Le partenariat nucléaire indo-canadien

Publié le 10 mars 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Contrairement à l’Union européenne qui espère atteindre ses cibles climatiques en délocalisant son industrie lourde et son secteur agricole, l’Inde compte sur l’énergie nucléaire pour garantir sa croissance économique sans accroitre ses émissions de GES.

Actuellement, le nucléaire ne compte que pour trois pour cent du mix énergétique du pays, composé principalement du charbon, de l’hydroélectricité, du solaire et de l’éolien.

L’objectif qu’il s’est fixé est de faire passer la production nucléaire de 8 GW (actuellement) à 100 GW en 2050.

Pour assurer le financement de nouvelles centrales, le gouvernement indien a légalisé l’investissement privé dans son programme nucléaire civil, jusque-là propriété exclusive de l’État.

Mais pour ce faire, l’Inde doit garantir l’approvisionnement de ses centrales en combustible.

Actuellement, ses 8 GW sont produits à partir de l’uranium fourni par le principal producteur mondial, soit le Kazakhstan.

Situé à seulement 1 200 km de l’Inde, cet allié mou de la Russie est le pays le plus étendu d’Asie centrale.

Malheureusement, il est séparé de l’Inde par des pays qui sont soit des nids de terroristes ou des pays hostiles à l’Inde.

Pour acheminer l’uranium du Kazakhstan à l’Inde, on doit les contourner. Ce qui signifie, à l’Est, passer par la Chine. Ou à l’Ouest, passer par l’Iran.

Afin d’assurer ses approvisionnements en dépit des bouleversements géostratégiques que pourrait connaitre la région, l’Inde s’est rapprochée du Canada, deuxième producteur mondial d’uranium.

Cela a été rendu possible grâce à une volteface de la politique étrangère du Canada.

À l’époque où Justin Trudeau était premier ministre, le Canada tenait un discours moralisateur et menaçant qui était perçu dans les pays du Sud global comme une tentative de présenter leurs mœurs et leur culture traditionnelle comme arriérées.

En particulier, dans ces pays, la promotion de la théorie du genre ne passe pas et est jugée comme l’expression de la décadence occidentale.

De plus, dans le cas particulier de l’Inde, ce pays reprochait au Canada d’être devenu une pouponnière de terroristes sikhs opérant grâce à l’impunité que leur accordaient les autorités politiques du pays.

L’entente intervenue entre le Canada et l’Inde est principalement un effort de diversification de nos partenaires commerciaux.

Mais accessoirement, il annonce que le discours haineux envers l’Inde qu’entretient une minorité influente au sein de la diaspora sikhe ne sera plus toléré.

Références :
India’s 100GW nuclear push was missing one thing. Canada just provided it
La politique étrangère woke du Canada ou l’art de se peinturer dans le coin
Le conflit indo-canadien
Mark Carney arrive en Inde, qui convoite l’énergie canadienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’aide d’Ottawa à Cuba est insuffisante

Publié le 26 février 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Alors que l’ex-premier ministre Pierre-Elliott Trudeau (le père de l’autre) avait développé d’excellentes relations avec Cuba au point de devenir un ami personnel de Fidel Castro, son fils a détruit ce capital de sympathie par son désir narcissique de se définir comme un champion international des droits de la personne.

Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, la grenouille canadienne a cessé de se croire aussi grosse que le bœuf américain.

En raison de l’attitude plus pragmatique de Mark Carney, le gouvernement canadien annonçait hier sa décision d’accorder huit-millions de dollars d’aide à Cuba. Ottawa espère pouvoir acheminer cette somme par l’intermédiaire des agences des Nations unies.

Peu importe le canal par lequel cette aide se rendra, elle est la bienvenue. Mais elle est insuffisante.

Dans le texte qui suit, nous envisagerons cette question non pas d’un point de vue humanitaire, mais du strict point de vue des intérêts canadiens.

Nos intérêts à Cuba

Jusqu’ici, Ottawa a gaspillé des milliards de dollars pour soutenir l’Ukraine dans une guerre perdue d’avance.

Pourtant, ce pays ne vend au Canada aucun produit essentiel à notre économie et, en contrepartie, l’Ukraine a toujours été un marché d’exportation insignifiant pour le Canada.

Par contre, les entreprises canadiennes ont investi des milliards de dollars dans les infrastructures touristiques de Cuba.

À titre d’exemple, l’ile de Cayo Largo — où n’existe aucun peuplement cubain permanent — est le lieu d’implantation d’une dizaine de complexes touristiques détenus conjointement par une entreprise d’État (le groupe hôtelier Gran Caribe) et le grossiste en voyages Sunwing (détenue par la compagnie aérienne WestJet).

En raison des investissements canadiens dans l’électrification des transports de l’ile et l’abondance des panneaux solaires, les Canadiens qui y séjournent vivent protégés de la grande majorité des vicissitudes qui font partie du quotidien des habitants de l’ile principale de Cuba.

Ces jours-ci, Sunwing perd quotidiennement des millions de dollars en raison de la fermeture forcée de ses installations.

Et puisque les tout inclus ailleurs qu’à Cuba sont sensiblement plus dispendieux, beaucoup de voyageurs ont renoncé à leurs vacances hivernales, privant Air Canada, Air Transat et WestJet de millions de dollars de revenus.

Et ce, sans compter les pertes subies par les agences de voyage.

Une occasion d’aider Cuba à s’électrifier

La transition énergétique coute cher. Voilà sans doute pourquoi Cuba est demeurée si dépendante des hydrocarbures importés. Ceux-ci représentent environ 60 % de sa consommation puisque Cuba est un producteur mineur de pétrole.

Même si Washington a décidé d’alléger son blocus pétrolier contre Cuba, le Canada devrait profiter de cette crise pour acheminer vers ce pays des produits canadiens susceptibles d’aider Cuba à s’électrifier. Un peu comme Sunwing l’a fait à Cayo Largo.

Toutefois, l’électrification de cette dernière s’est faite à l’aide de produits chinois (véhicules électriques, panneaux solaires et accumulateurs électriques destinés à palier les pannes).

L’aide canadienne devrait s’inscrire dans une stratégie industrielle destinée à promouvoir les solutions canadiennes en faveur de la transition énergétique.

Le ministère canadien de l’Industrie devrait normalement posséder une liste exhaustive de toutes des entreprises qui ont quelque chose à proposer pour décarboner l’économie.

Certaines de ces solutions sont couteuses, d’autres moins.

Il serait souhaitable que l’aide canadienne à Cuba — majorée de beaucoup — serve essentiellement à donner un coup de pouce à nos entrepreneurs, tout en aidant le peuple cubain.

N’oublions jamais qu’à la suite de la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall n’avait pas seulement pour but d’aider l’Europe, mais également de la rendre dépendante de la technologie américaine.

Comme quoi l’un n’empêche pas l’autre.

Références :
La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf
Le Canada enverra 8 millions $ d’aide aux Cubains
US to allow Venezuelan oil sales to Cuba as alarm grows in the Caribbean

Complément de lecture : Trump et Cuba : nuire pour nuire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’opération Pleven et l’euro numérique

Publié le 3 février 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Une réforme monétaire colossale

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, moins d’un Français sur sept possédait un compte bancaire; l’immense majorité des achats s’effectuaient donc comptant, y compris chez les grossistes.

René Pleven fut ministre français des Finances du 14 novembre 1944 au 26 janvier 1946.

Le 4 juin 1945, quarante-millions de Français eurent douze jours pour échanger leurs billets de banque pour de nouvelles coupures. Après le 15 juin, les anciens billets n’avaient plus cours légal, c’est-à-dire qu’ils ne valaient plus rien.

Cette réforme monétaire avait été rendue nécessaire pour remplacer les billets de la période de Vichy, les ‘billets drapeau’ émis par les États-Unis en Normandie après le débarquement, et les billets du Trésor émis à Londres durant la guerre par les Forces françaises libres du général De Gaulle.

Puisque l’échange des billets était consigné dans un registre, cette mesure visait à établir le ‘cadastre des fortunes’ et à déceler les profiteurs de la guerre, c’est-à-dire ceux dont les liquidités ne pouvaient s’expliquer que par leur enrichissement grâce au marché noir.

À l’époque, toutes les devises étaient adossées à l’or. Pour garantir cette nouvelle masse monétaire, la Banque de France s’est empressée d’acheter des lingots d’or.

Une fois cela fait, le franc fut dévalué de 60 % par le décret du 25 décembre 1945. Alors qu’un dollar américain valait 50 francs en 1944, il en valait 119,5 après cette dévaluation.

Conséquemment, toute la France était offerte à 60 % de réduction.

Ce qui favorisa les exportations françaises et encouragea l’investissement étranger (notamment par le biais du plan Marshall). Et ce, sans vraiment pénaliser les Français, disait-on… tant qu’ils évitaient d’acheter des biens étrangers puisque leurs prix venaient de doubler.

En réalité l’inflation qui en résulta appauvrit lentement tous les épargnants.

L’euro numérique, outil de contrôle étatique

Face au monopole qu’exercent les États-Unis sur les modes de paiement électronique et le fait que les cryptomonnaies servent, entre autres, au blanchiment d’argent, la création d’une monnaie électronique européenne comporte de très nombreux avantages, notamment quant à la souveraineté de l’Europe face aux États-Unis.

Voilà pourquoi la Banque centrale européenne (BCE) travaille depuis quelques années à la création d’une cryptomonnaie officielle, garantie par la BCE.

Puisque les Scandinaves ont, en grande partie, abandonné volontairement le paiement de leurs transactions en espèces, il est tentant de voir dans l’euro numérique un pas vers le progrès.

Toutefois, un euro numérique obligatoire, imposé à la ‘Pleven’ par la Commission européenne, comporte le risque sérieux d’une dérive liberticide.

Le passage à l’euro numérique signifie que tous les comptes de banque de la zone euro se transformeront en portefeuilles électroniques contenant cette cryptomonnaie.

Et puisque les transactions en espèces seront interdites, le seul moyen d’acheter un bien sera à l’aide d’une carte à puce ou de sa version électronique sur un téléphone multifonctionnel. L’achat sera débité automatiquement du portefeuille électronique de l’acheteur, un peu comme c’est déjà le cas avec une carte de débit.

Cette carte donnera accès à tous vos comptes bancaires de la zone euro. On aura donc le choix de débiter un achat sur un compte plutôt qu’un autre, selon sa convenance.

Conséquemment, geler les avoirs d’un citoyen européen pour délit d’opinion devient encore plus facile que pour Jacques Baud puisqu’il ne sera plus nécessaire de réunir le Conseil de l’UE; la BCE sera tenue d’obéir à toute condamnation par une ONG habilitée pour ce faire par la Commission européenne.

La BCE pourra également appliquer un taux d’intérêt négatif sur les comptes bancaires (ce qui, peu à peu, diminue leur solde) afin de décourager l’épargne et de favoriser la consommation.

De plus, le prélèvement d’une taxe de solidarité avec l’Ukraine, par exemple, pourra s’effectuer en cliquant sur un bouton, même si les traités fondateurs de l’UE ne lui accordent aucun pouvoir de taxation.

À ce sujet, rappelons qu’en 2013, le Fonds monétaire international et l’UE avaient financé leur plan de sauvetage de Chypre en ordonnant aux banques chypriotes de prélever 5,8 milliards d’euros sur tous les comptes bancaires du pays.

Cette ponction sur l’épargne laissa intacte la fortune de ceux qui l’avaient investie dans l’immobilier ou à la bourse.

Avec l’euro numérique, il deviendra impossible de procéder à un achat en Bitcoin sans que l’État sache exactement l’importance du patrimoine que vous lui cachez en investissant dans une cryptomonnaie ‘sauvage’.

Références :
Billet drapeau
Billet du Trésor
Chypre : prélever l’argent des épargnants pour sauver le pays, une fausse bonne idée ?
Dévaluations du franc français
Euro numérique
Jacques Baud et la ‘stalinisation’ de l’Union européenne
Le cout de la dé-Merkellisation de l’Allemagne
L’opération d’échange des billets (juin 1945)
Mercosur : la perte de souveraineté alimentaire face à la guerre

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La personnalité de l’année 2025

Publié le 31 décembre 2025 | Temps de lecture : 4 minutes

Bart De Wever

Bart De Wever est premier ministre belge depuis le 3 février 2025.

Toute sa carrière politique a été axée sur la défense des intérêts de la Flandre, c’est-à-dire de la partie néerlandophone de la Belgique, au point de militer en faveur de son indépendance.

Toutefois, dès son accession à sa fonction actuelle, ce politicien de droite s’est transformé en chef d’État.

Le 1er décembre dernier, il avait créé la surprise aux Grandes Conférences catholiques.

Devant ce public francophone, ultra conservateur, et attaché autant à la monarchie qu’à l’unité du pays, l’ex-indépendantiste flamand soulignait son respect pour la fonction royale, l’importance qu’il attache à son rôle de premier ministre de tous les Belges, précisant même que « la Flandre n’est pas un but en soi

À cette occasion, il donnait un avant-gout de ce qui allait suivre en déclarant : « Qui […] croit vraiment que la Russie va perdre en Ukraine ? C’est une fable, une illusion totale. [D’ailleurs] cette défaite ne serait pas souhaitable, car cela rendrait instable un pays doté de l’arme nucléaire

Deux semaines plus tard, un sondage montrait qu’il demeurait le politicien le plus populaire de Flandre. La surprise fut chez les Belges francophones où sa popularité grimpa de sept point dans la capitale et de deux points dans la Wallonie, faisant de lui une des personnalités les plus aimées chez… les Francophones.

Si bien que les auditeurs de deux chaines de télévision flamande l’ont élu ‘Belge de l’année’.

Le grain de sable dans l’engrenage

Depuis mai 2022, nous soutenons sur ce bloque qu’en vertu du Droit international, on peut geler les avoirs d’un pays ennemi, mais on ne peut pas les confisquer. En d’autres mots, on peut empêcher un pays de jouir de son argent, mais on ne peut pas le dépenser à sa place.

Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, les pays alliés de Kyiv prétendent le contraire. Pourquoi ?

Le but était de rassurer les contribuables face aux sommes colossales dépensées à soutenir l’Ukraine. Implicitement, le message était qu’au final c’était la Russie qui paierait la note.

À la télévision et dans nos grands médias, tous les journalistes et tous les chroniqueurs participaient à ce lavage des cerveaux.

Toutefois, au Sommet européen du 18 décembre dernier, quelle fut donc la surprise d’entendre le premier ministre Bart De Wever rompre cette omerta et déclarer que son pays s’oppose catégoriquement à la confiscation des avoirs russes en Belgique.

Or c’est dans ce pays que se trouve la chambre de compensation Euroclear qui détient la majorité des avoirs russes gelés en Occident.

Sans Bart De Wever, environ 135 milliards d’euros auraient été utilisés à prolonger de deux ans l’agonie de l’Ukraine.

Et une fois cette somme dépensée (partiellement à alimenter la corruption dans ce pays), nous aurions appris que la confiscation des avoirs russes était illégale. Donc, que nous devons rembourser la Russie pour les sommes confisquées illégalement par nos gouvernements.

Pour son courage et son audace, ce blogue lui décerne le titre de personnalité de l’année 2025.

Références :
Bart De Wever a-t-il convaincu les francophones ?
Bart De Wever, le nationaliste flamand devenu défenseur des intérêts belges
Bart De Wever, ou l’histoire d’un nationaliste flamand devenu figure incontournable des scènes belge et européenne : « C’est un évolutionniste, pas un révolutionnaire »
La saisie fictive des avoirs d’oligarques russes au Canada
« Les dix prochaines années seront difficiles » : Bart De Wever avertit les Belges, à quelques heures de 2026

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu de géopolitique agricole

Publié le 29 décembre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

Étienne Lombardot est un diplômé de l’École de guerre économique (qui n’a pas d’équivalent au Québec). Cet expert est l’auteur du rapport L’agriculture dans la guerre économique, paru en septembre 2024.

Les chapitres de la présentation vidéo ci-dessus sont les suivants :
 0:00 Introduction
 1:48 Comment définir l’agriculture ?
 5:40 La place de la France dans l’agriculture mondiale
 9:26 La France a choisi la qualité
12:35 Les normes agricoles de l’Union Européennes
16:34 L’industrie du poulet
19:36 L’Ukraine, leader de l’agriculture
23:49 L’agriculture en Chine et en Inde
30:58 L’agriculture en Afrique
35:55 Conclusion

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mercosur : la perte de souveraineté alimentaire face à la guerre

Publié le 28 décembre 2025 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Depuis 1991, l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay font partie du Marché commun du Sud, surnommé Mercosur.

Ces jours-ci, l’Union européenne (UE) s’apprête à signer un traité de libre-échange avec ces pays.

Le texte de l’accord prévoit que, sur un échéancier de quinze ans, les pays du Mercosur supprimeront leurs droits de douane sur 91 % de leurs importations européennes (notamment sur les voitures européennes, actuellement taxées à 35 %).

En contrepartie, sur une décennie, l’UE abolira ses droits de douane sur 92 % de ses importations mercosuriennes. Ce qui privera l’UE de quatre-milliards d’euros de revenus tarifaires.

D’abord la délocalisation industrielle…

En octobre 2022, au sujet des sanctions européennes contre la Russie, nous écrivions :

Ne pouvant plus compter sur les hydrocarbures bon marché en provenance de Russie, le prix de l’énergie dans l’Union européenne sera plus élevé que dans la plupart des pays concurrents de l’Europe. Et ce, pour quelques années.

On peut donc anticiper que cette remondialisation s’accompagne d’une délocalisation industrielle.

C’est effectivement ce qui s’est produit. Mais ce n’est pas tout.

Le 27 juillet 2025, l’accord de Turnberry, conclu entre Donald Trump et Ursula von der Leyen prévoit que l’UE garantira 600 milliards d’euros d’investissements européens supplémentaires aux États-Unis.

Essentiellement, cette fortune servira à transférer des capacités européennes de production vers les États-Unis. En d’autres mots, l’UE s’engage à accroitre, voire à financer, son propre déclin industriel.

…puis la perte de souveraineté alimentaire

Après ce sabotage industriel, l’UE s’attaque maintenant à son agriculture.

Le modèle néolibéral qui prévaut en Europe, c’est que les grands groupes agro-alimentaires maximisent leurs profits en mettant en concurrence les producteurs d’aliments de base.

Et puisqu’il est beaucoup plus facile de rendre unique un produit transformé et donc, de faire accepter au consommateur de payer plus cher pour l’obtenir, la marge de profit des produits transformés est beaucoup plus grande que celle des aliments de base. D’où la précarité des paysans européens.

Cette précarité s’est accrue avec l’abandon de la gestion de l’offre en 1992 et l’augmentation considérable des exigences règlementaires de Bruxelles.

Le poulet ukrainien

Dans le cas du poulet, l’UE a soumis ses propres producteurs à une concurrence déloyale en permettant au demi-milliard de poulets produits annuellement en Ukraine d’entrer librement sur le marché européen sans respecter les normes qui y sont en vigueur.

Les règles concernant la traçabilité ne permettent pas aux consommateurs de s’opposer à ce tsunami puisque les poulets ukrainiens se retrouvent dans des croquettes et cordons-bleus avec l’estampille de l’UE.

Les légumineuses et le blé canadiens

D’autre part, en raison de la morphologie du territoire européen, les agriculteurs y sont menacés par tout traité de libre-échange avec des pays où il est possible de réaliser des économies d’échelle grâce aux immenses terres agricoles qu’on y trouve. C’est le cas du Canada.

En dépit du fait que certains pays européens refusent de ratifier l’Accord économique et commercial global conclu entre le Canada et l’UE, la Commission européenne l’applique illégalement depuis 2017.

Cela permet aux légumineuses canadiennes empoisonnées au glyphosate d’être vendues en Europe moins cher que les légumineuses soumises à la règlementation de Bruxelles (qui interdit cette pratique).

De la même manière, de 2019 à 2023, les exportations de blé canadien vers l’UE ont explosé. Ce qui fait que ce blé produit massivement (également empoisonné au glyphosate) fait une concurrence déloyale aux producteurs européens, avec la bénédiction de Bruxelles.

La viande du Mercosur

Le traité de libre-échange avec le Mercosur que s’apprête à signer Bruxelles permettra aux vastes exploitations agricoles d’Amérique du Sud d’inonder l’Europe de leurs aliments. Des aliments produits selon des normes moins exigeantes et donc moins couteuses que celles auxquelles sont astreints les producteurs agricoles de l’UE.

En contrepartie, les constructeurs automobiles allemands espèrent se lancer à la conquête du marché sud-américain sans soupçonner que la population du Mercosur pourrait préférer acheter des voitures chinoises (électriques ou non) qui offrent un bien meilleur rapport prix-qualité.

La souveraineté alimentaire de la France

Dans le secteur agricole, jusqu’en 2004, la France avait un excédent commercial non seulement à l’égard des pays membres de l’Union européenne, mais également face au reste du monde.

À partir de 2004 — ce qui correspond à l’entrée dans l’UE de pays agricoles de l’ancienne Union soviétique — l’excédent avec le reste de l’Europe a diminué alors qu’il s’accroissait avec les pays hors de l’Europe.

Au total, de nos jours, la balance commerciale de l’agriculture française est excédentaire de 7 à 9 milliards d’euros par année.

Cet excédent, elle le doit grâce à sa production de vins et de spiritueux (excédentaire de quinze-milliards d’euros), ce qui est compensé par un déficit commercial de 4 milliards pour la production de fruits et de légumes, à quoi s’ajoute un déficit d’environ 4 autres milliards pour la viande.

En somme, pour nourrir sa population, la France dépend maintenant de l’Étranger.

L’entrée en vigueur en 2026 d’un traité de libre échange avec les pays du Mercosur produira des effets analogues à ceux produits en 2004 par l’élargissement de l’UE vers l’Est.

Cela entrainera la disparition d’un certain nombre de producteurs agricoles incapables de résister à la concurrence déloyale de leurs collègues sud-américains (ces derniers étant exemptés des exigences phyto-sanitaires de Bruxelles).

En cas de guerre

À partir du moment où un pays doit importer une partie de ses aliments de base, cela signifie qu’il doit imposer un rationnement alimentaire à sa population dès qu’il entre en guerre.

Et c’est sans compter les protéines végétales (soya et tourteaux), importées principalement des États-Unis et du Brésil, dont les éleveurs français ont absolument besoin pour nourrir leurs cheptels.

La France n’aura aucune difficulté à s’approvisionner auprès de pays voisins.

Toutefois, au sujet des vivres importés d’Europe de l’Est, il faudra anticiper que des groupes malveillants détournent vers d’autres pays des aliments destinés à la France. Comme ce fut le cas des masques N95 au début de la pandémie au Covid-19.

Quant à l’importation de denrées en provenance des pays du Mercosur ou des provinces canadiennes productrices de céréales et de légumineuses — les uns et les autres situés à six-mille kilomètres des côtes européennes — tout cela devra se faire en traversant un océan infesté de sous-marins hostiles.

D’où la question :

Face à l’ennemi, quelle force peuvent opposer des pays armés jusqu’aux dents, mais dont les soldats ne mangent pas à leur faim ?

Conclusion

Après avoir favorisé la délocalisation de leurs industries manufacturières vers le Sud global et ainsi saboté la puissance industrielle nécessaire à tout effort de guerre, après avoir poussé à la faillite une partie de leur paysannerie, certains pays européens s’imaginent qu’il suffit de se doter d’armes puissantes pour triompher de tout.

En réalité, en cas de guerre, leur population sera condamnée à vivre sur des tickets de rationnement parce que la production de denrées aura été délocalisée en 2026 par la dictature technocratique de Bruxelles.

Références :
Aides d’État à l’agriculture : plus de 18 milliards d’euros depuis 2021
À l’heure du mercosur, quel avenir pour l’agriculture française ? (vidéo)
Guerre russo-ukrainienne et désindustrialisation de l’Europe
Le loup dans le poulailler de l’Europe
Les lentilles canadiennes empoisonnées au défoliant avant la récolte
Les Etats-Unis et l’UE ont « conclu un accord » commercial de droits de douane généraux de 15 %, annoncent Donald Trump et Ursula von der Leyen
Les insatiables ambitions du roi du poulet ukrainien
Marché commun du Sud
Que contient l’accord UE-Mercosur et quels sont les points contestés ?

Complément de lecture : UK must stockpile food in readiness for climate shocks or war, expert warns (2026-03-07)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Centres de données, pillage de l’eau et la CAQ

Publié le 16 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

À l’époque où la chaleur dégagée par les centres de données pouvait être dissipée par de l’air froid, le climat nordique du Québec et de l’Islande en faisait des lieux de prédilection pour l’implantation de centres de données.

De nos jours, les centres de données qui font les manchettes sont ceux dédiés à l’intelligence artificielle (IA).

La taille colossale de ces usines représente un saut quantique en comparaison avec celle des plus gros centres de données qu’on construisait aussi récemment qu’il y a deux ou trois ans.

La densité de leurs microprocesseurs est telle que le simple refroidissement à l’air ne suffit plus; il faut les refroidir à l’eau.

Le refroidissement à l’eau

Puisque l’eau et l’électricité ne vont pas bien ensemble, ce refroidissement est assuré dans ces usines par une fine canalisation métallique qui frôle chacun de leurs milliers circuits électroniques.

En dépit de la fascination de nos médias pour l’intelligence artificielle, très peu de journalistes se sont intéressés à la consommation d’eau des centres de données consacrées à l’IA.

On sait que le centre de données Colossus-2 — construit à la frontière du Tennessee et du Mississippi — consomme 49 millions de litres d’eau par jour.

Pour assurer cet approvisionnement, il s’est doté d’une petite usine d’épuration afin de traiter les eaux usées de la ville de Memphis.

D’autre part, au début de 2026, Microsoft ouvrira dans le village de Mount-Pleasant (au Wisconsin), le plus grand centre de données au monde consacré à l’IA.

Il consommera 90 millions de litres d’eau potable par jour, fournis par la ville de Racine à partir de l’eau qu’elle puise dans le lac Michigan.

Une leçon pour le Québec

À l’heure actuelle, le Québec a plus de centres de données qu’il en a besoin pour assurer sa souveraineté numérique.

Pour faire oublier le fiasco de sa filière batterie, la CAQ veut maintenant attirer au Québec des centres de données dédiés à l’IA.

En plus des terres agricoles qu’il faudra dézoner, leur venue est susceptible de provoquer un désastre environnemental.

En effet, aucune municipalité ni aucune nappe phréatique au Québec n’est capable d’assouvir leur besoin gargantuesque en eau sans priver nos agriculteurs, nos industries et nos gens de l’eau dont ils ont besoin.

Prions pour que la CAQ soit chassée du pouvoir avant de mettre en œuvre cette nouvelle stratégie industrielle désastreuse.

Références :
Data Centers and Water Consumption
Data centers, backbone of the digital economy, face water scarcity and climate risk
Stratégie industrielle du Québec : la panne d’idée de François Legault
The environmental footprint of data centers in the United States
Water levels across the Great Lakes are falling – just as US data centers move in

Paru depuis : L’électricité deux fois plus chère pour les centres de données (2026-02-19)

Complément de lecture : US leads record global surge in gas-fired power driven by AI demands, with big costs for the climate (2026-01-29)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La CAQ permettra à Montréal et à Québec de spéculer à la bourse

Publié le 5 novembre 2025 | Temps de lecture : 2 minutes

Introduction

Conformément à sa manie d’imiter l’Ontario, le gouvernement de la CAQ permettra aux deux plus grandes villes du Québec d’investir leurs liquidités sous forme d’actions inscrites en bourse.

Les économies des villes

Le quotidien La Presse écrit : « Que ce soit pour planifier la réfection d’infrastructures, de nouveaux projets ou l’achat de terrains, bon nombre de municipalités ont mis de côté d’importantes sommes au fil du temps.»

En plus, on doit savoir qu’à Montréal, le paiement des taxes municipales peut se faire en un versement (le 3 mars) ou en deux versements (le 3 mars et le 2 juin).

Ce qui signifie qu’au début de juin, la ville a encaissé tout ce qui lui sera nécessaire pour gérer la ville jusqu’à l’année fiscale suivante.

Cette année, ses revenus seront d’environ sept-milliards de dollars.

Les leçons de l’Histoire

Lors de la crise financière de 2007-2008, l’indice Dow Jones chutait de 36,83 %.

Cela signifie que si la ville de Montréal avait reçu le pouvoir de spéculer à la bourse il y a vingt ans, les Montréalais auraient été soumis en 2007-2008 à une cure d’austérité sans précédent puisque la loi interdit aux municipalités de faire un déficit.

Conclusion

La CAQ ne voit jamais plus loin que le bout de son nez.

Lorsqu’elle est arrivée au pouvoir, l’État québécois nageait dans les surplus budgétaires et les surplus d’électricité. En sept ans de pouvoir, la CAQ a gaspillé l’un et l’autre.

Au lieu d’obliger les villes à maintenir la prudence dont elles font actuellement preuve, la CAQ veut leur ouvrir toutes grandes les portes de la spéculation boursière.

Comment peut-on être à ce point imprévoyant ?

Références :
Budget 2025 et PDI 2025-2034 de Montréal
Crise financière mondiale de 2007-2008
Le Fonds des générations ou Quand l’État spécule à la bourse
L’or et les indices boursiers
Montréal et Québec pourront investir en Bourse
Payer son compte de taxes

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| 2018-202X (années Legault), Économie, Politique municipale, Politique québécoise | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le danger du contrôle étatique des flux financiers

Publié le 2 novembre 2025 | Temps de lecture : 5 minutes
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Le contexte

Alors que le paiement électronique se généralise spontanément au point de représenter la grande majorité des transactions financières, la législation européenne accentue cette tendance en abaissant le plafond des paiements en espèces afin de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement d’activités illégales.

Pour les mêmes motifs, les billets de 500 euros ne sont plus émis depuis 2019 (bien qu’ayant toujours cours légal).

Plus tôt cette année, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) exprimait le désir de voir se réduire la dépendance de l’Europe à l’égard des systèmes de paiement électronique américains, notamment Visa, MasterCard et PayPal.

Tout cela correspond à donner à l’Union européenne un pouvoir de surveillance presque total sur les flux monétaires (libellées dans n’importe quelle devise) au sein de ses frontières, mais également le pouvoir d’imposer des sanctions financières aux personnes et aux entreprises sur son territoire.

Finalement, certains pays européens ont adopté des dispositions législatives qui leur permettent de bloquer des comptes bancaires sans obtenir au préalable l’assentiment des tribunaux. Et ce, sur simple soupçon, signalement ou critique publique.

À ceux qui se croient à l’abri des dérives liberticides en Europe, rappelons que le crime de cyberharcèlement — conçu initialement pour protéger les mineurs et les femmes — sert maintenant à faire taire les rumeurs qui irritent l’épouse d’un chef d’État.

En somme, la loi qui visait à protéger les enfants de la République est devenue l’équivalent moderne du crime de lèse-majesté sous l’Ancien régime.

Le Pfizergate et Frédéric Baldan

En dépit du fait que la Commission européenne n’a pas de pouvoir en matière de santé (ce qui relève des États membres), sa présidente a personnellement négocié l’achat de 1,8 milliard de doses de vaccins contre le Covid-19, au cout de 36 milliards d’euros.

C’est 20€ par dose, soit beaucoup plus que ce que nous avons payé au Canada (environ 12€ par dose).

Le tout s’est négocié sur le téléphone d’Ursula von der Leyen par le moyen de SMS. Malheureusement, tous ces SMS ont disparu. Comme c’est dommage…

En avril 2023, le lobbyiste belge Frédéric Baldan a déposé une plainte auprès de la justice de son pays contre Ursula von der Leyen pour prise illégale d’intérêts et corruption, pour usurpation de fonctions et pour destruction de documents publics.

D’après ce que je comprends, il aurait été débouté par les tribunaux. Mais entretemps, en septembre 2023, il a perdu son accréditation de démarcheur auprès de l’Union européenne.

En novembre 2024, il publie le livre ‘Ursulagate : la compromission des lobbys’.

Plus tôt cette semaine, les comptes bancaires de sa maison d’édition, de son cabinet de conseil, de même que le compte conjoint avec son épouse et même celui de leur fils de cinq ans, ont été bloqués simultanément et sans explication par la banque néerlandaise ING et la belge Nagelmackers, deux banques qui n’ont pas de rapport l’une avec l’autre.

Évidemment, il serait facile de penser qu’il s’agit d’une vengeance personnelle de la présidente de la Commission européenne.

C’est peut-être le cas. Mais à notre époque, où la manipulation de masse est omniprésente, il faut se garder des présomptions à la ‘cela ne peut être qu’elle’ (où ‘elle’ est une personne ou un pays).

Parmi les suspects, il y a aussi la puissance hégémonique des États-Unis (hostile à l’existence de l’Union européenne) et les intérêts économiques colossaux qui s’opposent aux velléités européennes en matière de contrôle des flux financiers.

Conclusion

Les sanctions économiques européennes visaient originellement des pays ou des entités étatiques, de même que des organisations criminelles.

Cette militarisation financière s’est étendue ensuite aux oligarques et aux piliers économiques de régimes hostiles à l’Occident.

Depuis peu, on s’attaque aux intellectuels étrangers qui osent critiquer l’Europe.

Voilà maintenant qu’on bloque les comptes bancaires et les cartes de crédit de citoyens ordinaires sans l’autorisation préalable des tribunaux.

Que cela soit imposé sous des pressions étrangères pour discréditer la Commission européenne ou qu’au contraire, cette dernière soit l’instigatrice de ce goulag financier, tout cela est très préoccupant.

Références :
Facture électronique obligatoire: l’UE construit son crédit social chinois
Il y a vingt ans, le référendum français du 29 mai 2005
La diplomatie incendiaire d’Emmanuel Macron
L’Union européenne et la liberté d’expression
Paiements : l’Europe veut en finir avec Visa et PayPal mais ne sait pas comment
Pfizergate
Pfizergate : après Ursula von der Leyen, le Belge Frédéric Baldan porte plainte contre Laura Kövesi, cheffe du parquet européen
« Pfizergate » et SMS : tout comprendre à l’affaire qui menace Ursula von der Leyen
Pfizergate, quand la transparence ébranle von der Leyen et la Commission européenne
Punition bancaire : L’UE et Big Pharma s’acharnent sur Frédéric Baldan, le lanceur d’alerte qui ose défier Von der Leyen
Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’or et les indices boursiers

Publié le 25 octobre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

En tant que liquidateur, j’ai eu à disposer des biens que ma mère nous avait laissés en héritage, dont plusieurs titres boursiers. L’essentiel de ceux-ci était des actions minières dont elle avait elle-même hérité de mon père.

Ma surprise fut de constater que ces impressionnants certificats — grands comme des napperons de table et richement décorés comme de vieux billets de banque — ne valaient rien. En effet, à l’épuisement de son filon, une mine déclare faillite en ne laissant derrière elle que, justement, des certificats sans valeur.

Le mirage des indices boursiers

Sous le titre ‘Pourquoi l’or n’est pas sans risque’, le quotidien La Presse publiait dimanche dernier un texte plutôt intéressant, mais dont l’extrait suivant m’a fait sursauter :

Selon [les calculs du professeur Jeremy Siegel, professeur émérite d’économie à l’Université de Pennsylvanie] 1 $ investi dans l’or en 1801 valait 127 $ en 2024. Mais 1 $ investi dans les actions américaines en 1801 valait 42 millions en 2024.

Cela est totalement faux; un dollar investi dans des actions américaines en 1801 ne vaudrait pas 42 millions en 2024, mais aurait été une perte totale. Et ce, pour une raison très facile à comprendre; aucune des compagnies qui existaient en 1801 n’est encore en activité 224 ans plus tard.

Le livre Stocks for the long run, écrit par le professeur Siegel, est basé sur la croissance des indices boursiers.

Le plus connu d’entre eux est l’indice Dow Jones. Trente compagnies en font partie.

Depuis sa création en 1896, sa composition a changé 59 fois. Car lorsqu’une compagnie ne ‘performe’ pas suffisamment au gout de ceux qui déterminent qui fait partie de l’indice, on l’expulse.

C’est ainsi que la compagnie Nortel — dont la valeur capitalisée comptait pour environ la moitié de l’indice boursier de Toronto — fut radiée de l’indice torontois avant même sa faillite en 2013.

En réalité, les indices boursiers sont l’opium de l’investisseur niais; ils servent à le rassurer autant que possible.

C’est d’ailleurs pourquoi les indices boursiers grandissent généralement bien au-delà de la croissance de l’économie. Ce qui prouve bien qu’ils ne sont pas le miroir de l’économie mondiale.

Conclusion

Un pays ne peut pas prospérer sans investissement. Voilà pourquoi les marchés financiers sont essentiels.

L’or n’est qu’une valeur refuge. Son prix croît depuis des siècles de manière beaucoup plus stable que les indices boursiers, sujets à l’éclatement de bulles spéculatives.

Actuellement, deux facteurs expliquent la popularité de l’or.

Premièrement, la crainte de l’éclatement d’une Troisième Guerre mondiale. Une crainte entretenue avec succès par certains dirigeants européens pour faire diversion de leurs problèmes internes.

Et surtout, le prix de l’or augmente en raison des achats massifs des banques centrales (sauf celle du Canada, qui s’obstine à ne pas en avoir du tout).

L’utilisation du dollar américain comme arme financière par Washington provoque ainsi une perte de confiance dans la devise américaine comme monnaie de réserve au profit d’autres devises et de l’or.

Références :
Historical components of the Dow Jones Industrial Average
L’or et la Banque centrale du Canada
Pourquoi l’or n’est pas sans risque
Stocks for the Long Run

Paru depuis : ‘The dollar is losing credibility’: why central banks are scrambling for gold (2026-01-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel