L’église Notre-Dame-de-la-Défense (fin)

22 juillet 2019

La fresque de la voute de l’abside

Vue d’ensemble
Fresque de la voute de l’abside

Guido Nincheri a peint la voute de l’abside entre 1930 et 1935. Plus de deux-cents personnes y sont représentées.

Celle-ci comprend trois niveaux :
• la Gloire céleste de Marie,
• des saints,
• des représentants religieux et civils.

La partie supérieure

La Gloire céleste de Marie

Guidée par la Sagesse de Dieu — représentée par la colombe du Saint Esprit au-dessus de sa tête — voici la mère du Christ, resplendissante de gloire, qui offre à tous son manteau protecteur.

Nincheri accentue son rayonnement en drapant une bonne partie des anges qui l’entourent de robes soyeuses dont les teintes sont composées de jaune (c’est-à-dire l’orange et le vert).

Ici, la Vierge emprunte les traits de Giulia Bandinelli.

Mais qui est donc cette personne ? C’est celle que Nincheri a épousée en 1913, alors qu’elle avait seize ans, lui 28.

Les anges ont les cheveux courts et ondulés. Comme c’était la mode à l’époque où cette fresque a été peinte. Elles ont la tête et les épaules nues, ce qui était interdit aux paroissiennes.

Certaines sont couronnées de fleurs. Elles font penser aux modèles qui ont inspiré le peintre Alfons Mucha. Toutes dansent autour de la Vierge alors que les autres personnages de la fresque adoptent une posture figée.

En périphérie, une zone bleue marque les limites du ciel.

La partie centrale

Symétriquement, trois groupes de personnages sont disposés de part et d’autre d’un calvaire qu’on distingue au loin.

Voyons-les, de gauche à droite.

Les confesseurs

Se tenant debout, devant une haie d’oliviers, se trouvent saint Ignace de Loyola, un saint non identifié, saint Thomas d’Aquin, un autre personnage inconnu, et saint Félix de Valois.

Au premier plan, il s’agit de saint Philippe Néri et saint Vincent de Paul.

Les martyrs

Le deuxième groupe à partir de la gauche est celui des martyrs de l’Église, représentés devant un palmier.

On y voit, debout, saint Étienne, saint Pierre, saint Ignace de Loyola et saint Georges.

Au premier plan, il s’agit de saint Laurent de Rome, et de deux saints non identifiés.

Les patriarches

Le dernier groupe à gauche est celui des patriarches.

Debout, on voit sainte Anne, saint Joachim (les lys à la main), saint Jean le Baptiste (au centre) et saint Joseph (à droite)

Devant eux, le roi David, de même qu’Adam et Ève.

Les apôtres

Nincheri n’a pas cru bon caractériser les apôtres (notamment les évangélistes) ce qui rend difficile leur identification. Sauf Pierre, ici en rose, les clés de l’Église en main.

Les évêques et docteurs de l’Église

Il y a 36 docteurs de l’Église. Nincheri en a représenté quelques-uns.

Autour d’une fontaine, on distingue les deux papes à leurs mitres (Léon Ier et Grégoire Ier), des évêques catholiques romains à leurs crosses spiralées, Basile le Grand (?) à sa crosse à serpents, et saint Thomas d’Aquin (en tunique brune).

Devant un évêque agenouillé en habit sacerdotal jaune, un autre religieux agenouillé a été ajouté maladroitement devant lui; il est tourné vers un personnage à cheval qu’il semble remercier. Nous reparlerons de ce cavalier dans quelques instants.

Les fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie

Devant une haie de vignes, à l’extrême droite de la fresque, Nincheri a représenté les sept fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie, de même que saint François d’Assise (les bras au ciel).

La partie inférieure

La partie basse de la fresque est la plus riche en personnages.

Les autorités religieuses

Au plein centre, Nincheri a représenté les autorités religieuses de l’époque. Sur son trône, le pape Pie XI.

Parmi les archevêques, cardinaux et évêques, le premier cardinal en rouge à partir de la gauche, portant des lunettes, est Eugenio Pacelli (qui deviendra pape sous le nom de Pie XII).

Guido Nincheri s’est représenté en porteur soutenant la chaire papale, à l’avant, à la droite du pape. Son fils ainé, Gabriel Nincheri, est le porteur à l’avant, à la gauche du pape. À l’extrémité droite de l’image, l’enfant qui porte un cierge est Georges, fils cadet de Nincheri.

Les autorités civiles

Parmi les autorités civiles, le cavalier est Benito Mussolini. Durant la Seconde Guerre mondiale, cette représentation justifia, aux yeux des autorités canadiennes, l’emprisonnement préventif de Guido Nincheri, souçonné d’être un sympathisant fasciste.

À l’origine, le dictateur italien ne devait pas y être.

Mais en 1929, le Vatican et l’État italien signent l’Accord de Latran.

Depuis des siècles, le pape régnait sur un vaste territoire au milieu de la péninsule italienne appelé États pontificaux (en jaune sur la carte).

Au milieu du XIXe siècle, les États pontificaux, de par leur position géographique, étaient devenus un obstacle à l’unification de l’Italie que la Maison de Savoie, maitre du royaume de Sardaigne (en vert), était en train de se réaliser.

En 1860, les États pontificaux sont envahis, à l’exclusion de Rome. Cette dernière sera à son tour conquise dix ans plus tard.

Interdit d’entrée dans le territoire italien qui lui est hostile, le pape sera prisonnier du territoire du Vatican pendant un demi-siècle.

En 1929, Mussolini signe avec le Vatican les accords de Latran qui normalisent les relations entre les deux États.

Mussolini jouit alors d’une immense popularité. Sous sa gouverne autoritaire, l’Italie est alors une grande puissance européenne qui fait la fierté de la diaspora italienne de Montréal.

Dans les croquis qu’il a fait approuver, Nincheri doit représenter de nombreux personnages contemporains. Mais Mussolini n’y apparait pas.

Les autorités religieuses demandent à Nincheri — qui a commencé à peindre sa fresque — d’y ajouter quelque part Mussolini et d’autres dirigeants fascistes.

Quelques années plus tôt, les fascistes avaient détruit une fresque réalisée par Nincheri pour une mutuelle d’ouvriers communistes.

Pour sa défense, Nincheri a toujours soutenu avoir été menacé de perdre un des plus gros contrats de sa vie s’il ne cédait pas aux exigences des autorités religieuses montréalaises.

Lorsque le Canada et l’Italie sont entrés en guerre, Nincheri a été emprisonné dans un camp à Petawawa. Ce n’est que plusieurs décennies plus tard qu’on a retiré la toile qui masquait cette partie de la fresque depuis le début de la guerre.

En plus de quatre généraux fascistes, les personnes qui entourent le Duce sont Guglielmo Marconi (l’inventeur de le télégraphie sans fil, portant une écharpe tricolore aux couleurs de l’Italie), le sénateur Lawrence Wilson (derrière Marconi), et le duc Louis-Amédée de Savoie (portant une écharpe bleu poudre).

Conclusion

Cœur de la communauté italienne montréalaise depuis un siècle, l’église Notre-Dame-de-la-Défense a conservé son importance culturelle en dépit du fait que cette communauté est beaucoup moins concentrée dans la Petite Italie qu’elle l’était autrefois.

Restaurée dans les années 1960 au cout de cinq-millions de dollars, ce lieu de culte est un éclatant exemple de l’excellence dont sont capables ses meilleurs artisans.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs PanLeica 8-18 mm (1re photo), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (2e et 3e photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 8 mm
  2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
  4e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 2000 — 75 mm
  5e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 75 mm
  6e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 75 mm
  7e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 75 mm
  8e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 75 mm
  9e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 3200 — 75 mm
10e  photo : voir la deuxième photo
11e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 4000 — 75 mm


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L’église Notre-Dame-de-la-Défense (5e partie)

21 juillet 2019

La fresque de la croisée du transept

Voute de la croisée du transept

Pour célébrer de manière durable le cinquantième anniversaire de leur paroisse (née dix ans avant l’église), des paroissiens se sont cotisés pour que Nincheri refasse la décoration de la voute à la croisée du transept.

La Sainte Trinité

Le programme iconographique d’une église est toujours déterminé par les autorités religieuses.

Sur le thème imposé de la Sainte Trinité, Guido Nincheri a choisi de la représenter au milieu des créatures célestes irradiées par la Lumière Divine.

La hiérarchie céleste qu’il propose est basée sur des écrits théologiques qui remontent au Ve siècle de notre ère.

Depuis la création de cette fresque, cette hiérarchisation des créatures angéliques est officiellement délaissée par le Vatican. Mais elle est l’objet d’un engouement auprès de certains amateurs d’ésotérisme.

Quoiqu’on en pense, le résultat est fascinant.

La triade supérieure est le cercle le plus intime de la hiérarchie céleste. Il est composé successivement des Séraphins, des Chérubins et des Trônes. Ces créatures ont le privilège de servir Dieu, de l’approcher et de le contempler.

La deuxième triade est composée des Dominations, des Vertus et des Puissances. Ces créatures célestes correspondent aux aides que Dieu fournit aux hommes pour leur progression spirituelle.

Le dernier niveau est composé des Principes, des Archanges, et des Anges ordinaires. Ce sont les messagers de Dieu auprès des êtres humains. Seule la sainteté permet de les voir.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (2e photo)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 500 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,0 — ISO 640 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église Notre-Dame-de-la-Défense (4e partie)

20 juillet 2019

Le côté droit de la nef

Fonts baptismaux

Immédiatement à droite du chœur, se trouvent les fonts baptismaux de l’église.

Autel latéral droit

L’autel latéral droit, créé en 1964 par la firme Biagini Marmi, est surmonté d’une niche dans laquelle est placée une statue du Sacré-Cœur.

On notera les frises horizontales que Nincheri a ajoutées aux murs durant la première phase d’embellissement de l’église, entre 1924 et 1935.

Roses et grille

Au-dessus d’eux, les arcades de la galerie sont fermées de grilles en forme de croix.

Voute du bras droit du transept

Au bras droit du transept, l’hémicycle de la voute présente, sur fond azur, trois Servites de Marie qui ont été canonisés ou béatifiés : le bienheureux Bonaventure Buonaccorsi (1240-1315), saint Pérégrin Laziosi (1260-1345) et le bienheureux Ubald d’Adimari (1245-1315).

Rosace de la rue Alma

Sa rosace présente… douze jolies Italiennes peignées à la mode de l’époque. Au centre : les armoiries de Pie XI, pape de 1922 à 1939.

Madona della Difesa

Peu de temps après la consécration d’un sanctuaire à Casacalenda commémorant les apparitions de la Vierge dans la commune de Difesa, la sculptrice Amalia Dupré lui fit don d’une Madonna della Difesa.

Elle se caractérise par son bonnet (et non un voile) et ses mains écartées.

À Casacalenda, cette sculpture est placée dans une vitrine au-dessus du maitre-autel.

Dans les années 1910, avant même qu’ait débuté la construction de l’église montréalaise, des paroissiens en avaient commandé une copie.

Pendant des décennies, cette copie fut promenée dans les rues de la Petite Italie lors de processions religieuses.

En temps normal, on la trouve dans une niche dans le bras droit du transept.

Les saints fondateurs de l’Ordre

L’Ordre des Servites de Marie a été fondé par sept riches marchands de Florence qui, en 1233, décidèrent d’abandonner leurs affaires pour se consacrer à la vie religieuse. En 1888, ils furent canonisés collectivement, un précédent dans l’histoire du Vatican.

En 1964, Guido Nincheri a peint cette toile qui les représente. Elle se trouve également dans le bras droit du transept.

Luminaire

Devant cette toile, si on lève les yeux, on devrait voir un des luminaires installés à chaque coin de la croisée du transept.

Toiles à droite de l’entrée principale

Près de la sortie arrière, on aperçoit trois toiles d’Arnaldo Marchetti, peintes en 1963. De gauche à droite, elles représentent sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, saint Antoine Pucci (Servite de Marie) et sainte Francesca Cabrini (première citoyenne américaine canonisée).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M. Zuiko 75 mm F/1,8 (3e, 5e, 7e et 8e photos photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 500 — 75 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
5e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 75 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 75 mm
8e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 75 mm
9e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église Notre-Dame-de-la-Défense (3e partie)

19 juillet 2019

L’arrière de la nef

Médaillons des Sept Douleurs

Dressés en 1918, les plans de Guido Nincheri prévoyaient que l’arrière de la nef serait décoré de grands médaillons dorés représentant la Via dolorosa, c’est-à-dire les sept épisodes douloureux de la vie de Marie.

Mais il fallut attendre vingt ans pour que cela se fasse.

C’est un sculpteur d’origine florentine, Guido Casini, qui les créa de 1936 à 1939. Soulignons que l’or en feuille qu’il a appliqué sur le personnage du Christ n’a pas la même teinte que l’or appliqué ailleurs.

Sur la photo ci-dessus, de droite à gauche, on voit les trois dernières douleurs de la Vierge :
• Marie assiste à la mise à mort de Jésus,
• Marie accueille dans ses bras son fils mort lors de la Descente de croix,
• Marie abandonne le corps de son fils lors de la mise au tombeau.

Les ‘croix’ qui entourent chaque médaillon sont en réalité des poignards (au nombre de sept, évidemment) dont on ne voit que les manches.

Rosace sur la rue Dante

Installées en 1959 et 1960, les rosaces de cette église ont été dessinées par Nincheri. De l’intérieur de l’église, celle au-dessus de l’entrée principale est décorée du sigle des Servites de Marie (SM), sur fond azur, couronné de sept lis.

Sur l’hémicycle de la voute, entre les anges qui y sont représentés, on peut voir, sur fond azur, trois religieuses membres de l’Ordre des Servites de Marie qui ont été béatifiées : Élisabeth Picenardia (1428-1468), Julienne Falconieri (1270-1341, canonisée en 1737), et Jeanne Soderini (1301-1367).

Le côté gauche de la nef

Toiles à gauche de l’entrée principale

Dans la série de trois toiles qui nous accueillent, la première et la dernière ont été peintes en 1963 par Arnaldo Marchetti. Elles représentent saint Jean-Baptiste et saint François d’Assise.

Au centre, il s’agit d’une toile de Guido Nincheri, peinte en 1924. Elle représente sainte Julienne Falconieri, première supérieure des religieuses de l’Ordre des Servites de Marie. À remarquer : la finesse des traits de la sainte.

Sainte Maria Goretti

Au bras gauche du transept, on peut voir cette toile représentant sainte Maria Goretti, peinte par Guido Nincheri en 1952.

Stations du Chemin de Croix

Au fond du bras gauche du transept se trouvent sept des quatorze stations du Chemin de Croix.

Les sept autres se trouvent en face, au fond du bras droit du transept.

Le Chemin de Croix fut créé par Guido Casini à l’époque de son Via dolorosa.

Autel latéral gauche

L’autel latéral gauche est surmonté d’une statue de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. La niche dans laquelle elle se trouve est décorée grossièrement.

Autel latéral gauche, de près

Les deux autels latéraux actuels, en marbre polychrome, ont été exécutés par la firme Biagini Marmi de la ville de Pietrasanta (en Toscane) et livrés à l’église en 1964.

Chaire

Réalisée en 1933 par la firme florentine l’Arte del Marmo d’après les dessins de Nincheri, cette chaire ‘fait’ très néorenaissance avec sa dentelle de marbre de Carrare.

Depuis qu’on a retiré l’escalier qui y menait, cette chaire n’est que décorative.

Tout comme la cathédrale Saint-Étienne de Vienne — d’architecture gothique mais décorée d’autels baroques — l’église Notre-Dame-de-la-Défense se présente comme un temple d’architecture néoromane, mais dont la décoration intérieure a peu à peu glissé vers la Renaissance italienne, notamment dans le travail des marbres.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs PanLeica 8-18 mm (7e photo)M.Zuiko, 75 mm F/1,8 (4e et 8e photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 75 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/4,5 — ISO 5000 — 16 mm
8e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 75 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église Notre-Dame-de-la-Défense (2e partie)

18 juillet 2019

Le chœur

Lorsque les paroissiens pénétrèrent pour la première fois dans leur nouvelle église, en 1919, celle-ci leur laissa une impression d’inachevé. L’intérieur était vaste, sans âme.

À part quelques statues polychromes placées temporairement dans leurs niches et le rideau placé de chaque côté du maitre-autel, tout était crème.

Chœur de l’église

Telle que Nincheri l’a conçue, la décoration intérieure de l’église prendra forme pendant plusieurs décennies.

Les apôtres Simon, Thomas, Mathias et Jude

Les fenêtres du chœur (au nombre de douze) sont décorées de vitraux. Ils comptèrent parmi les premières améliorations. Ajoutés en 1924, ils furent créés par Guido Nincheri et le Florentin Arnoldo Marchetti. Ils représentent les douze apôtres.

C’est à cette époque que les colonnettes qui séparent les fenêtres ont été peintes en faux marbre. Précisons que la frise de diablotins sous les fenêtres et les chapiteaux des colonnettes étaient déjà présents à l’ouverture.

Les apôtres Jean, Pierre, Paul et Jacques le Majeur

Autres éléments apparus entre 1924 et 1935 : ces rectangles azur ou orange brulé qui décorent alternativement l’abside du chœur.

Un des quatre motifs est le sigle de l’Ordre des Servites de Marie (SM), décoré de sept lys, une allusion à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, patronne de l’Ordre.

Le grand crucifix de bronze au-dessus du maitre-autel est une œuvre du Florentin Pasquale Sgandurra (1882-1956). Le marbre de Carrare qui le supporte est plus récent.

Chœur, de près

En 1951, le chœur subit une transformation majeure. Expédiés de Toscane en pièces détachées, le maitre-autel actuel et son hémicycle en marbre de Carrare remplacèrent l’ancien maitre-autel et le rideau coloré qui l’accompagnait.

Ils furent sculptés par les artisans de la firme Puliti de Pietrasanta.

Sous la Madone, le minuscule tabernacle encastré est fermé de portes de bronze.

La balustrade d’origine, également en marbre de Carrare, est décorée du sigle (SM) de l’Ordre des Servites de Marie.

Notre-Dame-de-la-Défense

En plus de mosaïques, le maitre-autel est agrémenté de marbre dont la couleur est assortie à celle de la sculpture de Notre-Dame-de-la-Défense placée dans sa niche.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 25 mm F/1,2 (1re photo) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 500 — 75 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 320 — 75 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 500 — 75 mm
5e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 75 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église Notre-Dame-de-la-Défense (1re partie)

16 juillet 2019

Historique

Il faut remonter à l’époque de la Nouvelle-France pour trouver les premières traces de la présence d’Italiens au Canada. En 1665, lorsque le régiment de Carignan-Salières arrive à Québec, quelques-uns de ses soldats sont d’origine italienne.

Jusqu’au XIXe siècle, le nombre de Canadiens d’origine italienne augmenta très lentement. À la fin des années 1860, Montréal comptait seulement une cinquantaine de familles italiennes, originaires du Nord de l’Italie.

De 1901 à 1911, leur nombre augmenta soudainement, passant de 1 630 à 7 013 personnes. Cette première vague d’immigrants italiens était composée de personnes provenant d’une partie de l’Italie située entre Rome et Naples, plus précisément des provinces actuelles de Caserte, d’Isernia et de Campobasso.

Cette explosion démographique justifiait la création, en 1910, d’une paroisse dans la partie de la ville où ils s’étaient regroupés et que nous appelons aujourd’hui le quartier de la Petite Italie.

Pourquoi ‘Notre-Dame-de-la-Défense’ ?

Au milieu des années 1890, la Vierge était apparue à des paysans de la commune de Difesa (dans la province de Campobasso). L’évènement eut un retentissement considérable.

Dans le village de Casacalenda (à 39 km de Campobasso), on s’empressa de construire en 1897 un sanctuaire commémorant ces apparitions. Cette chapelle devint un lieu de pèlerinage qui fit la renommée de la région.

Treize ans plus tard, à Montréal, il était évident qu’il fallait dédier à la ‘Madonna-della-Difesa’ — francisé depuis en Notre-Dame-de-la-Défense — une paroisse regroupant des personnes nées dans les environs de cette commune italienne.

Une première église, construite en 1910, s’avéra bientôt trop petite en raison du fait qu’elle servait également d’école.

À partir d’un don de quatre-mille dollars — équivalent à environ cent-mille dollars aujourd’hui — versé par le Pape Pie X, on mit huit ans à amasser les sommes nécessaires à la construction de la nouvelle église. Son édification débuta en 1918 et l’église terminée fut bénie par Mgr Paul Bruchési le 18 août 1919.

Miser sur le talent

En 1914, Montréal accueillait un décorateur et verrier florentin de 29 ans. Cet inconnu s’appelait Guido Nincheri.

Avant même que soient complétés les chantiers pour lesquels on l’avait embauché dès son arrivée, la rumeur de son immense talent s’était répandue dans toute la ville.

Les autorités ecclésiastiques de la paroisse firent alors le pari audacieux de confier à ce nouveau venu la tâche de dresser les plans et de concevoir toute la décoration intérieure de leur nouvelle église : mobilier liturgique, fresques, murales, vitraux, et le dessin de la plupart des sculptures à exécuter.

Mais il y avait un problème; Nincheri a bien étudié l’architecture, mais il n’est pas membre de l’Association des architectes de la province de Québec. Il n’est donc pas habilité à exercer cette profession.

On fera appel à l’architecte Roch Montbriant pour valider les plans de Nincheri et leur apposer le sceau de la légalité.

Trouver un style

Le modeste sanctuaire édifié à Casacalenda pour commémorer les apparitions de la Vierge existe toujours. C’est une petite église rectangulaire dont l’absence de charme n’inspirait rien à Nincheri.

Le point de départ de son inspiration se trouve dans sa ville natale, Prato.

On peut encore y voir l’église Santa Maria delle Carceri (ou Sanctuaire Sainte-Marie-des-prisons). Il commémore un miracle. Selon la tradition, l’image d’une Vierge à l’Enfant peinte sur les murs d’une prison de Prato aurait pris vie sous les yeux émerveillés d’un enfant de la ville.

Le Sanctuaire Sainte-Marie-des-prisons, de style Renaissance florentine, est en forme de croix grecque. Sa décoration est beaucoup plus sobre que celle de Notre-Dame-de-la-Défense. Et cette différence, c’est la contribution de Nincheri.

L’église Notre-Dame-de-la-Défense

Rosace de la façade

Au centre de la rosace de la façade, une statue en bronze créée par le sculpteur Ercole Drei représente Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

Mais pourquoi mettre une statue de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs sur la façade d’une église consacrée à Notre-Dame-de-la-Défense ?

L’explication est que l’église a été confiée à l’Ordre des Servites de Marie, une communauté religieuse née à Florence en 1233. Or Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est la patronne de l’Ordre. Voilà pourquoi l’une et l’autre sont honorées dans cette église.

Façade de l’église

Rehaussé de frises en briques de couleur paille, l’extérieur de l’église est en briques rouges disposées de manière à former des bandes horizontales.

Au-dessous, un vestibule s’avance, percé d’une rangée de fenêtres et d’une porte.

Les étroites fenêtres de l’édifice sont dites en arc cintré. Cela signifie que leur partie supérieure est une courbure en demi-cercle. Voilà pourquoi on dit que l’église est de style néoroman.

Haut du portail

Dans la partie supérieure du portail, on peut voir un ‘S’ qui s’enroule autour de la patte centrale d’un ‘M’. Le sigle SM rappelle que l’église avait été confiée aux prêtres de l’Ordre des Servites de Marie.

Au-dessous de lui, un tympan semi-circulaire en marbre de Carrare, créé en 1959 par Ercole Drei, représente la Madone de la Défense.

Par la même occasion, deux autres tympans de lui ont été placés au-dessus des autres portes de l’église : ils représentent L’Annonciation (entrée sur Henri-Julien) et saint Antoine (entrée sur Alma).

Trop étroit, le haut campanile prévu initialement ne sera jamais réalisé.

Intérieur de l’église

Majesté et raffinement : voilà les impressions que laisse cette église en y pénétrant.

Apparemment en pierre de taille, les murs sont en réalité en plâtre ivoire, extrêmement dur, coloré dans la masse.

Une rangée de fenêtres hautes et de subtiles décorations en tons pastel courent horizontalement tout autour de la nef et atténuent le caractère massif du lieu.

Parmi ces fenêtres, ceux de l’abside représentent les douze apôtres. Ce sont des vitraux qui donnent sur l’extérieur. Les autres fenêtres donnent sur les galeries situées à l’étage des trois vestibules de l’église.

Toute la voute est recouverte de fresques, c’est-à-dire que la peinture y est appliquée directement sur la paroi et non sur une toile qui sera plus tard collée sur elle.

Arrière de la nef

Autre particularité : l’église ne possède pas d’orgue.

Dans un prochain texte, nous nous attarderons à la décoration des murs intérieurs, puis des fresques des plafonds.

Références :
Église Notre-Dame-de-la-Défense
Le riche héritage de Nincheri
Notre-Dame-de-la-Défense
Offrir des visites commentés dans un lieu de culte
Petite Italie de Montréal
Vue panoramique de l’église Notre-Dame-de-la-Défense

Complément de lecture : L’église Saint-Léon-de-Westmount

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (4e photo) et objectifs M.Zuiko 25 mm F/1,2 (1re et 3e photos) et PanLeica 8-18 mm (2e et 5e photos)
1re photo : 1/1000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 8 mm
3e  photo : 1/640 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 640 — 8 mm
5e  photo : 1/40 sec. — F/4,5 — ISO 6400 — 8 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église presbytérienne Saint-André, à Toronto

14 avril 2019
Façade de l’église

C’est de 1874 à 1876 que fut construite l’église Saint-André, d’après les plans de l’architecte canadien William Storm (1826-1892).

Son revêtement extérieur est en grès blond de Georgetown, rehaussé de colonnes en granite rouge de la Baie de Fundy.

Elle fut érigée dans ce qui était, à l’époque, le nouveau quartier résidentiel chic de Toronto.

De l’autre côté de la rue Simcoe, à droite de l’église, était construite la résidence officielle du Lieutenant-gouverneur ontarien. En face, mais de biais se trouvait le prestigieux Upper Canada College.

Directement de l’autre côté de la rue, il y avait une taverne. On disait alors qu’à l’intersection de King et de Simcoe, dans le sens des aiguilles d’une montre, se rencontraient le législatif, l’éducatif, la débauche et le salut.

Consacrée au saint patron d’Écosse, ce temple néo-roman se caractérise par ses trois tours d’influence écossaise.

À l’arrière, la tour la plus grosse est décorée à chaque coin de tourelles reliées entre elles par un parapet triangulaire. Les deux tours qui encadrent la façade sont chapeautées d’un imposant couronnement décoratif.

Intérieur de l’église, vers l’avant

L’intérieur est celui d’un sanctuaire-auditorium, typique des églises presbytériennes.

Intérieur de l’église, vers la sortie

Reposant sur une charpente métallique, l’église offre un intérieur dégagé où seules les fines poutres qui supportent le jubé sont susceptibles de masquer partiellement la vue des fidèles.

L’orgue est du facteur torontois S.R. Warren & Son. Il est composé de 2 736 tuyaux répartis dans 73 jeux.

Vitrail
Vitrail

Si on exclut les neuf vitraux au-dessus des portes d’entrée — réalisées en 2016 par les verriers d’EGD Glass — les vitraux de la nef ont beaucoup de similitudes avec ceux que Peter Haworth a créés pour l’ancienne église unie Erskine and American, à Montréal.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 15 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
5e  photo : 1/40 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église Saint-Léon-de-Westmount

20 septembre 2017
Vue extérieure

Historique

Construite originellement de 1901 à 1903 d’après les plans de l’architecte Georges-Alphonse Monette, l’église Saint-Léon-de-Westmount fut la première église destinée aux Catholiques domiciliés à l’ouest de l’agglomération montréalaise.

À l’origine, l’église servait de lieu de culte à la fois aux Francophones et aux Anglophones catholiques de la paroisse. Ces derniers se doteront de leur propre église, non loin, en 1926.

Pour l’archevêché de Montréal, placer cette nouvelle église sous le patronage de Léon Ier (dit le Grand), pape de 440 à 461, était une manière de défier publiquement le culte protestant, déjà très présent dans cette partie de l’ile, qui remet en cause l’autorité papale.

En forme de croix grecque, l’église originelle s’avéra rapidement trop petite. En triplant la longueur de sa nef, l’église adopta en 1920 sa forme définitive d’une croix latine.

Les travaux d’agrandissement furent confiés au même architecte.

Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

Extérieur

Façade de l’église

Alors que l’ancienne façade triangulaire était surmontée d’un clocheton, la nouvelle donne accès à un vestibule en saillie surmonté d’une balustrade (ce que n’avait pas l’église originelle).

À droite de ce vestibule (ou narthex), se dresse un campanile (il s’agit d’un clocher indépendant ou annexé au bâtiment principal d’une l’église).

Un motif en damier décore l’extérieur du narthex et du campanile. Ce motif est obtenu par l’alternance de pierres lisses et de pierres martelées.

Au toit du campanile, les quatre coins se prolongent de gargouilles (à peine visibles sur la première photo) qui servent, comme toute gargouille, à évacuer l’eau de pluie.

Les maitres-artisans

La décoration intérieure fut confiée en 1928 au peintre et verrier montréalais Guido Nincheri. Celui-ci était d’origine florentine. Pendant plus de trente ans, celui-ci s’affaira à cette église qui constitue son chef-d’œuvre.

Tout fut conçu par Nincheri. En plus de la conception, il peignit lui-même les fresques et son atelier montréalais réalisa les vitraux.

Le travail du bois — les stalles du chœur, la balustrade du jubé, les portes du narthex — fut confié au Montréalais d’origine florentine Alviero Marci.

Le bronze — les portes des confessionnaux, celles de la balustrade du chœur, le chemin de croix — fut coulé à Florence à partir des moules exécutées à Montréal par Federico Sciortino.

Tout le marbre sculpté fut importé de Florence.

Le mobilier liturgique en marbre — les autels, la chaire, la balustrade du chœur et les confessionnaux — furent exécutés par L’Arte del Marmo (ou Atelier de marbre) de Florence.

Les statues en marbre furent sculptées par Pasquale Sgandurra, un confrère de Nincheri à l’Académie des Beaux-Arts de Florence.

La décoration intérieure

Intérieur de l’église

L’église est dite de style néoroman en raison de ses arches semi-circulaires et de son campanile, typique de certaines églises italiennes du VIe siècle. Elle a toutefois un ampleur que n’aurait pas une église du haut Moyen Âge.

À gauche du chœur, une porte étroite donne accès à la sacristie. Celle à droite donne accès à la chapelle des Mariages et au baptistère.

Le vaisseau central est surmonté d’une voute en berceau reposant sur les piliers qui délimitent des bas-cotés servant d’allées latérales.

Les murs sont nus alors que toute la voute est décorée de fresques peintes par Nincheri de 1933 à 1937.

Très rarement utilisé en Amérique du Nord, l’art de la fresque consiste à peindre directement sur le plâtre frais, plutôt que sur une toile qui est ensuite collée sur les parois.

Tout comme les stalles du chœur, les bancs sont en noyer du Honduras, une espèce végétale aujourd’hui disparue.

Les allées sont revêtues de marbre polychrome. Sous les bancs, le sol est en terrazzo.

Nef près de la rencontre avec le transept

Commandés en 1925, l’autel et la chaire furent les premiers éléments du nouveau décor. Ils furent installés en 1927.

L’autel est entouré de stalles que le Florentin Alviero Marci, immigré à Montréal en 1935, s’affaira à sculpter pendant une décennie.

Située à gauche, dans le chœur, la chaire est le seul élément important qui brise la rigoureuse symétrie intérieure de l’église.

Installée en 1939, la balustrade du chœur (ou table de communion) est également en marbre. Elle est fermée par des portes en bronze.

Bras gauche du transept
Chapelle dans le bras gauche du transept

Les bras du transept sont peu profonds. Cela donne une idée de la faible capacité de l’église avant son agrandissement.

Au fond des bras du transept, au-dessus des vitraux, sont représentés des groupes d’anges. Juste en dessous des vitraux s’alignent les plaques en bronze du chemin de croix.

Le bas des murs est décoré depuis 1933 de lambris en mosaïque de Florence.

Dans les coins du transept, on trouve deux chapelles (du côté du chœur) et deux confessionnaux (du côté de l’entrée) en marbre blanc. Tous ces éléments sont surmontés de statues.

Les sculptures des chapelles représentent la Vierge (bras gauche du transept) et saint Joseph portant l’Enfant Jésus endormi (bras droit du transept).

Les sculptures au-dessus des confessionnaux représentent sainte Anne et saint Jean Baptiste. Chacune des portes en bronze qui clôt l’endroit où prend place le confesseur pèse 136 kg.

Voute de la croisée du transept

La fresque qui orne la croisée du transept représente Dieu, entouré des symboles des quatre évangélistes, de personnages religieux et d’anges.

De chaque côté, au centre du bandeau jaunâtre qui décore le début de chaque bras du transept, on remarquera les quatre chevaliers de l’Apocalypse, représentés deux par deux, et caractérisés par la couleur de leur monture.

Arrière de l’église

Trois orgues se sont succédé à cette église. D’abord un Casavant de 16 jeux (de 1909 à 1942). Puis un autre, d’une quarantaine de jeux, de la maison Odilon Jacques, rapidement jugé insatisfaisant (de 1942 à 1995). Finalement, un orgue de 32 jeux du facteur Guilbault-Thérien, de Mascouche.

En peuplier peint, le buffet de l’orgue a été dessiné par Alain Fournier.

Sorties

La balustrade du jubé est ornée de musiciens et de choristes.

Bénitiers

Arrivées en 1958, les bénitiers furent les derniers de la décoration de l’église.

Détail des portes du narthex

Le narthex est séparé de la nef par des portes de bois.

Les portes latérales représentent les vices et les vertus (ci-dessus). Les portes centrales représentent saint Georges et trois archanges (Gabriel, Michel et Raphaël).

Vitraux du bras droit du transept (Le péché originel)
Détail des vitraux du bras droit du transept
La Nativité
La Présentation de Jésus au temple
L’Enfance du Christ
Le Dimanche des Rameaux
Vitraux du bras gauche du transept (La Passion et la Résurrection)

Guido Nincheri créera les vitraux de l’église de 1930 jusqu’au milieu des années 1950. Ils sont parmi les plus remarquables vitraux au monde.

Conclusion

Véritable œuvre d’Art, l’église Saint-Léon-de-Westmount est une des plus belles églises de Montréal.

Ouverte à longueur d’année, cette église est située quelques rues à l’ouest de la station de métro Atwater.

Réputée pour son acoustique, cette église mérite le déplacement.

Références :
Église Saint-Léon de Westmount
Genèse de l’église Saint-Léon de Westmount

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 (3e, 4e et 7e photos), objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5e photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 2e et 8e photos), M.Zuiko 25 mm F/1,2 (6e, 9e, 10e et 11e, 12e et 18e photos) et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (13e, 14e, 15e, 16e et 17e photos)
  1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 7 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
  7e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2500 — 8 mm
  8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25
10e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
11e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
12e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
13e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
14e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
15e  photo : 1/200 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
16e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 75 mm
17e  photo : 1/640 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
18e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus

23 août 2017

Tout comme la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus honore un attribut divin.

En effet, la basilique Sainte-Sophie (aujourd’hui désacralisée) n’honorait pas une des saintes portant ce prénom, mais plutôt la Sagesse de Dieu; en grec, sagesse se prononce sofía.

De la même manière, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus n’honore pas Jésus de Nazareth mais le Nom qu’il porte.

Au début du XXe siècle, la ville de Maisonneuve — qui sera annexée à Montréal en 1918 — connait un boum économique lié au fait que cette municipalité était un paradis fiscal pour les industries manufacturières.

Sa forte croissance démographique incite le clergé catholique à y construire une église en croix latine de la taille d’une cathédrale.

C’est à Charles-Aimé Reeves et Albert Mesnard — associés dans la même firme d’architectes située à quelques rues de là — qu’est confiée la tâche de dresser les plans de l’édifice qui sera construit de 1903 à 1906.

Façade de l’église

L’église occupe une superficie de cinq-mille mètres carrés et sa façade est haute de soixante mètres.

Elle est souvent décrite comme étant de style romano-byzantin. De nos jours, cela n’est pas très évident.

L’extrême sobriété extérieure de l’édifice fait en sorte que la caractérisation du style ne repose sur pas grand-chose.

La plupart des ouvertures (portes et fenêtres) se terminent en demi-lune. C’est probablement ce qui lui vaut d’être dite d’inspiration romane.

Quant à l’influence byzantine, elle reposait sur l’aspect originel des clochers, épousant la forme des mitres des popes orthodoxes.

Depuis, ils ont été remplacés par des clochers pointus.

Nef

La nef se compose d’un large vaisseau central bordé d’étroits bas-côtés qui servent d’allées. Le long de ces allées, les colonnes en bois peintes en faux-marbre sont couronnées de chapiteaux corinthiens plaqués en or 24 carats (comme toute la dorure de l’église).


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

Nef à la rencontre du transept

Chaque bras du transept est décoré de trois vitraux surmontés d’une rosace.

Quelques années après l’inauguration, on entreprit un ambitieux programme ornemental confié à Toussaint-Xénophon Renaud qui l’exécuta de 1914 à 1918.

Ce peintre-décorateur avait été formé à l’École des Arts et Métiers de Montréal, formation qu’il avait complétée par des stages en France, en Belgique et en Italie. Élève de l’architecte Napoléon Bourassa, il avait travaillé à la décoration de la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes.

Chœur

Dans le chœur, le programme d’embellissement reposait principalement sur deux transformations majeures : l’ajout d’un un orgue et de son buffet sur colonnes enchâssant le maitre-autel, de même que des stalles ajoutées de part et d’autre du chœur. À l’époque, les bancs de la nef étaient de la même couleur foncée que les stalles du chœur.

Inauguré à Pâques 1915, l’orgue Casavant était le plus important à Montréal et le sixième en importance en Amérique du Nord.

Il est en deux parties; un orgue de chœur de 21 jeux situé à droite du maitre-autel (les tuyaux à gauche n’ont qu’une valeur décorative) et un orgue de tribune de 69 jeux situé à l’arrière de l’église. Au total, ces 90 jeux mettent en œuvre 6 500 tuyaux.

Cette disposition particulière permet des jeux d’écho et de réponse stéréophonique qui offrent un large éventail de moyens expressifs.

Dans le chœur, le buffet d’orgue a été dessiné par l’architecte Joseph-H. Caron et réalisé par les menuisiers de Louis Caron & Fils (de Nicolet). Le tout a été peint sur place sous la direction de Toussaint-Xénophon Renaud.

La Pentecôte, au-dessus du maitre-autel

La toile au-dessus du maitre-autel serait du peintre montréalais Georges Delfosse.

La Resurrection de T.X. Renaud, dans le bras droit du transept
Fresque à la croisée du transept

À la croisée du transept, la fresque Le Père éternel fut restaurée en 2015 par l’artiste Gina Garcia.

Exemples des vitraux

Les vitraux de la nef et du transept représentent les douze apôtres. Ils ont été créés par Gaston Vennat et Cie de Limoges.

Afin de s’assurer de la qualité du travail, le verrier français offrit un contrat clé en main en vertu duquel les vitraux étaient expédiés assemblés, prêts à être insérés dans l’ouverture des fenêtres.

Mais voilà, le contrat fut signé avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Or dès l’entrée en guerre de la France, tout le plomb du pays était réquisitionné pour faire des balles. Malgré l’interdit, les vitraux furent fabriqués et expédiés en secret.

À leur arrivée au port de Montréal en 1915, lors du dévoilement des vitraux, ce détail n’échappa pas à la presse. Ce qui fit scandale.

Notre-Dame-du-Rosaire, rosace du bras gauche du transept
Jésus et saint Jean-Baptiste, rosace du bras droit du transept

L’église compte trois rosaces mesurant six mètres de diamètre.

Au jubé, celle au centre de l’orgue représente sainte Cécile de Rome (patronne des musiciens) entourée de quatre anges musiciens.

À chaque extrémité du transept, l’image centrale de la rosace est entourée d’évêques et de docteurs de l’Église.

À l’extérieur, chaque rosace est protégée par une fenêtre en verre transparent dont le châssis de bois mime la structure de la rosace (en blanc sur la première photo). Cela crée une ombre portée qui ajoute de la profondeur à ces rosaces, particulièrement à celle de gauche, éclairée en après-midi.

Station du Chemin de Croix
Orgue à l’arrière
Statue en plâtre peint, près de la sortie

Les fondations de l’édifice reposent sur un sol instable. Déclaré dangereux, l’édifice sera fermé au culte de 2009 à 2014.

En fait, l’église devait être démolie. Mais s’il était possible de prélever les vitraux et les toiles marouflées de Toussaint-Xénophon Renaud, l’orgue devait absolument trouver preneur puisqu’il s’agit d’un chef-d’œuvre de Casavant.

Même offert gratuitement, la Place des Arts le refusa pour garnir sa salle symphonique. La technologie a évolué depuis un siècle; les orgues contemporains sont complètement informatisés, ce qui n’est pas le cas de l’orgue de l’église.

Devant l’impossibilité de s’en départir, le diocèse de Montréal (aidé financièrement par le gouvernement québécois) a résolu de restaurer l’église.

En dépit du fait que les travaux ne sont pas encore terminés, ils sont suffisamment avancés pour permettre la réouverture de l’église depuis la veille de Noël 2014.

Aux intéressés, la messe dominicale y débute à 9h30.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, hypergone 8 mm F/1,8 et objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8, M.Zuiko 25 mm F/1,2 et Lumix Leica 42,5 mm F/1,2.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La résidence de Charles-Aimé Reeves (1906)

14 août 2017

Né à Pointe-aux-Trembles en 1872, l’architecte Charles-Aimé Reeves fut très actif. Sa réalisation la plus connue est sans doute le marché Jean-Talon.

L’astrophysicien Hubert Reeves est son petit-fils.

Façade sur le boulevard Pie-IX

Après avoir acheté un lot vacant sur le boulevard Pie-IX en 1905, l’architecte y fit construire l’année suivante une résidence selon ses plans.

Il en occupa le rez-de-chaussée jusqu’à sa mort en 1948. De nos jours, cet appartement porte les numéros civiques 1891-A et 1891-B puisqu’il a été scindé en deux depuis.

De gauche à droite, la façade se divise en trois parties séparées par des murs mitoyens. À gauche, les deux premières sont l’image inversée l’une de l’autre. À droite, la troisième est semblable à la première (sauf qu’elle est la moitié moins profonde, comme nous le verrons plus loin).

Le rez-de-chaussée est rayé horizontalement de pierres de taille chamois qui alternent avec d’autres, grises.

Aux deux étages supérieurs, la façade en briques rouges est percée d’ouvertures rehaussées d’un pourtour en pierre chamois (peinte récemment en gris pâle).

Haut de la façade

La fausse mansarde est recouverte d’ardoise en écailles de poisson.

Au-dessus des fenêtres du dernier étage, elle fait place à un couronnement en forme de cloche qui, à l’origine, était surmontée d’une pointe de la même hauteur que les fenêtres et qui contribuait à la majesté de l’ensemble.

De biais

À l’avant, l’édifice abrite neuf logements. Chacun d’eux est traversé par un couloir qui donne accès successivement au salon double, à deux chambres fermées, puis à la cuisine à l’arrière.

Celle-ci s’ouvre sur un balcon situé sur le côté de l’immeuble (sur la photo ci-dessus, caché par des arbres). Ces balcons sont partagés avec des logements situés à l’arrière de l’édifice.

Avant l’invention des sécheuses électriques, la cuisine — la pièce la plus chaude de la maison — servait souvent à faire sécher le linge l’hiver. Et l’été, c’est à partir de cette pièce qu’on allait étendre le linge dans la cour arrière.

De nos jours, condamner les locataires à ne faire sécher leur linge qu’à l’intérieur est acceptable dans de nombreuses capitales européennes. Mais cela était contraire aux coutumes québécoises de l’époque.

En décidant de construire des logements à l’arrière, à la place d’une cour, l’architecte maximisait ses revenus locatifs. Toutefois, cela le forçait à fournir à ses locataires une solution alternative permettant le séchage du linge au vent. D’où les balcons latéraux.

Côté gauche de l’immeuble

On accède aux logements à l’arrière par la ruelle située à gauche de l’immeuble. Leurs portes d’entrée semblent être d’origine, contrairement à toutes les autres portes et fenêtres de la maison qui ont été modernisées depuis la construction.

Et puisque du côté opposé, l’immeuble ne longe pas une ruelle, l’existence de balcons de ce côté n’a été possible qu’en raison du fait que le dernier tiers de l’immeuble est moins profond. Voilà pourquoi il y a neuf logements à l’avant et seulement six à l’arrière.

Murale à l’arrière de l’immeuble

L’arrière de l’immeuble est décoré d’une murale de Gwan (en partie saccagée par des tagueurs).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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