Les Chaises au TNM

15 mai 2018
Monique Miller et Gilles Renaud

Jusqu’au 2 juin 2018, le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) présente la pièce ‘Les Chaises’ d’Eugène Ionesco.

Écrite en 1951 et créée l’année suivante, cette pièce raconte l’histoire d’un couple qui, à la fin d’une vie devenue routinière et sans but, décide de livrer au monde un message d’une extrême profondeur qui est tout ce que la vie leur a appris.

Cette production est un tour de force. Pour deux raisons.

D’abord l’auteur réussit à rendre intéressante une pièce dont le thème récurrent est le néant. Eh oui.

Le bilan de la vie de ce couple est nul. La foule incommensurable des invités est virtuelle puisque personne ne répondra à l’invitation de venir entendre leur message. Tout le temps à assurer l’ordre, à assoir les gens en rang, à les faire patienter est futile. Le message grandiloquent adressé l’empereur est ridicule. Quant au message final, il résume tout.

La seule chose qui existe dans cette pièce est l’amour mutuel de ces deux vieux. C’est cet amour charmant qui, au fond, triomphe de l’absurdité de la vie.

Le deuxième tour de force est celui des deux acteurs principaux qui doivent retenir plus de quatre-vingt-dix minutes du texte bavard d’Ionesco, ses redites, et son humour au second degré.

Bref, on ne s’ennuie pas une minute en présence de Mme Miller et de M. Renaud, deux géants du théâtre québécois.

Bref, je vous recommande cette production du TNM.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 40 mm

Les Chaises au TNM
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Nuit blanche du festival Montréal en lumière 2018

8 mars 2018
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Du 22 février au 4 mars 2018 se tenait la 18e édition du festival Montréal en lumière.

Comme d’habitude, ce festival culminait par une Nuit blanche au cours de laquelle se déroulaient près de 150 activités, la plupart gratuites.

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Pour faciliter les déplacements des festivaliers, la Société de transport de Montréal offrait un titre de transport illimité au cout de 5$. Précisions qu’exceptionnellement, le métro était ouvert toute la nuit.

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De 22h à minuit, les artisans de l’émission humoristique La nuit est encore jeune produisaient une édition spéciale dans un salon de la Place des Arts, devant un public de très bonne humeur.

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À la sortie sud de la Place des Arts, les festivaliers devaient emprunter un viaduc qui enjambait la glissade en traineaux.

Ce goulot d’étranglement y réduisait considérablement la fluidité des déplacements. Il était donc préférable d’accéder au site par d’autres sorties (dont celle par la Place Desjardins).

Mais si j’avais suivi ce conseil, je n’aurais pas obtenu la première photo de cette série — prise précisément du haut du viaduc — que j’aime particulièrement.

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La Nuit blanche est une belle occasion de visiter gratuitement le musée d’Art contemporain de Montréal.

D’habitude, on y accède après une attente de quelques minutes. Pas cette année.

L’immense popularité de l’exposition Léonard Cohen : une brèche dans toute chose a fait en sorte qu’il fallait compter cette fois-ci sur une bonne trentaine de minutes d’attente.

Heureusement, la température plus douce que d’habitude rendait tout cela très supportable.

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Devant l’installation Cathédrale (2013) de Yann Pocreau, il est difficile de ne pas songer aux paroles de Léonard Cohen : ‘Il y a une brèche dans toute chose. C’est par elle que la lumière pénètre’.

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Sur la Place des Festivals, les passants étaient sollicités par diverses offres gourmandes, des jeux de société, et la Grande roue.

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Le musée McCord présentait simultanément trois expositions : deux expositions photographiques (qui m’ont laissé indifférent) et l’exposition Tohu-bohu au pays des contes, destinée aux enfants, que j’ai trouvée variée et très réussie.

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Puis je me suis rendu au Musée des Beaux-Arts de Montréal afin de documenter des photos accompagnant le deuxième texte du blogue au sujet de l’exposition consacrée à Napoléon (texte qui devait être publié le lendemain).

Ce soir-là, des bénévoles costumés accueillaient les visiteurs.

Disposant de tout le matériel qui leur était nécessaire, des dizaines de visiteurs s’affairaient au sous-sol à créer des couronnes de laurier dorées.

Papa, fiston et fillette (dans la poussette) assouplis

Après cette soirée bien remplie, c’était le temps du retour à la maison.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5e, 6e, 9e et 10e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re et 2e photos), et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos).
 1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 12 mm
 2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 17 mm
 3e  photo : 1/125 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
 4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
 5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 7 mm
 6e  photo : 1/25 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 13 mm
 7e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
 8e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
 9e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 7 mm
10e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 14 mm
11e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25 mm
12e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
13e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm

La Nuit blanche du festival Montréal en lumière 2018
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial (supplément)

5 mars 2018

Il y a une décennie, le Montréalais Ben Weider, culturiste et homme d’affaires, avait légué au Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM) sa collection d’objets de l’époque napoléonienne.

Ce legs est à l’origine de la création du Musée napoléonien du MBAM, complété depuis par des dons et d’autres acquisitions.

Mais de fonds, aussi intéressant soit-il, n’était pas suffisant pour créer une exposition temporaire susceptible de partir en tournée comme elle le fera à Richmond, à Kansas City et à Fontainebleau.

Le MBAM a profité de la fermeture temporaire du Musée Napoléon Ier du Château de Fontainebleau (pour rénovation), pour lui emprunter de nombreuses pièces de mobilier. Car ce château, vidé de son mobilier à la Révolution, à été remeublé sous Napoléon Bonaparte.

Avec le soutien du Mobilier national de France (auquel est rattachée la manufacture des Gobelins), et des prêts d’une cinquantaine de prêteurs, le MBAM a réuni quatre-cents œuvres et objets d’art. Ce qui était amplement suffisant pour créer l’exposition Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial.

Aux personnes intéressées par cette époque, voici quelques photos prises ailleurs et qui complètent l’exposition montréalaise.

Assiettes en porcelaine de Sèvres du service particulier de l’empereur
’Nécessaire’ du maréchal Soult, en argent doré, bronze, porcelaine de Paris, cristal taillé, écaille, ivoire et acajou
Tente de campagne dite de « Napoléon »

En 2017, la manufacture des Gobelins, à Paris, présentait une exposition qui exposait le confort dont Bonaparte s’entourait lors de ses campagnes militaires.

Ceux qui s’imaginaient que l’empereur a conquis l’Europe en mangeant dans des assiettes de carton seront donc surpris.

Bonaparte a cru bon encourager et stimuler les manufactures de biens de luxe du pays puisque la prospérité de la France (et le financement de ses campagnes militaires) en dépendait.

Les draperies de sa tente amovible étaient tissées par les Gobelins. Sa vaisselle de camp était en porcelaine de Sèvres. Ses officiers possédaient des nécessaires de voyage qui s’apparentaient, en plus luxueux, à ceux qu’on apporte de nos jours pour piqueniquer à la campagne.

Montre de poche de Napoléon, en or, émail et cristal
Rapport de santé de Napoléon à Sainte-Hélène, daté du 7 novembre 1820

Tout comme Montréal, La Havane possède un intéressant Musée napoléonien.

Celui-ci a été créé à partir de la collection du magnat du sucre Julio Lobo. Il possède 7 400 pièces dont seule une minuscule partie est exposée.

On y trouve cette montre de poche ramenée à Santiago de Cuba par le Dr Francois-Carlo Antommarchi, médecin personnel de Bonaparte à Sainte-Hélène.

Elle fut d’abord transmise à ses descendants. En 1959, toujours à Santiago, ceux-ci l’offrirent en cadeau de noces à Raúl Castro (le président actuel de Cuba). Ce dernier la déposa au Musée en mémoire de son épouse, Vilma Espín Guillois, après le décès de cette dernière en 2007.

À Sainte-Hélène, le quartier général anglais était informé quotidiennement de l’état de santé de l’empereur déchu, comme en fait foi ce rapport daté du 7 novembre 1820.

Six mois avant son décès on peut y lire que la santé de Napoléon était bien (‘All is well’).

Tombeau de Bonaparte

Où est enterré Napoléon ? Eh bien nulle part.

Depuis 1861, le corps de l’empereur repose dans un sarcophage de quartzite rouge situé dans une crypte aménagée sous la coupole de l’hôtel des Invalides. Comme les poupées russes, ce sarcophage renferme six cercueils successifs.

Sur les murs de cette crypte circulaire, des bas-reliefs rappellent aux visiteurs le legs de l’empereur.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone 8 mm F/1,8 (6e photo), objectifs Lumix 12-35 mm F/2,8 (4e et 5e photos) et PanLeica 25 mm F/1,4 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 500 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 1250 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 31 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 640 — 8 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés l’exposition « Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial », veuillez cliquer sur ceci

Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial (supplément)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial (2e partie)

4 mars 2018
Aperçu de la salle du trône
Habit du comte Bertrand, Grand maréchal du palais (1813)
L’Asie (1810), de François Dubois (carton de tapisserie)
Aperçu de la cinquième salle de l’exposition

Napoléon n’aimait pas se donner en spectacle lors des repas. Mais certains diners officiels l’y obligeaient.

Voici donc un service de table en vermeil de Jean-Baptiste-Claude Odiot, complété d’accessoires en vermeil d’autres orfèvres, le tout agrémenté de différentes décorations d’époque.

Aperçu des sixième et septième salles de l’exposition

La septième salle est dominée par la garniture d’autel en vermeil, réalisée en 1809 par l’orfèvre Henri Auguste. Cette décoration fut utilisée lors du mariage de Napoléon et de l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche.

Celle-ci était la fille ainée de l’empereur d’Autriche. De nombreux fidèles de Napoléon ne lui pardonnèrent jamais d’avoir épousé la petite-nièce de Marie-Antoinette. À leurs yeux, cette union matrimoniale aristocratique faisait figure de trahison à la cause révolutionnaire.

Le 2 avril 1810, ce mariage religieux se déroula au Louvre, dans une salle transformée pour l’occasion en chapelle.

Précisons que les noces par procuration avaient eu lieu onze mois plus tôt à Vienne. Puisque Napoléon n’avait pas daigné s’y rendre, l’archevêque de Vienne avait béni douze anneaux de mariage puisqu’on ne connaissait pas le tour du doigt de Bonaparte.

Cinq jours avant le mariage, Napoléon va à la rencontre de sa future épouse à Compiègne. C’est le coup de foudre. Le soir même, il veut partager sa couche.

Mais le mariage est la semaine suivante. Ne pouvant plus attendre, il demande à l’évêque de Nantes si les noces à Vienne ne pouvaient pas, en quelque sorte, constituer un mariage.

Complaisant, l’évêque lui dit que oui, d’une certaine manière.

Expéditif, Napoléon était pourri au lit : personne n’est parfait. Le lendemain de leur première nuit ensemble, l’empereur s’était levé le sourire aux lèvres. Marie-Louise d’Autriche fut plus discrète.

Portrait du duc de Frioul, en habit de Grand maréchal du palais (1806-1808) d’Antoine-Jean Gros

La cour de Napoléon comprenait un personnel de près de 450 personnes, dont certains grands responsables du protocole.

Au sommet de cette hiérarchie, Géraud-Christophe-Michel Duroc (ci-dessus), duc de Frioul, occupait le poste de Grand maréchal du palais.

Son rôle était de voir aux repas, de même qu’à la décoration, à l’entretien et à la sécurité des lieux de pouvoir où se trouvait Napoléon.

De son côté, le Grand maitre des cérémonies veillait au respect du protocole et de l’Étiquette. Le Grand aumônier était son équivalent dans le cas des offices religieux.

Le Grand chambellan veillait jalousement au respect de l’intimité de la famille impériale.

Le Grand écuyer était responsable des équipages et des écuries. Le responsable de la bonne marche des expéditions de chasse était le Grand veneur.

Tous ces personnages, aux titres grandiloquents, contribuaient au prestige de la cour de Bonaparte.

Digression : Dans la photo ci-dessus, j’aime bien la gêne de l’homme et l’attitude réservée de la femme, qui contrastent avec la pose affirmée du Grand maréchal.

Aperçu de l’avant-dernière salle de l’exposition
Aperçu de la dernière salle de l’exposition
Détail de L’impératrice Marie-Louise veillant sur le sommeil du roi de Rome (1811) de Joseph Franque

La Révolution française eut de profondes répercussions dans tous les domaines.

La mode révolutionnaire scandalisa unanimement les cours européennes; les Parisiennes se promenaient sur la rue en déshabillé, disait-on. Quelle vulgarité !

En réalité, en portant ces ‘robes de chambre’ en plein jour, elles s’affranchissaient des corsets qui les faisaient souffrir, et des paniers qui gonflaient leurs robes, mais qui les obligeaient à franchir de biais les portes étroites.

Quel soulagement pour elles; la mode était au mou.

En épousant Napoléon, Marie-Louise d’Autriche adopta les us et coutumes de France. Mais ici, la tenue vestimentaire osée de l’impératrice est sublimée par un tissu soyeux, un col en dentelle, des épaules bouffantes, et des broderies en fils d’argent au bas de la robe (hors champ).

En somme, grâce au talent des stylistes de l’impératrice, le déshabillé révolutionnaire devenait chic.

Pour terminer, j’invite les passionnés d’histoire à s’intéresser aux conférences télévisées d’Henri Guillemin.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 (5e photo), objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re, 7e et 8e photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 7 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 11 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 7 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 7 mm
9e  photo : 1/125 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm


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Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial (2e partie)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial (1re partie)

3 mars 2018
Portrait en buste de Napoléon en grand habillement (exécuté entre 1805 et 1814), par l’atelier de François-Pascal-Simon Gérard

Tyran pour les uns et libérateur pour les autres, Napoléon Bonaparte ne fut empereur français que onze ans, de 1804 à 1815.

Son époque fascine encore ses admirateurs, deux siècles après sa mort. Des millions de touristes et de Français à Paris s’empressent de voir son tombeau à l’Hôtel des Invalides. Et le moindre objet qui lui aurait appartenu est âprement disputé par des collectionneurs lors de ventes aux enchères.

De nos jours, lorsque le président de la France reçoit des chefs d’État à Versailles, il ne fait pas que choisir un lieu magnifique afin d’impressionner ses invités. Il s’entoure des ors de la République pour affirmer qu’il est le détenteur d’une autorité séculaire qui remonte jusqu’à l’Ancien Régime.

C’est ce que Napoléon fit afin d’assoir sa légitimité. La sienne et celle des autres membres de sa famille.

Lorsqu’il arrive au sommet de l’État en 1799 (cinq ans avant son sacre), Napoléon n’est que le fils d’un juge italien en Corse, un parvenu porté au pouvoir à l’occasion d’un coup d’État.

Napoléon impose le respect non seulement par ses conquêtes militaires, mais également en cherchant à impressionner ses visiteurs par le faste cérémonial de la cour et en s’entourant d’artistes glorifiant son autorité.

Plutôt que de liquider les industries du luxe qui approvisionnaient l’aristocratie déchue du royaume, Napoléon réalise que ces manufactures donnent de l’emploi à des dizaines de milliers d’artisans spécialisés.

C’est ainsi que les tentures de la manufacture des Gobelins ne servaient pas seulement de revêtements muraux, de rideaux et de draperies luxueuses : elles servaient également de recouvrement à du mobilier.

Et tous ces biens, exportés hors du royaume, rapportaient des devises qui servaient à financer les réformes qu’il implantait.

Napoléon s’est donc entouré des produits haut de gamme du pays, non seulement pour son plaisir personnel, mais également dans le but d’en faire la promotion auprès des ambassadeurs, chefs d’États, et des autres dirigeants du pays.

Au style néoclassique de Louis XVI, les créateurs et les artistes proposaient maintenant le style Empire, typique du nouveau régime napoléonien.

Ce sont ces objets de luxe que présente l’exposition Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial, à l’affiche au Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’au 6 mai 2018.

Précisons que la scénographie de l’exposition a été conçue par les firmes montréalaises Architem et Graphic eMotion, sous la direction de Sandra Gagné.

Les deux textes de ce blogue consacrés à cette exposition visent à vous en donner un aperçu.

Un couple de visiteurs

Près de l’entrée de l’exposition, un ‘trône’ a été aménagé au bénéfice des amateurs d’égoportraits. Ici, un jeune couple montréalais a spontanément accepté l’invitation de poser pour l’occasion.

Aperçu de la première salle, autour de la volière de l’empereur à Sainte-Hélène
Vue de Longwood House, résidence de Napoléon à Sainte-Hélène
Aperçu de la deuxième salle de l’exposition
Nécessaire dentaire de Napoléon, en acier, or, nacre et ébène
Aperçu de la troisième salle de l’exposition
Tasse au portrait de l’impératrice Joséphine de Beauharnais (1809), première épouse de Napoléon

Napoléon et les officiers supérieurs de l’armée s’entouraient d’un luxe inouï lors de leurs campagnes militaires à travers l’Europe : porcelaine fine, ustensiles en argent doré, verres en cristal taillé, lampes en bronze, lit pliant de campagne à matelas superposés, tente de taffetas, etc.

Tout cela était transporté précieusement par les soldats, en plus du lourd matériel militaire.

Cette tasse, fabriquée par la manufacture impériale de Sèvres, est dotée d’un étui rigide en cuir qui servait à la protéger au cours des déplacements de l’empereur.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3e, 5e et 7e photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 7 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,0 — ISO 1000 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 7 mm
6e  photo : 1/30 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 7 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés l’exposition « Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial », veuillez cliquer sur ceci

Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial (1re partie)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


La huitième édition de Luminothérapie

24 janvier 2018
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Il ne reste plus que quelques jours pour profiter de l’édition 2017-2018 de Luminothérapie.

Sous le nom d’Impulsion, l’évènement prend cette année la forme de trente bascules musicales et lumineuses disposées parallèlement à la Place des Festivals.

Conçues par Lateral Office de Toronto et CS Design de Montréal, les bascules ont été fabriquées par la firme montréalaise Generique Design, bien familière avec l’évènement annuel.

Les bascules émettent aléatoirement quatre ou cinq timbres sonores. Les balançoires longues jouent les sons les plus graves tandis que les balançoires plus courtes jouent les plus aigus.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm

La huitième édition de Luminothérapie
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L’Iliade au TDP : quand l’avant-garde se fait accessible

25 novembre 2017
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Jusqu’au 6 décembre 2017, le Théâtre Denise-Pelletier (TDP) présente L’Iliade, une adaptation saisissante du poème d’Homère.

Réciter les 15 337 vers de ce poème épique durerait des heures. Afin de condenser le tout dans un spectacle de 1h45, le metteur en scène a résumé et adapté librement l’œuvre, telle que réécrite en 2004 par l’écrivain italien Alessandro Baricco.

Le texte conçu par Marc Beaupré à partir du long poème d’Homère est comme un diamant brut débarrassé du minerai dont il était prisonnier.

Le résultat est qu’il n’y a pas de temps morts et que le résultat passe très bien. Depuis des années, je suis abonné au TDP : or je n’y ai jamais vu une assistance aussi silencieuse et attentive que celle de jeudi dernier.

Ceux qui, comme moi, n’ont jamais vu d’autres pièces mises en scène par Marc Beaupré seront stupéfaits d’assister à un spectacle d’une totale originalité.

La scène est presque vide : un miroir triangulaire à un angle de 45° permettra à un comédien étendu sur le dos de projeter sa voix vers l’assistance. L’éclairage est stylisé. Dans l’écrin sonore sculpté par le compositeur Stéfan Boucher, dix acteurs seront sur scène pendant toute la durée du spectacle. Pour ce drame historique, ils sont vêtus mais non costumés.

L’audace du metteur en scène est d’avoir créé un nouveau genre théâtral qui actualise le théâtre grec dans lequel le chœur, essentiel, commente et fait avancer l’action. Il le fait en utilisant un savant mélange de slam et de rap, à des années-lumière de la grossièreté des shows de hip-hop.

Ce spectacle intelligent et viril raconte la guerre.

Une guerre qui piétine depuis dix ans. Une guerre dont la violence n’est jamais montrée mais dont la fureur est suggérée par le choc de deux baguettes de bois que les acteurs, par moments, frappent pour scander vigoureusement leur récit.

Et dans cette histoire haletante, à peine humanisée par de rares dialogues, des récits solistes alternent avec des chœurs.

Soudée à la suite d’un nombre incalculable d’heures de répétition, les comédiens forment une troupe comme on en voit rarement aujourd’hui. Parce que la forme théâtrale adoptée ici et son impact exigent une excellente prononciation et un parfait synchronisme des voix. Voilà l’exigence absolue de la forme. Sans elle, tout s’effondre. Or cette Iliade est une réussite.

Si avant-garde rime souvent avec hermétisme, ce n’est pas le cas ici. Ce spectacle ne ressemble à rien d’autre : malgré cela, il est accessible à tous les publics. Même à ceux qui vont rarement au théâtre.

Bref, ce spectacle est chaudement recommandé.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm

L’Iliade au TDP : quand l’avant-garde se fait accessible
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Écrit par Jean-Pierre Martel


‘Vu du pont’ au TNM : une production parfaite

19 novembre 2017
Distribution de la pièce

Depuis quelques jours et ce, jusqu’au 9 décembre 2017, le Théâtre du Nouveau Monde présente Vu du pont d’Arthur Miller.

Comme une tragédie grecque qui plonge ses racines dans l’Antiquité pour nous parler d’un drame dont la portée est actuelle, cette pièce située dans l’Amérique des années 1950 nous parle d’amour possessif, de domination, de préjugés, d’aveuglement, de trahison, de haine et de sang.

En dépit d’un peu d’ironie çà et là, ce n’est pas une pièce drôle. Et ne vous attendez pas à y verser quelques larmes. Mais ce drame sans entracte vous captivera du début jusqu’à la fin.

Grâce à une traduction qui n’a pas l’air d’une traduction, le texte de Miller est porté par des acteurs qui incarnent parfaitement leurs personnages. Tout ici fait vrai.

La mise en scène de Lorraine Pintal, précise comme le mécanisme d’une pièce d’horlogerie suisse, n’offre aucun répit au spectateur, rivé à son siège jusqu’au paroxysme de violence qui termine la pièce.

Grâce des éclairages expressifs, cette production multiplie les atmosphères qui nous font oublier un décor unique qui — Dieu merci — ne nous distrait jamais de ce qui se passe sur scène.

Si vous ne deviez voir qu’une seule pièce cette année, jetez-vous sur les derniers billets disponibles pour assister à cette production que vous n’oublierez pas de sitôt.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 12 mm

‘Vu du pont’ au TNM : une production parfaite
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Privatisation et patrimoine télévisuel

31 octobre 2017

Hier soir, ArtTV présentait La mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller, un téléthéâtre enregistré en 1962 par Radio-Canada.

Dans les années 1960, le dimanche soir, la télévision d’État réunissait les meilleurs talents de l’époque afin d’offrir une pièce de théâtre au petit écran.

De cette manière, Radio-Canada s’acquittait de sa mission éducative et culturelle.

À l’époque, l’offre d’émissions télévisées était extrêmement limitée. Conséquemment, des millions de personnes choisissaient d’accueillir dans leurs salons les plus grands comédiens du temps et les voyaient incarner les chefs-d’œuvres de la littérature québécoise ou internationale.


 
C’est ainsi que cette Mort d’un commis voyageur (traduite de l’américain par le dramaturge Marcel Dubé) permettait à Jean Duceppe d’incarner le rôle de sa vie, entouré d’une pléiade de comédiens brillants, aujourd’hui disparus.

L’équivalent contemporain de ces téléthéâtres, ce sont nos téléromans.

Dans cinquante ans, pourra-t-on rediffuser les meilleurs d’entre eux et les faire découvrir à de nouvelles générations ? La réponse est non.

Dans la dernière édition du magazine Forces, Pierre Maisonneuve écrit au sujet de la programmation de cet automne de Radio-Canada : « Pour la première fois de son histoire vieille de 65 ans, la télévision généraliste de notre société publique ne produira directement aucune des émissions de grande écoute en soirée à part les rendez-vous de l’information et l’émission de service Entrée principale de fin d’après-midi.»

Concrètement, cela signifie que toutes les œuvres de fiction présentées au petit écran sont le fruit de montages financiers impliquant différentes entreprises culturelles et surtout, que les droits d’auteur ne sont plus la propriété exclusive du diffuseur public.

Pour obtenir l’autorisation de rediffuser ces œuvres un demi-siècle plus tard, il faudra trouver quels sont les ayants droit et obtenir la permission de chacun d’entre eux.

De plus, pour ce faire, il faudra avoir accès aux fichiers originaux puisque leur rediffusion impliquera très certainement leur rééchantillonnage dans des formats numériques différents de ceux utilisés cinquante ans plus tôt.

Présentement, on peut présumer que chacun des partenaires financiers en possède une copie. Qu’en sera-t-il dans un demi-siècle ?

Il faut prévoir que le nombre de ces copies diminuera au fur et à mesure des faillites, des rachats par des entreprises étrangères (qui négligeront la conservation de ces fichiers lorsque cela cessera d’être rentable), et des sinistres qui affecteront les lieux d’entreposage.

Considérant tous ces écueils, il est à prévoir que la seule manière de présenter de nouveau ces œuvres, c’est d’attendre qu’elles tombent dans le domaine public. Quand l’œuvre n’appartient qu’à une seule personne, c’est 70 ans après sa mort.

Tout comme de vieilles bobines de film muet, c’est par la découverte de vieux DVDs dans le fond de greniers poussiéreux que certaines de nos séries télévisées d’aujourd’hui connaitront peut-être une deuxième vie, au grand plaisir de nouvelles générations de Québécois qui parleront encore français à ce moment-là.

Références :
Revoyez le mythique télé-théâtre MORT D’UN COMMIS VOYAGEUR sur ICI ARTV
Une première inquiétante !

Privatisation et patrimoine télévisuel
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une Révolution pour passer le temps

26 septembre 2017

Dans quelques instants, je prendrai l’avion pour Porto (au Portugal).

Après avoir fait mes valises ce matin, j’ai profité de quelques heures de libre en après-midi pour aller voir l’exposition ‘Révolution’ qui se termine dans quelques jours au Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Il s’agit d’un hommage à cette folie créative qui s’est emparée des pays occidentaux dans la deuxième moitié des années 1960.

Et puisque je me retrouve donc à l’aéroport, les bagages consignés, la sécurité passée — bref, à ne rien faire — j’en profite pour transférer les photos demeurées dans mon appareil et pour vous donner un aperçu de cette exposition.

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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 24 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 12 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 12 mm
5e  photo : 1/25 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
6e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 m

Une Révolution pour passer le temps
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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