Le nouveau PQ et le Covid-19

7 mars 2021

Introduction

Lors de l’exercice de réflexion devant mener à la ‘refondation’ du Parti Québécois, j’ai qualifié le projet de Charte politique du PQ de paroxysme de l’insignifiance.

À l’obsession de ne pas faire de vagues, j’opposais l’avis que pour tous les peuples qui aspirent à l’indépendance, le chemin qui mène à la liberté est un combat contre l’adversité.

Au lieu d’en arriver coute que coute à des décisions ‘rassembleuses’, j’affirmais que par son essence même, la promotion de l’indépendance provoque toujours une polarisation de l’opinion publique. Cela est vrai en Catalogne, en Écosse, et évidemment au Québec.

Bref, on ne peut pas faire avancer l’idée de l’indépendance en demeurant sagement dans son coin.

Vaccination et souveraineté

Israël est un pays de 8,9 millions d’habitants, soit environ autant que le Québec.

Au moment où ces lignes sont écrites, 57 % de sa population a reçu au moins une dose du vaccin de Pfizer : 43 % sont complètement vaccinés et 13 % sont en attente de leur deuxième dose.

Au Royaume-Uni, 32 % des gens ont reçu la première de leurs deux doses du vaccin d’AstraZeneca et 1,6 % ont reçu les deux.

Le taux de vaccination dans ce pays est six fois supérieur à celui qui prévaut dans le marché commun européen (où seulement 5,5 % des gens ont reçu une première dose).

Selon le premier ministre Boris Johnson, il s’agit là d’un avantage du Brexit; n’étant pas plombé par la lenteur de la bureaucratie de Bruxelles, son pays a commandé ses vaccins plusieurs mois avant le reste de l’Europe.

De son côté, le Canada est au 43e rang mondial à ce sujet.

En tant que province canadienne, le Québec n’est pas libre d’acheter des vaccins; les fabricants ne vendent qu’à des pays ou des groupes de pays.

Notre province n’est pas libre non plus d’homologuer un vaccin comme le Sputnik-V, dont l’efficacité a été prouvée le mois dernier par une importante étude publiée dans The Lancet.

Même si les choses sont en train de s’améliorer, le Québec est encore lié aux difficultés d’approvisionnement d’Ottawa.

Une occasion ratée

Si le Parti Québécois reprochait publiquement l’appartenance au Canada d’être un obstacle à la vaccination rapide des Québécois, cette déclaration susciterait la controverse.

Il est à noter que la cible d’un tel reproche doit être précisément l’appartenance du Québec au Canada. Dès qu’on rend responsable un chef d’État, son gouvernement, ou sa formation politique, on abaisse l’argumentaire indépendantiste au niveau de la politique partisane. Et alors le message dérape.

Même en prenant soin d’éviter cet écueil, on accuserait le PQ de semer la discorde. On lui rappellerait qu’en temps de guerre, on évite de tirer dans le dos de nos généraux.

Et la presse fédéraliste se dirait outragée par de tels propos.

En raison de ce tollé généralisé, il est probable que les sondages révèleraient une chute des intentions de vote pour le PQ.

Mais une fois la poussière retombée, une partie des Québécois réaliseraient que cela est l’évidence même.

Un Québec souverain est libre de protéger ses frontières plutôt que de subir le laxisme d’Ottawa envers les voyageurs contagieux.

De plus, l’hécatombe survenue dans nos hospices sous-financés est la conséquence directe de la diminution des transferts fédéraux en matière de santé.

Si Ottawa préfère investir dans l’édification de l’État pétrolier canadien, un Québec indépendant pourrait allouer à la santé les sommes colossales qu’on verse malgré nous au financement étatique des énergies fossiles.

Par contre, si un Québec indépendant recevait au goutte-à-goutte les vaccins dont il a besoin, ce serait de sa faute et non celle d’Ottawa.

Voilà ce que j’aurais aimé entendre de la bouche du nouveau PQ. Du concret. Et de l’actuel.

Références :
Europe’s unified vaccination strategy is splintering as countries turn to Israel, China and Russia for help
Le Canada piétine au 43e rang mondial
Le texte de ‘refondation’ du PQ : le paroxysme de l’insignifiance
L’Europe a-t-elle déjà perdu la course aux vaccins?
Sputnik V COVID-19 vaccine candidate appears safe and effective

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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