L’après-SLĀV et l‘invisibilisation’ des ‘groupes racisés’

23 janvier 2019

J’ai hâte au jour où les intéressés auront tous vu SLĀV.

Ce jour-là, ceux qui reprochent au metteur en scène Robert Lepage ‘d’invisibiliser’ les ‘groupes racisés’ découvront que sans lui, l’esclavage en général et l’esclavage noir en particulier sont des sujets d’intérêt mineur pour les Québécois.

Non pas que les Québécois appuient l’esclavagisme, au contraire, mais que de toutes les formes d’injustice à travers le monde, celles qui concernent le peuple francoQuébécois sont les seules qui nous intéressent vraiment.

Les injustices vécues par les autres nous passionnent quand le talent de nos créateurs s’y consacre. Sans cela, c’est un sujet parmi des milliers d’autres qui sollicitent notre empathie.

Lorsque plus aucun de nos producteurs n’osera traiter de ce sujet tabou — laissé au monopole d’artisans noirs en quête de financement — c’est alors que les adversaires de l’appropriation culturelle découvriront que ce qui nous intéressait dans SLĀV, c’était fondamentalement de voir un bon spectacle.

SLĀV est centré sur le thème de l’exploitation de l’homme par l’homme. Mais on aurait voulu le voir pareil si Robert Lepage avait plutôt décidé d’y parler du nouveau Guide alimentaire canadien. Parce que tout dans Lepage nous fascine alors que ce n’est pas le cas de l’esclavage.

Après SLĀV, je crains que les adversaires de Robert Lepage découvrent ce que signifie réellement ‘l’invisibilisation’ des ‘groupes racisés’; le silence au sujet des injustices auxquels ils ont été soumis au cours des siècles et plus précisément, le silence total autour de ces vieux chants d’esclave que seule au monde, Betty Bonifassi luttait pour faire sortir de l’oubli.

Sur le même sujet :
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
La controverse au sujet de SLĀV
‘Shame!’ ou l’expression du mépris

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Téléromans : s’adapter à tous les formats

18 janvier 2019
À l’hôtel de Délima Poudrier

C’est qui le réalisateur ?

Voilà la question que je me suis immédiatement posée lundi dernier en regardant le deuxième épisode de la quatrième saison du téléroman ‘Les Pays d’en haut’.

Le lendemain, en cherchant sur l’internet, j’ai appris que cette année, le réalisateur Yan Lanouette-Turgeon remplace Sylvain Archambault.

Le premier épisode de la saison ressemblait aux épisodes précédents; mêmes personnages, mêmes décors et mêmes costumes, le tout filmé dans des tonalités chaudes.

Le désespoir de Séraphin Poudrier

Toutefois, ce nouvel épisode se distingue par ses nombreux gros plans à la profondeur de champ minimale dans lesquels le visage des acteurs est sculpté par la lumière.

Le pardon à Donalda

Dans les deux premiers épisodes de la 4e saison, des objets inanimés, filmés également en gros plan, prennent à plusieurs reprises une signification symbolique; un pistolet sur le coin d’une table (au premier épisode), l’anneau de mariage que Séraphin s’est retiré du doigt, et les lunettes héritées de sa mère qu’il confie à Donalda.

Autre caractéristique : l’expressionnisme de la bande sonore.

Parmi les plus importantes, plusieurs séquences sont muettes. Ou, pour être plus précis, celles-ci sont sonores. Comme par exemple, lorsque l’idée de tuer sa femme traverse l’esprit d’un personnage, rien n’est dit et seul le bruit de sa respiration trahit ses pensées.

L’évanouissement de Pâquerette Deschamps

Et parmi tout cela, des séquences qui insufflent une bonne dose d’ironie qui vient alléger le propos.

Bref, cet épisode est un régal pour les cinéphiles. Il fait penser à un croisement entre le meilleur de Podz (dans Minuit, le soir, entre autres) et le meilleur de Friedrich-Wilhelm Murneau (dans ‘Sunrise’).

Je soupçonne que ce style répond à une nécessité; faire en sorte que les téléspectateurs puissent écouter ‘Les Pays d’en haut’ sur tous les types d’écrans actuels. Du téléviseur géant (qui profite de la haute résolution des images) au minuscule écran de téléphone multifonctionnel (où les gros plans font merveille).


Captures d’écran : © 2019 – Sovimage et Encore Télévision.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Livres d’heures enluminés

6 janvier 2019
Aperçu de l’exposition

C’est cet après-midi que se terminait l’exposition ‘Resplendissantes enluminures’ au Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Organisée par le musée en collaboration avec l’université McGill et l’Université de Montréal, l’exposition présentait une cinquantaine d’œuvres — quelques livres d’heures et de nombreuses pages extraites de livres d’heures — détenus principalement par le MBAM et l’université McGill.

Apparu en France et dans les Pays-Bas au XIIIe siècle, le livre d’heures est un petit livre de dévotion destiné aux laïcs. On y trouve des prières, des cantiques, des psaumes, et un calendrier liturgique.

Immensément populaires aux XVe et XVIe siècles, ces livres étaient manuscrits avant l’invention de l’imprimerie.

Les plus précieux d’entre eux étaient décorés de miniatures peintes à la main.

Avec le temps, la canonisation de nouveaux saints et l’attribution de leurs fêtes à certains jours de l’année rendaient caducs les vieux calendriers liturgiques.

Ayant perdu leur utilité première, ces livres furent souvent démembrés aux XIXe et XXe siècles pour en extraire les gravures.

Voici quelques-unes des enluminures de l’exposition.

La Déposition du Christ (Vénétie, vers 1375)
L’Annonciation (Paris, vers 1430-1435)
Début du psaume 110 (Pays-Bas, vers 1480)
Suffrages à sainte Barbe (Paris, vers 1475-1485)
Heures Masmines et Boutillier (Gand, vers 1500)
L’Adoration des Mages (Rouen, vers 1500)

Référence : Livre d’heures

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 2500 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fantaisie du temps des fêtes (suite)

22 décembre 2018
Le défilé de mode

La scénographie de l’Expo Barbie est simple.

On y trouve trois vitrines thématiques : Le défilé de mode, Escapade à New York et Le Club de jazz.

Face aux visiteurs, les autres poupées s’alignent dans deux longues vitrines superposées qui courent le long de tous les murs de l’exposition.

Poupée Ravishing in Rouge
Poupée Publicity Tour
Poupée Goddess of the Galaxy
Escapade à New York
Poupée Peru
Poupée Golden Legacy

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/60 sec. — F/6,3 — ISO 2500 — 25 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/500 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fantaisie du temps des fêtes

21 décembre 2018
Vue d’ensemble

Je connais peu de choses aussi kitchs qu’une exposition de poupées Barbie.

Depuis le 11 février 2016, et ce pour une période indéterminée, Les Cours Mont-Royal présentent gratuitement la plus grande exposition consacrée à la belle Américaine anorexique.

J’y suis allé hier matin à la recherche d’un sujet léger pour le temps des fêtes.

On y trouve plus de mille poupées classées par thèmes vestimentaires : tenues folkloriques, les figurines représentant des vedettes populaires, celles habillées comme des personnages célèbres de films ou de toiles de maitre, d’autres comme les égéries qui ont inspiré de grands couturiers, etc.

À ma très grande honte, je dois confesser que j’ai adoré.

Comme un paparazzi, j’ai cherché à débusquer dans cette foule miniature les actrices célèbres. Cinéphile, j’ai voulu obtenir l’angle qui contribuerait le mieux au mystère évanescent de la diva italienne. Etc.

Pour maintenir l’intérêt d’un texte à venir à ce sujet (celui que vous lisez), il me fallait multiplier les pointes de vues, de l’éloigné au gros plan.

Parfois, en cliquant sur les photos ci-dessous, on pourra voir des détails plus évidents sur la version à plus haute résolution.

Et parmi la liste des petits détails à ne pas négliger, il y a avait le souci (à l’aide de ma tuque) de cacher les reflets dans la vitrine. Précisons que tuque est le nom que les Québécois donnent à un bonnet.

Parmi les photos que j’ai prises, en voici sept pour aujourd’hui : sept autres suivront bientôt.

Poupée Silken Flame
Poupée Mint Memories
Poupée Billions of Dreams
Poupée Circus
Poupée Goddess of the Sun
Poupée Fantasy Goddess of Africa

Référence : Barbie Lovers’ Paradise

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/800 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/800 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/500 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Photoreportage de ‘The Fairy Queen’ à l’U de M

3 décembre 2018

Les élèves de la faculté de musique de l’Université de Montréal montent périodiquement des spectacles auxquels le public est invité.

C’était le cas vendredi et samedi soirs derniers où des extraits du semi-opéra Fairy Queen de Purcell étaient présentés.

Le tout était transposé dans une gare ferroviaire.

Sans sous-titres ni livret, j’avoue ne pas avoir compris grand-chose à ce qui se passait sur scène.

Ce spectacle ‘bien’ — un peu en deçà du niveau de spectacles antérieurs donnés par d’autres étudiants — était donc une occasion d’apprécier les talents de la relève lyrique québécoise.

À ma grande surprise, on pouvait photographier au cours de la représentation. Je me suis donc placé au fond de la salle pour prendre les photos suivantes.

Lucas Richaud et Roseline Marois-Bernier
Gaëlle Salomon-Corlobe (excellente)
David Turcotte
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Emmanuel Hasler et Dominic Veilleux
Agnès Ménard
Élise Guignard
Maud Lewden
David Turcotte
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Hélène Picard
Martin Davout
Dominic Veilleux
Luc Beauséjour, Marie-Nathalie Lacoursière et Robin Wheeler

Les trois principaux artisans de cette production sont Luc Beauséjour (qui dirigeait l’Atelier de musique baroque de l’UdeM), Marie-Nathalie Lacoursière (responsable de la mise en scène) et Robin Wheeler (directeur de l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm R
 1re photo : 1/250 sec. — F/5,4 — ISO 3200 — 128 mm
 2e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 1600 — 150 mm
 3e  photo : 1/6400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm
 4e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 6400 — 150 mm
 5e  photo : 1/250 sec. — F/5,0 — ISO 6400 — 100 mm
 6e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 6400 — 150 mm
 7e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 6400 — 150 mm
 8e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 5000 — 150 mm
 9e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 5000 — 150 mm
10e  photo : 1/100 sec. — F/5,0 — ISO 1250 — 45 mm
11e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 6400 — 150 mm
12e  photo : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 6400 — 150 mm
13e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 5000 — 150 mm
14e  photo : 1/160 sec. — F/5,0 — ISO 2000 — 85 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Richard Paré à l’orgue de l’oratoire Saint-Joseph

12 novembre 2018
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Dimanche dernier, le claveciniste et organiste Richard Paré donnait un concert à l’orgue de l’oratoire Saint-Joseph.

Au programme :
• Dialogue en ut, de Louis Marchand (1669-1732)
• Prélude et fugue en mi mineur, de Nicholas Bruhns (1665-1697)
• Partita sur le choral Was Gott tut das ist Wolghetan, de Johann Pachelbel (1653-1706)
• Prélude, fugue et chacone en do majeur, BuxWV 137 de Dietrich Buxtehude (1653-1707)
• Concerto en sol majeur, BWV 592 de J.S. Bach
• les transcriptions de deux chorals par J.S. Bach
• Prélude et fugue en sol majeur, BWV 532 de J.S. Bach.

Axé sur des compositeurs du XVIIe siècle (et sur Bach, puisqu’il le faut dans le cadre d’un festival qui lui est dédié), ce concert fut très intéressant.

Ce fut, entre autres, une occasion de faire connaissance avec Louis Marchand, dont le Dialogue en ut m’a plu.

Mort à 31 ans, Nicholas Bruhns occupe une place importante parmi les organistes qui ont précédé Bach.

La troisième œuvre à l’affiche permit à Richard Paré de mettre en valeur l’orgue de l’oratoire, jouant chacune des nombreuses variations de la partita de Pachelbel comme si elle était jouée par un instrument complètement différent. À mon avis, ce fut le ‘clou’ de ce programme.

J’ai peu d’affinité pour Buxtehude.

C’est dans l’interprétation de Bach que le souci de transparence du claveciniste fut le plus évident à l’orgue.

Merci donc au Festival Bach de Montréal d’offrir gratuitement aux mélomanes un concert d’une telle qualité.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,0 — ISO 1600 — 12 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,0 — ISO 2500 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Emmanuel Hocdé à l’orgue de l’oratoire Saint-Joseph

6 novembre 2018
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Du 17 novembre au 7 décembre se tient officiellement l’édition 2018 du Festival Bach de Montréal.

Mais dès les 4 et 11 novembre, deux concerts d’orgue sont prévus officieusement. Les deux font partie des six évènements offerts gratuitement.

Le concert de dimanche dernier mettait en vedette le récipiendaire 2002 du Grand prix d’interprétation du Concours international d’orgue de Chartres (le prix le plus prestigieux au monde).

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Au programme :
Prélude et fugue en mi mineur BWV 548 de J.S. Bach
Allein Gott in der Hoch sei Her BWV 662
Toccata, adagio et fugue en do majeur BWV 564
Prélude et fugue en do mineur op. 37 no 1 de Félix Mendelssohn
Improvisation d’Emmanuel Hocdé.

Le grand orgue de l’oratoire est une bête puissante créée en 1960 par le facteur allemand Rudolf von Beckerath.

La musique pour orgue de Bach a été composée pour les orgues délicats joués dans des églises dont la réverbération est complètement différente de celle de l’oratoire.

Bref, emmitouflées dans l’écho des lieux, les deux premières œuvres au programme ne m’ont rien dit.

Seule la troisième m’a plu parmi les œuvres de Bach.

Composée par l’organiste lui-même, c’est Improvisation qui fut, à mon avis, le ‘clou’ de ce concert d’une cinquantaine de minutes.

Tirant parti de l’instrument et de l’acoustique du lieu, cette pièce aurait fait la fierté de Debussy s’il en avait été le compositeur.

Le concert de dimanche prochain à l’Oratoire sera également gratuit. Je vous invite à y assister et à profiter de votre visite pour apprécier la beauté des lieux.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 19 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 12 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 27 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm

Post-Scriptum : Ceux dont l’écran d’ordinateur possède une résolution de 1900 x 1200 pixels pourront télécharger la première photo qui accompagne de texte (l’aperçu général de l’Oratoire) afin de s’en servir comme fond d’écran en cliquant sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Actéon et Pygmalion à l’Atelier Opera

5 novembre 2018

Introduction

Elgin Theatre

Du 25 octobre au 3 novembre 2018, l’Atelier Opera de Toronto présentait deux opéras baroques français.

Même si ces œuvres, d’une durée respective d’une quarantaine et d’une cinquantaine de minutes, sont de style baroque, elles appartiennent à deux siècles et à deux esprits très différents.

Actéon

Distribution d’Actéon

Dans la mythologie grecque, Actéon est ce chasseur qui surprend Artémis (appelée Diane par les Romains) alors que la déesse nue prend son bain. Furieuse, celle-ci le change en cerf, bientôt dévoré par ses chiens.

On ne peut ignorer l’aspect moralisateur de l’histoire, alors que le voyeurisme et le désir érotique du chasseur sont finalement sanctionnés d’une punition divine.

La tragédie lyrique de Marc-Antoine Charpentier a été composée en 1684, à une époque où Lully s’était fait octroyer par le roi le monopole de la représentation des grands spectacles musicaux.

Conçue pour divertissement privé d’un noble, l’œuvre était jouée par un petit effectif instrumental et chantée par une poignée de solistes qui assuraient également les parties chorales.

J’avais entendu cette œuvre au disque il y a bien longtemps et le souvenir qu’en avais conservé est celui d’une œuvre sévère, voir un peu ennuyeuse.

À Toronto, l’effectif orchestral a été augmenté. Si bien que l’équilibre entre les vents et les cordes a été modifié aux dépens des premiers. Le rôle d’Actéon est chanté par un baryton plutôt d’un contreténor.

De plus, les parties chorales sont ici assurées par les chanteurs appuyés par un chœur aux accents lullistes, placé dans une loge.

En dépit de ces changements qui assombriront, à juste titre, le plaisir des puristes, la production torontoise est très séduisante.

L’éclairage raffiné de Michelle Ramsay, multipliant des taches d’ombre et de lumière comme dans un sous-bois, les costumes chatoyants de Gerard Gauci (qui rappellent plus un bal du XIXe qu’une partie de chasse au XVIIe siècle), l’incarnation brillante de Colin Ainsworth en Actéon et surtout la mise en scène amusante et inventive de Marshall Pinkoski font en sorte que cette production est de nature à plaire à un public contemporain.

Pigmalion

Distribution de Pigmalion

Présenté en 1748, Pigmalion (selon l’orthographe de l’époque) est une des compositions les plus populaires de Rameau.

Tiré des Métamorphoses d’Ovide (tout comme Diane et Actéon), Pigmalion reflète l’époque hédoniste de Louis XV à la cour.

Le sculpteur Pigmalion tombe amoureux d’une de ses créations à qui Aphrodite, déesse de l’amour, donnera vie. Le tout se termine par des danses qui célèbrent justement le triomphe de l’Amour.

Lully étant mort depuis 1687, Rameau a composé son œuvre pour un ensemble instrumental plus varié que celui dont disposait son collègue Charpentier.

Essentiellement, Pigmalion doit son succès aux ballets qui en occupent la place centrale et à deux airs de bravoure — ‘L’Amour triomphe’ et ‘Règne, Amour’ — qui ne peuvent être chantés que par un ténor capable d’une extrême virtuosité.

Le baryton Colin Ainsworth fait partie du très petit nombre de chanteurs au monde capables d’une prouesse vocale de niveau olympique, à la fois agile et puissante.

Entre deux séances d’enregistrement en studio, on peut accorder un peu de répit au chanteur qui doit interpréter ces airs. Sur scène, celui-ci n’a qu’une pantomime de trois minutes pour reprendre son souffle.

Voilà pourquoi on pardonnera un peu de fatigue au baryton à son deuxième air après avoir été l’épine dorsale de cette double production pendant plus de 90 minutes.

Maintenant, parlons des ballets.

Par souci d’authenticité, il est fréquent de nos jours qu’on danse les ballets baroques en recourant aux notations chorégraphiques de l’époque. C’est ce qu’on a fait à Toronto.

Chorégraphie de Marie-Nathalie Lacoursière

Toutefois, ces pas de danse doivent être accompagnés d’une gestuelle appropriée, comme le montre l’exemple ci-dessus, filmé à Montréal, où on notera le jeu des mains.

C’est cette gestuelle qui n’est pas encore parfaitement bien maitrisée à Toronto.

De plus, à Toronto, les longues robes des danseuses rappellent plus la deuxième moitié du XIXe siècle que l’époque de Rameau.

Quant au fond de scène, c’est un décor surréaliste inspiré de Magritte qui est franchement laid et dont l’impact visuel est une distraction inutile. J’espère qu’on trouvera moyen de le remplacer par autre chose lorsque ce spectacle prendra l’affiche à Versailles.

Ceci étant dit, les productions scéniques d’opéras baroques sont tellement peu fréquentes de ce côté-ci de l’Atlantique que chacune d’elles doit être encouragée. Effectivement, cette double production Actéon/Pygmalion fut, globalement, un assez bon spectacle.

À lui seul, Actéon méritait le déplacement.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 31 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 38 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Jardins de lumière 2018 à l’heure bleue

30 octobre 2018

Il ne reste plus que deux jours pour visiter la 26e édition de l’exposition annuelle de lanternes chinoises au Jardin botanique de Montréal.

J’y suis allé une première fois le 9 octobre et j’y suis retourné hier soir à l’heure bleue, c’est-à-dire à cette période entre le jour et la nuit où le ciel est encore légèrement lumineux.

Voici ce que j’en ai rapporté.

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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif Voigtländer 17,5mm F/0,95
1re photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 1250 — 17,5 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 640 — 17,5 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 1250 — 17,5 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 500 — 17,5 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/1.1 — ISO 400 — 17,5 mm
6e  photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 250 — 17,5 mm
7e  photo : 1/125 sec. — F/1,1 — ISO 800 — 17,5 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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