La contre-offensive ukrainienne, début de la fin de la guerre ?

Publié le 15 septembre 2022 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

La contre-offensive de l’armée ukrainienne déclenchée le 24 aout dernier dans le nord-est du pays l’a amené à reconquérir environ six-mille kilomètres carrés de territoire.

Certains analystes occidentaux y voient l’espoir d’une victoire complète de l’Ukraine contre la Russie. Qu’en est-il ?

La justification russe de cette guerre

Déclenchée par la Russie, la guerre en Ukraine a néanmoins été rendue inévitable par les États-Unis.

En incluant l’Ukraine dans leur objectif d’encerclement militaire de la Russie par l’Otan, les États-Unis menacent les intérêts géostratégiques essentiels de la Russie; celle-ci ne peut pas tolérer que des missiles nucléaires américains se retrouvent à 500 km de Moscou.

Pas plus que les États-Unis eux-mêmes ne pouvaient tolérer que la Russie installe des missiles pointés contre eux à Cuba en 1962, à 1500 km de Washington.

Autrefois, le plus grand nombre de missiles nucléaires américains hors des États-Unis étaient stationnés en Turquie.

En 2016, en déplaçant une partie de leur arsenal nucléaire de leur base turque d’Incirlik à leur base roumaine de Deveselu, les États-Unis ont réduit la distance de leurs ogives nucléaires de Moscou de 2 000 km à 1 488 km.

Dans les années qui suivraient une adhésion hypothétique de l’Ukraine à l’Otan, les États-Unis seraient en mesure de les rapprocher considérablement de Moscou, ce qui est totalement inacceptable pour n’importe quel dirigeant russe.

Les deux véritables ennemis

Dans les faits, la guerre russo-ukrainienne est une guerre américano-russe par Ukraine interposée.

Les États-Unis sont de loin le principal fournisseur d’armes sophistiquées à l’Ukraine. Et c’est par le biais de la fourniture de renseignements de géolocalisation que les États-Unis permettent à l’armée ukrainienne d’obtenir ses plus grands succès militaires.

Les États-Unis ont livré à l’Ukraine des missiles autopropulsés d’une remarquable précision. Mais pour chaque tir, on doit programmer la géolocalisation des cibles à atteindre. Ces coordonnées sont fournies à l’armée ukrainienne par les États-Unis.

Les satellites-espions américains surveillent le déplacement des camions de ravitaillement de l’armée russe. Leurs va-et-vient permettent de découvrir où se trouvent les entrepôts de matériel militaire russe.

Une fois en possession de cette information, il ne reste plus à l’armée ukrainienne qu’à communiquer à une équipe de fantassins la position exacte de ce dépôt pour que ceux-ci programment le logiciel du lance-roquette qui transfert l’information au système de guidage du missile immédiatement avant sa mise à feu.

À partir du succès de la contre-offensive ukrainienne, prédire une victoire totale de l’Ukraine contre la Russie, c’est oublier le deuxième objectif poursuivi par les États-Unis.

Affaiblir l’armée russe

La Russie ne constitue pas la pire menace à l’hégémonie mondiale des États-Unis. À environ 1 500 milliards$, le PIB russe est le septième de celui des États-Unis.

Par contre, la puissance économique de la Chine est environ les trois quarts de la puissance américaine.

Les États-Unis voient dans la perspective où la Chine deviendrait la première puissance mondiale, une menace fondamentale.

Depuis l’invention de la machine à vapeur, la suprématie du monde (telle que perçue par l’Occident) appartient à des peuples anglo-saxons.

Lorsqu’on passe d’une production industrielle basée sur charbon à celle basée sur le pétrole, le flambeau de la suprématie occidentale passe du Royaume-Uni aux États-Unis.

Dès lors que l’accès aux ressources énergétiques (fossiles, solaire et éolienne) cesse d’être le facteur limitant de la croissance industrielle et est remplacé par l’accès à des ressources minières contrôlées par la Chine — notamment les terres rares sur lesquelles repose la haute technologie — l’émergence de ce pays représente un saut vers l’inconnu pour les peuples qui contrôlaient depuis des siècles l’ordre mondial.

Ce qui explique que les pays à majorité anglo-saxonne — les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — ont mis sur pied le plus vaste réseau d’espionnage au monde. Et ils ont créé une intégration militaire en vase clos qui exclut toute participation étrangère, comme en témoigne l’annulation du contrat d’approvisionnement des sous-marins australiens auprès de la France.

Ces pays se sont construits soit sur l’épuration ethnique des peuples autochtones qui habitaient leur territoire ou, dans le cas de l’Angleterre sur des guerres séculaires contre les Celtes d’Écosse et deux tentatives d’extermination contre les Celtes d’Irlande.

Bref, ce sont des peuples hyper-racistes aux yeux desquels la perspective d’une suprématie mondiale chinoise est totalement inacceptable.

Voilà pourquoi l’idée d’une guerre ‘préventive’ contre la Chine percole depuis des années dans les milieux militaires américains et les groupes de réflexion qui les alimentent d’idées.

En vue d’une telle guerre pour l’instant hypothétique, le conflit russo-ukrainien est une occasion de saper l’économie d’un allié éventuel de la Chine et de forcer l’Europe à couper dès maintenant ses liens économiques avec la Russie, ce qui rendra le Vieux Continent plus apte à participer à une Troisième Guerre mondiale sous commandement américain.

Mais pour saper l’économie russe, les États-Unis ont besoin d’une guerre prolongée en Ukraine. Plus elle sera longue, plus la Russie en sortira affaiblie.

Il est donc hors de question que l’Ukraine poursuive une reconquête rapide de son territoire.

Le jeu de bascule américain

Avant l’attaque japonaise de Pearl Harbor en 1941, les États-Unis vendaient des armes à la fois aux Alliés et à l’Allemagne nazie (qui recueillait la sympathie de la Droite américaine).

Il en fut de même lors de la guerre Iran-Irak qui se déroula de 1980 à 1988. Au cours de ce conflit, les États-Unis ont été un fournisseur secondaire d’armement.

Il faut toutefois souligner qu’à cette occasion, la livraison des armes américaines alternait d’un belligérant à l’autre, de manière à toujours soutenir celui qui semblait en train de perdre, et à changer de camp quand la situation s’inversait.

En étirant cette guerre, celle-ci dura huit ans et fit entre 680 000 et 1,2 million de morts.

Dans nos médias, on a fait peu de cas de cette guerre, puisque du point de vue occidental, plus les Musulmans s’entretuent, moins il en reste…

Il ne serait pas donc étonnant que le rythme des livraisons d’armement américain à l’Ukraine ralentisse afin de prolonger cette guerre puisque toute paix entre les belligérants marquerait la fin de l’hémorragie voulue des stocks militaires russes.

Conclusion

En 1945, en décidant de larguer deux bombes nucléaires sur la population civile d’Hiroshima et de Nagasaki, les États-Unis savaient sciemment qu’ils commettaient le plus grave ‘crime de guerre’ de l’histoire de l’Humanité.

Cette décision était rendue nécessaire pour faire réaliser au commandement militaire japonais que leur empereur n’était pas un demi-dieu et qu’il devait capituler.

La Russie croit à la nécessité existentielle d’empêcher l’Ukraine d’adhérer à l’Otan. Autant que les soldats ukrainiens ont été convaincus — par les déclarations stupides de Poutine lui-même — que toute victoire russe marquerait la disparition de leur pays.

Si la Russie ne peut gagner cette guerre par des moyens conventionnels, elle n’hésitera pas à prendre, en désespoir de cause, les mêmes moyens que ceux auxquels les États-Unis ont eu recours en 1945.

Fragilisé par les séquelles de la crise sanitaire (qui a fait un million de morts aux États-Unis) et par les pénuries d’approvisionnement liées à la remondialisation rendue nécessaire par les sanctions économiques contre la Russie, l’Occident n’est pas prêt à soutenir dès maintenant un effort de guerre.

D’autant plus que l’affaiblissement des démocraties libérales par le néolibéralisme les a rendues vulnérables à l’insurrection armée de leur propre population.

Voilà pourquoi les États-Unis devront laisser à la Russie la foi en son succès par des moyens conventionnels.

D’autre part, le succès militaire des soldats ukrainiens dépend évidemment de leur courage, mais surtout de l’équipement que les États-Unis leur fournissent.

Véritables maitres du jeu de bascule, les États-Unis n’ont pas d’autres choix que de maintenir l’espoir ukrainien, tout en différant le plus possible une victoire décisive de la Russie.

Références :
Bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki
Crise des missiles de Cuba
Guerre Iran-Irak
L’engrenage ukrainien
Les conséquences géostratégiques du basculement vers les énergies vertes
L’Ukraine contre-attaque… jusqu’où ?
Résumé de géopolitique mondiale (1re partie)
Satellites-espions et guerre de précision

Parus depuis :
Menace nucléaire russe : « Ce n’est pas du bluff », dit Vladimir Poutine (2022-09-21)
US Ammunition Supplies Dwindle as Ukraine War Drains Stockpiles (2022-10-09)
UK urged to protect Ukraine from legal action over private debt default (2024-07-07)

Complément de lecture : L’épouvantail russe

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand défendre le français consiste à enfoncer des portes ouvertes

Publié le 12 septembre 2022 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Le mois dernier, Statistique Canada révélait l’importante diminution du pourcentage des familles au sein desquelles les parents élèvent leurs enfants en français.


 
D’autre part, en vue des prochaines élections, les chefs des quatre principales formations politiques du Québec se sont prêtés tour à tour aux questions de trois journalistes lors d’une émission spéciale diffusée récemment à la télévision de Radio-Canada.

Un volet concernait la loi 96, adoptée par le gouvernement sortant en vue de protéger le français au Québec. Le Parti libéral du Québec (PLQ) s’y oppose et cette émission donnait à la cheffe de ce parti, l’occasion de nous expliquer pourquoi.

La loi 96 divise les Québécois

Préoccupé par le déclin du français au Québec, le PLQ juge qu’il faut évidemment défendre notre langue, mais de manière ‘inclusive’.

Or la loi 96 divise les Québécois puisque l’immense majorité des angloQuébécois s’y opposent.

Sans le dire explicitement, ce que souhaite le PLQ, c’est donner aux angloQuébécois un droit de véto sur tous les moyens que le gouvernement pourrait prendre pour freiner ou pour arrêter l’anglicisation du Québec.

La langue de l’État adressée aux néoQuébécois

Dans tous les pays du monde, l’État s’adresse à ses citoyens dans la langue nationale.

De plus, dans le cas du Royaume-Uni, aucun requérant au statut d’immigrant ne peut mettre le pied sur le sol britannique à moins de connaitre déjà la langue anglaise. Seuls les réfugiés, en raison de l’urgence de leur situation, font exception à cette règle.

Avec sa loi 96, le gouvernement sortant a décidé qu’après six mois en sol québécois, toute la correspondance gouvernementale adressée à un néoQuébécois le sera en français.

Celui-ci n’est pas obligé d’avoir appris le français; s’il ne le comprend toujours pas, il faudra qu’il se débrouille puisqu’au Québec, c’est en français que ça se passe.

La cheffe du PLQ soutient que six mois, c’est trop court pour apprendre le français (ce que, répétons-le, la loi n’exige pas).

Mais même si on donnait deux ans, dix ans ou vingt ans, on ne ferait que différer le problème; il y a des gens qui passent toute leur vie au Québec sans avoir réussi à apprendre notre langue. Michael Rousseau, le président d’Air Canada, en est un exemple.

L’accès aux CÉGEPs anglophones

En Italie ou en Allemagne, par exemple, la seule école où on peut envoyer ses enfants aux frais des contribuables, c’est à l’école publique. C’est la seule gratuite. Et c’est dans la langue nationale que les élèves y font leur apprentissage.

Évidemment, on peut toujours envoyer ses enfants dans une école où les professeurs enseignent dans une autre langue. Mais c’est à ses frais.

Depuis la Loi 101, c’est la même chose au Québec. Sauf que cette loi fait exception pour les angloQuébécois. Ceux-ci disposent de leurs propres écoles publiques (donc financées par l’État).

De plus, la Loi 101 ne s’applique qu’à l’enseignement au primaire et au secondaire. Jusqu’ici, elle ne s’appliquait pas aux lycées (appelés CÉGEPs au Québec). Cette lacune a été corrigée par la loi 96.

Le PLQ s’y oppose. À cette émission spéciale de Radio Canada, Dominique Anglade déclarait :

Je ne conçois pas qu’on dise à nos jeunes adultes qu’ils devront choisir devant un CÉGEP français vs CÉGEP anglais. Ils ont le droit de prendre cette décision-là eux-mêmes.

Les jeunes Québécois ont le droit de décider de leur avenir. Mais un étudiant francophone qui souhaite un avenir en anglais devra se le tailler à ses frais.

Le cout de l’inscription dans un CÉGEP (environ 20$ par session) ne représente qu’une minuscule partie des frais réels de l’enseignement dans nos lycées. Or nous, contribuables francophones, refusons de financer l’anglicisation du Québec.

La liberté de choix de la langue d’enseignement était le principe défendu par la loi 63 de l’Union nationale, un parti rayé de la carte précisément pour l’avoir adoptée.

En 1969, le peuple francoQuébécois a réalisé l’absurdité de financer sa propre extinction : Dominique Anglade ne nous fera pas revenir 53 ans en arrière.

Évidemment, nos amis Anglophones sont bien libres de ne pas être de notre avis. Mais on vit dans une démocratie quand les minorités sont libres de s’exprimer et, précisons-le, quand les majorités sont libres d’agir…

La clause dérogatoire

Le PLQ s’oppose à ce que la loi 96 invoque la clause dérogatoire, cette disposition constitutionnelle qui permet d’en déroger.

En 1977, le gouvernement péquiste de René Lévesque adoptait la Loi 101. Ce qui a fait réaliser à Ottawa que la vieille loi britannique qui servait de constitution au pays depuis 1867 était pleine de trous.

Voilà sur quoi repose l’urgence soudaine de doter le Canada d’une nouvelle constitution cinq ans plus tard; il fallait invalider des pans entiers de la Loi 101. Ce que la Cour suprême du Canada elle-même a reconnu dans un jugement qu’elle a rendu en 1984.

Je vous épargnerai le jargon juridique utilisé par le plus haut tribunal du pays pour vous en donner la traduction suivante :

Étant donné que la constitution a été écrite après la Loi 101, lorsqu’on compare le texte de l’article 23 de la constitution avec le texte correspondant dans la Loi 101, il est évident que cette dernière était l’exemple parfait d’une législation que le gouvernement fédéral voulait contrer…

En réalité, lorsque Dominique Anglade déclare vouloir retirer la clause dérogatoire invoquée par la loi 96, elle veut donner cette loi en pâture à la voracité des juges à la solde d’Ottawa ou à celle de ces juges ultra-fédéralistes nommés par le PLQ au cours des quinze ans où il fut au pouvoir.

Il suffit de lire le jugement d’une incroyable partialité rendu le 12 aout dernier par la juge Chantal Corriveau à l’encontre de deux articles de la loi 96 pour se convaincre de ce secret de Polichinelle; toute la machine judiciaire à la solde d’Ottawa est en croisade pour trouver des puces — et en inventer si nécessaire — afin de forcer le Québec à revêtir, malgré la clause dérogatoire, la camisole de force constitutionnelle que le Canada anglais a adoptée contre nous en 1982.

Conclusion

Les choix référendaires de la nation québécoise ont consisté à remettre notre sort entre les mains de l’ethnie dominante du Canada. Les plus récentes données de Statistique Canada permettent aujourd’hui de mesurer l’étendue de cette imprudence.

Face à cela, la loi 96 est très insuffisante. Voilà pourquoi il serait inacceptable de nous contenter de moins. C’est précisément ce que veut le PLQ.

Son refus dogmatique d’invoquer la clause dérogatoire fait de ce parti le chantre de l’asservissement à l’ordre constitutionnel canadian.

Et les mesures homéopathiques qu’il propose aujourd’hui pour pallier l’anglicisation du Québec, de même que le droit de véto implicite qu’il entend accorder aux angloQuébécois à ce sujet, sont autant de preuves que les dirigeants de cette formation politique sont les ‘collabos’ du régime colonial canadien.

Références :
Anglicisation de Montréal depuis quinze ans
Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96
La loi 96 : le mythe de l’obligation d’apprendre le français en six mois
Le commissaire Théberge blâme Air Canada pour le discours unilingue de son PDG
Le défilé des Rhodésiens
Les droits linguistiques à géométrie variable
Loi 63 de l’Union nationale

Parus depuis :
Italian government seeks to penalize the use of English words (2023-04-01)
« It’s very english » sur la voie maritime du Saint-Laurent (2023-05-19)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aux grands maux, les grands remèdes

Publié le 10 septembre 2022 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Depuis cinq ans, l’air de Montréal n’a jamais contenu autant de grains de pollen d’herbe à poux. Le 29 aout dernier, le sommet atteignait près de trois-cents grains par mètre cube.

Cette augmentation est causée par plusieurs facteurs.

Le premier est l’allongement de la saison chaude en raison des changements climatiques.

À cela s’ajoute l’interdiction de l’utilisation urbaine des défoliants. Non pas qu’il s’agisse d’une mauvaise décision, au contraire. Mais on doit comprendre que même les bonnes décisions comportent des inconvénients.

La plante fabrique du pollen 24 heures par jour. La nuit, l’air est généralement immobile. Si bien que le pollen s’accumule sur les épis.

Les pics surviennent au lever du soleil, lorsque ses rayons réchauffent le sol et créent des mouvements d’air qui mettent en suspension le pollen accumulé.

Au microscope, les grains de pollen peuvent adopter des formes les plus diverses, de la boule lisse à celle hérissée de pointes.

Pour causer du rhume des foins, le pollen doit posséder deux caractéristiques essentielles qui ne dépendent pas de sa forme; être composée de protéines allergènes et être suffisamment léger pour être transporté par le vent sur de grandes distances.

C’est le cas du pollen de l’herbe à poux.

L’inutilité de la tonte

Pour déclencher des symptômes, la concentration de pollen doit dépasser un seuil; plus les plants sont proches de votre domicile, plus l’air que vous respirez est riche en grains de pollen. Lorsqu’on ‘nettoie’ son environnement immédiat, on augmente les chances que, au moins la nuit pour dormir, la concentration de pollen soit en deçà de ce seuil.

Sans défoliant, le seul moyen d’éradiquer l’herbe à poux est de l’arracher. La tonte ne suffit pas.

Si on se contente de tondre l’herbe à poux, la partie épargnée se ramifie. Et quelques semaines plus tard, lorsqu’on tond encore les épis qui se dressent, la plante se ramifie encore plus près du sol. Si bien qu’à la fin de l’été, l’herbe à poux forme des surfaces qui ressemblent à du gazon.

Puisque le pollen de l’herbe à poux est transporté par le vent sur de très grandes distances, comment peut-on éradiquer cette plante dans son voisinage puisque son pollen peut venir de loin ?

Ce n’est pas le pollen qui dissémine la plante; le pollen est l’équivalent des spermatozoïdes chez l’animal. Ce sont plutôt les graines qui donnent naissance à une nouvelle plante. Or les graines sont lourdes et tombent toujours près de la plante qui les génère.

Donc lorsqu’on arrache tous les plants d’herbe à poux d’un territoire, c’est fini, on est débarrassé à jamais… en principe.

Dans les faits, les graines d’herbe à poux demeurent viables dans le sol pendant trois ans. Donc on ne peut être certain d’avoir ‘nettoyé’ un quadrilatère, par exemple, qu’après trois ans d’arrachage et de surveillance.

La deuxièmement raison est que tout aménagement paysager où de la ‘nouvelle’ terre est apportée, peut contenir des graines d’herbe à poux. Ce qui implique trois autres années de surveillance.

Concrètement, les moyens les plus efficaces de diminuer les taux de pollen d’herbe à poux dans nos villes, c’est la disparition des pelouses — au profit des rocailles et des jardins décoratifs — et des lots laissés en fiche.

La diminution du pollen chez soi

Dans un domicile, il est possible de filtrer l’air ambiant afin de diminuer la quantité de pollen qui s’y trouve.

La norme MERV — pour Minimum Efficiency Reporting Value — permet de les classer selon leur efficacité. Entre MERV-17 et MERV-20, on trouve les filtres les plus puissants (de type HEPA ou mieux).

Plus abordables, les filtres MERV-13 bloquent au moins 90 % des particules qui mesurent d’un à trois microns. Or les grains de pollen ont un diamètre qui varie entre vingt et cinquante microns. En d’autres mots, ces filtres sont très efficaces pour nettoyer l’air d’une pièce du pollen qu’il contient.

Dans ma chambre à coucher, j’utilise à longueur d’année un purificateur d’air de type HEPA.

Dernièrement, j’ai entrepris de fabriquer une machine plus puissante pour mon bureau.

À cette fin, j’ai acheté sur Amazon un lot de quatre filtres MERV-13 carrés de vingt pouces de côté de marque Booguan (au prix de 67,82$).

Ceux-ci ont été assemblés avec du ruban adhésif pour plomberie de deux pouces de large (au prix de 14,92$).

J’ai fait en sorte que leurs plis soient verticaux de manière à ce qu’ils accumulent moins de poussière avec le temps. De plus, pour des raisons décoratives, le côté des filtres sur lequel court le treillis métallique qui maintient des plis en place a été placé vers l’extérieur.

Les filtres ont été assemblés deux par deux. Sur leur face externe, les deux filtres ont été placés l’un sur l’autre et collés comme on relie les pages d’un livre. Puis, en les ‘ouvrant’ justement comme un livre, ils ont été collés l’un à l’autre une seconde fois à leur jonction interne.

À leur base, j’ai collé un carton qui solidifie les quatre panneaux.

Et sur le dessus, ouvert comme un parc portatif pour bébé, j’ai déposé un ventilateur carré de vingt pouces de marque Cool Works (le modèle HF-203 à 52,97$).

Le ventilateur est simplement déposé tel quel, dans sa boite, sans être collé aux panneaux assemblés. Cette boite est percée de part et d’autre par une ouverture tracée à l’aide du plateau rotatif de mon microonde.

Notons que lorsque l’air est poussé à l’intérieur de la boite filtrante par le ventilateur (plutôt qu’aspiré vers l’extérieur par lui), les saletés retenues par la face interne des filtres ne se voient pas. Donc l’extérieur demeure propre.

À l’essai, tout fonctionne très bien. Depuis plusieurs jours, je travaille à l’ordinateur comme si la saison de l’herbe à poux n’existait pas.

Évidemment, c’est un peu encombrant : je n’ai pas encore décidé où j’entreposerai ce purificateur d’air cet hiver.

On verra; un problème à la fois.

Référence : Nouveau record de pollen d’herbe à poux

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les drapeaux du Québec en berne et le réflexe du colonisé

Publié le 9 septembre 2022 | Temps de lecture : 4 minutes

La décision de placer en berne les drapeaux du Québec sur les édifices gouvernementaux a suscité une controverse.

Pour certains, c’est une question de respect pour les traditions. Pour d’autres, on doit distinguer la tradition des mauvaises habitudes; un peuple qui se respecte ne rend pas hommage à ses conquérants et à leurs descendants.

Le chef du Parti québécois qui, le premier, avait critiqué cette décision s’en est excusé le lendemain. On se demande pourquoi.

Le décès de tout être humain est un évènement triste. Mais si on avait à regretter le trépas de quelqu’un, ce devrait être la mort atroce de cette fillette écrasée dans sa poussette par un véhicule utilitaire le 21 juillet dernier à Montréal.

Si elle avait atteint l’âge adulte, elle aurait pu devenir médecin et sauver des dizaines de vies. Devenir scientifique et effectuer une découverte qui aurait bouleversé notre existence. Devenir cheffe d’État et adopter des politiques remarquables. Et ainsi de suite.

Bref, c’est un espoir brisé.

Nonobstant les qualités intrinsèques d’Elizabeth II, qu’a-t-elle fait d’utile dans sa vie à part donner un héritier à sa dynastie ? Y a-t-il une seule chose au monde qui n’existerait pas si la couronne britannique avait échu à quelqu’un d’autre ?

Elizabeth de Windsor me savait pas faire cuire un œuf, habituée d’être servie par ses domestiques.

Elle a coupé des rubans à l’inauguration d’édifices publics, déposé des gerbes de fleurs devant des mausolées et prononcé d’innombrables discours écrits par d’autres sur ce même ton recto tono ennuyant.

J’entendais dernièrement la ministre des Affaires étrangères du Canada affirmer que le grand avantage d’un régime monarchique, c’est que toute monarchie est un gage de stabilité politique.

Vraiment ?

Au début du XXe siècle, à part de rares républiques (dont les États-Unis, la France et Haïti), la Terre était couverte de monarchies qui, pour la plupart, ont été destituées lors de révolutions sanglantes. Est-ce là la stabilité dont parle Mme Mélanie Joly ?

Qu’en reste-t-il ?

Si on exclut le Royaume-Uni, la noblesse européenne actuelle règne sur des paradis fiscaux (comme le Liechtenstein), sur un éperon rocheux qui prospère grâce à son casino (Monaco) ou sur des puissances européennes de second ordre (dont on ne donnera pas d’exemple pour ne pas heurter personne).

Ailleurs à travers le monde, les dynasties sont habituellement des familles mafieuses dont la prédation du Trésor public se cache sous le vernis ostentatoire de leur riches parures. Dans le cas précis des pétromonarchies, elles assurent leur pérennité au son de la tronçonneuse qui débite leurs opposants politiques.

Bref, les monarques actuels sont, au mieux, des parasites. Au pire, comme chacun d’entre nous peut le devenir s’il dispose de pouvoirs absolus.

Alors revenons à ces drapeaux mis en berne.

Cette décision est purement symbolique. Elle ne change pas le sort d’aucun d’entre nous.

Mais il est décevant de constater que même lorsque tous les voyants lumineux clignotent au rouge quant au déclin démographique du peuple francoQuébécois, nos dirigeants se sentent encore obligés de rendre hommage à ceux qui ont mis en place un système politique qui nous destine à disparaitre…

Référence : « J’ai mal choisi le moment », admet St-Pierre Plamondon

Parus depuis :
Dans les anciennes colonies britanniques, la mort d’Elizabeth II suscite aussi des commentaires amers (2022-09-10)
Sondage Léger: les Québécois ne veulent rien savoir de Charles III (2022-09-10)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le secret au sujet de la neurotoxicité du glyphosate

Publié le 7 septembre 2022 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Depuis plus d’un demi-siècle, les promesses de réingénierie de l’État et les engagements à couper dans le gras de la fonction publique ou à redonner de l’argent dans les poches des contribuables ont fait en sorte que nos gouvernements ont de plus en plus de difficulté à assumer leur rôle.

La maltraitance des ainés hébergés en hospice, les problèmes au sujet de la délivrance des passeports canadiens, les dizaines de milliers de demandes d’immigration qui s’accumulent, et les retards de plusieurs mois à verser le salaire dû à certains fonctionnaires fédéraux ne sont que la pointe de l’iceberg.

De manière générale, depuis la généralisation du néolibéralisme en Occident, ces compressions budgétaires ont fait perdre à nos gouvernements une bonne partie de l’expertise qui leur est nécessaire pour gérer les affaires publiques avec efficacité et compétence.

Santé Canada en est un exemple.

David contre Goliath

Avant de permettre l’utilisation d’un nouveau pesticide, les organismes règlementaires imposent au fabricant l’obligation de prouver l’innocuité de leurs produits, lorsqu’utilisés selon leur mode d’emploi.

Le fabricant soumet donc à l’État des études de toxicité parce cela est une étape préalable et obligatoire à la mise en marché de ses produits.

Toutefois, ces études sont régies par les lois relatives à la propriété intellectuelle. Cela signifie que le fabricant possède le droit d’interdire aux autorités sanitaires de rendre publiques ses études.

La communauté scientifique est alors dans l’impossibilité de signaler des failles méthodologiques et des erreurs dans l’analyse statistique qui auraient échappé au travail de revue des fonctionnaires.

Or des fuites ont révélé qu’une partie des études soumises par le fabricant du glyphosate ont été rédigées par des employés de Mosanto/Bayer et signées par des médecins corrompus.

Les gouvernements des pays occidentaux pourraient légiférer de manière à se donner le droit de rendre publiques toutes les études qui leur sont soumises.

Mais ils ont choisi de ne pas le faire, laissant des fonctionnaires en nombre insuffisant affronter la machine de propagande de géants industriels.

Mais il y a plus.

Les ‘secrets industriels’

Contrairement aux exigences imposées à l’industrie pharmaceutique à la suite du scandale du thalidomide, l’industrie agrochimique n’est pas tenue de révéler toutes les études de toxicité en sa possession.

Un producteur de pesticides est donc libre de maintenir secrètes les études qui ne lui conviennent pas et d’en cacher l’existence aux organismes règlementaires.

Dans l’édition de ce matin du quotidien Le Monde, on apprend que le fabricant suisse Syngeta, né de la fusion entre AstraZeneca et Novartis, possède depuis vingt ans une étude qui suggère de possibles effets néfastes du glyphosate sur la construction du cerveau lors d’expositions prénatales.

Aux États-Unis, l’étude en question semble avoir été portée à la connaissance de l’Agence de protection de l’environnement (qui a choisi d’en ignorer les résultats).

Mais ni la FDA américaine ni les autorités sanitaires européennes ne l’ont su. Si elles en avaient été informées, il y a lieu de croire que quelqu’un quelque part aurait exigé des études supplémentaires de manière à ce qu’on fasse toute la lumière à ce sujet.

Références :
Glyphosate : une étude industrielle sur la neurotoxicité de l’herbicide soustraite aux autorités européennes
Santé Canada = Pesticides Canada

Paru depuis : Homologation d’un herbicide glyphosate la Cour fédérale ordonne à Ottawa de refaire ses devoirs (2025-02-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu du Jardin alpin

Publié le 7 septembre 2022 | Temps de lecture : 1 minute
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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya — 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fleurs orphelines

Publié le 6 septembre 2022 | Temps de lecture : 1 minute
Carmantine ‘Radiant’ (Justicia camea)
Oponce ‘Monstrosa’
Bulbophyllum annamense ‘Crownpoint’
Pivoine de Chine ‘Green Lotus’
Pivoine non identifiée
Scabieuse du Caucase

J’ai l’habitude de présenter mes photos de fleurs sous forme de séries; une série de fleurs de magnolias, d’orchidées, de pivoines, etc.

Et il m’arrive de me retrouver avec des photos orphelines.

En voici quelques-unes, prises plus tôt cette année.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs Helios 85 mm F/1,5 (4e photo), M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (5e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/8000 sec. — F/2,8 — ISO 125 — 34 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 40 mm
4e  photo : 1/8000 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
5e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 75 mm
6e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Banque Royale du Canada et l’écologie de façade

Publié le 5 septembre 2022 | Temps de lecture : 3 minutes

Il suffit de consulter le site web de la Banque Royale du Canada pour s’en convaincre : cet établissement financier est résolument voué à la cause environnementale.

Après avoir parlé de l’importance de lutter contre les changements climatiques et plus précisément d’atteindre un bilan ‘zéro émission nette’, la banque expose sa stratégie basée sur quatre objectifs :
• aider ses clients à passer à la carboneutralité,
• assumer ses responsabilités en tant qu’investisseur,
• favoriser un avenir durable par l’information et l’inspiration, et
• faire valoir son leadeurship ‘zéro émission nette’ dans ses activités.

Qu’en est-il dans les faits ?

La Banque Royale du Canada est le plus grand prêteur du secteur des combustibles fossiles au Canada.

Toutefois, si on veut lui accorder le bénéfice du doute, ne pourrait-on pas dire que son portefeuille actuel de titres financiers reflète une politique ancienne d’investissements dont la banque a simplement tardé à se départir ?

Effectivement, lors de l’assemblée générale de ses actionnaires en avril dernier, le grand patron de la banque a annoncé son intention de publier cet automne ses objectifs de réduction de son portefeuille concernant les énergies fossiles.

Pour juger de sa sincérité, transportons-nous au Texas.

L’an dernier, la législature de cet État a adopté une loi interdisant aux institutions financières qui boycottent le pétrole de participer au marché obligataire et à la gestion des caisses de retraite du gouvernement texan, de ses sociétés publiques et des municipalités de l’État.

Résultat : le gestionnaire d’actifs BlackRock, la banque suisse UBS et 348 firmes d’investissements ont été bannis.

C’est le contrôleur financier de l’État qui est chargé de débusquer et d’ajouter les établissements financiers fautifs à la liste noire créée à ce sujet.

Contactée par celui-ci, la Banque Royale a été sommée de faire la preuve qu’elle n’était pas antipétrole. Heureusement pour elle, ses engagements climatiques ont été jugés suffisamment insignifiants pour plaire à l’État.

Conséquemment, la Banque Royale n’apparait pas sur la liste noire texane.

Signalons que c’est aussi le cas de toutes les banques canadiennes. On peut donc en conclure que leurs engagements à la cause environnementale relèvent du domaine des relations publiques…

Références :
BlackRock, UBS and 348 ESG funds « banned » in Texas
La Banque Royale veut une « transition climatique ordonnée »
Le Texas en guerre contre les investisseurs « wokes »
Loi contre les institutions financières antipétroles

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu du Square Saint-Louis

Publié le 4 septembre 2022 | Temps de lecture : 1 minute
Monument à Louis-Octave Crémazie
Fontaine du square
Marché aux fleurs
Buste du poète Émile Nelligan

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 21 mm
2e  photo : 1/30 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 29 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 17 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 40 mm

La dernière photo a été modifiée en post-traitement à l’aide de Topaz Studio; les modules logiciels Broken Bits et Starlight Glitter ont été appliqués. Note : on cliquera sur l’image pour l’agrandir.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le silence du Code de la route au sujet des angles morts

Publié le 4 septembre 2022 | Temps de lecture : 2 minutes
En rouge, les angles morts d’un camion lourd

Dernièrement, un reportage de Radio-Canada révélait que certains véhicules sont des mastodontes qui possèdent tellement d’angles morts qu’ils représentent un véritable danger public.

Il ne s’agit pas là d’une crainte hypothétique; en 2021 à Montréal, seize piétons ou cyclistes ont été tués, dont la moitié par des poids lourds alors que ceux-ci ne représentent qu’une toute petite partie des véhicules dans nos rues.

Dans le cas d’un conducteur automobile, on n’accorde pas un permis de conduire à une personne semi-voyante. Pourtant, on accorde un certificat d’immatriculation à des véhicules qui transforment tous leurs conducteurs en personnes semi-voyantes.

Cela n’est pas normal; en principe, de tels véhicules ne devraient être autorisés à circuler que sur des autoroutes et, en ville, qu’à certaines conditions.

Or le Code de la route ne contient aucune mesure destinée à réduire leur dangerosité pour les piétons et les cyclistes.

Pourquoi un camion doit-il faire entendre une alarme lorsqu’il recule ? Parce qu’un camion n’est pas équipé d’un rétroviseur qui permettrait à son conducteur de savoir s’il y a quelqu’un se trouve derrière son camion.

De la même manière, tous les véhicules à champ de vision limité devraient faire entendre une alarme lorsqu’ils démarrent et lorsqu’ils tournent à une intersection.

Dans ces deux cas, leur vitesse devrait être limitée à 5 km/h pendant les trente premières secondes afin de laisser le temps aux cyclistes et aux piétons de se protéger.

Pour les lecteurs intéressés à voir le reportage de Radio-Canada, le voici.

Cliquez sur l’image pour démarrer

Paru depuis :
Un ado de 14 ans meurt en scooter (2022-09-05)
Chute importante des contraventions liées à la sécurité routière (2022-12-15)

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Écrit par Jean-Pierre Martel