Le Covid-19 chez les enfants prépubères

29 juillet 2020

Contagiosité des enfants

Prépubliée le 16 juillet 2020, une étude sud-coréenne a évalué la transmissibilité du Covid-19 selon l’âge des personnes atteintes. La période d’observation dura environ deux mois, soit du 20 janvier au 27 mars 2020.

Des 5 706 personnes infectées en observation, 29 étaient âgées de 0 à 9 ans.

En moyenne, ceux-ci eurent deux contacts familiaux et six contacts extrafamiliaux.

Parmi les 57 contacts familiaux de ces 29 jeunes, seules trois personnes ont été contaminées. Et des 180 contacts extrafamiliaux, seuls deux ont attrapé le Covid-19.

Le groupe d’âge suivant — ceux entre 10 et 19 ans — comprenait 124 jeunes.

En moyenne, ceux-ci eurent 1,9 contact familial et 1,8 contact extrafamilial.

Parmi leurs 231 contacts familiaux, 43 personnes ont été contaminées. Et parmi leurs 226 contacts extrafamiliaux, 2 ont attrapé le Covid-19.

Chez les 5 553 participants de vingt ans ou plus, il y eut en moyenne 1,9 contact familial et 8,7 contacts extrafamiliaux.

Parmi leurs 10 304 contacts familiaux, 1 202 personnes ont été contaminées. Et parmi leurs 48 075 contacts extrafamiliaux, 917 ont attrapé le Covid-19.


Transmissibilité du Covid-19 selon l’âge

Groupe d’âge Transm. familiale Transm. extrafamiliale
De 0 à 9 ans 5,3 % 1,1 %
De 10 à 19 ans 18,6 % 0,9 %
20 ans et plus 11,7 % 1,9 %

Dans ces trois groupes d’âge, si la contamination familiale fut plus élevée que la transmission extrafamiliale, c’est que tous les contacts familiaux ont été testés alors que parmi les contacts extrafamiliaux, on n’a testé que les personnes symptomatiques.

Ces données indiquent que l’aptitude à transmettre le Covid-19 est deux fois moindre chez les enfants prépubères que chez les adolescents et les adultes alors que le nombre moyen de contacts familiaux fut essentiellement le même dans les trois groupes.

Cette contagiosité est moindre lorsqu’il s’agit de personnes avec lesquelles les jeunes enfants entretiennent moins de promiscuité, soit les personnes extrafamiliales.

Par ailleurs, une recherche de contacts réalisée en mars et avril 2020 dans la ville italienne de Trento auprès de 2 812 personnes atteintes a révélé que ceux-ci avaient contaminé 890 (ou 13,3 %) de leurs 6 690 contacts.

Les 14 sujets de l’expérience qui étaient âgés de moins de quinze ans ont transmis l’infection à 11 de leurs 49 contacts, soit une contagiosité de 22,4 %. Dans cette étude, c’est ce groupe qui s’est avéré le plus contagieux.

L’expression génétique des récepteurs ACE2b

Selon une étude chinoise publiée en juin dernier, tous les enfants sont susceptibles de contracter le Covid-19.

Pourtant la sévérité de leurs symptômes est moindre et — comme le démontre cette étude-ci — leur contagiosité est la moitié de celle des adolescents et des adultes.

Comment expliquer cela ?

En avril dernier, nous avons émis l’hypothèse que les récepteurs (appelés ACE2) sur lesquels les coronavirus doivent se fixer afin de pouvoir pénétrer dans les cellules épithéliales étaient différents dans les voies respiratoires supérieures (nez, gorge), comparativement à ceux dans les voies respiratoires inférieures (poumons).

Nous avons appelé les premiers ACE2a et les seconds, ACE2b.

Leurs différences expliqueraient pourquoi les coronavirus grippaux, très contagieux, ont beaucoup plus d’affinité pour les récepteurs ACE2a que pour les récepteurs ACE2b (qu’ils finissent néanmoins par contaminer eux aussi, déclenchant ainsi la toux grippale).

Il est prouvé que les coronavirus du SRAS et du syndrome respiratoire du Moyen-Orient ont peu d’affinité pour les récepteurs ACE2a. Pour contaminer l’humain, ils doivent atteindre directement les récepteurs ACE2b, enfouis profondément dans l’arbre respiratoire.

Ce qui fait que ces virus sont moins contagieux, mais provoquent des symptômes beaucoup plus graves.

Il est également prouvé que le virus du Covid-19 est capable de se fixer aussi facilement aux récepteurs ACE2a qu’aux récepteurs ACE2b. Ce qui le rend à la fois très contagieux et très virulent.

Pour expliquer la susceptibilité moindre des enfants prépubères au Covid-19, on peut imaginer que les humains, peu importe leur âge, ont dans leur bagage génétique le code nécessaire à créer n’importe quel récepteur ACE2, qu’il s’agisse d’un récepteur ACE2a ou ACE2b.

Toutefois, à l’instar des caractères sexuels secondaires (qui ne se révèlent qu’à la puberté), les gènes des récepteurs ACE2b seraient en dormance jusqu’à cette étape de la vie.

En se fixant aux récepteurs ACE2a, accessibles dès la naissance, le Covid-19 :
• contamine leurs voies respiratoires supérieures,
• s’y multiplie à profusion,
• y produit parfois une perte d’odorat (sans que cela ait été rapporté jusqu’ici),
• y crée une importante charge virale au niveau du nez et de la gorge, et
• contamine leurs gouttelettes respiratoires (comme chez l’adulte) puisque celles-ci originent principalement de la salive qui tapisse les voies respiratoires supérieures.

Mais l’inhalation de leurs propres gouttelettes respiratoires hautement contaminées, au lieu d’étendre la contagion virale aux voies respiratoires inférieures, est alors sans effet en l’absence de récepteurs ACE2b au niveau des poumons puisque ceux-ci ne feront leur apparition qu’à la puberté.

Le résultat est que les jeunes enfants sont presque toujours asymptomatiques et que leur contagiosité est moindre parce qu’ils toussent peu.

Contaminés, ils peuvent quand même transmettre le virus parce qu’ils ont souvent un doigt dans le nez ou dans la bouche, que leurs baisers sont contagieux et que leurs joues (lorsque préalablement touchées) dispersent le virus par frottement lors de câlins.

Quant aux très rares cas de jeunes enfants qui sont morts du Covid-19 — pensons à cette fillette de 9 ans décédée en Floride le 18 juillet dernier — on peut supposer qu’il s’agirait de cas de puberté précoce ou d’enfants qui, exceptionnellement, auraient des récepteurs ACE2b pour d’autres raisons.

Références :
Contact Tracing during Coronavirus Disease Outbreak, South Korea, 2020
Contact tracing during Phase I of the COVID-19 pandemic in the Province of Trento, Italy
Epidemiology of COVID-19 Among Children in China
Florida girl who died of coronavirus had no known underlying health issues, family says
Les jeunes enfants responsables d’une faible partie de la transmission
Les mystères du Covid-19 (2e partie)

Paru depuis :
Age-Related Differences in Nasopharyngeal Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 (SARS-CoV-2) Levels in Patients With Mild to Moderate Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) (2020-07-30)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Désobéissance civile vs militarisation de la répression

27 juillet 2020

Introduction

Apôtre de non-violence, l’Indien Mahatma Ghandi fut le théoricien qui fit de la désobéissance civile de masse un moyen de résistance pacifique à l’oppression.

Depuis cinquante ans, la désobéissance civile a évolué.

À ses débuts, il suffisait aux protestataires de s’assoir en bloquant la voie publique et de refuser de quitter les lieux. Résultat : les policiers avaient la corvée de les soulever un à un, de les placer dans des voitures cellulaires et de les amener pour quelque temps en prison sous l’accusation de méfait.

Lorsque le nombre de protestataires est immense, intenter des poursuites contre eux est de nature à bloquer l’appareil judiciaire d’un pays. D’où l’abandon des poursuites.

Plutôt que de renoncer à leurs mesures impopulaires, il arrive que des régimes autoritaires s’entêtent et décident de militariser la répression des contestataires en utilisant des moyens puissants; des canons à eau, des gaz lacrymogènes, des vaporisateurs de poivre de Cayenne, des armes à mortalité réduite, etc.

En réponse à cela, les protestataires de Hong Kong ont développé des moyens ingénieux de contrer la répression violente.

La tortue romaine


 
Lorsque les légions romaines se retrouvaient en milieu hostile, elles adoptaient la formation défensive dite de ‘la tortue romaine’.

Regroupés en rectangle, serrés les uns à côté des autres, les soldats au premier rang et parfois sur les côtés (sauf à l’arrière) maintenaient leur bouclier à la verticale, alors que tous les autres plaçaient leurs boucliers à l’horizontale, au-dessus de leurs têtes.

Créée par les Gaulois et adoptée rapidement par les Romains, cette formation offrait une bonne protection contre une pluie de flèches ou de projectiles.


 
À Hong Kong, le mouvement de protestation a pris le nom de Révolution des parapluies parce cet accessoire était très utilisé par les manifestants.

Il permettait non seulement de protester des heures sous la pluie ou le soleil ardent, mais également parce cela permettait de bloquer les jets de poivre de Cayenne tirés presque à bout portant.

Et quand plusieurs parapluies adoptaient une disposition en tortue romaine, cela avait pour effet de faire dévier une partie des gaz lacrymogènes, à l’image d’un prototype aérodynamique en soufflerie.

Les cônes de chantier

Généralement en plastique orange, le cône de chantier est l’outil le plus efficace pour inactiver les bonbonnes de gaz lacrymogènes.

Contrairement à l’éteignoir de bougie, il ne suffit pas d’en placer un sur une bonbonne de gaz lacrymogène pour que celle-ci s’éteigne; le cône devient alors comme un volcan fumant.

Toutefois, par l’ouverture supérieure du cône, il suffit de verser le contenu d’un petit format d’eau embouteillé pour que la bonbonne de gaz lacrymogène rende l’âme.

À défaut de cônes de chantier, on peut utiliser des bâtons de hockey ou des raquettes de tennis pour renvoyer à l’expéditeur ces petits engins détestables.

La souffleuse de feuilles

La souffleuse de feuilles, si utile en automne, est bonne en toute saison pour purifier l’air ambiant en accélérant la dispersion des gaz lacrymogènes déjà répandus.

Références :
À Portland, les manifestants antiracistes s’inspirent des célèbres techniques popularisées à Hong Kong
Tortue (formation)
What is the meaning of the umbrellas in Hong Kong’s “Umbrella Revolution”?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ottawa, nid de corruption

25 juillet 2020

Introduction

UNIS (en anglais WE Charity) est un organisme de bienfaisance mandaté — sans appel d’offres — par le gouvernement Trudeau pour gérer un programme fédéral d’aide financière totalisant plus de 900 millions de dollars destinés à encourager le bénévolat étudiant en lien avec la pandémie au Covid-19.

Annulé en raison de la controverse, UNIS aurait eu la responsabilité de distribuer des bourses allant de 1 000$ à 5 000$ aux étudiants qui font du bénévolat. Et il devait payer 12 000$ par enseignant afin de recruter et gérer ces étudiants.

Même si UNIS est un organisme de bienfaisance sans but lucratif, cela ne veut pas dire que ses dirigeants travaillent gratuitement.

Si le scandale n’avait pas éclaté, UNIS aurait empoché 43,5 millions en frais de gestion pour administrer ce fonds

En 2018, Graig Kielburger, le cofondateur d’UNIS, recevait une rémunération de 125 173$. Mais avec un pactole de 43,5 millions$, a-t-on prévu des mécanismes qui empêcheront les dirigeants d’UNIS de s’en mettre plein les poches ?

Ce qui est certain, c’est qu’en confiant la gestion de ce fonds à un organisme privé, cela soustrayait automatiquement cette gestion à la Loi fédérale d’accès à l’information (comme c’est le cas du Programme de contestation judiciaire, administré par l’université d’Ottawa).

Le ministre des finances pris la main dans le sac

Lorsque vous et moi voulons prendre l’avion, il faut payer d’avance. Mais pas les membres du cabinet Trudeau.

En 2017, alors que Bill Morneau était ministre des Finances,
sa famille et lui ont effectué deux voyages (au Kenya et en Équateur) qui ont occasionné des déboursés de 52 000$.

Convoqué par le comité des Finances, Bill Morneau s’est rappelé in extremis qu’il avait oublié de rembourser UNIS pour ces voyages.

Le 22 juillet 2020, avec trois ans de retard, il a posté un chèque de 41 366$ pour régler la note, juste avant sa convocation devant le comité.

Quand un organisme fait un cadeau personnel de plus de 40 000$ au ministre des finances d’un pays, et paie 300 000$ à la mère et au frère de Justin Trudeau pour qu’ils prononcent des conférences promotionnelles en faveur d’UNIS, et qu’en retour, cet organisme reçoit sans appel d’offres un contrat de 900 millions$, cela porte un nom; c’est de la corruption.

D’autant plus que ni Bill Morneau ni Justin Trudeau n’ont pas cru bon de se retirer des discussions du Conseil des ministres lorsque ce contrat gouvernemental a été accordé, en dépit de leurs conflits d’intérêts évidents.

Une corruption répandue

À Ottawa, Bill Morneau n’est pas le seul parlementaire corrompu.

L’ex-président de la Société des ponts fédéraux a été accusé d’avoir accepté pour 1,5 million$ de pots-de-vin de la part de SNC-Lavalin.

En aout 2005, le Devoir révélait que la nomination à la magistrature fédérale se faisait après consultation d’une liste d’avocats partisans du Parti libéral du Canada.

Selon le ministre fédéral actuel de la Justice, David Lametti, cette consultation n’affecte aucunement l’issue du choix effectué par le Conseil des ministres.

Vraiment ? On se demande pourquoi on se donne la peine de consulter la liste des avocats ‘amis’ avant de procéder à une nomination si cela est inutile…

En réalité, à Ottawa, on ne peut pas s’acheter un poste de juge. Mais en contribuant à la caisse au Parti libéral, cet investissement augmente vos chances de le devenir.

Dans un autre ordre d’idées, l’émission The Fifth Estate révélait en 2017 que le juge Randall Bocock (de la Cour de l’impôt), de même que le juge Denis Pelletier (de la Cour d’appel fédérale), avaient participé à Madrid à un cocktail financé par un cabinet d’avocats spécialisé dans la fraude fiscale destinée à tromper le fisc canadien.

En d’autres mots, des juges fédéraux responsables de lutter contre l’évasion fiscale acceptent des faveurs de cabinets qui aident les riches canadiens à frauder le fisc sous le couvert du secret professionnel.

À la suite de ces révélations, le juge Bocock s’est récusé dans une cause qu’il avait pourtant accepté d’entendre et dans laquelle l’accusé était justement défendu par ce cabinet d’avocats.

Le député conservateur Pierre Poiliève et son épouse ont profité de 11 705 $ de voyages payés par le gouvernement de Taïwan. Quant à la députée NPD Ruth-Ellen Brosseau, elle a fait un voyage de 11 705 $ en Israël, gracieuseté d’intérêts israéliens.

Au total, c’est plus de 600 000$ en voyages gratuits qui ont été payés par des gouvernements étrangers à des parlementaires fédéraux. Le tout de manière parfaitement légale parce que rien ne s’y oppose.

Bill Morneau est un multirécidiviste

En octobre 2017, plus de deux ans après son élection, le ministre des Finances possédait toujours des dizaines de millions de dollars d’actifs qu’il avait négligé de placer dans une fiducie sans droit de regard, comme l’exige la loi.

En novembre 2017, il était condamné à payer une amende symbolique (200$) pour avoir oublié de déclarer une luxueuse villa en France qu’il s’était acheté pour son usage personnel, mais avec l’argent d’une de ses sociétés.

Faire payer une dépense personnelle par une de ses compagnies (pour qui cette dépense sera déductible d’impôt) est une fraude fiscale très répandue. Violer la loi de l’impôt est déjà inacceptable de la part de n’importe quel élu; imaginer quand le violeur est ministre des Finances…

Conclusion

À Ottawa, des fonctionnaires fédéraux se font corrompre. Des députés fédéraux se font corrompre. Des ministres fédéraux se sont corrompre. Des sénateurs se font corrompre. Et même des juges se font corrompre.

Cela est compréhensible; l’État canadien représente des dizaines de milliers de personnes et les êtres humains sont imparfaits.

Ce qui est anormal, c’est la réaction de l’État canadien à la corruption.

Quand ce sont des juges, le Conseil de la magistrature n’y voit pas d’objection. Quand ce sont des parlementaires (députés, ministres et sénateurs), le gouvernement n’y voit pas d’objection.

Depuis toujours, le champion des conflits d’intérêts est le parti de Justin Trudeau.

Le Parti libéral du Canada est corrompu pour les mêmes raisons que le Parti libéral du Québec l’a été sous Jean Charest.

La commission Charbonneau a révélé que l’assujettissement des ministres à rapporter 100 000$ par année à la caisse du Parti libéral du Québec (PLQ) s’est soldé par un vaste pillage du Trésor public.

Ce système permettait à des entrepreneurs de gonfler le cout des contrats d’infrastructures moyennant le paiement d’une modeste contribution à la caisse du PLQ.

L’obligation de rapporter annuellement 100 000$ créait une relation d’assujettissement du ministre à la caisse du Parti libéral du Québec plutôt qu’à la nation. La contribution de l’entrepreneur était d’autant plus appréciée que sans elle, le ministre se trouvait relégué au rang de simple député.

Justin Trudeau a mis en place un système semblable; en vue de la récente campagne fédérale, chaque député libéral sortant devait générer 51 000$ de financement politique.

Dans le cas précis du ministre Morneau, celui-ci est un pourri; il n’a plus la crédibilité pour demander aux contribuables de payer leur juste part d’impôt alors qu’il a violé à de multiples reprises les règles élémentaires d’intégrité politique.

Références :
Affaire UNIS : le ministre Morneau rembourse plus de 40 000 $ en frais de voyages
Corruption fédérale : les voyages forment la vieillesse
Corruption : le ‘verrou’ libéral
Inside The “Cult” Of Kielburger
Juges et cocktails commandités : le Conseil de la magistrature n’y voit pas de problème
Le Bloc menace de faire tomber les libéraux
Les «affaires» Bill Morneau: les scandales collent à la peau du ministre des Finances du Canada
Réforme de la nomination des juges de la Cour suprême – La transparence rendra-t-elle la sélection moins partisane?
Trudeau comparaitra devant un comité, Morneau rembourse 41 000$
Trudeau demande 51 000$ à chaque député
UNIS administre un généreux programme fédéral pour les élèves et les professeurs

Paru depuis :
Sélection des juges à Ottawa , « :matière à scandale » (2020-10-20)


Post-Scriptum : Bill Morneau a finalement remis sa démission à titre de ministre des Finances du Canada le 17 aout 2020, soit trois semaines après la publication du texte ci-dessus.

Référence :
Le ministre Bill Morneau annonce sa démission

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Grande astrance

22 juillet 2020
Grande astrance ‘Sparkling Stars Pink’

Avec ses couleurs plutôt ternes, la Grande astrance passe facilement inaperçue parmi les iris et les hémérocalles.

Toutefois, à y regarder de près, cette plante — qui fleurit tout l’été — est très élégante.

Protégée dans le Limousin et dans la Principauté d’Andorre, la Grande astrance est une annuelle haute de 30 à 90 cm qui habite les collines et les montages de l’Est et du Sud de l’Europe.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Blanches ou vieux rose, les fleurs disposées en ombelle sont portées par de longs et fins pédoncules au bout desquels les sépales semblent agripper la fleur comme les griffes du chaton retiennent la pierre précieuse qui sertit une bague.

Les fleurs semblent jaillir d’un bol dont les parois délicates et dentelées sont décorées de feuilles stylisées.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1000 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 106 mm
2e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les chemises brunes de Trump

21 juillet 2020

Dans tous les pays, il existe différents types d’agents de la paix, placés sous administration locale, régionale ou nationale.

Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis a été créé en 2002 en réponse aux attentats du 11 septembre 2001.

Son but est d’organiser et d’assurer la sécurité intérieure des États-Unis; c’est l’équivalent d’un ministère de la Défense, mais contre les ‘ennemis’ du pays qui opèrent en sol américain.

Il dispose d’un budget de 40,6 milliards$ et compte plus de 229 000 employés.

Le 26 juin dernier, Donald Trump signait un décret présidentiel s’adressant spécifiquement au Département de la Sécurité intérieure.

Ce décret lui ordonne de protéger les monuments, les mémoriaux et les statues de propriété fédérale, et de combattre la violence criminelle récente (une allusion au vent de contestation qui a suivi l’assassinat policier de George Floyd).

Quelques jours plus tard, dans un mémo confidentiel daté du 1er juillet et révélé par l’hebdomadaire The Nation, le département annonce la création d’une force d’intervention appelée Protecting American Communities Task Force (PACT).

Dotée des pouvoirs découlant du Patriot Act, cette force d’intervention est libre des contraintes imposées aux corps policiers et à l’armée.

Afin de la créer, le Département de la Sécurité intérieure a puisé çà et là au sein de diverses formations militaires ou paramilitaires sous son autorité, dont les unités tactiques d’intervention frontalière (renommées pour leur brutalité).

Il y a moins d’une semaine, c’est à Portland que cette nouvelle force d’intervention a été à l’œuvre pour la première fois.

Lourdement armées, masquées, habillées d’uniformes de camouflage, sans badge d’identification ni de caméra de surveillance, les chemises brunes de Trump ont utilisé des gaz lacrymogènes et des armes à mortalité réduite contre des protestataires ou de simples passants. Ceux-ci étaient presque tous des protestataires pacifiques. Les autres ne s’en prenaient ni à des statues ni à des édifices fédéraux.

Les yeux bandés, les personnes arrêtées ont été transportées par fourgons banalisés dans des ‘lieux surs’ tenus secrets et relâchées quelques heures plus tard sans qu’elles aient pu bénéficier de l’assistance d’un avocat.

Au moins treize protestataires et un certain nombre de passants ont ainsi été arrêtés sans qu’on leur précise les motifs de leur arrestation.

Dans au moins un cas, ces agents ont nié avoir détenu un citoyen dont l’arrestation a pourtant été captée sur vidéo.

Non armé, un des protestataires a été hospitalisé en raison d’une fracture du crâne causée par l’utilisation d’armes à mortalité réduite.

Pour le maire de Portland, la violence exercée par les agents fédéraux contre les protestataires est une attaque contre la démocratie américaine dans la mesure où elle vise à réprimer la liberté d’expression.

Le dirigeant municipal a déclaré : « Leur présence cause plus de violence et plus de vandalisme. Cela n’aide pas du tout à calmer la situation. Ils ne sont pas les bienvenus et nous voulons qu’ils partent.»

Dans les jours qui viennent, 150 de ces agents seront déployés à Chicago.

C’est à suivre…

Références :
Département de la Sécurité intérieure des États-Unis
Federal Law Enforcement Use Unmarked Vehicles To Grab Protesters Off Portland Streets
Homeland Security set to deploy 150 agents in Chicago this week; scope of duty unknown
House Democrats call for ‘urgent’ investigation into federal policing in Portland
La Ville de Portland réclame le départ des troupes fédérales américaines
The Border Patrol Was Responsible for an Arrest in Portland
Trump says he signed executive order to protect monuments
United States Department of Homeland Security
Watching Trump’s paramilitary squads descend on Portland, it’s hard not to feel doomed

Complément de lecture :
Racisme systémique : la complicité de Washington à l’égard du KKK

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : doit-on s’inquiéter des rebelles antimasques ?

20 juillet 2020

Le désamour des contraintes

Le port d’un masque protecteur est rarement agréable.

On se plie à l’obligation d’en porter un par civisme. Et on est rassuré de voir les gens autour de soi séquestrer leurs propres gouttelettes respiratoires par un couvre-visage.

Pour la personne habillée de pied en cap dont seuls les mains et le visage sont à découvert, porter un masque en pleine canicule correspond à bloquer une bonne partie de la surface corporelle dont elle dispose pour dissiper la chaleur.

Pensons également au cuisiner qui doit travailler dans une cuisine surchauffée, dépourvue de ventilation extérieure…

Gravir une côte à pic est plus difficile quand l’air qu’on inspire se compose en partie de l’air appauvri en oxygène qu’on vient d’expirer.

Et il y a des maskaphobes qui angoissent même à l’idée de porter un masque…

À toutes ces réticences s’ajoutent celles des rebelles antimasques qui y voient une entrave à leur liberté.

Pour bien comprendre le présent, rien de mieux qu’un retour dans le passé.

Le combat pour le ‘droit’ des fumeurs

Souvenons-nous de l’époque où on adoptait les premières mesures antitabagiques.

Dès qu’on a fait la preuve scientifique que la fumée secondaire était elle aussi cancérigène, fumer devenait un acte asocial.

Puisqu’il était impossible pour un fumeur de conserver sa boucane pour lui, on a considérablement réduit le nombre d’endroits où le tabagisme était permis.

Se rappelle-t-on des accusations de ‘fascisme’ adressées aux antifumeurs par ceux qui se disaient victimes de leurs persécutions ?

Aujourd’hui, la poussière est retombée. Et les fumeurs respectent le droit des non-fumeurs à respirer de l’air sain.

La même chose attend les antimasques; leur combat est voué à l’échec.

Même sans répression policière, l’étau se refermera sur ces irréductibles, bientôt victimes de l’ostracisme de l’immense majorité des Québécois qui voient dans l’obligation du port du masque une question de civisme le plus élémentaire.

Conclusion

Comment peut-on s’imaginer sérieusement qu’il existe un droit d’obliger les autres à inspirer ses gouttelettes respiratoires ?

L’obligation de porter un masque, c’est comme l’obligation de boucler sa ceinture de sécurité en auto; cela sauve des vies en contrepartie d’inconforts mineurs.

Il y eut une époque où on ignorait que simplement en parlant, deux inconnus s’échangent leurs gouttelettes respiratoires.

Maintenant qu’on le sait, n’est-ce pas franchement répugnant ?

Parus depuis :
Sondage CROP: les trois quarts des Québécois favorables au port du masque (2020-07-22)
Les Canadiens très favorables au masque dans les lieux publics (2020-09-22)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la protection très limitée des visières

19 juillet 2020

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J’écoutais dernièrement un reportage télévisé au sujet de la reprise des croisières.

Le but de ce reportage était de montrer à quel point les organisateurs de croisières avaient retenu la leçon du drame survenu à bord du Diamond Princess, un drame au cours duquel les passagers, prisonniers à bord, avaient été en bonne partie décimés par le Covid-19.

Le reportage nous montrait les officiers et les matelots masqués, de même que l’infirmière à son poste de travail effectuant des tests de dépistage sous une hotte laminaire.

Comme sur la photo ci-dessus (tirée d’un autre reportage), on y voyait aussi à l’œuvre un serveur de restaurant ne portant qu’une visière.

Filmé en contreplongée (le point de vue de ses clients attablés), le serveur du paquebot ne semblait pas réaliser qu’une fois retroussée, sa visière ne retenait aucune de ses gouttelettes respiratoires. En somme, c’était comme s’il ne porterait rien.

En milieu hospitalier, la visière est un complément au masque; essentiellement, elle protège les yeux du porteur.

Selon l’Institut national de santé publique, la visière seule doit être considérée comme solution de dernier recours, par exemple lorsque la buée provoquée par le masque dans les lunettes de prescription mettrait la vie en danger de cette personne.

Le ministère de la Santé est encore plus catégorique : les citoyens qui portent uniquement la visière se verront refuser l’accès aux transports publics et aux commerces parce qu’elle n’offre aucune étanchéité.

« Les gouttelettes projetées par la personne qui porte une visière peuvent facilement se répandre dans l’air en passant par les côtés ou le dessous de la visière. Une personne atteinte de la COVID-19 qui porte uniquement une visière est donc susceptible de contaminer les gens autour d’elle.»

À l’exception d’un lieu où de grandes quantités de virus seraient en suspension dans l’air, la visière ne protège pas plus le porteur qu’une paire de lunettes.

Références :
Des experts prônent le port du masque ou de la visière à l’école
La visière ne protège pas autant que le masque, disent les Villes
Le port d’une visière peut-il remplacer celui d’un masque?
Non, la visière ne peut pas remplacer le masque

Parus depuis :
Comment visières et masques à valve laissent passer des gouttelettes invisibles (2020-09-01)
La visière anti-Covid-19, vrai gadget fausse protection (2020-10-17)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Bourrache officinale

17 juillet 2020



 
Couverte de poils raides, la Bourrache officinale est une fine herbe annuelle qui, à maturité, mesure de 20 à 60 cm de haut.

Commune dans les terrains vagues, cette plante est originaire du sud et du centre de l’Europe.

Ses tiges contiennent une substance toxique pour le foie. Cette substance est aussi présente dans les feuilles et les fleurs, mais en quantité beaucoup plus faible.

En dépit du fait que certaines auteurs déconseillent la consommation régulière et prolongée de Bourrache officinale, on la trouve dans la composition de nombreux plats traditionnels, notamment dans des potages froids en Allemagne.

Au gout de concombre, ses feuilles crues se mangent en salade. Cuites, elles parfument des légumes cuits et des omelettes.
 


 
Souvent bleues, parfois blanches ou rose violacé, les fleurs de la Bourrache officinale peuvent servir à décorer des plats; par exemple, le Gargouillou du chef Michel Bras (trois étoiles Michelin).

Le gout des fleurs rappelle celui de l’huitre.

Anatomiquement, les fleurs se composent de cinq sépales verts et de cinq pétales souvent bleus (mais parfois blancs ou rose violacé) soudés à leur base. Le pistil blanc est gainé de cinq étamines noires coniques.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/200 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 56 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 56 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 640 — 210 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 210 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : le modèle vietnamien

15 juillet 2020

 

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Introduction

Le Vietnam est à trois heures d’avion de la ville de Wuhan, berceau du Covid-19.

Le premier cas est apparu dans ce pays le 23 janvier, soit un mois avant le Québec (frappé dès le 27 février).

En dépit du fait que la pandémie y a débuté plus tôt, très peu des 97,4 millions de Vietnamiens ont souffert de la pandémie; à peine 381 cas ont été recensés, dont 90 % ont guéri depuis.

Cela correspond à 17 cas de Covid-19 par million d’habitants, soit environ 400 fois moins qu’au Québec.

Quant au nombre de morts, il n’y en a eu aucun (comparativement à 663 morts par million de Québécois).

Comment est-ce possible ?

Un terrain hostile au virus

Comme dans beaucoup de pays d’Extrême-Orient, le port du masque était déjà une habitude sociale chez une bonne partie de la population vietnamienne, avant même l’apparition de la pandémie actuelle.

Une étude allemande récente suggère que le port du masque réduit d’environ 40 % la propagation du Covid-19.

Le respect inconditionnel des ainés fait en sorte que chaque famille a l’habitude de prendre en charge son patriarche en perte d’autonomie plutôt que le placer dans un ghetto de vieux, comme c’est fréquent chez nous.

De plus, la défense des intérêts du groupe l’emporte toujours sur le droit de l’individu. Conséquemment, la cohésion sociale des citoyens et la confiance envers les dirigeants du pays ont permis au peuple vietnamien de consentir massivement aux sacrifices exigés.

Avant que l’épidémie ne soit totalement maitrisée, la télévision d’État motivait la population en montrant les conséquences concrètes de la pandémie. En plus des données, on révélait le nom de chaque personne infectée, son quartier, le nom des gens qu’elle a côtoyés.

Ce qui serait impensable dans les pays où la confidentialité des données nominatives est protégée par la loi.

Pour aider les personnes en quatorzaine à demeurer chez elles, des préposés de l’État apportaient quotidiennement des vivres sur le balcon ou sur le perron des 70 000 Vietnamiens concernés.

La réactivité

Alors que la Chine était encore le seul pays contaminé, le Vietnam fermait ses frontières avec ce pays le 11 janvier. Aux aéroports, on soumettait tous les passagers en provenance de Chine à des scanneurs thermiques.

Le 20 janvier, la Corée du Sud annonçait son premier cas. Le Vietnam cesse alors de cibler la Chine et met en quatorzaine tous les voyageurs étrangers.

Indépendamment de leurs réservations hôtelières, ils sont conduits en autobus dès leur arrivée vers des hôtels spécialement dédiés à l’isolement des voyageurs ou vers des camps gérés par des militaires.

Quelques jours plus tard, le pays ferme toutes ses écoles.

À la mi-février, un premier confinement de vingt jours est imposé à une zone rurale atteinte par l’éclosion de sept cas. Avant même la fin de ce confinement régional, il est étendu à tout le pays au cours des trois premières semaines de mars.

La recherche agressive des contacts

La recherche de contacts est confiée à une armée de 63 centres provinciaux, de 700 centres de districts et de 11 000 dispensaires de santé répartis sur tout le territoire national.

Pour chaque nouveau cas trouvé, on cherche les contacts, les contacts des contacts, et les contacts des contacts des contacts (soit trois niveaux de proximité).

Si bien qu’au total, chaque cas entraine une recherche de la charge virale dans le nez ou la gorge d’environ mille personnes ayant été directement ou indirectement en contact avec lui.

Dans l’attente des résultats, tous ces gens sont isolés et mis sous surveillance étroite. Et parmi les contacts, si on trouve d’autres personnes atteintes, chacun d’eux fera l’objet d’une nouvelle recherche de contacts sur trois niveaux.

Conclusion

En sept semaines de confinement radical, le Vietnam a obtenu des résultats aussi spectaculaires que durables.

Au moment de son déconfinement, le 23 avril, il n’avait plus aucun nouveau cas de Covid-19 au pays depuis six jours.

Depuis, à l’exception d’un demi-million de personnes, la population vietnamienne est déconfiné. Ce déconfinement s’est effectué sans provoquer une nouvelle vague de contamination.

Les résultats obtenus dans ce pays sont la récompense de la mobilisation massive de ses citoyens et de réactivité de leurs dirigeants politiques.

Références :
Coronavirus: Les clés de la réussite du Vietnam dans la lutte contre le Covid-19
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Covid19 : pourquoi zéro mort au Vietnam ?
Face Masks Considerably Reduce COVID-19 Cases in Germany
Le combat étonnant du Vietnam contre le coronavirus

Paru depuis :
Vietnam Reports 2nd Death, More Cases Linked to Hospital (2020-07-31)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


La ‘conversion’ de Sainte-Sophie

15 juillet 2020

2020-07-15-Sainte-Sophie
 
Introduction

La montée en puissance de Recep-Tayyip Erdoğan a progressivement transformé ce chef d’État en menace à cause de ses politiques agressives :
• les persécutions contre les Kurdes de Turquie et de Syrie,
• la fourniture d’armes aux intégristes sunnites durant la guerre en Syrie,
• l’achat par la Turquie de matériel militaire russe (une première pour un pays membre de l’OTAN),
• le déplacement de milliers de mercenaires de la Syrie vers la Libye en contrepartie de droits d’exploration pétrolière dans les eaux territoriales libyennes.

Dans les pays qui ont développé de l’animosité à son égard, on juge approprié de critiquer publiquement ses décisions afin d’influencer son électorat et de compenser ainsi la mainmise totale d’Erdoğan sur les journaux de son pays.

Dans le cas de la transformation d’une ancienne basilique chrétienne en mosquée, la propagande anti-Erdoğan coïncide avec l’islamophobie qui prévaut en Occident depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Chez ceux craignent la religion musulmane, il est facile d’imaginer que l’islamisation de Sainte-Sophie fait partie d’un vaste complot qui vise à éradiquer le christianisme de la surface du globe et à y répandre ‘sournoisement’ la religion musulmane.

Le tollé provoqué par cette décision contribue à sa manière à préparer l’opinion publique occidentale à une guerre contre un autre pays musulman — peu importe lequel — lorsque nos dirigeants le jugeront approprié.

Rappel historique

Construite au IVe siècle, la basilique Sainte-Sophie de Constantinople fut la première basilique chrétienne.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, elle n’honore pas une sainte, mais à un attribut divin, soit la Sagesse de Dieu (en grec, sophia veut dire sagesse).

Agrandie au VIe siècle pour atteindre sa taille actuelle, elle devint mosquée en 1453 et le demeura pendant un demi-millénaire (jusqu’en 1934, alors qu’Atatürk en fit un musée).

Bien avant sa prise du pouvoir, Erdoğan projetait de redonner à Sainte-Sophie sa vocation liturgique musulmane. Ce qu’il a décrété il y a quelques jours.

Une tempête dans un verre d’eau

À l’instar de la nouvelle mosquée Sainte-Sophie, presque toutes les églises de Paris sont depuis longtemps à la fois des sites touristiques et des lieux de culte.

Avant l’incendie qui l’a ravagée, la cathédrale Notre-Dame de Paris était du nombre. Même durant les offices — célébrées dans le centre de la nef — les touristes déambulaient et photographiaient tout autour.

Contrairement à Notre-Dame de Paris, Sainte-Sophie sera accessible exclusivement aux fidèles le jour de la prière (si j’ai bien compris), et demeurera un lieu touristique les autres jours de la semaine.

Comme c’est le cas à la basilique Notre-Dame de Montréal.

Où est le problème ?

Un danger potentiel

Le seul péril qui guette la mosquée Sainte-Sophie, c’est que les autorités religieuses y détruisent les mosaïques qui remontent à l’époque byzantine.

En effet, l’islam interdit la représentation picturale de Dieu. Comme l’interdit également le judaïsme et (théoriquement) le christianisme.

Normalement, on devrait se contenter de recouvrir les mosaïques ‘offensantes’ d’un enduit comme on l’a fait lorsque la basilique orthodoxe est devenue mosquée la première fois en 1453.

Il serait très surprenant que les autorités ordonnent la destruction de ces mosaïques; ces œuvres d’art font partie des attraits touristiques de ce musée fréquenté par 3,8 millions de visiteurs par année.

Ceci étant dit, si la Turquie devait choisir de les détruire (ce qui est douteux), elle ne ferait que rejoindre la longue liste de pays qui saccagent de temps en temps leur patrimoine artistique.

Avec la diminution de la fréquentation aux offices religieux, des centaines d’églises en Occident ont été transformées en condominiums, en établissements commerciaux ou en édifices à plus grande valeur foncière (et donc qui génèrent plus de revenus de taxation pour les municipalités).

Ici même au Québec, depuis cinquante ans, combien d’églises et de maison de grande valeur patrimoniale ont elles été détruites ou laissées à l’abandon au point de devenir irrécupérables ?

Bref, qui sommes-nous pour faire la morale à la Turquie ?

Référence :
Erdogan rejette les critiques sur la transformation de Sainte-Sophie en mosquée


Post-Scriptum du 20 juillet 2020 : Les autorités turques annoncent que les icônes chrétiennes qui ornent l’intérieur de l’ancienne basilique byzantine seront simplement dissimulées le temps de la prière et demeureront bien visibles en dehors des prières.

Référence :
Turquie : visite symbolique d’Erdogan à Sainte-Sophie reconvertie en mosquée (2020-07-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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