Alicia Alonso, chorégraphe et ballerine (1920-2019)

20 octobre 2019

C’est le 17 octobre dernier qu’est décédée une des plus talentueuses ballerines et chorégraphes du XXe siècle.



 
Je n’ai jamais rencontré Mme Alonso, mais je l’ai croisée à deux reprises.

La première fois, le 2 novembre 2012, c’était à l’occasion d’une représentation du ballet Gisèle à laquelle elle avait tenu à assister (en dépit de sa cécité).

Le 18 novembre de la même année, elle était venue entendre un récital de la soprano Johana Simón au Palacio de los Matrimonios.



 
Cette cécité complète, survenue à la fin du XXe siècle, a convaincu Mme Alonso de se départir de ses riches souvenirs, provoquant ainsi la création du Museo de la Danza de La Havane.

On y trouve des chorégraphies notées — puisque le ballet possède son propre système de notation — des programmes originaux qui ont marqué l’histoire de cette discipline, des costumes, des photos dédicacées des plus grands danseurs du XXe siècle, des affiches, des croquis de décors et de costumes, des coiffes de Mme Alonso, de même que les décorations et honneurs que celle-ci a reçus (dont le titre d’officier de la Légion d’honneur, en 2003).

Ce qu’il y a de remarquable dans la carrière de Mme Alonzo, c’est que celle-ci exercé toute sa carrière internationale — qui s’est étendu sur près d’un demi-siècle — en étant semi-voyante.

Maintenu relativement secret, ce handicap était compensé par des lumières de scène disposées de manière à la guider alors que ses partenaires masculins devaient se trouver exactement là où ils étaient sensés être.

Seuls de minces câbles, tendus par précaution au-devant de la scène, pouvaient laisser deviner quelque chose d’anormal au spectateur perspicace occupant les premiers rangs.

À la Révolution cubaine, Mme Alonso est invitée par Fidel Castro à créer le Ballet national de Cuba.

Grâce aux tournées dans les villes et les villages les plus pauvres de l’ile, et aux représentations dans les usines et dans les écoles, la troupe parvient à susciter les vocations et à anoblir cette discipline aux yeux du peuple cubain.

Au point que le métier de danseur est, de nos jours, autant estimé dans l’ile que l’exercice de la médecine ou du droit.

La discipline rigoureuse instaurée par Mme Alonso fera de La Havane le deuxième centre mondial d’excellence pour le ballet, après celui du Bolshoï.

Tous les deux ans, la troupe organise le Festival international de ballet de La Havane. Peu connu du grand public hors de l’ile, ce festival est pourtant à ne pas manquer pour tout amateur de ballet.

Cliquez sur l’image pour démarrer

L’excellence de Cuba à ce sujet se voit même dans les spectacles de fin d’année donnée par les jeunes diplômés et les étudiants de l’École nationale de ballet.

Référence : Alicia Alonso obituary

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 40-150 mm R (1re photo) et Lumix 12-35 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/40 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 40 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 35 mm
3e  photo : 1/500 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Thierry Mugler : couturissime – Acte VII

28 août 2019
Aperçu de l’Acte VII

Intitulée ‘Couture d’Androïdes’, la dernière salle de l’exposition consacrée à Mugler présente ses créations inspirées de la bande dessinée futuriste ou du cinéma d’anticipation.

Les murs en tôle ondulée percée de lumières font référence à un ciel étoilé, ce qui contribue à associer ces androïdes à des extraterrestres.

À mon avis, il aurait été plus audacieux de considérer ces humanoïdes comme des créations humaines tellement évoluées qu’elles ont pris le contrôle de notre planète.

Ce qui aurait été une occasion de présenter, sur les murs de cette salle, le travail des meilleurs graffiteurs de la ville alors que le musée de la ville d’Helsinki réservait tout un étage aux siens à l’occasion d’une exposition temporaire récente.

Pout termineŕ, rappelons que cette exposition prendra fin le 8 septembre 2019.

De la collection ‘Hiver Buick’
De la collection ‘Les Insectes’ (sic)
Costume du spectacle ‘The Wyld’
De la collection ‘Music-hall’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs PanLeica 8-18 mm (1re photo) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/3,2 — ISO 2500 — 11 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 2500 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25 mm


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Thierry Mugler : couturissime – Acte VI

27 août 2019
Aperçu de l’Acte VI
Aperçu de l’Acte VI

Métamorphoses : le bestiaire fantastique’ est le titre que porte l’Acte VI (ou sixième salle) de l’exposition montréalaise consacrée au couturier Thierry Mugler.

À elle seule, cette partie de l’exposition vaut le déplacement.

Il faut dire que le Musée des Beaux-Arts y a mis le paquet. Cette salle a été habillée d’un décor féérique créé par la firme montréalaise Rodeo FX, coqueluche des studios hollywoodiens.

Autour des visiteurs, les oiseaux volent, le feuillage frémit au vent et, à l’occasion, une lune immense apparait entre les arbres.

De la collection ‘Les Insectes’
De la collection ‘La Chimère’
Détail de la robe
De la collection ‘Les Insectes’
‘La Tonkinoise’ (de la collection ‘La Chimère’)
De la collection ‘Les Insectes’)
De la collection ‘Spirale futuriste’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (2e photo), objectifs M.Zuiko 40-150 mm R (4e et 5e photos), PanLeica 8-18 mm (1re et 9e photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/13 sec. — F/3,8 — ISO 6400 — 16 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 8 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 1000 — 25 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 145 mm
5e  photo : 1/400 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 150 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 2500 — 25 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
9e  photo : 1/13 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 18 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Thierry Mugler : couturissime – Acte V

26 août 2019
Aperçu de l’Acte V
Aperçu des créations en vedette
Aperçu des créations en vedette

Dans le dernier quart du XXe siècle, Mugler propose l’allure ‘amazone glamour’ où la femme n’est pas un objet sexuel, mais un sujet sexuel, conquérante et non victime.

Ses robes moulées, à la taille fine (corsetée si besoin), au décolleté plongeant, font appel à des matériaux innovants comme le nylon et des fibres synthétiques très élastiques dont l’élasthanne (Lycra™) et le latex.

Comme toujours, la confection est irréprochable.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re photo), objectif PanLeica 8-18 mm (2e et 3e photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/3,7 — ISO 1600 — 15 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 18 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Thierry Mugler : couturissime – Actes III & IV

26 août 2019

L’Acte III

Aperçu de l’Acte III
De la collection ‘Superstar Diana Ross’

La troisième salle de l’exposition montréalaise (appelée ‘Acte III’) présente essentiellement des tailleurs, des blousons et des bustiers, de même que des accessoires.

Son caractère hétéroclite fait en sorte que l’Acte III est la seule de l’exposition qui est sans titre.

L’Acte IV

Aperçu de l’Acte IV

Intitulé ‘Dans l’œil du photographe’, l’Acte IV est une pièce à moitié peinte en noir et l’autre moitié, en blanc.

À son centre, quatre sobres tenues vestimentaires de Mugler se dressent sur une plateforme circulaire.

Montage photographique

Les murs de la salle sont décorés de photos de mode mettant en vedette des créations du styliste.

Puisque je n’aime pas photographier des photographies — ce qui dégrade la qualité des photos et ne leur rend pas parfaitement justice — j’ai préféré réaliser un petit montage qui en donne un aperçu.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone M.Zuiko8 mm F/1,8 (1re photo), objectifs M.Zuiko 25 mm F/1,2 (2e photo) et PanLeica 8-18 mm (3e et 4e photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 1250 — 25 mm
3e  photo : 1/50 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 18 mm
4e  photo : 1/25 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 18 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Thierry Mugler : couturissime – Acte II

26 août 2019
Aperçu de l’Acte II
De la collection ‘Les Cow-Boys’
De la collection ‘Les Infernales’
De la collection ‘Hiver des anges – 10 ans’
De la collection ‘Anniversaire des 20 ans’
De la collection ‘Anniversaire des 20 ans’

Chacune des salles de l’exposition consacrée à Mugler est un ‘acte’.

L’Acte II porte le titre de ‘Stars & strass : la mode mise en scène’.

Pourquoi ce titre ?

C’est en 1984 que Mugler importe en Occident le concept de défilé-spectacle ouvert au public, créé au Japon en 1973 par le couturier Issey Miyake.

Dans la salle du Zénith, à Paris, six-mille spectateurs paient alors 175 francs (45,5 euros) pour assister au défilé de soixante mannequins portant 350 créations de Mugler.

Ses mannequins prennent alors l’aspect de personnages de fiction et de superhéroïnes.

Dans ses défilés, Mugler met lui-même en scène ses créations sur une trame musicale formée de mélopées africaines, de chansons égyptiennes, de partitions minimalistes ou de musique électronique, le tout métissé de bruits naturels ou d’œuvres de compositeurs classiques.

Mugler a compris qu’en créant pour des célébrités, on devient célèbre.

Ses vêtements extravagants sont portés par des vedettes de la musique populaire parmi lesquels Beyoncé, David Bowie, James Brown, Céline Dion, Diane Dufresne, Lady Gaga, et Madonna.

Des vedettes qui, en retour, apparaissent dans ses propres défilés à titre d’invités-surprises.

Il est également prisé par les actrices hollywoodiennes lors de galas et de remises de prix.

À l’exposition montréalaise, un écran placé au fond de la salle présente le message de Céline Dion au Gala de l’ADISQ de 1990.

À cette occasion, la chanteuse — revêtue d’une robe de Mugler — refusait le prix qu’on lui offrait à titre d’Artiste anglophone de l’année (en raison du succès de son album anglophone à l’international).

Mme Dion suggérait alors la création d’un prix récompensant l’artiste québécois s’étant le plus illustré sur le plan international, une suggestion qui sera retenue par l’ADISQ dès l’année suivante.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 8-18 mm (3e photo) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 8 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/4,0 — ISO 1250 — 18 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Thierry Mugler : couturissime – Acte I

25 août 2019
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Introduction

Au Musée des Beaux-Arts de Montréal, c’est le 8 septembre 2019 que prendra fin l’exposition ‘Thierry Mugler : couturissime’.

Présentée à Montréal en première mondiale, cette rétrospective présente plus de 150 tenues réalisées entre 1977 et 2014.

Dans le passé, le couturier avait refusé les offres semblables du Musée des arts décoratifs de Paris, du Victoria and Albert Museum de Londres et du Metropolitan Museum of Art de New York.

Mais le retentissement mondial de l’exposition que le Musée des Beaux-Arts de Montréal a consacrée à Jean-Paul Gaultier a vaincu les réticences de Mugler.

Après Montréal, l’exposition sera présentée à Rotterdam (du 12 octobre 2019 au 8 mars 2020) et à Munich (du 3 avril au 30 aout 2020).

Puisque mes compétences en matière de haute-couture sont plutôt rudimentaires, les articles qui seront publiés à ce sujet seront essentiellement des reportages photographiques.

Les costumes de La Tragédie de Macbeth

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C’est lors de la présentation de cette pièce de Shakespeare dans la cour d’honneur du Palais des Papes à Avignon que la Comédie française dévoilait en 1985 les 70 costumes et accessoires que Thierry Mugler ait créés pour elle.

Le couturier avait alors disposé du plus gros budget consacré aux costumes de l’histoire de l’institution théâtrale.

Pour l’exposition montréalaise, la Comédie française a prêté six de ces costumes.

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Au fond de la salle, on projette un clip vidéo inspiré de la pièce, réalisé par le vidéaste montréalais Michel Lemieux.

Mettant en vedette la danseuse Alexia Martel dans une chorégraphie de Julie Perron, on y voit l’épouse de Macbeth, peu à peu envahie de remords, qui est obsédée par le sang imaginaire sur ses mains; elle finira par se dissoudre dans la folie.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs PanLeica 8-18 mm (2e photo) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (1re et 3e photos)
1re photo : 1/8000 sec. — F/1,2 — ISO 125 — 25 mm
2e  photo : 1/5 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 8 mm
3e  photo : 1/30 sec. — F/1,2 — ISO 6400 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le film ‘Ceux qui font les révolutions à moitié…’

24 août 2019

Cette semaine, j’ai vu à la télé le film collectif ‘Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau’.

Les échos que j’en avais eus ne m’avaient pas incité à le voir au cinéma. Je l’ai donc regardé avec réticence, prêt à en interrompre le visionnement si le film ne me plaisait pas.

Après l’avoir vu, je crois qu’il s’agit du film québécois le plus significatif paru depuis une décennie.

En architecture, en sculpture et en musique, il existe des œuvres qui sont caractéristiques de leur temps.

La cantate ‘Ecclesia militantis’ de Guillaume Dufay et la basilique de Saint-Denis témoignent de l’intense foi religieuse du Moyen-Âge.

De la même manière, ces églises richement décorées nées de la Contre-réforme avaient pour but de créer chez les fidèles une stupéfaction qui les rendait vulnérables à la prédication religieuse.

Le cinéma est un art plus récent dont certaines œuvres sont typiques de l’époque qui les a vues naitre.

C’est le cas de ce film qui puise sa source dans le souffle de révolte qui s’est emparé d’une bonne partie de la jeunesse étudiante lors du Printemps érable.

À l’instar de certains films de gangsters qui rendent intéressants les quartiers sales et délabrés de New York, les lieux glauques du tournage sont rehaussés par une direction artistique qui les magnifie (notamment par l’éclairage) au point que certains plans sont beaux en dépit de la pauvreté des moyens pour y parvenir.

Au cours de ce film engagé, le récit est parfois interrompu par des plans fixes qui présentent un texte jugé utile à la réflexion du spectateur.

Ce didactisme est évidemment de nature à irriter ceux qui sont hostiles à l’idéologie du film.

Tout comme le meilleur du Hip-Hop, les dialogues ont été écrits avec soin. Ils sont très littéraires en dépit du fait que certaines scènes sont probablement issues de séances d’improvisation.

Mais à la différence des chansons d’un groupe comme Loco Locass, le film évite la virtuosité formelle des dialogues qui, dans le flot continu d’un film, aurait été un obstacle à la compréhension immédiate du spectateur.

Une des scènes les plus saisissantes du film est celle où un comédien nu fait son autocritique devant les membres de sa cellule révolutionnaire. En équilibre sur le mince fil qui sépare la vraisemblance du ridicule le plus complet, l’acteur réussit à livrer une performance qui suscite la pitié du spectateur.

Alors que triomphent de nos jours les messages infantilisants qui deviennent viraux, ce film nécessaire est un document phare qui anticipe l’ère des révoltes qui s’annonce à l’issue de la faillite des mirages du néolibéralisme.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le défilé de la fierté gaie de 2019

18 août 2019
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C’est en aout 2015 que j’assistais pour la première fois à un défilé montréalais de la fierté gaie.

Il y a moins de deux semaines, le Bloc québécois invitait les dirigeants péquistes des différentes circonscriptions à se joindre à lui. Non pas en tant que spectateurs, mais parmi les participants qui déambulent sur la rue.

Nous étions invités à porter du violet, la couleur-thème du défilé de cette année.

Du violet. Pour l’amour du Ciel, qui s’habille en violet ?

J’ai eu beau ouvrir tous mes placards, je n’y trouvai pas un seul vêtement de cette couleur. Même mes chemises les plus extravagantes ont de tout sauf du violet.

Il faut dire que depuis toujours, j’évite les modes vestimentaires où triomphent les couleurs ‘ecclésiastiques’ (violet, pourpre et mauve). Ces modes ne durent jamais longtemps.

Je les évite en dépit du fait qu’enfant, mon rêve était de devenir pape.

Être coiffé de la tiare papale à trois étages ornée de diamants, habillé d’une chasuble cousue de fils d’or, et porter au doigt une gigantesque bague incrustée de pierres précieuses exerçait sur moi, enfant, un attrait irrésistible.

Et j’imaginais tous ces gens, ces dignitaires et ces chefs d’État qui, après m’avoir baisé les mains, s’adressent à moi en m’appelant ‘Votre Monticule’ ou quelque chose du genre.

Mais le pape ne s’habille pas en violet. Même durant le carême. Seulement les évêques, les archevêques et les cardinaux. En somme, à mes yeux, c’était une couleur de subalterne.

Voilà pourquoi, le violet ne m’a jamais intéressé.

Mais j’ai un tiroir, difficile d’accès, où je mets de vieilles cravates que j’ai honte de porter. En fouillant parmi ces vieilleries — Eureka ! — j’y trouvai une cravate violette.

Le Bloc québécois nous avait donné rendez-vous à la Place du Canada, un lieu bien sinistre pour un parti indépendantiste.

Déambuler au milieu du boulevard René-Lévesque, acclamé par 300 000 personnes qui vous sourient et vous prennent en photo, est une expérience grisante que je recommande à tous les déprimés de la terre.

Rien n’est meilleur pour le moral, quoi qu’en dise la Compagnie créole.

En déambulant sur la rue, on voit du monde partout; sur les marches des entrées, sur les balcons et même sur le toit des édifices. Parfois très légèrement vêtus, des gens vous regardent, émerveillés, comme si un charisme irrésistible émanait de vous.

Bref, j’ai bien aimé.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif PanLeica 8-18mm
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 8 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 18 mm
3e  photo : 1/500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 18 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Festival Montréal Baroque – le 23 juin 2019

24 juin 2019

Certains festivaliers estiment qu’un festival de musique baroque serait incomplet sans chant. D’autres pensent que sans ballet, il serait moins vivant.

En cette dernière journée du Festival Montréal Baroque, il y en avait pour tous les gouts.

L’art de laisser faire

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Madeleine Owen (téorbe)
Sara Lackie (harpe)

À 9h, à la Maisonnette des parents, deux membres du quintette La Cigale (Sara Lackie et Madeleine Owen) interprétaient des œuvres de compositeurs italiens et espagnols de la Renaissance et du début du baroque.

Certaines de ces pièces étaient accompagnées de danses effectuées avec grâce par Anne-Marie Gardette.

Dans les œuvres instrumentales pour solistes, la harpiste fut remarquable. Ce fut également le cas de la luthiste dans la deuxième partie du concert, après que son instrument fut accordé.

Guitares 666

David Jacques ajustant sa guitare battente

Un des charmes du festival est la proximité entre les mélomanes et les artistes. Mais il arrive que cette promiscuité prive ces derniers de l’intimité qu’ils aimeraient parfois maintenir.

À l’aide d’une application sur son téléphone multifonctionnel, c’est dans un passage très fréquenté que David Jacques ajusta une des guitares dont il se servira quelques instants plus tard.

Cliquez sur l’image pour démarrer

David Jacques possède la plus importante collection de guitares anciennes en Amérique du Nord.

Les violons ont leurs facteurs célèbres (exemple : Stradivarius). Les guitares ont les leurs. Les instruments utilisés par David Jacques dans son concert de 10h15 sont dus aux plus grands facteurs de guitares.

Ce qui fut une occasion de comparer leurs sonorités.

Dans le clip vidéo ci-dessus, le guitariste beauceron utilise une guitare battente (à cordes métalliques) créée en 1806 par Marcus Obbo. Il y joue une pièce de Santiago de Murcia (1673-1739).

A Mio Modo

Esteban La Rotta, Elionor Frey, Anthony Harvey et Stéphanie Brochard

De nouveau la musique se maria à la danse dans le spectacle qui débuta à 11h30 et qui mit en vedette Esteban La Rotta (luth), Elionor Frey (viola d’arco), Anthony Harvey (luth) et Stéphanie Brochard (metteuse en scène et danseuse).

La chorégraphe créa une série de tableaux afin de caractériser chaque pièce musicale. Des tableaux auxquels les musiciens participèrent. Ce qui en fit un spectacle original et intéressant.

Persona

Les Méandres

Vers 15h, à l’église Notre-Dame-de-la-Défense, l’ensemble Les Méandres interprétèrent des œuvres instrumentales et vocales des XVIe et XVIIe siècles.

Dans l’ordre habituel, la photo présente Jonathan Stuchbery (luth, debout), Tristan Best (viole de gambe), Justin Luchinski (clavecin), Élodie Bouchard (soprano), Élyse Lamanque-Girard et Jérémie de Pierre (flutes à bec).

Il Cortegiano

Les chanteurs

Le grand spectacle qui cloturait le festival à 17h s’appelait Il Cortegiano (ou Le courtisan).

Sur un texte de Jean-François Daigneault, on y voit un jeune comédien — interprété par Renaud Paradis, le 4e à partir de la gauche sur la photo ci-dessus — qui doit passer une entrevue devant un grand réalisateur français.

Puisqu’il s’agit d’un film d’époque, le comédien croit qu’il augmenterait ses chances de décrocher le rôle s’il maitrisait le chant, la danse et le maniement des armes.

Évidemment, on songe au Bourgeois gentilhomme de Molière, transposé à notre époque.

Et pour respecter le thème du festival, le comédien était préoccupé par souci de maitriser ces arts de manière à pouvoir les interpréter avec sprezzatura.

L’acoustique mate de la salle de cinéma où avait lieu le spectacle permettait d’entendre parfaitement le texte des comédiens-chanteurs.

Sur la photo ci-dessus, on voit Pierre Rancourt, Dorothéa Ventura, Ghislaine Deschambault, Renaud Paradis, Jean-François Daigneault et Philippe Gagné.

Si on exclut Renaud Paradis, les comédiens-chanteurs sont membres de l’Ensemble Alkemia.

Vue d’ensemble

Le lien entre les parties dites et chantées d’une part, et d’autre part les parties dansées était un peu mince, à mon avis. Mais personne ne s’en plaindra tellement les festivaliers ont été séduits par les chorégraphies et la splendeur des costumes.

L’orchestre

La partie orchestrale était assumée par la réunion du quatuor Flûte alors! et de la Bande Montréal Baroque. Impeccables, comme toujours, puisqu’il s’agit de plusieurs parmi les meilleurs musiciens baroques du Québec.

Les Jardins chrorégraphiques

Exécutant une chorégraphie de Marie-Nathalie Lacoursière, les autres membres de l’ensemble Les Jardins chorégraphiques voleront évidemment la vedette.

Sur la photo, on voit Stéphanie Brochard, Jean-François Dollé, Marie-Nathalie Lacoursière et Tom Robin.

Cela termine de manière fastueuse cette 17e édition du Festival Montréal Baroque.

Merci donc aux organisateurs de nous présenter quelques-uns des meilleurs musiciens baroques d’ici et d’ailleurs et de nous faire découvrir les œuvres séduisantes de compositeurs moins connus.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8, objectifs PanLeica 8-18 mm (3e photo), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (4e, 5e et 7e photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (les autres photos)
1re photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 75 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 75 mm
3e  photo : 1/20 sec. — F/3,7 — ISO 6400 — 15 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 25 mm
6e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 640 — 75 mm
7e  photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
8e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 75 mm
9e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


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