L’objectif M.Zuiko 60mm Macro

6 janvier 2013
L’objectif M.Zuiko 60mm F/2,8 Macro

Introduction

Destiné aux appareils photo m4/3, le M.Zuiko 60mm est un objectif à focale fixe qui peut servir à la fois comme téléobjectif et comme objectif macro. Son angle de vision est de 20 degrés, soit l’équivalent exact d’un objectif 120 mm en photographie argentique. Relativement léger (185g), cet objectif est remarquable à plusieurs points de vue.

Du diaphragme grand ouvert (F/2,8) jusqu’à F/11, cet objectif est d’une netteté ahurissante. C’est le cas non seulement au centre — ce qui est une qualité de tout bon objectif — mais de bord en bord, ce qui est plus rare. On peut donc numériser un document simplement en le photographiant; on obtient alors la même netteté qu’avec un numériseur plat.

Exemple de netteté du sujet (cliquer pour agrandir)

Toutefois, puisque ce téléobjectif n’est pas stabilisé, on pourra l’utiliser à main levée sur des appareils photo d’Olympus et sur les rares appareils de Panasonic dotés d’un stabilisateur d’image interne. Autrement, on ne devraient utiliser cet objectif que lorsque leur appareil est monté sur un trépied ou seulement lorsque la vitesse d’obturation est telle que cela n’a plus d’importance.

Le sélecteur de plage de distance

Afin de faciliter la mise au point, l’objectif possède sur le côté un bouton sélecteur de plage de distance.

On peut choisir une plage appuyant sur le dessus du bouton sélecteur avec le pouce et en tournant. Mais on peut également profiter de la légère dépression de la surface de l’objectif à gauche du bouton (ce qui le met en relief), et le tourner en poussant sur son pourtour dentelé.

De « 0.4m à l’infini »

On choisit cette plage de distance lorsqu’on utilise cet objectif comme un téléobjectif ordinaire. La mise au point est relativement rapide : elle se fait sur tout objet situé à plus de 40 cm.

Une des grandes qualités de cet objectif est l’aspect crémeux de son bokeh (qu’on prononce « beau quai »). Le bokeh est le flou d’arrière-plan d’une photographie qui permet de détacher le sujet de son environnement.

Exemple de bokeh obtenu à l’aide du M.Zuiko 60mm Macro

À moins que le sujet soit très éloigné, le M.Zuiko 60mm produit toujours des arrière-plans flous en raison de la faible profondeur de champ des photos qu’il prend. Cette profondeur de champ varie selon l’ouverture du diaphragme et la distance du sujet.

Tableau des profondeurs de champ selon la distance et l’ouverture du diaphragme

Distance du sujet Minimum Maximum Profondeur
40 cm (à F/2,8) 39,8 cm 40,2 cm 0,3 cm
40 cm (à F/11) 39,4 cm 40,7 cm 1,3 cm
1 mètre (à F/2,8) 98,9 cm 101,1 cm 2,2 cm
1 mètre (à F/11) 95,8 cm 104,6 cm 8,9 cm
2 mètres (à F/2,8) 195,5 cm 204,7 cm 9,2 cm
2 mètres (à F/11) 183,2 cm 220,1 cm 36,9 cm

Ce tableau indique que lorsqu’un objet est situé à 40 cm (soit la distance minimale), la profondeur de champ est faible, variant de 0,3 à 1,3 cm selon l’ouverture du diaphragme. En réalité, à cette distance, la profondeur peut aller jusqu’à 3 cm puisque le diaphragme peut se fermer jusqu’à F/22.

À F/2,8, l’hyperfocale est situé à 85 mètres : tout est alors au foyer de 42,4 mètres à l’infini. À F/11, on rapproche l’hyperfocale à 21,3 mètres, et tout est net au-delà de 10,65 mètres.

De « 0.19m à l’infini »

Lorsque cette plage de distance est choisie, l’objectif s’attend à ce le sujet puisse être situé quelque part, n’importe où dans toute l’étendue des distances où il peut faire la mise au point. Puisque cet écart est le plus vaste, la mise au point est plus lente.

Et si l’appareil photo bouge au moment précis où la mise au point devrait se faire sur le sujet, l’objectif rate sa cible, poursuit sa recherche et, n’ayant rien trouvé, revient sur ses pas jusqu’à ce qu’il réussisse à trouver quelque chose. Bref, ce mode est le plus lent. Je ne le conseille pas, à moins d’utiliser un trépied.

De « 0.19m à 0.4m »

Cette plage de distance est idéale pour la photographie rapproché (ou proxiphotographie). L’objectif sait à l’avance que le sujet à photographier est situé dans un écart assez restreint. La mise au point automatique est donc plus rapide.

Guichet du rapport de reproduction

Dès une mise au point, l’aiguille orange du guichet situé sur le dessus de l’objectif (photo ci-dessus) indique la distance du sujet au foyer et le rapport de reproduction, soit 1:1 si le sujet est à 19 cm, 1:2 si le sujet est à 23 cm, etc.

Le « 1:1 »

C’est le mode de la macrophotographie au sens restreint du terme, c’est-à-dire lorsque la taille de l’image du sujet sur le capteur correspond exactement à la taille réelle de ce sujet (d’où l’appellation « 1:1 »).

Lorsqu’on tourne le sélecteur à « 1:1 », celui-ci ne reste pas là mais revient automatiquement à « 0.19m à 0.4m ». On peut choisir de le mettre manuellement sur n’importe quelle autre plage de distance.

Il est à noter que la distance de mise au point est celle qui sépare le sujet du capteur (et non de l’extrémité avant de l’objectif). Compte tenu des dimensions de l’objectif (8,2 cm de longueur) et de l’espace entre le capteur et l’arrière de l’objectif (soit 2 cm), la mise au point en mode macro se fait lorsque le sujet est à 19 cm du capteur, ce qui signifie à 8,8 cm du devant de l’objectif.

Dès qu’on a choisi ce mode, la moindre modification de la mise au point fait en sorte qu’on cesse d’être en mode macro. Par exemple, si on tourne la bague striée de l’objectif, c’est foutu.

Voilà pourquoi l’appareil doit absolument être en mode manuel. Autrement, dès qu’on appuie sur le déclencheur, l’appareil tente automatiquement de faire une nouvelle mise au point — quelque part dans la plage de distance indiquée par le sélecteur — et cessera alors d’être en mode macro.

Mais que fait-on si on n’est pas satisfait de l’image qu’on voit dans le viseur ou sur l’écran arrière de l’appareil ? Il faut déplacer le sujet ou l’appareil. Il n’y a pas d’autre alternative.

Les étapes à suivre pour faire de la macrophotographie sont donc les suivantes :
— mettez votre appareil en mode manuel,
— donnez la priorité à l’ouverture du diaphragme,
— choisissez la profondeur de champ souhaitée en sélectionnant l’ouverture de diaphragme correspondante,
— tournez le sélecteur de plage de distance à « 1:1  »,
— effectuer la mise au point en approchant l’appareil du sujet ou l’inverse.

Tableau des profondeurs de champ en macrophotographie

Ouverture Minimum Maximum Profondeur
F/2,8 19,0 cm 19,0 cm 0,06 cm
F/4,0 19,0 cm 19,0 cm 0,08 cm
F/5,6 18,9 cm 19,1 cm 0,12 cm
F/8,0 18,9 cm 19,1 cm 0,16 cm
F/11,0 18,9 cm 19,1 cm 0,23 cm
F/16,0 18,8 cm 19,2 cm 0,33 cm
F/22,0 18,8 cm 19,2 cm 0,47 cm


 
La macrophotographie

Nous avons vu précédemment les résultats obtenus avec le M.Zuiko 60mm en tant que téléobjectif ordinaire. Mais comment se comporte-il en macrophotographie ?

Les deux photos ci-dessous représentent un gros plan d’une aile de papillon prise par le M.Zuiko 60 mm. Dans la première, publiée ici telle quelle, c’est-à-dire sans aucune amélioration, j’ai ajouté un rectangle rouge qui correspond à la partie de l’image qui est ‘zoomée’ à 100% dans la deuxième.

Aile d’un papillon
Détail de l’aile du papillon

Vous noterez que les écales de l’aile du papillon sur les côtés de l’image sont un peu floues. Ce n’est pas parce que l’objectif manque de netteté en périphérie : c’est simplement parce que j’ai centré la région de l’image la plus nette.

Et il suffit d’un rien pour qu’une partie du sujet ne soit pas au foyer, en raison de l’étroitesse de la profondeur de champ.

Afin de contourner cette difficulté, dans la photo ci-dessous, j’ai diminué l’ouverture du diaphragme à F/11 afin de maximiser la profondeur de champ, ce qui a eu pour effet de faire grimper l’ISO à 6400.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Un flash d’appoint ?

Lorsqu’on photographie de très près un sujet minuscule susceptible de bouger, une vitesse d’obturation rapide est nécessaire. De plus, la lumière qu’il réfléchit est souvent insuffisante à maintenir l’ISO bas. D’où l’intérêt d’utiliser un flash.

Ne comptez pas sur le flash intégré à votre appareil photo; en photographie rapprochée, l’objectif lui-même ferait de l’ombre au sujet.

Une première solution est d’utiliser un flash annulaire à DEL, habituellement vendu entre 60$ et 120$ (de 40 à 80 euros). Ces flashs viennent avec des bagues adaptatrices destinées à visser le flash à l’ouverture de votre objectif.

Aucun flash annulaire présentement sur le marché n’a de bague de 46 mm. Puisqu’ils ont tous des bagues de différents diamètres dont une de 52 mm, il suffit de vous procurer — pour environ 3$ ou 2 euros — une bague adaptatrice 46-52 (qu’on appelle en anglais 46 to 52 mm Step-up Ring) pour que votre flash annulaire s’adapte parfaitement au M.Zuiko 60mm.

Photographie rapprochée, à main levée, au flash annulaire

On peut également utiliser un flash traditionnel, couplé à un diffuseur de lumière. C’est ainsi que travaille le photographe australien Mark Berkery.

Conclusion

On aurait bien tort de considérer le M.Zuiko 60mm Macro comme un objectif qui n’est utile qu’en macrophotographie. En réalité, c’est un objectif remarquable par sa netteté et son bokeh crémeux lorsqu’on l’utilise en tant que téléobjectif ordinaire.

Toutefois, en mode macro, l’étroitesse de sa profondeur de champ — toujours moindre que cinq millimètres — le limite aux sujets où cela est souhaitable (en entomologie, c’est-à-dire dans l’étude des insectes, plutôt qu’en botanique, par exemple).

Pour terminer, le néophyte doit savoir que rater une photo est une chose normale en photographie très rapprochée… du moins lorsque le sujet est un être vivant incontrôlable.

À titre d’exemple, je rate plus de 90% de mes mes photos de papillon. Si les photos publiées sur ce blogue sont réussies, c’est qu’elles sont la crème de la crème parmi les milliers photos de papillon que j’ai prises.

Ceci étant dit, en obtenir d’aussi bonnes n’est pas compliqué. N’importe quel utilisateur du M.Zuiko 60mm Macro peut faire pareil; il lui suffit de s’armer d’un peu de patience. Les résultats assurés qu’il obtiendra récompenseront ses efforts.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs OM Zuiko 50 mm Macro F/3,5 (les 1re, 3e et 5e photos) et le M.Zuiko 60 mm Macro F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/11,0 — ISO 500 — 50 mm
2e photo  : 1/125 sec. — F/4,5 — ISO 2500 — 60 mm
3e photo  : 1/80 sec. — F/11,0 — ISO 6400 — 50 mm
4e photo  : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 60 mm
5e photo  : 1/125 sec. — F/11,0 — ISO 4000 — 50 mm
6e photo  : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 60 mm
7e photo  : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 60 mm
8e photo  : 1/60 sec. — F/11,0 — ISO 6400 — 60 mm
9e photo  : 1/160 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 60 mm

Autres textes relatifs à des objectifs photographiques :
La photo 3D avec l’Olympus OM-D e-m5
L’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8
L’objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 : premières impressions
L’association du M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 et du multiplicateur de focale MC-14 en proxiphotographie
Le Daguerreotype Achromat 64 mm F/2,9 Art Lens
L’objectif Helios 40-2 85 mm F/1,5 sur appareil m4/3


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire de chenille (2e partie)

20 mai 2018

Une deuxième mue

Chenille au jour No 12

Ce jeûne mystérieux — qui dure depuis trente-trois heures — trouve son explication vers 16h.

La chenille a procédé à une autre transformation physique; elle vient de prendre l’aspect chimérique d’un serpent vert à tête de canard.

Ce bec aplati, ce front orné de cercles noirs et ces grands yeux de chaque côté de la tête ne sont là que pour impressionner n’importe quelle petite bête qui se trouverait sur son chemin.

En réalité, le menton rond et poilu sous le ‘bec’, ce sont ses yeux. Sa mâchoire est cachée dans l’ombre. Tout le reste est une parure.

L’ensemble du corps est marbré de vert, de jaune et de blanc. Vue de loin, la chenille ressemble à une fiente d’oiseau.

À cause de l’immense bosse qu’elle porte sur le dos, la chenille ne peut plus relever la tête. Elle est condamnée à manger et à laisser un fil de soie partout où elle passe. Un fil de soie qui lui permettra de retrouver son chemin lors de fringales nocturnes.

Mais pour l’instant, son jeûne se poursuivra jusqu’au lendemain matin.

Chenille au jour No 13

Tôt le treizième jour, la chenille a faim. Très faim. Elle se retourne et mange son ancienne peau de bovidé biscornu. Puis dévore deux feuilles dans l’avant-midi. Une troisième suivra en après-midi. Le tout espacé de longues pauses digestives.

Et pendant que je travaille tard le soir sur mon ordinateur, je suis rassuré d’entendre aux demi-heures le tic sonore des déjections qui tombent dans la boite de conserve qui sert à les accumuler.

À midi le quatorzième jour, j’en compte cinquante-trois. Sur ma balance électronique, elles totalisent entre 0,2 et 0,3 gramme, soit environ cinq milligrammes par crotte.

Au début de la nuit qui suit, je la surprends à aller et venir, la mine basse, le long de la branche qu’elle a dégarnie. Je décide de la relocaliser sur la plus longue branche saine, là où se trouvent en abondance les feuilles les plus grandes et les plus appétissantes.

Appétit au jour No 15

Au quinzième jour, la chenille atteint une longueur de cinq centimètres, soit la longueur du corps d’un papillon de grandeur moyenne.

Son appétit est devenu gargantuesque. Une feuille qui, hachée, ferait la moitié d’elle est dévorée en quarante minutes. Or elle en mange trois par jour.

Selon la documentation, cette chenille devrait former une chrysalide entre le quinzième (aujourd’hui) et le vingt-sixième jour. Or au rythme de trois feuilles par jour, je commence à craindre de manquer de feuilles saines.

À midi, elle a laissé soixante-douze crottes.

Au début d’après-midi, je fais aérer la pièce puisque je me rends compte que la chenille pue.

Ce n’est pas l’odeur de ses excréments puisque lorsque je les compte, j’ai le nez dans l’ouverture du contenant où elles s’accumulent. Grosses comme des grains de poivre noir, elles sont inodores.

Aujourd’hui il fait plus chaud que d’habitude. Peut-être pour cette raison, le corps de la chenille dégage une subtile odeur rance, légèrement désagréable.

Chenille au jour No 16

Depuis quelque temps, elle mange en début et en fin de journée et demeure immobile, toute dodue, une bonne partie du jour. En raison de sa taille, son déguisement de fiente d’oiseau ne suffirait plus à la protéger; tout déplacement attirerait l’attention de prédateurs. Donc, elle se tient tranquille.

À midi, elle a éliminé soixante-deux crottes d’environ neuf milligrammes chacune. Presque le double de leur poids d’il y a deux jours.

En après-midi, en se reposant, la chenille est prise de légers spasmes, comme si elle avait la toux.

Au dix-septième jour, son appétit demeure insatiable.

Ce qui est nouveau, c’est qu’elle se déplace beaucoup. Elle brule les calories à arpenter les branches de l’oranger. Aucun coin ne l’effraie, même les branches les plus anciennes, donc les plus toxiques. Cette mobilité fait en sorte que toute intervention de ma part serait vaine.

Déjections de la chenille

Au début de la nuit précédant le dix-huitième jour, je note un liquide verdâtre au fond du récipient où s’accumulent ses matières fécales. L’une d’elles s’est émiettée en tombant en une multitude de débris végétaux.

Serait-ce de la diarrhée ? Peu importe la cause (bactérienne ou virale), comment l’aurait-elle attrapée ?

Par contre, si c’est un effet toxique (une feuille recouverte d’insecticide grignotée par mégarde), il est trop tard pour agir.

Le lendemain matin, la chenille s’apprête à vivre une des transformations les plus importantes de sa vie; sa métamorphose en chrysalide.

Ce stade transitoire entre la chenille et le papillon devrait durer, selon la température ambiante, entre huit et dix-neuf jours.

Parce qu’elle vivra tout ce temps complètement scellée dans une nouvelle peau, le tube digestif de la nymphe ne peut être le site de macération bactérienne.

D’où les spasmes observés le seizième jour et leur résultat; la vidange complète de l’intestin au début de cette nuit.

Voilà l’explication.

De toute évidence, cette modeste chenille, comme nous, est le résultat de millions d’années d’évolution.

(à suivre)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8
1re photo : 1/125 sec. — F/9,0 — ISO 800 — 60 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/11,0 — ISO 1000 — 60 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 2000 — 60 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/2,9 — ISO 4000 — 60 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire de chenille (1re partie)

13 mai 2018

Préambule

‘Papillons en liberté’ est un évènement que le Jardin botanique de Montréal organise chaque printemps dans sa serre d’exposition.

L’an dernier, il m’arrivait parfois d’éplucher une orange et de me rendre au Jardin botanique sans me laver les mains dans le but d’inciter des papillons à se poser sur mes doigts.

À une occasion, un papillon s’était plutôt posé sur mon appareil photo et, titubant du haut de ses longues pattes, y avait pondu un œuf.

Comment réagit-on lorsqu’on vous confie un petit être vivant ? Sans doute de la même manière que la fille du Pharaon a réagi en trouvant un bébé, Moïse, flottant sur le Nil dans un panier d’osier.

Arrivé à la maison, j’ai transféré cet œuf dans la soucoupe d’une tasse à café.

Originellement, cet œuf était jaune pâle. Après quelques jours, il était devenu presque noir. Ce qui annonçait son éclosion imminente.

J’ai alors sorti de mon congélateur un assortiment de légumes coupés — carotte, cèleri, haricot vert, navet et ognion — que j’ai disposé au centre de la soucoupe.

Après l’éclosion, la jeune chenille s’était approchée de ce buffet, n’avait rien gouté, et s’était mise à tourner tristement pendant des heures sur le pourtour de la soucoupe.

De toute évidence, cette chenille préférait mourir de faim plutôt que de gouter mes légumes.

Je me suis alors rappelé que le papillon qui avait pondu cet œuf appartenait à une espèce qui ne se nourrit que de feuilles de citrus, ces plantes qui produisent des agrumes.

Puisque les extrémités des pattes de papillon servent d’organes gustatifs qui permettent à la femelle de pondre sur des plantes que ses chenilles pourront manger, cette femelle papillon avait sans doute été trompée par l’odeur d’orange que mes mains avaient répandue sur mon appareil photo.

À chaque tour de soucoupe, je sentais plus pressant le besoin de faire quelque chose.

Afin d’éviter que ma chenille ne meure de faim, je me suis aussitôt rendu dans un magasin de variétés asiatiques situé près de chez moi. Celui-ci vendait des plants de limettiers.

Dès que j’ai transféré la chenille sur une de ses feuilles, la chenille en a gouté une petite partie puis s’est arrêtée net.

Le lendemain, je l’avais retrouvée la tête plongée dans une goutte de liquide, le corps dressé en l’air.

C’est alors que j’ai réalisé que le limettier avait été traité par des insecticides. Cette chenille avait probablement décidé de se suicider par noyade afin d’échapper aux douleurs causées par le poison qui l’affligeait.

Un deuxième essai

Afin d’éviter qu’une telle chose ne se reproduise cette année, je me suis pris d’avance.

Dès l’automne, à ce même magasin de variétés asiatiques, j’ai acheté un oranger à défaut d’y trouver un limettier.

Sur la documentation qui accompagnait ce plant, on précisait que le traitement venait à échéance en février. C’était un peu avant l’évènement ‘Papillons en liberté’.

Quelques semaines après le début de cet événement, je rapportais enfin chez moi un premier œuf.

Une fois éclose, la chenille gouta de cet oranger, s’arrêta et disparut de la plante quelques heures plus tard en se laissant probablement tomber au sol.

Même si le producteur suggérait un second traitement insecticide en février, cela ne signifiait pas que l’ancien traitement était complètement dépourvu d’effets résiduels.

Ma dernière chance

Quelques jours avant la fin de ‘Papillons en liberté’, j’obtenais un autre œuf.

Cette fois-ci, si j’échouais encore, il me faudrait sans doute attendre à l’an prochain pour tenter une nouvelle expérience.

Mon seul espoir était que les jeunes feuilles d’oranger qui se sont développées depuis l’achat soient saines.

Les branches de cette plante avaient été taillées deux fois. Une première fois chez le producteur afin de favoriser leur ramification. Et une deuxième fois chez moi, lorsque les branches se sont mises à être trop longues à mon gout.

Toute branche née au-delà de la deuxième coupe représentait une pousse survenue après le traitement insecticide et conséquemment dépourvue de toxicité. C’est du moins ce que j’espérais.

Œuf à trois jours de l’éclosion

Le moment de vérité arriva lorsque mon dernier œuf vint à éclosion. J’avais placé l’oeuf sur une petite feuille vert tendre, fraichement apparue à l’extrémité d’une branche.

La première chose que fit la chenille fut de dévorer la coquille de son œuf.

Puis elle se dirigea au bord de la feuille gorgée d’eau et s’en régala.

Les heures qui allaient suivre étaient cruciales; si cette chenille se mettait à jeuner ou adoptait un comportement étrange, cela voulait dire que toute la plante était encore toxique et qu’il me fallait remettre mes projets à l’an prochain.

Un bon départ

Chenille au jour No 2

Deux jours après l’éclosion, la chenille était en parfaite santé. Elle terminait alors de dévorer sa première feuille dont elle n’avait laissé que la nervure centrale, sans doute trop coriace pour ses petites mâchoires.

Durant ces deux jours, la chenille mangeait brièvement puis se dirigeait vers une feuille à proximité pour digérer son repas pendant de longues heures.

Son petit monde se limitait à un deux-pièces : sa salle à manger et sa chambre à coucher.

Lorsque sa première feuille fut presque complètement dévorée, elle entama une nouvelle feuille, se réfugiant dans sa chambre à coucher habituelle pour passer le reste de la journée.

Une première mue

Au neuvième jour, après avoir mangé plusieurs feuilles, la chenille entama un périple vers le début de l’embranchement sécuritaire.

Ne pouvant courir le risque qu’elle aille au-delà et se mette à dévorer une feuille toxique, je pris l’initiative de la délocaliser à la cime d’une nouvelle branche, plus précisément sur une feuille adjacente à un bourgeon de fleur.

Mon but était de vérifier si la chenille aimait non seulement les feuilles d’oranger mais également les pétales de ses fleurs. Si c’était le cas, cela permettait de varier sa diète.

Chenille au jour No 9

C’est alors que le mystère de cette fuite soudaine vers le bas trouva son explication; la chenille avait voulu y muer.

De mignonne chenille décorée d’aiguilles inoffensives, l’insecte prenait dorénavant l’aspect d’un taureau bossu orné de papules brillantes.

Quel prédateur aurait envie de s’attaquer à une proie aussi répugnante ? Mais pour moi, il s’agissait d’un magnifique bibelot de jade vivant.

Après l’éclosion du bourgeon de la plante, ses pétales empiétaient sur la feuille que dévorait la chenille.

Non seulement celle-ci ne manifesta aucun intérêt pour manger de la fleur, mais elle refusa d’enjamber ses pétales, laissant inachevée cette feuille pour débuter la consommation d’une autre.

Dans les jours qui suivirent, une bonne partie des feuilles de cet embranchement fleuri furent dévorées par la chenille. Si bien qu’elle adopta une nouvelle chambre à coucher située plus bas. Malheureusement, il s’agissait d’une feuille toxique.

Devais-je intervenir de nouveau ? Puisque ma première intervention avait peut-être été injustifiée, je décidai de laisser-faire tout en renforçant ma surveillance.

J’étais parfaitement conscient que ce choix était risqué. Il suffisait d’un moment d’inattention (lors d’un repas, en prenant ma douche, ou en allant acheter des vivres), pour retrouver ma chenille agonisante.

Durant un jour ou deux, la chenille faisait l’aller-retour entre sa chambre à coucher toxique et les feuilles saines qu’elle dévorait.

Au dixième jour, je réalisai quelque chose d’évident mais qui ne m’avait pas traversé l’esprit; les chenilles font des crottes.

Au début, elles avaient la taille de têtes d’épingle. Pour cette raison, elles n’avaient pas attiré mon attention. Mais avec la croissance de la taille de ma chenille, elles devenaient plus évidentes.

Au dixième jour, je décidai de placer une boite de conserve vide sous la chambre à coucher de la chenille, là où elle passait la majorité du temps.

Je me sentais devenu comme ces médecins de Louis XIV qui analysaient les selles du monarque afin d’évaluer son état de santé.

Après 24 heures (de midi à midi), on y trouvait cinquante-huit crottes. Mais à midi le douzième jour, il n’y en avait plus que trois nouvelles. Autre sujet d’inquiétude; cela faisait vingt-neuf heures que la chenille jeunait.

Que s’était-il passé ? Au total, combien de temps m’étais-je absenté ?

Pendant que dans ma tête tourbillonnaient toutes les possibilités — des plus anodines aux plus inquiétantes — et pendant que croissait un vague sentiment de culpabilité, l’explication apparut soudainement…

(à suivre)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8
1re photo : 1/125 sec. — F/11,0 — ISO 5000 — 60 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/8,0 — ISO 6400 — 60 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/9,0 — ISO 2500 — 60 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Héliconius d’Hewitson

18 avril 2018
Face dorsale des ailes
Face ventrale des ailes
En majesté

Découvert en 1875 par le naturaliste britannique William-Chapman Hewitson, l’Héliconius d’Hewitson (ou Heliconius hewitsoni) est un papillon qui habite l’ouest du Panama et la côte Pacifique du Costa Rica (du niveau de la mer jusqu’à 1 100 m d’altitude).

Il possède de grands yeux, de longues antennes et des ailes qui s’étirent sur 7 à 8 cm d’envergure. En raison de l’atrophie de ses deux pattes antérieures, il n’utilise que quatre pattes pour marcher.

Sur leur face dorsale, les ailes sont noires devenant progressivement bleu foncé vers le thorax et l’abdomen. Chaque aile antérieure est traversée verticalement de deux bandes blanches ou jaunâtres tandis que chaque aile postérieure l’est, horizontalement, d’une seule, plus large, éloignée du bord.

Sur leur face ventrale, les ailes n’ont pas ce dégradé du noir au bleu. Toutefois, elles portent les mêmes bandes pâles, cette fois sur fond presque noir. De plus, les ailes postérieures sont décorées de deux jets rouges et de trois gros points de la même couleur.

Comme les autres héliconius, ce papillon se nourrit de pollen, ce qui lui permet de vivre plusieurs mois.

Les femelles pondent sur les feuilles des plantes de la famille de la passiflore puisque ce sont les seules dont se nourrissent les chenilles (insensibles à la toxicité de ces plantes).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm F/2,8 Macro
1re photo : 1/125 sec. — F/6,3 — ISO 1600 — 60 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 60 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/6,3 — ISO 400 — 60 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 37

12 mars 2018
Drosera capensis ‘Giant’

Des six-cents plantes carnivores connues, seize sont natives du Québec.

Ces dernières sont les suivantes :
• la Sarracénie pourpre (Sarracenia purpurea)
• la Droséra à feuilles rondes (Drosera rotundiflora)
• la Droséra d’Angleterre (Drosera anglica)
• la Droséra intermédiaire (Drosera intermedia)
• la Droséra à feuilles linéaires (Drosera linearis)
• la Grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris)
• la Grassette velue (Pinguicula villosa)
• l’Utriculaire résupinée (Utricularia resupinata)
• l’Utriculaire pourpre (Utricularia purpurea)
• l’Utriculaire cornue (Utricularia cornuta)
• l’Utriculaire à scapes géminés (Utricularia geminiscapa)
• l’Utriculaire vulgaire (Utricularia vulgaris)
• l’Utriculaire à bosse (Utricularia gibba)
• l’Utriculaire mineure (Utricularia minor)
• l’Utriculaire intermédiaire (Utricularia intermedia)
• l’Utriculaire rayonnante (Utricularia radiata).

Référence :
Brisson J. Plantes carnivores du Québec. Quatre-Temps 2017; vol 41 no 2: 46-9.


 
Une paroi de plomb épaisse de 15 cm ne bloque que la moitié des rayons gamma. Donc toute la centrale est radioactive et sa radioactivité est proportionnelle à la durée de son exploitation.

L’exposition à la radioactivité diminue avec le carré de la distance. À 1 km, c’est un million de fois plus faible. À 2 km, c’est quatre-millionièmes, etc.

Au Canada, très judicieusement, on se débarrasse des déchets radioactifs en les enfouissant dans les galeries de mines abandonnées, à plusieurs kilomètres sous terre.

En commentaire à un article paru dans Le Monde, sous le pseudonyme de Pierce, un lecteur proposait de les enterrer au fond des océans dans les zones de subduction, c’est-à-dire dans la plaque plongeante vers le noyau terrestre.

Selon lui, ces substances seront lentement diluées dans le magma terrestre. Celui-ci contient déjà pas mal de substances radioactives dont la désintégration produit environ la moitié de la chaleur interne de la Terre.

Références :
Comment se débarrasser des déchets nucléaires pour toujours ?
Sauver Gentilly-2 : un combat perdu d’avance


 
En 1980, le revenu moyen des citoyens de l’Inde atteignait 5% de celui des États-Uniens. Il est maintenant de 11%.

Le pourcentage de croissance économique de l’Inde dépasse souvent celui de la Chine. Toutefois, on doit se rappeler que le pourcentage plus élevé de l’Inde s’applique à un PIB national sensiblement inférieur — 2,4 trilliards$ pour l’Inde et 11,9 trilliards$ pour la Chine en 2016.

Ce pourcentage plus élevé n’est pas suffisant pour combler l’écart qui continue de se creuser entre les deux pays.

Références :
China
India
Wolf M. L’Inde peut-elle rattraper la Chine et les États-Unis ? La Revue 2017; no 71: 64-7.


 
De 2010 à 2016, la dette publique de la Tunisie est passée de 40,4% à 63,1% du PIB.

Même si cela est mieux que la dette en 2016 du Maroc (77,5%), de l’Égypte (111,2%) et de la Jordanie (87,7%), cela est moins bien que sa voisine, l’Algérie (18% – grâce à ses revenus pétroliers).

Référence :
Faujas A. Tunisie – On redoute un scénario à la grecque. La Revue 2017; no 71: 68-9.


 
Après traitement, 90% des eaux usées en Jordanie sont réutilisées pour l’irrigation. En Israël, ce taux est de 50%.

Dans des villes comme San Diego et Singapour, on boit tous les jours de l’eau recyclée.

C’est d’ailleurs ce que font les astronautes.

Aux États-Unis, en moyenne, l’eau des grands fleuves est utilisée vingt fois avant d’atteindre l’océan.

Référence :
Marbot O. L’inestimable manne des eaux usées. La Revue 2017; no 71: 70.


 
Il y a 14 000 restaurants à Paris et 160 000 à Tokyo.

Connaissant les habitudes culinaires des Japonais, on ne sera pas surpris d’apprendre que le plus gros marché poissonnier du Monde s’y trouve.

Seulement aux Halles de Tsukiji, on découpe annuellement un demi-million de tonnes de thon.

Référence :
Gouraud JL. Le plus gros marché au poisson du monde. La Revue 2017; no 71: 128.


 
En 2016, la Chine est devenue le premier producteur mondial d’énergie solaire, avec une puissance installée de 77,4 gigawatts. Pourtant, cela ne correspond qu’à un pour cent de ses besoins électriques.

Référence :
Mataillet D. Le monde d’aujourd’hui. La Revue 2017; no 71: 144.


 
Le bleuet sauvage du Québec ne peut pas être semé. La seule manière d’augmenter les surfaces cultivées, c’est de déboiser autour de lui, ce qui élimine la compétition, notamment quant à l’ensoleillement.

En 1957, on ne le trouvait qu’en forêt. En 1993, ce petit fruit poussait sur 99,7 km². Puis sur 135,8 km² en 2001 et 355,8 km² en 2015 (à 82% au Saguenay-Lac-Saint-Jean).

On ne le récolte qu’un an sur deux puisqu’au moment de la cueillette, les plants sont fauchés. L’année suivante, ceux-ci demeurent à l’état végétatif. Pour finalement s’en remettre l’année suivante et donner de nouveaux fruits.

95% des 49 millions de kg de bleuets sauvages du Québec est vendu surgelé.

Référence :
Roy G. L’essort du bleuet sauvage biologique. Quatre-Temps 2017; vol 41 no 2: 8-11.


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

Détails techniques : 
Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm F/2,8 — 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 60 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les pommes printanières des épinettes bleues

19 mai 2017
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Mais comment ne l’ai-je pas remarqué plus tôt ?

J’ai passé des centaines de fois devant le 4025 de Rouen sans remarquer d’au début du printemps, au milieu des jeunes pousses de ses épinettes bleues se cachent des pommes — appelées cocottes au Québec — d’un joli rose violacé.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm F/2,8 Macro
1re photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 60 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 60 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bonne Saint-Valentin 2016 !

14 février 2016
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Je me suis servi de Google Translation pour obtenir ci-dessus la traduction persane de la phrase : ‘Bonne Saint-Valentin à nos amis iraniens’.

Mais pourquoi donc adresser mon message de cette année précisément aux Iraniens ? C’est que célébrer la fête des amoureux est officiellement interdite dans leur pays.

Dernièrement, les commerçants iraniens ont reçu une directive policière les sommant de cesser la vente de cœurs, de roses rouges, de produits faisant allusion à la Saint-Valentin et de mettre fin à toute activité promotionnelle de cette fête.

Les cafés de la capitale iranienne doivent donc empêcher le rassemblement de filles et de garçons échangeant des peluches, fleurs et chocolats, afin de lutter contre la diffusion de la culture occidentale, jugée décadente.

Depuis des années, les jeunes de ce pays prennent un malin plaisir à transgresser clandestinement les vœux du régime. Conséquemment, la directive policière n’affecte que l’aspect commercial de la Saint-Valentin; aucun régime politique au monde n’a jamais réussi à arrêter l’Amour…

Pour terminer, précisons que la célébration de la Saint-Valentin est réprimée également dans trois autres pays musulmans; l’Arabie saoudite, l’Indonésie, et la Malaisie.

Références :
La Saint-Valentin de nouveau interdite en Iran
These 5 Countries Have Banned Valentine’s Day

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8 — 1/160 sec. — F/6,3 — ISO 1000 — 60 mm
Police de caractères utilisée : Bellevue

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Muscari

28 avril 2015
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Originaires de la région méditerranéenne et d’Asie Mineure, les muscaris sont des plantes qui forment au printemps des grappes à clochettes.

Ces grappes atteignent une hauteur de 10 cm à 60 cm. Leurs clochettes ovoïdes ont une ouverture dentelée et généralement étroite.

Selon l’une ou l’autre de leur trentaine d’espèces, leurs fleurs peuvent être bleu vif, bleu pâle, jaune pâle ou blanches. Certaines sont parfumées d’une odeur musquée, d’où leur nom.

Vivaces, ces plantes sont non-toxiques; en Italie, leur bulbe est consommé.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8
1re photo : 1/160 sec. — F/5,0 — ISO 640 — 60 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/5,0 — ISO 800 — 60 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Six cravates

13 avril 2015
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Déformation du mot croate, la cravate était un attribut de l’uniforme d’un régiment de hussards croates (d’où le nom) créé sous Louis XIII; cette cravate était un étroit foulard noué devant.

La mode s’est généralisée en Europe dans les années qui suivirent.

Elle prendra sa forme actuelle dans la deuxième moitié du 19e siècle.

On la définit comme une bande de tissu destinée à être passée autour du cou et nouée par devant. La cravate sert à dissimuler la rangée de boutons de chemise.

Ci-dessus, six cravates choisies pour leurs textures. De gauche à droite, successivement des marques ou des couturiers suivants : Gino Paoli, Giorgio Armani, Carnaval de Venise, Joseph Abboud, Nautica et Giorgio Armani.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm — 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 60 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le papillon Reine

12 avril 2015
Face dorsale du papillon femelle
Face ventrale des ailes du papillon femelle
Papillon Reine butinant

D’une envergure de 6 à 9 cm, le papillon Reine (ou Danaus gilippus) habite les milieux ouverts et ensoleillés d’Amérique latine.

Contrairement au Monarque et au Petit monarque, le papillon Reine est principalement de couleur orange brulée.

Autant sur leur face dorsale que ventrale, les ailes sont noires bordées de deux lignes de points blancs. Seules les nervures de la face ventrale des ailes postérieures sont noir bordé subtilement de blanc.

Tout comme chez ses cousins, on distingue les sexes par cette tache noire supplémentaire que le mâle porte sur chacune de ses ailes postérieures.

Si le papillon de nourrit de nectar de différentes plantes, sa chenille se nourrit principalement d’asclépiade, une plante toxique à laquelle elle est résistante. En s’en nourrissant, la chenille devient elle-même toxique — une propriété dont hérite le papillon — ce qui assure sa protection contre les prédateurs.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8
1re photo : 1/125 sec. — F/7,1 — ISO 640 — 60 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/7,1 — ISO 1250 — 60 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/7,1 — ISO 800 — 60 mm


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