Le mirage de la déclaration unique de revenus

30 novembre 2019

À l’heure actuelle, les contribuables québécois doivent remplir deux déclarations de revenus, l’une à Ottawa, l’autre à Québec.

Le 15 mai 2018, l’Assemblée nationale du Québec adoptait unanimement une résolution péquiste demandant à Ottawa de mettre en place une déclaration unique pour tous les contribuables québécois, gérée par Revenu Québec.

Les partisans de cette mesure font valoir qu’elle permettrait d’économiser des millions de dollars en plus de simplifier la tâche des contribuables.

À l’opposé, Ottawa répond que le gouvernement fédéral est mieux en mesure de lutter contre les paradis fiscaux puisqu’une province n’a pas accès aux renseignements financiers provenant de l’Étranger.

En réalité, tout ceci est un dialogue de sourds parce que les véritables raisons sont ailleurs.

Imaginez que le gouvernement chinois propose de s’occuper gratuitement de percevoir l’impôt des contribuables américains et de faire parvenir les sommes amassées à Washington.

Évidemment, les relations entre Ottawa et Québec ne sont pas de même nature que celles, beaucoup plus conflictuelles, entre Washington et Beijing.

En réalité, toutes les comparaisons sont boiteuses. Mais elles contiennent toutes une part de vérité.

Après un vote favorable à l’indépendance du Québec, imaginez qu’un gouvernement sécessionniste à Québec décide de retarder le versement de l’impôt dû à Ottawa afin de faire pression sur lui…

Le droit de prélever des taxes et impôts est un pouvoir régalien dont aucun État ne peut se départir sans compromettre sa souveraineté.

Voilà pourquoi jamais — et j’ai bien dit jamais — le fédéral ne consentira à laisser Québec percevoir l’impôt pour lui.

Références :
La déclaration de revenus unique faciliterait l’évasion fiscale, selon Ottawa
Vote unanime à Québec en faveur d’une déclaration d’impôt unique

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Manitoba : droits fondamentaux et laïcité

29 novembre 2019
Monument à sir John-A. Macdonald

La dépossession territoriale des Métis au Manitoba

Tôt après la naissance du Manitoba, sa population — composée essentiellement de Métis — a été dépossédée de ses terres, confiées aussitôt par Ottawa à des colons européens.

Les Métis s’appelaient ainsi parce qu’ils étaient nés du métissage entre les Autochtones nomades qui y vivaient et des explorateurs venus de Nouvelle-France.

La révolte contre cette dépossession, dirigée par Louis Riel, fut écrasée dans le sang.

Le Manitoba, site des premières réserves indiennes

On enferma les survivants dans des ‘réserves’ qui, beaucoup plus tard, servirent de modèle à la création de l’apartheid en Afrique du Sud.

À une époque où les moyens de subsistance étaient limités à la chasse, à la pêche et à l’agriculture, confiner une population à un territoire restreint, c’était une manière de limiter sa croissance démographique.

En effet, toute explosion démographique ne pouvait entrainer que la famine et la mort.

En 2013, le professeur James Daschuk de l’Université du Manitoba publiait la thèse universitaire intitulée ‘La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone’.

Cette publication de 366 pages est un accablant réquisitoire qui accuse le père de la Confédération canadienne, John-A. Macdonald, d’avoir voulu exterminer par la famine les Amérindiens des Prairies et notamment, ceux du Manitoba.

Les provinces de l’Ouest, sites des premiers pensionnats autochtones

C’est dans l’Ouest canadien, en 1883, que le gouvernement fédéral établit les trois premiers pensionnats autochtones qui servirent de modèles à l’ensemble du pays.

Au cours des années qui suivirent, le système connut une croissance considérable.

Les derniers pensionnats financés par le gouvernement fédéral disparurent à la fin des années 1990.

Leur but était d’assimiler de force les Autochtones. La police venait littéralement arracher les enfants des bras de leurs mères.

On interdisait aux pensionnaires de parler autre chose que l’anglais. On séparait les membres d’une même famille en différents pensionnats pour qu’ils n’aient plus rien sur lequel s’accrocher.

Puis, à la fin de leurs études, on les renvoyait dans leurs communautés alors que tout ce qu’on leur avait enseigné (religion, lecture, écriture) n’avait aucun rapport avec la lutte pour leur survie.

Loin de leur famille et de leur communauté, sept générations d’enfants autochtones ont été privés de leur identité à la suite d’efforts systématiques et concertés visant à anéantir leur culture, leur langue et leur esprit.

Plus de 150 000 enfants autochtones ont été placés dans ces pensionnats. On estime qu’environ six-mille d’entre eux y sont morts de maltraitance, de maladie ou par suicide.

En décembre 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada remettait son rapport dévastateur à ce sujet.

Ce génocide culturel s’est pratiqué partout au pays, mais a été particulièrement efficace au Manitoba.

Le résultat des politiques génocidaires au Manitoba

De nos jours, les Autochtones y forment un sous-prolétariat dont la misère sociale s’exprime par leur surreprésentation dans les prisons de cette province à la suite d’accusations de vagabondage, si ce n’est d’avoir commis des méfaits mineurs.

Selon des rapports internes du ministère des Affaires indiennes, de tous les Autochtones du pays, ceux du Manitoba sont les plus à risque de grandir dans la pauvreté, d’abandonner l’école, de dépendre de l’aide sociale, de vivre dans des logements délabrés et d’être victimes de violence familiale.

Dans cette province, 62 % des enfants Autochtones vivent sous le seuil de pauvreté alors que cette proportion est de 25 % dans l’ensemble des enfants Autochtones du pays.

Si les pensionnats autochtones ont y disparu dans les années 1990, les services sociaux de la province utilisent encore tous les prétextes pour confier des enfants Autochtones à des familles d’accueil hors des réserves indiennes. Ce qui a le même effet.

Parmi les Autochtones du pays, ceux du Manitoba détiennent le plus bas taux de diplomation du secondaire.

Le taux de bénéficiaires de l’aide sociale y est également le plus élevé au pays; dans certaines communautés, 80 % de la population autochtone en dépend.

La croisade du Manitoba contre la loi 21

2019-11-29-21-raisonsDepuis plusieurs semaines, le premier ministre du Manitoba critique publiquement la loi 21 du Québec qui interdit le port de signes religieux aux fonctionnaires en position d’autorité et aux enseignants.

À mon avis, le port de signes religieux ne devrait être interdit qu’aux détenteurs des pouvoirs répressifs de l’État : policiers, soldats, gardiens de prison et juges.

Même si je trouve la loi 21 excessive, elle n’est pas déraisonnable puisqu’elle est semblable à celles adoptées par de nombreux pays démocratiques. Notamment en Europe, où les lois à ce sujet ont été validées par les plus hautes instances constitutionnelles.

La loi 21 respecte les droits de la personne. Elle permet la pratique de n’importe quelle religion. Elle n’interdit que l’expression de l’appartenance confessionnelle à certains employés de l’État.

Bref, la chicane au sujet de la loi 21 est une querelle de chiffon et de breloques.

Malheureusement, le droit de porter ces artifices de religiosité a été érigé au rang de droit constitutionnel au Canada en 1982.

Normalement, lorsqu’une constitution est bien écrite, les droits constitutionnels sont synonymes de droits fondamentaux.

Ce n’est pas le cas au Canada; de simples croyances, retrouvées dans aucun texte sacré — par exemple, le port du niqab et de la burka — ont été promues au rang de droits constitutionnels, au même titre que le droit à la vie.

En somme, la loi 21 viole des caprices constitutionnels et non des droits fondamentaux.

Pour l’élite politique et médiatique du Canada anglais, tout défi lancé contre l’ordre constitutionnel canadien est une menace à l’existence même du pays.

D’une certaine mesure, ils ont raison. Malheureusement pour eux, les assises juridiques du Canada reposent sur une constitution illégitime qui, sous certains aspects, a très mal vieilli.

Une bonne partie des angloCanadiens partagent déjà l’avis des francoQuébécois au sujet de l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires.

D’où l’urgence de lutter contre une contamination (québécoise) jugée séditieuse aux yeux de ceux qui se donnent la mission sacrée de défendre l’ordre établi, au premier rang duquel l’ordre constitutionnel canadian.

Conclusion

Comme la verrue qu’on finit, avec le temps, par ne plus voir au bout de son nez, le premier ministre du Manitoba semble avoir oublié le triste bilan de sa province au chapitre du respect des droits fondamentaux des 175 000 personnes qui composent sa population autochtone.

Références :
Aboriginal nutritional experiments had Ottawa’s approval
À quand le limogeage de John A. Macdonald?
John A. Macdonald
La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone
Le Manitoba achète des publicités au Québec contre la loi 21
Les autochtones du Manitoba vivent dans les maisons les plus délabrées au pays
Les Premières Nations du Manitoba ont les pires conditions de vie du Canada
Les Premières Nations du Manitoba ont les pires conditions de vie du Canada
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Relations Québec-Manitoba: le PQ rappelle la pendaison de Louis Riel

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Immigration : expulsions et droits de la personne

28 novembre 2019

C’est hier soir que les cinq membres de la famille Batalla-Charris ont été expulsés vers l’Espagne par ordre d’Ottawa.

Cette famille a été accueillie à titre de réfugiés colombiens, après avoir séjourné huit ans en Espagne. Les parents avaient deux enfants à leur arrivée au Canada. Depuis, un troisième est né au Québec.

Les autorités fédérales ont estimé que les membres de cette famille ne pouvaient invoquer le danger qu’ils courent dans leur pays d’origine puisqu’ils avaient refait leur vie en Espagne.

C’est donc vers ce pays qu’ils ont été expulsés.

On peut se demander pourquoi cela prend cinq ans pour en arriver à une décision aussi évidente.

À sa face même, des gens qui vivent depuis huit ans en Espagne — qui ont probablement la citoyenneté de ce pays — ne peuvent prétendre être encore en danger en Colombie alors qu’ils n’y vivent plus depuis des années.

Normalement leur demande aurait dû être rejetée immédiatement.

Mais à Ottawa, une âme bienveillante a décidé de les accueillir à titre de réfugiés, en attente d’une décision. Une décision longuement évaluée par des commissaires fédéraux payés de l’heure et rendue par un tribunal administratif où des avocats se sont graissé la patte.

Bref, tout cela aura pris cinq ans et probablement couté une petite fortune aux contribuables canadiens.

Entretemps, cette famille s’était établie à Sherbrooke. Toute la famille parlait français et les parents occupaient un emploi dans cette ville. Ils payaient des taxes et des impôts, en plus de contribuer à l’activité économique de la ville en tant que consommateurs.

Or partout au Québec, on manque de main-d’œuvre. Qui est gagnant dans cette décision de corriger maintenant une erreur commise il y a cinq ans ?

En d’autres mots, y a-t-il encore quelqu’un qui a du jugement à Ottawa et qui est capable de se demander s’il est raisonnable de jeter des gens à la rue en raison de l’incurie administrative du ministère fédéral de l’Immigration ?

Représentante de Sherbrooke à l’Assemblée nationale du Québec, la députée Christine Labrie (de Québec Solidaire) s’est dite déçue que le ministre québécois de l’Immigration ne se soit pas empressé de délivrer aux parents un certificat de sélection à titre de travailleurs qualifiés. Ce qui, selon elle, les aurait rendus aptes à demeurer au pays à ce titre (et non en tant que réfugiés).

Rappelons qu’en décembre 2017, les huit membres de la famille Lawrence (établie à Montréal et décrite comme un modèle d’intégration) avaient alors été expulsés du pays en dépit du fait que le ministre québécois de l’Immigration de l’époque leur avait délivré d’urgence un certificat de sélection.

Ottawa avait été impitoyable. Si bien que ces gens avaient, eux aussi, quitté le pays.

En matière migratoire, il serait peut-être temps de faire en sorte que tout dossier qui traine à Ottawa depuis plus de deux ans est automatiquement accepté. Quitte à prévoir des exceptions dans des cas d’une extrême complexité.

Et même deux ans, je me demande si cela n’est pas encore trop. Certainement, cela serait un pas dans la bonne direction.

Références :
À quelques heures de leur expulsion, la famille Batalla-Charris garde toujours espoir
Élan de solidarité contre l’expulsion d’une famille colombienne installée à Sherbrooke
La famille Lawrence expulsée du Canada
Les Batalla-Charris expulsés en Espagne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Bruant familier

27 novembre 2019
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Adulte, le Bruant familier (nom latin : Spizella passerina) mesure de 13 à 15 cm.

C’est un oiseau à calotte rousse, à sourcil blanc, dont l’oeil est traversé de noir, et dont la gorge, la nuque, la poitrine et le ventre sont gris pâle. Le dos brun est rayé.

L’été, les joues sont plus pâles que sur la photo.

Il habite les boisés de feuillus ou de conifères, de même que les champs, les vergers, les jardins et les parcs d’une bonne partie de l’Amérique du Nord.

Après la ponte, généralement de quatre œufs, la femelle les couve pendant 11 à 14 jours. Les oisillons prennent leur premier envol deux semaines seulement après leur éclosion.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/2000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le marécage de la langue de service

26 novembre 2019

Les trois principales cibles d’une politique linguistique sont la langue de travail, l’immigration et la langue de l’enseignement.

Le reste est beaucoup moins important.

Après une tentative maladroite de réformer la politique migratoire du Québec — un échec à la suite duquel le ministre a eu la noblesse de s’excuser — on apprend que Simon Jolin-Barrette entend réformer la politique de l’État au sujet de la langue de service.

Pour illustrer l’incohérence de l’État québécois à ce sujet, mentionnons que les gouvernements libéraux ont permis à ceux qui veulent obtenir leur permis de conduire de passer les examens théoriques dans n’importe quelle des langues suivantes : français, anglais, espagnol, mandarin et arabe. Et ce, en plus d’offrir des interprètes dans 32 langues.

Bref, tout pour éviter aux néoQuébécois la nécessité d’apprendre le français.

Digression : Dans son zèle à se soumettre béatement à la Canadian Constitution, l’ancien premier ministre libéral voulait même qu’on permette aux femmes qui portent la burka de passer l’examen pratique de conduite automobile, mettant en danger la sécurité des examinateurs. Fin de la digression.

En vertu de la Loi 101, l’État québécois doit communiquer exclusivement en français avec tout néoQuébécois, même s’il a été sélectionné par le gouvernement fédéral.

À cette fin, un code de langue apparait au dossier de chaque citoyen du Québec. Ce code permet de déterminer la langue dans laquelle sa correspondance doit lui être transmise. Dans le cas des néoQuébécois, ce code devrait être ‘français’ par défaut et être immuable. Ce n’est pas le cas.

À la page 29 de son rapport de septembre 2019, le Conseil supérieur de la langue française révélait que ce code était modifié sur demande sous les gouvernements libéraux.

Si bien que 41 organismes relevant du gouvernement du Québec (dont certains ministères) permettent aux néoQuébécois qui ne parlent pas français à leur arrivée de communiquer en anglais avec ces organismes durant toute leur vie.

Le gouvernement caquiste entend corriger cette anomalie.

L’intention du gouvernement actuel est de faire en sorte que l’État québécois ne communique en anglais qu’avec la communauté anglophone, tel qu’exigé par la Loi 101.

Le mardi 12 novembre dernier, le député libéral Gregory Kelly a demandé au ministre sa définition de la communauté anglophone et comment il allait reconnaitre ceux qui en font partie.

Plus précisément, le député a posé la question suivante : « Est-ce que ma mère, née à Toronto, a besoin d’une carte d’identification, d’un NIP pour parler en anglais avec quelqu’un de Services Québec

La réponse à cette question est simple.

Les Québécois francophones n’ont pas le droit constitutionnel d’être servis en français lorsqu’ils communiquent avec les gouvernements des provinces anglophones du pays.

De manière analogue, le gouvernement québécois n’a pas d’obligation constitutionnelle de répondre en anglais à la mère ontarienne du député libéral Gregory Kelley.

Mais si cette dernière déménage au Québec (et paie donc ses impôts dans notre province), elle aura parfaitement le droit, tout comme son fils, d’être servie en anglais. En effet, la Canadian Constitution ne fait pas de distinction entre la minorité anglophone ‘historique’ et celle qui ne le serait pas.

Ça, c’est en théorie. Concrètement, les choses sont beaucoup plus compliquées.

Selon la jurisprudence au sujet des écoles passerelles, la constitution du pays proclame le droit de tout citoyen de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

En d’autres mots, du strict point de vue constitutionnel, toute personne qui aspire à être membre de la communauté anglophone doit être considérée comme en faisant partie et, conséquemment, possède le droit de recevoir des services en anglais.

Depuis maintenant neuf ans, je soutiens sur ce blogue la thèse selon laquelle la Canadian Constitution prescrit la lente extinction du peuple francoQuébécois en faisant du choix de la langue d’enseignement, un droit constitutionnel.

Le droit de s’assimiler à l’anglais est un autre moyen d’atteindre le même objectif. Voilà le prix de notre appartenance au Canada.

Le meilleur service que la CAQ peut rendre à la cause indépendantiste, c’est de légiférer à ce sujet en oubliant d’invoquer la clause dérogatoire.

Ce qui provoquera inévitablement des contestations juridiques qui obligeront la Cour suprême à mettre les points sur les ‘i’. Ce qui signifie expliciter le sens des jugements qu’elle a rendus au sujet des écoles passerelles, un sens qui est passé inaperçu jusqu’ici.

Déjà mobilisée à l’occasion de la Constitutional Case Conference 2018 contre la loi caquiste au sujet de la laïcité, la magistrature nommée par Ottawa ne fera qu’une bouchée de toute loi qui va à l’encontre de sa conception des libertés fondamentales, au premier rang desquels le droit de devenir anglophone dans ce pays.

Si le but du ministre n’est pas de susciter la ferveur indépendantiste, il aura intérêt à à invoquer la clause dérogatoire dans le libellé de toute disposition législative sur laquelle il compte s’appuyer pour assurer la pérennité du français au Québec.

Références :
Des réfugiés peinent à passer le permis de conduire
Immigration : un arrimage chaotique
Niqab et burqa: la porte demeurerait ouverte pour l’examen de conduite
Pratiques linguistiques des ministères et organismes publics de gouvernement du Québec
Rapport de première ligne en territoire constitutionnel : Rien à faire des dispositions dérogatoires, le Projet de loi 21 doit mourir
Un autre panier de crabes

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| 2018-202X (années Legault), Anglicisation du Québec, Langue française, le prix du fédéralisme, Politique québécoise | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Cabral Colheita 2000

25 novembre 2019
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Colheita est un mot portugais qui signifie ‘récolte’.

En français, ce mot se prononce coléïta, tout comme au Brésil (où se parle le portugais).

Mais au Portugal, on le prononce couille-yata.

Un colheita est un assemblage de vins issus d’un seul millésime, vieilli en fut pendant au moins sept ans.

Lorsqu’il est rouge (rarement il est blanc), le colheita est un tawny spécial.

Chaque année, l’Institut des vins du Douro et de Porto (IVDP) détermine si l’année en cours peut servir à faire des colheitas. Ce choix est déterminé par l’ensoleillement, la pluviométrie et les températures qui ont prévalu cette année-là.

Dès qu’effectivement l’IVDP annonce que l’année y est propice, de nombreux producteurs s’empressent de réserver une partie de leur récolte (environ 1 %) à la fabrication d’un colheita.

Le colheita n’est pas nécessairement meilleur qu’un autre porto. C’est simplement un porto qui, au départ, avait pour lui toutes les chances de réussir.

Et comme chaque producteur possède son propre assemblage de cépages pour faire des portos, chaque colheita est différent.

Si le vieillissement minimal est de sept ans, la plupart des producteurs font vieillir le leur beaucoup plus longtemps.

Le premier colheita que j’ai acheté (à l’aéroport de Porto) était une demi-bouteille de Colheita Kopke 2003. Issu de la récolte de 2003 (comme son nom l’indique), il avait vieilli 14 ans.

En deux mots, le Colheita Kopke 2003 provoque en bouche un orgasme gustatif.

Malheureusement, il n’est pas disponible au Québec. On peut toutefois se le procurer en importation privée.

Comme solution de remplacement, je suggère le Colheita Cabral 2000, parfois disponible au Québec. Il l’est présentement pour un temps limité.

Issu à parts égales des cépages Touriga nacional, Touriga francesa, Tinta barroca et Tinta roriz, sa teneur en sucre est de 110 g/l.

Lorsqu’un producteur décide de commercialiser sa réserve d’un colheita, il n’est pas obligé de tout embouteiller en même temps. Il peut choisir d’embouteiller une partie de son trésor et poursuivre le vieillissement du reste.

Le lot de Colheita Cabral 2000 embouteillé en 2016 s’était mérité la première place aux Sélections mondiales des vins.

Le lot embouteillé l’année suivante est épuisé.

Mais Cabral vient de commercialiser un autre lot, provenant lui aussi de la récolte de 2000. C’est donc un porto qui a vieilli 19 ans.

On l’achète à la SAQ au prix de 15,65$ la demi-bouteille. Si vous aimez le porto, c’est une offre à ne pas manquer.

Avec son bouquet de prunes, de crème brulée, de cassonade, de dattes, d’oranges amères, et de plein d’autres saveurs merveilleuses, il est parfait avec un bleu danois, du chocolat et tout ce qui va bien avec un porto.

Bonheur garanti.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le danger des microprocesseurs trop rapides et celui de la 5G

24 novembre 2019

La vitesse excessive des microprocesseurs

La révolution informatique personnelle a été déclenchée par la mise au point de l’IBM-PC, basé sur le microprocesseur Intel 8088. Cet ordinateur et ses clones rendaient l’informatique facile et abordable pour des millions de personnes.

Au départ, l’Intel 8088 possédait une fréquence d’horloge de 4,77 MHz, bientôt porté à 10 MHz.

Incapable de répondre à la demande, la compagnie Intel avait accordé des licences de fabrication à des concurrents qui, en raison de leur petite taille, ne représentaient pas une menace pour elle. Le plus connu d’entre eux était Advanced Micro Devices (AMD).

Afin de s’imposer, AMD mit au point le microprocesseur AM286, parfaitement compatible avec ceux d’Intel. À la différence que sa fréquence d’horloge était de 20 MHz.

Aussitôt, Intel fit courir la rumeur selon laquelle la vitesse de l’AM286 était excessive et que ceux qui achetaient des ordinateurs propulsés par ce microprocesseur risquaient de perdre leurs données.

De nos jours, l’accusation fait sourire puisque les microprocesseurs contemporains sont mille fois plus rapides. Mais à l’époque l’accusation fut prise très au sérieux.

Il faut préciser que les microordinateurs de type IBM-PC fonctionnaient grâce à un système d’exploitation appelé DOS. Créé par Microsoft, le DOS était parfaitement stable, contrairement à Windows™, apparu beaucoup plus tard, qui ne l’a jamais été.

Mais les logiciels qui s’exécutaient grâce au DOS contenaient souvent des bogues. Et quand l’ordinateur plantait, était-ce la faute de l’éditeur du logiciel ou du microordinateur trop rapide ?

Dans le doute, la plupart des entreprises préférèrent acheter des ordinateurs équipés de puces d’Intel.

Et quand Intel mit au point un microprocesseur aussi rapide que celui d’AMD, on cessa de se préoccuper de la vitesse ‘excessive’ des microprocesseurs.

Le danger sanitaire de la 5G

Depuis quelques années, les efforts de la Chine en recherche et développement dépassent ceux des États-Unis.

Selon le World Intellectual Property Indicators 2012, sur les 2 140 000 millions d’inventions dans le monde en 2011, 526 412 venaient de Chine, soit 24,6 % (en comparaison avec 23,5 % de provenance américaine).

Cette première place, la Chine l’a perdue puis regagnée depuis.

En 2015, le nombre de brevets chinois était supérieur au nombre de brevets américains, japonais, coréens et européens réunis.

Dans le domaine précis de la téléphonie 5G, la Chine est en avance sur les États-Unis.

Aussi ne doit-on pas se surprendre de lire des nouvelles au sujet des graves dangers de la 5G pour la santé.

En réalité, les ondes électromagnétiques utilisées par la 5G sont des fréquences radio non ionisantes.

La controverse au sujet de la dangerosité les ondes électromagnétiques remonte à la découverte des dangers des rayons X (qui sont des ondes électromagnétiques ionisantes), qu’on a longtemps cru inoffensifs.

En dépit du fait qu’on peut trouver facilement sur l’internet de nombreux textes qui alertent leurs lecteurs des dangers de la 5G, la science est formelle; les ondes électromagnétiques non ionisantes sont normalement inoffensives.

Mais supposons que la science actuelle ait tort. Si les risques sanitaires des télécommunications existent, il faut bannir toute transmission téléphonique et télévisuelle par le biais des airs. Il faut revenir aux poteaux de téléphone et interdire l’internet par modem (donc, interdire le Wi-Fi).

Ne crier au loup que pour la 5G, cela fait partie de la propagande américaine. Dès que les Américains auront comblé leur retard face à la Chine, on n’en entendra plus parler.

Quant au risque que la Chine puisse développer un vaste réseau d’espionnage grâce au 5G, c’est une autre histoire.

L’espionnage par la 5G

Il y a quelques jours, à l’occasion du 11e Forum sur la sécurité internationale tenu à Halifax, les États-Unis menaçaient le Canada de le priver d’informations stratégiques si celui-ci laisse le géant chinois Huawei contribuer à son réseau de télécommunication 5G.

Ce qui est en cause ici, ce ne sont pas les tours de relais que nécessite la transmission de la téléphonie 5G, mais les serveurs sur lesquels transitera l’information.

Il ne fait aucun doute qu’un réseau téléphonique basé sur du matériel chinois permettrait à la Chine d’espionner toutes les communications qui y transiteront.

Mais le choix auquel nous sommes confrontés n’est pas entre deux alternatives, soit entre être espionnés par la Chine ou ne pas l’être. Le choix, c’est d’être espionnés par la Chine, par les États-Unis ou par les deux.

Or, de toute évidence, nous le serons par les deux, qu’on le veuille ou non.

Depuis les révélations d’Edward Snowden, nous possédons la preuve que les gouvernements anglo-saxons — États-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvele-Zélande — ont mis au point un vaste réseau d’espionnage qui épie tous les appels téléphoniques, courriels et textos échangés sur terre. Un réseau auquel contribuent Google, Facebook, Microsoft, Yahoo, Skype, YouTube, et Apple.

Bref, les États-Unis accusent la Chine de vouloir faire avec la 5G ce qu’eux font déjà depuis des années par tous les moyens dont ils disposent.

Oussama ben Laden aurait été assassiné bien avant s’il avait eu l’imprudence de se promener avec un téléphone multifonctionnel (peu importe la marque).

Grâce à la géolocalisation de ces appareils, on peut suivre tous nos déplacements en temps réel. Or, de plus en plus, le téléphone sert à des activités courantes comme commander un taxi (ubérisé ou non), louer une trottinette ou un vélo électrique, profiter d’aubaines à l’épicerie, savoir quand passe le prochain autobus, etc.

En quand on oublie son téléphone à la maison, les caméras de surveillance seront bientôt couplées avec des logiciels de reconnaissance faciale (souhaités par nos forces policières) qui permettront de suivre nos moindres déplacements en ville.

Grâce aux révélations que nous faisons volontairement sur nos médias sociaux, on peut savoir le type de vie qu’on mène.

Quant au profil de nos opinions politiques, nous n’avons plus besoin de les exprimer. Il suffit de cliquer ‘J’aime’ à la lecture d’un texte publié par un quotidien comme Le Devoir pour que Facebook le sache et le gouvernement américain soit en mesure de l’apprendre.

Quant à l’intimité de notre vie privée, il faut savoir que les géants américains de l’internet font la promotion d’ententes de services destinées à donner à des compagnies comme Google accès à l’intégralité des dossiers médicaux (y compris les données nominatives) détenus par des fournisseurs de soins de santé partenaires.

Bref, on peut tenter de nous alerter du danger que représente le fait que les Chinois sachent tout de nous. Au point où nous en sommes rendus, est-ce que ça change vraiment quelque chose ?

Références :
Chine ou États-Unis, lequel est plus dangereux ?
Effet des rayonnements électromagnétiques sur la santé
Frontière américaine: passeport et mots de passe, SVP!
Le Canada mettrait en péril certaines alliances en faisant affaire avec Huawei
Le projet ‘Rossignol’ de Google
Scientists warn of potential serious health effects of 5G

Paru depuis :
Le FBI fait une mise en garde sur les dangers liés aux télévisions intelligentes (2019-12-02)

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| Informatique, Sécurité | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 43

22 novembre 2019
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En Chine, la Fête des célibataires, le 11 novembre de chaque année, est la plus importante journée consacrée aux soldes. C’est l’équivalent du vendredi fou ou du Black Monday aux États-Unis ou des soldes d’Après-Noël chez nous.

Cette année, il a fallu 68 secondes au site internet d’Alibaba (le géant chinois de la distribution au détail) pour générer des ventes équivalentes à un milliard de dollars américains.

C’est 20 % plus vite que l’an dernier, où il avait fallu ‘patienter’ 85 longues secondes pour arriver au même résultat.

En dépit de cela, les ventes d’Alibaba souffrent d’un important ralentissement de croissance puisqu’elles avaient cru de 39 % en 2018, mais n’ont augmenté que de 27 % cette année.

Référence : Commerce électronique : les Chinois dépensent un milliard en une minute sur Alibaba


 
De toutes les provinces canadiennes, le Québec a le plus haut niveau de dépenses en recherche et développement; 2,33 % de son PIB, comparativement à 1,7 % pour l’ensemble du pays.

Parmi les pays de l’OCDE, le Québec occupe le 12e rang en R&D.

Référence : Quelques faits et statistiques


 
Transparency International est un organisme indépendant établi à Berlin. Il dresse périodiquement une liste des pays dont les gouvernements (locaux et nationaux) sont les moins corrompus.

En 2018, le Canada occupait le 9e rang, précédé par les pays suivants : Danemark, Nouvelle-Zélande, Finlande, Singapour, Suède, Suisse, Norvège et Pays-Bas.

Les États-Unis occupent le 20e rang.

Dans les cent premières positions, on trouve les pays francophones suivants : la Belgique (17e rang), la France (21e), le Maroc et la Tunisie (tous deux au 73e rang).

Référence : Corruption : le Canada fait bonne figure, les États-Unis suscitent des inquiétudes


 
En 2018, Amazon doublé ses profits; ils sont passés de 5,6 milliards$ en 2017 à 11,2 milliards$ l’an dernier.

Toutefois, la compagnie n’a pas payé un centime d’impôt au gouvernement américain.

Quant à lui, Netflix a dégagé des profits de 845 millions$ sans payer d’impôt lui non plus.

États-Unis, comme au Canada, l’impôt est basé sur les profits et non sur les revenus. Il suffit donc de délocaliser les profits pour ne rien payer d’impôt.

Référence : Amazon made an $11.2bn profit in 2018 but paid no federal tax


 
Le 16 juin 2017, l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité la Loi concernant la conservation des milieux humides.

À son article 46.0.12, la loi donnait au gouvernement le pouvoir de déterminer, par règlement, les pénalités à imposer aux responsables de la destruction des milieux humides du Québec, soit les étangs, les marais, les marécages, les tourbières, les plaines inondables, les ruisseaux ou les rivières.

Cette protection est très importante, entre autres, pour les peuples autochtones qui y pêchent.

Rédigé par l’ancien gouvernement libéral et entré en vigueur moins de deux semaines avant la dernière élection provinciale, le règlement à ce sujet est complètement passé inaperçu.

Il prévoit l’impunité pour tous les contrevenants sur la presque totalité du territoire québécois au nord du 49e parallèle. C’est 110 104 km², soit la majorité de toute la superficie des milieux humides et hydriques du Québec.

Ce règlement n’a pas été remis en question par le gouvernement caquiste.

Référence : Québec permet la destruction gratuite de l’environnement au nord du 49e parallèle


 
En Arabie Saoudite, l’eau utilisée ne provient que de deux sources : une moitié est issue d’un processus de dessalement de l’eau de mer et l’autre moitié est pompée des nappes phréatiques.

Les avis diffèrent considérablement quant au temps restant avant que les réserves aquifères s’épuisent; entre 13 et 150 ans. Il y a une décennie, l’ONU les estimait suffisantes pour moins de 25 ans.

Ce qui est certain, c’est que la consommation quotidienne d’eau potable est de 263 litres par personne. C’est le double de la moyenne mondiale.

L’agriculture n’est pas à blâmer puisque seulement 0,6 % du territoire est cultivé.

Dans l’ensemble du Moyen-Orient (au sens français du terme), le dessalement de l’eau de mer produit 3 % de l’eau disponible, mais nécessite 5 % de la consommation énergétique des pays concernés.

Références :
AquaStat Report : Saudi Arabia
Oil built Saudi Arabia – will a lack of water destroy it?


 
En vue de la récente campagne fédérale, chaque député libéral sortant devait générer 51 000$ de financement politique.

Référence : Trudeau demande 51 000$ à chaque député


 
Au Canada, l’industrie du jeu vidéo emploie 27 000 personnes dont 13 000 au Québec. Le salaire moyen y est de 75 900$.

L’industrie représente 4,5 milliards$ du PIB canadien. Le trois quarts de ses ventes se font à l’Étranger, dont 50 % aux États-Unis.

Référence : L’industrie du jeu vidéo en forte croissance au Canada


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

Détails techniques : Panasonic GF1, objectif Lumix 20mm F/1,7 — 1/80 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les feux de circulation du XXIe siècle

20 novembre 2019

Les feux de circulation qu’on utilise partout dans le monde ont été conçus au siècle dernier.

Ils datent de l’époque où les lumières n’avaient que deux états : un état allumé et un état éteint.

Voilà pourquoi, tous les feux de circulation ont trois lumières, généralement superposées — rouge en haut, jaune au milieu et verte en bas — qui s’allument successivement de manière cyclique.

Et quand on juge approprié d’avoir des feux pour piétons, ce sont deux autres lumières superposées qu’on ajoute à côté de celles existantes : au-dessus, le pictogramme d’un piéton et en dessous, un décompte lumineux.

Et dans le cas du feu pour les piétons, sa couleur n’est que rouge ou verte puisque le décompte fait office de feu jaune; il n’apparait que dans la dernière partie du temps alloué pour franchir la rue.

Cette signalisation complexe est incohérente.

De nos jours, les lumières à DEL peuvent être allumées ou éteintes. Mais en plus, elles peuvent adopter la couleur qu’on veut.

Voilà pourquoi il est temps de simplifier la signalisation et de repenser complètement notre manière de communiquer avec ceux qui utilisent les divers moyens de se déplacer sur la voie publique.

Au total, au lieu d’un décompte et de quatre lumières (trois pour les automobilistes et une pour les piétons), pourquoi ne pas simplifier tout cela à deux lumières et un décompte ?

Rond, le feu du dessus serait destinée aux automobilistes et aux camionneurs. On y verrait le pictogramme d’une voiture.

Idéalement, ce serait une voiture blanche sur fond vert qui se changerait en voiture noire clignotante sur fond jaune, puis en voiture noire sur fond rouge.

Carré, le feu du milieu représenterait le pictogramme d’un piéton. Il s’adresserait évidemment aux piétons.

Ce feu adopterait les mêmes couleurs de celui destiné aux automobilistes : piéton blanc en marche sur fond vert, piéton noir marchant et clignotant sur fond jaune, puis piéton noir immobile sur fond rouge.

Quant au décompte, également carré, il s’agirait d’un décompte universel, affichant en rouge le temps à patienter au coin de la rue, ou en vert le temps restant pour traverser l’intersection.

Si, comme je le crois, ce type de signalisation n’existe pas encore, n’importe quel lecteur de ce blogue pourrait devenir immensément riche en se hâtant de déposer un brevet sur cette idée…

Bonne chance !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La crise des piétons tués durera huit ans

19 novembre 2019

Introduction

Critiquée pour son inaction à protéger la vie des piétons âgés, l’administration municipale a dévoilé hier les moyens qu’elle entend mettre en œuvre pour corriger la situation.

En bref, on dépensera 58,5 millions sur trois ans à l’achat de feux de circulation pour piétons et on saupoudra ici et là des poussières de secondes pour accorder aux piétons plus de temps pour traverser les rues.

Les bases scientifiques d’une politique de mobilité

Le temps laissé aux piétons pour franchir les rues de Montréal est présentement basé sur une vitesse de traversée de 1,1 mètre par seconde.

Cela correspond à une vitesse de 4 km/h. Les piétons qui marchent plus lentement sont libres de faire le tour de leur quadrilatère. Autant de fois qu’ils veulent. Mais ils ne peuvent pas traverser les rues de manière sécuritaire.

Depuis des années, on sait qu’un vieux se déplace plutôt à la vitesse moyenne de 0,8 mètre par seconde.

Conséquemment, même à 0,8 mètre, une partie d’entre eux — notamment ceux qui se déplacent à l’aide d’une canne — n’en sont pas capables. Tout comme certains handicapés et les enfants.

Avec la norme actuelle de 1,1 mètre par seconde, entre 30 et 50 % des personnes âgées n’y parviennent pas.

Le responsable de la mobilité au comité exécutif, Éric-Alan Caldwell, annonce que l’administration Plante abaissera la norme actuelle à 0,9 mètre par seconde, ce qu’on sait d’avance être insuffisant. Et ce seulement à proximité des écoles, des CHSLD, des hôpitaux et des centres communautaires.

De plus, on mettra huit ans à reprogrammer les feux en conséquence.

Pour le reste, on compte sur de nouveaux feux pour piétons qui devront rendre plus explicites les règles actuelles de circulation.

Dans mon texte de dimanche denier, j’affirmais : « La triste vérité, c’est que le responsable de la mobilité préfère s’amuser avec des gadgets plutôt que de protéger la vie des citoyens.»

En 2014, Patrick Morency, médecin spécialiste à la Direction de santé publique de Montréal, déclarait : « Il faut arrêter la fixation sur les feux de circulation… Ils existent principalement pour assurer la fluidité des véhicules. Ils ne règleront jamais réellement les problèmes de sécurité.»

Effectivement, lorsqu’on regarde les règles de circulation qui prévalaient là où un 19e piéton a perdu la vie cette année, les mesures annoncées par M. Caldwell n’aurait probablement pas changé grand-chose.


 

Lorsqu’on considère non seulement des piétons tués, mais également ceux blessés, la situation est évidemment pire, comme le démontre la carte ci-dessus. Celle-ci tient compte seulement des collisions qui ont entrainé un constat policier.

Des solutions audacieuses

La seule véritable manière de changer les comportements des usagers de la route, c’est de repenser l’aménagement urbain et non de le décorer de gadgets.

À l’heure actuelle, cet aménagement consacre la suprématie de l’automobile. Les piétons y ont toutefois leurs petits ghettos, les trottoirs.

Quand vient le temps pour eux de traverser la rue, les piétons sont toujours une nuisance à la circulation (automobile).

Les experts sont pourtant unanimes; la mesure la plus sécuritaire aux feux de circulation est d’avoir une phase réservée exclusivement aux piétons

Quand les feux de circulation doivent changer du rouge au vert ou l’inverse, les feux doivent virer au rouge ou le demeurer. Et pendant un certain temps, l’intersection devient le royaume des piétons; ceux-ci sont alors libres d’aller dans toutes les directions, y compris en diagonale.

Dès que les feux de circulation changent, le décompte doit s’afficher. Même quand le feu vire au rouge. Les piétons doivent être informés du temps à leur disposition qu’ils aient à traverser la rue ou à attendre de le faire.

Et si la ville ne veut pas remplacer tous ses feux de circulation existants, elle devrait décider de n’acheter, dorénavant, que des feux à décompte universel.

Idéalement, le temps alloué pour traverser devrait être suffisant pour permettre à 99 % des piétons de franchir l’intersection en toute sécurité, y compris en diagonale.

Dans les faits, si on permet cela, on doublera ou triplera le temps d’arrêt de la circulation automobile. On entend déjà les protestations justifiées des conducteurs et des gens d’affaires.

Toutefois, là où se croisent des rues secondaires, cela n’a pas d’importance.

Pour les rues plus importantes, il est donc essentiel que les feux soient coordonnés de manière à ce que les automobilistes en rencontrent le moins possible dans leur course. Or cela n’est possible que lorsque presque toutes les grandes artères de la ville sont à sens unique.

Par contre, là où les voitures circuleront dans les deux sens, il faudra prévoir des refuges situés à mi-chemin de l’intersection pour les piétons lents.

Voilà ce à quoi la ville devrait travailler dès maintenant.

Conclusion

Madame Valérie Plante fait un bien meilleur travail que son prédécesseur.

Mais son administration est plombée, dans certains dossiers, par des collaborateurs qui n’ont pas l’envergure nécessaire au poste qu’ils occupent. Le responsable de la mobilité est l’un d’eux.

M. Éric-Alan Caldwell est un homme intelligent. Mais il n’a pas la maturité qu’il faut pour assumer ses responsabilités.

Tel un adolescent fasciné par les gadgets, il n’a pas encore compris que les décisions qu’il prend ont un impact sur la vie et la mort de ses concitoyens.

Après s’être ridiculisé dans le dossier des trottinettes électriques, le voilà qui récidive en suggérant des solutions tape-à-l’oeil au bilan meurtrier de nos rues.

Depuis la prise du pouvoir par Projet Montréal, le nombre de piétons tués annuellement a triplé.

Une crise aigüe comme celle-ci, qu’on prétend régler en huit ans, est une crise dont on ne saisit pas l’importance.

Et puisqu’il s’accroche à son poste en dépit de son incompétence, la mairesse de Montréal devrait le muter ailleurs afin de ne pas obliger les citoyens de la ville à changer d’administration pour qu’enfin, on protège leurs vies.

Références :
Hymne à la lenteur du piéton
Le 19e mort
Montréal donnera plus de temps et plus de feux de circulation aux piétons
Priorité à la sécurité des cyclistes et des piétons à Montréal

Paru depuis :
Une voiture renverse un piéton de 93 ans sur le Plateau (2011-11-28)

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| Politique municipale, Sécurité, Transport individuel, Urbanisme | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


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