Deux jours à Las Vegas (2e partie)

30 septembre 2019

La gestion de l’eau

Sans en être la capitale, Las Vegas est la ville la plus peuplée du Nevada. La ville proprement dite compte 650 000 habitants. Son aire urbaine comprend près de deux-millions de personnes.

Elle est située à 610 mètres d’altitude, dans une cuvette entourée de montagnes.

Nord-est de Las Vegas

Lorsqu’on observe les alentours de la ville, on est frappé par l’abondance relative de la végétation malgré une pluviométrie de seulement 11,4  cm par année.

L’eau abonde à Las Vegas. Elle jaillit des fontaines des hôtels. De grandes piscines extérieures s’offrent au plaisir des vacanciers. Sans compter les pommeaux de douches dont on peut contrôler la température, mais pas le débit.

Piscines privées

Malgré l’extravagance hôtelière, ce sont les particuliers qui sont les principaux utilisateurs d’eau.

À la périphérie immédiate de la ville, les particuliers ont souvent leur propre piscine.

Lotissements proches du centre-ville
Lotissements éloignés du centre-ville

Quant au verdissement des terrains privés, il varie beaucoup selon qu’on habite un ensemble résidentiel huppé ou qu’on habite une de ces maisons modestes aux limites de l’agglomération.

Barrage Hoover

En 1930, Las Vegas n’était qu’un village de cinq-mille habitants.

Construit entre 1931 et 1936, le barrage Hoover — situé à une cinquantaine de kilomètres de Las Vegas — permit de développement urbain de la ville, limité jusque là par la rareté de l’eau.

Lac Mead

Sa construction entraina la création du plus grand réservoir d’eau potable des États-Unis, soit le lac Mead.

Il contient 32 236 kilomètres cubes d’eau potable destinée à assurer les besoins de vingt-millions de personnes (dont la population de Las Vegas) et les besoins agricoles de l’Arizona, de la Californie et du Nevada.

Le barrage Hoover produit également de l’énergie hydroélectrique. Sa puissance est de 2 080 MW, soit 1,3 fois le barrage Manic-5 (au Québec).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 40-150 mm R (1re photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (4e photo), et PanLeica 8-18 mm (les autres photos)
1re photo : 1/2000 sec. — F/4,1 — ISO 200 — 45 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/3,6 — ISO 200 — 15 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 18 mm
4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
5e  photo : 1/1250 sec. — F/3,9 — ISO 200 — 17 mm
6e  photo : 1/2000 sec. — F/3,6 — ISO 200 — 14 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Deux jours à Las Vegas (1re partie)

29 septembre 2019

De Montréal à Las Vegas
 

À l’aéroport de Montréal

J’ai toujours rêvé de voir le spectacle ‘O’ du Cirque du Soleil. Aussi ai-je sauté sur l’occasion lorsque ma sœur Monique m’a invité à séjourner dans sa maison californienne, précédé de deux jours à Las Vegas.

L’avion pour le vol Montréal-Las Vegas

Le vol direct Montréal-Las Vegas prend 5h20. Mais avec le décalage horaire, à l’heure locale, on arrive deux heures vingt minutes après l’heure du départ.

Sur les ailes de Rouge d’Air Canada, seul le bagage apporté à bord est gratuit. Des frais supplémentaires s’appliquent à tout bagage destiné à la soute de l’avion.

De plus, au cours du trajet, seuls l’eau, les jus et le café ou le thé sont gratuits. On doit payer le reste (y compris les repas).

Au cours des quinze dernières minutes du trajet, on survole le Nevada, l’État où est situé Las Vegas. Or le paysage semi-désertique de ce coin des États-Unis est à la fois varié et très photogénique. Si votre siège n’est pas du côté des hublots, vous envierez ceux qui y sont assis.

Vue intérieure du terminal 3

Dès le terminal 3 (dédié aux vols internationaux), quelques machines à sous accueillent les visiteurs qui bruleraient d’impatience d’y perdre leurs précieuses économies.

Navette de l’aéroport

Un mini-métro souterrain propre et efficace transporte les passagers du terminal 3 à la gare principale de l’aéroport.

Aéroport international McCarran

L’aéroport international McCarran (ci-dessus, dans le coin supérieur droit de la photo) est collé sur la ville. Mais les voies de circulation qui y donnent accès obligent des détours qui feront que le trajet vers votre hôtel (en taxi, en bus ou autrement) se fera en une vingtaine de minutes.

Entrée et cuisine d’une chambre de l’hôtel Vdara
Lit et fenêtre de sept mètres sur la ville
Salle de bain d’une chambre de l’hôtel Vdara

Le prix des chambres à Las Vegas varie non seulement d’un hôtel à l’autre, mais varie surtout d’un jour à l’autre, pour un même hôtel.

Pour celui qui désire séjourner dans cette ville, ces fluctuations énormes semblent obéir à des lois mystérieuses.

En réalité, les prix varient selon l’affluence. Mais on ne peut en juger que si on connait parfaitement ce qui se passe en ville.

En plus des spectacles permanents (comme ceux du Cirque du Soleil) ou des artistes en résidence (comme l’a été Céline Dion jusqu’à tout récemment), la ville accueille de grandes vedettes américaines pour un ou quelques soirs.

Lors de mon séjour, les groupes Aerosmith et Eagles, chacun de leur côté, sollicitaient les visiteurs, en plus la concurrence que leur faisaient les Golden Knights à l’aréna T-Mobile.

Chacune des parties de ce club de hockey attire 19 000 amateurs d’un partout dans la région.

Pourquoi aime-t-on à ce point le hockey en plein désert ?

Après avoir vaincu le scepticisme de la Ligue nationale de hockey et obtenu sa franchise, Las Vegas s’est rendue en finale dès la première année de leur existence. Ce qui a provoqué l’engouement immédiat pour ce sport.

D’autres villes du Sud-Ouest américain ont leur club de baseball ou de football, mais les Golden Knights forment, pour l’instant, la seule équipe de sport professionnel à Las Vegas.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 2e, 3e, 4e et 5e photos) et PanLeica 8-18 mm (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 25 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 35 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
5e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/50 sec. — F/3,2 — ISO 6400 — 9 mm
7e  photo : 1/100 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 8 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 8 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fantaisie d’automne

25 septembre 2019
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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/320 sec. — F/1,6 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Liste permanente de vols de données par l’internet

24 septembre 2019


 
Tout ce qui est accessible par l’internet peut être piraté.

Les plus grandes entreprises se sont fait prendre. Pourtant, des experts embauchés à prix d’or leur avaient garanti l’invulnérabilité des mesures de protection qu’ils avaient mises en place.

Sont exclus de cette liste, les vols à l’interne, c’est-à-dire réalisés par des employés de l’entreprise. Les incidents qui suivent concernent donc des actes de piraterie commis de l’extérieur de l’entreprise.

Cette liste sera complétée au fur et à mesure que de nouveaux incidents se produiront.


Quelques actes de piraterie informatique :

Adobe security breach actually affected closer to 38 million users (2013-10-29)
2 million Facebook, Gmail and Twitter passwords stolen in massive hack (2013-12-04)
Target a été victime d’une gigantesque fraude informatique (2013-12-19)
Les données de 4,6 millions d’utilisateurs de Snapchat piratées (2014-01-02)
Aux États-Unis, le hold-up numérique du siècle (2014-01-13)
Le compte Twitter de Microsoft piraté par des activistes syriens (2014-01-13)
Des renseignements privés de 620 000 Albertains dans un portable volé (2014-01-23)
Barclays blasted over ‘catastrophic’ theft of thousands of customer files (2014-01-23)
Les NAS d’environ 900 contribuables ont été soutirés de l’Agence du revenu du Canada (2014-04-14)
Nouveau vol de données chez Orange: 1,3 million de personnes touchées (2014-05-06)
eBay urges users to reset passwords after cyberattack (2014-05-21)
La liste électorale du Québec vendue sur Internet (2014-05-29)
La cyberattaque a touché un système de données personnelles (2014-08-01)
Mozilla confirms leak of 76,000 developer email addresses (2014-08-05)
Des photos piratées de vedettes américaines dénudées circulent sur Internet (2014-09-01)
La poste américaine victime d’une attaque informatique (2014-11-10)
Attaque informatique: Sony tient une réunion avec ses employés (2014-12-15)
Une attaque informatique a permis de dérober 300 millions de dollars à des banques (2014-12-15)
L’attaque informatique contre le fisc américain serait liée à la Russie (2014-05-28)
OPM hack: China blamed for massive breach of US government data (2015-06-05)
Le vendeur de logiciels espions Hacking Team victime d’un piratage massif (2015-07-06)
Des millions d’adultères menacés par des pirates (2015-07-20)
Piratage contre le fisc américain: davantage de foyers touchés (2015-08-17)
5,6 millions d’empreintes digitales volées dans le piratage d’une agence américaine (2015-09-24)
Vol d’identités à l’École Polytechnique de Montréal : la liste s’allonge (2015-11-05)
VTech : 6,4 millions de comptes d’enfants piratés dont 1,17 en France (2015-12-02)
Massive database of over 190 million registered voters’ information leaked online (2015-12-02)
Anonymous publie des données sur 1 400 participants de la COP21 (2015-12-04)
Des informations confidentielles de sous-traitants du ministère de la défense publiées par Anonymous (2016-02-23)
50 millions de Turcs voient leurs données personnelles divulguées sur le Web (2016-04-07)
Des milliers de documents d’une loge maçonnique publiés sur le Web après un piratage (2016-04-21)
Les données personnelles de millions d’électeurs mexicains fuitent en ligne (2016-04-25)
Plus d’un million de profils du site de rencontres Beautifulpeople ont été dérobés (2016-04-26)
Mots de passe piratés (bis) : l’impossible protection? (2016-06-09)
Comment les pirates d’OurMine ont-ils hacké les comptes des patrons de la Silicon Valley ? (2016-07-19)
La Corée du Nord a piraté des courriels de responsables sud-coréens (2016-08-01)
Dropbox hack leads to dumping of 68m user passwords on the internet (2016-08-31)
Violation de confidentialité informatique à la Banque Nationale (2016-09-14)
500 millions de comptes piratés chez Yahoo! (2016-09-22)
Le site de rencontres AdultFriendFinder piraté, 412 millions de comptes compromis (2016-11-15)
Un milliard de comptes Yahoo supplémentaires piratés (2016-12-14)
McDonald’s Canada victime de piratage (2017-04-01)
Un pirate informatique a accédé à des renseignements sur des clients de Bell (2017-05-15)
Les données d’un million d’utilisateurs de Canoe.ca ont été piratées (2017-09-12)
Cent mille Canadiens touchés par le piratage d’Equifax (2017-09-20)
Uber a caché que les données de 57 millions de ses utilisateurs ont été piratées (2017-11-21)
Les données de 100 000 clients de Bell pourraient avoir été piratées (2018-01-23)
Equifax: 2,4 millions de personnes de plus affectées par le piratage massif (2018-03-01)
Des données de près de 700 000 lecteurs du site de « L’Express » accessibles en ligne (2018-03-01)
Des pirates menacent de révéler les données de 90 000 clients de BMO et Simplii (2018-05-30)
British Airways sonnée par un vol massif de données (2018-09-07)
Un piratage massif compromet l’identité de 1 milliard d’Indiens (2018-09-11)
Facebook révèle une faille de sécurité qui a compromis 50 millions de comptes (2018-09-28)
Gigantesque vol de données chez Marriott International (2018-11-30)
Le ministère des affaires étrangères victime d’un piratage (2018-12-13)
Les photos privées de 6,8 millions d’utilisateurs Facebook dévoilées par une faille de sécurité (2018-12-14)
Des milliers de correspondances confidentielles de diplomates européens ont été piratées (2018-12-19)
Hackers steal data on 1,000 North Korean defectors in South (2018-12-28)
Les politiciens allemands victimes d’un important vol de données personnelles (2019-01-04)
772 millions d’adresses courriel piratées découvertes en ligne (2019-01-17)
Piratage : des données de cartes bancaires volées sur des sites marchands français (2019-01-21)
L’OACI a tenté de dissimuler une cyberattaque à Montréal (2019-02-27)
Les données de voyageurs canadiens piratées? (2019-06-14)
Vol des données de « presque tous les adultes » de Bulgarie (2019-07-18)
Fuite de données massive chez Capital One (2019-07-29)
Des milliers de producteurs de lait victimes d’une faille de sécurité (2019-08-03)
Une faille de sécurité a exposé plus d’un million d’empreintes digitales (2019-08-15)
Les données de 84 000 clients allemands de MasterCard dérobées (2019-08-23)
Après Desjardins, Industrielle Alliance victime aussi d’une intrusion informatique (2019-09-11)
Fuite de données personnelles de 3000 lecteurs de L’actualité (2019-09-18)
DoorDash compromet les données de près de 5 millions de personnes (2019-09-27)

Sur le même sujet :
Le risque de cyberattaques ne peut être éliminé et devra être mieux géré (2017-12-12)

Détails de la photo : Droits appartenant à Stokkete. Photo distribuée par la banque d’images Onepixel.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mystère des attaques contre les champs pétroliers saoudiens

22 septembre 2019
Carte régionale

Introduction

Le 14 septembre dernier, la raffinerie d’Abqaiq (également appelée Buqyaq) et le site d’extraction de Khurais ont été les cibles d’attaques revendiquées par des rebelles yéménites appuyés par l’Iran.

Cette raffinerie est responsable d’un premier raffinement qui consiste à abaisser à moins de 0,5 % la quantité du soufre dans le pétrole brut saoudien.

Sur les 12 millions de barils de pétrole que produit quotidiennement le pays, la raffinerie d’Abqaiq en traite 7 millions.

Quant aux champs pétroliers de Khurais, on y extrait 1,5 million de barils de pétrole brut par jour, soit le huitième de la production du pays.

En droit international, ces attaques constituent un Casus belli, c’est-à-dire qu’ils justifient une déclaration de guerre.

Les suspects

Les rebelles yéménites

Il est extrêmement rare que des belligérants s’attribuent le mérite d’un attentat qu’ils n’ont pas commis. Tout simplement parce que cela les priverait de toute crédibilité lorsqu’ils revendiqueraient d’autres attentats qu’ils auraient, ultérieurement, commis réellement.

Mais de nos jours, les guerres n’obéissent plus à aucune loi ni à aucune règle.

Si l’attaque provient du Yémen, cela est très inquiétant.

Ce pays est déchiré par une succession de guerres civiles depuis des décennies.

Le Yémen n’a plus les talents ni les ressources matérielles pour créer de l’armement sophistiqué. Les rebelles qui s’y affrontent dépendent de l’approvisionnement étranger.

Or très peu d’endroits au monde sont l’objet d’une surveillance aussi étroite que la péninsule arabique.

En dépit de cela, si les rebelles ont reçu des missiles de croisière iraniens, ceux-ci sont d’une extrême précision; les 19 missiles ont tous fait mouche, et ce après avoir parcouru 1 700 kilomètres (s’ils ont été tirés de la capitale yéménite).

Mentionnons que la distance entre Téhéran et Jérusalem (les capitales d’Iran et d’Israël) est de 1 936 kilomètres soit à peine plus que la distance parcourue par les missiles impliqués dans ce cas-ci.

Sans mettre en doute les revendications yéménites, envisageons d’autres possibilités.

L’Iran

Depuis des années, l’Arabie saoudite veut que les États-Unis fassent la guerre à l’Iran.

Cette semaine, la dictature saoudienne a présenté des preuves selon lesquelles les missiles auraient été tirés d’Iran et non du Yémen.

Cette thèse a été reprise par certains officiels Américains.

Lundi dernier, sur les ondes de Radio-Canada, le reporter Jean-François Bélanger affirmait : « La piste yéménite n’a convaincu personne à Washington. Les photos satellites, publiées par le Pentagone, semblent indiquer que l’attaque provenait du nord-ouest. Donc de l’Irak ou de l’Iran. Et non du Yémen, au sud

Lieux d’impact de 4 des 19 missiles

À l’appui de cette thèse, le journaliste montrait les photos publiées par le Pentagone dont celle-ci. On y voit clairement que les missiles provenaient effectivement du nord-ouest (sinon de l’ouest). Et on est fasciné par la symétrie et la précision chirurgicale des attaques.

Malheureusement, il suffit de consulter n’importe quelle carte géographique pour voir que l’Iran est au nord-est, et non au nord-ouest, de l’Arabie saoudite.

Dans la carte du début de ce texte, le petit cercle rouge (en haut, à droite) entoure la pétromonarchie insulaire de Bahreïn.

Le Royaume-Uni y possède (ou y construit) une base militaire depuis l’an dernier. Quant aux Américains, ils y stationnent leur 5e Flotte navale.

Celle-ci est un élément-clé du dispositif défensif qui sert de bouclier à l’Arabie saoudite.

Cette base navale veille sur un territoire immense qui couvre le golfe Persique, le canal de Suez, la mer d’Arabie, et le golfe d’Oman.

Tirés d’Iran, des missiles doivent voyager vers la base américaine — voire la survoler à basse altitude — pour finalement atteindre la raffinerie d’Abqaiq, située à seulement 88 km derrière.

Les champs pétroliers de Khurais sont un peu plus loin de la base, à 353 km. Ce qui est quand même relativement proche.

Si effectivement les tirs provenaient d’Iran, personne ne peut plus croire en la protection militaire des États-Unis puisque les Iraniens peuvent s’attaquer à l’Arabie saoudite au nez et à la barbe des Américains.

L’Arabie saoudite

Les États-Unis manipulés par l’Arabie saoudite

Le 31 aout 1939, l’Allemagne nazie simula un incident frontalier qui lui servit de prétexte à l’invasion de la Pologne le lendemain.

De la même manière en 1990, devant une commission du Congrès américain, les États-Unis mirent en scène le témoignage larmoyant d’une jeune infirmière — un témoignage inventé de toutes pièces — afin de rallier la population américaine en faveur de la guerre du Golfe.

Lorsqu’on regarde les points d’impact des missiles de croisière sur les installations pétrolières saoudiennes, ceux-ci sont situés au nord-ouest (sinon à l’ouest). Dans un cas comme dans l’autre, on a affaire à des attaques qui provenaient du territoire saoudien ou qui l’ont traversé d’ouest en est.

Tous ceux qui connaissent bien l’Arabie saoudite n’ont pas de mal à imaginer que cette dictature mafieuse puisse être prête à se priver de milliards$ de revenus pétroliers si cela avait pour effet de provoquer l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Iran.

Références :
Affaire des couveuses au Koweït
Attaques en Arabie saoudite: Pompeo évoque un «acte de guerre» de l’Iran
Bahreïn, puissante mais calme base navale dans le Golfe persique
2019 Abqaiq–Khurais attack
Everything you need to know about the Saudi Arabia oil attacks
Le Royaume-Uni ouvre une base militaire à Bahreïn
Opération Himmler
Saudi Arabia oil attack: Trump hints at action as US points finger at Iran
Who Was Behind the Saudi Oil Attack? What the Evidence Shows

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Maquillage et Blackface

20 septembre 2019
Affiche d’un spectacle de ‘Minstrel’

Le Blackface aux États-Unis

Pendant plus d’un siècle, on a produit aux États-Unis une variété particulière de spectacles burlesques (appelés minstrels) au cours desquels des acteurs, des chanteurs et des musiciens Blancs se grimaient le visage en noir (le Blackface proprement dit) afin de ridiculiser l’ensemble des Noirs américains.

Cette caricature n’était pas simplement une moquerie; c’était l’expression du mépris raciste des Blancs envers les Noirs; les minstrels étaient un moyen de les dépeindre comme étant stupides et ridicules. Bref, à les représenter comme des êtres inférieurs.

Sous des formes moins burlesque, le Blackface a perduré jusque dans les années 1960, toujours de manière méprisante.

Strictement parlant, le grimage en noir (ou en Noir) n’est pas plus répréhensible que le port sur scène d’une fausse moustache ou de tout un autre artifice de personnification.

Fondamentalement, c’est le comportement de l’acteur ainsi grimé qui était profondément offensant.

De nos jours, par effet Pavlov, les Noirs américains (et beaucoup d’Américains qui ne le sont pas) jugent offensant tout grimage en Noir.

Par impérialisme culturel, ils tentent d’imposer ce tabou aux peuples qui ne partagent pas leur passé esclavagiste et qui, par conséquent, n’ont pas de raison d’en éprouver la culpabilité.

Le grimage en noir au Québec

Dans le passionnant récit de son voyage en Huronie en 1623-1624, le frère Gabriel Sagard écrit :

Ils sont accoutumés de se peindre le visage de noir à la mort de leurs parents et amis. Ce qui est un signe de deuil : ils peignent aussi le visage du défunt…

À la lecture de cet extrait, il n’est pas certain que les Hurons-Wendats se maquillaient l’ensemble du visage; il n’est pas exclu de penser qu’ils n’appliquaient que des bandes noires comme le font certains des Autochtones de nos jours.

Ce qui est certain, c’est qu’au Québec, à l’occasion des saynètes au cours desquelles on représentait la Nativité, les enfants qui personnifiaient le roi Balthazar se grimaient la peau visible en noir.

Selon la tradition chrétienne, les trois Rois mages — Melchior (blanc de carnation), Gaspard (rouge de peau) et Balthazar (un Noir) — représentaient les peuples du monde venus de prosterner devant l’Enfant-Jésus à Bethléem.

Pourquoi ne prenait-on pas un élève Noir pour incarner Balthazar ?

Pendant le siècle qui a suivi la naissance de la Confédération canadienne, très peu de candidats Noirs n’étaient acceptés à l’immigration. Si bien que les Noirs canadiens ont longtemps représenté moins de 5 % de la population canadienne, concentrée en Nouvelle-Écosse, dans le quartier de la Petite-Bourgogne à Montréal et dans de rares endroits dans le reste du pays.

Encore de nos jours, ce qu’on appelle les ‘minorités visibles’ ne forment que 11 % de la population québécoise.

Bref, le grimage en noir était autrefois nécessaire en raison du fait que la grande majorité des villes et villages du Québec n’avaient aucun Noir au sein de leur population.

Par ailleurs, dans l’histoire du Québec, même si on avait voulu ridiculiser les Noirs en général, peu importe le moyen, cet humour déplacé n’aurait pas rencontré grand succès. Sinon, on l’aurait fait.

Le chroniqueur Yves Boisvert de La Presse a effectué une recherche dans les médias canadiens publiés entre 1985 et 2001. Le mot Blackface apparait deux-cents fois dans les médias anglophones mais pas une seule fois dans les médias francophones.

Bref, selon le chroniqueur, le concept est totalement étranger au Québec.

Le grimage de Trudeau

Dans le cas de la photo prise en 2001 à Vancouver, sur laquelle Justin Trudeau est déguisé en Aladin à l’occasion d’une soirée thématique, l’écrivain Dany Lafrenière fait la distinction entre personnifier les Noirs et représenter un personnage littéraire. Qui plus est, il s’agit d’un Arabe tiré des Mille-et-une nuits. Quel rapport avec le Blackface ?

Sur une deuxième photo, prise au Collège Brébœuf de Montréal, Justin Trudeau incarne le chanteur américain Harry Belafonte chantant Banana Boat sans qu’on sache s’il tentait de le ridiculiser.

Par contre, la très courte vidéo dans laquelle le jeune Justin Trudeau est grimé de noir, lève les bras, et tire la langue, justifie à elle seule les excuses du premier ministre canadien.

La Ligue des Noirs du Québec, le Conseil national des musulmans canadiens et le groupe Canadians United Against Hate ont accepté ses excuses.

Doit-on être plus catholique que le pape ?

Fondamentalement, Justin Trudeau n’est pas raciste. Pour la première fois de l’histoire canadienne, une Autochtone a accédé au Conseil des ministres. On y trouvait également des ministres canadiens nés dans différents pays : Argentine, Chine, Inde, Iran, et Somalie.

Comment peut-on imaginer sérieusement qu’un chef d’État soit raciste quand ses plus proches collaborateurs sont collectionnés d’un peu partout sur terre ?

De plus, dans un pays où les Autochtones sont régis par un Apartheid juridique qui vise à leur extermination, on ne soupçonne pas les obstacles quasi insurmontables qui se dressaient sur le chemin de Justin Trudeau pour simplement entamer un début de réconciliation avec ceux-ci.

Bref, tout cela est une tempête politique disproportionnée avec l’importance de la faute commise.

Références :
Blackface
« Blackface » : une affaire de politiciens blancs, dénonce Dany Laferrière
Des costumes qui font mal
Gabriel Sagard en Huronie
Houspillé dans le ROC, pardonné au Québec
Justin et la lampe magique
Trudeau says he can’t recall how many times he wore blackface makeup

Complément de lecture :
L’invention des races humaines

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| Politique canadienne, Racisme, Sociologie | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Éducation, démocratie et médias sociaux

18 septembre 2019

À la suite de l’effondrement de l’Empire romain, seuls les membres du clergé savaient lire. Puis, pendant des siècles, l’alphabétisation s’est répandue lentement au sein des classes aisées, notamment parmi les marchands pour qui savoir compter était essentiel.

L’explosion de créativité que fut la Renaissance n’aurait pas été possible sans l’invention de l’imprimerie puisque celle-ci a considérablement réduit le cout de la diffusion des idées.

Mais il faudra attendre le XVIIIe siècle pour les idéaux démocratiques se répandent parmi les élites d’Europe et pavent la voie à la Révolution américaine, puis à la Révolution française.

Ces deux révolutions correspondent à l’irruption des masses dans la vie politique. Fait intéressant : toutes deux ont été précédées par une hausse importante du taux d’alphabétisation.

Si la Révolution américaine a précédé la Révolution française, c’est même en raison de l’importance que les Églises protestantes attachaient à ce que les fidèles puissent lire la Bible.

Une des grandes leçons de l’Histoire, c’est que l’instruction transmet le pouvoir de la main qui tient l’épée à celle qui tient la plume.

La création de l’instruction publique s’est donc accompagnée de la démocratisation des sociétés occidentales.

Mais à la fin du XIXe siècle, on assiste au déblocage de l’éducation secondaire et universitaire.

Depuis le Moyen-Âge, les guildes professionnelles étaient des milieux fermées, accessibles toutefois à quiconque était adopté par un tuteur membre de cette guilde. Les guildes permettaient donc une certaine ascension sociale.

Avec l’avènement des études supérieures, on a réservé l’accès à certains métiers aux détenteurs d’une formation universitaire fermée à ceux qui n’en avaient pas les moyens.

Ce faisant, on a recréé une société stratifiée en castes sociales définies par le niveau éducatif et jouissant seuls du prestige social associé à leur caste.

Dans sa jeunesse, mon père n’est pas allé plus loin qu’une huitième année du primaire parce que dans ma ville natale, l’instruction publique n’allait pas au-delà.

Avant la réforme de l’éducation (par le ministre Paul-Guérin Lajoie dans les années 1960), les ouvriers du Québec se faisaient dire qu’ils parlaient mal et que leur manque d’éducation était criant dès qu’ils ouvraient la bouche.

La réforme de l’Éducation a permis l’accès aux études supérieures à l’ensemble de la population. Mais cela ne s’est pas accompagné d’un meilleur accès aux médias traditionnels, détenus par d’importants intérêts financiers.

Seuls les lignes ouvertes des radios et le courrier des lecteurs des journaux permettaient au peuple de s’exprimer sur des sujets préalablement définis.

Ce qui a permis à la fois le contrôle de l’information et, par conséquent, celui des masses populaires.

Dans un premier temps, la création de l’internet a libéré la parole des citoyens par le biais de sites web et de blogues. Du moins pour ceux qui possédaient des rudiments de code HTML.

Puis on a inventé les médias sociaux.

Tout comme les blogues et les sites web, les médias sociaux sont des modes de publication sur l’internet. Mais à la différence des premiers, ils sont spécifiquement un moyen de réseautage avec d’autres utilisateurs afin d’échanger des informations et de s’y mettre en valeur.

Or les jeunes d’aujourd’hui se caractérisent, entre autres, par leur grande compétence des rapports interpersonnels, qu’ils gèrent beaucoup mieux par la parole que leurs ainés.

Les médias sociaux permettent aux internautes d’être des participants, et non plus de simples lecteurs passifs de contenus électroniques créés par d’autres.

À regarder les gens qui marchent sur la rue ou qui sont assis dans les transports publics en textant sur l’écran de leur téléphone portable, on réalise que jamais dans toute l’histoire, les humains n’ont autant lu et écrit.

Mais bombardés d’information, une partie des internautes sont devenus inaptes en tant que citoyens parce qu’ils papillonnent d’un sujet à l’autre et n’ont plus le gout ni le temps d’approfondir les sujets qui les concernent.

Politiquement, ils sont comme des volées d’oiseaux, ballottées au gré des buzz médiatiques créés par ceux qui les manipulent.

Dans un autre ordre d’idée, les médias sociaux sont régulièrement accusés de propager des nouvelles fallacieuses et de susciter l’expression d’opinions répréhensibles.

En réalité, ils ont libéré la parole du peuple. Celle qui s’exprimait autour d’une table entre amis, sur l’oreiller du lit conjugal, et sur les murs des toilettes publiques.

Cette parole est brute et révèle les secrets de la pensée populaire.

Et les nouvelles fallacieuses qu’ils répandent correspondent à celles répandues autrefois par la rumeur publique. Bref, rien n’a changé sauf la vitesse de la diffusion de celle-ci.

Depuis toujours, il est possible d’instrumentaliser la rumeur publique.

Ce qui est nouveau, c’est que cette instrumentalisation peut s’effectuer de l’Étranger et servir à fragiliser la cohésion sociale d’un autre pays.

Voilà pourquoi l’étau se resserre autour des médias sociaux pour qu’ils cessent d’être des outils de déstabilisation des gouvernements occidentaux, tout en continuant de l’être envers les régimes politiques auxquels s’opposent les États-Unis.

Cela n’est pas la seule menace auxquels font face les médias sociaux.

Autant aux États-Unis qu’en Europe, les gouvernements s’attaquent aux pratiques monopolistiques des géants de l’internet.

Or on ne peut pas diminuer sensiblement leurs revenus colossaux et leur demander d’instaurer un contrôle social extrêmement couteux sans que ceux-ci remettent en cause leur modèle d’affaires basé sur la gratuité de leurs services pour l’internaute, et ce afin de satisfaire la voracité de leurs actionnaires.

Dans un mode en perpétuel changement, on doit donc envisager la possibilité que cette gratuité ait éventuellement une fin.

Sur le même sujet :
Entrevue d’Emmanuel Todd à Thinkerview

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les trottinettes Lime : le bonnet d’âne de Projet Montréal

16 septembre 2019

Si Lime avait voulu rire de l’administration de la mairesse Valérie Plante, cette compagnie n’aurait pas agi autrement.

En annonçant le projet-pilote de mobilité individuelle passive de Lime, la mairesse déclarait fièrement : « Nous avons adopté la règlementation la plus sévère au Monde. »

À voir les vélos laissés n’importe où, les trottineux qui empruntent des voies de circulation qui leur sont interdites et l’obligation du port du casque respecté par presque personne, on réalise que Mme Plante voulait parler de la règlementation la plus surfaite au monde, et non la plus sévère.

Plus tôt ce mois-ci, pressé par les journalistes de dévoiler le nombre de contraventions émises, le responsable de ce dossier à Projet Montréal. M. Éric-Allen Caldwell déclarait : « C’est une information que nous ne rendons pas publique

En d’autres mots; nous avons honte de dire qu’on n’en a donné aucune.

Depuis, il semble que les experts en relations publiques se sont affairés à peaufiner le message de la ville.

C’est ainsi que le 13 septembre, le responsable du dossier s’est ravisé et reconnaissait qu’aucun constat d’infraction n’a été remis. Pourquoi ? Parce que, selon M. Caldwell, l’entreprise déplaçait les véhicules en infraction à l’intérieur du délai prescrit de deux heures.

Ah oui ? Si le porte-parole de l’administration Plante s’était donné la peine d’installer l’application de Lime sur son téléphone portable et y avait jeté un coup d’œil de temps en temps, il auraient vu ces trottinettes stationnées pendant de très longues périodes (toute la soirée ou toute la nuit) dans des arrondissements où elles ne peuvent que circuler parce qu’on y trouve aucune aire de stationnement.

En effet, le ramassage des trottinettes se fait aux aires de stationnement et ne concerne pas les trottinettes en mouvement à l’heure où les ‘juicers’ passent les ramasser. Donc Lime en oublie, forcément.

De plus, M. Caldwell se fait menaçant.

À compter du 21 octobre 2019, Lime recevra une amende de 100 $ si un inspecteur de la Ville ou un policier constate la présence d’une trottinette stationnée hors des zones désignées sur la chaussée.

Jugeant les infractions trop nombreuses, M. Caldwell déclare : « On resserre la vis et, maintenant, on remettra une contravention à vue lorsqu’on verra une trottinette mal stationnée

Dans la bouche du responsable, que signifie maintenant ? Dans mon dictionnaire, cela signifie au moment présent.

Dans la bouche de M. Caldwell, maintenant signifie dans un mois. En d’autres mots, l’administration Plante donne un mois d’impunité supplémentaire à Lime pour faire — disons-le franchement — n’importe quoi.

Théoriquement, le permis de l’opérateur se termine le 15 novembre 2019. Sans résilier son permis, Lime peut toutefois cesser ses opérations pour l’hiver quand la compagnie le juge approprié.

Voudra-t-elle attendre jusqu’aux premières neiges, alors que ses trottinettes tombées au sol seront ensevelies et écrasées involontairement par des automobilistes ?

C’est douteux.

Donc, l’opérateur aura intérêt à filer à l’anglaise au plus tard le 21 octobre, un mois plus tôt que prévu.

Si tel est le cas, l’administration Plante sera, une fois de plus, le dindon de la farce.

Références :
Projet pilote : VNILSSA
Règlement municipal (version du 7 aout 2019)
Trottinettes en libre-service: Montréal sévira contre Lime et ses clients délinquants

Sur le même sujet :
La petite fille aux trottinettes

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| Environnement, Transport en commun, Urbanisme | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Halloween et bonbons au cannabis

14 septembre 2019

Montréal, le 11 septembre 2019

Mme Danielle McCann
Ministre de la Santé et des Services sociaux
1075 chemin Sainte-Foy
Québec G1S 2M1

Madame la ministre,

Le 31 octobre prochain, à l’occasion de l’Halloween, de nombreux enfants rapporteront à la maison des friandises obtenues d’inconnus.

Or deux semaines plus tôt, les produits dérivés du cannabis auront fait leur apparition au Canada.

Même si votre gouvernement s’y oppose, la jurisprudence semble indiquer que le gouvernement du Québec ne pourra pas interdire ce que le fédéral permet.

Dans tous les cas, n’importe qui pourra en obtenir par la poste ou en ramener à l’occasion d’un voyage dans une province voisine.

Au Colorado, la commercialisation des produits dérivés du cannabis a entrainé une augmentation de 150% des admissions hospitalières pour cause d’empoissonnements pédiatriques au THC.

Serait-il possible que votre ministère, directement ou par l’intermédiaire des centres antipoisons, fasse une campagne destinée à inviter les parents à redoubler de prudence à l’occasion de l’Halloween en raison du contexte nouveau créé par la légalisation des produits dérivés du cannabis.

Merci, madame la ministre, de l’attention que vous porterez à cette lettre.

Jean-Pierre Martel, blogueur

Paru depuis :
Inspectez les sacs d’Halloween de vos enfants, plaide une mère qui y a trouvé du pot (2019-11-01)

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| 2018-202X (années Legault), Politique canadienne, Politique québécoise, Sécurité | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La triste histoire d’un magasin général

13 septembre 2019


Avant-propos : Voici un texte que j’ai écrit alors que j’étais étudiant à l’université.

C’est un texte que je trouvais bien, sans plus, jusqu’au jour où ma mère m’a appris que mon père (grossiste de métier) en avait fait la lecture à voix haute, fièrement, devant un groupe d’amis.

Lorsqu’à l’intersection de la rue Principale et de la route provinciale no 84, Saint-Clin-Clin passa de carrefour à agglomération, Jean Faidècène établit un magasin qu’il légua à sa mort à son fils Henri.

Peu à peu, à mesure que Saint-Clin-Clin était devenu village, les besoins des voisins s’étaient diversifiés; on avait besoin de fusils, de munitions, d’allumettes, de carburant, d’épicerie, de vêtements, etc.

Si bien que l’ancien Chez Ti-Jean était devenu le Magasin général Faidècène afin de répondre à la demande et de rendre service.

Henri connut, par sa situation aisée, le respect qu’on réserve aux notables et aux bourgeois de la place. Sa chaude hospitalité et son sens des affaires lui valurent l’estime et l’admiration de tous. Sa mort causa une grande perte.

Le plus vieux de ses fils, Paul, hérita du célèbre magasin. Mais les jours gris approchaient. Car selon le ‘standing’ de la nouvelle cité de Saint-Clin-Clin-de-l’industrie, on prisait peu ce magasin général qui rappelait trop fidèlement des origines villageoises.

Non, à Saint-Clin-Clin-de-l’industrie, on achetait dorénavant la viande à la boucherie, les conserves à l’épicerie, les biscuits à la biscuiterie, les journaux à la tabagie, les outils à la ferronnerie, les vêtements à la lingerie et le reste à la pharmacie.

Bientôt le magasin général dut fermer ses portes. Que de souvenirs disparurent avec lui.

Les vieux se rappelleront sans doute de son air de prospérité, de cette odeur particulière de bran de scie, de ce va-et-vient caractéristique des endroits achalandés, de Louise qui passait son temps à faire des étalages pour embellir le magasin, et des moments qu’on passait à discuter avec Henri, des conseils qu’il avait le tour de prodiguer, sans parler de son répertoire d’histoires à faire rougir monsieur le curé.

Ouais ! Quand on y pense; avoir l’air si prospère puis, en si peu de temps, plus rien.

Le temps passe vite, le temps passe vite…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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