La naissance de la poubelle

2 mai 2019

Introduction

Avant la Révolution, la ville de Paris était dirigée par le prévôt des marchands. Le premier maire de Paris fut élu en 1789.

Face à une capitale si prompte à se révolter, le poste est aboli en 1800 par Bonaparte. Celui-ci remplace la fonction par deux préfets qu’il nomme; le préfet de la Seine (le département dans lequel se trouvait Paris) et le préfet de police.

Si on exclut deux brefs retours de la fonction en 1848 et en 1870-1871, les Parisiens n’ont le droit de choisir leur maire que depuis 1977.

Le plus célèbre des préfets parisiens fut le baron Haussmann.

De 1853 à 1870, celui-ci transforma radicalement Paris, faisant disparaitre ses ruelles médiévales et perçant la ville de larges voies de circulation.

Du baron Haussmann à Eugène Poubelle, huit préfets occupèrent la fonction brièvement, dont Louis Oustry (un avocat qui fut trouvé abandonné le jour de sa naissance).

Eugène Poubelle

À Louis Oustry succéda Eugène-René Poubelle, préfet de 1883 à 1896.

Pendant des siècles, les Parisiens jetaient leurs déchets sur la voie publique ou dans les fossés. Tout au plus, depuis 1799, devait-on balayer quotidiennement devant son logis.

Afin de lutter contre l’amoncèlement des déchets dans les rues de Paris, Eugène Poubelle oblige dès 1884 les propriétaires d’immeubles à fournir à leurs locataires des bacs communs pour la collecte des déchets ménagers.

Biodégradables, ces bacs étaient en bois garni de fer blanc à l’intérieur.

De plus, ces bacs devaient être munis d’un couvercle et posséder une capacité maximale de 120 litres (afin de ne pas être trop lourds pour les éboueurs).

L’arrêté prévoyait également le tri des déchets. Trois bacs étaient obligatoires; une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons, et une dernière pour le verre, la faïence et les coquilles d’huitres.

Les Parisiens prirent rapidement l’habitude de désigner les réceptacles à ordures du nom du préfet Poubelle. C’était des ‘boites Poubelle’, puis simplement des ‘poubelles’ (avec un ‘p’ minuscule).

Le mot apparait en 1890 dans le Dictionnaire Universel du XIXe siècle.

Il faudra attendre près d’un siècle entre l’invention de la poubelle et la création d’usines de recyclage des déchets (qu’anticipaient les poubelles du préfet).

En 1892, une épidémie de choléra se déclare pour la dernière fois à Paris. Le préfet Poubelle prend alors les grands moyens.

Après consultation auprès des experts, il décrète en 1894 que tous les propriétaires devront raccorder leurs immeubles au réseau d’égouts de la ville et payer les frais liés à la collecte des eaux usées.

On a peine à croire que le mot ‘poubelle’, si commun de nos jours, soit né aussi récemment qu’en 1884.

Références :
Eugène Poubelle
Histoire des déchets parisiens : de Lutèce à la révolution industrielle
Liste des préfets de la Seine
Monsieur Poubelle
Poubelle
Préfet de Paris

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le monde étrange des gentilés

2 mai 2019

On appelle gentilé le nom désignant les habitants d’un lieu donné. La dernière syllabe du mot se prononce comme dans ‘ventilé’ et non comme ‘sautillé’ (qui prend deux ‘l’).

En 2013, les habitants de trois départements français se sont choisi un gentilé :
• à Ille-et-Vilaine, les citoyens sont devenus des Brétilliens. Ce gentilé étrange a été forgé à partir de Bretons et du nom de la rivière Ille. On aura compris qu’on voulait éviter à tout prix de s’appeler un ‘Illévilain’.
• au Loiret, c’était plus simple; on est devenu Loirétain.
• à la Somme, le département est maintenant peuplé de Samariens (avec deux ‘a’).

Puisque l’usage crée les gentilés (sauf pour les pays), il arrive qu’une ville ait deux gentilés. C’est le cas de Lisbonne. Selon les auteurs, on parlera des ‘Lisbonnins’ ou des ‘Lisboètes’.

S’il est facile de deviner que les Montréalais habitent Montréal, il est plus difficile d’imaginer le nom des habitants d’Ottawa. Eh bien ce sont des Ottaviens, tout simplement. Certains disent aussi ‘Outaouais’ mais le mot peut également désigner un peuple autochtone qui habitait les rives de la rivière Outaouais.

Dans la province de l’Ile-du-Prince-Édouard, on s’inclinera respectueusement devant les Prince-Édouardiens.

À Vancouver vivent les Vancouvérois. Ils habitent la province de Colombie-Britannique et sont donc des Britannocolombiens. Parmi ces derniers, s’ils sont francophones, ce sont des Franco-Colombiens.

Dans les villes de Winnipeg et de Miramichi, on utilise également le suffixe d’ois; ce sont respectivement des Winnipégois et des Miramichois.

À Halifax, on rencontre des Haligoniens. Qui l’eut deviné ?

Au Québec, voyons quelques cas particuliers :
• Acton Vale : Valois
• Alma : Almatois
• Bois-Francs : Sylvifranc (au féminin : Sylvifranche)
• Charlevoix : Charlevoisien
• Châteauguay : Châteauguois (avec un deuxième ‘u’ redondant)
• Côte-du-Sud : Sudcôtois
• Côte-Nord : Nord-Côtier
• Granby : Granbyen
• Iles-de-la-Madeleine : Madelinot
• Ile-Perrot : Perrotois
• Lac-Saint-Jean : Jeannois
• Montmorency : Montmorencéen
• Notre-Dame-des-Pariries : Prairiquois
• Pontiac : Pontissois
• Repentigny : Repentignois
• Rivière-du-Loup : Loupérivois
• Saguenay-Lac-Saint-Jean : Saguenay-Jeannois (ou Bleuet)
• Salaberry-de-Valleyfield : Campivalensien
• Suroit : Suroisien
• Trois-Rivières : Trifluvien

Dans le cas des lieux auxquels un nom de saint a été attribué, le préfixe ‘saint’ n’est presque jamais retenu :
• Sainte-Apoline-de-Patton : Apollinois
• Saint-Basile-le-Grand : Grandbasilois
• Saint-Bruno-de-Montarville : Montarvillois
• Saint-Charles-Borromée : Charlois
• Saint-Éphrem-d’Upton : Uptonais
• Sainte-Germaine-Boulé : Germainien
• Sant-Hyacinthe : Maskoutain
• Saint-Jérôme : Jérômien
• Saint-Joachim-de Shefford : Joachimien
• Sainte-Julie : Julievillois
• Saint-Paul : Paulois

Références :
Gentilés du Canada
Les habitants de votre département ont-ils un nom ?
Liste de gentilés

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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