est très différent.

Selon le Directeur parlementaire du budget fédéral, 55 %
du 3,5 milliards$ donné à la ‘classe moyenne’ s’est retrouvé dans les poches de ceux qui gagnent plus de 90 600$ par année. C’est près du triple de la ligne de démarcation dont nous venons de parler.

Lorsque les firmes de relations publiques embauchées par Ottawa fournissent aux médias des exemples concrets des économies réalisées, elles surestiment ce qu’est la classe moyenne.

Au 55 % de réduction d’impôts qui va à ceux qui gagnent plus 90 600$, si on ajoute le pourcentage inconnu qui va à ceux qui gagnent entre la médiane et ce 90 600$, le résultat est que la moitié de la population canadienne en bas de cette médiane n’obtient que des miettes des baisses d’impôts du gouvernement Trudeau.

Références :
À qui profitent les baisses d’impôt d’Ottawa?
Revenu des particuliers

Parus depuis :
The Economic Consequences of Major Tax Cuts for the Rich (2020-12-15)
L’effet de ruissellement (2020-12-19)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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