Internet : le chant des sirènes libérales


 
Dans la mythologie, les sirènes étaient des animaux aquatiques, mi-femmes mi-poissons, qui menaient à leur perte les marins qui étaient séduits par leurs chants.

Au cours de la présente campagne électorale, lorsque j’entends les promesses électorales du premier ministre Philippe Couillard, ma première réaction est de remarquer que ce sont souvent de très bonnes idées.

Et aussitôt, je me pose la question : « Ils sont au pouvoir depuis seize ans : pourquoi ne l’ont-ils pas fait plus tôt ?»

La raison invoquée est qu’il faillait d’abord rétablir les finances publiques. Maintenant que cela est fait, un gouvernement libéral peut accomplir ce qu’il n’a pas eu les moyens de faire jusqu’ici.

Cette raison serait plus convaincante si le Parti libéral du Québec n’avait pas pris le pouvoir en 2003 alors que le budget de l’État était équilibré.

En effet, c’est le premier ministre Lucien Bouchard du Parti québécois qui a rétabli l’équilibre budgétaire de l’État québécois en 1997.

Pendant une décennie, le budget de l’État québécois a été équilibré. En d’autres mots, au cours de la première moitié du régime libéral de Jean Charest, le gouvernement québécois a continué de faire des surplus budgétaires.

Mais lors de la Grande récession de 2007-2008, tous les gouvernements occidentaux ont volontairement fait des déficits afin de stimuler l’économie. Ce qu’a fait aussi le gouvernement Charest.

Il faudra dix ans aux Libéraux pour revenir à l’équilibre budgétaire.

Le peu d’empressement à revenir au déficit zéro instauré par le gouvernement Bouchard ne peut donc pas servir de prétexte à l’inaction d’agir dans certains domaines depuis seize ans.

Lundi dernier, M. Couillard a promis de brancher 100% des Québécois à l’internet à haute vitesse d’ici deux ans.

Voilà une promesse très intéressante.

Effectivement, le développement économique de certaines régions du Québec est handicapé par le fait que les entrepreneurs ne peuvent y offrir leurs biens et services sur l’internet à haute vitesse.

Au lendemain de sa victoire aux élections générales de 2003, le premier ministre libéral Jean Charest avait promis que l’internet à haute vitesse serait disponible dans toutes les régions du Québec avant la fin de son premier mandat. Or rien ne fut fait.

Treize ans plus tard, le premier ministre libéral Philippe Couillard annonçait la création du programme quinquennal Québec branché dont l’objectif était d’offrir l’internet à haute vitesse à tous les Québécois. De 2016 à 2018, les deux premières années de ce plan de cinq ans se sont écoulées. Or jusqu’ici, personne au Québec n’a profité de ce programme.

Après n’avoir rien fait pour réaliser sa promesse de 2016, M. Couillard espère que les Québécois le croiront capable de réaliser la même promesse cette fois-ci. Et ce sur deux ans au lieu de cinq.

D’où la question : Combien de fois un gouvernement libéral doit-il prendre un engagement avant d’entreprendre de le réaliser ?

Références :
La Vérif : les libéraux n’ont branché aucun Québécois à Internet depuis deux ans
Le PLQ promet à son tour l’accès à Internet pour toutes les régions

Sur le même sujet :
Bilan économique du gouvernement Couillard
Bilan économique de Jean Charest

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