Lors du plus récent épisode de son émission Une époque formidable, l’animateur Stéphane Bureau nous présentait le combat que mène le parti Québec Solidaire (QS) afin qu’on abaisse l’âge minimal pour voter à seize ans.
À cette occasion, Ruba Ghazal (co-porte-parole de QS), accompagnée d’une poignée de jeunes de 16 ans intéressés par la ‘chose publique’, soulignait qu’à seize ans, si on est assez vieux pour se marier, pour conduire une voiture, et pour être appelé sous les drapeaux, on devrait être assez vieux pour voter.
Ceci est un raisonnement simpliste.
La maturité sexuelle, la maturité physique et la maturité politique ne coïncident pas. La maturité politique apparait en dernier.
La majorité des adolescents connaissent le nom du gardien de but du club de hockey Canadien, et celui de Paul Saint-Pierre-Plamondon parce que ce dernier est l’objet d’un buzz chez les jeunes.
Mais la grande majorité d’entre eux ne connaissent pas les noms du premier ministre du Canada, du premier ministre du Québec et celui du président de la République française.
Plus grave encore, même à 18 ans, la politique est un sujet qui ne les intéresse pas. Imaginez à 16 ans…
Dans le film québécois Les Plouffe, le personnage de Guillaume Plouffe revient de la Seconde Guerre mondiale auréolé de gloire parce que son talent, à l’adolescence, à lancer la balle au baseball l’a bien préparé à lancer la grenade dans les tranchées allemandes.
De la même manière, la pratique des jeux de tir à la première personne prépare le futur aviateur à exécuter avec délectation l’ordre de tirer sur des cibles humaines, qu’elles soient civiles ou militaires.
Aussi facilement que des ados tirent, ces jours-ci, sur d’autres étudiants à l’école de Brossard.
À 16 ans, on est tellement influençable que les forces armées n’ont aucune difficulté à convaincre les recrues de bombarder les soldats (et les civils) de la nation ennemie, diabolisée par la propagande.
Déjà, abaisser à 18 ans l’âge minimal pour voter était une erreur. Ne l’aggravons pas en l’abaissant davantage.
Ce qui contribuera encore plus à l’infantilisation de l’électorat.
Pour terminer, quand donc QS cessera-t-il de polluer la politique québécoise par ses idées qui n’ont pas d’allure…
Écrit par Jean-Pierre Martel