Covid-19 : quand la ventilation est prise au sérieux

18 novembre 2020

Les gouttelettes respiratoires

Qu’elle soit symptomatique ou non, toute personne atteinte du Covid-19 émet des gouttelettes respiratoires dès qu’elle parle, chante, crie, tousse ou éternue.

En somme, toute personne contagieuse est une fontaine à Covid sauf lorsqu’elle est silencieuse.

Ces gouttelettes respiratoires se divisent en deux groupes. Les plus grosses (appelées postillons) tombent généralement au sol à moins de deux mètres. Les plus petites (appelées aérosols) demeurent en suspension dans l’air et peuvent voyager beaucoup plus loin.

Les unes et les autres sont des fragmentations de tailles différentes du liquide qui tapisse l’intérieur de la bouche, de la gorge et du nez.

Conséquemment, chez une même personne atteinte, si on recueillait un millilitre de postillons et un millilitre d’aérosols, évidemment il faudrait beaucoup plus d’aérosols pour faire un millilitre, mais les deux contiendraient exactement le même nombre de particules virales.

Pour justifier une distance sanitaire limitée à deux mètres, les autorités sanitaires prétendent que les postillons peuvent contenir des virus, mais pas les aérosols.

Cette distinction ne repose sur aucune base scientifique.

Ce qui est certain, c’est que lorsqu’une personne est contagieuse, plus on s’en éloigne, mieux c’est.

Scientifiquement, sa contagiosité diminue avec le carré de la distance. À deux mètres, elle est quatre fois moins contagieuse qu’à un mètre. Et à trois mètres, elle l’est neuf fois moins. Et ainsi de suite.

À l’intérieur, cette personne est entourée d’un nuage invisible de virus qu’on pourrait comparer à de la fumée de cigarette. Un nuage qui se dissipe lentement et que traine derrière elle la personne contagieuse en mouvement lorsqu’elle parle, chante, crie, tousse ou éternue.

C’est précisément en raison de sa dispersion insidieuse que cette pandémie a causé autant de morts.

L’idée que le ‘deux-mètres’ est une frontière magique au-delà de laquelle nous sommes en sécurité relève davantage de la sorcellerie que de la science.

Dans cent ans, nos arrière-petits-enfants riront de telles sornettes.

Pour les autorités sanitaires qui en font la promotion, le ‘deux-mètres’ fait figure de confinement portatif, c’est-à-dire d’un confinement qu’on amène avec soi comme une grosse crinoline invisible…

L’importance de la ventilation

Si la pandémie se propage plus facilement au cours de la saison froide, c’est essentiellement parce qu’on vit alors à l’intérieur, là où le vent ne peut pas dissiper les virus.

Afin de diminuer cette propagation à l’école, on a suggéré d’augmenter l’aération des classes.

À part ouvrir les fenêtres — ce qui, en hiver, peut être inconfortable pour les élèves frileux — les choix sont limités au Québec.

S’inspirant d’une idée torontoise, les dirigeants de la commission scolaire anglo-montréalaise Lester-B.-Pearson ont commandé en septembre 420 purificateurs d’air professionnels au cout d’un demi-million de dollars (plus de mille dollars l’unité).

On vient de les recevoir. Ils seront distribués à tous les établissements scolaires sur lesquels la commission a autorité.

Ultrasilencieux, chaque appareil peut filtrer l’air de toute une classe aux douze minutes.

Chapeau bas !

Je soupçonne que le meilleur endroit pour placer le purificateur, c’est au centre de la classe, en disposant les élèves autour de lui en cercles concentriques.

Références :
Conférence de presse de François Legault et Christian Dubé — Le 12 novembre 2020
Des écoles prennent les devants pour une meilleure ventilation
Lester B. Pearson School Board

Parus depuis :
Une ventilation « maison » pour les écoles (2020-11-19)
Des tests secrets révèlent la mauvaise qualité de l’air dans les écoles (2020-11-25)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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