La 39e édition du Festival des films du monde

Publié le 9 septembre 2015 | Temps de lecture : 9 minutes

Du 27 aout au 7 septembre 2015, le Festival des films du monde présentait 469 films (dont 25 en compétition) provenant de 85 pays.

Au coût de 120$, le laissez-passer permettait au cinéphile d’assister à n’importe quel film, du moment que des places étaient encore disponibles. Les acheteurs de billets (à 10$ l’unité) avaient donc priorité.

Grâce à ce laissez-passer, j’ai donc vu les 44 films suivants :

Bambanti (L’Épouvatail) de Xig Dulay (Philippine, 90 minutes). Basé sur un fait vécu; enfant injustement accusé d’un vol. Interprétation irréprochable. Description sociologique admirable. Mise en scène magistrale. Mon coup de cœur du festival. Note : 11 sur 10 (sic).

Beijing Being d’Emma Jaay (Australie-Chine, 78 minutes). Équivalent cinématographie de Facebook. Chronique de la vie quotidienne d’une Occidentale dans les quartiers populaires de Beijing. Facture libre du film, en rupture de tons, en hommage à la Nouvelle vague française. Note : 6,5 sur 10.

Beijing Carmen de Wang Fan (Chine, 95 minutes). Rapports amour-haine entre un chorégraphe et celle qui incarnera le rôle-titre d’un ballet basé sur Carmen. Quelques bonnes chorégraphies. Trop de clichés. Note : 5,5 sur 10.

Borealis de Sean Garrity (Canada, 94 minutes). Un joueur au chômage entraine sa fille dans un dangereux voyage pour lui montrer la magnificence des aurores boréales, avant que le trouble de la vue dont elle souffre la rende complètement aveugle. Note : 2 sur 10.

Binguan (Deep in the Heart) de Xin Yukun (Chine, 118 minutes). Film à suspense, plein de rebondissements et de quelques situations absurdes. Note : 6 sur 10.

Çasin Sazlar (Let the Music Play) de Nesli Colgeçen (Turquie, 118 minutes). Deux amis tombent amoureux de la même femme. Acteurs médiocres. Comédie faible. Note : 3 sur 10.

Capitão Falcão (Le Faucon portugais) de João Leitão (Portugal, 106 minutes). Film satyrique. Bonne idée de départ, mais trop diluée. Note : 5 sur 10.

Cha và con và (Mekong Stories) de Di Phan Dang (Vietnam-France-Allemagne, 102 minutes). Sensualité et violence dans le climat humide et chaud d’un village riverain du Vietnam. Récit intéressant. Bien joué. Note : 8 sur 10.

Chemia de Bartosz Prokowicz (Pologne, 95 minutes). La déchéance d’un couple dont la femme est atteinte de cancer. Direction photo excellente. Acteurs un peu faibles. Note : 5 sur 10.

Chrieg de Simon Jacquemet (Suisse 106 minutes). Placé en réhabilitation dans une ferme, un jeune découvre que celle-ci s’avère contrôlée pas des délinquants bien pires que lui. Note : 6 sur 10.

Dusha shpiona (L’Âme d’un espion) de Valdimir Bortko (Russie, 110 minutes). Film d’espionnage aux couleurs froides, au récit opaque et aux comédiens sans charisme. Note : 2 sur 10.

Eisenstein in Guanajuato de Peter Greenaway (Pays-Bas-Mexico-Finlande-Belgique, 105 minutes). À la direction artistique spectaculaire, ce film soft-porn explique que l’échec du cinéaste russe Eisenstein à compléter le film Que Viva Mexico ! serait dû à une aventure homosexuelle torride qui l’aurait éloigné de ses responsabilités. Note : 7 sur 10.

El Virus de la Por (Le Virus de la peur) de Ventura Pons (Espagne, 76 minutes). Mélodrame. Effet désastreux de la calomnie d’une fillette jalouse sur la carrière d’un maitre-nageur. Bonne idée de départ mais film mal interprété. Note : 3 sur 10.

Fasle Framoshi Fariba (La Saison de l’oubli) de Abbas Rafei (Iran, 93 minutes). Le courage d’une ex-prostituée qui doit, seule, gagner sa vie honorablement en dépit de la jalousie maladive de son époux impotent et du machisme de la société iranienne. Note : 6,5 sur 10.

Felvilàg (Demimonde) d’Attila Szàsz (Hongrie, 88 minutes). Une courtisane entretenue par un riche industriel trompe ce dernier au péril de sa vie. Splendeur des images. Excellents comédiens. Intrigue intéressante. Note : 9 sur 10.

Fratii Dabija (Les frères Dabija) de Catalin Draghici (Roumanie, 62 minutes). Une heure interminable passée avec trois frères dans leur cuisine. Note : 1 sur 10.

Gassoh de Tatsuo Kobayasi (Japon 87 minutes). Actualisation d’un genre; le film de samouraï. La vie de l’époque, vécue par de jeunes guerriers. Très crédible. Note : 9 sur 10.

Hiszpanka de Lukasz Barczyk (Pologne, 110 minutes). Interprétation très libre d’un événement historique; l’insurrection polonaise contre l’occupation allemande en 1918. Hommage aux films muets de Fritz Lang. Note : 6 sur 10.

It’s really kind of you de Soe Jae-ick (Corée du Sud, 92 minutes). Film d’horreur. Note : 0 sur 10.

Kurai Kurai – Verhalen met de Wind (Kurai Kurai – Récits du vent) de Marjoleine Boostra (Pays-Bas – Kyrghizistan, 85 minutes). Lente présentation de personnages rencontrés à l’occasion d’un retour au bercail. Bonne présentation des différents modes de vie de ce coin du monde. Note : 9 sur 10.

La Pantalla Desnuda (Écran nu) de Florence Jaugey (Nicaragua, 93 minutes). Par jalousie, un ami publie sur YouTube une vidéo compromettante. Idée intéressante et bien développée. Fine psychologie des personnages. Fin trop abrupte. Note : 9 sur 10.

Le Dernier loup de Jean-Jacques Annaud (Chine, 98 minutes). Des nomades mongols (respectueux du délicat équilibre écologique de leur milieu) doivent se soumettre aux diktats désastreux des technocrates de Beijing. Paysages magnifiques. Scénario admirable. Excellents acteurs. Note : 10 sur 10.

L’Orchestre de minuit de Jérôme Cohen-Olivar (Maroc, 114 minutes). Loufoque. Quelques bons numéros d’acteurs arabes incarnant des personnages juifs. Note : 5 sur 10.

Mission Mozart – Lang Lang et Nikolaus Harnoncourt de Christian Berger (Autriche-Allemagne, 53 minutes). Excellent documentaire des répétitions de deux concertos pour piano de Mozart. Note : 10 sur 10.

Muhammad de Majid Majidi (Iran, 171 minutes). Grandiose fresque de l’enfance de Mahomet. Note  10 sur 10.

Neckan de Gonzalo Tapia (Espagne, 92 minutes). Rythme lent. Lumière sombre. Bavard. Note : 4 sur 10.

One day, œuvre collective (Chine, 90 minutes). Publireportage mièvre sur divers organismes venant en aide à des enfants handicapés chinois. Note : 3 sur 10.

Outliving Emily d’Eric Weber (États-Unis, 88 minutes). Film à l’eau de rose, cousu de fils blanc, d’un couple, de leur première rencontre à leur vieillesse. Note : 3 sur 10.

Qanli Yanvar (Janvier sanglant) de Vlalid Mustafa (Azerbaïdjan, 138 minutes). Télé-film sur la répression sanglante d’une émeute à l’origine de l’indépendance du pays. Bonne présentation des motivations des forces en présence. Cinématographiquement très faible. Note : 4 sur 10.

Sakli (Le Secret) de Selim Evci (Turquie, 102 minutes). Un musicien célèbre a une relation secrète avec la fille d’un ami. Ce dernier, gardien jaloux de la virginité de sa fille, a une relation extra-conjugale. Regard sociologique sur la moralité de ses contemporains. Note : 6 sur 10.

Sept jours de Xing Jian (Chine, 73 minutes). Film sonore. La neige, le vent, un vieillard, des poissons et un oiseau. Film à la Taurus, lent et interminable. Note : 1 sur 10.

Sika Deluxe de Ian Cvitkovic (République Tchèque – Macédoine, 108 minutes). Trois gars ouvrent une pizzeria. Psychologie préhistorique des personnages. Note : 3 sur 10.

Song of the Phoenix de Wu Tianming (Chine, 107 minutes). Regard nostalgique sur l’abandon de l’usage d’instruments à vent traditionnels chinois. Décors réalistes. Note : 4 sur 10.

Taboo de Khosro Mousami (Iran, 108 minutes). Drame cohérent et plausible, remarquablement bien mis en scène et bien joué, sur la malédiction qui frappe ceux qui transgressent les coutumes matrimoniales du pays. Un Roméo et Juliette transposé avec intelligence dans l’Iran moderne. Note : 10 sur 10.

The Duel of Wine (Le Duel du vin) de Nicolás Carreras (Italie-Argentine). Comédie romantique. Un vieux sommelier essaie de reconquérir le cœur de sa dulcinée. Charmant et drôle. Note : 9 sur 10.

The Girl King de Mika Kaurismäki (Canada, 102 minutes). L’histoire de la reine suédoise Kristina. Une reine trop en avance sur son temps, qui abdique et quitte le pays en pillant le trésor royal. Scénario excellent. Psychologie fouillée des personnages. Note : 9 sur 10.

The Next Generation Patlabor – Tokyo War de Mamoru Oshii (Japon, 93 minutes). Photographie glauque. Film bavard. Note : 1 sur 10.

The Union de Jeremy Thibodeau (États-Unis, 81 minutes). Confident des secrets des membres d’une famille dysfonctionnelle, le barman embauché à l’occasion d’un mariage résolut le secret de son abandon par son père. Note : 7,5 sur 10.

Tian Jiang (Montagne rouge) de Xin Mei (Chine, 96 minutes). Devenu garde-forestier contre son gré, un jeune homme découvre et s’attache à la forêt. De bons sentiments qui conviennent à des adolescents. Note : 6 sur 10.

Tskhra Mtas Iqit (Le Village) de Levan Tutberidze (Géorgie, 112 minutes). À la montagne, une étrangère doit affronter les préjugés et l’hostilité des villageois. Développement psychologique faible. Note : 5 sur 10.

Under construction de Rubaiyat Hossain (Bangladesh, 88 minutes). Lasse du rôle principal d’une pièce célèbre, une actrice est déchirée entre les exigences aliénantes de sa famille et de la société machiste dans laquelle elle vit, et d’autre part ses aspirations à se réaliser en tant qu’être humain. Description fine des personnages. Note : 7,5 sur 10.

Un instante en La Habana de Guillermo Ivàn Duenas (ÉU-Cuba-Mexique-Colombie, 95 minutes). Réunion de deux frères après une longue séparation. Mélodrame excessif. Psychologie primaire. Rudesse des rapports humains. Note : 2 sur 10.

Yang Pi Fa Zi (Chèvres à la dérive) de Li Jide (Chine, 89 minutes). Un batelier, maitre dans la confection de radeaux flottant sur des peaux de chèvres gonflées d’air, se désole que son fils préfère la modernité plutôt que de lui succéder. Note : 3 sur 10.

Ziporey Hol (Phénix) de Amir Wolf (Israël, 105 minutes). Un vieux tombeur se spécialise dans la séduction de veuves d’ex-survivants de l’holocauste, ce qui lui portera malheur. Comédie noire pleine de charme. Note : 8 sur 10.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Muhammad, un film merveilleux

Publié le 4 septembre 2015 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

C’est à Montréal qu’a eu lieu la première mondiale du film iranien Muhammad.

Dans toute l’histoire du 7e art, c’est la deuxième fois qu’un film est consacré à celui qu’on appelle en français Mahomet. Le premier fut le film hollywoodien Le Message (1976), du réalisateur syrien Moustapha Akkad.

En comparaison, il y a 200 films portant sur la vie de Jésus, une centaine sur différents personnages bibliques et 42 à propos de Bouddha.

La difficulté vient du fait que la majorité des Musulmans sont sunnites et que les courants majoritaires du sunnisme contemporain interdisent toute représentation du prophète. Il s’agit d’un handicap sérieux pour tout réalisateur. C’est comme faire un film sur Dieu sans jamais le voir ni entendre sa voix.

Par contre, les Musulmans chiites, majoritaires en Iran et en Irak, permettent toute représentation respectueuse du prophète. C’était le cas dans l’ensemble du monde musulman avant que l’intégrisme saoudien s’y répande.

Dans le film, on voit du jeune Mahomet que les pieds, les mains, l’arrière de la chevelure, le bout du nez et le bas du visage (du menton au nez).

Au festival, il ne devait originellement y avoir que deux représentations puisque le film doit sortir en salle d’ici un mois. Mais à la demande générale, on a ajouté deux supplémentaires, elles aussi à guichet fermé. Au total, environ deux mille Montréalais ont déjà vu ce film.

En Iran, le film est sorti simultanément dans 57 salles. Il est question d’étendre la distribution à la moitié des salles du pays.

L’œuvre

Réalisée au coût de 40 millions $US, cette ambitieuse reconstruction historique est très crédible par le soin que sa direction artistique a apporté à la création des décors et des costumes.

Les meilleurs acteurs iraniens ont été mis à contribution pour incarner les personnages principaux et des milliers de figurants ont été embauchés pour les scènes de combat, notamment dans l’attaque de La Mecque par le général Abraha d’Abyssinie alors que cette ville est défendue par le grand-père de Mahomet

Le film frappe d’abord par la beauté de ses paysages et des villages reconstitués. Le spectateur qui n’est pas déjà familier avec la vie du prophète risque de se perdre un peu dans la multitude des rivalités tribales qui existaient à l’époque et qui ont obligé le jeune Mahomet de mener une vie errante afin d’échapper aux menaces qui pesaient sur lui en tant qu’héritier dynastique de son clan.

Toutefois, la distribution des rôles caractérise bien les bons (à l’apparence physique flatteuse) et les méchants (laids), ce qui fait qu’on s’y retrouve grosso modo dans le récit du film.

Dans le style des films hollywoodiens comme Ben Hur ou Les dix commandements, Muhammad ne se donne pas pour but de renouveler le style des films consacrés à des sujets sacrés.

Le prophète n’y est donc pas représenté comme un simple personnage historique, comme le serait César ou Bonaparte. À l’instar de la représentation cinématographique de Jésus de Nazareth, le jeune prophète — dont on suit la vie de la naissance jusqu’à 13 ans — est montré comme bon et charitable, plein d’empathie envers les faibles et les persécutés, nimbé d’un aura de lumière qui le sacralise, et porté par une trame musicale qui le glorifie.

C’est donc à la fois un film édifiant et merveilleux au sens littéral du terme (c’est-à-dire qui suscite une grande admiration en raison de son caractère exceptionnel).

D’où les reproches, adressés par les critiques occidentaux, selon lesquels Muhammad serait un film de propagande musulmane.

Un film trop musulman ?

Muhammad-2À la suite de chacune des représentations montréalaises, le réalisateur (ici au centre) s’est prêté à une séance de photos avec les festivaliers.

En conférence de presse, il a déclaré avoir voulu casser l’image de violence associée à l’Islam et offrir un apaisement aux luttes entre Chiites et Sunnites.

« L’islam est une religion de paix, d’amour et d’amitié » a-t-il déclaré, en expliquant avoir essayé de montrer le vrai visage de sa religion. « Cela n’a strictement rien à voir avec l’image violente qui en est faite à cause de radicaux qui l’ont détournée de son sens. »

Le film se compare donc aux grands films bibliques qui connaissent une popularité ininterrompue chez nous depuis des décennies à chaque fois qu’on les présente à la télévision à l’approche de Pâques.

Est-il trop long ?

À Montréal, le film de 171 minutes est présenté dans sa version originale en farsi — c’est-à-dire en langue perse moderne ou en ‘iranien’ — sous-titrée en français et en anglais. Il a été montré à une audience composée majoritairement de Musulmans montréalais, mais également de cinéphiles curieux d’autres confessions religieuses.

Au cours de la représentation à laquelle j’ai assisté debout près de la sortie, à peine quelques personnes sont sorties au cours de la projection, essentiellement pour y revenir quelques minutes plus tard. Je présume que ces gens ont simplement été soulager des besoins naturels. Deux mamans sont également sorties par crainte que leur bébé (qui s’était réveillé) de dérange leurs voisins.

Bref, presque tout le monde — hommes, femmes et enfants — a assisté à la totalité de cette projection qui débutait à 21h et qui se terminait aux environs de minuit.

Est-il, au contraire, une insulte à l’Islam ?

Quelques jours après la sortie du film, le grand mufti d’Arabie saoudite a prononcé une fatwa contre ce film, interdisant sa projection sous le prétexte qu’on y voit le corps du prophète et que ce film serait hostile à l’Islam.

Conséquemment, dans tous les pays sunnites du Moyen-Orient, le film sera probablement interdit. Dans ces pays, les exploitants de salles de cinéma qui se risqueront à braver cette fatwa le feront au péril de leur vie puisqu’un grand nombre de croyants zélés de ces pays se croient investis de la mission de réaliser la Colère Divine.

À Montréal, les Musulmans ont été nombreux à voir ce film avant que soit connue cette fatwa. Sur les médias sociaux, leur appréciation déjà publiée contribuera à la popularité du film en Occident et, involontairement, à mettre en doute la crédibilité du grand mufti et des imams d’ici qui relaieront l’interdit saoudien.

Que ce film représente physiquement le prophète, cela est indéniable : qu’il soit hostile à l’Islam est une accusation totalement burlesque, à laquelle ne pourront croire que les fidèles naïfs qui se priveront de voir ce film remarquable.

Quant à moi, non-musulman qui ai vu cette production, je recommande ce beau film à tous les Musulmans et à tous les cinéphiles.

Références :
Entre Mahomet et tout ce qu’on voudra
Film Review: ‘Muhammad: The Messenger of God’
« Mahomet », une oeuvre « hostile à l’islam »
Muhammad biopic director calls for more movies about the prophet’s life
« Muhammad » de Majid Majidi: long, ennuyant et pompeux
Muhammad: Messenger of God review – evocative account of Islam’s gestation
Muhammad: un film religieux à l’ancienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 5 juillet 2015

Publié le 7 juillet 2015 | Temps de lecture : 2 minutes

Ce dimanche soir est le dernier jour de la 36e édition du Festival de jazz de Montréal.

Tribu Baharù

À mon arrivée sur le site vers 20h40, les Colombiens de Tribu Baharù présentent leur musique sur des rythmes afro-caribéens sur la scène Bell.

Comme toujours, à 21h, les festivaliers sont sollicités par trois concerts concurrents…

Southern Hospitality

…le trio américain Southern Hospitality est en vedette sur la scène Radio-Canada Sony, tandis que…

The SoulJazz Orchestra

…The SoulJazz Orchestra, tout comme samedi soir, occupe la scène du Club jazz du Casino de Montréal.

Quant au spectacle en hommage à B.B. King (décédé le 14 mai dernier), je décide d’en voir la reprise à 23h.

Pacific Shore

Sur la scène Bell à 22h, c’est au tour de Pacific Shore de présenter un concert qui m’a laissé complètement indifférent…

Ginkgoa

…alors que la formation électro-swing Ginkgoa était de retour sur la scène Rio Tinto Alcan.

Fondé à partir du couple formé d’Antoine Chatenet (à la guitare) et de Nicolle Rochelle (voix), le groupe doit beaucoup à l’apport de son excellent clarinettiste, Corentin Giniaux.

Jimmy James
Mathieu Holubowski
Guy Bélanger et Angel Forrest
Bryan Tyler
Paul Deslauriers et Guy Bélanger

À 23h, c’est la reprise présumée du concert en hommage à B.B. King. Je découvrirai le lendemain que les deux concerts (celui de 21h et de 23h) sont différents. Ci-dessus, on peut voir les artistes en vedette au concert de 23h (il ne manque que James Conor-Gains).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
  1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 40 mm
  2e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 48 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
  4e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 62 mm
  5e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 48 mm
  6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm
  7e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 150 mm
  8e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm
  9e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 150 mm
10e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 4 juillet 2015

Publié le 6 juillet 2015 | Temps de lecture : 2 minutes
Jungle by Night

À mon arrivée sur le site à 20h52, je vois brièvement le groupe de neuf musiciens Jungle by Night, d’Amsterdam. Je les reverrai deux heures plus tard à la reprise de leur spectacle.

Ils ont près de vingt ans, en moyenne. Ils débordent d’énergie et leurs cuivres donnent de l’impact à l’afrorythme qui constitue de fond de leur répertoire.

The Reverend Peytons’s Big Damn Band

À 21h, le trio The Reverend Peytons’s Big Damn Band présente son Country-blues qui puise ses racines dans le hillbilly.

Reverend Peytons est à la guitare en acier, sa femme à la planche à laver et son cousin, à la batterie (dont une partie est en plastique).

The SoulJazz Orchestra

La Place des festivals étant pleine de gens venus entendre Adam Cohen, je décide que j’irai voir la reprise à 23h et entretemps, d’entendre plutôt The SoulJazz Orchestra au Club jazz du Casino de Montréal.

La formation polyvalente d’Ottawa joue du jazz, de funk, de l’afrorythme, du latin et du soul. Bref, de tout.

Ginkgoa

À 22h, je vois la première moitié du spectacle electro-swing du groupe parisien Ginkgoa sur la scène Rio Tinto Alcan, de même qu’une partie du concert de Jungle by Night sur le scène Bell (vu en premier).

L’autoportrait d’Adam Cohen, dos à la foule
Adam Cohen

Tel que je l’espérais, en me présentant une quinzaine de minutes avant le début de la reprise du concert d’Adam Cohen, je suis en mesure de me faufiler jusqu’aux premiers rangs.

J’assiste donc à la totalité du spectacle du sympathique auteur-compositeur montréalais.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 95 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 95 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 120 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 64 mm
5e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 142 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 120 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 3 juillet 2015

Publié le 4 juillet 2015 | Temps de lecture : 3 minutes

Ce soir, il y a encore plus de monde sur le site du festival qu’hier; des enfants accompagnés de leurs parents, des amoureux qui s’embrassent, des amis occupés à se pendre en photos à l’aide de leurs téléphones multi-fonctionels, des dizaines de milliers de festivaliers qui se déplacent d’une scène à l’autre l’air détendu, en discutant le sourire aux lèvres ou d’autres qui attendent leur tour pour acheter quelque chose à manger sur le pouce.

Elizabeth Shepherd

À mon arrivée sur le site, un peu après 20h, l’Ontarienne Elizabeth Shepherd est vedette sur la scène Rio Tinto Alcan…

Heavy Soundz

…tandis que sur la scène Bell, le groupe Heavy Soundz présente des extraits de leur prochain album (qui sortira cet automne). Celui-ci marie avec bonheur le hip-hop et la musique d’Amérique Latine.

Une heure plus tard, les festivaliers sont sollicités par trois concerts simultanés.

Le Club jazz du Casino de Montréal présente Melanie Durrant (que j’ai entendue la veille)…

Florence K

…alors que la Place des festivals accueille l’excellente pianiste et chanteuse Florence K, de même que ses invités…

Dawn Tyler Watson & Ben Racine Band

…et que le Dawn Tyler Watson & Ben Racine Band présente son répertoire sur la scène Radio-Canada Sony.

À 22h, au lieu de mon habitude de papillonner d’une scène à l’autre, je décide d’écouter en entier le spectacle d’Emmanuel Jal (dont j’ai eu un aperçu la veille).

Emmanuel Jal

Rappelons que celui-ci était enfant-soldat dans la Seconde guerre civile soudanaise. À l’âge de onze ans, il réussit à se libérer de cet enfer alors qu’il est pris en charge par la travailleuse humanitaire britannique Emma McCune.

Ce répit sera de courte durée puisque cette dernière décèdera d’un accident de voiture quelques mois plus tard.

Abandonné dans les basfonds des villes du Kenya, Emmanuel Jal découvre le hip-hop et décide d’utiliser ce médium où la parole est souveraine pour exprimer tout ce qu’il a à raconter.

Emmanuel Jal

Aujourd’hui âgé de 35 ans, il est devenu un activiste pour la paix et le contrôle des armes, de même que contre l’utilisation des enfants-soldats.

Ses reproches à l’égard de ceux parmi les praticiens du hip-hop qui prêchent la culture de gang, la violence et la drogue lui valent en retour des accusations d’être devenu un chanteur conformiste.

Le climat du concert que présente Emmanuel Jal varie de la tragédie (liée au récit de sa propre histoire) à la plus totale joie de vivre.

En raison de son exubérance sur scène — il n’arrête de danser qu’au moment de présenter ses chansons — c’est un artiste particulièrement difficile à photographier.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 46 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 62 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm
4e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 85 mm
5e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 90 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 150 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 2 juillet 2015

Publié le 3 juillet 2015 | Temps de lecture : 2 minutes

Après une succession de jours pluvieux, cette soirée dégagée donne le goût à beaucoup plus de festivaliers d’envahir le site. J’y arrive vers 20h30.

Marie-Christine

Sur la scène Rio Tinto Alcan, la chanteuse montréalaise Marie-Christine, d’origine haïtienne, s’avère être une excellente interprète. Son répertoire fait une large place au funk.

Face-T

Pendant ce temps, sur la scène Bell, Face-T présente un mélange de hip-hop, de rap et de reggae.

À 21h, les festivaliers sont sollicités par trois spectacles concurrents…

Raoul Malo, des Mavericks

…The Mavericks, de Floride, sur la scène TD…

Mélanie Durrant

…la Torontoise Mélanie Durrant, sur la scène du Club jazz du Casino de Montréal…

Philip Sayce

…et Philip Sayce sur la scène Radio-Canada Sony.

Gallois de naissance, Torontois d’adoption mais faisant maintenant carrière aux États-Unis, ce guitariste exceptionnel étonne par sa virtuosité.

Emmanuel Jal

À 22h, j’assiste de nouveau au tour de chant de Marie-Cristine. Je la quitte vers la fin, le temps d’avoir un aperçu du concert d’Emmanuel Jal sur la scène Bell.

Ex-enfant-soldat dans la Seconde guerre civile soudanaise, il est adopté à onze ans par la travailleuse humanitaire britannique Emma McCune (qui décèdera d’un accident de voiture quelques mois plus tard).

Abandonné dans les basfonds des villes du Kenya, Emmanuel Jal découvre le hip-hop et décide d’utiliser ce médium où la parole est souveraine pour exprimer tout ce qu’il a à raconter.

Je compte entendre plus longuement le concert qu’il donnera plus tard aujourd’hui.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 73 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 55 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 150 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 55 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 48 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 150 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 1er juillet 2015

Publié le 2 juillet 2015 | Temps de lecture : 2 minutes
Bet.e, du duo Bet.e & Stef

Sur la scène Rio Tinto Alcan, le duo montréalais Bet.e & Stef présentait son doux répertoire de bossa-nova et de samba teinté de jazz.

Novalima

Au même moment, le quatuor péruvien Novalima faisait danser la foule avec un mélange percutant de rythmes afro-péruviens et latino-américains.

À 21h, trois concerts simultanés…

Paul Deslauriers Band & Friends

…sur la scène Radio-Canada Sony, Paul Deslauriers Band & Friends jouait un blues puissant à saveur de rock…

L’Orchestre national de jazz de Montréal

…l’Orchestre national de jazz de Montréal — formé de 17 musiciens permanents — occupait la scène TD avec un jazz teinté de musique atonale…

Troker

…alors que le jazz expérimental et énergique du collectif mexicain Troker régnait sur la scène du Club jazz du Casino de Montréal.

Puisque le reste de la soirée se caractérisait essentiellement par le retour sur scène des mêmes artistes, je suis rentré chez moi.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 45 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 150 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 43 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 30 juin 2015

Publié le 1 juillet 2015 | Temps de lecture : 2 minutes
Sonny Knight & The Lakers

Arrivé sur le site du festival à 20h40, je vois la fin du concert de Sonny Knight & The Lakers sur la scène Rio Tinto Alcan…

Wesli

…et du Montréalais d’origine haïtienne Wesli qui, sur la scène Bell, présente un spectacle aux rythmes syncopés et aux percussions énergiques.

Jordan Officer

À 21h00, sur la scène Radio-Canada Sony, le bluesman montréalais Jordan Officer présente son spectacle de l’an dernier, qui avait fait salle comble.

The Barr Brothers

Débutant à 21h30 sur la scène TD, le quartette montréalais The Barr Brothers présente un spectacle de folk plutôt planant au sein d’un dispositif scénique ambitieux.

Illa J

En raison du fait que le spectacle des Barr Brothers se poursuit jusqu’à 23h, il n’y a qu’un spectacle qui débute à 22h et c’est celui de l’Américain Illa J. N’étant pas amateur de hip-hop, je quitte le site quinze minutes plus tard pour rentrer chez moi.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 45 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 150 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 43 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival international de jazz de Montréal : le 29 juin 2015

Publié le 30 juin 2015 | Temps de lecture : 3 minutes

Le 29 juin, je croyais finir de travailler à 21h, mais c’était plutôt à 19h (les heures d’ouverture de l’établissement ayant changé).

Je décide donc de passer chez moi chercher mon appareil photo et d’aller faire un tour au Festival de jazz (où je ne suis pas allé depuis longtemps).

Ce festival étant celui qui dispose du meilleur budget de fonctionnement, ce qui me frappe en arrivant, ce sont ses fonds de scène qui sont beaucoup mieux décorés que ceux des FrancoFolies.

Just Wôan

À mon arrivée vers 20h55, Just Wôan termine son concert sur la scène Bell.

Guy Bélanger et ses musiciens

À deux pas, sur la scène Radio-Canada Sony, l’harmoniciste Guy Bélanger commence le sien, accompagné de musiciens de différentes régions du Québec.

M. Bélanger est le récipiendaire 2014 du Maple Blues Award, décerné au meilleur harmoniciste du Canada.

Des trois concerts concurrents de 21h à 22h, c’est celui-ci qui aura ma préférence.

Youngblood Brass Band

Le deuxième de ces concerts est celui, bruyant, du Youngblood Brass Band sur la scène TD.

Nomadic Massive

Nomadic Massive complète ce trio au Club Jazz du Casino de Montréal, situé au peu à l’écart du site proprement dit du festival.

Franky Selector

À 22h, le Montréalais Franky Selector est à l’affiche sur la scène Bell…

Alex Pangman
Alex Pangman, de nouveau

…alors que sur la scène Rio Tinto Alcan, l’Ontarienne Alex Pangman présente des chansons des années 1920-1930.

Je ne sais pas si la chanteuse a amené avec elle son propre éclairagiste ou c’est celui prêté d’office par le festival, mais son travail de cet artisan est remarquable.

Andréa Blaze

Pendant ce temps, au restaurant Balmoral de la Maison du festival, Andréa Blaze présente son tour de chant.

À 23h, Guy Bélanger et Youngblood Brass Band remontent sur scène. Ayant déjà vu leurs performances respectives, je rentre chez moi.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 125 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 40 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 40 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 46 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 40 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 150 mm
7e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 150 mm
8e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 150 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival Montréal Baroque 2015 : Jour 4 (fin)

Publié le 28 juin 2015 | Temps de lecture : 4 minutes

Le temps d’écrire en bonne partie mon compte rendu de la veille et je me retrouve sur le site du festival à 11h. Ce qui signifie que j’ai raté à 9h le concert d’oeuvres pour nikelharpa écrites par Jean-François Bélanger.

L’Ensemble Per Sonare

À 11h, l’Ensemble Per Sonare présentait deux quintettes, le premier composé par Luigi Boccherini, l’autre de Beethoven.

Je ne me lasse jamais d’entendre Boccherini dont j’estime la veine mélodique et sa manière magistrale de donner la vedette successivement à chaque instrument de l’orchestre.

J’aurais davantage apprécié le quintette de Beethoven — donné par une formation légèrement différente — si deux des cinq musiciens s’étaient donné la peine d’accorder leurs instruments.

Sylvia Chan et Infusion Baroque

Au XVIIIe siècle, Isaac Newton avait cherché à établir une relation entre les sept couleurs primaires du spectre solaire et les notes de la gamme diatonique (do, ré, mi, etc.).

En visite à Paris en 1738, Telemann rencontre le mathématicien Louis-Bertrand Castel qui avait repris l’idée de Newton en l’étendant aux 12 tons de la gamme chromatique (en incluant des dièses et les bémols).

Infusion Baroque a décidé d’offrir un concert de musique de Telemann pendant qu’une artiste — Sylvia Chan — crée une toile dont les couleurs dominantes correspondent aux tons de la musique inscrite au programme.

Esteban La Rotta (théorbe), Suzie LeBlanc, Elinor Frey (violoncelle) et Michel Angers (guitare baroque)

Lors d’un séjour dans la ville italienne de Côme, on informe la violoncelliste Elinor Frey de l’existence d’un fonds de partitions inédites destinées à son instrument.

Il s’agit d’oeuvres remarquables, particulièrement difficiles à exécuter, écrites par un compositeur aujourd’hui oublié, Angelo-Maria Florè (1660-1723).

De ce trésor, Mme Frey nous présente en première mondiale des sonates pour violoncelle seul et des œuvres pour violoncelle et basse continue.

Mme Frey est une virtuose qui se rit des difficultés de ces partitions, dont la date exacte de composition est inconnue.

Ont elles été écrites alors que le violoncelle moderne avait conquis l’Italie, où à l’époque où violoncelle voulait dire violoncelle d’épaule ?

La question ne se pose pas pour Mme Frey. Celle-ci a créé le scandale hier en s’opposant publiquement à la thèse de Sigiswald Kuijken lors d’une conférence que ce dernier prononçait dans le cadre du festival.

Involontairement, Mme Frey a peut-être fait la démonstration que M. Kuijken a raison dans la mesure où la majorité des oeuvres instrumentales présentées mettaient en vedette le violoncelle, accompagné d’un théorbe et d’une guitare baroque, soit deux instruments dont le son délicat ne faisait pas le poids face à celui du violoncelle vrombissant de Mme Frey.

Évidemment, il s’agissait d’oeuvres où le violoncelle devait primer. Mais le déséquilibre était tel qu’on peut penser qu’un instrument moins puissant eut été plus approprié.

Ceci étant dit, le concert fit sensation. Il fut également l’occasion pour Mme Frey de démontrer son immense talent.

Bande Montréal Baroque

Le dernier concert du festival de cette année fut donné par la Bande Montréal Baroque, sous le direction de Sigiswald Kuijken.

À l’affiche, deux concertos grosso de Corelli, un de Georg Muffat, une sonate de Corelli, et une suite en trio de Couperin.

Bref, un programme ambitieux et agréable qui donna l’occasion à l’orchestre montréalais démontrer sa virtuosité et son professionnalisme.

Une fois de plus le Festival Montréal baroque fait la preuve du nombre étonnant de talents que compte la métropole dans le répertoire baroque. L’édition de cette année, dominée par le répertoire pour violoncelle, a certainement comblé les attentes des festivaliers.

Merci donc aux artisans de ce succès.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 75 mm F/1,8 (la 3e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 35 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 250 — 75 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel