Vénus et Adonis

30 juin 2021



 
Lundi dernier, je me suis rendu au centre-ville de Montréal pour prendre des photos infrarouges de style rose bonbon amélioré (mon nouveau dada).

La première des deux est une de mes préférées, particulièrement dans cette version où le rouge a été accentué en post-traitement. Toutefois la deuxième, très différente, lui va quand même bien… comme un vrai couple, au fond.

(Note : On cliquera sur une image pour l’agrandir.)

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 20mm F/1,7 + filtre Лomo ж3-2* + filtre B+W KB20 + filtre Hoya 80A
1re photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 2000 — 20 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/9,0 — ISO 800 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Diffusion illégale de la vie privée sur l’Internet

30 juin 2021

Le quotidien La Presse nous apprenait ce matin l’existence d’un site web qui diffuse les images captées par des milliers de caméras de surveillance non sécurisées à travers le monde.

Plus de 260 de ces caméras présentent en direct ce qui se passe à l’intérieur de maisons et de commerces canadiens.

Ce site a l’ambition d’être le plus grand répertoire au monde de caméras de surveillance en ligne.

Or la vie privée des Canadiens est protégée par la constitution du pays.

Toutefois, ce droit n’est pas absolu. Les forces de l’ordre peuvent y contrevenir lorsque la permission d’épier quelqu’un leur est accordée par un tribunal.

De manière plus générale, l’État canadien peut également y contrevenir au nom de la lutte contre le terrorisme ou au nom de la sécurité nationale.

À part ces deux exceptions, ce droit constitutionnel à la vie privée s’applique non seulement dans un cadre domestique, mais également sur la voie publique.

C’est ainsi qu’on ne peut pas publier la photo de quelqu’un sur la rue sans son consentement explicite. À moins d’être un journaliste qui couvre l’actualité.

En somme, ce ‘YouTube’ des caméras de surveillance fonctionne dans l’illégalité… si le délit est commis au Canada.

Mais comment peut-on le savoir ?

Entre le moment où des images sont captées par une caméra de surveillance et le moment où, par exemple, le parent au travail observe ce que fait la gardienne à la maison, les images peuvent transiter par différents serveurs situés dans différents pays. Alors comment dire si le délit est commis en sol canadien ?

On se rappellera que toutes les images publiées par ce site ont été obtenues de caméras non sécurisées. Or ce qui distingue les caméras sécurisées de celles qui ne le sont pas, ce n’est pas que les premières enregistrent des images cryptées, mais qu’il est possible d’accéder aux secondes (les caméras non sécurisées) sans mot de passe.

Donc le délit se fait au niveau de la caméra connectée à l’internet et non au niveau des serveurs par lesquels transitent ses images.

Dans le cas des vidéos canadiennes, le délit est donc commis ici même au pays.

Alors pourquoi ne fait-on rien pour contrer cela ? C’est que les images interceptées sont immédiatement transmises l’Étranger. On soupçonne ces pirates d’opérer à partir de la Russie.

Le Canada échoue depuis neuf ans à obtenir la libération de Raïf Badawi détenu par un pays qu’on dit ami. À plus forte raison, il est impuissant à obtenir la collaboration de la Russie, un pays que la diplomatie canadienne s’évertue à diaboliser depuis des années.

Plutôt que d’admettre son impuissance, le Canada a choisi — par le biais du Commissariat à la protection de la vie privée — de nous faire croire que tout cela est légal.

Références :
Dozens sue Amazon’s Ring after camera hack leads to threats and racial slurs
La vie privée de nombreux Canadiens diffusée sur le web

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Nuit américaine au stade olympique

29 juin 2021
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert forêt — 1/400 sec. — F/11,0 — ISO 160 — 14 mm (photo travaillée sous Photoshop)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le banc de la discorde

29 juin 2021
Deux bancs jumelés sur la rue Sainte-Catherine


Avant-propos du 30 juin 2021 : Le texte suivant est la deuxième version, légèrement modifiée, d’un texte paru la veille.

 
Michel Dallaire est un des plus importants designers industriels du Québec.

Après avoir travaillé sous la direction de Jacques Guillon à concevoir le mobilier des logements d’Habitat 67, il ouvre son propre cabinet et accumule les succès.

On lui doit notamment la torche des Jeux olympiques de Montréal, le mobilier de la Grande Bibliothèque, les vélos en libre-service Bixi, le mobilier urbain du Quartier international, et les bancs publics de l’arrondissement Ville-Marie (déclinés en plusieurs versions apparentées depuis).

Certaines de ses œuvres font partie de la collection permanente de musées de design ou d’Art contemporain.

Mais voilà, les temps changent. Si appréciées autrefois, certaines de ses créations ne sont plus dans l’air du temps, notamment ses bancs publics.

Au parc Cabot, situé en face de l’ancien forum, les travailleurs sociaux se sont plaints que les accoudoirs de ces bancs empêchent les mendiants de s’y étendre pour dormir.



 
L’administration Plante s’est donc empressée d’ordonner qu’on modifie les bancs afin de les rendre plus ‘inclusifs’; conséquemment, on a repoussé les accoudoirs et les pieds (qui vont ensemble dans les modèles simples) vers le bout des bancs.

Le designer avait prévu des accoudoirs là où il les avait mis pour servir d’appui aux personnes âgées et aux personnes handicapées qui veulent se relever. De plus, sur un banc public sur lequel les accoudoirs ne sont qu’aux extrémités, les autres ont moins tendance à s’y assoir une fois que quelqu’un est déjà là.

Évidemment, si la ville avait demandé à M. Dallaire de concevoir un lit public à itinérant, il aurait créé quelque chose de complètement différent.

Il aurait sans doute prévu un toit pour les protéger des intempéries et quelque chose pour leur servir d’oreiller, de même qu’un casier suspendu sous le banc pour entreposer leurs effets personnels et protéger ceux-ci du vol durant leur sommeil.

Mais on lui a demandé un banc. Donc il a fait un banc.

Alors récapitulons.

L’administration Plante a chassé les itinérants qui campaient dans l’est, le long de la rue Notre-Dame, pour les forcer à dormir dans des refuges fermés où le risque d’attraper le Covid-19 est beaucoup plus élevé. En pratique, ce risque est nul au grand air.

Puis elle fait modifier des bancs publics afin de permettre aux itinérants chassés de la périphérie de venir dormir dans le centre-ville. Quelle idée originale…

Montréal est probablement la seule ville au monde qui favorise le peuplement de son centre-ville par des mendiants.

On sait que les chambres de commerce font pression auprès de l’administration Plante afin qu’elle contribue à revigorer le centre-ville, déserté en raison de la pandémie et du télétravail.

Mais à moins de donner des coupons aux itinérants pour leur permettre de manger dans les restaurants luxueux du centre-ville, de faire de même pour leur permettre de renouveler leur garde-robe dans les boutiques chics qu’on y trouve, il est à craindre qu’un plan de relance économique basé sur le pouvoir d’achat des itinérants soit voué à l’échec.

L’administration Plante veut favoriser la diversité et l’inclusion. Ce qui est très bien. Mais elle ne tient compte que de la diversité identitaire (ethnique et sexuelle), sans tenir compte de la diversité sociale.

Les élus de l’administration Plante sont des gens qui ont réussi. Ce sont des nouveaux riches, obnubilés par la technologie (trottinettes électriques) et les concepts à la mode.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de travailleurs manuels, d’ouvriers à faible revenu et de pauvres dans l’administration Plante ? Parce que cette administration est composée de bourgeois propres, beaux et souriants, animés de belles intentions, qui conçoivent la ville dans leur lorgnette de parvenus sans culture et sans expérience de la vie.

Références :
Histoires de bancs publics
Michel Dallaire
Montreal removes Cabot Square bench that deterred passersby from sitting for too long

Paru depuis :
Démantèlement d’un autre campement de fortune sur la rue Notre-Dame (2021-07-14)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (2e photo) + multiplicateur de focale MC-20 (3e photo)
1re photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 38 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 80 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Premières impressions au sujet de l’objectif Laowa 7,5mm F2,0

29 juin 2021


Introduction

Sous la marque Laowa, Venus Optics fabrique depuis 2017 un ultra-grand-angulaire léger et compact qui connait une grande popularité auprès des vidéastes qui utilisent des drones.

Plus tôt ce mois-ci, la compagnie offre ce même objectif en version semi-automatique; l’ouverture de diaphragme et la vitesse d’obturation sont contrôlées par le boitier de l’appareil, mais la mise au point se fait manuellement.

Depuis toujours, je nourris un rapport amour-haine envers ce type d’objectif.

En voyage, ils me sont indispensables pour photographier les plafonds d’église ou pour capter le charme de rues étroites.

Mais ils sont toujours les plus encombrants parmi les objectifs que j’amène à l’Étranger.

En me procurant le Laowa 7,5mm F/2,0, mon but était d’évaluer s’il pourrait remplacer le zoom PanLeica 8-18mm que j’utiliser depuis quelque temps en voyage.

J’ai reçu hier la copie commandée le 11 juin dernier et je me suis empressé d’aller au centre-ville pour y tester cet objectif.

Description extérieure

Gravé du numéro de lot 000502 — ce qui doit inclure les lots des versions purement manuelles — l’extérieur du Laowa 7,5mm est en métal, incluant le pare-soleil, mais excluant la large bague dentelée qui sert à la mise au point, faite en plastique rigide.

Tout cela fait robuste et donne une impression de qualité.

Cette large bague comporte un inconvénient. Lorsqu’on visse pour monter ou pour retirer l’objectif du boitier, on ‘glisse’ sur cette bague jusqu’à ce qu’elle bloque à ses limites inférieure ou supérieure, à partir de quoi on peut visser efficacement.

D’autres inconvénients mineurs.

Le pare-soleil tombe très facilement.

Le point rouge qui sert à guider l’utilisateur lorsqu’il tente de visser l’objectif au boitier n’est pas placé sur le côté de l’objectif (comme il devrait l’être), mais sous l’objectif, plus précisément sur la monture, comme sur les objectifs d’autrefois.

Le capuchon de l’objectif est petit et peu profond. Ce qui rend difficile sa manipulation.

L’objectif a tendance à vigneter les photos qu’il prend. Ce défaut optique pourrait être corrigé par l’algorithme qui se trouve sur la puce qui l’équipe (comme le font les puces d’autres objectifs micro-quatre-tiers).

Dans ce cas-ci, on doit compter sur des profils offerts par des logiciels de traitement de l’image. Sous Lightroom, par exemple, il suffit de choisir le profil de Venus Optics conçu pour son objectif Laowa 12mm F/2,8.

Conclusion

Les ultra-grand-angulaires ont tendance à étirer horizontalement les objets qui se trouvent près des côtés gauche et droit du cadre. Ce défaut est assez bien contrôlé par le Laowa 7,5mm F/2,0.

Ce qui fait de cet objectif un excellent choix pour quiconque désire ajouter ce type d’objectif dans sa boite à outils photographique.

Quelques photos au centre-ville de Montréal

Plage de sable au parvis de l’église unie Saint-Jacques-le-Majeur
Aux Ailes de la mode
Puits de lumière aux Ailes de la mode
Chez Simons
Cathédrale Marie-Reine-du-Monde
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une idéologie sectaire à Espace pour la vie

28 juin 2021



Préambule : Dans le texte qui suit, nous avons inversé la règle grammaticale selon laquelle le genre masculin l’emporte sur le genre féminin.

En d’autres mots, dans les lignes qui suivent, le genre féminin l’emporte sur le genre masculin.

La fondation Espace pour la vie a fait paraitre dernièrement dans Le Devoir un encart publicitaire intitulé : “ENGAGÉ.E.S. pour la vie”.

Ce bégaiement est la manière choisie par certaines intellectuelles pour s’opposer à la règle jugée offensante présentée en préambule. À leur avis, cette règle ‘invisibilise’ les femmes.

Ce texte-ci — qui applique la règle inverse — ‘invisibiliserait’ donc l’autre moitié de l’Humanité. À vous d’en juger.

À la suite de ma protestation contre ce parti-pris idéologique, Espace pour la vie m’a fait parvenir la réponse suivante (note : les caractères gras sont dans le texte original).

Bonjour monsieur Martel,

Nous avons pris connaissance du commentaire que vous nous avez fait parvenir le 16 juin à propos de votre avis sur l’utilisation du féminin générique.

Nous souhaitons vous informer que la diversité et l’inclusion sont au cœur des priorités de la Ville de Montréal. Les actions d’Espace pour la vie s’inscrivent alors dans cette perspective.

En vous remerciant pour l’intérêt que vous portez à l’égard du Jardin botanique et des autres institutions.

Cordialement,

Clément Coste
Régisseur
Approche client

Espace pour la vie
4101 rue Sherbrooke Est, Montréal, Québec H1X 2B1
T. 514 872-0612 | C. 514 516-1554

À la suite du vandalisme de la statue de John-A. Macdonald, l’administration de Valérie Plante a blâmé les manifestantes et annoncé qu’elle songeait à débourser un demi-million de dollars pour restaurer cet hommage rendu à ce premier ministre raciste qui a créé les politiques génocidaires canadiennes contre les peuples autochtones du pays.

Volteface trois ans plus tard; au nom de la diversité et de l’inclusion, la voilà maintenant qui instaure la mitraille de points (Engagé.e.s) comme moyen de favoriser l’inclusion sociale des personnes issues de la diversité. Voyez-vous le rapport ?

En France, le ministère de l’Éducation a banni la mitraille de points en s’appuyant sur l’avis d’expertes selon lesquelles la mitraille de points diminue la lisibilité du français et rend plus difficile son apprentissage.

Chez nous, plus du tiers des personnes immigrantes s’assimilent à l’anglais, une langue jugée plus facile à apprendre et offrant plus d’opportunités de réussite.

Tout ce qui complique l’apprentissage du français contribue donc à l’anglicisation de Montréal.

Le combat existentiel contre cette anglicisation exige la contribution de toutes les Québécoises, autant celles de sexe féminin que celles de sexe masculin.

Blâmée par le ministre québécois responsable de la Langue française, l’administration Plante s’est illustrée depuis quatre ans par son indifférence totale à ce sujet. Cela ne la regarde pas.

C’est sans doute ce qui explique qu’aujourd’hui les autrices et les dirigeantes d’Espace pour la vie ont décidé, par aveuglement idéologique, d’utiliser l’argent des contribuables à promouvoir la mitraille de points, nuisant d’autant à l’inclusion et la diversité qu’elles prétendent défendre.

C’est dommage.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le ministre Bonnardel coute cher

27 juin 2021

Introduction

Au cours de la dernière campagne électorale québécoise, la Coalition avenir Québec (CAQ) a ravivé cette tradition déjà ancienne de promettre la création d’un troisième lien entre la ville de Québec et la rive sud du Saint-Laurent.

Actuellement, côte à côte, le pont Pierre-Laporte (le numéro 1 sur la carte ci-dessus) et le pont de Québec (le numéro 2) sont les deux seuls qui relient la vieille capitale à Lévis, la ville jumelle qui lui fait face, à un kilomètre de l’autre côté du fleuve.

Et puisque les deux ponts actuels sont très décentrés vers l’ouest, les citoyens qui veulent se rendre d’un centre-ville à l’autre doivent effectuer un détour d’environ dix-neuf kilomètres.

À sa face même, il est évident qu’un pont reliant directement les deux centres-ville serait très utile.

Mais…

Le problème est que cela couterait dix-milliards de dollars… et plus, évidemment, s’il a des dépassements de cout. Ce qui est probable.

Une nouvelle merveille

Le 7 novembre 2018, face aux divers tracés proposés, le ministre Bonnardel a tranché; on réalisera le projet de lien le plus long, celui qui passe à l’est par l’ile d’Orléans.

Au lieu d’un détour vers l’ouest, la grande majorité des automobilistes auraient fait un détour vers l’est. On se demande qu’est-ce que ça change…

Mais le 29 janvier 2020, le ministère des Transports se ressaisit et dévoile finalement un nouveau tracé plus direct entre les deux centres-ville. Il s’agira d’un tunnel sous-fluvial qui s’étendra sur 8,3 km.

C’est 36 fois la largeur de la pyramide de Khéops, et 69 fois la longueur des jardins suspendus de Babylone, respectivement première et deuxième merveilles du monde.

Le tunnel aura six voies sur deux étages. Son diamètre intérieur sera de 19,4 m, soit à peu près la hauteur de la statue d’Artémis à Éphèse, quatrième merveille du monde.

Sa construction nécessitera la création du plus grand tunnelier jamais construit et le recours aux plus récentes technologies. Ce qui n’était pas le cas du colosse de Rhodes, sixième merveille du monde, qui s’est effondré au premier tremblement de terre venu.

La quantité de béton nécessaire à ce projet sera supérieure à la quantité de pierres qui ont servi à l’érection du phare d’Alexandrie, septième des sept merveilles du monde.

On aura donc bien compris; n’importe quel Québécois aura toutes les raisons d’être très fier de ce tunnel. Comme le serait un assisté social qui s’est acheté un Picasso.

Un projet néfaste pour l’économie du Québec

Favoriser le déficit commercial

À part la fabrication d’autobus scolaires, le Québec ne produit pas d’automobiles. De plus, ce n’est pas un producteur de pétrole.

Chaque fois qu’on achète une voiture ou qu’on fait le plein d’essence, c’est de l’argent qui sort de nos poches pour enrichir les régions du monde qui produisent des voitures, des pièces automobiles, des pneus, ou de l’essence.

En somme, favoriser l’achat ou l’utilisation des automobiles, c’est saigner l’économie du Québec.

Favoriser l’étalement urbain et le dézonage agricole

Plus on rapproche la campagne des centres-ville, plus des familles choisiront de s’établir au loin, là où les terrains sont moins chers, où l’air est pur et où les enfants peuvent grandir dans un environnement sain.

Dans la vallée du Saint-Laurent, les agglomérations les plus rapprochées des grandes villes sont toujours en zone agricole. Plus précisément, ils sont souvent situés sur les sols les plus fertiles du Québec.

Quand ces petites villes ou des villages connaissent un boum démographique, la première idée de ses élus municipaux est de faire pression sur le gouvernement québécois pour qu’on dézone des terres agricoles afin d’augmenter les revenus fonciers de leur municipalité.

Nuire au transport en commun

Plus on favorise l’étalement urbain, moins on rend rentable le transport en commun.

Partout sur terre, on ne trouve des métros que dans les métropoles densément peuplées. C’est ce qui explique qu’au Québec, c’est seulement à Montréal qu’on trouve un métro.

Au contraire, plus la densité de la population est faible dans une ville, plus il est couteux d’y maintenir un bon réseau de transport par autobus. Les autobus passent donc peu souvent et empruntent d’innombrables détours pour ramasser le plus de gens possible.

Dans le projet de tunnel de la CAQ, deux des six voies seront empruntées par des autobus. On ne sait pas très bien si ces voies leur seront exclusives.

Il n’en faut pas plus pour qu’à l’Assemblée nationale, le ministre Bonnardel, la vice-première ministre et son chef présentent le troisième lien comme un projet destiné à favoriser le transport en commun. Vraiment ?

Tous les autobus au monde roulent sur les rues. Il faut nous prendre pour des débiles profonds pour s’imaginer qu’on va croire que construire des routes, c’est favoriser le transport en commun.

En réalité, plus on construit des routes, plus on favorise l’achat de voitures. Et plus on en achète, plus on favorise la congestion routière. Et plus on favorise cela, plus les automobilistes réclament la construction de nouvelles routes. Et ainsi de suite.

C’est ce qu’on fait depuis des décennies. Et c’est assez. Développer le réseau routier, construire des ponts et des aéroports, c’est la stratégie industrielle du gouvernement Lesage, appropriée il y a 60 ans.

De nos jours, développer l’économie du Québec, c’est favoriser la production de biens et de services québécois — dont la production de matériel de transport en commun — et leur exportation à l’Étranger. C’est comme ça qu’on développe l’économie nationale.

L’exemple de la Finlande

Avec sa population de 5,4 millions d’habitants et un rude climat hivernal, la Finlande est un ‘petit’ pays qui a de nombreux points en commun avec le Québec.

Depuis des décennies, la Finlande a investi des sommes considérables afin de se doter d’un vaste réseau de transport en commun, fiable et efficace.

Pour desservir un territoire qui représente 22 % de la taille du Québec, le réseau finlandais comprend 5 865 km de voies ferrées, soit à peine moins qu’au Québec (6 678 km).

La création du métro d’Helsinki visait à enfouir sous terre l’augmentation prévue des déplacements de la circulation en surface dans la capitale finlandaise.

De la même manière, la création de son important réseau ferroviaire (à moitié électrique) visait à prévenir une augmentation de la circulation automobile qui aurait nécessité des investissements encore plus importants dans l’expansion du réseau routier.

Cette stratégie a fonctionné. Pour chaque tranche de mille citoyens, il y a 373 véhicules de moins sur les routes et autoroutes finlandaises en comparaison avec celles du Québec.

Malgré cela, pour ceux qui ont besoin d’utiliser une voiture, cela équivaut, par exemple, à faire disparaitre 694 000 véhicules qui encombrent les voies de circulation sur l’ile de Montréal.

Pour l’ensemble du Québec, c’est comme enlever 3,1 millions de véhicules de nos routes.

C’est non seulement moins d’encombrements sur les routes; c’est aussi plus de places disponibles pour le stationnement en ville.

Bref, le transport en commun, c’est bon pour tout le monde. Même pour les automobilistes.

Conclusion

Le projet d’un troisième lien pour la ville de Québec est le deuxième dossier important confié au ministre des Transports, M. François Bonnardel.

Le premier était le dossier de l’ubérisation du taxi québécois.

Ce rachat massif des permis de taxis déjà accordés afin de permettre à Uber de brasser des affaires au Québec a couté trois quarts de milliard de dollars. Vous avez bien lu; milliard et non million.

Et qu’est-ce que cela a changé dans nos vies ? Pour 99,9 % des gens, rien. Du pur gaspillage des fonds publics pour plaire à une multinationale déjà milliardaire.

Infatigable dépensier, voilà ce bon ministre Bonnardel piloter aujourd’hui le projet pharaonique du troisième lien de Québec.

La CAQ vit dans le passé. Le temps des grands projets routiers est révolu. Peu importe les avantages indéniables de ce projet pour les automobilistes de ces deux villes, c’est trop tard.

À l’heure actuelle, le Québec possède déjà le réseau qui lui est nécessaire pour approvisionner facilement plus de 90 % de sa population par voie terrestre. On peut réparer nos routes. Pas en construire de nouvelles, sauf pour compléter le réseau vers des villes éloignées et pour favoriser ainsi l’occupation du territoire.

De nos jours, ce qu’il faut privilégier, c’est le transport en commun.

À l’heure des changements climatiques, nous avons le devoir de nous opposer à cet autre gaspillage des fonds publics du ministre, un gaspillage dont l’effet permanent sera de polluer encore un peu plus la planète.

À un an des élections, les stratèges de la CAQ scrutent les astres. Permettez-moi de terminer ce texte en leur adressant le message suivant.

Est-ce que la CAQ tient absolument à nous obliger de voter libéral pour économiser dix-milliards de dollars ? N’est-ce pas un cadeau de plus de mille dollars dans les poches de chaque femme, homme et enfant du Québec ? En d’autres mots, une économie familiale de plus de quatre-mille dollars. Je connais beaucoup de Québécois qui se boucheraient le nez et qui voteraient libéral pour moins…

À bon entendeur, salut…

Références :
Creuser le tombeau de la CAQ
Le transport en commun finlandais : le matériel roulant
L’ubérisation du taxi québécois
7 G$ pour un tunnel de 8,3 km sur deux étages entre Québec et Lévis
Troisième lien entre Québec et Lévis
Un troisième lien aérien

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Doit-on fêter le Canada ?

25 juin 2021

Le 1er juillet est la fête du Canada. Ce jour commémore l’entrée en vigueur du British North America Act, cette loi adoptée par le parlement britannique et qui servit de constitution au Canada jusqu’en 1982.

Depuis la conquête anglaise, le Canada s’est construit sur la dépossession violente des terres occupées par les peuples autochtones du pays pour faire place à des colons européens.

Plus précisément, le péché originel de la Confédération canadienne, c’est le génocide des Premières Nations.

D’abord un génocide (au sens strict du terme) inachevé, suivi d’un génocide culturel dont on apprend ces jours-ci les sombres dessous.

Ce qui n’a pas empêché les premiers ministres canadiens de faire hypocritement la morale aux autres pays quant au respect des droits de la personne.

En conséquence, on doit distinguer le peuple canadien d’une part, et le Canada de l’autre.

Les Canadiens ont inventé la fermeture éclair, le téléphone, l’insuline, la pénicilline et d’innombrables inventions dont l’humanité tout entière ne pourrait plus se passer.

Le talent et l’excellence de nos artistes ensoleillent nos vies en plus de faire rayonner le pays à l’Étranger.

Et des millions de parents préparent l’avenir aidant leurs enfants à développer le meilleur d’eux-mêmes. C’est ce père qui prend le temps d’assister à la joute de hockey de son fils. C’est cette mère qui transmet la culture en chantant une cantine pour endormir son enfant.

Près de 38 millions de Canadiens méritent d’être honorés le premier juillet.

Mais pas le pays honteux qu’ils habitent.

Plus tôt nous, Québécois, en sortirons, plus tôt nous pourrons nous laver de cette tache originelle et construire un pays sur des bases nouvelles.

Un pays où femmes et hommes vivront libres et égaux. Où l’État sera laïc et républicain. Où nous protègerons l’eau de nos rivières, l’air que nous respirons et les terres fertiles qui nous nourrissent. Un pays imperméable au tribalisme anglo-saxon. Et un pays neuf où vivront en harmonie les gens qui ont choisi d’y coexister.

D’ici là, fêtons donc le peuple canadien — dont les angloCanadiens avec lesquels nous avons beaucoup plus d’affinités qu’on pense — et évitons d’exprimer une fierté indécente et déplacée à l’égard cette chose qu’on appelle le Canada.

Parus depuis :
« Avoir une célébration, ce n’est pas correct » (2021-06-29)
Une fête du Canada marquée par des refus de célébrer (2021-07-01)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Verdir le désert californien : la fin des illusions

24 juin 2021

Hydrologie du sud de la Californie

Situé au sud-ouest des États-Unis, à la frontière mexicaine, le sud de la Californie possède un climat semi-désertique.

Si on exclut quelques hauts plateaux frais et le versant ouest des chaines côtières du Pacifique — où se condense l’humidité de l’océan — tout l’arrière-pays est aride.

C’est là qu’on trouve notamment la vallée de la Mort, l’endroit le plus sec et le plus chaud d’Amérique du Nord.


 
Dans la plupart des vallées qui s’étirent entre les chaines montagneuses côtières, la végétation ne comprend normalement que des touffes de broussailles; les arbres peu nombreux qu’on y voit de nos jours sont le fruit de l’irrigation humaine.

La guerre de l’eau

En 1850, en pleine ruée vers l’or, la Californie ne comprenait que 92 597 habitants.

La construction du chemin de fer entre 1870 et 1890 et le développement minier à la même époque feront passer la population californienne à près de 1,5 million de personnes en 1900.

Pour alimenter en eau cette population croissante, on détourna d’abord quelques rivières.

Afin d’amortir les couts importants de ces ouvrages, les dirigeants politiques augmentèrent leurs revenus fonciers en encourageant la création de vastes domaines agricoles.

Or justement, grâce à ces travaux, l’eau abondait. Quant aux terres à développer, elles s’étendaient à perte de vue,


 
Mais pendant qu’on verdissait de vastes territoires arides en les fertilisant et en les arrosant généreusement, la consommation d’eau à des fins agricoles augmentait. D’autant plus qu’en climat chaud et sec, l’arrosage des champs s’accompagne d’une forte évaporation.

Et plus secteur agricole se développait, plus il réclamait de l’eau afin de créer ou de maintenir les emplois.

Pensez que la culture des amandes — la Californie en est le plus important producteur mondial — nécessite plus d’un gallon d’eau par amande.



 
Au fil des décennies, on détourna d’autres rivières, on créa d’immenses réservoirs (parmi les plus importants au monde) et on achemina l’eau sur des distances de plus en plus longues.

De nos jours, le système hydraulique intégré de Californie distribue 49 km³ d’eau par année (ou 49 milliards de mètres cubes d’eau).

Quotidiennement, c’est l’équivalent de 3,5 m³ d’eau par personne. Exprimé autrement, ce sont les deux tiers du contenu d’une piscine hors terre de cinq mètres de diamètre chaque jour par famille de deux parents et de deux enfants.

Pourtant, comme nous le verrons plus loin, ce n’est pas la consommation personnelle qui est la principale cause de la consommation d’eau en Californie.

Cette consommation dépasse la quantité d’eau résultant de la fonte des neiges et des pluies. Si bien que les réservoirs californiens seront à sec dans quelques années si la tendance (qui dure déjà depuis presque une décennie) se maintient.

Selon Wikipédia, la consommation urbaine et industrielle d’eau n’y représente que 11 % de la consommation totale.

Ce qui fait que même si les Californiens cessaient totalement de se laver, cessaient d’utiliser de l’eau pour cuire leurs aliments, cessaient de boire, n’arrosaient plus leur pelouse et cessaient d’utiliser leur piscine — chacune de ces choses n’ayant aucune chance de se réaliser — la Californie ne pourrait pas renverser la tendance à l’assèchement de ses réservoirs.

Comme les sept plaies d’Égypte, la Californie est frappée par une suite ininterrompue de calamités; incendies incontrôlables lors de ‘la saison des feux de forêt’ (sic), agrumes atteints par la maladie, amandiers desséchés par manque d’eau, etc.

Les premières années de cette longue sècheresse, on a imposé des limites à l’utilisation de l’eau. Mais par ailleurs, on a accordé des dérogations aux secteurs industriel et agricole au nom de la protection de l’économie.

Maintenant que l’ensemble de la population risque d’être privée d’eau potable si le niveau des réservoirs continue de baisser, on révoque les passe-droits agricoles avec comme conséquence l’abandon, les unes après les autres, des cultures les plus gourmandes en eau.

Conclusion

La crise hydraulique californienne se résume en une phrase; la nature reprend ses droits.

Pendant un siècle, quelques-uns des plus brillants ingénieurs américains ont mis leur talent à vouloir dompter la nature. Ils y ont presque réussi.


 
Mais après avoir construit des ouvrages pharaoniques destinés à verdir le désert, il aura suffi d’une hausse minuscule de la température du globe pour donner raison à ces scientifiques du climat qui sonnent en vain l’alarme depuis des années.

Comme c’est toujours le cas, on donne finalement raison aux cassandres de ce monde quand il est déjà trop tard pour arrêter le cours de leurs sombres prédictions.

Références :
Aqueduc de Los Angeles
Californie
Démographie de la Californie
La Californie est à sec
Ruée vers l’or en Californie
Water in California

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e photo) et PanLeica 8-18 mm (les autres photos)
1re photo : 1/1600 sec. — F/3,3 — ISO 200 — 11 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 18 mm
4e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 14 mm
5e  photo : 1/2000 sec. — F/3,0 — ISO 200 — 9 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mon pays

24 juin 2021

© 2015 — Michel Rivard, auteur-compositeur

Mon pays n’est pas un rêve.
Mon pays est ici et maintenant.
C’est le Québec de ce matin.
Ce sera le Québec de ce soir.

Et demain,
si nous faisons tomber nos peurs,
si nous acceptons nos différences,
si nous relevons les manches,
ce sera le Québec (tout court).

Un pays.
Un vrai de vrai.
Pas mieux, pas pire.
Mais un pays qui nous ressemble déjà,
et nous rassemble encore plus.

Un pays avec des souches,
des racines,
et des ancêtres dont on se souvient des noms et des actions.

Un pays avec des branches solides
pour accueillir les oiseaux venus d’ailleurs
et apprendre leurs chansons,
écouter leurs histoires,
et leur apprendre la nôtre.

Mon pays est ici et maintenant.
Et demain, nous y entrerons la tête haute,
même si,
comme dit Gaston (Miron),
nous y sommes déjà.

Ce sera le Québec tout grand.
Fier de son eau et de son air.
Fier de ses Premières nations.
Assumé dans son passé
et fébrile de son avenir.

Un pays.
Un vrai de vrai.

Où tout le monde mange.
Où tout le monde parle.
Où tout le monde écoute.
Où les problèmes se règlent.
Où les grands se penchent
pour aider les petits à grandir.

Un pays.
Un vrai de vrai.

Pour pouvoir dire aux autres pays :
« Vous voyez cette rivière, cette ville, cette montagne,
ce fleuve qui devient la mer.
Vous voyez cette neige,
cette forêt rouge.

Vous sentez ce vent qui chante comme une guitare,
ce cœur qui bat comme un beat de drum.
Vous goutez ces fruits et ces légumes.

Vous voyez ces enfants qui font danser leur langue
et apprennent en souriant les mots du voisin.

Vous voyez ce pays qui s’ouvre et qui respire.
Bien c’est chez nous.
C’est le Québec.
C’est mon pays.

Bienvenue ! »


(Note : ce texte était autrefois disponible sur le site de tagtélé, aujourd’hui fermé).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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