Le carrelage octogonal à cabochon

30 janvier 2020
Au musée Nissim de Camondo

Au musée parisien ci-dessus, le revêtement du plancher de cuisine porte le nom de ‘carrelage octogonal à cabochon’.

En Europe, ce motif ancien est demeuré populaire pour décorer les planchers de cuisine ou de salle de bains.

De 15 cm, 20 cm ou 31,6 cm de côté, les carreaux peuvent être en grès ou en céramique. Et ce à des prix variant entre 25 et 45 euros du m².

Offerts en plusieurs couleurs, les cabochons se vendent à l’unité à des prix variant entre 0,8 et 1,5 euro.

On trouve également des carreaux aux coins noirs, ce qui donne l’illusion d’un carrelage octogonal à cabochon.

Tous les carreaux rigides ne peuvent être posés que sur un sol parfaitement plat à défaut de quoi ils finissent par se fissurer.

Les maisons québécoises étant généralement des maisons de bois recouvertes de briques, tout recouvrement de plancher en céramique ou en pierre de taille exige la pose préalable de grandes plaques de ciment. Ce qui augmente le cout d’installation de tout plancher en carreaux rigides.

À l’époque où j’avais entrepris de faire refaire mon plancher de cuisine, les grands magasins de matériaux de construction n’offraient pas de carreaux en vinyle qui permettaient de créer ce motif. Sauf à l’aide de carreaux autoadhésifs minces, de mauvaise qualité.

Pose des carreaux de vinyle directement sur l’ancien carrelage

J’ai donc acheté des carreaux blancs mouchetés de 30 cm de côté et des carreaux noirs que j’ai fait tailler par un ouvrier.

Ce dernier a taillé le coin des carreaux blancs et créé des petits cabochons de 7 cm de côté à partir des carreaux noirs.

J’ai préféré le noir afin de souligner l’éclat des carreaux blancs. Et le motif irrégulier sur ces derniers les rend moins d’entretien.

Le tout a nécessité plus de neuf-cents coupes. De quoi occuper un ouvrier pendant de longues heures réparties sur un jour ou deux de travail. Et ce, à une fraction du prix d’un plancher semblable en matériaux rigides.



 
Depuis juillet 2012, ce plancher a été lavé plusieurs fois, mais n’a jamais été ciré. Principalement pour lui éviter de jaunir à la longue. Et accessoirement pour des raisons écologiques.

En huit ans, je ne me suis jamais lassé de ce recouvrement dont l’aspect change subtilement selon qu’on l’observe en s’approchant ou qu’on le regarde sous nos pieds.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pourquoi ne pas étatiser l’industrie du ‘recyclage’ ?

29 janvier 2020

Introduction

À la fin de 2018, la Chine fermait ses frontières aux déchets importés.

C’est là qu’on a appris que le fruit de nos collectes sélectives était simplement expédié à l’Étranger.

Le résultat est que 95 % du papier que nous croyons recycler ne l’est pas; il est envoyé en Asie pour y être enfoui ou brulé.

En 2018, le taux de recyclage du plastique n’était que de 25 %. Quant au verre, c’était peu.

La faillite du recyclage privé

Nos élus ont décidé de confier à l’entreprise privée le soin de recycler ce qui pouvait l’être.

Mais contrairement au ramassage de la neige ou des ordures, le recyclage exige une expertise qui n’est pas à la portée de n’importe quel entrepreneur.

Recycler, ce n’est pas seulement séparer différents matériaux recyclables. Pour qu’on puisse parler de recyclage, il faut qu’une substance renaisse sous forme d’un nouveau produit. C’est ça, le recyclage.

Or notre industrie du recyclage n’en est pas une; c’est simplement une industrie de triage des déchets imputrescibles.

Depuis trente ans, cette industrie produit des agglomérats de basse qualité dont seule une petite partie trouve preneur, le reste ne répondant pas aux besoins de l’industrie.

Il faut donc exporter ce qui est refusé ici. Et quand les pays étrangers eux-mêmes n’en veulent pas, la situation est sans issue.

À coup de subventions, on a incité des compagnies de triage à s’établir au Québec. Puis on a créé vainement des programmes d’aide visant à augmenter la qualité des matériaux issus de cette industrie.

On est rendu maintenant à éponger leurs déficits d’opération quand ce n’est pas à les sauver de la faillite.

Bref, l’industrie du triage au Québec est actuellement dans un état catastrophique.

D’où la question : ne devrait-on pas faire table rase et repartir à neuf ?

Le triage à l’européenne

Au Québec, la collecte des produits recyclables est calquée sur le modèle de la collecte des ordures ménagères.

Au jour de la collecte, on passe devant votre domicile afin de vider le contenu de votre bac de recyclage dans un immense camion où tout est jeté pêlemêle et compacté.

Lorsqu’il est plein, le camion vient porter sa cargaison dans un centre de tri où on s’affaire à démêler ce qui a été mélangé et broyé dans le camion de la collecte.

Et on s’étonne de la contamination croisée des divers produits collectés…

À Montréal, les usines de tri appartiennent à la ville. Mais elles sont opérées par des entreprises privées qui jugent plus rentable de trier grossièrement le fruit de leur collecte et d’expédier le tout à l’autre bout du monde.

Et comme cela leur couterait plus cher de faire les choses correctement, nos villes ferment les yeux afin de confier la tâche au plus bas soumissionnaire.

En Europe, c’est simple.

Bacs de recyclage à Vienne

En quittant son domicile, le citoyen apporte les items à recycler — la bouteille de vin vide de la veille, le quotidien lu de ce matin, etc.— pour jeter cela dans l’un ou l’autre des gros bacs de recyclage spécialisés qui se trouvent dans le fond de la cour de son immeuble (à Helsinki) ou sur son chemin vers le travail (à Porto, à Vienne, et ailleurs).

Périodiquement, des camions font la tournée des gros bacs à papier pour amener leur contenu directement dans l’usine de recyclage du papier.

Le contenu des gros bacs à contenants de plastique est vidé dans d’autres camions pour être livré à l’usine de transformation du plastique.

Et ainsi de suite.

Fini le triage de ce qui n’aurait jamais dû être mélangé. Et bienvenue aux matières non contaminées recherchées par les usines de transformation.

En somme, on ferme les usines sales de triage et on livre directement la matière pure à l’usine spécialisée qui en a besoin.

Une nouvelle grappe industrielle

Partout sur la planète, on souhaite se doter de solutions durables à la gestion des rebuts.

Le Québec possède un solide réseau de chercheurs universitaires aptes à relever n’importe quel défi technologique.

De plus, une multitude de jeunes entrepreneurs sont déjà à l’œuvre à mettre au point des moyens capables d’augmenter nettement la pureté des matériaux obtenus à partir de la collecte des objets recyclables et d’élargir la gamme de ce qui peut être réutilisé.

D’autre part, incapables de s’approvisionner au Québec, nos industriels importent des tonnes de matériaux recyclables de bonne qualité afin de créer des produits de consommation recyclés.

Le recyclage véritable exige la mise en œuvre de moyens dignes d’un choix de société.

Ce qui veut dire la nationalisation de l’industrie du triage pour les mêmes raisons que le Québec a nationalisé l’hydroélectricité; parce que l’industrie était incapable de faire son job correctement.

De plus, il faut donner au ministère de l’Environnement les ressources humaines qui lui manquent pour réunir tous les intervenants de cette industrie afin de créer une véritable grappe industrielle destinée à exporter ses brevets et son expertise à l’ensemble du monde.

Bref, la cause environnementale ne doit pas être perçue simplement comme une menace à contrer, mais également comme une occasion d’enrichissement collectif.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bien-être animal et impérialisme culturel

26 janvier 2020

En Amérique du Nord, beaucoup d’agglomérations urbaines sont aux prises avec une population indésirable de chiens errants, de ratons laveurs ou d’ours qui tirent leur subsistance de nos déchets domestiques.

Chiots nordiques est un organisme sans but lucratif qui s’est donné pour mission de contrôler à la source la surpopulation canine des villages nordiques du Québec par le biais de la stérilisation des chiens et, si possible, de leur adoption par des familles d’accueil dans le sud du Québec.

Le 13 janvier dernier, le réseau TVA présentait un épisode de la téléréalité Refuge animal tourné à l’occasion d’une expédition de trois jours de Chiots nordiques à Obedjiwan, un village autochtone du Grand Nord québécois.

Le premier jour, on voit l’équipe éventrer le plancher d’un cabanon afin de débusquer une chienne sauvage qui venait depuis peu de mettre bas sous l’édifice abandonné.

Sur sa portée de six chiots, quatre étaient déjà morts de froid alors que deux autres étaient encore vivants. Sans intervention humaine, les deux chiots survivants seraient probablement morts de froid eux aussi.

Ce qui m’a choqué, c’est la violence exercée contre cette femelle dont le pelage était encore maculé de sang (en raison de l’accouchement) et qui ne demandait rien d’autre que de reprendre calmement ses forces dans sa tanière.

À la voir se débattre et essayer d’échapper à ses ravisseurs, il est évident que cette chienne était amenée de force à l’hôpital vétérinaire de fortune établi dans le village pour y être stérilisée avant de partir dans le sud (elle et ses deux chiots) pour y être adoptée.

Cette chienne sauvage ayant appris depuis sa naissance à craindre l’homme, on peut anticiper les problèmes comportementaux qui marqueront le reste de sa vie.

Le deuxième jour, on s’attardera au cas du chiot Nouki, fortement parasité par des vers intestinaux.

Son propriétaire ayant refusé de l’abandonner et de le faire stériliser, l’équipe se contentera de lui administrer un vermifuge et de lui prodiguer des soins mineurs.

Ce qui est une excellente initiative puisque les parasites intestinaux des animaux de compagnie peuvent être transférés aux Humains.

Le fil conducteur de cet épisode est la traque des chiens errants qui ont élu domicile au dépotoir municipal.

À leur dernière visite, Chiots nordiques avaient capturé tous les chiens qui y vivaient sauf un. Depuis, celui-ci s’est constitué une meute en s’associant à deux autres adultes, dont une femelle blessée.

Après avoir tenté en vain, depuis trois jours, de les attraper un peu partout dans le village, les bénévoles sont attristés de découvrir le mâle alpha mort de froid au dépotoir.

L’émission se termine en montrant les jeunes bénévoles en pleurs se jeter dans les bras les uns des autres, déçus de ne pas avoir réussi à ‘sauver’ l’animal à temps.

Plutôt que d’avoir laissé cette meute se réfugier au chaud dans sa tanière et réserver ses forces à la recherche de nourriture, les bénévoles de Chiots nordiques ont occasionné une dépense calorique des chiens en les pourchassant, ce qui a couté la vie à l’un d’eux.

Depuis des millénaires, c’est l’apport limité en nourriture et les dures conditions climatiques qui ont limité la croissance démographique des populations animales dans le Grand Nord québécois.

À cela, Chiots nordiques propose un contrôle canin qui s’appuie sur l’expertise de professionnels étrangers, c’est-à-dire sur des vétérinaires qui utilisent des instruments chirurgicaux et des techniques opératoires hors de portée de ces populations.

Si on offrait aux Inuits le choix d’habiter dans les grandes villes du Sud, l’immense majorité d’entre eux préfèreraient continuer à vivre au sein de leurs communautés.

Si les chiens sauvages pouvaient parler, ils choisiraient probablement la même chose.

Au-delà du soin des blessures, de l’élimination des vers intestinaux et des parasites cutanés, l’intervention de Chiots nordiques pour stériliser et faire adopter au loin les chiens des communautés autochtones équivaut rendre celles-ci dépendantes de nos technologies, et ce au nom de notre propre conception du bien-être animal.

Référence :
Refuge animal – émission du 13 janvier 2020

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’obsolescence de l’éclairage urbain

24 janvier 2020

À partir de 1667, du 1er novembre au 1er mars, les rues de Paris furent éclairées par des lanternes à chandelles.

Un siècle plus tard, les premiers réverbères à l’huile — inventés en 1744 par Bourgeois de Chateaublanc — remplacèrent les lanternes à chandelles.

On les appelait réverbères — du latin reverberare qui signifie ‘réfléchir des rayons’ — parce que leur intérieur était tapissé de miroirs réfléchissants destinés à diriger la lumière vers la chaussée.

C’est en 1813, sur le pont de Westminster de Londres, que furent installés les premiers réverbères au gaz. Comme leurs prédécesseurs, il fallait les allumer manuellement chaque soir.

À partir de 1816, on commença lentement à en installer à Paris.

Prenant de vitesse Paris et Londres, Bruxelles fut la première ville d’Europe réellement éclairée au gaz.

En 1879, indépendamment l’un de l’autre, Joseph Swan (en Angleterre) et Thomas Edison (aux États-Unis) inventèrent la première ampoule électrique.

Celle d’Edison possédait un filament en fil de coton traité chimiquement. Elle durait 45 heures et avait couté 45 000$ en recherche et développement.

En 1906, la première ampoule à filament de tungstène fut mise au point.

Pourquoi en tungstène ? Parce que ce métal est celui qui possède le plus haut point de fusion (3422°C)

En peu de temps, l’ampoule électrique vissée sous un disque de métal ondulé éclaira toutes les rues de la planète.

Son règne dura plusieurs décennies.

Nées simultanément au début des années 1930, les lampes au mercure et celles au sodium durent attendre la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour se généraliser.

En finançant la reconstruction de l’Europe (par le Plan Marshall), les États-Unis favorisèrent l’adoption de ces deux technologies américaines.

Ailleurs à travers le monde, on incita les villes à abandonner leurs lampadaires au tungstène en faisant valoir que ces vieilleries n’étaient pas très puissantes et que des rues mal éclairées favorisent la criminalité.

Afin de mieux protéger leurs citoyens, les villes adoptèrent l’éclairage urbain au mercure ou au sodium. Et ce d’autant plus facilement que ces lampes étaient beaucoup plus durables.

Dans les années 1960, les luminaires au mercure, avec leur intense lumière blanche, décoraient les nouveaux quartiers résidentiels de Montréal

Mais les fabricants des lampes au sodium soulignèrent bientôt les lampes au mercure représentaient une importante source de pollution.

À Montréal, on opta donc pour l’éclairage au sodium à partir des années 1990.

Arrivent les DEL une décennie plus tard.

Ceux-ci consomment beaucoup moins d’électricité. Cette économie fait en sorte qu’après huit ans, ces luminaires n’ont rien couté.

Les villes commencent donc à s’équiper de DEL à 4000°K, un peu moins dispendieuses que les DEL à 3000°K.

Alors que l’administration Coderre s’apprêtait à doter la ville de Montréal de 110 000 lampadaires au coût de 110 millions$, celle-ci changea d’idée à la suite d’une série de reportages à Radio-Canada au sujet de la dangerosité de la lumière bleue émise par les DEL.

On préféra alors payer un million$ de plus pour acheter des DEL à 3000°K (qui émettent un peu moins de lumière bleue).

Le déploiement de ces nouveaux lampadaires n’est pas encore terminé que déjà d’autres voix s’élèvent pour qu’on utilise plutôt des DEL à 1800°K, pauvres en lumière bleue.

Pendant ce temps, les fabricants s’activent à mettre au point des DEL incapables d’émettre la moindre lumière bleue.

Au lieu de créer de la lumière en mélangeant des diodes bleues et jaunes, on choisira deux autres couleurs complémentaires comme le magenta et le vert.

À coups d’améliorations technologiques successives (dont le rythme s’accélère), on incite les élus municipaux — sous la pression de l’opinion publique — à constamment renouveler leur mobilier urbain, annulant ainsi des économies qui ne devaient se matérialiser que si les luminaires étaient utilisés au-delà de huit ans.

Références :
Les inventions
Réverbère

Compléments de lecture :
L’éclairage urbain à DEL
Lumière bleue et dégénérescence maculaire

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| Politique municipale, Technologie, Urbanisme | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Huawei : les différences de détention au Canada et en Chine

22 janvier 2020

Depuis des mois, les journaux canadiens comparent la sévérité de la détention des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor en Chine à celle, beaucoup plus clémente, de Mme Meng Wanzhou au Canada. Cette dernière est simplement confinée à la prison dorée de sa luxueuse demeure en Colombie-Britannique.

On crie donc à l’injustice.

En réalité, les deux Canadiens en Chine sont traités comme le sont les prisonniers dans ce pays, alors que Mme Wanzhou n’est pas traitée comme n’importe quel prisonnier au Canada.

Mais est-ce la faute de la Chine ?

Dans un pays communiste, tous les prisonniers sont traités durement. Qu’ils soient en attente d’un jugement ou déjà condamnés.

Dans ces pays, la prison est considérée comme une punition; on s’assure que les condamnés n’aient pas le gout de recommencer.

Quant aux simples accusés ultérieurement déclarés non coupables, ce sont des victimes collatérales du système judiciaire de tout pays totalitaire. Que ses dirigeants soient d’extrême droite (comme l’Arabie saoudite) ou d’extrême gauche (comme la Chine).

Quel est le sort des prisonniers en attente d’un jugement ?

Au Canada (mais probablement pas en Chine), les accusés sont habituellement relâchés sous caution en attente de leur procès. À moins qu’on estime que leur remise en liberté comporte un risque pour la société.

Car la prison est vue comme un moyen de protéger la société canadienne. Et c’est par le moyen des libérations conditionnelles qu’on récompense les prisonniers qui expriment leur repentir.

Quant aux condamnations au pays, elles varient selon le statut social du condamné. Cela découle du pouvoir discrétionnaire de la poursuite.

Dans les négociations secrètes entre la défense et la poursuite qui précèdent toute condamnation, lorsque l’avocat de la défense est en mesure d’établir que l’accusé est tellement riche qu’il a les moyens de faire trainer sa cause pendant des années, la poursuite finira par accepter de réclamer elle aussi la clémence du tribunal.

C’est ainsi qu’Anita Obodzinski, après avoir ruiné une personne âgée et l’avoir fait enfermer dans un hospice sécurisé, a été condamnée à purger sa peine à son luxueux domicile.

De la même manière, Pierre Duhaime, PDG de SNC-Lavalin, a été condamné à vingt mois d’emprisonnement avec sursis, une peine qu’il purgera à son domicile. Et ce pour sa contribution à la plus importante fraude de l’histoire du Canada.

Parmi les milliers de condamnés à des peines d’emprisonnement au Canada, seules les personnes riches purgeront leur peine à domicile. Jamais un assisté social n’est condamné à purger sa peine dans son HLM.

Le cas de Mme Wanzhou est donc typique du traitement que le système judiciaire canadien réserve aux personnes fortunées.

Strictement parlant, le statut de la dirigeante chinoise est celui d’une accusée à qui on a refusé la simple remise en liberté et qui a le privilège d’être incarcérée chez elle.

Afin de susciter le ressentiment des Canadiens contre la Chine, on se plait à mettre en évidence le caractère ‘injuste’ des conditions de détention de la dirigeante chinoise (comparées à celles des détenus en Chine).

En réalité, la propagande canadienne ne fait que souligner que le Canada a deux justices; l’une pour les riches et l’autre pour les pauvres.

Références :
La loi ou la force
Le DPCP et l’esprit de caste
Les tribunaux et la vieille au déambulateur

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| Justice, Politique canadienne, Politique internationale | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Ordinateur et douanes

20 janvier 2020

Introduction

Les douaniers américains ont le droit de demander les mots de passe de tous les appareils mobiles (téléphones, tablettes et ordinateurs) avec lesquels on veut entrer aux États-Unis.

Depuis deux ans, leurs collègues canadiens ont procédé à la fouille de vingt-six-mille appareils mobiles.

Si les données qui s’y trouvent sont cryptées, ils ont même le droit d’exiger qu’on leur fournisse des clés de cryptage.

Voilà pourquoi il est imprudent de traverser les frontières avec un ordinateur sur lequel se trouvent des données sensibles, notamment des secrets commerciaux ou industriels.

Pour un voyageur ordinaire comme vous et moi, il est improbable que les douaniers américains s’acharnent à essayer de trouver ce qu’on pourrait leur cacher. Mais sait-on jamais…

Une protection simple

Voici la protection que j’ai utilisée lors d’un voyage récent en Californie.

À titre d’administrateur, ouvrez les Préférences Système…. Sur un Macintosh, c’est en haut, à gauche, sous le menu ‘Pomme’.


 
Cliquez sur Utilisateurs et groupes.


 
Cliquez d’abord sur le cadenas situé dans le coin inférieur gauche. Les Options que j’utilise sont celles ci-dessus. Puis cliquez sur le ‘+’ sous les Options afin d’ajouter un nouvel utilisateur.


 
J’ai attribué à ce nouvel utilisateur mon nom suivi du chiffre 2.

Comme mot de passe, j’ai choisi ‘IloveAmerica2’ (ce qui veut dire ‘J’aime les États-Unis moi aussi’. C’est très lèche-botte, mais son ironie ne devrait pas traverser l’esprit de tout agent de la paix le moindrement patriotique.

Une fois cela fait, verrouillez le cadenas et quittez les Préférences Système.


 
Dorénavant, lorsqu’on allume son ordinateur, on est accueilli par un écran semblable à celui ci-dessus.

Et une fois passé l’écran d’accueil, le douanier aurait vu le premier des écrans ci-dessous, plutôt que le deuxième.
 


 
On prendra soin de laisser les coordonnées de personnes sans importance dans votre liste de contacts, s’abonner aux pages Facebook de quelques vedettes populaires, et de laisser dans l’historique de votre navigation sur l’internet quelques sites pornos pour faire plus vrai (même si, comme moi, vous ne faites jamais cela).

Et si le douanier vous interroge sur les sites que vous visitez, mentez en vous frottant un œil et en baissant les yeux. Ce langage corporel incriminant fera passer tout le reste comme vrai puisque le douanier saura ce dont vous avez l’air quand vous ne dites pas la vérité.

La vérité ‘douanière’ de mon ordinateur

Oui, mais que serait-il arrivé si le douanier avait exigé que j’ouvre mon ordinateur sous l’autre nom d’utilisateur ?

Il est imprudent de tenir tête à un douanier américain armé.

Voici donc la vérité ‘douanière’ de mon ordinateur. Cette vérité est l’équivalent des faits alternatifs de Donald Trump.

Cet ordinateur n’est utilisé qu’à l’occasion de mes voyages à l’étranger (ce qui est vraiment vrai). Après des mois sans l’utiliser, j’ai oublié mon mot de passe. Cela arrive.

Mais grâce à Dieu — invoquer Dieu est très judicieux en toute circonstance aux États-Unis — grâce à Dieu dis-je, j’avais créé un deuxième profil pour mon frère lorsque celui-ci m’avait emprunté mon ordinateur quand le sien avait fait défaut.

Après avoir réalisé que j’avais oublié le mot de passe de mon profil, j’ai simplement renommé le profil de mon frère et continué à utiliser mon ordinateur de cette manière.

Conclusion

Si un douanier perspicace voulait vraiment inspecter le contenu de mon ordinateur, il devrait l’ouvrir et extraire son disque dur afin de le lire comme périphérique externe d’un autre Macintosh.

En temps normal, un douanier occupé ne devrait pas se donner cette peine.

Donc, à moins de vous soumettre à un détecteur de mensonges, cette vérité douanière devrait vous permettre de traverser les frontières sans soucis.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pipeline et pouvoirs fédéraux : une victoire pour les Indépendantistes du Québec

17 janvier 2020

Introduction

Dans une décision unanime, la Cour suprême a statué hier que les provinces n’ont aucun pouvoir qui leur permettrait d’empêcher le passage d’un pipeline sur leur territoire.

Ce jugement fait suite à la décision, tout aussi unanime, de la Cour d’appel de Colombie-Britannique rendu en mai 2019.

En juin 2018, j’écrivais sur ce blogue :

Selon la Canadian Constitution de 1982, les gouvernements provinciaux sont les intendants régionaux du gouvernement central canadien.

Ottawa possède les pouvoirs économiques les plus importants tandis que les provinces assurent des services de proximité (santé, éducation, réseau routier provincial, etc.).

Par le biais de leurs représentants provinciaux aux discussions constitutionnelles de 1982, les citoyens de la Colombie-Britannique ont consenti à cette concentration inouïe de pouvoirs à Ottawa.

Voilà que maintenant cela se retourne contre eux.

Le transport interprovincial de marchandise (dont celui du pétrole) est un domaine de compétence exclusif du gouvernement canadien.

Ce dernier possède donc tous les pouvoirs constitutionnels qui lui sont nécessaires pour imposer le passage de Trans-Mountain en Colombie-Britannique.

Dix-huit mois plus tard, c’est ce que dit la Cour suprême.

Conséquences au Québec

Avec l’effondrement du prix des hydrocarbures, le projet de construire un pipeline de 4 600 km traversant le Québec (appelé Énergie Est) a cessé d’être rentable.

C’est également ce qui explique qu’à l’autre bout du pays, Kinder Morgan — l’ancien propriétaire du pipeline Trans-Mountain — ait refusé d’en augmenter la capacité.

Le fédéral s’en est porté acquéreur, non pas parce que cela était payant, mais parce que c’est la seule solution pour désenclaver le pétrole albertain.

Pour le fédéral, acheter un pipeline ou construire une autoroute n’a pas besoin d’être rentable; les retombées économiques de l’un ou de l’autre suffisent à justifier l’investissement public.

On a donc tort de croire que le Québec est l’abri du passage d’un pipeline sur son territoire. L’achat de Trans-Mountain et son agrandissement par le fédéral ne font que retarder l’urgence de construire un pipeline au Québec.

Toutefois, vers 2030, l’augmentation prévue de la production pétrolière canadienne dépassera les capacités combinées des pipelines Trans-Mountain et Keystone.

Dans les années qui précèderont cette date fatidique, il faudra envisager la construction d’un troisième pipeline afin d’éviter la saturation du réseau.

Après un pipeline vers l’Ouest débouchant sur l’océan Pacifique (Trans-Mountain), après un pipeline vers les États-Unis (Keystone), on complètera le dispositif par l’ajout d’un troisième pipeline vers l’Est, jusqu’à l’océan Atlantique.

En clair, on ressuscita le projet Énergie Est, possiblement sous un autre nom.

Puisque le gouvernement canadien a eu l’audace de faire adopter une nouvelle constitution sans le Québec en 1982, il faut être naïf pour croire que l’opposition du gouvernement québécois empêchera Ottawa de nous passer ce pipeline sur le corps comme il le fait déjà sur celui de nos amis à l’autre bout du pays.

Pendant des années, le Parti Québécois a prétendu que le Québec aurait le pouvoir de bloquer tout projet semblable. La décision contraire de la Cour suprême révèle que ce n’est pas au PQ qu’on peut avoir l’heure juste quant aux pouvoirs réels du Québec au sein de la fédération canadienne.

Tout comme le NPD en Colombie-Britannique, la stratégie électorale du PQ était de bluffer à ce sujet puis, s’il avait été porté au pouvoir, de consacrer des fonds publics en s’opposant vainement au fédéral pour finalement faire semblant d’être surpris face à l’issue prévisible de l’affaire devant les tribunaux.

À l’opposé du provincialisme de pacotille du PQ, Manon Massé affirmait, au débat des chefs de 2018, que si jamais le prix du pétrole rendait rentable la construction d’un pipeline traversant le Québec, seule l’indépendance permettrait d’empêcher un tel projet.

La cheffe de Québec Solidaire avait parfaitement raison. À preuve : si le Québec était déjà indépendant, le Canada n’aurait pas d’autre choix que de contourner le Québec par les États-Unis ou d’exporter son pétrole vers l’Europe par la baie d’Hudson.

De plus, nous n’aurions pas alors à payer notre part (un milliard$) du cout d’acquisition de Trans-Mountain et des sommes nécessaires à son amélioration.

Du point de vue environnemental, le choix entre le fédéralisme et l’indépendantisme se résume entre le financement obligatoire (par nos impôts) du Nation Building de l’État pétrolier canadien ou la création d’un pays moderne, respectueux de l’environnement et conforme à ce que nous aspirons à être.

En somme, la décision de la Cour suprême est une victoire pour les Indépendantistes du Québec; elle leur donne un argument irréfutable en faveur de l’indépendance.

Toutefois, il faut savoir qu’une fois construit, il sera impossible au Québec, même indépendant, de fermer ce pipeline puisque ce serait alors un casus belli.

Pour l’instant, la stratégie fédérale sera probablement d’endormir les Québécois jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour nous de réagir de manière efficace (c’est-à-dire en faisant l’indépendance).

Sur le même sujet :
La sainte citation
Le débat des chefs du 13 septembre 2018
Le gouvernement Couillard accorde le droit d’expropriation aux pétrolières
Le PQ et Énergie-Est
Le test indépendantiste du Parti Québécois
Pétrole et élections : un rendez-vous manqué avec le destin
Québec Solidaire est là pour rester
Trans-Mountain vs Énergie-Est

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 — 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 160 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La naissance d’un flocon de neige

16 janvier 2020


 
Au Québec, le mois de février est à la fois le plus froid et le plus ensoleillé.

De manière générale, les jours d’hiver où il neige sont plus doux que les jours ensoleillés.

Pourquoi en est-il ainsi ?

C’est que la cristallisation de la vapeur d’eau en glace est une réaction exothermique, c’est-à-dire qu’elle produit de la chaleur.

Tout comme nos congélateurs dégagent de la chaleur.

Pourquoi les flocons de neige ne fondent-ils pas aussitôt en gouttelettes d’eau sous l’effet de la chaleur qu’ils dégagent au moment de leur formation ?

Pour deux raisons.

Premièrement, c’est que leur température demeure sous le point de congélation même s’ils sont plus chauds (c’est-à-dire moins froids) que l’air ambiant.

Deuxièmement, c’est qu’ils dissipent aussitôt cette chaleur le long des bras qu’ils étirent au cours de leur cristallisation. En d’autres mots, leurs bras sont des antennes de dissipation de la chaleur.

La formation des centaines de milliards de flocons au cours d’une tempête de neige est responsable de l’adoucissement de la température à ce moment-là.

Tout comme le miroir et les murs d’une salle de bain se couvrent de buée lors d’une douche, la vapeur d’eau des nuages se dépose à la surface des grains de poussière froids en suspension dans l’air. C’est alors que s’amorce la formation d’un flocon de neige.

Au départ, l’embryon du flocon (appelé germe) est une minuscule bille de glace autour du grain de poussière.

Par adsorption d’eau — qui passe directement de la phase gazeuse à la phase solide — la taille de cet embryon grossit jusqu’au moment où sa morphologie n’est plus la forme la plus efficace pour dissiper la chaleur. C’est alors que six bras surgissent dans six directions différentes, toutes dans un même plan.

Pourquoi six bras ?

C’est qu’en se solidifiant sous forme d’un bloc de glace, les molécules d’eau adoptent une disposition hexagonale. La symétrie des flocons est le reflet de la structure de la matière qui les compose.

Mais pourquoi le flocon est-il plat ?

C’est qu’à plat, les aiguilles ont un meilleur accès à l’air froid. Si les bras poussaient dans toutes les directions, elles se nuiraient mutuellement.

Au-delà d’une certaine taille, les bras du flocon donnent naissance à une nouvelle étoile dont seulement trois des six embranchements auront la possibilité de croitre.

Le bras au bout duquel pousse cette étoile est implicitement son quatrième embranchement. Quant aux deux embranchements qui manquent, leur atrophie vient du fait qu’en pointant vers l’intérieur du flocon, ils n’ont pas accès à de l’air qui est suffisamment froid (en raison de la chaleur dégagée).

À leur tour, les embranchements donneront naissance à d’autres étoiles à trois embranchements jusqu’à épuisement de l’air froid qui est nécessaire à leur refroidissement.

En somme, quand l’air ambiant s’est suffisamment adouci, les flocons cessent de croitre.

Lorsque les flocons naissent à des températures très froides, ils poussent très rapidement et se caractérisent par les fines aiguilles richement ramifiées.

À l’opposé, par temps moins froid, les flocons croissent plus lentement et adoptent une morphologie plus grasse.

Référence : L’architecture des flocons de neige

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’industrie langagière au Québec

15 janvier 2020

En 2012, Price Waterhouse évaluait à 33 milliards$ le marché mondial de la traduction. Un marché dont le Canada représente le dixième et dont Montréal est une des capitales mondiales.

De nos jours, seulement au Québec, on estime ce marché à 2,5 milliards$. Il emploie six-mille traducteurs, dont le tiers est membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés.

C’est sur cette industrie que s’appuient la postsynchronisation des films américains et la traduction en français des succès de librairie étrangers.

De la même manière, l’obligation imposée aux entreprises cotées en bourse d’offrir leurs prospectus en français crée de l’emploi pour les traducteurs du Québec

Mais la traduction se fait aussi dans le sens inverse. Le rayonnement culturel du Québec hors de la francophonie serait impossible sans la traduction de nos films, romans et manuels scolaires.

L’usage de l’anglais n’étant pas aussi universel qu’on le présume souvent, la traduction des manuels de l’utilisateur dans d’autres langues favorise l’exportation de produits de consommation fabriqués ici.

Le Québec influence même les législateurs étrangers en offrant une traduction de son Code civil en espagnol et en mandarin. À sa manière, le Québec contribue ainsi à la promotion de la démocratie et de l’État de droit dans un grand nombre de pays.

Ce rayonnement culturel et économique est facilité par la présence chez nous de néoQuébécois polyglottes.

L’activité des traducteurs étant indissociable de celui des terminologues et des correcteurs, cette symbiose explique le succès d’éditeurs de logiciels comme Druide Informatique, dont le correcteur d’épreuve Antidote est le meilleur au monde.

De la même manière, la reconnaissance vocale et l’analyse du langage sont les mamelles de l’intelligence artificielle. C’est qui explique les investissements massifs consentis chez nous dans ce domaine et qui ont fait de Montréal et de la ville de Québec des pôles majeurs de l’intelligence artificielle.

Référence : Montréal : capitale de la traduction

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les déserts aquatiques

13 janvier 2020


 
L’activité humaine a profondément modifié le paysage québécois.

Contrairement aux provinces de l’Ouest — où les conditions climatiques favorisent la prairie — c’est la forêt de feuillus qui devrait normalement dominer l’écosystème de la vallée du Saint-Laurent en raison de la plus grande pluviosité qui y prévaut.

C’est cela qu’observaient les explorateurs européens aux XVIe et XVIIe siècles.

Par leurs racines, les arbres entrainaient l’eau de pluie excédentaire vers les nappes phréatiques.

Rendue possible par la déforestation, l’agriculture a entrainé le compactage des couches superficielles du sol sous le poids de la machinerie lourde.

Ce qui nuit au drainage des terres agricoles.

Conséquemment, de nos jours, l’érosion des sols par l’eau de pluie entraine des nutriments vers nos cours d’eau.

Pour compenser, on exige des agriculteurs qu’ils laissent une bande riveraine destinée à stabiliser les berges et arrêter l’écoulement des engrais chimiques et des sédiments. Une exigence qui n’est pas toujours respectée.

Ces nutriments favorisent la prolifération d’algues dans nos lacs et rivières.

En plus de bloquer la lumière nécessaire aux plantes aquatiques, les algues consomment l’oxygène qui s’y trouve. Une fois mortes, leur décomposition bactérienne suffit parfois à achever de rendre des étendues d’eau impropres à la vie aquatique.

Le rejet des eaux usées et l’agriculture intensive provoquent un recul marqué de l’oxygène dans les régions côtières du monde.

Au Québec, à proximité de la zone de reproduction des bélougas du Saint-Laurent, une hypoxie inquiétante affecte 1 300 km² de fonds marins.

En haute mer, les océans retiennent moins facilement l’oxygène qu’ils contiennent en raison du réchauffement climatique.

Conséquemment, on voit apparaitre et s’étendre des zones mortes.

La taille des zones totalement dépourvues d’oxygène a été multipliée par quatre depuis 1950. La superficie des zones où l’oxygène est présent, mais à des concentrations incapables d’y soutenir la biodiversité (moins de deux milligrammes d’O² par litre), a été multiplié par dix.

Au total, les déserts marins occupent plus de 4,5 millions de km².

On les trouve dans tous les océans, mais surtout dans l’océan Pacifique (au niveau de l’équateur) et tout le nord de l’océan Indien.

Les océans sont le garde-manger de 500 millions de personnes en plus d’employer 350 millions de travailleurs en mer et dans des usines de transformation.

Références :
Declining oxygen in the global ocean and coastal waters
Les zones mortes prennent de l’ampleur dans les océans
Oceans suffocating as huge dead zones quadruple since 1950, scientists warn

Paru depuis :
Un million d’oiseaux de mer morts de faim à cause de l’eau plus chaude (2020-01-15)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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